Je suis profondément contre ces transmissions de pouvoir de pères en fils ayant lieu en Afrique. Je le suis non seulement pour les états mais aussi pour nos structures locales (villes, villages). Il est à féliciter que des gens s’insurgent contre la nomination du fils Bongo, Deby et autres pour, in fine, succéder à leurs pères respectifs. Ce que je ne comprends pas et ai du mal à prendre au sérieux c’est quand ceux-là mêmes qui sont partisans irréductibles de la transmission généalogique de l’imamat, de la chefferie locale de chez nous se disent offusqués par la même transmission à l’échelle de l’état. Ce que ces gens-là ne voient ou ne veulent pas voir c’est que c’est la même mentalité qui joue à des différents niveaux. Ce qu’il se passe au sommet de nos états émerge de la structure de base de nos sociétés; les mêmes rapports, les mêmes réflexes… Si nous voulons nous attaquer vraiment à ce problème et aux autres qui y sont reliés, il nous faut adopter une prise de conscience capable d’appliquer les mêmes principes salutaires à toutes les échelles de notre société. Une conscience qui s’arrête aux irrégularités manifestes du sommet de la société n’a aucune chance de faire changer quoi que ça soit. Elle ne fera que faire substituer les tares entre elles, car celles-ci sont produites et sélectionnées à partir des profondeurs de nos structures locales admises.
Une nouvelle déclaration du député BirameDahAbeid circule sur les réseaux sociaux, mettant en garde contre la résurgence des forces du mal tapis dans les rouages de l’appareil de l’Etat. Selon lui, ces « résurgences du passé nostalgiques du chaos et des confrontations menacent sérieusement l’ébauche de réconciliation et de concorde nationale que le pouvoir de MohamedCheikhGhazouani cherche à instaurer ».
Plusieurs voix s’élèvent en effet depuis quelques jours pour fustiger le recul des libertés et les tentatives vaines des forces rétrogrades qui cherchent à réinstaller le climat de confrontation hérité des pouvoirs précédents
En toile de fond, la dérive autoritaire des autorités régionales de l’Adrar qui semblent vouloir, selon ces voix, réinstaller la Mauritanie dans le cercle vicieux des confrontations intercommunautaires. Ces autorités ont arrêté il y a quelques jours trois militants de l’ONG SOS Esclaves, dont la Coordinatrice régionale.
En toile de fond, l’affaire de « Ouadane » que l’ONG SOS Esclaves avait soulevée, dénonçant à travers la formule énoncée au cours d’un mariage, le don d’une esclave comme partie intégrante de la dote d’une épouse appartenant à une famille aristocratique de la ville.
Cette affaire a été dénoncée par plusieurs ONG des droits de l’homme. Ils ont fustigé l’immixtion dans le dossier de certains pans du pouvoir hostiles aux abolitionnistes malgré l’engagement de la Mauritanie à lutter contre l’esclavage.
L’épisode de « Ouadane » a été marquée aussi par le limogeage du chargé de communication de SOS Esclaves, KoryOuldSneiba, de son poste de chargé de communication du Ministère de l’Education et de la Réforme quelques jours après sa nomination.
A rappeler également que la Commission nationale des droits de l’homme, conduite par son président Mohamed Salem Ould Bouhoubeiny, accompagné par un représentant du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en Mauritanie, s’était rendue à « Ouadane » pour enquêter sur cette affaire présumée d’esclavage. SOS Esclaves, invitée à se joindre à la délégation aurait rejeté l’offre, selon Ould Bouhoubeiny. Aux termes de l’enquête, la Commission nationale des Droits de l’Homme, avait organisé une conférence de presse au cours de laquelle elle a démenti les allégations. SOS Esclaves a riposté en organisant à son tour une conférence de presse, en présence de la Coordinatrice de l’organisation en Adrar, EzizaMintBrahim, qui a confirmé les faits et traité les conclusions de la Commission des droits de l’homme de mascarade.
C’est dans ce climat délétère que s’inscrit sans doute la sortie de BirameDahAbeid, leader du mouvement antiesclavagiste, IRA, qui semble ressentir le devoir de tirer sur la sonnette d’alarme face à ceux qu’il appelle « les fossoyeurs du climat de paix ». Selon lui, ces rameurs en aux troubles cherchent à saper le climat d’apaisement et d’entente que le régime actuel cherche à instaurer en ouvrant des canaux de communication directe avec l’ensemble des acteurs de la scène politique et des droits de l’hommiste du pays. Cette accalmie sociale et politique que le président Ghazouani a ramené dans le pays depuis son arrivée au pouvoir, dérange selon Birame, les tenants du chaos et de la division.
Ces thèmes reviennent de plus en plus dans les discours du président d’IRA, notamment lors de ses dernières conférences de presse qu’il a animées récemment, dont celle du 13 avril 2021 au siège du parti RAG aux P.K 10.
🔴 MALI : ARRESTATIONS DES ABOLITIONNISTES DE L’ESCLAVAGE ET DEFENDEURS DES DROITS DE L’HOMME
Notre coordination ,née de la volonté des Organisations Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage moderne de mener ensemble sur l’étendue du continent africain et dans le monde des actions de sensibilisation , d’information sur les conséquences de ces crimes sur le rapport entre les êtres humains et judiciaires pour faire condamner , sur la base des instruments juridiques internationaux, les auteurs de ces crimes contre l’humanité et leurs complices. C’est à ce titre que notre coordination a été interpellée et saisie du cas des arrestations et placement en détention provisoire des militants de l’association Gambana Mali, abolitionnistes de l’esclavage et défendeurs des droits de l’homme en vertu de la décision de Monsieur le Procureur de la République Près du Tribunal de grande instance de la commune 4 du district de Bamako pour incitation à la violence et injures dans le milieu Soninké.
L’incarcération des militants abolitionnistes membres de l’association Gambana est excessive , disproportionnée voire abusive en ce sens que cette association membre de notre coordination milite contre la traite et les nouvelles formes d’esclavage qui sont des injustices structurelles en ce qu’elles imposent une forme de relations d’oppression qui dénient la dignité humaine. Par le présent communiqué, nos organisations Panafricaines abolitionnistes rappellent respectueusement aux autorités maliennes qui leur incombe l’obligation de protéger les militants abolitionnistes, d’interdire l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage. Malheureusement et tristement , l’actualité immédiate nous interpelle et nous rappelle que la traite et l’esclavage colonial ne sont pas des crimes qui appartiennent a un passe révolu en Afrique. Au regard des agissements des pratiques encore présentes et imputables à certaines entreprises, des groupes de personnes qui volontairement font en permanence et toute impunité de l’apologie de l’esclavage , l’arrestation et l’emprisonnement des militants engagés contre ces crimes contre l’humanité est assimilé à un encouragement à ceux qui entretiennent et encouragent les structures sociales inégalitaires et discriminatoires . Il convient de mettre fin à la répression judiciaire dont sont victimes Monsieur CheickOumar Yara et ses amis. Si les organisations Panafricaines abolitionnistes membres de la Coordination des Organisations Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage ne sont pas coupables de la traite et l’esclavage colonial, elles ont une obligation morale d’agir pour mettre fin à la persistance et la tolérance des nouvelles formes d’asservissements en Afrique .
L’exigence, l’obligation de solidarité et d’humanité nous astreint à apporter secours et assistance aux victimes de ces crimes contre l’humanité qui sont vulnérables donc impuissantes à faire face à la puissance des lobbyings des esclavagistes et leurs soutiens faute de quoi ces faits qui ont marqué notre passé continueront encore à influer notre présent et auront sans des conséquences pour les générations futures d’africains.
Paris ,17 Avril 2021
Pour la Coordination, Me Saïd LARIFOU, Président de l’ONG Waraba Afrique
ORGANISATIONS MEMBRES DE LA COORDINATION :
– WARABA AFRIQUE (Maitre Said LARIFOU )
– Kane d’Afrique (Doro Traore)
– Mouvement pour la sauvegarde des Droits de l’homme (Boubacar NDJIM)
– Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et se séquelles- France (Gaye Traore)
– Association des Haratine de Mauritanie en Europe (Diko Hanoune)
– Rassemblement Malien pour la fraternité et le Progrès (Salif Ladji Camara)
– ASSEP – Sénégal (Issa Mamado Sidibe)
– Ganbana International (Malal Camara)
– C.S.P/ A.C.D.E (Mahamadi Kanoute)
– Initiative pour la résurgence du Mouvement abolitionniste ( IRA ) Brahim Ali
En ce premier jour du mois de ramadan ses pensées se tournent vers l’ incident qui a eu lieu à la Zaawiya Mpaly Kaba à Kaédi, le 5 Avril 2021, un incident que nous regrettons profondément. Nous espérons que le mois béni de ramadan va apaiser les cœurs, et ouvrir le chemin qui mène à la paix. Aux blessés, souhaitons un rétablissement rapide et total. Quant à ceux qui sont en détention, il est important que leurs droits soient protégés. Quelque soit la position que nous occupons par rapport à l’épicentre de l’incident nous en sommes tous affectés, soit directement ou indirectement.
Dans ce contexte, il est à rappeler que, le conflit est un phénomène social normal parce que inhérent à la vie sociale. Il est impératif de l’approcher avec sérénité pour le résoudre d’une manière constructive pour ne pas causer de dommages irréparables au tissu social qui est notre abri commun. Nous espérons qu’en dépit du caractère complexe et sensible de cet incident, avec des bonnes volontés de part et d’autre, une solution satisfaisante sera trouvée.
Tout comme le reste de la Mauritanie, la société Soninké a un handicape non négligeable, i.e., la mentalité féodale avec ses corollaires. Ces imperfections méritent d’être dénoncées et corrigées au nom de la justice sociale d’une part, et pour la libération du potentiel de tous ses membres afin de leur permettre de se réaliser pleinement. Ceci est également valable pour toutes les communautés.
Enfin, tout le monde doit–équitablement jouir des valeurs démocratiques que nous chérissons sans aucune forme de distinction.
Demander un traitement égal est un droit reconnu par la constitution et consacré par la déclaration universelle des droits de l’homme dont l’article 1 qui stipule que « tous les hommes naissent égaux en liberté et en dignité, » etc. En d’autres termes, les valeurs démocratiques sont indivisibles, elles sont à la fois théoriques et pratiques, c’est à dire que nous ne pouvons pas seulement les chanter, sans les mettre en pratique.
Bon ramadan a tous.
Bakary Tandia, Human Rights Advocates, New York, April 13, 2021.
J’ai lu des commentaires sur ces faits et leurs conséquences. J’avoue avoir été déçu par les positions de certains intellectuels de la communauté mise en cause que j’ai scrutées avec beaucoup d’attention. Pratiquement, la plupart des amis sur la Toile que j’ai lus se cramponnent chacun à une aile des protagonistes. Et surtout l’aile dite féodale. Je ne suis pas du tout à l’aise de citer les féodaux et leurs inévitables et prétendus esclaves. Un langage encore vivace dans cette communauté. Où les débats que j’ai vus ne semblent pas prendre de distance avec ces idées rétrogrades. Et mon sentiment culmine à une exaspérante gêne à l’idée que la féodalité a de beaux jours dans cette communauté où l’on semble vénérer les chefs auxquels nos amis intellos s’adressent avec beaucoup de déférence. Aucune communauté, y compris surtout celle de mes parents bidhans, ne se comporte selon moi de cette façon.
Je n’ai pas non plus remarqué que les références à l’esclavage soient condamnées et combattues avec toute la véhémence que la persistance de ce fléau requiert sans ambiguïté.
À mon avis et sans vouloir prétendre donner des leçons je considère que l’élite de ce pays, toutes communautés confondues, doit se démarquer des considérations régressives d’un autre âge et s’en désolidariser très clairement au lieu de contribuer à leur infame persistance.
La Coalition Vivre Ensemble a appris avec tristesse les affrontements entre deux groupes de la Zaawiya Mpaly Kaba de Kaédi, le 05 Avril 2021.
La CVE est d’autant plus préoccupée que ces affrontements ont occasionné de sérieux préjudices dont des blessés graves.
Ces évènements malheureux qui ont mis aux prises des personnes de la même communauté, de la même obédience religieuse, reposent la problématique du vivre ensemble chez nous et fait obligation à tout un chacun de jeter un regard critique sur les facteurs de discorde qui sont de nature à accentuer le ressentiment entre mauritaniens.
S’il est vrai que la position des protagonistes diverge sur l’origine du conflit, le danger que fait courir la crispation des positions interpelle sur la nécessité, l’impératif de prendre en compte, de façon sérieuse et objective, les problèmes relationnels entre éléments de même segment communautaire ; lesquels problèmes plongent leurs racines dans un passé où l’égalité, l’équité et l’égale dignité entre les composantes n’étaient (et ne sont toujours) ni réelles, ni prises en compte par la société qui, elle-même, reposait sur des fondements inégalitaires.
Cet héritage (commun à toutes les communautés mauritaniennes), qu’on l’appelle esclavage, séquelles de l’esclavage ou discriminations liées à la caste ou à la classe, qui engendre des frustrations – et on l’a vu des affrontements sanglants – nécessite qu’il fasse l’objet d’un large débat national pour refonder la société et la République sur des bases pérennes ; pour que les problèmes récurrents liés à cette problématique sociale ne viennent plus handicaper la marche du pays.
Autant les évènements de Kaédi, par leur gravité, interpellent, autant celui de Ouadane où une femme haratine (supposée esclave), aurait été donnée ou citée comme dot pour un mariage, ne peut être passé sous silence. Là aussi, les versions restant contradictoires sur le bienfondé ou non de l’affaire dénoncée.
Quoiqu’il en soit, devant des situations de nature à saper l’unité nationale et la cohésion sociale, la Coalition Vivre Ensemble :
– Rappelle l’impérieuse nécessité de mener une enquête indépendante et de portée nationale sur le phénomène de l’esclavage et ses pratiques associées dans notre pays;
– Invite les autorités nationales à faire la lumière, de manière impartiale, sur ces deux évènements ;
– Condamne la violence d’où qu’elle vienne ;
– Demande un large débat national autour de la problématique de l’esclavage, et de ses séquelles de l’esclavage, ainsi que toutes les discriminations liées à la caste ou à la classe sociale.
Une des erreurs, si ce n’est des malhonnêtetés, courantes chez nous est le fait de juger les conséquences sans pour autant toucher aux causes qui les ont induites ou les mettre, les unes et les autres, au même plan dans une analyse qui se réclame pourtant objective. C’est alors que l’on passe très souvent à côté des problèmes de fond pour ne disserter que sur des conduites ou actes qui ne font que voguer à la surface, au gré des grands courants qui les sous-tendent et déterminent leur mouvement. Deux erreurs sont à éviter si l’on veut rester un tant soit peu objectif. La première est celle qui consiste à oublier les grands courants régisseurs de la dynamique pour ne considérer que le comportement guidé des éléments qui y sont suspendus. La seconde consiste à établir une égalité de statut entre les courants et le comportement des éléments qu’ils transportent. Ainsi, plus d’une fois on entend des gens prendre les quelques droits à la demande de dons ou cadeaux accordés aux groupes hiérarchiquement défavorisés pour des privilèges au même titre que ceux que détiennent le ou les groupes favorisés. Ils s’en servent alors afin de faire valoir une « condition atténuante », et souvent même comme une contrepartie équivalente. Le moins qu’on puisse dire est qu’il s’agit d’un argument fallacieux que d’affirmer de telles positions. Le fait est que selon notre provenance sociale, il y a des chemins plus ou moins déterminés qui se déploient devant nous dans la lutte quotidienne pour notre survie. Ces chemins forment le potentiel qui nous est offert par notre milieu pour résoudre nos problèmes quotidiens ou construire une forme de réussite sociale. Il est clair que si un groupe dominé n’a droit que trop peu aux terres cultivables, ses chemins de survie vont être plus souvent ceux des travailleurs pour les propriétaires ; et ce, même si ses membres sont libres de faire autrement. La question n’est pas d’avoir libre choix d’accepter ou de refuser, il s’agit de prendre la meilleure des possibilités qui se présentent à un moment donné pour un but donné. Ainsi, si on décidait de juger le choix de travailler pour des prunes (c’est le cas de le dire) plutôt que de refuser de travailler, on passerait alors sous silence le partage inéquitable et totalement déraisonné des terres cultivables qui est un problème de fond. On pourrait alors arriver à conclure, de façon superficielle, que le travailleur n’avait pas à se plaindre car il a signé de plein gré son contrat. Au fait, cela n’est pas un exemple fortuit, il constitue un problème majeur dans nos localités où quelques familles ont la part du lion sur les terres là où d’autres peinent à trouver où habiter ; voyez-vous le combat contre l’accaparement des terres par des venants est une chose honorable. Mais qu’en est-il du partage rationnel des terres avec les groupes sous domination ? Mais plus proche du sujet encore, les cadeaux et autres dons que demandent les membres des groupes dominés ne constituent aucunement des chemins de premier choix pour acquérir des biens. Si aujourd’hui on acceptait de réorganiser la société, ils ne seront pas plus que nous intéressés à occuper une telle place dans la société. Ceux parmi eux qui accepteraient cette place ne seront pas plus nombreux que les nôtres qui en voudraient. Il faudra que l’on comprenne que le fait que certains groupes adoptent les pratiques citées a plus à avoir avec le résultat d’une construction sociale qui tend à spécialiser les gens suivant leur provenance. Le fait que les toorobbe, dans le milieu Pulaar, soient comparativement plus versés dans les études religieuses ne témoignent aucunement d’une aptitude intellectuelle particulière dont ils seraient les détenteurs. Cela n’est essentiellement que fruit d’une construction sociale. La construction joue donc le rôle de ces grands courants qui distribuent des trajectoires aux uns et aux autres assez fidèlement suivant leurs provenances respectives. Dévier de ces canaux est aussi difficile que ramer à contre-courant, c’est s’opposer au courant social qui ne manquera pas de tenter de réorienter les chemins selon son bon vouloir au moment où il encouragera ceux qui s’en conformeront. Il est ainsi d’une grande erreur que de penser que l’ensemble des dominants d’aujourd’hui auraient dévié de certaines conduites observées chez les dominés si jamais les rôles s’étaient inversés. La vérité est que, comme eux, ils se seraient adaptés à leur grande majorité au rôle qui leur est offert ; et comme vous pouvez alors le comprendre, ce n’est donc pas par choix du rôle mais par défaut et par contrainte sociale. Vous ne manquerez pas alors à me dire qu’eux aussi allaient agir, en majorité, si les rôles avaient été inversés, comme la nôtre est entrain de le faire -faudrait-il encore le reconnaître. Je vous dirai oui, qu’il y a en effet beaucoup de chances que cela soit vrai. Mais qu’évidement en le faisant ils auraient autant tort. Le tout est donc de refuser de jouer le rôle suprémaciste injuste auquel la société nous assigne; il est en effet plus aisé de le faire que de se défaire d’un rôle de subordination dans lequel on ne dispose d’aucun levier conséquent. Donc à la question de savoir si les dominants sont aussi conditionnés par la société que les dominés, la réponse est non. Les dominants, bien que fortement influencés par les règles sociales, ont tous les moyens d’y mettre un terme, ce qui est moins le cas chez les dominés.
Dans beaucoup de nos villages, des crises ont été occasionnées par le seul fait que des membres du groupe dominé aient refusé de faire la cuisine lors d’un mariage. Notre société trouve ce refus révoltant ! Mais quand ces mêmes individus viennent cuisiner en chantant et dansant, en demandant des cadeaux, on trouve qu’ils sont complices du système. Attendez les amis, que voulez-vous vraiment ? Qu’ils viennent cuisiner mais sans demander de cadeaux ? Peu d’entre vous me diront qu’ils sont contre qu’ils viennent cuisiner tout court. D’accord, mais dans ce cas vous conviendrez que leur reprocher d’accepter ou de demander les cadeaux est une belle façon de se tromper de coupables, vu qu’ils sont socialement enjoints à jouer leur rôle assigné. Allez donc dire à la société, aux dominants je veux dire, de lever ces charges sociales sur eux, d’accepter de renoncer à leurs privilèges de princes et de princesses injustement acquis, les vrais privilèges je veux dire, qui, pour exister, forcent les dominés à jouer le rôle critiqué. Pour s’en convaincre, imaginez un mariage au Fuuta dans lequel aucun des membres de ces groupes ne vient accomplir « son prétendu privilège », alors vous verrez que quoi que ces derniers puissent regretter un gain économique, les dominants quant à eux éprouveront une crise existentielle majeure. Car ces pratiques-là c’est bien les dominants qui les ont mises en place pour se délecter de leur propre position bien que les temps durs que nous vivons puissent occasionnellement leur faire subir quelques « effets secondaires ».
Pour conclure, j’appelle encore à ne pas vouloir ruser avec nos problèmes profonds ou les esquiver. Nous devons être objectifs. Mais l’objectivité n’est pas synonyme d’équilibrisme. Aspirer à être objectif c’est faire tout son possible pour attribuer aux différents éléments de son propos la place qui est la leur. Cela n’implique pas une nécessité de partager les fautes. La hiérarchisation dans notre société est un problème dont on connait le coupable qui est le système qui régit sa structure. Il profite aux uns et lèse les autres voire les asservit, il nous incombe de nous dresser contre, peu importe ce qu’il nous réserve personnellement ou de quel côté notre naissance hasardeuse nous a placés.
Nonobstant, une éducation émotionnelle aguerrie face à la mauvaise foi. On en perd le contrôle face à l’inadminissible ignominie de l’ignorance, de ceux qui approuvent l’existence d’une supériorité subjective d’un être humain à un autre, dûment liée à la naissance. Il est primordial, d’admettre, sans équivoque que l’esclavage est un concept abominable. Qui ne doit son existence qu’à la vacuité et à l’avidité d’individus venaux, mus par la seule volonté de s’ enrichir sans effort ; D’une part en déshumanisant l’homme, vendu comme du bétail et d’autre part pour la gratuité du travail. Ce phénomène est exécrable et nul ne doit l’avaliser ou le glorifier, mais plutôt faire blemir de honte tout homme digne et pourvu de raison. Il est opportun de rappeler, que l’innovation sociale est plus importante, son rythme plus intense, sa portée plus étendue. N’eut été, en outre, cette pensée nouvelle, de l’émancipation et de la justice entre les hommes, partir sur des bases saines pour l’humanité plusieurs personnalités afro américains de lignage servile n’auraient pas atteint à priori certaines positions stratégiques dans la vie publique des US (Armée, Première Dame, haute administration et autres). En réalité , sauf un hasard malheureux, on soit atteint de cécité et de surdité ou que l’on soit en marge de la société, l’esclavage, demeure un crime contre l’humanité. Il doit y avoir dans les temples du savoir le temps de l’observation nécessaire pour se faire une idée objective d’un conflit fratricide basé autour de la sempiternelle question de l’esclavage et ces séquelles. Nous avons vécu, ces dernières semaines de manière sporadique, l’infâme histoire de la dot de Ouadane , la théâtrale et scabreuse de kaedi. En somme, cela n’a fait qu’affirmer, que le mal se trouve dans les us et coutumes, qui loisiblement veulent nous faire croire qu’une femme hartani peut être chosifiee, que l’imamat s’acquiert par dévolution famialle. Cela dit, au-delà, de la multitude des faits que l’on pourrait égrener à l’infini à ce sujet, il ne s’agit plus cependant de pointer les causes où d’en Indexér les coupables, connu de tous . Il s’agit plutôt de s’ériger avec détermination face à ce relief hideux, imsipide enrobé dans un corps malade et un esprit impie. Au regard des faits, oui, à l’introspection collective pour améliorer notre vivre ensemble, aussi figuasse soit-elle, par un effort collectif et collégial En se dressant tous ensemble sans distinction aucune, en deconstruisant ce narratif cousu d’un fil de mensonge. , pas pour un exutoire, mais pour éradiquer sa propagation. En abhorrant , sans compromission aucune,individuellement ou collectivement, toute tradition et rituel permettant de par leur vassalité, de maintenir ces survivance. Du reste, la légitimité de combattre pour recouvrir sa dignité humaine, ces lettres de noblesse , ne fera que des émules et sa durée aussi longtemps que les faits. Une fois encore , œuvrons tous à l’altérité et à la tolérance. Voilà ce qui pourrait être utile.
« C’est une erreur de vivre selon le mode d’autrui et de faire une chose uniquement parce que d’autres la font. C’est un inestimable bien de s’appartenir à soi-même. » Sénèque
Les événements tragiques autour de la « Zawiya Mpaly Kaba » de Kaedi sont une suite de crispations sociales autour du statu quo. Nous avons vu un ensemble d’intellectuels user de la parole à un travers un arsenal conceptuel pour justifier la bêtise ou aiguiser leur regard loin de toute objectivité mais proche de la subjectivité. Il ne faut pas avoir la langue de bois. Je ne suis pas un fin connaisseur des lieux de cultes et de vénérations que sont les Zawiya en Mauritanie. Celle qui a attiré l’attention est la Zawiya: Mpaly Kaba de Kaedi où les disciples des fondateurs de la confrérie se requièrent.
A la suite d’un ensemble d’événements, on remarque que les intellectuels Soninko (de la communauté sociolinguistique Soninké) sont dans le déni. Il va falloir combattre ce déni pour aspirer à plus jamais ça. Il faut poser les bases de l’égal accès à l’imamat (fait de pouvoir diriger la prière par rapport à la qualification, les compétences et la dévotion qui ne se vend pas). Écrire des tas de livre avec des personnes qui n’œuvrent pas à casser les « fondements erronés » restent une perte de temps inouïe. Le refus de partager des fonctions symboliques dans un groupe donné en Mauritanie et particulièrement chez les soninko reste la plus grande torture dans l’imaginaire collectif des personnes « castés ». C’est là une forme de contrainte sociale qui rappelle les séquelles de l’esclavage. Dire qu’un individu lamba doté de sciences (en se référant au sens dans un contexte islamique) ne doit pas diriger une prière ou doit demander la permission reste incompréhensible. Rappelons dans ce sens, Camus qui disait: « La bêtise humaine insiste toujours ». Certains insultent BaliouMamayaryCoulibaly en disant qu’il est l’initiateur de ce « mal ». Je pense simplement que la pesanteur sociale leur épargne beaucoup de maux. Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké. La stratification sociale empêchait certains soi-disant « esclaves » ou personnes d’ascendance servile, griots, tutti quanti, d’étudier. Ils devaient être programmé pour assouvir les désirs et dérives de soi-disant « maîtres » ou « bien nés ». De nos jours, nous vivons dans des États en Afrique qui s’apparentent à des démocraties. Tout le monde a droit à l’éducation. C’est vers la méritocratie que nous tendons.
Le poids du capitalisme de nos jours est immense. Il y’a ce que beaucoup qualifient de « réalités sociales »; et il y a à côté le choix de comment se définir. Le mépris culturel et l’ordre inique sont d’autant plus considérables dans nos contrées que quand la misère intellectuelle et financière sont là. Il suffit de voyager pour voir que nos « fondements » sociaux sont un leurre. Il faut démocratiser car l’individu qui quitte son territoire pour un pays occidental se marie souvent là-bas sans se focaliser sur les origines ou le « rang social » de son conjoint. Arrêtez cette hypocrisie silencieuse !
Certains ont parlé de consensus. D’autres ont manifesté leur « volonté de puissance ». Il n’y a qu’un seul Salut. C’est le combat pour la dignité humaine. Ce combat ne peut pas se mener qu’ailleurs. Il le faut évidemment chez nous. Il ne faut pas chantonner dans les affaires comme le cas de GeorgeFloyd ou autres en faisant abstraction des tares féodales-esclavagistes dans nos pays. Dans la communauté Soninké, également dans toutes les communautés de l’Afrique, il faut arriver à déconstruire et à démystifier les approches socioculturelles qui existent pour l’avènement d’une culture citoyenne avec des politiques représentatives, une démocratie en construction et des leviers culturels sur des principes universels qui répondent à la vraie culture islamique de nos sociétés; pas celle adaptée aux traditions. Il y’a urgence de quitter « les identités étriquées pour de véritables identités citoyennes ». Selon une source, le gouvernement mauritanien à travers son ministre de l’intérieur a pris des mesures drastiques et appelle au calme. Que ce même gouvernement agisse aussi dans le solde de toutes les entités; pas seulement d’une communauté donnée. Il faut que l’Etat vide le contenu des « pouvoirs traditionnels » pour le compte des maires et autres personnes de l’administration. Le mauritanien doit être participe de l’universel pour parler comme mon homonyme SouleymaneBachirDiagne. « Il faut remette en place le chantier de l’universel ».
Que la paix règne à Kaedi, dans soni kara et dans le reste du monde. Elle ne sera véritablement axée que par l’implantation de la raison, de la logique et la reconstruction autour un nouvel idéal avec plus de justesse.
Dans son discours d’ouverture à la deuxième saison de laFraternité, le secrétaire général, l’Imam Abdoulaye Sarr de l’association Mains de la Fraternité a appelé « les maîtres du verbe à savoir les journalistes, les blogueurs, les poètes et autres influenceurs à aider de porter le message de la Fraternité » . Selon lui, les porteurs de voix doivent être investis pour la consécration de l’esprit de la Fraternité en Mauritanie.
Il a ajouté que sans leur contribution il est difficile d’atteindre des publics larges. Selon Sarr, cette saison sera marquée par ateliers de réflexion sur d’égalité et la citoyenneté.
Il a indiqué que ces deux jours seront marquées par la présentation de la vision de la Fraternité de leur association. Il s’est engagé de proposer aux Mauritaniens « une école ouverte à tous pour l’ancrage réelle du principe de la Fraternité »
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