Interwiew/Guidumakha.com: Mr Gaye TRAORÉ, le président d’ARMEPES et l’initiateur du forum GANBANAAXU FEDDE s’explique.

1-Guidumakha.com : Bonjour M. le président Gaye TRAORE, présentez vous à nos lecteurs, présenter également l’ONG ARMEPES-France et Ganbanaaxu Fedde ?

Bonjour Guidumakha.com , merci de m’avoir donné l’occasion de présenter notre ONG Armepes –France et le mouvement Ganbanaaxu fedde .Pour répondre à votre question rigoureusement , je m’appelle Gaye Traore autrement GAYE TENE pour les intimes .Je suis natif de la ville de Sélibaby , cette ville me tient particulièrement à cœur et beaucoup de nos cadres du Guidimakha doivent à cette ville et à ses structures scolaires .Je fais des études en lettres modernes à la faculté des lettres et sciences humaines de Nouakchott avant de poursuivre un Master2 en sciences de l’Education option : « POUVOIRS –DISCOURS ET SOCIÉTÉS » à Créteil Université actuel UPEC. Quant à l’ONG ARMEPES-France , elle est née à la suite d’un affront -en tout cas nous l’avons senti ainsi et il ne peut en être autrement – d’un érudit de la communauté Soninké basé en ARABIE SAOUDITE qui a fait un très long exposé sur l’esclavage et celui de la communauté Soninké
Plus précisément.
On peut écouter une partie de l’exposé sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=LcXt1j4Vcl4, la morale tirée de ce long exposé est la justification de la pratique de l’esclavage dans notre SONI KARAA. A partir de mars 2008 nous avons commencé de faire des réunions de sensibilisation dans les différents foyers de travailleurs immigrés dans PARIS et aux alentours . De ces consultations , est sortie Association mauritanienne pour l’éradication des pratiques de l’esclavage et ses séquelles-France ayant comme sigle ARMEPES-France , notre objectif premier est de débarrasser notre SONI KARAA de toutes ses tares liées à la féodalité , au système de castes, à l’hiérarchisation entre personnes ayant vécu ensemble depuis des nombreuses années . Notre ONG ARMEPES-France était railléé au début, on nous donnait comme champ d’action que le combat contre les LAADA ( pacte subtil de domination ,qui se traduit par un échange de travaux domestiques lors des cérémonies de mariages , de baptêmes ou de décès entre ancien maître et ancien esclave ou maître et esclave ) comme si nous avions une myopie de la condition humaine. Alors que nous avons un plan d’action vaste et varié dont les réalisations sont nécessaires et vitales pour la communauté SONI KARAA .
Quant à Ganbanaaxu fedde c’est un forum transnational qui embrasse la Mauritanie , le Mali , la Gambie et le Sénégal ainsi que toute la Diaspora SONINKE à travers le monde . Ganbanaaxu fedde est le fruit D’ARMEPES-France , notre devise est l’égalité en DIGNITE et en DROITS dans nos communautés respectives , qu’un patronyme ne soit pas un passe droit et qu’un autre ne soit l’objet de rejet , de discrimination cela est inadmissible en ce XXI ème siècle .La charpente de SONI KARAA est basée sur la catégorisation patronymique et déterministe qui fait que certains naissent nobles de statut , d’autres esclaves ou esclaves statutaires.C’est ce que j’ai appelé sur la chaîne Télésud en décembre 2016 : ASSIGNATION PATRONYMIQUE !

Cette assignation patronymique qui fait certains postes se font inaccessibles car pour représenter la communauté , il faut un patronyme qui ne peut être à consonnance Bambara par exemple ou il faut être dans la moule de la rotation patronymique en vigueur dans l’ordre féodal intracommunautaire quand il s’agit des nominations ministérielles :https://www.youtube.com/watch?v=rbksq8xchC8&t=43s (visionner cette séquence vidéo et tirez –en belle morale ) .Encore on entend certains membres de la féodalité soninke dirent être maire c’est être chef de village ,n’est ce pas là une bravade de la république ? Ce discours existe toujours même s’il n’est tenu qu’en cercle restreint avec la plus grande attention possible [rires].

2- Comment est-il venu l’idée de créer les forums Ganbanaxu Fedde sur Whatsapp ? Pourquoi les groupes dérangent voire agitent certains hommes politiques et les milieux extrémistes conservateurs féodaux Soninké?

Un certain moment dans la vie de toute organisation il y a de la mollesse, du relâchement et pour relancer la dynamique des débuts de ARMEPES-France , il m’était impératif en tant que secrétaire général à lépoque d’imaginer une solution à ma portée . Je vous rappelle que j’ai été secretaire général de ARMEPES-France depuis sa création jusqu’en novembre 2016 , date de ma désignation en tant que président de ARMEPES-France .Donc Ganbanaaxu fedde sur Whatsapp a été conçu pour redynamiser et faciliter la communication entre les membres de ARMEPES-FRANCE .Très vite en deux mois ce groupe WhatsApp créé pendant une heure creuse sur mon lieu de travail un après midi du 05 Octobre 2016 a eu un succès transnational. Ses membres dépassent la communauté mauritanienne. Un nouveau lien s’est tissé entre les esprits progressistes de SONI KARRA , toutes fonctions sociales confondues .Revenons au second volet de votre questionnement , la société SONINKE a ses codes de valorisation sociale qui ne reposent pas sur notre fonction sociale d’utilité commune , comme médecin , avocat , ingénieur , enseignant entre autres .On a beau avoir la qualification et la promotion que l’on veut dans sa vie professionnelle , cela n’est pas suffisant pour être valorisé dans notre SONI KARAA , car comme cité plus haut , on naît esclave ou noble .Un ami issu d’une illustre famille maraboutique de PODOR m’a dit au boulot ça( système de castes ) TRAORE , on ne peut pas le changer et ma réponse était : si on a pu combattre l’ignorance , on peut le changer car cela relève de l’ignorance et le débat est clos. Voilà pourquoi les conservateurs extrémistes veulent que les choses restent comme depuis l’anté MEDI KAAMA KANOUTE philosophe et sage soninke !Et à ce titre notre philosophe et sage soninke disait ceci en SONINKE : « NA GANBANAAXU SEBETINDI O ME NAXAA A WA KEFINII LADAA SIRU » en traduction approximative sous le contrôle du sage Yero Sylla :mettre l’égalité en dignité et droit entre nous fait partie des bonnes pratiques culturelles à promouvoir . Notre société SONI KARAA est réfractaire à toutes réformes c’est ce qui explique l’animosité , la mauvaise foi , les calomnies , les intimidations, les agressions contre nos membres et les tentatives de sabotages du mouvement Ganbanaaxu mais notre constance dans nos principes et la clarté dans notre projet de société que nous n’avons pas sous le manteau , qui n’est pas un discours que nous tenons en cachette , constituent notre bouclier .Certains avaient regroupé des dizaines milliers d’euros pour casser le mouvement , ces milliers d’euros ont disparu à Nouakchott , certains de nos membres ont perdu leur boulot , d’autres se sont vu refusé les services religieux de nos marabouts pour de problème de sociétés , certains de nos membres ont été expropriés car faisant partie de notre communauté Ganbanaaxu fedde qui demande l’égalité en dignité et en droit. Le troisième volet est relatif aux politiques, à ce niveau la lecture est simple la couche d’extraction servile est considéré très longtemps comme la clientèle politique pour ne pas dire le « cheptel votant» , pour maintenir ce cheptel en situation d’homme-chameau selon Nietzsche qui blesse son orgueil pour mettre en dérision sa sagesse, on met en avant les tribus , BARANE , BOTOKHOLO , HAYANE HOKOLOU , maure versus SONINKO, peulh versus SONINKO …En un mot ces tendances politiques datent depuis très longtemps. Une partie de ma famille a gardé des traces indélébiles de l’affrontement politique entre YAHHA KANE et DJERMOUNA SOUMARE . La docilité des descendants d’esclave fait de certains politiciens des barons politiques incontestés dans leurs fiefs respectifs. Tout discours , surtout nouveau venant des gens de Ganbanaaxu remettant en cause cette réalité fait face à une calomnie , une intimidation comme le cas de DAFORT , où le chantier d’un hangar privé a été suspendu sur décision du ministère de l’intérieur sur injonction des cadres de DAFORT selon la dernière polémique éclatée sur les réseaux sociaux , un communiqué à cet effet a été fait à l’adresse des autorités publiques par la Communauté Ganbanaaxu de DAFORT .

3 -Avez-vous reçu des menaces de mort, d’atteinte à votre vie ou à celle de vos membres ?

Les menaces de morts sont courant les insultes , les menaces d’attaques mystiques qui me font sourire , mais ces attaques datent bien avant le FORUM GANBANAAXU FEDDE, à mon encontre c’est depuis la création de ARMEPES-France en 2010 et le lancement de notre site internet :www.mauritanie-egalite.org.Certains me disent de ne pas trainer seule ,mais je suis croyant ce qui doit arriver ,arrivera à l’heure décrétée !
Comme cité dans ma précédente réponse certains de nos membres ont été agressés à MODIBOUGOU , le vieux FILY CISSOKHO , à DIANDIOUME côté malien le vieux MOUNTAKHA DIARRISSO a été violemment agressé .Toutes ces agressions n’ont pas eu des issues dissuasives car toute république doit combattre les pratiques esclavagistes et faire appliquer les lois en ce sens . Toutes ces affaires ont été étouffées en tout cas pour celui de MODIBOUGOU suite à des fortes pressions diverses et d’autres missions mystérieuses dites conciliatrices .Pour celui de MODIBOUGOU , l’influente tribu OULAD NASSR a eu raison de la résistance du vieux Fily Cissokho , quant à DIANDIOUME , le vieux MOUNTAKHA DIARISSO , est entrain d’être convoqué de gauche à droite alors que c’est lui la victime d’agression : son seul délit refuser toutes pratiques esclavagistes et tenir des réunions de sensibilisations dans sa maison.

4 –Décrire pour nous, comment se définit l’esclavage ou ses séquelles dans le milieu soninkara ? Est-ce que les autorités Mauritaniennes ont pris en compte vos revendications ?

Dans la société SONI KARAA la pratique esclavagiste varie en fonction des zones géographiques, elle est subtile au premier regard mais tout aussi révoltant , dans certains villages du KINGUI MALIEN , certains esclaves cultivent encore les samedis pour leur maître pendant l’hivernage c’est l’agression de MOUNTAKHA DIARISSO qui nous a éclairé sur ces faits de pratiques esclavagistes . L’esclavage dans SONI KARAA est héréditaire , et on hérite ses esclaves , on hérite la mosquée ce que j’ai qualifié tantôt d’assignation patronymique .Cette société on reconnaît dans la majorité des cas un esclave par son nom de famille, un noble par son nom de famille , la répartition des taches ou des fonctions est à la lumière de cette philosophie de suprématie patronymique. Il faut noter que les mariages du fait des assignations patronymiques restent endogamiques , tout mariage hors cadre est sujet à des tensions , des agressions sur le couple ou une des personnes qui forment le couple banni , les mariages entre castes différentes fait de la résistance même chez ceux qui sont lettrés ou occidentalisés, il arrive hélas que certains couples de castes différentes cèdent à la pression familiale ou du village , d’autres une infime minorité vivent leur vie mais toujours sous tension !Quant aux séquelles de l’esclavages dans la communauté soninké parlons en ! Souvent quand j’entends certains arguments sur les séquelles de l’esclavage ça sous-entend la forme douce de la domination ou la forme acceptable . Pour caricaturer les séquelles d’un accident voiture ne sont pas acceptables , les séquelles d’une mauvaise intervention chirurgicale ne sont pas acceptables même si la victime échappe à la mort . L’absence de propriété foncière selon le régime coutumier et féodal dans la majorité des cas pour les komos est une conséquence de la pratique esclavagiste . Le fait que dans certains villages dont je tairais toujours la femme esclave fait la moitié du veuvage prescrit par le coran et la Sunna ,le droit de cuissage bien que rare mais existe dans la communauté soninke , nous sommes obligés de taire les noms de villages pour plus de sérénité dans les débats . L’autre aspect des séquelles des pratiques esclavagistes que l’on peut constater de nos jours c’est l’accès limité à la science religieuse , car dans son instruction religieuse l’esclave appelé grossièrement « SERALANMA » ce mot est dérivé de l’arabe SHA’IR « poète » , l’appellation est parlante. Selon les anciennes moeurs en la matière, venu pour les sciences il n’a droit que des poèmes clameurs à la gloire du prophète (sas) dit-on mais plutôt charmeurs pour les maîtres dignitaires maraboutiques . Aujourd’hui la société soninke est en pleine mutation, le mouvement Ganbanaaxu fedde qu’on l’aime ou qu’on le déteste ça ne changera rien à la dynamique et à la nécessité à des réformes . les réformes ont commencé par ceux qui sont victimes des vestiges discriminatoires et ségrégationnistes conséquences de l’esclavagisme affreusement pratiqué d’antan .Concernant nos doléances , nous avons transmis deux courriers au président de la république islamique de Mauritanie et des communiqués via les réseaux ont été établis par notre cellule de communication pour alerter les autorités .Nous avons eu des échos favorables mais du côté de l’Etat mauritanien mais la main de l’Etat chancelle quand les affaires de l’apologie de l’esclavage, d’expropriation sur fond d’esclavage se présentent , l’application de la loi se fait désirer .
L’application rigoureuse de la loi 031-2015 nous permet de garantir la paix sociale ;Les lois de la république l’emportent sur les bon vouloir d’un chef coutumier , d’un chef de clan ,il devrait être ainsi pas autrement dans un Etat crédible .Lors du 6 Mars 2018 tenu à Sélibaby , nous avons tous entendu , « Le Juge Bâ Aliou, Président de la Cour spéciale de justice chargée des crimes esclavagistes de la Zone Est qui regroupe les deux Hodhs, l’Assaba et le Guidimagha, a largement expliqué le contenu de la Loi 2015-031 criminalisant les pratiques esclavagistes .»
Mais ce qui laisse perplexe c’est de nous avoir annoncer que sa cour ne compte que trois dossiers depuis 2015 sur l’ensemble du territoire ! Sommes nous sérieux dans notre combat ou manque d’information ,les ONG ont leur part de responsabilité .

5 -Est-il vrai que les descendants d’extractions serviles ne peuvent être des imams, chefs de villages, peuvent se présenter difficilement à des postes électifs, ils ne sont pas enterrés dans les mêmes cimetières que leurs anciens maitres?

Dans nos villages ou toute entité qui représente le village la loi des castes et la féodalité crachent le souffre pour caricaturer , entendez par là sèment la discorde .
En effet dans nos réformes , les points mis en avant c’est aussi la gestion de l’imamat , suite à mon entretien ave le conseiller du président de la république monsieur Sidney Sokhona , je lui ai évoqué notre projet de société et les réformes que cela nécessite , il y va dans l’intérêt de nos communautés respectives surtout à sensibilité manding ou sénégalo-guinéen où ce système de castes fait de la résistance .Quant à l’imamat nous ne voulons déposséder personne de sa mosquée, ou le traîner hors d’une quelconque mosquée , en matière de l’imamat nous voulons nous autonomiser c’est ce qui fait peur au fond :construire nous même nos mosquées et y prier , nous aurions besoin de personne alors pour nous les gérer, ni la bénédiction de personne pas de cooptation patronymiques en ce sens .Celui qui souhaite venir est la bienvenue en frère de religion , nous ne ruminons ni haines , ni rancœurs au nom de la fraternité , nous ne cherchons pas à venger nos aïeux usés , abusés , abattus comme des lapins pour certains , enterrés comme des piquets quand ils étaient petit pour certains , des noms de famille changés pour certains , certains ont été déshérités . Pour la chefferie du village , aujourd’hui un chef de village ne pèse pas dans la gestion du village compte tenu de la proximité de l’administration , mais c’est un référent coutumier qui demande une réforme et d’ailleurs sur ce point Ganbanaaxu fedde a été très longtemps caricaturé et incompris , peut être cette incompréhension arrange certains donc volontairement entretenue . Ce que nous proposons dans notre débat de société et que les tenants de l’ordre féodal se rassure , poser un débat de société cela ne veut pas dire décréter un ultimatum pour la fin de la chefferie des villages , cette chefferie , nous la voulons autrement et pour cela nous avons recours au droit d’aînesse sans condition patronymique , de sorte les plus âgés de tout le village soit notre chef coutumier à nous tous .On peut y adhérer ou ne pas y adhérer mais c’est un débat de société .Aujourd’hui seule une seule lignée ou quelques familles ont droit à la chefferie , on avance des justifications historiques ou généalogiques mais tous ces arguments ne sont plus adaptés vu le nombre de frictions , de tensions .Pour solidifier les liens je crois que nous devrions choisir ensemble notre référent coutumier , les modalités de désignations de notre chef coutumier natif du village ou descendant des natifs du villages sur le critère de l’âge , en dehors des critères de l’âge d’autres critères peuvent être proposées mais le statu quo n’a pas d’avenir.Mais c’est un débat de société qui ne devrait rendre personne nerveuse ni excitée. Quant à l’accès des personnes descendants d’esclaves aux postes électifs , au début des premières élections municipales ont entendu des discours qu’on croyait ne jamais entendre même de la part de certains dignitaires connu par leur esprit d’ouverture , le cas que l’on cite en exemple est celui de l’ancien maire de Bouanze monsieur DIO , que j’ai rencontré personnellement chez mon cousin à Sélibaby il y a quelques années pendant qu’il était encore en fonction . Aujourd’hui en Mauritanie le premier parti politique est le UPR , parti au pouvoir observons les maires et les députés de cette entité politique ; beaucoup d’entre eux toutes ethnies confondues sont issues de la féodalités( et justifier cette réalité seulement par le fait colonial est maigre et aigre à la foi ) , donc la promotion politique des descendants d’esclaves dans les grands appareils politiques méritent un colloque , dans tous les cas une attention particulière . Pour la question des cimetières je n’ai entendu qu’un ou deux villages dont les ressortissants m’ont confirmés cette pratique honteuse à peau dure ,soit c’est des cimetières séparées ou dans le même cimetière , les nobles enterrés à l’Est et les esclaves à l’Ouest mais je préfère ici encore ne pas citer de village compte tenu de la sensibilité de cette question !

6 –Cette discrimination touche des lieux de cultes et aux morts, mobilise-t-elle des érudits Soninké dans le Guidimakha ?

En tout cas à mon niveau depuis mon jeune âge je n’ai jamais eu écho de la remise en cause de cette réalité , même pas dans un sermon ni dans une conférence par un quelconque érudit , cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas chez les érudits des gens que cette réalité offusque et interpelle .
L’islam est une religion de réformes donc tout musulman sincère devrait être progressiste !

7 –Beaucoup de conflits se sont déclarés dans les villages sur fond d’expropriations de terres ou mosquées, d’expulsions à l’exemple de: Diaguily, Coumbandao, Daffort, Bouanze, Oulouboni, Tachott etc… tous ont le même point commun, le rejet des coutumes ou traditions esclavagistes, pourquoi la loi n’a-t-elle pas été appliquée dans ces cas?

Il faut dire à chaque fois que des litiges de cette nature arrivent sur les bureaux des autorités régionales l’aspect esclavagiste n’est pas mis en avant , donc les plaignants doivent demander une copie de leurs procès verbaux ou se faire accompagner par quelqu’un sachant lire le contenu dudit procès verbal, refuser tout compromis et de demander que la loi s’applique .La peur ou sentiment qui consiste « c’est sa terre » alors que la loi stipule que la terre appartient à celui qui la met en valeur .Beaucoup de dossiers liés à l’expropriation sont en souffrance au tribunal de Sélibaby , les protagonistes n’arrêtent pas de faire des aller-retour , des fois ils passent toute la journée dans la cour du tribunal sans un seul mot de la part des autorités judiciaires , à part fixer un autre rendez-vous !A Tachott Botokholo il y a eu quatorze expropriations , le représentant d’AMEES monsieur SIDIBE Moro à Tachott Botokholo et Mr DIAGUILY TRAORE représentant de AMEES à Sélibaby , ont fait un travail remarquable , le préfet en personne s’est déplacé si j’ai bonne mémoire sur les quatorze seuls deux expropriés se sont présentés , parmi ces deux protagonistes l’un n’a pas pu avoir des témoins c’est ce qu’exige le procureur de sélibaby, le second lui attend d’être convoqué de nouveau par le procureur de la république de Sélibaby.Quant à l’affaire de la mosquée de Coumbado , la mosquée est la mosquée de la communauté de Ganbanaaxu , ils veulent la récupérer pour y prier les vendredis , cette décision est prise pour éviter tout conflit dans le seul lieu de culte dédiée à la première du vendredi , je ne peux pas donner plus de détails , la question est sensible et en cours nous sommes vigilants quant aux derniers développements .La loi n’est pas appliquée parce que toute plainte sur fond d’esclavage indispose les autorités et la féodalité régionale qu’on l’admette ou pas n’est pas innocente dans le processus foireux des plaintes , la logique appliquée systématiquement est la suivante négociation , négociation quand les arrange !A lors nous avions demandé la négociation quand nos frères de Ouloumbonni étaient en prison , de la l’argent a été collecté pour prolonger leur détention à la prison civile de Sélibaby j’en ai la preuve !

8 –La journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles a été célébrée à Selibaby le 06 mars 2018, avez-vous l’espoir que la loi sera appliquée pour mettre fin aux conflits dans les villages qui risquent de dégénérer un jour?

La prise de conscience des victimes augmente de jour en jour , nous notre credo à Ganbanaaxu fedde est que nous n’allons jamais corrompre la justice de notre cher pays .
Oui j’ai espoir que la loi s’applique non pour se satisfaire des démêlés judiciaires d’un quidam , mais au nom de la paix sociale les lois de la république doivent être appliquées à tous , que les lois de la république l’emportent sur les coutumes féodales

9 – Une question politique, comment expliquez-vous que les partis politiques de la majorité au pouvoir comme de l’opposition, refusent souvent de parrainer des candidatures de personnes d’extractions serviles lors d’élections ?

C’est une question de myopie politique et d’égoïsme, mais à dire vrai la politique est rude c’est un combat de GLADIATEUR , mais la politique c’est aussi la gestion de la cité , comment ne pas se rendre compte si on a une once de sincérité qu’à l’assemblée il y a un problème , qu’une couche sociale est absente , j’ai répondu en partie à cette question en peu plus haut .La couche d’extraction servile est bonne à être de la clientèle politique , du cheptel votant comme mentionné plus haut .C’est à la couche d’extraction servile de s’organiser , sinon attendre de la manne et de la caille d’un politicien est une envie de suicide politique et si vous échappez au suicide politique vous plongerez dans un coma politique profond, comme l’image du pot de gloria( une fois usé , il est bon à jeter) évoqué à plusieurs reprises dans une de ses dernières émissions par Mamadou WAGUI Korera , la couche d’extraction servile doit s’organiser sans esprit de revanche mais de réformateurs. L’un de nos objectifs prioritaires dans ce domaine, est d’éveiller et de promouvoir une conscience politique libre et citoyenne parmi nos membres.

10 – Avez-vous un message à transmettre au pouvoir, aux partis de l’opposition, les ONG et à la société civile Mauritanienne ?

Ganbanaaxu fedde a beaucoup de réformes à mener pour le bien de SONI KARAA, nous n’avons de compte à régler avec personne , nous ne sommes pas obsédés par les filles de telles ou telles patronymes , nous voulons une société de progrès, de fraternité ,la vraie fraternité !
Nous comprenons l’animosité des uns et des autres envers nous Ganbanaaxu fedde , nous disons chaque société à sa phase de transition inéluctable , que les esprits progressistes conjugent leurs effforts pour réformer notre SONI KARAA, les anciennes us et coutumes n’ont pas la même teneur , les codes de valorisations sociaux devraient être transférés sur les mérites au nom de l’utilité commune !
Ce que je peux adresser aux autorités mauritaniennes, en un minimum de temps beaucoup de choses pourraient être faites si l’arsenal juridique criminalisant les pratiques de l’esclavage et séquelles est appliqué sans reste. Et l’agence TADAMOUN devrait se pencher sur d’autres communautés pour la réalisation réalisation de certaines infrastructures dans divers domaines ,bien qu’il y’a des zones prioritaires !
Aux partis politiques , tous les enjeux devraient être pris en compte dans les colloques et les débats , l’obsession de nos partis d’opposition c’est le pouvoir c’est pourquoi beaucoup de jeunes ne croient plus en leur discours , il y a trop de querelles internes stériles bloquant ainsi toute alliance efficace . Le problème est que cette opposition n’a pas la même priorité. L’opposition mauritanienne a été minée par des opportunistes et l’impatience de certains les a rallié en catimini au pouvoir sans pouvoir l’assumer .Etre avec le pouvoir n’est pas en soi un défaut , à vouloir être trop opportuniste on devient moins crédible !L’opposition devrait enterrer à jamais la stratégie du boycott on a vu que cette stratégie a ramené avec elle certains de nos députés qui font honneur à notre hémicycle , et en a ramené d’autres , et j’ai rien dit ! La société civile constitue un immense espoir pour des milliers de mauritaniens , je souhaite une société civile autonome dans ses mouvements qui n’est tenue par aucune fibre sensible . Restons constant dans nos principes ,le combat pour la liberté et la dignité humaine demande des sacrifices , de la patience et de la lucidité face aux épreuves !

Mes salutions sincères et mes encouragements à votre site Gidumakha.com

L’équipe du site Guidumakha.com vous remercie d’avance d’avoir accepté de répondre à leurs questions.

Crédit source: http://www.guidumakha.com

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : UNE NOTE DE RETOUR SUR LA JOURNÉE DU 6 MARS À SELIBABI .

À l’occasion de la journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie organisée ce 6 Mars 2018 à Selibabi, la capitale régionale du Guidimagha, le fond de discours de certains intervenants mérite un recadrage circonstancié. Censée être un événement citoyen de sensibilisation sur l’arsenal pénal relatif aux pratiques de l’esclavage et ses séquelles, contenu dans la loi 2015-031, la journée a pris le parfum d’un rendez-vous politique qui plane. Nous, ARMEPES-France (Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication des pratiques de l’esclavage et ses séquelles) ayant pris part officiellement auprès de nos partenaires locaux du mouvement GANBANAAXU FEDDE* (AMEES ET UVDS) dans cet événement historique, tenons à clarifier certains points énoncés nous concernant particulièrement .
Nous avons été surpris d’entendre le conseiller à la présidence issu de la communauté soninkée, Mr Sidney SOKHONA dire dans son allocution qu’il avait été dépêché en France sur ordre du président mauritanien courant novembre 2017 afin de s’intéresser aux débats houleux au sein de la diaspora soninké. Et qu’il s’était entretenu avec notre président Gaye TRAORÉ à ce propos. Effectivement cette rencontre a eu lieu mais dans un cadre strictement officieux à notre sens , car Mr Sokhna s’était manifesté comme une personnalité soninké et non comme étant en mission officielle venant de notre président , son excellence Mohamed Ould Abdelaziz. En toute logique, une note de doléances avait été adressée officieusement à ce dernier par l’entremise de notre doyen Sidney SOKHONA. Par ailleurs , notre engagement pacifique ne s’inscrit pas dans une logique de camp face à un imaginaire adversaire. Nous sommes organisés en citoyens avertis pour demander la prééminence de l’ordre étatique moderne sur une certaine gestion féodale et discriminatoire de « la chose publique » dans nos communautés. Nous ne comptons déloger qui que ce soit d’une quelconque place mais nous voulons faire prévaloir nos DROITS LÉGITIMES assurés par la constitution de notre pays. En effet sur la question de l’imamat et de la chefferie coutumière dans nos localités, nous contestons toutes les velléités hégémoniques et dominatrices par les structures coutumières qui ne garantissent que des privilèges partisans et exclusifs au profit des clans minoritaires. Ainsi notre crédo dans ce sens est le suivant : TOUS ÉGAUX EN DROITS ET EN DIGNITÉ à l’échelle nationale comme dans le cadre intracommunautaire.
Par la suite, cet événement du 6 mars 2018 aurait dû être un moment historique pour l’expression claire et nette de l’ordre CITOYEN qui ne peut être négociable face aux résistances d’un ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sévit dans nos communautés. Ainsi la loi 2015-031 aurait dû être amplement expliquée fermement en langues nationales (soninké en particulier) face aux participants. Nous regrettons certaines interventions périphériques qui ont failli détourner le but principal de cette journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles. Aujourd’hui les turbulences sociétales dans la communauté soninkée sont les conséquences directes du refus par une composante sociale de l’ancien ordre féodalo-esclavagiste muté en ordre ségrégationniste dans la gestion des affaires publiques.
C’est ainsi notre brève lecture de clarification sur cet événement dont les conclusions et les recommandations sont attendues de la part de nos partenaires ayant pris part de près aux côtés des officiels étatiques et autres (commissariat aux droits de l’homme, Mairies, ONG et d’autres institutions civiles).

*Mouvement pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninkées.

Le 11 Mars 2018

La CECOM ARMEPES-France , partenaire dans la mouvance GANBANAAXU FEDDE

ALERTE À L’ACTIVISME DIFFAMATOIRE ET MENSONGER D’UN INDIVIDU CACHÉ DERRIÈRE UN PSEUDO « Demba Soumare »

>>>captures d’écran de ses comptes Facebook et YouTube

Nous alertons les autorités compétentes sur le cas d’un individu camouflé derrière un profil Facebook et YouTube du nom de « demba soumare ». Depuis quelques temps cet élément que nous soupçonnons d’être issu des milieux féodaux extrémistes et communautaristes soninké, s’est lancé dans une campagne diffamatoire et mensongère contre notre activisme pacifique de sensibilisation et de conscientisation sur les séquelles esclavagistes dans la communauté soninkée. Il utilise ces canaux de diffusion pour colporter et salir nos militants et notre mouvement citoyen à travers le monde. Via son compte YouTube, il a instrumentalisé les propos de l’accord amiable entre notre doyen Demba Diarra et ses opposants au sein du tribunal à Selibaby.

Nous demandons les autorités sécuritaires et judiciaires en Mauritanie pour que cessent les sabotages et les harcèlements virtuels de ce type à notre encontre. Pour rappel, le cas de notre doyen Demba Diarra a été pris en charge par le procureur de Selibaby qui avait clos l’affaire à huit clos. Aujourd’hui ce type lâche et menteur se permet de diffuser publiquement ce qui a été dit dans ces circonstances intimes d’entente et de réconciliation.

■De ce constat, nous nous réservons le droit d’entamer sous peu des démarches de vérification en préparant un dossier de preuves à adresser aux autorités administratives.

■L’activisme extrémiste de ce monsieur ne peut être ignoré parce qu’il porte à atteinte à l’ordre public en provoquant et en injuriant gratuitement des militants pacifique.

■Pour une énième fois les milieux féodaux et réactionnaires dans la communauté soninkée ne tolèrent pas notre engagement pacifique pour l’émergence d’une société dépoussiérée de certaines tares sociétales (esclavagisme statutaire et les discriminations sociétales). Nous voulons vivre en citoyens DIGNEMENT, ce qui ne semble pas plaire à certains complexés de supériorité croyant vivre dans le moyen âge au sein d’une jungle primitive.

Pour la communication GANBANAAXU*

Mouvement pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninké.

Le FISO : Oui, mais……. Par Baliou Mamayary Coulibaly

Le Festival International Soninké, communément appelé FISO, s’est tenu du 21 au 25 Février 2018 à Dakar, capitale du Sénégal. Cette rencontre qui est la cinquième du genre a rassemblé plus de 800 participants venus de tous les horizons Afrique , Europe , Etats Unis, notamment .
Depuis sa création, c’est la première fois qu’un président de la république en exercice vient ouvrir les activités du FISO . En effet, le président du Sénégal son excellence Macky Sall a tenu à se rendre au Stade Iba Mar Diop et à assister, plus de deux heures d’horloge, aux festivités de démarrage de l’évènement.
Malgré les contraintes liées à l’éloignement de Dakar par rapport à leurs principaux foyers naturels , les Soninkés sont venus nombreux de tous les coins de l’Afrique occidentale : de Kingui au Gajaaga en passant par le Guidimakha et le Karta. Durant ces 5 jours , les participants ont rivalisé d’ardeur pour faire découvrir les différentes facettes de leurs terroirs respectifs : chants, danses, et accoutrements.
En marge des activités festives, il y avait des conférences sur des thématiques en rapport avec l’histoire des Soninké et la question de l’émigration , ainsi qu’un atelier sur les difficultés liées à la transcription de la langue et à la mise en place d’une académie Soninké.

Le climat de pré campagne- électorales qui prévaut pratiquement dans la majeure partie de pays concernés semble avoir été une intéressante opportunité pour les organisateurs. Cela a permis aux hommes politiques de monter au créneau. . Cet évènementiel a permis, d’après l’un des principaux dirigeants du festival, d’engranger d’énormes soutiens financiers qui se chiffrent à plusieurs dizaines de millions de CFA.
Sur le plan des feedbacks, plusieurs voix se sont élevées pour s’insurger soit contre le leadership du FISO soit contre le contenu et la portée réel de l’événement.
Pour certains jeunes soninké, le FISO n’est rien d’autre qu’un regroupement nostalgique visant à faire revivre et consolider les traditions féodales soninké basées sur une structuration sociale congénitalement hiérarchisée.
D’autres jeunes reprochent au FISO son côté festif qui privilégie le carnaval au profit des questions urgentes de développement socio- économique.
Pour la petite histoire, le seul atelier qui a été organisé durant tout le FISO se rapporte à la question de langue. Le reste du programme a porté sur des conférences qui pour la plupart n’ont fait que rabâcher des questions totalement surréalistes comme le fameux lien des Soninké avec Abraham ou les Pharaons d’Égypte.
Un tel rendez-vous de personnes ressources issues de plusieurs segments ( secteur privé , ONGs, éducation, universitaires etc. ) devait se saisir des avantages comparatifs qu’offre notre communauté Soninké en termes d’amour du travail, d’honnêteté, d’esprit de sacrifice et de « solidarité grégaire » pour jeter les bases d’une réflexion structurante qui nous permettra de participer aux décisions qui affectent nos existences dans nos pays respectifs . Il n’est de secret pour personne que la plupart des Soninké vivent encore dans l’extrême pauvreté et ce particulièrement en zones rurales. Les effets combinés de la sécheresse et du droit coutumier à propriété foncière font que l’accès à la terre est devenu de plus en plus difficile pour les plus pauvres qui sont généralement esclaves ou anciens esclaves.
Le FISO nous permet de paraitre beau et riche . L’on y exhibe fièrement nos hommes d’affaires et nos richards mais nous ne devons pas occulter que la majorité écrasante des Soninké , l’autre partie de notre entité vit encore dans la misère. Nos stratégies et nos politiques doivent aller d’abord dans ce sens pour permettre à chacun des membres de notre communauté de jouir de tous ces droits afin d’être un citoyen à part entière. Ainsi, il brandira fièrement l’étendard de sa communauté et contribuera efficacement et durablement au développement socio –économique de son pays. On nous dira que les Soninké sont champions dans la création de la richesse, notre souci doit donc être comment œuvrer à sa redistribution de manière inclusive et durable c’est ainsi qu’une communauté sera visible et résistera au temps.
Je m’attends à un FISO où à l’instar de l’atelier sur la langue, on tiendra aussi d’autres ateliers sur les questions de développement socio-économique comme l’agriculture, la pêche, le commerce informel, l’artisanat, ou tout simplement l’art. Je m’attends à un FISO au cours duquel les initiatives les plus méritantes comme la troupe théâtrale de Bakel, avec son leader « Samba le Parisien », seront célébrées, couronnées et appuyer techniquement et financièrement ; un FISO avec des ateliers avec des termes de références sur des problématiques clairement définies qui dégagent des priorités et formulent des recommandations précises afin de soutenir les initiatives déjà existantes et d’encourager des Startups.
Sur le plan du leadership, il y a vraiment beaucoup de choses à revoir si réellement nous voulons nous inscrire dans la durée. Un regroupement moderne doit nécessairement éviter de tomber dans des travers aristocratiques avec des visées personnelles qui frisent parfois la prétention pour ne pas dire le ridicule. Le FISO n’a point besoin de leaders lourds et arrogants.

Source crédit: Post FB Baliou Mamayary Coulibaly

L’esclavagisme intra-africain : le cas symptomatique du soninké!

Aujourd’hui février 2018, quand on observe l’acharnement virulent et agressif qui vise les membres de la mouvance GANBANAAXU FEDDE* dans certains endroits du « pays soninké » au coeur de l’Afrique, on peut en déduire des grandes leçons-réponses à divers questionnements. L’Afrique s’était saignée par l’esclavage in home avant d’être saignée par les autres venus d’ailleurs. L’africain aux mentalités esclavagistes d’aujordhui a hérité d’une identité tribale et ethnique magnifiée par le rabaissemnent de son semblable de race. Les autres esclavagistes venus d’ailleurs furent motivés par des impératifs économiques en priorité, mais aujourd’hui à travers les stigmates vivaces de l’esclavagisme intra, on comprend que cette pratique criminelle revêtait un volet de construction d’une identité hégémonique des uns au détriment des autres. De cette lecture, l’esclavagiste africain ne s’accomplit que par le déni de l’autre sur le champ de la DIGNITÉ ENTIÈRE INTRINSÈQUE À L’HOMME. De cet imaginaire collectif d’un esprit esclavagiste et féodal, ceux qui ne peuvent pas accepter l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ parmi nous dans nos contrées africaines, ne pourront pas concevoir intellectuellement des notions réflexes et réparatrices de la CONSCIENCE NOIRE atteinte d’une tâche indélébile (LA TRAITE NÉGRIÈRE). Qu’elle soit Occidentale ou Orientale. Les afrodescendants (issus des traites) de par le monde attendront longtemps. Pour l’instant le TRAVAIL d’introspection de l’intérieur peine à esquisser honnêtement, dignement et courageusement.

*Mouvement associatif transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninkées.

K.S

Les mentalités féodaloesclavagistes de plus en plus agressives dans les villages soninkés : le cas de monsieur Simbara BA ostracisé à Nahali au Mali.

Encore pour une énième fois, les soubresauts du régime féodal et rétrograde font l’actualité dans une localité rurale en « pays soninké ». Depuis le 3 février dernier à Nahali , monsieur Simbara BA vit un embargo sociétal imposé par la féodalité locale. Travailleur en France, il est actuellement en vacances auprès de sa famille dans ce village malien faisant partie de la commune de Djélébou (Aourou à 25 kms) dans le cercle administratif de Kayes , monsieur BA s’est décidé récemment d’annoncer la rupture du lien féodal et coutumier avec une famille du village . Ainsi une fois, cette décision d’éveil et de conscientisation connue, les milieux féodaux (la caste nobiliaire et la caste maraboutique) et leurs obligés courtisans, se sont consultés en urgence chez leur chef coutumier. Selon les informations recueillies de monsieur Simbara BA, membre du mouvement GANBANAAXU*, des mesures restrictives ont été décidées à son encontre. Par exemple, dans le village il est interdit aux bouchers de lui vendre de la viande et ainsi qu’aux personnes en service de change de lui rendre ses mandats de devise. Il dit qu’un membre de la caste maraboutique l’a convoqué chez lui en l’invitant de reprendre les liens sociaux (lada) avec la famille féodale. Convaincu du caractère perverti de ces liens sociaux qui perpétuent le cordon des séquelles esclavagistes dans le Vivre soninké, monsieur BA est resté catégorique en gardant sa position intacte. Encore comme dans plusieurs cas, l’ordre féodal soninké sévit d’une manière abjecte dans les localités rurales en milieux soninkés. Rien ne justifie cette mise en quarantaine sociale de ce monsieur qui n’a enfreint aucune loi malienne.
La mouvance abolitionniste sous le vocable GANBANAAXU FEDDE exprime ses vifs soutiens à ce monsieur . Ainsi nous adressons ce communiqué aux autorités publiques maliennes, en particulier à celles du cercle administratif de Kayes , en guise d’alerte sur le cas de monsieur Simbara BA qui vit un ostracisme humainement et moralement inadmissible dans notre époque du 21ème siècle.
Nous comptons utiliser tous les moyens et voies légaux afin de secourir ce monsieur dont son cas relève d’une atteinte flagrante à la dignité humaine. Surtout un rappel aux consciences progressistes du monde soninké qui ne doivent plus se taire sur ces réalités honteuses qui prévalent en coulisses dans nos communautés. Aujourd’hui, ce qu’un maire d’extrême droite en occident n’ose pas imaginer , est appliqué entre nous-mêmes dans nos contrées arides au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Ce village de Nahali est situé à 9 kms à peu près du village de Baidiam en Mauritanie. On ne cesse de répéter dans nos discours de sensibilisation et de conscientisation, le système de ladani est le régime psychologique de milieux féodaux et réactionnaires pour harceler et humilier des paisibles citoyens.

*Mouvement associatif transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké

Le 17 février 2018

Pour la communication GANBANAAXU FEDDE.

Lettre ouverte au ministre de l’intérieur : Halte à la dictature féodale à DAFORT dans le Guidimagha

Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Monsieur le ministre , nous allons vous soumettre par ce cri d’alerte, le cas symbolique de la dictature féodale qui sévit dans nos localités rurales du Guidimagha. En effet nous sommes une composante sociale d’extraction sociale dite « esclave » selon le régime coutumier soninké, et nous subissons un certain ostracisme très sévère dans notre village alors que nous ne voulons VIVRE qu’en CITOYENS DIGNES. Vous savez que les séquelles esclavagistes dans les milieux soninkés du Guidimagha sont vivaces et foncièrement agressives. Aujourd’hui en citoyens avertis, nous avons décidé de sortir des vieux schémas sociétaux rétrogrades qui nous humilient depuis plusieurs générations. Cet activisme pacifique s’est inscrit dans la légalité en respectant les règles admises en la matière dans notre chère MAURITANIE. Il y’a quelques mois, l’association AMEES a ouvert une section à travers laquelle nous menons notre mission de sensibilisation et conscientisation de nos masses populaires . Lors de l’ouverture de cette instance locale, nos membres fondateurs ont été voir le maire pour l’en avertir. Il n’avait trouvé aucun inconvénient et il lui avait été précisé que l’association est ouverte à tous nos concitoyens. Dès lors nous croyons être dans nos Droits légitimes garantis par la constitution. C’était sans imaginer les différents types de chantages manœuvrés par certains détracteurs de notre engagement pour VIVRE en citoyens à égale DIGNITÉ sans les pesanteurs sociétales. En effet, les membres de notre communauté sont harcelés, provoqués et salis dans le village par des éléments réactionnaires issus de la féodalité villageoise. C’est ainsi que le 13 août 2017, des gendarmes mobiles dans la commune avaient convoqué l’un des nos responsables en lui disant qu’ils veulent savoir sur la nature des réunions qu’on organise chez lui. Ce jour, les gendarmes ont notifié que nos parents avaient le plein droit de se réunir en toute liberté chez ce responsable de section AMEES après une explication donnée sur nos activités de sensibilisation. Le 5 septembre 2017, dans les jours de la fête de Tabaski, d’autres gendarmes mobiles se sont présentés chez le responsable section AMEES DAFORT en lui demandant d’arrêter les travaux d’un modeste hangar prévu pour abriter nos rencontres dans sa maison. Les gendarmes avaient dit que nous aurons des plaintes en notre encontre propos de ce hangar et que nous devrons nous rendre à Ould Yengé le chef-lieu de notre département auprès de la brigade. Et c’est au cours de cette procédure de clarification auprès des autorités départementales, la nuit du 30 septembre 2017 s’éclatent des graves incidents entre la jeunesse villageoise dans son ensemble et l’ordre des anciens à propos de la tenue des festivités nocturnes. Ces incidents d’une certaine violence avaient été condamnés par le monde villageois dans son intégralité. Pourtant comme par hasard dans une atmosphère de délation, 2 adultes parmi nos membres engagés contre ancien système féodal, sont arrêtés avec les jeunes émeutiers. L’un de ces 2 militants arrêtés a été le responsable section AMEES DAFORT, et leur arrestation sans motif avéré avait duré plus de 50 jours INJUSTEMENT. Après cet épisode flou et mystérieux, nous avons repris nos démarches citoyennes auprès des administrations départementales et régionales pour savoir davantage sur le cas de notre hangar suspendu depuis le 5 septembre 2017 . Ainsi ces derniers jours nous avons pris contact avec le préfet à Ould Yengé, qui dit qu’il ne comprends aucun motif sur cette suspension et nous a invités d’aller chez le gouverneur de Selibaby. Arrivés chez le gouverneur il y’a quelques jours, il nous a expliqué que les ordres qu’il a reçus venaient du ministère de l’intérieur . Il a clarifié que quelques cadres issus de DAFORT se sont plaints auprès du ministère concernant notre hangar qui serait financé par des bandits étrangers.

À partir de ce constat, nous estimons nécessaire de s’adresser directement à vous monsieur le ministre, en guise de réactualisation de notre courrier d’il y’a quelques temps. En vous adressant cette alerte citoyenne et témoin à l’attention de la communauté nationale voire internationale.

Nous suspectons encore une énième fois les manœuvres délatrices et lâches des milieux féodaux hostiles à notre campagne de sensibilisation et de conscientisation sur le régime féodal soninké qui bafoue nos droits de citoyens et veut sauvegarder des privilèges partisans dans nos communautés.
Monsieur le ministre, nous vous assurons que certains milieux soninkés influents à Nouakchott sont dans une campagne diffamatoire et calomnieuse à notre endroit depuis l’élan de conscientisation initiée et amplifiée par la journée du 6 mars 2017 à Selibaby à l’occasion de la journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles. Ce jour pour la première fois la loi 2015-031 relative aux pratiques esclavagistes et ses séquelles a été expliquée et diffusée au sein des masses soninkés dans nos contrées villageoises. Aujourd’hui , AMEES dispose de plusieurs sections dans différentes localités villageoises du Guidimagha, et tout se passe sans encombres pour leurs adhérents, le cas DAFORT ne devrait pas être une exception.

Monsieur le ministre, nous voulons exercer paisiblement notre qualité de CITOYENS ACCOMPLIS dans nos localités rurales du Guidimagha mais l’ordre féodal s’active pour s’y opposer et ses représentants déterminés sont probablement bien introduits au sein du pouvoir à Nouakchott.
Monsieur le ministre, nous vous assurons qu’aucun financement suspect et des relations extérieures douteuses n’existent dans notre engagement citoyen et pacifique. Comme toute communauté de vie et d’appartenance militante, nous avons la culture de l’entraide entre nos membres de l’intérieur et de l’extérieur en toute transparence.
Monsieur le ministre, sous le vocable GANBANAAXU* communauté de DAFORT, nous voulons nous libérer du joug féodal dans le milieu soninké en refusant les mentalités esclavagistes.
Monsieur le ministre, nous comptons sur vos services de protecteur et de garant de l’ordre public et des libertés individuelles et collectives pour prendre en compte le cas de notre hangar suspendu depuis plusieurs mois dans des circonstances qui troublent plus d’un.
NB : une copie de cette lettre a été déchargée auprès du service courrier du ministère de l’intérieur à la date du 8 janvier 2018 avec reçu de dépôt.

*Mouvement citoyen et pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ dans la société soninkée.

DAFORT, 4 février 2018

La communauté GANBANAAXU DAFORT

Communiqué de presse : le mot de remerciements suite à l’affaire du doyen Demba Diarra

Le mouvement populaire et citoyen GANBANAAXU FEDDE composé de plusieurs associations dont AMEES, UVDS et ARMEPES-France, adresse ses vifs remerciements aux partenaires défenseurs des droits humains et à toutes les personnalités issues de la société civile.
Visé par des plaintes mystérieuses juste après son arrivée de France pour des vacances annuelles auprès de sa famille , le doyen DIARRA a été auditionné au commissariat de police et convoqué par la suite au tribunal de Nouakchott à 2 reprises.
Finalement cette affaire très étrange et inédite à ce niveau concernant la féodalité soninké et les séquelles de l’esclavage, a été classée sans suite.

■ Ainsi nous saluons la lucidité et le discernement mis en avant honorablement par les autorités judiciaires au tribunal de Nouakchott. Rapidement le fond du dossier a été saisi, les allégations d’insultes cachent les problématiques liées à la féodalité et aux vestiges esclavagistes qui secouent la communauté soninké. L’éveil des couches anciennement serviles qui subissent d’innombrables harcèlements très sévères dans la société, irrite les milieux féodaux et réactionnaires.

■ Nos remerciements au mouvement historique antiesclavagiste SOS-ESCLAVES de Boubakar Ould Messaoud qui s’est intéressé de très près au cas du doyen Demba Diarra, par la présence de l’avocat du mouvement jusqu’au dénouement final. Désormais un allié de poids s’est manifesté auprès des lésés du système féodal negro-mauritanien. Nous saluons la présence remarquée et instructive du journaliste Camara Seydi Moussa de la Nouvelle Expression parmi les responsables de la société civile.

■ Également nos remerciements à TOUS nos militants dévoués à Nouakchott et à CEUX de la mouvance abolitionniste (AHME, IRA, ONG contre le discours extrémiste et d’autres) qui s’est impliquée de près comme de loin pour soutenir le doyen Demba Diarra, éminent membre de la communauté GANBANAXU*.

■ Pour finir, nous rappelons pour une énième fois aux autorités publiques et à toutes les organisations défendant les droits humains sur le plan national , que différents cas litigieux relatifs aux mentalités et pratiques féodales sont en suspens dans les localités rurales du Guidimagha depuis plusieurs mois. L’ordre féodal et coutumier foncièrement sévère sévit contre des paisibles gens qui veulent vivre en citoyens dignement. Il faut plus que jamais changer la donne sur cette problématique du régime féodal rétrograde qui est particulièrement nocif et nuisible à la paix sociale dans nos communautés.

*Mouvement pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkées.

Nouakchott 7 février 2018

P/ La communication GANBANAAXU

Flash INFO: le doyen Demba Diarra est sorti libre du tribunal à Nouakchott.

Nouakchott le 6 février 2018

Le doyen Demba Diarra, originaire du village de Coumbadaw dans le Guidimagha, est sorti libre du tribunal ce jour à Nouakchott. Mis en cause par des plaintes mystérieuses introduites à son encontre juste à son arrivée à Nouakchott pour ses vacances annuelles par d’éléments issus de milieux féodaux soninkés. Après son audition au commissariat de police de Sebkha le vendredi dernier, il a été emmené au tribunal dans la matinée d’hier et relâché pour complément d’enquête. Aujourd’hui, avant midi, il a été convoqué au tribunal et finalement libéré avec le classement de son dossier. Ce monsieur approchant les 60 ans, est un prêcheur et militant contre les séquelles de l’esclavage dans la communauté soninké. Il participe courageusement à l’éveil et la conscientisation de la composante sociale dite « esclave statutaire » dans les milieux soninkés. Éminent membre du mouvement citoyen et pacifique de sensibilisation GANBANAAXUN FEDDE*, il lui reprocherait cet engagement inédit en milieu soninké, pour lever les tabous sur une certaine organisation sociétale et coutumière qui discrimine et hiérarchise les citoyens sur le matériel et l’immatériel. On se sert de patronymes d’une manière sélective et déterministe pour nier toute légitimité d’Avoir et d’Être à certaines personnes.

*Mouvement citoyen transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké.

Ci-après les premiers mots de Mr DIARRA juste à sa sortie du tribunal.

Le témoignage et l’explicatif du journaliste mauritanien Camara Seydi Moussa de la Nouvelle Expression.

ALERTE INFO: une arrestation arbitraire d’un membre de la communauté GANBANAAXU est en cours à Nouakchott.

Le doyen Demba Diarra , originaire du village de Coumbadaw, se trouve dans un commissariat de police à Nouakchott depuis plusieurs heures. Selon les premiers éléments d’info reçus du terrain, 2 individus auraient introduit une plainte contre lui auprès d’un procureur à Nouakchott. Pour rappel, dans le cadre de la campagne antiesclavagise et de conscientisation contre les séquelles de l’esclavage en milieu soninké, il avait fait une communication très mal interprétée par certains individus détracteurs de notre engagement abolitionniste intracommunautaire et pacifique. Il avait fait une sortie de clarification à l’époque pour taire les rumeurs malintentionnées. Et par son arrestation aujourd’hui, l’association ARMEPES et ses partenaires de la mouvance anti féodalité dans les communautés soninké, s’adressent aux autorités mauritaniennes sur le caractère troublant de cette situation. Ce monsieur, paisible travailleur en France, est rentré au pays récemment pour ses vacances annuelles auprès de sa famille.

Encore une fois, le régime féodal sévit dans la communauté soninkée et il est plus que nécessaire et URGENT pour que les officiels mauritaniens prennent conscience de ce qui se joue en matière de déni de DIGNITÉ pour certains citoyens en milieu soninké.

Nous suivons de près l’évolution de son cas .

Nous sommes mobilisés plus que jamais pour contrer les esprits réactionnaires et moyenâgeux qui utilisent tous les artifices obscures pour nous nous salir et intimider nos familles dans les contrées villageoises du Guidimagha depuis de nombreuses années.

■La CECOM/Mouvance GANBANAAXU FEDDE

2 février 2018