L’idéal GANBANAAXU!

JT GANBANAAXU !

Extrait instructif de Madame Traoré Hawa, une voix célèbre de l’engagement d’éveil et de conscientisation sur les pratiques féodalo-esclavagistes en milieux soninkés. Interview assurée par l’irremplaçable Traoré Ousmane dit Soninké facile.

Seule la vérité est révolutionnaire.

Débrief du pique-nique géant GANBANAAXU FEDDE du 26 août 2018 à Draveil.

Source crédit : JT GANBANAAXU

ARMEPES-FRANCE : Communiqué des REMERCIEMENTS par DIALLO Cheikh.

Je tenais à vous remercier chaleureusement pour la présence massive de tous, et même plus encore, pour votre participation à ce grand événement qui s’est tenu ce dimanche 26 Août 2018.
La présence de chacune et chacun , a joué un rôle prépondérant à la réussite de cet événement.
L’ambiance était conviviale et chaleureuse. Tout ce que nous espérions en préparant cet événement.
Merci encore à vous et à très bientôt lors d’un nouvel événement. Nous constatons que l’esprit ganbanaaxu prend de l’ampleur de jour en jour, la famille grandit au fur et à mesure et les esprits s’émancipent à la vitesse Grand V. Merci aux bénévoles, aux membres de l’exécutif pour leur soutien inconditionnel, mention spéciale pour l’équipe Événementiel et surtout le cabinet des femme qui ont abandonné leur époux, leurs enfants pour que cette journée soit une réussite totale . Je vous remercie en mon nom et au nom de tous pour cette participation massive, tous ensemble nous vaincrons l’injustice, l’intolérance et l’hypocrisie. Tous ensemble nous pourrions instaurer l’égalité des chances dans les compétences et le mérite. « Nous ne pouvons pas aujourd’hui lire l’histoire de notre vie avec des lunettes des gens qui ont vécu il y’a 1200 ans« . Ganbanaaxu est ce mouvement transnational qui appelle à la réforme de soninkara. Nous n’avons plus le droit de lâcher parce qu’un esprit tordu n’est pas content ici et là . Ensemble nous iront jusqu’au sommet alors restons ensemble quoi qui arrive. Merci à toutes et tous d’avoir donné de la couleur et de l’amour dans ces moments de retrouvaille unique.

Diallo cheikh, secrétaire-adjoint ARMEPES-FRANCE.

Flash info : Un militant abolitionniste aux arrêts en Mauritanie.

Le doyen abolitionniste et antiesclavagiste dans les milieux soninkés, Diadie Bambi Coulibaly a été convoqué hier (17-8-18) par la brigade anti drogue et mis aux arrêts dans une prison de Nouakchott. Pour rappel, cet engagé de longue date contre l’esclavagisme statutaire dans la communauté soninkée, subit un acharnement aux origines nébuleuses depuis quelques temps. Aujourd’hui plus que jamais, l’éveil d’émancipation des descendants d’anciens esclaves chez les soninkés, est sur une voie imparable malgré les intimidations, les calomnieuses et les manipulations de tout poil.

Nous suivons cette affaire de très près.

Nous demandons sa libération et une clarification définitive sur son cas très troublant.

Pour la communication GANBANAAXU FEDDE.

Crédit source : Milieux abolitionnistes en Mauritanie.

Déclaration : La Mouvance d’éveil citoyen GANBANAAXU FEDDE

Déclaration : La Mouvance d’éveil citoyen GANBANAAXU FEDDE

■ Échéances politiques en Mauritanie 2018 – 2019

Les entités associatives et partenaires qui composent GANBANAAXUN FEDDE*, fidèles à leur ligne apolitique et d’expression revendicative dans la société civile, tiennent à ce communiqué de RAPPEL et de CLARIFICATION à l’endroit de la communauté nationale mauritanienne et en particulier au personnel politique engagé dans les différents scrutins à venir.
Ainsi basant sur nos principes fondamentaux d’éveil citoyen et de conscientisation sociale pacifique , nous déclarons solennellement :

☆ Demander aux Hommes/Femmes politiques issus de toutes les obédiences et sans particularisme d’ordre racial ou communautaire, la prise en compte sérieuse dans leurs engagements programmatiques, l’avènement d’un ordre JUSTE et CITOYEN dans la gestion des affaires publiques.

☆ Compter sur les différents candidats en lice et les masses populaires progressistes pour une franche et forte mobilisation citoyenne autour des thématiques axées sur la cohésion sociale en dehors de vieux schémas communautaristes qui ont tant balkanisé le peuple mauritanien.

☆ Porter une attention particulière aux programmes proposés par les différents postulants plutôt que leurs patronymes ou leur extraction sociale ou raciale d’origine.

☆ Inciter toutes les forces vives notamment la jeunesse consciente et progressiste à être à l’avant-garde d’une expression citoyenne libre, responsable et soucieuse de l’intérêt général face aux multiples pressions de milieux réactionnaires et clientélistes qui paralysent et freinent tout développement humain, social et économique.

☆ Pour finir, dénoncer les discours tendancieux qui essaient sournoisement de salir l’éveil d’émancipation des descendants d’anciens esclaves dans la communauté soninkée.

*Mouvement civique et pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkés

Nouakchott, 14 Août 2018

Pour la communication GANBANAAXU FEDDE

GANBANAAXUN IDÉAL: une COM du président Gaye TRAORÉ.

Une intervention explicative du président d’ARMEPES-FRANCE, une association partenaire du forum GANBANAAXUN FEDDE. Mr Gaye TRAORÉ est l’initiateur ce forum-Mouvement d’éveil citoyen, humaniste, pacifique et transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkées.

Il revient sur certains points clés d’une proposition de réformes pour la communauté soninkée.

Crédit source: Réseaux GANBANAAXU FEDDE

Les législatives 2018 en RIM: À SELIBABY, Moussa Hamet SOUMARE déclaré candidat SAWAB!

Déclaration de candidature :

Considérant la nécessité de bâtir une société capable de faire face aux défis majeurs actuels,
Conscient de la nécessité de mobiliser et d’impliquer les jeunes , les moins jeunes et les vieux,
Considérant l’impérieuse nécessité d’offrir à la jeunesse un cadre d’épanouissement adéquat,
Moi, Moussa SOUMARÉ, candidat du parti SAWAB aux élections législatives dans le département de Sélibaby,
m’engage, si je suis élu, à contribuer, par mes actions, à:

Lutter contre toutes les formes d’inégalités.

– autonomiser les femmes et les jeunes par une politique d’emploi équitable.

– élever le niveau du débat politique sur les questions de santé pour permettre la vulgarisation des soins de santé primaire , le développement des infrastructures sanitaires ( PMI, Dispensaire , Hôpital régional)….

– relever le niveau dans l’éducation nationale .

– mettre en place des infrastructures routières qui répondent aux normes et une nouvelle politique de maintenance et d’entretien du réseau routier déjà existant…..

Génération conscience, le changement est à portée de main, ne ratez pas le coche de l’histoire!

VOTEZ Moussa Hamet SOUMARÉ

Source crédit: Post Facebook du candidat.

Halte à l’intimidation des activistes de Droits Humains

SOS-Esclaves & CALSEMS – Monsieur Diadié Bambi Coulibaly, militant anti esclavagiste et notable du village de Daffort est depuis le 12 juillet 2018 arrêté par la brigade anti –drogue à Nouakchott.

Plus d’une semaine après son arrestation, les amis et parents de Diadjé n’ont reçu aucune information officielle de la part des autorités concernées. Dans les années 80, Diadjé, à l’instar de plusieurs émigrés rentrés au bercail, s’était reconverti dans la commercialisation de poisson sec entre Nouakchott et son village natal Daffort situé à 60 Km au nord de Selibaby.

Mais cette activité a fortement baissée grâce au développement des moyens de communications. Le 12 juillet, la police appelle anonymement Diadjé par téléphone pour récupérer un colis. Ce dernier comme d’habitude les demande de le remettre à son ami Aly Traoré également commerçant de poisson sec au marché.

C’est alors que la police se dévoile et arrête les deux personnes pour soupçon de trafic de drogue. Le prétendu colis n’était rien d’autre qu’une manière de mettre la main sur Diadjé. Depuis cette date M. Diadjé est retenu contre son gré à la brigade anti- drogue pour dit on raison d’enquête.

Diadjé Bambi Coulibaly est celui qui a tout récemment déposé des plaintes contre les esclavagistes féodaux de Daffort, à savoir les parents du ministre de l’environnement Amédi Camara et du président du conseil d’administration de l’agence Tadamoun, Moussa Seydi Boubou Camara pour cooptation d’héritage. Au moment de son arrestation Diadjé et les siens se préparaient pour protester contre la décision absurde du tribunal de Seilibaby qui a tranché en faveur des lobbies féodaux en « gelant » l’utilisation des terres que les anciens esclaves ont exploités depuis plusieurs générations.

Cette décision de la justice qui concerne seulement les terres appartenant aux anciens esclaves. Ainsi de centaine de familles vulnérables seront privées des généreuses pluies que le Gudimakha commence à enregistrer cette année. Le 13 juin 2018, Diadjé était à la tête d’un important sit-in organisé devant la présidence de la république pour protester contre l’occupation illégale des terres des anciens esclaves par les lobbies féodaux dans le milieu Soninké en Mauritanie. Cette manifestation a été largement relayée par les médias nationaux et internationaux notamment RFI.

Quand on sait que Diadje est le principal leader du mouvement anti esclavagiste au niveau de Daffort, nous avons, jusqu’à preuve du contraire, raison de croire que son attestation semble être directement liée à son activisme qui dérange les lobbies féodaux Soninké. Ces genres de manœuvres ne sont rien d’autre que des méthodes indignes et rétrogrades que les lobbies féodaux continuent encore d’utiliser pour essayer d’intimider les activistes.

Suite à cette nébuleuse arrestation qui peut attenter à la liberté et au mouvement non seulement des activistes de droit humains mais aussi de tout citoyen ordinaire, nous lançons un appel à tous les mauritaniens épris de paix et de justice et conscients de la supériorité du droit divin d’Allah SWT d’exiger la libération immédiate de notre ami et frère Diadjé Bambi Coulibaly et mettons en garde les pouvoirs publics contre toute sorte d’instrumentalisation de l’ appareils d’état.

SOS Esclaves &
Le Collectif des Associations de Lutte Contre
les Séquelles de l’Esclavage en Milieu Soninké

Nouakchott, le 20 Juillet 2018

Source crédit: cridem.org

Ganbanaaxu fedde : Procès et projets de réformes coutumières.

■Volet 1

Depuis le lancement de notre mouvement Ganbanaaxu fedde au 05.10.2016 (mouvement pour les droits civiques qui demande l’égalité en dignité et en droits dans un cadre républicain), foisonnent à notre encontre toutes sortes de calomnies, d’attributions d’intentions malsaines et funestes (achats d’armes pour casser du noble , trafic de drogues, accusation d’avoir créé un climat insurrectionnel entre autres).Et pire encore certains de nos membres expatriés sont menacés d’emprisonnement une fois sur le sol mauritanien par les partisans de l’ordre féodal ,du statut quo stérile .
CAMARA MOUSTAPHA Président GUIDIMAKHA POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPEMENT avait tenté d’intercepter via la frontière de Gouraye (Mauritanie) , notre membre Hadet Boudou Coulibaly de Gneleba( village mauritanien dans la région du Guidimakha).
Toutes ces accusations et intimidations ne sont que ferments de haine, du mépris et du peu de considérations pour la communauté Ganbanaaxu fedde .On nous reproche de combattre les vestiges des pratiques de l’esclavage , du systèmes de castes , la hiérarchisation des rapports héritées des pratiques esclavagistes .Ganbanaaxu fedde lutte contre les pratiques d’esclavage et ses séquelles , nous ne ruminons ni haine , ni revanche ni demande de réparations pour les victimes et descendants de victimes de l’esclavage communautaire .Pour beaucoup cet esclavage intracommunautaire couplé des systèmes de castes – parce que entre africain)-ne devrait pas être objet de débat soit par gène ou par mauvaise foi.
L’argumentaire farfelu avancé par les partisans d’un certain conservatisme féodal n’a aucune teneur face à l’idéal de Ganbanaaxu fedde . C’est ce qui est risible certains se font hérauts légitimes de cette communauté soninké du fait de leur nom de famille .Ganbanaaxu fedde ne fait pas table rase du patrimoine matériel et immatériel de SONI KAARA , ce qui n’est pas notre dessein d’ailleurs.
L’esclavage par ascendance ne peut être constitué comme pilier d’une organisation sociale, la remise en cause de certaines pratiques par notre mouvement Ganbanaaxu fedde a fait de nous les ennemis , des parias , des excommuniés dans beaucoup de villages, agressés , emprisonnés ou harcelés par procès répétitifs . Ces manœuvres reflètent une impuissance face l’élan d’éveil communautaire transfrontalier.
Mais nous voulons réformer certains référents coutumiers, certaines entités coutumières .Pour ce faire une autocritique de notre communauté SONI KAARA est nécessaire pour notre survie, notre dynamisme.
Les anciennes code de valorisations sociales ne sont plus adaptées .Ganbanaaxu fedde ne demande personne de s’excuser d’être le fils ou la fille d’un ancien vendeurs , possesseurs –mal traiteurs d’esclaves , car notre combat est face un système séculaire ficelé qui n’a rien de sacrée. Toutes organisations ou entités faites dans nos sociétés ne sont là que pour le bonheur, la fraternité et la paix sociale. D’autres codes de valorisations devraient être recherchés, le nom de famille ne doit pas être critère sociale valorisation ou de discrimination. Un changement de comportement est nécessaire de l’espace nucléaire à l’espace public .Nous ne pouvons faire comprendre à un enfant de abs âge qu’il est supérieur ou inférieur à son camarade de classe ou ami d’enfance du fait de son rang social certifié pour beaucoup par le patronyme en ce qui concerne SONI KAARA.
Ce qui fait beaucoup de polémiques aujourd’hui ce n’est guère c et élan réformateur, de progressiste initiée par Ganbanaaxu fedde .
L’affront ou la pilule nos détracteurs est à situer au niveau des auteurs de cet initiative , par euphémisme on accuse de mauvaise stratégies , de manque de plan d’action , de référence et d’un leader .
Dans le fond on nous accuse d’être des esclaves revanchards , haineux pour venger nos ancêtres abusés et réduits en esclavage.
Nous soutenons le projet de réforme de la chefferie traditionnelle, de l’imamat .Nous reviendrons là-dessus prochainement pour éviter les raccourcis et par générosité aux sans arguments qui excellent dans la caricature.

Gaye TRAORÉ, président ARMEPES-FRANCE et l’initiateur du forum GANBANAAXU FEDDE.

Guidimakha – Mauritanie : L’ère est-elle à la judiciarisation des rapports entre les Soninkés ?

Pourquoi cette américanisation de leurs rapports ? Pourquoi judiciariser les rapports sociaux ? Pourquoi hier, le linge sale s’est lavé en privé, aujourd’hui, le même linge sale se lave devant le prétoire ? Autant des questions qui restent sans réponse, nous nous forcerons, pas pour répondre aux interrogations mais plutôt pour proposer des solutions aux justiciables.

Lorsqu’un procès s’engage, on ne peut généralement pas prévoir quand il s’achèvera. Le procès prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression, qui laisse peu de place à l’interactivité et conduit à une solution imposée. La justice décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant. C’est ce que nous appelons l’ « américanisation » des rapports.

La justice est un principe, suivant lequel on doit attribuer à chacun ce qui lui est dû. Cette fonction juridictionnelle est devenue l’une des principales attributions de l’Etat moderne, car les lois empêchent que chaque justiciable se fasse justice. Le philosophe Paul Ricœur, écrivait que, « la justice a deux finalités ; la finalité courte et la finalité longue ». La finalité courte de la justice est aux antipodes de l’organisation sociale et économique de cette communauté, décrit tant comme solidaire. Par ailleurs, c’est la finalité longue qui nous intéresse ici, en l’occurrence, la paix sociale, la tranquillité et la sauvegarde des liens sociaux pour cette communauté qui n’a pas l’habitude d’aller plaider devant un juge et qui se déchire pour des faits auxquels la loi les a déjà règlementé (esclavage, conflit foncier…).

Pour Paraphraser les propos un magistrat sénégalais (Keba M’Baye), la fierté d’un soninké, c’est de dire que moi, j’ai jamais mis pied au commissariat. Aujourd’hui, le voilà devant le prétoire en face du juge pour y être juger et dévoiler son organisation sociale conditionnée par les comportements héréditaires et patronymiques ; qui peut s’analyser suivant la stratification horizontale en castes définies par des critères de professions ou de conditions de vie, formatée à base de parenté lié à la génétique. C’est comme si l’un des pères fondateur de l’Anthropologie structurelle Claude Levi-Strauss a déjà vécu au sein de cette communauté en écrivant cela : « il fallait être peint pour être un homme, celui qui restait à l’état de nature ne se distinguait pas de la brute ». C’est ce mélange de l’ordre de l’idéal et celui du vécu, non seulement parce que la nature même du mécanisme de l’organisation sociale de cette communauté repose sur la répétition, mais plus encore parce qu’à la désobéir, on encourt les sanctions des puissances surnaturelles, auxquelles peuvent s’ajouter celles de la communauté des vivants. La coutume soninké, c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

Cependant, nous avions assisté ce dernier temps des condamnations, des feuilletons judiciaires, des plaintes et des contres-plaintes, des convocations en convocations soit devant la police, soit devant le juge étatique. Malheureusement, Nous continuons toujours à assister les mêmes feuilletons judiciaires devant les tribunaux étatiques entre les soninkés de Guidimakha. Après l’affaire de Coumbadaou, Dafort, Modibougou, entre autres, le voici le contentieux foncier de Diogountouro devant la Cour d’appel de Kiffa. Toutes ces affaires se succèdent et se ressemblent les unes aux autres, soit sur le fond de l’esclavage, soit encore sur le fond d’un problème foncier, avec des titres fonciers communautaires dont certains d’entre eux datent bien avant l’indépendance de la Mauritanie, qui aujourd’hui, ne valent plus un titre exécutoire au regard des textes fonciers en vigueur ; eut pourtant la solution de leurs conflits est entrain leur main. Malheureusement, encore une fois de plus les mêmes causes produisent les mêmes effets, le contentieux foncier de Diogountouro, entre Gandega et Camara se refait surface devant la Cour d’appel de kiffa, selon nos sources judiciaires. Cette affaire qui, était depuis 2017 pendante devant le tribunal de Moughataa de Selibaby, le juge a fini par rendre une décision en date du 18/ 04/ 2018 en faveur de Gandega.

La réforme judiciaire mauritanienne du 24 juillet 1999 portant organisation judiciaire a consacré l’institution du juge unique au niveau du tribunal de la Moughataa et de la wilaya. La consécration du juge unique a pris sa source après la conversion de la Mauritanie à l’islam par les almoravides a permis d’instaurer une justice fondée sur un cadi omnipotent. Ce système du juge unique, qui a été retenu au niveau de la première instance, constitue une économie certaine de personnels. Le jugement rendu par cette juridiction est une décision juridictionnelle qui peut faire l’objet d’un recours devant la Cour d’appel. La partie en conflit qui se sent léser par la décision prise de ce juge unique ou qui estime que sa cause n’a pas été entendue équitablement peut faire une déclaration d’appel au greffe de la Cour d’appel. Eut, c’est ce qui s’est passé dans cette affaire foncière de Diogountouro. Les Camara, contestent le jugement rendu par ce juge unique devant le tribunal de Moughataa de Selibaby le 18/04/2018 et font appel de ce jugement devant la Cour d’appel de Kiffa le 11/06/2018. Cette juridiction (Cour d’appel) est totalement différente du tribunal de Moughataa, car elle est composée des magistrats professionnels, soucieux de l’application des textes de lois en vigueur, le ministère public est représenté par le procureur, le greffe est tenu par le greffier en chef et l’élection d’avocat est obligatoire. La Cour d’appel statue sur les recours en appel contre les décisions judiciaires rendues en première instance. Cette justice étatique relativement longue et qui ne prend pas en compte les valeurs et les intérêts de chacune des parties ; qui est actuellement en crise dans les sociétés dites de droit à cause de son coût, sa lenteur et l’arrivée de la justice alternative au marche. La justice étatique est trop couteuse, moins soucieuse des liens sociaux, d’où l’intérêt que nous proposons aux litigants une justice douce, conciliatrice, rapide, moins couteuse et soucieuse des liens sociaux prévue par la législation mauritanienne.

Aujourd’hui, les modes amiables de résolution non judiciaire des conflits sont encouragés et favorisés par les législations internes dans le monde entier (Etats-Unis, Europe, Afrique…). Ils correspondent à un changement fondamental des mentalités face à une absence de réponse adaptée et au développement massif des contentieux devant les tribunaux. Humaniser le traitement de conflit, trouver des solutions pérennes et adaptées. La justice conciliatrice, s’inscrivent dans une volonté de négocier ses propres solutions aux conflits, de passer de l’imposé au négocié, de maitriser le traitement du conflit et d’arriver à une solution amiable. Cette justice offre une chance aux justiciables d’éviter les procédures judiciaires trop longues. C’est une forme de justice qui s’oppose à la justice étatique par sa rapidité, son caractère informel et son attachement à privilégier une solution réparatrice. N’a-t-on pas coutume de dire « un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ». La finalité de cette justice est alors de construire un accord qui n’est pas nécessairement juridique, à partir d’un travail sur les valeurs et les intérêts de chacun.

La Mauritanie a légiféré dans ce sens, en créant un centre d’arbitrage et de médiation. Et dans le domaine foncier, la justice conciliatrice est prévue par les articles 21, 23 et 25 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, instituent des commissions foncières nationales, régionales et locales d’arbitrage permettant de régler le litige foncier amiablement. La justice conciliatrice est conçue comme un moyen le plus raisonnable de terminer les contestations entre les litigants. Elle responsabilise les parties, en leur permettant de rapprocher leurs points de vue, de définir une solution innovante adaptée à leurs besoins et leurs intérêts, soit sous l’égide d’un juge ou un mouslih qui intervient pour contrôler le processus, la régularité de l’accord et sa conformité à l’ordre public.

Pour conclure, on n’espère que cette affaire foncière de Diogountouro n’arrivera pas devant la Cour suprême de Nouakchott, car cela serait un cataclysme pour toute la communauté. Nous demandons aux parties, d’aller vers une solution amiable, car la justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations, telles ont été la préoccupation première de cette justice alternative.

BA – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Assistant Juridique à la Cour de cassation de Paris

Militant de Droits humains

Membre de l’Association Française de l’histoire du Droit à Paris (AFHD)

AMEES: DÉCLARATION SUR L’AFFAIRE DE MODIBOUGOU

AMEES – Selon leur tradition, les habitants de Modibougou ont décidé de célébrer cette année la fête de la Korité (fête de la fin du mois béni du Ramadan) le dimanche 17 juin 2018 dans une atmosphère de faste en invitant même des ressortissants de Nomo, village malien situé à 25 Km au sud.

Un grand tam-tam qui regroupait toutes les catégories sociales animait la grande place publique. Quelques notables nostalgiques de culture esclavagiste étaient aussi présents. La Section de l’AMEES, abolitionniste connaissant la mentalité de ces visiteurs, notamment Moussa Diarra malien résident à Modibougou a mis en garde contre tout propos injurieux et provocateurs surtout de caractère esclavagiste.

C’est dans cette atmosphère qu’une infime minorité de nostalgiques esclavagistes ont pris d’assaut des domiciles d’anciens esclaves plongeant le village dans une atmosphère explosive d’affrontements généralisés faisant des blessés graves.

Nous citons quelques cas :

– Ñanŋe Wagué et Adama Ba ont agressé une famille, violentant deux jeunes femmes Tata Khoré Diarra et Dalla Damba, blessant la première à la tête et la seconde au bras ;

– Tekhné Diawara et sa belle-fille ont attaqué elles aussi dans la rue une vieille de soixante ans Mama Diawara, la mordant sauvagement à l’épaule et au dos ;

– Quant à Monsieur Mahamedi Diarra preneur d’images, il a été agressé dans sa boutique y occasionnant des dégâts matériels considérables. La gendarmerie n’a pas voulu, à sa grande surprise générale, recevoir sa plainte pour coups et blessures, détérioration de matériels et atteinte à sa dignité ;

– Messieurs Mahadi Diawara et Babou Diawara tenaient quant à eux à détruire les images de la scène du tam-tam qui a failli occasionner au véritable génocide ;

– Hamadi Diawara a attaqué lui, une femme en pleine rue de manière grossière, madame Setouma Diawara qui a subi aussi des lésions corporelles, son seul tort étant d’avoir dit non à ces traitements inhumains et dégradants.

Le lendemain aussi a été caractérisé par des incidents très graves.

AMEES :

– déplore ces comportements et pratiques arriérés, notamment l’agression publique barbare de femmes.

– demande aux autorités de punir réellement ces comportements esclavagistes contraires à la loi et de mettre fin à ces images d’un autre âge encore fréquentes dans notre pays.

Nouakchott, le 19 juin 2018

Le Bureau Exécutif

Source crédit: Bureau AMEES