La 3ème partie du film-reportage sur la journée dédiée à l’antieclavagisme en Mauritanie (6 Mars 2017) à selibaby.
Montage vidéo réalisé par Pape COULIBALI alias Yimbi Kumma.
La 3ème partie du film-reportage sur la journée dédiée à l’antieclavagisme en Mauritanie (6 Mars 2017) à selibaby.
Montage vidéo réalisé par Pape COULIBALI alias Yimbi Kumma.
La première partie du film-reportage réalisé sur la journée dédiée à l’antiesclavagisme en Mauritanie (6 Mars 2017) à Selibaby dans le Guidimagha mauritanien.
Montage vidéo réalisé par Pape COULIBALI alias Yimbi Kumma.
Il n’est pas rare d’entendre chez les Soninko cette expression: « Laissez-nous dans l’état où nous sommes et où nous étions et que chacun reste ou garde sa place » une manière de dire tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nous sommes satisfaits de notre situation, car nous avons hérité de nos ancêtres un système d’organisation qui tend à la perfection. Nous avons pour seule responsabilité de le garder en l’état et de le perpétuer à travers les âges et les générations. Il s’agit là de manière assez condensée, le type de discours que tiennent malheureusement encore de nos jours et au 21ème siècle certains de nos frères qui s’attribuent le titre « de noble », nostalgiques d’un passé peu glorieux où la ségrégation dans la stratification prévalait et où certains étaient considérés comme meilleurs et supérieurs aux autres de par la naissance.
Et pourtant avec un peu de recul, il nous paraît évident que les membres ou une partie des membres de cette classe présumée noble souffre en réalité d’une pathologie rare qui influe sur leur psyché et devient par la même victime de sa propre ignorance. Une faiblesse d’esprit et une profonde ignorance qui les soumet et au demeurant, les rend selon moi, « Esclaves de cette ignorance ». Par conséquent, nous ne pouvons ne pas remarquer la similitude de cet état d’esprit, à travers la stratification horizontale des couches sociales depuis l’ère de la mission prophétique à nos jours. En effet le prophète était envoyé pour entre autres buts, changer les mentalités en débarrassant la société jahilienne d’antan de la faiblesse d’esprit qui la caractérisait et la rendait toujours selon moi, « Esclaves de son ignorance », bien entendu pour ceux qui n’ont voulu accepter sa noble mission quand bien même la vérité leur fut apparue! Curieusement, l’histoire ne fait que se répéter quand on entend le même discours chez nos frères encore aujourd’hui, à savoir:
« Laissez-nous dans l’état auquel nous sommes, ou encore, que chacun demeure ce qu’il est, cela nous va si bien !!! »
Être musulman se résumerait-il à vêtir le manteau du croyant quand on ne peut déjà s’admettre le partage d’un bien collectif? Qu’en serait-il alors, lorsqu’il devrait être question de partager le bien privé ?! Or, il nous est bien stipulé à travers les règles de nos convictions religieuses que, l’on ne peut être croyant que lorsque l’on aime pour son frère ce que l’on aime pour soi-même, et, que l’on ne pourra accéder au paradis que lorsqu’on est croyant…Si l’esprit de cette succession de conditions sans la grâce de Dieu est strictement appliqué, que serait le lieu de séjour de ceux qui, délibérément font le triste choix de demeurer esclave de l’ignorance et d’orgueil en rabaissant leur frère quotidiennement sous prétexte du faux statut d’êtres inférieurs ?
Il devient évident que lorsque cette couche sociale se sera débarrassée de cette idéologie basée sur la catégorisation infondée des composantes de la société en castes inégales par l’ignorance, un grand pas aura été franchi vers l’acceptation de l’égalité impliquant la réhabilitation automatique de son frère longtemps rabaissé.
Cette réhabilitation automatique du frère révèlerait que finalement notre « orgueilleux frère » n’était hier qu’un esclave de par son ignorance et son intransigeance à demeurer l’élu! Que la libération de son état d’esprit a permis, par voie de conséquence la réhabilitation de son frère qui, lui, n’était finalement esclave que par procuration car, la libération du premier a entraîné automatiquement celle du second, c’est-à-dire le frère rabaissé. C’est pourquoi il conviendrait selon moi, d’appeler: » Esclave par procuration » celui qu’on a soumis contre sa volonté, car le véritable esclave étant bien sûr celui qui de par son ignorance et de sa prétendue supériorité opprimait son frère par cupidité en le privant de ses droits fondamentaux et élémentaires. De ce fait la libération du véritable esclave, autrement dit celui qui est victime de son ignorance et de son orgueil aura pour conséquence de permettre à l’esclave par procuration de recouvrer directement et automatiquement sa dignité spoliée. Il faut donc inverser l’ordre des choses ou rétablir les choses dans leur ordre normal. Telle est notre responsabilité.
Que faire alors pour mettre en œuvre ce raisonnement salvateur et libérateur de tous et de chacun ? Pour y parvenir, il faudrait arriver à convaincre nos intellectuels rétifs en la matière à prendre conscience de l’erreur qui prévaut jusqu’ici, et de s’engager courageusement pour défendre les vraies valeurs, car contraires à celles qui oppriment et spolient, les valeurs universelles qui rétablissent chacun dans ses droits élémentaires et fondamentaux que sont la citoyenneté égalitaire, la liberté et la justice pour tous etc. Ils doivent nourrir constamment le souci et la volonté de doter la communauté de l’accès aux biens collectifs en privilégiant l’intérêt général par la restauration des droits et devoirs individuels ; les distinctions sociales ne doivent être fondées que sur l’utilité commune et la compétence.
S’agissant toujours de ce système de dominants et de dominés qui prévaut dans notre communauté, et se référant à nos convictions religieuses, l’on pourrait dire qu’à l’instar du Prophète qui a changé les mentalités des gens de la jahiliya grâce à Dieu l’ayant chargé de cette mission honorable, et par voie de conséquence l’ayant doté de toutes les qualités au-delà de celles du commun des mortels, nous ne demanderons jamais à nos intellectuels, de prétendre à égaler ce Messager de Dieu mais les interpeler en leur âme et conscience à veiller au respect de ses enseignements en les appliquant d’abord à eux-mêmes, puis aux autres, pour la mise en place d’une société juste et viable, dénuée de toute corruption, la corruption des idées et des cœurs qui, malheureusement gangrène notre modèle d’organisation .
Pour éradiquer cette société basée sur le système de castes ancestrales, il devient prioritaire de conscientiser et de libérer ses éléments phares des jougs occultes de son idéologie « esclavagiste par l’ignorance »; en effet, quand la maladie est diagnostiquée, le médicament en devient aisément prescriptible pour éradiquer la pathologie.
En d’autres termes, comme il nous est devenu désormais évident que la pérennité du système ancestral d’organisation prenait ses racines dans une sorte d’ignorance et d’orgueil qui rendait les tenants du système lui-même victimes, il serait donc évident que la classe éternellement taxée de caste inférieure ne puisse être autrement que la victime de cette malheureuse idéologie séculaire. C’est dire par ailleurs, qu’il reste toujours un devoir de continuer à interpeler avec insistance nos intellectuels, et détenteurs des rênes du pouvoir, à unir les forces qui sont les leurs à travers des peuples et des communautés dont ils sont redevables afin de restaurer la dignité de l’homme pour lequel Dieu a ordonné aux anges de se prosterner.
Et, c’est bien cet homme-là qui est réduit à l’esclavage par son frère!!!…Doit-on conclure que Dieu à créé deux fils d’Adam dont l’un a mérité les hommages des anges, et l’autre voué d’entrée à la servitude? Ou c’est plutôt l’homme-réfractaire et dominateur de son frère qui est ramené au niveau le plus bas à près avoir été créé dans la forme la plus parfaite par Dieu ?! Nous considérons cet homme-là, être le seul responsable de sa propre perte en se laissant guider par sa cupidité et sa passion « esclave de son ignorance » et soumettant son frère?!!!
Non, nous croyons que l’homme, particulièrement intellectuel doit être d’abord fidèle aux valeurs et principes universels, ensuite il doit incarner consciencieusement et avec dignité un engagement pour la justice, la liberté et l’égalité de tous. Il doit avoir vis-à-vis de sa communauté une attitude critique à même de pouvoir préserver ses véritables intérêts et non des intérêts superficiels et farfelus. C’est de cette manière qu’il va utile à sa communauté dont il doit le guide ; il ne doit pas la laisser sombrer délibérément dans l’ignorance aveuglante sous prétexte qu’il ne peut se la mettre à dos. Une telle attitude n’est pas digne d’un intellectuel, lui qui doit être aux avant-gardes pour promouvoir le développement de la société en faisant évoluer les mentalités et en luttant contre toutes les ignorances.
Voilà notre analyse de la mentalité des nostalgiques aliénés, assoiffés de pouvoir et de domination qui continuent à proférer et à faire la promotion encore au 21ème siècle, des expressions du genre
Laissez-nous dans notre état actuel, c’est un legs de nos ancêtres, ou encore, que chacun demeure ce qu’il est, cela nous va si bien !!! ». Et c’est bien dommage…!!!!
Cissé DIALLO
Ce samedi 15 juillet 2017 à l’occasion de la 5ème journée de la compétition organisée par l’association l’EED (Ensemble pour l’Espoir et le Développement), notre blog a effectué un passage au stade Auguste Delaune à Aubervilliers. Dans cette ville du 93 de la petite couronne francilienne, le premier match du jour a opposé les Diables Rouges de Dafort à l’équipe de Tachott Botokholo. Ce match de la poule C a été remporté par Dafort avec un but d’écart (3-2). À la fin de ce match, nous avons eu quelques contacts avec l’équipe organisatrice (l’EED) du Tournoi qui est sa 3ème édition. Pour rappel, nous avions réalisé une brève couverture de la finale de la première édition (2015) entre Dafort et Diaguily sorti premier vainqueur de cette compétition (https://soninkideesjose.wordpress.com/2015/10/18/photoreportagefinalediaguily-vainqueur-de-la-finale-contre-dafort/).
Lors de notre échange avec le président Waly DIAWARA dans un local annexe aménagé en bureau mobile, nous avons pu écouter un discours ambitieux et plein d’assurance sur les objectifs et les orientations de l’association l’EED. Le maître MOT qui surgit; c’est de fédérer toutes les forces vives pour mieux organiser les SOLIDARITÉS par des procédés inédits. Avec le concept de l’EED, l’idée du développement se veut transversale par laquelle le public visé et accompagné est aussi et surtout un acteur principal. Le président DIAWARA a insisté sur la nécessité d’appuyer le secteur éducatif qui peut permettre à l’individu de n’a pas être exploité. Le leader associatif a aussi révélé que le tournoi de football de l’EED est désormais homologué au district de la Seine-Saint-Denis au sein de FFF (Fédération Française de Football). Il assure que l’évolution vise à terme la mise en place d’une équipe en voie de professionnalisation qui participera aux compétitions régionales par catégories.
La finale de cette édition est prévue le 26 Août prochain, et nous espérons y assister inshAllah. Que le meilleur gagne..!
Bonne continuation….l’EED..!
Planning complet du Tournoi (document l’EED)

Avec le président de l’EED Waly DIAWARA rencontré brièvement sur les lieux.
Quelques éléments du service organisationnel et secouriste (en polo blanc)
Les joueurs de DAFORT en rouge dans le match.
Le staff contrôleur et commissaire des matchs.
Le trio arbitral très « africain » composé d’un comorien, d’un camerounais et d’un malien.
Le public lors du Match Dafort – Tachott Botokholo (le score 3-2)
Réalisé par -K.S-

Association Mauritanienne المنظمة الموريتانية
pour l’Eradication de l’Esclavage للقضـاء علي العبودية
et ses Séquelles و رواسبها
Récépissé n° 0103/MINT/15/01/2008 وصل رقم 0103/و.د/15/01/2008
Tél. : (+222) 41 37 71 04 / 36 60 89 19 / 19 89 60 36 41 37 71 04هاتف :(00222)
Email : ameeskofo@gmail.com ameeskofo@gmail.com البريد الكتروني :
Nouakchott – Mauritanie انواكشوط – موريتانيا
Déclaration
En cette période de début de saison d’hivernage, l’AMEES suit avec une attention toute particulière les conflits fonciers nombreux et virulents dans la Wilaya du Guidimakha, entre cultivateurs et éleveurs mais surtout au sein de la communauté Sooninke, où les propriétaires traditionnels s’évertuent à monopoliser les terres agricoles au détriment de leurs anciens esclaves et obligés en faisant totalement fi de la réglementation foncière officielle en vigueur.
À titre d’exemples :
conflit entre population de cultivateurs de Khabou et éleveurs Peuls de Dubogne ;
conflit de Niéliba entre le vieux Tombe Koné et ses anciens maîtres, conflit qui traîne dans les dossiers du Hakem de Selibaby ;
conflit de Tachott Botokholo entre propriétaires traditionnels et anciens esclaves sans terre pour leur culture de mil et d’arachides dossier qui traîne également à la préfecture de Selibaby.
À Mbeïdiya Sakha (Gorillakhé) des propriétaires traditionnels ont empêché des paysans anciens esclaves d’accéder à leurs champs mis en valeur depuis des années ;
Le conflit de Dafort entre le vieux Silima Diarra et la fratrie Camara de Hayané vient en fin de trouver une solution grâce à la fermeté du Hakem de Ould Yengé sur l’application de l’ordonnance n° 83127 du 05 juin 1983 et son décret d’application n° 2010.08 du 31 mars 2010 portant reforme foncière l’AMEES lui demande de délivrer enfin un titre de propriétaire officiel au vieux Diarra.
L’AMEES qui suit au quotidien ces conflits, demande à toutes les autorités administratives, Wali et Hakems du Guidimakha de veiller au respect strict de la réglementation foncière afin de ne pas compromettre les efforts des paysans pauvres en cette année où la saison d’hivernage suscite beaucoup d’espoir.
Nouakchott, le 10 juillet 2017
Le Bureau Exécutif
Source crédit: Bureau AMEES.
Flash Info 8 juillet 2017: l’affaire du « jardin du vieux » DIARRA à DAFORT.
Le litige foncier rapporté il y’a quelques mois qui était en souffrance auprès du préfet de Ould yengé dans le Guidimagha Sud mauritanien, refait surface ces dernières heures. Le vieux DIARRA centenaire d’âge a été convoqué une nouvelle fois par les autorités départementales . D’après une source fiable du terrain, l’autre camp qui réclame la propriété du jardin sur la base du régime féodal d’antan sur le foncier, est également convoqué. Ces derniers temps, on apprend que le jeune préfet du département avait été muté et remplacé par un nouveau. Partis ce jour vers Ould Yengé, le vieux DIARRA qui serait le plus âgé de tout DAFORT, et ses proches sauront sur place quelle évolution est en cours sur cette affaire avec ce nouveau représentant de l’État.
Une affaire à suivre…!
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La suite…
Retour sur la convocation du vieux DIARRA à Ould Yengé ce samedi 8 juillet 2017.
Arrivés ce matin auprès du préfet, le vieux CENTENAIRE et ses proches ont écouté l’explicatif de ce qui a été l’origine de leur convocation. En l’effet, le nouveau préfet du département leur a dit que l’autre camp protagoniste est venu se plaindre que la famille DIARRA aurait agrandi le jardin ces temps-ci. Le vieux DIARRA a exprimé un démenti ferme sur cette accusation qui ne serait qu’une énième tentative du camp féodal pour alimenter vainement le litige autour d’un terrain occupé et travaillé depuis bientôt 60 ans. D’après le rapport reçu d’une source proche du vieux ce soir, le représentant de l’État leur a confirmé la propriété du jardin au regard de la loi foncière, déjà actée ORALEMENT par son prédécesseur muté. Par ailleurs le préfet promet qu’il se rendrait prochainement au village DAFORT pour parler sur la question foncière. Pour rappel, son prédécesseur avait promis cette éventualité en vain finalement.
Ci-joint le lien d’un témoignage relatif à cette affaire pendante: http://wp.me/p5GJMr-AU
K.S

Il y’a quelques jours, à Amagué village soninké du Mali , des militants abolitionnistes qui se sont réunis pour dénoncer certains rapports coutumiers de l’ordre sociétal en vigueur, faisaient l’objet d’innombrables chantages et d’une tentative d’ostracisation. En effet, ceux, identifiés comme activistes sous l’élan transnational du Forum de conscientisation et de sensibilisation GANBANAAXU FEDDE , se sont heurtés à une sorte d’embargo auprès des forgerons de la localité. Des éléments de la composante sociale spécialiste de la forge ont refusé de rendre tout service aux individus encartés abolitionnistes. D’après des sources proches du terrain, cette décision serait prise sur l’ordre des milieux féodaux régnants. Face à cette situation étrange censée servir un élément de pression de contre-campagne réactionnaire, les personnes lésées ont porté l’affaire aux autorités du cercle à Nioro. Et ce lundi 3 juillet 2017, répondant aux convocations du procureur, les différents protagonistes ont été réunis dans son bureau. Les uns et les autres ont exprimé leurs lectures de l’affaire. Selon les rapports fraîchement obtenus ces dernières heures, le représentant des forgerons a reconnu la situation mise en cause en chargeant le camp du chef de village qui est indexé comme l’instigateur. Par ailleurs, le représentant du camp féodal n’a pas voulu reconnaître la source du litige, en extrapolant vers une mésentente qui serait liées aux rituels religieux. Au final, un rappel à l’ordre a été prononcé par le procureur qui met en garde contre toutes situations conflictuelles à connotation esclavagiste et féodale. Encore une fois dans le giron soninké, que ce soit dans un village du Guidimagha mauritanien ou dans une localité rurale d’une contrée malienne, il suffirait de refuser les assignations sociétales hiérarchiques pour subir le courroux des milieux féodaux régnants. Une certaine mentalité nocive foncièrement réactionnaire pervertit le lien social intracommunautaire sans cesse.
K.S
Pour taire tout malentendu de premier abord, il faut réaffirmer que l’ordre esclavagiste pire et dur au sens fidèle des MOTS (MAUX) n’existe plus dans les localités du Guidimagha soninké de la Mauritanie. La société a été esclavagiste par le passé et les conséquences vivaces de cet ordre d’antan ne peuvent être réfutées par tout esprit aminé d’une once de sincérité. Aujourd’hui, les éléments subissant de plein fouet les stigmates de l’ancien ordre esclavagiste muté en ordre sociétal, s’approprient du VERBE pour nommer les CHOSES d’une manière décomplexée. Ainsi la vie communautaire soninkée proclamée et revendiquée comme solidaire est questionnée en son sein par la nouvelle génération issue de ceux qui étaient conditionnés à occuper les parties peu enviables du puzzle sociétal. L’activisme en gestation de la nouvelle génération d’ascendance dite servile, ne vise aucunement à bannir la noblesse ou à détrôner un ordre clérical quelconque. Il s’agit plutôt et très certainement d’un éveil urgent et nécessaire pour la composante la plus lésée sur le matériel et l’immatériel dans ce qui se définit comme le “VIVRE SONINKÉ” dans le temps et dans l’espace. Ce “VIVRE SONINKÉ” est le socle de l’ordre hiérarchique qui se veut au-dessus de l’ordre citoyen. On y constate quasiment des références monarchiques autour des 2 axes principaux qui sont la chefferie coutumière et le clergé communautaire ou l’imamat. Autour de ces axes qui tirent leurs légitimités d’un certain passé, Il y’a d’autres alliés objectifs bien lotis et très utiles aux mécanismes de l’ordre hiérarchique. Au sommet de ce dernier, les clans féodaux régnants et au bas de l’échelle on y trouve la couche dite statutairement servile qui tient lieu de “paillasson” pour TOUS les autres finalement. Historiquement chaque clan féodal s’entoure d’un assemblage social cohérent et complice à un premier niveau sur lequel son pouvoir s’exerce. Et au second niveau, les esclaves statutaires ayant un certain poids numérique conséquent , demeurent des possessions subalternes ne pouvant jamais aspirer au niveau du clan féodal et ses alliés objectifs. Ainsi le clan féodal et ses obligés volontaires ou ses alliés objectifs sont dans une sorte d’ENTENTE PARFAITE pour que la couche dite statutairement servile subisse symboliquement les traces d’un certain pouvoir révolu et qu’elle soit l’horloge qui régule la psychologie philosophique d’un statut nobiliaire impérissable semble-t-il. De ce constat, peu des gens sincères en milieu soninké peuvent démentir une pareille articulation par laquelle les chefferies détiennent un certain pouvoir social régalien qui s’oppose de fait et par nature à toute émancipation de la couche la plus mal lotie en dignité et en honneur même symboliquement. Et comme on pourrait s’entendre aussi que le clergé communautaire très souvent lié au clan féodal régnant, détient une autre direction du pouvoir sous l’ordre féodal. L’imamat des marabouts peut être décidé et confié à une famille particulière selon certains mécanismes liés à l’histoire et en bonne entente entre les alliés objectifs de l’ensemble féodal. Cet ordre de l’imamat chargé de l’expression “officielle” du religieux dans la sphère sociale, s’avère être la caisse de résonance légitimiste pour magnifier l’ordre féodal. Par un argumentaire déterministe dit “religieux” , un certain ordre maraboutique soninké essaiera de s’accaparer exclusivement du lien au DIVIN et se verrait l’intermédiaire absolu dans certain sens. Et qui d’autre oserait s’essayer dans ce domaine en toute liberté….? Surtout pas les éléments issus de la couche dite statutairement servile.
D’ailleurs l’impact psychologique à cause d’une certaine interprétation du religieux, est un facteur aggravant dans la soumission fataliste perpétuelle de certains éléments issus de la couche dite esclave statutaire. Ainsi la grande référence nobiliaire dans le “VIVRE SONINKÉ” est basée foncièrement sur une norme sociétale qui perpétue l’existence d’une condition sociale servile quoique symboliquement aujourd’hui. Noblesse de caractère ne suffit pas pour compter, mais il faut naître noble même avec tous les sales caractères et par opposition à un autre individu qui serait prédestiné comme “IMPUR” selon la norme sociétale en vigueur même ayant les meilleurs caractères. De ce côté, j’espère qu’on pourra s’entendre sur cette nature des choses qui n’échappe plus aux gens sensés.
L’éveil d’aujourd’hui qui bouscule certaines certitudes n’est pas animé par un esprit de vengeance sur qui que ce soit. À mon avis la PRIORITÉ des priorités , pour les activistes abolitionnistes du milieu soninké, est d’axer la sensibilisation sur les appartenances claniques et féodales. Ça a été une TROMPERIE INDICIBLE hier et une PLAISANTERIE PUÉRILE aujourd’hui, qu’un individu issu de la couche dite statutairement servile se dise à appartenir à un tel ou tel clan féodal (Berané, Hayané, Botokholo, Gansoyi, Hokolou et d’autres du genre). Une fois ce lien trompeur d’identification clanique défait, l’éveil émancipateur trouvera une VOI(E)X ROYALE vers la redéfinition d’une personnalité non lestée d’un certain passif dans une communauté qui au fond ne l’accepte qu’en étant soumise aux caprices des uns pour soigner leur noblesse très particulière. Une fois ce travail demandant beaucoup de pédagogie et un certain recul intellectuel fait, les éternels subalternes intouchables selon l’ordre féodal soninké particulièrement rigide, se doivent de développer une conscience politique révolutionnaire en faisant abstraction de tous les segments coutumiers qui structurent l’ordre hiérarchique intracommunautaire. En étant conscients d’une CITOYENNETÉ ACCOMPLIE , Il faut maintenant tourner vers les autorités modernes compétences (Mairies, Préfectures ou Gouvernorats) pour l’application des lois en vigueur sur le territoire national. Ainsi quelle autorité imposerait à un groupe de citoyens d’aller courber l’échine devant un chef coutumier de la féodalité. Et quelle loi dirait à un groupe des citoyens majoritaires dans un quartier quelconque d’accepter par force l’imamat héréditaire d’une petite minorité aux compétences discutables qui exploite ce statut pour d’autres desseins étranges. Aujourd’hui, tout ce qui se dit de négatif à propos de l’engagement anti-esclavagiste et anti-féodal dans la communauté soninkée via différents canaux (Associations ou forums) , trouve sa fixation sur les refrains suivants : ils veulent détruire SONINKARA et SONINKAAXU, défaire les amitiés, porter atteinte aux solidarités, en gros affaiblir le “VIVRE SONINKÉ”. Étrangement pendant plusieurs siècles , des gens considérés comme des IMPURS DE NAISSANCE n’ayant aucune légitimité d’avoir des honneurs et des positions honorifiques au nom de la communauté vivent parmi nous sans qu’aucune réforme sociétale ne soit entamée en leur faveur. Là leur salut viendrait d’une communauté de vie parallèle qui comptera sur l’ordre étatique moderne pour être comptée en DIGNITÉ ÉGALE avec tous les CITOYENS.
L’engagement abolitionniste est sain s’il est bien porté et clarifié par un discours réfléchi mais ferme. Ces derniers mois, nous sommes témoins de quelques escarmouches provocatrices dans la communauté portées auprès des autorités compétentes. On ne cesse de le rappeler, cet engagement n’est pas une guerre ouverte contre une personne ni contre une entité sociale donnée , on veut le décliner en revendications des Droits et Devoirs en toute clarté.
Et pour conclure, si on essayait même à une très faible marge le modèle de société promu à Médine par le prophète Muhammad (PSL) pour fonder la première communauté musulmane. Ainsi cette jeune communauté médinoise mixte ne s’était pas projetée sur 100 ans pour que des âmes acquises à la Vraie Foi s’acceptèrent mutuellement en dépit des différences et du contexte historique.
KS
Ce jeudi 15 juin 2017, plusieurs ressortissants du village de Guemou ont pris place dans une pirogue à Sollou pour une traversée vers la rive malienne du fleuve Sénégal. C’est aux environs de 7H du matin que la pirogue de la forte équipée qui allait participer à la pêche annuelle de la mare Diogou Xaré à côté du village de Séguéla dans le Mali voisin, a chaviré dramatiquement . Selon des sources contactées sur place, la surcharge et l’état défectueux du moteur seraient les principaux facteurs responsables de la catastrophe. Après le lâchage de l’embarcation en pleines eaux, certains occupants ont pu s’échapper par la nage ou secourus dans des conditions très difficiles. Les moins chanceux ont été emportés dans les profondeurs du fleuve. Ainsi 9 personnes portées disparues ont été retrouvées mortes noyées dans la journée du jeudi et courant vendredi pour certaines. Toutes les victimes originaires du village de Guemou situé à quelques 8 kms du lieu de l’accident, ont été enterrées à Sollou. Il faut rappeler que toutes les localités environnantes du fleuve dans cette zone ont été mobilisées pour porter assistance et rechercher les corps. Ce naufrage dramatique a affecté l’ensemble des riverains de la zone où villageois mauritaniens, maliens et sénégalais se connaissent bien avec des liens communautaires très forts. Espérons que les autorités locales prendront des mesures strictes pour éviter des drames de cette nature. Tout comme une certaine vigilance doit être observée sur ces équipements traditionnels par les usagers trop souvent habitués à un certain laxisme arrimé à une psychologie fataliste .
Nos condoléances les plus attristées aux familles éplorées.
En ce mois béni de Ramadan, qu’Allah accueille les défunts au Paradis et réconforte leurs proches endeuillés par la patience et la retenue. Ameen
Inna lillahi wa inna ileyi rajjioun.
PAR -K.S-
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