La délégation antiesclavagiste américaine d’Abolition Institute qui séjourne depuis quelques jours en Mauritanie a tenu ce samedi 22 mai 2021 en début de matinée et de façon conjointe une conférence de presse l’ONG SOS Esclaves.
Au cours de cette conférence de presse, les activistes et américains de droits humains ont salué les bonnes intentions et garanties fournies par le gouvernement mauritanien à propos de l’application des peines contre les auteurs de crimes d’esclavage, des dossiers pendants devant les juridictions.
« La délégation d’Abolition Institute a été reçue en audience tour à tour par les ministres de la Justice, de l’intérieur, le commissaire aux droits de l’homme et le président de la commission nationale des droits de l’homme.
Et à chaque étape, une réunion de travail a été tenue, ont déclaré les membres de la délégation américaine.
Avec le ministre de la Justice, « il nous a été affirmé que le nécessaire sera fait pour l’application ferme des peines prononcées », a révélé Sean Turner, chef de la délégation américaine.
Sean Turner a salué le » travail considérable réalisé » par Sos Esclaves au profit des victimes.
A propos des difficultés d’enrôlement des citoyens, M. Turner a souligné que le ministre de l’intérieur leur a déclaré que « tous les mauritaniens seront enrôlés en l’espace de deux ans ». Face à cette affirmation, le temps nous en dira davantage », a-t-il noté.
Pour sa part auparavant, M. Boubacar Ould Messaoud, Président de Sos Esclaves avait remercié les autorités pour les dispositions prises et l’appui pour le séjour des hôtes. « Nous avons bien intégré cette logique que les autorités nous ont aidés. Ce voyage nous apaise. Nous étions très touchés de la décision du précédent régime qui avait empêché cette délégation de fouler le sol mauritanien.
Les deux parties ont répondu aux questions des journalistes qui ont porté sur plusieurs questions.
Pas nécessaire d’être sociologue, juriste ou politologue, il suffit d’un simple regard : un arrêt sur une image des supporteurs d’un match de foot et une image de nos institutions (éducation, santé, etc.) dites de la république de Mauritanie. Rousseau disait ceci dans son contrat social « avant donc d’examiner l’acte par lequel un peuple élit un roi, il serait bien d’examiner l’acte par lequel un peuple est un peuple ». Un peuple n’est pas qu’une agrégation d’individus fascinée par un chef chauvin – un peuple n’est pas qu’aussi une population où un peuplement d’un territoire – le peuple enveloppe l’unité et la pluralité. Il est une association d’individus de s’accepter à vivre ensemble sur un territoire soumis aux mêmes lois et appartiennent aux mêmes institutions politiques.
On n’y trouve différentes catégories des peuples sur le territoire mauritanien, certains n’appartiennent pas aux institutions et tandis que d’autres oui. D’autres sont expropriées, privé de leurs identités juridiques, réduits en des étrangers sur leurs propres sols. Et enfin, une catégorie choisie et institutionnalisé. Les architectes de ce choix ne font rien au hasard ou par simple coïncidence, il s’agit bien d’une volonté, je dis bien une volonté politique.
L’urgence aujourd’hui est de dire à ses hommes qui ont pris ce pays un otage par les armes et trahis, qu’ils seront vaincus. À l’heure où se trouve la dégradation de l’unité nationale, la question n’est plus à la négociation. L’urgence est la construction de l’unité nationale autour de nos valeurs communes et la reconnaissance de l’ensemble de nos communautés culturelles sans les « nous » et « eux ». La reconnaissance n’est pas négociable, me reconnaître, te reconnaître, je suis comme je suis tu es comme tu es.
Si nous ne voulons ou ne souhaitons pas vivre ensemble, il est aujourd’hui, urgent et temps de faire scission et prendre l’indépendance du sud de la Mauritanie.
Je constate sur ce territoire appelé la Mauritanie vive une population de tous contre tous pris un otage des intégristes nationalistes, des voyous, des bandits, des criminels. On assiste à un nomadisme politique sans précédent.
L’existence sociale mauritanienne est fragmenté au point qu’il n’y a plus d’espoir d’unité nationale. Des factions rivales qui s’échangent le pouvoir par des méthodes voyous.
Coexister ou vivre ensemble n’est pas limité les droits et les libertés uns et l’inverse pour une catégorie. Coexister et vivre ensemble, s’est reconnaître et garantir les libertés civiles aux mêmes titres en terme de culture, de langue et des droits.
La population mauritanienne qui lutte pour rétablir ses propres maux sociétales ailleurs tandis qu’elle attend la libération du divine chez elle. L’existence, ici ou ailleurs ne se donne pas, elle s’arrache par la lutte.
Le racisme d’état mauritanien n’est pas naturel mais construit socialement et volontairement. Le peuple mauritanien est tellement habitué et socialisé à vivre l’injustice, le racisme et l’exclusion et ne s’en rende même plus compte. La légalisation des conditions sociales est une exigence et non négociable.
Cette politique de spectacle, nous n’en voulons plus. Le mauritanien lambda se manifeste selon les nombres des nominations de sa famille, ses proches, sa communauté, ses amis et sa tribu. L’existence de soi n’a plus aucun sens, le citoyen a perdu le courage d’exister.
Les nationalistes (nasséristes et batthistes) et les lobbys religieux ont légitimé les inégalités sociales, politiques et économiques. Les nationalistes font appel à la pureté de la race. Les lobbys religieux se réfèrent à d’autres raisons extérieures à la société et à la vie humaine. Les religieux légitiment tout par des lois et des ordres surnaturelles et se donnent l’autorité d’être les gardiens des lois divines. Il faut avoir le courage et affronter pour exister, être hostile aux racistes, aux intégristes nationalistes, aux lobbys religieux. Il est temps que nous arrêtions de mendier les droits des noirs en Mauritanie. Le courage, pour une existence.
De toutes les urgences légitimes auxquelles notre pays fait face , la problématique de la citoyenneté et de la paix dans son approche la plus complète apparaît comme la plus urgente de toutes. Tout d’abord , parce qu’elle incarne toutes les dimensions fondamentales du système démocratique consacrées par nos textes fondateurs et de leur philosophie substantielle. Ensuite cette question de la citoyenneté recèle en elle toutes les caractéristiques , tous les préalables et tous les ressorts de notre idéal national et de notre vouloir vivre ensemble dans la paix et la liberté. Enfin la problématique de la citoyenneté est ce qui exprime le mieux dans notre pays. L’impuissance morale , structurelle et fonctionnelle de l’état d’une part et d’autres parts la fragilisation brutale et suicidaire de l’ensemble du corps social et politique. Qu’est ce que parler de la citoyenneté? C’est : 1) aborder la problématique des droits, des libertés et des devoirs du citoyen dans son rapport à l’état, la société et d’autres citoyens. 2) pointer du doigt nos obsessions ethniques et identitaires qui sont devenues de véritables dynamiques perverses de notre désintégration nationale et politique 3) parler de la paix démocratique et de la cohésion pacifique dans la société avec des droits égaux , des libertés égales et une justice effective.
Chers compatriotes le constat est sans appel, convenons en, la réalité est brutale, le communautarisme identitaires et ethniques menacent gravement notre chère patrie, sa démocratisation et sa paix sociale . L’ethnicisme politique et instrumental, le régionalisme et le clientélisme sont devenus notre handicap majeur et une vulnérabilité inquiétante de la paix sociale et la stabilité crédible de nos institutions. L’évidence est douloureuse mais palpable, nous avons dans notre pays un manque criard et destructeur de citoyenneté, de culture de civisme, de culture démocratique et de facteurs démocratiques.
Le constat, nous devons tous le reconnaître en toute honnêteté y mettre les mots et le langage qu’il faut et y faire face avec ténacité et intelligence car lorsque les mots ne disent pas réels, le langage perd sa valeur, la politique son sens. À défaut nos mots deviennent incompréhensibles, inefficaces et sans sens…et la parole publique creuse et inaudible. Voilà les signes du désastre annoncé.
Qu’Allah nous vienne en aide. Qu’Allah béni les justes & Ma Mauritanie.
Ce samedi après-midi, le leader abolitionniste mauritanien BiramDahAbeid accompagné de certains cadres de sa mouvance droit-de-lhommiste et politique IRA -RAG, a reçu en audience à son QG de Riyad des représentants civils du mouvement de résistance palestinienne le Hamas. La délégation palestinienne est dirigée par Dr Sami Abu Zuhri , porte-parole officiel de l’organisation qui dirige la Bande de Gaza . Pour rappel ces derniers jours à la suite des provocations initiées par les milieux sionistes israéliens aux alentours de la Mosquée Al-aqsa et dans le quartier Sheikh Jarah de Jérusalem , la bande de Gaza a été lourdement bombardée par l’armée de l’État hébreu avec plusieurs victimes civiles à déplorer dont de nombreux enfants. Du côté palestinien, le Hamas et d’autres entités de la résistance ont répliqué avec des roquettes tirées vers le territoire israélien. Une trêve obtenue entre les 2 camps a permis l’arrêt des hostilités il y a quelques jours. Le président des réseaux IRA-Mauritanie dans le sillage de son engagement universaliste contre toute forme d’injustices, a toujours exprimé sa solidarité avec le peuple palestinien dans la quête courageuse de ses droits fondamentaux et légitimes.
RFI Afrique – Le 13 mai, sur RFI, l’ancien président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz dénonçait les poursuites judiciaires dont il fait l’objet dans son pays, affirmant qu’il y a derrière des motivations politiques pour le faire taire.
Ce matin [20 mai], le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des technologies de l’information et porte-parole de l’actuel gouvernement, Sidi Ould Salem, lui répond, au micro de Magali Lagrange.
RFI : L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz dénonce un harcèlement judiciaire contre lui. Les poursuites contre lui sont-elles politiques ?
Sidi Ould Salem : Tout citoyen est justiciable, fût-il ancien président ou ancien ministre. C’est un problème avec la justice donc je n’ai pas à commenter. Le gouvernement n’est pas impliqué dans ce dossier. Il y a une séparation des pouvoirs et à ce titre, chaque citoyen a le droit de se défendre.
La maison de l’ancien chef de l’État a été fouillée. Est-ce qu’il y a été trouvé quelque chose ? Est-ce qu’il existe des preuves actuellement contre lui ?
C’est à la justice qu’il faut poser la question. Je n’ai aucune information sur ce dossier et je n’ai pas le droit de le commenter non plus.
Justement, dans un dossier autant politisé, ne faudrait-il pas, pour la crédibilité de l’action menée contre l’ancien chef de l’État, que le procureur s’exprime ?
C’est à la justice de juger s’il est opportun de s’exprimer ou pas. En tant que gouvernement, nous veillons à ce que la justice soit indépendante et transparente et nous souhaitons à tout le monde d’avoir un procès et un processus juste, équitable et transparent.
Cela fait un moment que la justice se penche sur ce dossier. Ne vaudrait-il pas mieux, dans l’intérêt de l’affaire, que cela aille plus vite ? Peut-être que le gouvernement demande d’accélérer la procédure pour clore cette affaire ou pour qu’il y ait un procès ?
Je suis désolé de me répéter encore. Je pense que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans un processus judiciaire. Je peux vous assurer que ce dossier n’a jamais été l’objet d’un débat en Conseil des ministres et nous nous sentons complètement éloignés de ce dossier.
En 2014, lors de la réélection de l’ancien président, vous avez été son directeur de campagne. Vous avez également été son ministre. Est-ce que vous avez vu des choses qui lui sont reprochées aujourd’hui ?
C’est une question personnelle. C’est vrai, j’ai été son directeur de campagne, j’ai été ministre. Je n’ai jamais vu des agissements contraires à la loi. Mais voilà, c’est dans mon secteur.
Est-ce que rien ne vous a jamais fait douter ou ne vous a donné envie de quitter ce gouvernement ?
L’actuel ou l’ancien ?
L’ancien.
Non, jamais.
Pour Mohamed Ould Abdel Aziz, ses ennuis s’aggravent lorsqu’il dénonce la situation politique en Mauritanie. Est-ce que vous diriez, au niveau du gouvernement actuel, qu’il est libre de s’exprimer ?
Tout à fait, c’est un droit. Chaque citoyen est libre de s’exprimer et libre d’avoir des opinions. C’est une fierté pour ce pays. Il y a une liberté de la presse, il faut bien en profiter. C’est de bonne guerre, c’est politique. On peut s’attaquer au gouvernement. Tout le monde le fait. Sur les réseaux sociaux, les partis politiques s’expriment, on critique l’action du gouvernement et c’est un bon signe pour ce pays. Cependant, il faut s’assurer de ce qu’on dit et vérifier sur le terrain.
Peut-il, à votre avis, participer à la vie politique ? Il affirme qu’on lui fait payer le droit d’exister comme homme politique. Il explique qu’un des bureaux de Ribat Al Ouatani a été fermé parce qu’on ne voulait pas de ce parti.
Ce n’est pas à nous de décider s’il doit faire de la politique. C’est une question personnelle sauf si le droit ou la justice l’en empêche.
L’ancien président parle de la fin d’une amitié de plusieurs décennies avec le président actuel, le président Ghazouani. Est-ce que ses ennuis judiciaires sont liés à une brouille entre deux amis ?
C’est une affaire privée sur laquelle je n’ai aucun commentaire à faire.
D’après vous, une réconciliation est-elle possible ?
Je ne peux pas m’exprimer sur cette question puisque c’est une affaire entre deux hommes. Libre à eux de la gérer.
Est-ce qu’il y a un autre point de son interview sur lequel vous souhaitiez réagir ?
J’ai été interloqué par deux aspects. Le premier aspect, c’est l’augmentation des dépenses du budget de la présidence. C’est vrai qu’il y a eu des augmentations de budget, pas seulement de la Défense mais de tous les départements.
Là-dessus, Mohammed Ould Abdel Aziz dit que les dépenses ont été multipliées par trois.
Mais elles peuvent être multipliées par 10, ce n’est pas le problème. Ce n’est pas une mauvaise chose que le budget augmente si l’on a les ressources pour le financer. Le deuxième aspect qui m’a interloqué sur les questions et dans les réponses de cette interview, c’est la gabegie et la corruption qui sont soi-disant omniprésentes.
La gabegie et la corruption sont-elles omniprésentes ?
Tous les pays luttent contre la gabegie et la corruption et tout citoyen témoin de gabegie ou de corruption doit le dénoncer. Pas seulement sur les ondes, il y a la justice, il y a les tribunaux. Si quelqu’un a été témoin ou s’il l’a appris, il doit le dénoncer, sinon c’est une complicité.
Mais Mohamed Ould Abdel Aziz dit justement que ces poursuites visent à le faire taire pour ne pas qu’il dénonce cette gabegie et cette corruption. Que lui répondez-vous ?
C’est une ligne de défense, mais je pense que le plus important, c’est de se focaliser sur la justice et sur sa défense de manière plus objective et plus efficace au lieu de chercher une animosité particulière par rapport au gouvernement. Je ne pense pas que ce soit une bonne ligne de défense.
L’Authentique – Exit le gouvernement du Premier ministre Mohamed Ould Billal ! Une nouvelle équipe est en train d’être constituée par la Présidence de la République, qui n’attendrait, pour l’annoncer, que le retour de voyage du chef de l’Etat en déplacement à Paris pour les besoins du Sommet sur le financement des économies africaines.
A Paris où il se trouve depuis lundi le président Mohamed Ould Ghazouany n’a certainement pas eu ses esprits entièrement focalisés sur le sommet, objet de son déplacement -réunissant des Chefs d’Etat et de gouvernement de pays africains et de pays partenaires, ainsi que des dirigeants d’Institutions financières internationales- qui vise à mobiliser des initiatives et mécanismes innovants, en soutien aux efforts de relance des économies africaines dans cette période de crise multiforme.
Le président de la République a sans nul doute consacré du temps pour apporter une dernière retouche à la liste des membres de son prochain gouvernement. Ainsi, l’équipe du Premier ministre Ould Bilal ne ferait que neuf mois au pouvoir.
Constituée en août 2020 suite à la remise à la justice du rapport de la Commission parlementaire liant quatre membres du gouvernement, le gouvernement actuel répondait pourtant aux attentes de l’époque, avec un rassemblement bien huilé de technocrates, de personnalités à forte assise populaire, d’hommes politiques, de jeunes et de citoyens intègres.
Depuis, la pandémie du Covid-19 avec ses conséquences multiples sur la vie des populations, l’affaire dite de la décennie qui a conduit la justice à placer en résidence surveillée, l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, la « gestion politique du cas Ould Abdel Aziz » qui tente d’occuper la scène publique nationale et internationale, l’ouverture amorcée par le président de la République en direction de l’opposition invitée à un projet de dialogue social inclusif, ont fini par pousser ce dernier à changer de fusil d’épaule.
Un choix dont les prémisses étaient apparues lors du dernier conseil des ministres du mois d’avril, où le chef de l’Etat avait précipitamment pris congé de ses hôtes, exprimant dans les faits, sa lassitude face à des ministres qu’il dit avoir dotés de tous les pouvoirs mais qui selon lui « peinaient » à s’exprimer pour le bien de la République.
La perspective de changement est d’autant imposée au chef de l’Etat que son gouvernement éprouve des difficultés à se faire de la visibilité auprès des populations. Last but not least, le ministre de l’Enseignement supérieur Sidi Ould Salem est déjà sur le départ.
L’homme est appelé à occuper dans quelques jours, le poste de Commissaire aux ressources humaines, aux sciences et à la technologie -élu par le Conseil exécutif de l’UA et nommé par la Conférence pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois ; un poste qui revient aux pays maghrébins en plus de l’Egypte, suivant le système de rotation instauré au niveau de l’organisation.
On se rappelle encore qu’en avril dernier, le président Mohamed Ould El Ghazouani avait demandé à ses pairs maghrébins d’opter pour une candidature unique alors que trois pays avaient déjà présenté leur candidat : le Maroc, l’Algérie et la Libye. Finalement l’appel de la Mauritanie sera entendu par les chefs d’Etat cibles, qui ont décidé d’appuyer la candidature mauritanienne !
Départ
En plus du ministre de l’Enseignement supérieur, nombre de membres du gouvernement seraient sur le départ. D’abord le Premier ministre Mohamed Ould Bilal. Malgré ses compétences avérées, l’homme a manqué de présence effective et d’autorité. Plus concrètement, il n’est jamais parvenu à donner de la visibilité à l’action du président de la République et à celle de son gouvernement.
Battu par son ministre de la Santé sur le front de la lutte contre la pandémie du covid-19, Ould Bilal s’est souvent vu doublé par son ministre de l’Intérieur sur le plan de la sécurité publique, celui des Affaires étrangères, sur le plan diplomatique. De nombreux observateurs pensent d’ailleurs que l’un de ces ministres, pourrait être désigné à la tête du gouvernement.
Les autres ministres partant, sont, entre autres, celui du Commerce et du Tourisme Naha Mint Mouknass, qui verra à l’occasion, sa présence de près d’un demi-siècle au gouvernement, prendre fin. On lui reproche son incapacité à mettre au pas les commerçants qui ne s’en tiennent qu’à eux-mêmes dans le marché de la consommation.
Sont aussi mises en exergue, des failles dans sa manière de gérer le cadre de production agricole et commercial du marché des produits alimentaires de l’intérieur et de l’extérieur du pays.
Si le Ministre de l’Education nationale, Aïnina Ould Eyih est sur la liste des partants, c’est bien du fait d’une année scolaire perturbée qu’a connue le pays avec pour la première fois, une grève des enseignants et des professeurs qui a paralysé trois jours durant, l’ensemble du secteur de l’enseignement primaire et secondaire.
Ould Eyih souffre aussi de ses attitudes cavalières voire agressives dans sa manière de gérer son personnel. Ce sont ces mêmes impairs que l’on retrouverait auprès du ministre de la Fonction publique, du Travail, Dr.Camara Mohamed Saloum.
Non seulement sa politique de lutte contre le chômage n’a pas eu l’impact escompté sur les jeunes mauritaniens, mais en plus, on lui reproche de ne pas protéger et de ne pas avoir suffisamment encouragé, la « mauritinisation » des postes, notamment dans le secteur minier.
Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Abdel Aziz Ould Dahi serait lui, rattrapé par l’affaire dite de la BCM ; une affaire qui a éclaté au temps où il occupait la fonction de gouverneur de la BCM consacrée par des faits de détournement de deniers publics, falsification de monnaies étrangères, vente illégale de devises et blanchiment d’argent.
Le juge en charge du dossier vient de remettre en liberté 5 des sept prévenus et l’affaire serait bientôt introduite en jugement. Ould Dahi serait alors libre de répondre aux éventuelles convocations de la justice.
Le climat de suspicion qui a entouré ces derniers mois le secteur de l’Hydraulique et de l’Assainissement, les irrégularités constatées dans la gestion des dossiers de ce même secteur ajoutés aux retards observés dans l’exécution de nombre de travaux d’hydraulique pastorale et à l’incapacité des Autorités à fournir régulièrement de l’eau aux populations, sont les raisons qui devraient pousser vers la porte le ministre Sidi Ahmed Ould Ahmed.
Si le jeune ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, Taleb Ould Sid’Ahmed quitte son Département, c’est bien du fait de la gestion des fonds qui lui ont été alloués ces derniers mois dans l’emploi des jeunes.
Taleb serait l’un des ministres qui a bénéficié des plus grands financements jamais accordés à un ministre de la Jeunesse. L’homme aurait financé de nombreux projets, offrant ainsi des emplois aux jeunes, mais ce fut comme « neige au soleil » avec un impact très éphémère sur la scène publique.
La ministre des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille, Naha Mint Haroune Ould Cheikh Sidiya devrait faire les frais de ses attitudes. On lui reproche son engagement familial et les prises de position politique dans sa ville natale Boutilimitt.
Toujours sur ses gardes et prête à rebondir chaque fois qu’elle est provoquée, elle a eu mailles à partir avec un blogueur qu’elle a fini par placer en détention, avant que des forces tribales n’interviennent pour calmer la situation.
En plus de ces départs probables, le président de la République pourrait bien procéder à la révision du cadre général de son gouvernement en changeant l’appellation de nouveaux Départements et en allouant de nouvelles tâches.
Un ministère de l’Industrie et des Mines, un autre qui aura à charge le Développement rural en plus de l’environnement ; un ministère uniquement chargé de l’Emploi, un ministère à charge du tourisme, de la Culture, de l’Artisanat… voilà un aperçu du prochain visage du gouvernement.
Cette perspective pourrait voir la mise en place d’un la chamboulement du fameux Département de l’Economie, de l’Industrie et de la Promotion des secteurs productifs, avec un ministère uniquement dédié à l’économie.
Le ministère chargé des Relations avec le Parlement et la Culture et celui des Affaires islamiques devraient eux aussi connaître de profonds changements avec l’éclosion d’un ministère de la Communication, porte-parole du gouvernement doté de tous les pouvoirs possibles aux fins de rendre visible l’action du gouvernement sur le plan national comme sur le plan international.
J’ai toujours soutenu le président Biram pour d’autres raisons que sa lutte contre l’esclavage et les séquelles de celui-ci.
Hier, j’ai été trop choqué après avoir entendu le témoignage de tous ces Mauritaniens; spécialement des hatatines et des soninkés de l’intérieur.
Les autorités mauritaniennes jouent un double jeu concernant l’application des lois. Si dans les grandes villes ces pratiques ont considérablement diminué, force est de constater que dans les milieux reculés ces pratiques sont toujours monnaie courante.
On prive des citoyens de leurs terres, on leur fait du chantage en les privant l’accès à l’eau potable : juste parce-qu’ils refusent de reconnaître leur statut d’esclaves. Hier, quand j’ai écouté ces vieux hatatines venant de Rkiz témoigner de leurs calvaires et luttes contre leurs supposés maîtres qui les empêchent d’utiliser leur terre, j’ai été choqué. Ils sont allé porter plainte, et c’est eux qui sont arrêtés comme trouble-fête car, ils sont esclaves et n’ont pas droit à la terre.
J’ai écouté ce vieux Soninké qui se dit président de l’association des « esclaves soninkés ». Seul le titre fait peur. Il a raconté toutes leurs luttes jusqu’aujourd’hui partout au Guidimakha. Comment ils sont privés de leurs terres, de leurs mosquées qu’ils ont construites eux-mêmes ?Comment on les a privé l’accès à l’eau potable ? Tout cela avec la bénédiction des autorités locales. Ils ont des preuves de tous les dossiers qu’ils ont porté devant la justice. Cette dernière, malheureusement,est toujours du côté des soi-disant nobles. Que ce soit chez les maures ou chez les soninkés, on voit clairement que le féodalisme est toujours maître dans nos sociétés; surtout sur l’État Mauritanien qui reste un Etat non seulement hypocrite mais aussi un Etat faible.
Et nous, qui habitons dans les villes, devons arrêter de jouer au jeu de l’État en continuant de nier ces pratiques sous prétexte que ce sont des choses inventées. Nos compatriotes souffrent un peu partout à l’intérieur du pays. Nous contribuons à leurs souffrances en niant ces pratiques inhumaines.
Arrivés à Nouakchott le 17 mai 2021, des militants américains des droits humains continuent leurs activités . Aujourd’hui ils ont été chaleureusement accueillis par le député mauritanien et président des réseaux IRA-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste), BDA et ses camarades d’IRA et du parti RAG. Au sein de la délégation américaine, l’avocat mauritanien défenseur des droits humains basé aux États-Unis, Monsieur Bakary Tandia a assuré l’interprète lors de la présentation et des prises de parole . Au QG du parti RAG à Riyad, l’occasion a été pour le leader abolitionniste mauritanien d’aborder la situation générale des questions liées aux droits humains dans le pays. L’ancien candidat à la présidentielle BDA a salué la levée par l’actuel président El-Ghazouani d’un ordre d’oppressions systématiques qui sévissait sur les militants des droits humains sous l’ancien pouvoir. Il a rappelé que cette ouverture voulue par le président tarde à être suivie sérieusement par certains pans au niveau administratif comme judiciaire. Le récipiendaire du prix Onusien 2013 pour son engagement antiesclavagiste, a réitéré que le combat contre l’esclavage et ses séquelles demeure une préoccupation majeure de son engagement.
La rencontre de la journée a permis aux membres de la délégation américaine d’entendre directement des citoyens venus s’exprimer sur certains points liés aux différents manquements auxquels ils font face en matière de droits humains.
Pour rappel en septembre 2017, une délégation similaire composée de membres de l’ONG « Abolition Institute » , avait été refoulée du pays. Ce retour réussi aujourd’hui en Mauritanie sur l’invitation de l’ONG SOS Esclaves, résulte d’un changement d’approche enclenché par l’actuel locataire du palais ocre.
Le Commissaire aux Droits et les délégations antiesclavagistes américaines et mauritaniennes lors de l’audience- Crédit Aidara
Les membres de la délégation de l’ONG américaine « Abolition Institute » ont été agréablement surpris du climat d’ouverture et de dialogue qui prévaut actuellement en Mauritanie. Refoulés en 2017 dès leur arrivée à l’aéroport international Oumtounsy de Nouakchott, ils ont pu cette fois pénétrer dans le territoire mauritanien sans aucune entrave. Mieux, ils ont eu droit au salon d’honneur où des représentants d’ONG antiesclavagistes nationaux, en l’occurrence Boubacar Messaoud de SOS Esclaves et Birame Dah Abeid du mouvement IRA, les attendaient, à leur arrivée le 17 mai 2021.
Mardi 18 mai, la délégation était reçue par le Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Mohamed El Hassen Boukhreiss. Entretien cordial au cours duquel, les échanges ont porté sur l’évolution enregistrée dans le domaine des droits de l’homme en Mauritanie, même si certaines pesanteurs persistent.
Les membres de l’ONG «Abolition Institute» qui étaient accompagnés de leurs homologues de « Anti-Slavery » ont été séduits par la franchise du Commissaire qui leur a brossé la réalité des droits de l’Homme en Mauritanie, une situation qui ne diffère guère de celle des autres pays du monde, même les plus réputés pour leur respect pour les droits humains, a-t-il fait remarquer en substance.
S’il y a eu des avancées notoires en Mauritanie sur le plan législatif, avec l’adoption d’un arsenal juridique répressif contre les pratiques esclavagistes, rien n’est encore parfait, reconnaît le Commissaire. «Nous ne sommes pas dans le déni, et nous ne pouvons pas affirmer qu’il n’y pas quelques individus ici ou là qui pratiquent l’esclavage. Comme tout criminel, il y a en effet des esclavagistes comme il y a des voleurs, des trafiquants de drogue et d’autres personnes qui enfreignent la loi et contre lesquelles nous avons pris des lois pour les réprimer » a-t-il précisé.
Le Commissaire a surtout insisté sur la formation et le renforcement de capacité des activistes des droits de l’Homme en Mauritanie, notamment dans le domaine de la documentation des faits d’esclavages avérés ou non. « Beaucoup de dossiers présumés d’esclavagisme se terminent souvent par des acquittements pour faute de preuves ou par des peines légères, du fait du manque de documents convaincants pour les juges » a-t-il soulevé.
A son tour, M. Sean Tunner, Chef de la délégation de l’ONG « Abolition Institut » a remercié le Commissaire aux Droits de l’Homme pour l’accueil, pour sa franchise et les progrès importants réalisés par son département et par le gouvernement mauritanien dans le domaine de la promotion et de la protection des droits humains, y compris la lutte contre l’esclavage et ses séquelles.
Avaient assisté à la rencontre, le Commissaire Adjoint aux Droits de l’Homme, le Conseiller juridique et le Directeur des Droits de l’Homme.
Côté visiteurs, il y avait 7 membres de l’ONG « Abolition Institut » et de l’ONG « Anti-Slavery » dirigée par Mme Sarah Mathewson, ainsi que Bakary Tandia, avocat et droit de l’hommiste mauritanien résident aux Etats-Unis, et Boubacar Messaoud, président de SOS Esclaves.
Rencontre aujourd’hui 18 mai 2021 du président Biram Dah Abeid et de la vice-présidente d’IRA Kadiata Ba, accompagnés de membres de la section d’IRA-Sebkha avec les associations des veuves et des orphelins chez la présidente mère Houleye Sall à Sebkha. La délégation d’IRA a aussi été accueillie en même par les responsables des rescapés de l’épuration ethnique des années 80-90. IRA-Mauritanie prépare avec les victimes d’esclavage, passif humanitaire et autres violations des droits humains, la journée du jeudi 22 mai pendant laquelle la mission des défenseurs américains des droits de l’Homme, vont assister à la prise de parole de plusieurs catégories de victimes, organisée par IRA.
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