Mauritanie/ Politique : 《chef de l’État à chef du Parti : du politiquement incorrect》 Par Sneiba Mohamed

Le retour. Tel peut être le titre à donner à ces événements qui se succèdent depuis deux semaines. En rentrant au pays trois mois seulement après avoir quitté la présidence, Ould Abdel Aziz relance le débat autour de son rapport au pouvoir. Et à Ghazouani, son vieil ami, devenu président à la place du président.
Et c’est justement cette configuration politique nouvelle qui crée un climat de tension entre frères d’armes. Une situation insolite due au fait que, pour la première fois, un président sortant revient à la politique en voulant conserver le « commandement » du parti (du pouvoir) et continuer, à découvert, d’exercer une autorité parallèle. Un peu à l’image de cet échafaudage qui a permis, à l’ex président Kabila (RDC) de tenir en laisse Félix Tshisekedi pourtant élu président de la République « à la régulière », si l’on fait fi des accommodements mis en œuvre par le pouvoir pour ne pas lâcher le pouvoir.
Vue de cette manière, l’on peut qualifier de « politiquement incorrect » le comportement de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Comment peut-on comprendre autrement cette volonté, manifestement étrange, de vouloir bousculer un ami qui vous a laissé faire, dix ans durant, se contentant de tenir son rôle de chef d’état-major des armées astreint à la réserve ?
L’explication : « l’ancien président a le droit de faire de la politique » est raisonnable mais elle pèche sur plusieurs plans quand on la confond avec cette précipitation à vouloir utiliser le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR), comme un cheval de Troie permettant à Ould Abdel Aziz d’user – et même d’abuser – d’un pouvoir parallèle que lui-même n’a jamais voulu partager quand il était à la tête de l’Exécutif.
On peut expliquer ce comportement inamical d’Ould Abdel Aziz par le seul fait qu’il s’était trompé sur l’appréciation de sa décennie calamiteuse. Et sur ce qui allait se passer après sa sortie du pouvoir.
Très vite, il s’est rendu compte qu’à Nouakchott, les choses ne se passent pas comme prévu. L’absence du « président des pauvres » est de plus en plus vécue comme une libération, au sens vichyste du terme. Les mauritaniens commencent petit à petit à le ranger dans le placard de l’histoire sans gloire, sans parvenir toutefois à oublier le mal dont les effluves suintent de partout. Ce qui relevait des rumeurs et des supputations sur des saccages économiques se transformait, le changement de pouvoir aidant, en convictions. Une de celles-ci aidait à comprendre : Aziz ne reviendra plus. Fraude fiscale, corruption, enrichissement illicite, c’est ce qu’il a légué à des mauritaniens qui se rendent compte, tardivement, de l’ampleur des dégâts. Le pays part en lambeaux. Ghazouani gère une nouvelle situation de crise. Economique s’entend. Politiquement, il poursuit son ouverture sur une opposition qui n’en demandait pas plus. Le « candidat du consensus » devient rapidement le président qui rassemble, qui ne fait pas de la confrontation un style de gouvernance. Ceux qui pensaient possible une « continuité » entre un homme adepte du « ça passe ou ça casse » et un autre qui fait preuve d’une sérénité à toute épreuve se rendent compte, rapidement, qu’ils ont perdu la partie…et le Parti.
Il faudra maintenant que la majorité « libérée » se réorganise autour de son nouveau chef pour l’aider à réparer le navire, à colmater les brèches. Il faut aussi que l’opposition, s’en tenant à son rôle de pendant du pouvoir, appréciant et jugeant sans excès, déploie tout son savoir-faire pour aider à l’exercice d’une démocratie véritable. Car le vrai changement a peut-être commencé maintenant avec un Ghazouani dont la « froideur », opposée au « zèle » de l’autre, pourrait convenir à nos mœurs politiques. Celles qui nous ont évités de sombrer, en 2011, dans ce « printemps arabe » dont on s’est rendu, très vite, qu’il était « inutile et incertain ».

Sneiba Mohamed

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur (Du 30/11/2019)

Mauritanie : Nomination d’un Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

AMI – La Présidence de la République a rendu public, vendredi, un décret nommant un délégué général à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion «TAAZOUR», dont voici le texte intégral :

« Par décret en date de ce jour:

Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya est nommé Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR ».

Création d’une Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

La Présidence de la République a annoncé par décret rendu public ce vendredi la création d’une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »».

Le communiqué de la Présidence de la République précise que cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Voici le texte intégral de ce communiqué :

« Conformément aux engagements pris par Son Excellence Monsieur le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans son programme électoral, une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »» a été créée par décret présidentiel en date de ce jour.

Cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Elle vient concrétiser une idée chère au Président de la République, à savoir la mise en place « d’un Etat où la justice, l’égalité, la fraternité, la citoyenneté ne sont pas de simples concepts mais des valeurs fondatrices ».

La Délégation Générale a pour objectif de généraliser la protection sociale, d’éliminer toutes les formes d’inégalités, de renforcer la cohésion nationale, de lutter contre la pauvreté et de coordonner l’ensemble des interventions dans les zones cibles.

Les programmes et projets qu’elle mettra en œuvre au cours des cinq prochaines années contribueront substantiellement à l’objectif du Président de la République qui est : « que chaque mauritanienne et chaque mauritanien se sente fier d’appartenir à ce pays, de profiter de ses richesses et d’y vivre dignement et paisiblement ».

Une enveloppe de 200 milliards anciennes ouguiyas sera mobilisée, au cours des cinq prochaines années, au profit de cette Délégation pour lui permettre d’exécuter un ambitieux programme de promotion économique et sociale en faveur des populations qui ont été victimes des inégalités et de la marginalisation à travers le renforcement des moyens de production, l’amélioration du pouvoir d’achat des pauvres, leur accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable, à un habitat décent et à l’énergie ».

©️ Crédit source : http://www.cridem.org

L’esclavage coutumier par ascendance chez les soninkés du Guidimagha mauritanien: l’affichage complice et provocateur du député Sidney Sokhona chez lui à Tachott. 

Les masques tombent davantage sur les complicités supposées ou réelles entre le régime féodalo-esclavagiste soninké et certains cadres soninkés introduits dans les rouages étatiques en Mauritanie. Généralement issus de l’ordre coutumier dominant basé sur une rigide stratification sociale ségrégationniste et discriminatoire, certains cadres censés promouvoir l’ordre républicain et égalitaire parmi TOUS LES CITOYENS sans aucune distinction d’ordre racial, clanique, social ou patronymique, baignent dans des ambiguïtés qui ne passent plus inaperçues aujourd’hui. Depuis 4 ans l’éveil d’une conscientisation citoyenne en masse parmi les couches sociales jadis esclavagisées et toujours assignées par des séquelles sournoises et humiliantes dans la communauté soninké, fait face aux milieux réactionnaires qui s’activent fermement avec la complicité suspecte et aujourd’hui explicite à travers la sortie publique du député Sidney Sokhona le 17 novembre 2019 à Tachott. En effet ce jour, lors d’une cérémonie d’intronisation d’un chef coutumier de son clan féodal botokholo, le député Sokhona s’est permis une apologie sous-entendue de l’ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie des droits innés pour 2 branches sociales (les marabouts et la chefferie coutumière) au détriment des autres. Notamment les descendants d’esclaves qui sont relégués socialement aux rôles subalternes et de faire-valoir occasionnel. Ce 17 novembre, le député a donné une caution légitimiste par un appel clair pour la perpétuation de ces genres de symboles folkloriques et provocateurs jusqu’à là inconnus dans ces localités. Cette incitation troublante à magnifier la féodalité soninké va davantage créer et envenimer les dissensions en surchauffe dans la communauté liées aux problèmatiques de l’esclavage par ascendance. Les descendants d’esclaves dont les ancêtres ayant vaillamment participé aux fondations des villages, sont exclus systématiquement de toutes les fonctions honorifiques notamment le droit d’aînesse et la direction du culte religieux même avec les compétences requises.

■ Par ce communiqué, nous alertons les hautes autorités nationales en tête son excellence le Président de la République Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed El-Ghazouani , le premier ministre, le ministre de l’intérieur, le ministre de la justice et les autorités régionales du Guidimagha, sur ce cas de revivification provocatrice d’un ancien ordre sociétal foncièrement discriminatoire et ségrégationniste qui nuit à la paix sociale dans la communauté soninké et sabote l’émergence d’une citoyenneté égalitaire dans la région. Également l’adresse est aux organismes publics dédiés à la défense des Droits Humains, notamment la CNDH et son président Me Ahmed Salem O. Bouhoubeïni .

■ Nous prenons à témoin les organisations indépendantes engagées sur la thématique de l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie comme SOS-ESCLAVES, IRA-MAURITANIE, FONDATION DU SAHEL, AMEES, AFCF et d’autres, les partenaires internationaux et tous les Esprits progressistes soninkés, concernant cette prise de position publique d’un député au profit de son clan familial et ses alliés coutumiers. Nous signalons au passage la confirmation évidente des complicités suspectes et aujourd’hui assumées de Monsieur Sokhona avec une officine féodale d’extrémistes soninkés qui amassent des fonds (appelée tunkalemou fedde*) pour corrompre les services administratifs et judiciaires dans la région du Guidimagha dans l’objectif obsessionnel à vouloir contrer les paisibles citoyens qui refusent l’esclavagisme coutumier par ascendance (les laadanis) dans les villages.

■ Nous proclamons notre légitimité morale et sociale à pouvoir vivre en CITOYENS DIGNES ET AVERTIS dans nos villages sans les pesanteurs illégales d’un régime capricieux de la féodalité soninké source de diverses séquelles esclavagistes. Et réclamons une implication soutenue des autorités publiques pour un accès égalitaire et impartial aux biens communs matériels et immatériels dans nos localités villageoises.

NB : Trouvez ici le lien média YouTube vers ses propos : https://youtu.be/eXP9AL3Cfio

*officine officieuse représentant le régime féodalo-esclavagiste soninké, présidée par Boubakar Camara connu Moustapha Camara, ancien réfugié politique en France.

Nouakchott 25 Novembre 2019

Le Collectif citoyen contre l’esclavage coutumier par ascendance chez les soninkés – AILE GANBANAAXUN FEDDE MAURITANIE (ARMEPES, UVDS et Partenaires)

©️ Crédit source : Réseaux Abolitionnistes en milieux soninkés GANBANAAXUN FEDDE

《Comprendre Biram Dah Abeid à travers SARTRE.》 Par l’essayiste mauritanien Mohamed LAM

Un jour, dans une discussion, j’ai dit que Biram Dah Abeid était en avance par rapport à son temps. Entendons ici par temps, son environnement immédiat, le temps de l’espace culturel, traditionnel et CULTUEL Mauritanien.

Ce qu’il représente dépasse sa personne physique. D’ailleurs, je pense, qu’on ne peut et même on ne doit voir en Biram, Biram tel quel, mais le sens de son engagement. Il dépose un espoir sûr dans les esprits de ceux et celles qui croient en son projet politique.

En avance par rapport à son temps, selon moi, car il agit sur un terrain dont les idées, les croyances et les us et coutumes sont bloqués dans un passé moyenâgeux difficile à briser de l’intérieur.

Seulement, l’urgence du moment appelle à l’engagement politique et militant. Alors il faut agir.

Mais on constate bien que la question de la temporalité bute sur l’état d’esprit des personnes non encore suffisamment éduquées pour percuter et comprendre un message qui leur est adressé. Elle bute également sur l’orgueil et la stupidité de personnes qui voient en Biram, Biram tel quel.

Ces deux catégories de gens, MAURITANIENS, passent donc forcément à côté des messages porté par l’homme. Celui de la révolution des idées, celui d’un changement de paradigme, celui de l’humanisme et du respect des droits humains ainsi que celui des libertés absolues inhérentes à la personne humaine dans un État de droit qui se respecte.

-La temporalité statique :

Lorsqu’il analyse cette notion, J.P. Sartre dégage trois dimensions de la temporalité et reconnaît ces trois prétendus éléments du temps : passé, présent , avenir. Mais il ne l’ envisage pas comme « une collection de data dont il faut faire la somme

_Par exemple, dit-il, comme une série infinie de « maintenant » dont les uns ne sont pas encore, dont les autres ne sont plus_ mais comme des moments structurés d’une synthèse originelle ».

La temporalité est donc à prendre ou à laisser dans son sens entier et « la seule méthode possible pour étudier la temporalité c’est de l’aborder comme une totalité ».

Sinon nous rencontrerons ce paradoxe : le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore, quant au présent instantané, chacun sait bien qu’il n’est pas du tout ».

Je pense donc que le plus important dans la temporalité, c’est l’imagination et la préparation du demain. La Mauritanie manque d’hommes politiques visionnaires capables de proposer une société civile et politique à travers les imaginaires mauritaniens dans leur multiplicité, leur diversité.

Mon soutien à cette vision porté par l’homme en l’espèce est indéfectible. Le futur est à préparer avec un oeil sûr sur les choses actuelles…

Bonne réflexion à tous 🙏

©️ Crédit source : post FB de l’auteur (du 22/11/19)

Mauritanie/Débat : Et maintenant …que Dire ? Par Monsieur Samba Thiam, président des FPC

J’ai lu l’article de Monsieur Ahmed Sidi Baba, paru récemment, intitulé ‘’Et maintenant’’ ?

En ces temps de crise ,la prise de parole des leaders politiques ou des notables tribaux sur la situation nationale tendue est une nécéssité qu’il faut souhaiter et saluer. ‘’The hotest place in the Hell is reserved for those who remain neutral in times of injustice ‘’ disait Martin L King Jr ; entendez ,en substance, que ( la place la plus incandescente dans le feu de l’Enfer est réservée à ceux –là qui , en temps de grande injustice ( ou de grave crise), gardent le silence ).
Cette sortie de ould Sidy Baba, toutefois, résonne en moi , par son ton , comme en écho à celle de 1986, qu’il avait faite sur les ondes de RFI, à propos du groupe flamiste emprisonné. A la question du journaliste portant sur la situation agitée , il avait répondu, en substance, que c’était là des jeunes en mal de notoriété qui cherchaient à se tester, à se mettre en valeur .La moyenne d’âge du groupe se situait entre 38 et 40 ans ; Djigo Tapsirou avait dépassé la cinquantaine et Tene Youssouf gueye avoisinait les 6o ans ,voire plus ! Nous posions alors , avec calme et sérénité, et l’ouverture d’esprit requise, cette problématique nationale qui, aujourd’hui, hante notre sommeil à tous. Passé déjà lointain , mais toujours présent .…
Dans l’éventail de solutions proposées par l’auteur, pour revenir à l’article, on en trouve qui sont dignes d’intérêt ; d’autres me paraissent inadaptées , voire carrément discutables, pour reposer soit sur un diagnostic biaisé, insuffisant , soit sur un déni persistant.

Qu’il faille ‘’ travailler sur la mise en place d’un Etat de droit qui passe par la réforme de la constitution devant redéfinir la nature du régime politique, à réajuster, la réforme des institutions dans leur rapport, avec plus ou moins de séparation ou d’indépendance, la scène politique à pacifier , apaiser ,ou encore la valorisation de notre patrimoine culturel national, le tout dans un climat de paix et de justice sociale , ou qu’il faille se dresser contre ‘’les dérives idéologiques, réligieuses, ou communautaristes’’, l’esprit du ‘’ Parti-Etat’’, il n’y a pas à redire. Concernant les recommandations formulées pour la solution du Passif humanitaire, de l’Unité nationale , du problème culturel, là non plus pas grand-chose à dire, du moins sur certains aspects…Mais là où je ne suis plus le raisonnement de Monsieur O sidi Baba, c’est d’abord lorsqu’il part d’un socle ou d’un postulat formulé, ambigu dans son esprit , pour bâtir ensuite ses propositions de solutions : la Nation , l’unité nationale … Tantôt cette Nation existe , comme par vertu de la force de l’affirmation ; elle est même ‘’garantie’’ en raison du ‘’ciment de la civilisation islamique’’ ; renforcée par la rengaine habituelle de ‘’ nos prestigieux érudits, nos imams, nos cadis …‘’, les ‘’ valeurs spirituelles et morales de notre réligion’’…Tantôt cette ‘’ Nation’’ est à construire , à forger , tantôt elle est reconnue vivante, solide …
Il faut savoir !

Si je devais me risquer à donner ici mon appréciation des choses , je dirais que la nation mauritaniènne n’existe pas encore , pour n’avoir pas suivi le processus historique d’homogéneisation, selon C Anta Diop . Sur ce territoire se côtoient deux aires culturelles , deux entités politiques historiques, deux peuples aux habitudes mentales et mœurs differents que le colonialisme a agrégés . J’en avais donné quelques illustrations au cours d’un débat à Téle-Mourabitoune qu’il serait superflu de rappeler ici . Non il n’y a pas de nation mauritanienne qui reste à construire ; pas encore, même s’il faut s’y atteler . L’argument ‘’ réligion comme ciment solide, indestructible de notre unité’’, utilisé à tout vent, ne résiste pas à l’analyse, pour être controdit, formellement, par l’histoire du Pakistan et du Bengladesh , de l’Irak et du -Kuridistan, du Soudan du nord et du Darfur, etc …
Le coté flou et ambigu de ce texte se révèle, par ailleurs, à travers une série de solutions préconisées, qui ne reposent pas toujours sur un diagnostic exhaustif, clair et sans complaisance des choses…
Il propose l’indépendance de la justice, mais il omet de nous préciser de quelle Justice il parle ? Celle actuelle d’un secteur judiciaire monoethnique, mal rendue, malade du népostisme, ou une toute autre, moderne, bâtie sur le respect de la diversité ? Et quelle diversité ? celle scandée comme un slogan creux par Abdel Aziz, qui écarte Négro-africains et Haratines des médias, de l’Armée , de la superstructure pour tout dire ?
Il demeure des zones d’ombre , une ambiguité dans ce discours …
A aucun moment Ould Sidy Baba ne dénonce le racisme d’Etat qui frappe des composantes nationales entières , l’hégémonie, patiemment mise en œuvre, d’une seule fraction … Il sait que les terres d’Atar appartiennent aux gens de l’Adrar, réalité censée être en porte-à-faux avec l’esprit de notre réforme fonciere quand, hélas à double standard, qu’il se garde bien d’indexer …( pour la petite histoire ,un jour qu’un Gouverneur negro-africain en exercice à Atar voulut s’attaquer à un contentieux foncier sur leurs terres , il s’entendit répondre par les notables de l’Adrar –tout gouverneur qu’il fut – ,ceci : ’’ ne vous mêlez pas de ça, ce sont nos terres’’) ! Les terres d’Atar, des Hodhs , du Tiris, relèvent du Trab-El bidhaans, comme le terroir de ‘’Sangrava appartient aux El- Maali et affiliés -‘’refusé aux aux Meshdoufs-‘’ et Lemden, à la parentèle du Président Sidy ; mais les terres de la vallée du fleuve relèvent, elles, … du domaine national !!! Elles sont pour tout le monde ! C’est ça notre réforme foncière, nos lois …L’auteur de l’article feint d’ignorer cette réalité factuelle des choses qui pourtant crève les yeux . Il ne dénonce pas … On ne l’entendit pas, à l’opposé de ces quelques voix courageuses, sur le cas de racisme flagrant des 47 officiers arabo-berbères sélectionnés du ‘’concours’’ dernier, ni sur celui des 700 fonctionnaires de l’Etat , récemment recrutés, pour une portion congrue de Négro-africains ; Sur l’épuration ethnique qui prévaut dans les écoles spéciales et d’excellence ces 10 dernières années il a toujours gardé le silence…Comment donc peut-on proposer des solutions sur l’Unité, sans toucher le fond du mal ? C’est à croire que l’unité nationale , prônée par O S B, soit de même nature que celle en vigueur, c’est-à-dire celle du cavalier et de sa monture ; cette Unité-là nous n’en voulons pas ! L’unité se fera dans l’égalité des chances et dans l’égale dignité ou ne se fera pas !
Notre identité culturelle ethnique nègre ne semble être prise en compte ici , comme avec le général Abdel Aziz, que lorsqu’il s’agit de nous exposer, dansant et virevoltant comme des forcenés, dans les festivals des villes anciennes de Chinguitty et walata … sans plus ! Lorsque O S Baba se risque à effleurer la question controversée des langues , il le fait sous l’angle, unique, de l’arabe – instrumentalisé depuis toujours – comme seule langue officielle , dominante; sur l’officialisation des autres langues nationales wolof , sooninke et pulaar motus ! Pourquoi donc se cabre-t-on sur ce terme ‘’officialisation’’ ? Ces langues doivent être érigées en langues de travail , au bénéfice des populations administrées, si tant est qu’on tient réellement à procéder à une véritable décentralistion, viable, des régions .O S Baba parle de ‘’redonner vie à l’institut des langues’’ sans se poser la question sur les mobiles-inavoués- qui avaient conduit à le fermer , arbitrairement, en 1990.
Mais le plus surprenant dans le propos de cette notabilité de l’Adrar a été d’affirmer , haut et fort , au mépris des expériences historiques d’autres peuples semblables à nous, que ‘’ l’unité nationale n’est pas menacée, et qu’elle ne pouvait jamais l‘être’’ ; qu’elle est même ‘’garantie’’, pour diverses raisons historiques; et d’ajouter que cette (prétendue) menace n’était, en fait, que le produit de fantasmes et d’élucubrations de certains, un épouvantail, tout trouvé, agité par les esprits populistes, et rien que ça ; alors que la tension ethnique et sociale , vive, est partout perceptible, palpable. Etrange observation que peu de gens partageraient… A moins d’être négationnistes. La question de l’esclavage est effleurée d’une tirade sur le ‘’ Mouvement–Manifeste’’, adossée sur la fameuse fatwa de nos fameux érudits, toute récente …
L’article, heureusement,clôt sur une note, résolument optimiste, portant sur la nécéssité de débattre des problèmes, en dépit de désaccords de points de vue qui pourraient survenir, et l’injonction, en même temps, à accorder place et respect à toutes les spécificités culturelles, à percevoir , comme partie intégrante, un patrimoine partagé et assumée en commun . Encore un slogan ?
Enfin, J’ai cru décéler dans ce texte comme un appel à l’esprit de renouveau, un vœu pour l’instauration d’une ère nouvelle sous le régime de ould Ghazouani…Mais comment y parvenir sans nous dire la vérité sur la cohabitation et sur les crimes ? Comment le réaliser sans, au préalable, assainir nos mœurs politiques et de gestion ? sans nous dresser impitoyablement contre la corruption et cette mentalité grégaire, perverse, qui incite et encourage au vol ? Sur cette question, hélas, l’ancien ministre reste muet …

Samba Thiam / Président des FPC
Novembre 14 / 2019

©️ Crédit source : Page officielle de l’auteur (https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1306411332853245&id=420106731483714) du 14/11/2019

Mauritanie/Littérature : La présentation du livre de Mr KEBE Hassane Gaye

Monsieur KEBE Hassane est un mauritanien, titulaire d’un doctorat en littérature et enseignant en région parisienne. Cet homme féru de la chose littéraire, est natif de Diadjibiné, localité à dominance soninké faisant partie de la région de Gorgol.

Son livre qu’il nous a honorés d’une présentation ici à travers cette publication, aborde l’œuvre d’un auteur phare de la littérature mauritanienne , feu Ousmane Moussa Diagana, paix éternelle à son âme. Ameen

🔹️Hassane Kebe :

Ousmane Moussa Diagana, une écriture transrégionale, Éditions Vérone, avril 2019.

Sur le continent africain, la Mauritanie occupe une position stratégique En effet, elle partage ses frontières avec l’Afrique noire (Mali-Sénégal) et le Maghreb (Algérie-Maroc). La population est composée des Noirs et Arabo-berbères, plusieurs langues (Arabe, Peul, Soninké, Wolof et Français) sont parlées. Parler de ces langues est synonyme de parler de plusieurs cultures qui cohabitent . Cette position géographique et cette composition sociale auraient pu être pour la Mauritanie un atout pour construire une nation prospère où la devise nationale (Honneur-Fraternité-Justice) aurait tout son sens. Mais depuis l’accession du pays à l’indépendance, le 28 novembre 1960, la nation mauritanienne est plus que divisée : résultat des politiques mises en œuvre par les dirigeants. Avec différents procédés d’écriture, Ousmane Moussa Diagana déconstruit cette réalité et propose une République idéale où les Mauritaniens peuvent lire objectivement leur Histoire, et épouser la philosophie de l’altérité. Le Monde et sa diversité sont au cœur de cette œuvre, c’est le lieu de saluer l’écriture transrégionale.

Ecrire cet ouvrage, revient à contribuer de façon modeste à l’étude d’une œuvre majeure de la littérature mauritanienne d’expression française. Il était par ailleurs urgent de retracer les grands axes de l’œuvre de l’un des plus grands poètes, homme de culture et chercheur de la Mauritanie et le replacer dans un contexte international, tant sur le plans de la pensée que de la création littéraire. L’œuvre diaganéenne interpelle tous les acteurs de la société. C’est une écriture qui convoque différentes disciplines (l’interdisciplinarité) où résident l’originalité et la force de son art. Le lecteur découvrira non seulement un auteur et sa densité, mais aussi un pays et ses oxymores. Lire Ousmane Moussa Diagana, dans le contexte actuel du monde, c’est se donner l’occasion de voir la pluralité, l’interculturalité et l’intertextualité poétisées : « la littérature mondiale ».

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《CVE : les audios de la discorde》 par Mr Diallo Saïdou

Je vais naviguer à contre courant, pas par esprit polémique, mais afin de porter un regard très real politic pour ne pas dire un peu machiavélique (dans le sens populaire).

Ma première observation mettra du plomb dans l’aile de la teneur de ma perception de cette affaire CVE. Ainsi je ne serai pas à une contradiction prêt.

Je trouve ceux qui ont échangé sur ses audios via whatsapp sont d’une naïveté déconcertante.
Parler de stratégie et de ligne politique par le biais de vocaux au lieu de s’asseoir (Nouakchott étant très petit) et d’échanger physiquement.
Dans les discussions de stratégie on ne nomme pas les gens, on ne s’identifie pas mieux on ne prends pas de traces écritures et encore moins une empreinte vocale.
D’autant que les propos sont très souvent teintés de légèreté, de fanfaronnades et de règlements de compte personnelles.
Rien dans la stratégie politique de fond.

Maintenant venons en au faits …

A mes connaissances, sympathisants ou militants de la CVE, j’ai envie de dire, bienvenue à monde réel, bienvenue dans la politique. Ici on est pas dans le monde des bisounours! Mais plutôt celui des alliances et contre alliances, des compagnonnages de circonstances, des trahisons et meurtre entre amis, avant la dislocation ou l’avènement d’une victoire.

La CVE est une Coalition conjoncturelle, qui se propose de régler des problèmes politiques structurelles, composée de partis politiques aux ambitions et stratégies différentes.
Donc la CVE, à priori, n’a pas vocation à survivre, dans sa forme initiale à l’élection présidentielle du 22 juin 2019.
En dehors des attaques contre Ibrahima Mokhtar Sarr et Samba Thiam qui sont à condamner, je reste persuadé que Ballas ne fait rien d’autre que de la Politique! Oui de la Politique , peut-être dans sa forme la plus abjecte. Mais elle demeure être de la Politique.

Nous savons tous qu’au sein des partis politiques, il y a ce qu’on appelle des tendances et des groupes qui se combattent férocement pour faire adopter une ligne politique.
L’AJD dont le président est cité dans les audios en a fait les frais, les FLAM en ont fais les frais aussi. Le dire n’est pas pour moi une volonté de dédouaner Ballas mais plutôt de faire comprendre au gens qui font semblant d’être surpris qu’on ne fait pas de la politique avec de bons sentiments.

Je suis d’autant plus étonné par la surprise des gens, car ils sont sensés connaître Ballas et ses accointances avec le pouvoir et sa duplicité.

La mort de la CVE a été actée au lendemain de l’élection présidentielle quand IMS et Samba Thiam n’ont pas assisté aux réunions ( au moins à deux reprises) de bilans.
Cette mort est confirmée encore une fois dans la teneur des communiqués de la CVE, de l’AJD-MR et des FPC.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur (Du 20/10/19)

Mauritanie/Politique :COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES FPC

Le Bureau Exécutif National des FPC, élargi aux cadres du parti, s´est réuni le samedi 19 octobre 2019 pour discuter de la situation politique nationale et la vie de la Coalition Vivre Ensemble. La rencontre a, notammnet, reçu un rapport détaillé des tractations autour de la définition des perspectives de la CVE. Sur ce sujet, la réunion a décidé ce qui suit:

Notre parti, les Forces Progressistes du Changement (FPC), demeure attaché à la Coalition Vivre Ensemble (CVE) tant que celle-ci respecte sa forme actuelle comme cadre de concertation, de mobilisation de notre base, de la mutualisation de nos forces et d’actions solidaires convenues entre les partis politiques et mouvements de la société civile autonomes qui la composent.

Les FPC rejettent les termes et l’agenda caché du communiqué publié le 18 octobre 2019, prétendument, au nom du Conseil présidentiel de la CVE, tendant à faire imposer comme acquis des sujets litigieux encore en discussion. Les FPC s’opposent, notamment, au projet de parti unique, majoritairement récusé, que l’on s’obstine, maintenant, à réaliser par le biais d’une manoeuvre astucieuse de l’implantation de la CVE.

Les FPC invitent les acteurs politiques et de la société civile membres de la CVE à persévérer dans la voie de la recherche patiente des solutions consensuelles afin de préserver leur unité en la fondant sur les principes de transparence, de loyauté et d’inclusion.

Les FPC appellent la jeunesse à assumer toutes ses responsabilités devant l´histoire, à croire en elle-même et à prendre en main son avenir sans aucune procuration.

Le parti, FPC, exhorte ses militants et sympathisants à plus de mobilisation et de vigilance contre toute tentative de récupération opportuniste ou de sabotage des acquis communs de la CVE en tant que creuset solidaire de défense des intérêts des victimes du racisme, de l´esclavage et de l´exclusion en Mauritanie.

La lutte continue!

Nouakchott le 20 octobre 2019

Le département de la communication des FPC

©️ Crédit source : post FB – Réseaux proches FPC

Mauritanie/Politique : 《À propos de rumeurs》 par Boydiel Houmeid

A propos de rumeurs

Beaucoup de personnes m’ont contacté pour me demander, de bonne foi, ce qu’il en est des rumeurs faisant état de mon éviction du poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale. Certains prétendent que je suis sorti fâché du bureau du président de l’UPR, parce que le président Ghazwani a donné instruction pour qu’on m’enlève de la vice-présidence de l’Assemblée.
Je rappelle que le bureau de l’Assemblée nationale, à l’exception du président, est renouvelable annuellement, conformément aux textes. En plus, l’UPR a pris la décision de changer cette année tout son quota, qui comprend les vices-pŕésidents, les présidents de commissions, le groupe parlementaire, les secrétaires, etc. Ce n’est pas la première fois que cela se passe ainsi, mais cette fois-ci cela a suscité des débats et des rumeurs dans une certaine presse et dans certains milieux politiques.
D’abord, je signale aux personnes qui ont évoqué cette question, visiblement avec de mauvaises intentions, que le dîner organisé par l’UPR n’est pas habilité à relever le vice-président, seule la plénière prévue pour lundi prochain a le pouvoir de changer les structures élues de l’Assemblée nationale.
En outre, depuis la dernière réunion du Comité provisoire de l’UPR dont je suis membre, je ne suis jamais venu au siège du parti, pas plus que je ne suis passé au bureau du président. La raison toute simple en est que je ne suis revenu du village que ce mardi. Le même jour, je fus reçu par le président Ghazwani avec qui j’ai discuté librement de toutes les problèmes nationaux, y compris bien sûr celui du bureau de l’Assemblée nationale. L’accord a été parfait sur toutes les questions abordées.
Je rappelle aux pêcheurs en eau trouble que Boydiel n’a jamais demandé une quelconque fonction, qu’il est élu député et maire de N’Diago. Çà les envieux n’y peuvent rien. Je serai plus libre à partir du lundi et j’aurai alors toute latitude pour parler de la situation politique et donner mon opinion sur tout ce qui se passe, n’étant plus ligoté par l’obligation de réserve et les responsabilités que m’avaient confiées mes collègues de l’Assemblée, Majorité et Opposition confondues.
En conclusion, Boydiel ould Houmeid reste député et maire, président du Comité du bassin du fleuve. La vice- présidence m’a été confiée sans que je ne la demande ; je crois avoir fait de mon mieux pour assurer la continuité quand le président était malade ou empêché. En tant que démocrate, j’accepte avec plaisir le principe de l’alternance, même si chez nous celle-ci se fait annuellement, alors qu’ailleurs elle est quinquennale ou décennale.
J’informe par la même occasion la TV du Sahel, qui demande depuis un mois à avoir un entretien avec moi, qu’à partir du lundi soir je serai à leur disposition pour une émission qui ne dépasse pas une heure de temps.

©️Crédit source : Post Facebook de l’auteur (Du 18/10/19)