Mauritanie : Esclavage sur mineur (IRA-MAURITANIE)



🔹️Tentative de dissimulation, recel et blanchiment de crime

Une attitude prévisible

Comme nous le pressentions à l’occasion d’une note d’alerte du 13 février, sur le récent cas d’esclavage, dans la région du Guidimakha, la fabrique du déni automatique et de la contrefaçon s’est mise en branle, comme un réflexe. Une vidéo partagée au fil des réseaux sociaux expose la nouvelle version de l’enfant victime de travail forcé, avec le concours de ses présumés parents, tous en plein exercice de falsification. Ils contestent les faits initialement allégués et accusent l’Ira d’avoir inventé le récit. Entouré des adultes auteurs de son sort, le garçonnet de 8 ans témoigne contre la dame qui l’a recueilli, chez elle, au village de Zweinliya. Selon lui, elle l’aurait contraint à raconter une fausse histoire, en l’occurrence celle de l’audio où il explique son calvaire et les raisons de sa fuite, loin du bercail, à la recherche d’un asile. En somme, le maître devient un oncle, Beibbeu n’a jamais été molesté ni obligé de garder le bétail et, surtout, il se serait perdu dans la nature, jusqu’à son arrivée dans une localité distante de 13 km environ. Il convient de bien visionner le film de propagande (cliquer ici) pour défaire le montage et en dénouer les ficelles.

Une tradition d’imposture

Depuis la dictature du Colonel Ould Taya et ses déboires fameux avec l’association SOS Esclaves, les services de sécurité se sont habitués à la posture défensive du démenti, peu importent les moyens requis à la réalisation d’une telle fin. Pour produire de la fraude en vue de travestir l’actualité de l’esclavage, tribu, parents, connaissances, proches, voisins ou badauds sont soumis à un cumul de pression – de la menace à la promesse, en passant par l’achat des consciences.

En vertu de cette jurisprudence du pire, l’honorable Mohamed Ould Ikabrou, Procureur de la république à Selibaby, déclarait aux militants de Ira venus dénoncer la maltraitance et le trafic de personne, que la lanceuse d’alerte, à l’origine de l’affaire, est une « ressortissante du Mali » prise en flagrant délit de nuisance à l’image de la Mauritanie. Or, la brave Hawa Mint Bilal secourait un humain en bas âge, guenilleux, épuisé et urinant le sang. Au lieu de lui décerner une distinction nationale du mérite et lui confier la garde de l’enfant avant la décision de justice, l’Etat oppose à Hawa le soupçon et l’opprobre. Ainsi, de confusion en doute, l’on oublie le fond du contentieux : Comme la fille Ghaya Maïga en septembre 2019, Beibbeu, déscolarisé et travailleur sans salaire ni état-civil, se retrouve à la merci de ceux qu’il a fuis. Le constat factuel ne souffre aucune réserve. Cependant, dans la logique du système de domination, un rejeton de famille servile peut être exploité par les siens.

Un pouvoir faible et miné de l’intérieur

Les cas de Beibbeu Ould Cheikh et de Ghaya Maiga dévoilent le tâtonnement d’une gouvernance, sans cesse tiraillée entre façade de modernisation et enracinement du conservatisme. Les juges en charge d’appliquer la loi ignorent le principe de prééminence du droit international sur les normes internes. En vertu de leur socialisation, la plupart qualifient l’esclavage de pratique prévue dans la Charia’a et, à ce titre, de l’ordre de la normalité islamique. En Mauritanie, le prétexte extensible de la religion couvre une infinité d’abus. L’impasse requiert des interrogations :

  1. Comment le gouvernement mauritanien compte-t-il résoudre la situation de Beibbeu et de ses frères et sœurs dont lui-même relatait l’infortune, avant son retournement ?
  2. Quelles mesures de sanction ou de récusation, le Garde des sceaux entend-il diligenter à l’endroit du magistrat Ould Ikabrou, s’il souhaite garantir un traitement équitable par le Parquet ?
  3. A partir de quel moment, la doctrine officielle en matière d’esclavage et de racisme évoluera-t-elle, du tripatouillage laborieux à l’acceptation de la vérité ?
  4. S’il existe, au sommet du pouvoir, une volonté d’en finir avec la décennie de l’occultation et des faux semblants, pourquoi la continuité de tels comportements prévaut-elle encore parmi les fonctionnaires et auxiliaires de de la justice ? Autrement dit, l’autorité politique dispose-elle d’un centre de décision ou subit-elle, en son sein, la compétition d’intérêts divergents ?

Conclusion

Des secteurs de l’appareil d’Etat œuvrent à rebrousse-poil des intentions de réforme – d’ailleurs revendiquées à vide – depuis l’alternance de juillet 2019 ; quand la police diffuse des d’images et des vocaux relatifs à des enquêtes en cours, elle suscite la demande sociale de coercition et instille, aux citoyens les germes de la discorde ; hormis le dysfonctionnement, révélateur de lacunes de déontologie et d’éthique dans une profession en surcharge d’impromptu et de bavure, l’hypothèse d’un complot de déstabilisation endogène prend forme. Il appartient au Président de la république et à son Premier ministre d’y faire face.

🔹️Liens connexes :

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2468601346579642&id=100002894035054

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-encore-un-cas-d-esclavage-traditionnel-sur-mineur-audio_a18131.html

https://www.chezvlane.com/Noirs-et-homosexuels-en-Mauritanie-la-double-peine_a17987.html

http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190926-mauritanie-esclavage-ghaya-maiga

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, 17 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Flash – événement : un Référent traditionnel de Ganbanaaxu intronisé à Nouakchott

Aujourd’hui ce samedi 15 février, une visite de courtoisie et de fraternité autour de notre honorable référent traditionnel de la communauté GANBANAAXU – Nouakchott. Monsieur Biranté Koné a eu l’honneur d’être désigné le 11 février 2020 comme doyen de la communauté au niveau de Nouakchott. Basant sur les critères du droit d’aînesse, sa désignation est d’une symbolique d’ordre fraternel et citoyen. Mr Koné est originaire du village de Bouanze dans le Guidimagha.

Aucune ségrégation ou discrimination patronymique et statutaire, ne fait partie de nos valeurs de respect et de considération à l’endroit des personnes âgées. Nos règles sociales sont en phase avec les principes fondamentaux qui régissent l’ordre républicain et démocratique prévu et promu par les institutions publiques dans nos pays. Les humiliations symboliques subies dans l’ancien régime féodalo-esclavagiste soninké , n’affecteront plus notre DIGNITÉ HUMAINE.

Ce 11 février 2020 correspond au 30ème anniversaire de la sortie de prison d’une icône de la lutte pour la JUSTICE et L’ÉGALITÉ, le sud-africain Nelson Mandela. Ce dernier disait :

《J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. 》

🔹️Notre devise aujourd’hui : Ni maîtres de personne, ni esclaves de personne aussi.

Nous vivons en citoyens DIGNES et AVERTIS.

Vive la COMMUNAUTÉ FRATERNELLE GANBANAAXU!

15 février 2020

©️ AILE GANBANAAXU NOUAKCHOTT

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Rencontre CVE/VR – IRA Mauritanie

Le Conseil des Présidents de la CVE/VR a reçu ce jeudi 13 février 2020 une délégation conjointe d’IRA Mauritanie et du parti RAG conduite par Madame l’Honorable députée Coumba Dada Kane et comprenant M. Balla Touré, Secrétaire général du RAG, M. Elhadj El Id, Coordinateur de IRA Nouakchott et Dah Boushab.
Après le discours de bienvenue du Docteur Alassane Dia, Mme Kane a pris la parole pour transmettre les salutations du Président Biram Dah Abeid et ses félicitations au Conseil des Présidents de la CVE/VR, suite à la mise en place des nouvelles structures de la coalition. Ce fut ensuite au tour des membres des deux délégations de prendre la parole pour mettre l’accent sur la convergence des objectifs. Il en est apparu que les deux groupes sont tout autant animés par l’intention de bâtir une Mauritanie juste et égalitaire, réconciliée avec elle-même.

Les deux délégations sont convenues de se revoir très bientôt pour étudier les modalités pratiques de leur collaboration.

Nouakchott le 13 Février 2020
La Cellule de Communication

©️ Crédit source: Réseaux CVE/VR

Mauritanie/ Société : les MGF, Éradiquer par une criminalisation. Par Souleymane Sidibé.

🔹️Briser les tabous au nom de la dignité humaine et de la raison!

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont des pratiques culturelles barbares, nuisibles et néfastes. Ces horreurs consistent en une ablation d’une partie de la partie intime féminine dans beaucoup de pays d’Afrique et du Moyen-Orient.
Certaines personnes les appellent « sunna » alors que les MGF ne sont nullement pas le cas . Par ailleurs, d’autres traditions trouvent des appellations appropriées. Des millions de femmes en sont victimes . Cette pratique ancestrale est le fruit de la bêtise et des préjugés sur les femmes.

En Mauritanie, la communauté Wolof serait la seule qui ne pratiquerait pas ce fléau.
Depuis des années des organisations locales et internationales luttent contre cette pratique.
Les MGF sont « des pratiques attentatoires à la dignité de la femme» comme l’affirme l’anthropologue Abdoulaye Doro Sow, Enseignant chercheur en sciences sociales (Mauritanie) et président du comité scientifique de l’Equipe de Recherches sur les MGF (ERMGF).
Le Bilan, à la fois physique et psychologique, est lourd. Il est impératif que les MGF soient considérées comme crime contre l’humanité: atteinte à l’intégrité physique et morale.
Il y’a une nécessité de passer de l’interdiction formelle à la criminalisation.

En parallèle, la clitoridectomie est un acte chirurgical qui consiste à l’ablation partielle ou totale clitoridienne à des fins thérapeutiques. Elle ne doit pas être confondue avec avec les MGF qui sont des rituelles d’excisions consistant à une « ablation des petites lèvres », souvent de toute la partie extérieure du clitoris…

Les MGF sont aussi appelées blessures génitales féminines. Selon UNICEF, en 2013, plus de 130 millions de femmes en sont victimes.

Cette pratique qui , actuellement, « touche 200 millions de filles et de femmes dans 30 pays du monde, se déroule principalement en Afrique où l’on estime le nombre de victimes à 91,5 millions de femmes et de filles de plus de 9 ans vivant actuellement avec les conséquences de ces mutilations sexuelles. Toujours en Afrique, on estime que, tous les ans, 3 millions de filles risquent de subir ces pratiques traditionnelles néfastes. Si les tendances actuelles se poursuivent, 86 millions de filles supplémentaires âgées de 15 à 19 ans risquent, elles aussi, de subir des mutilations génitales d’ici à 2030. Les pays où la prévalence des MGF chez les filles et les femmes de 15 à 49 ans est la plus élevée sont la Somalie (98 %), la Guinée (97 %) et Djibouti (93 %). La pratique de l’excision est également présente au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique Latine ».

~ Source: Female Genital Mutilation/Cutting: a global concern, UNICEF, New York, 2016.

Des lois ont été ratifiées pour l’interdiction dans le monde.
Trois pays n’ont pas encore adopté de loi contre ces pratiques : le Libéria, la Sierra Leone et le Mali.

Les idées reçues sur les MGF sont nombreuses. Ce sont des arguments culturels dans la plus part du temps.
En Mauritanie, la fonction est assignée aux « femmes appartenant à la caste sociale des forgerons ou bien des cordonniers. Il y a donc un savoir et un savoir-faire qui se transmettent de génération en génération».
De ce fait, il faudrait donc un travail de longue haleine pour la destruction de cette classification sociale qui est nécessaire mais aussi une requalification de ces personnes en charge de «l’ignominie».
C’est pourquoi les causes, très ancrées dans les traditions, nourrissent encore l’idée d’une telle barbarie.
Il est alors urgent de mener des campagnes contre les arguments culturels,à fortiori quand ils vont à l’encontre du respect de l’intégrité physique et morale. Les contres arguments culturels et scientifiques sont les bienvenus pour lutter massivement.
Il faut notamment un soutien étatique( hormis la pénalisation) pour les campagnes dans les terroirs car, jusqu’à nos jours les associations de la société civile et les ONG( UnicefMauritanie…) sont les seules réellement sur le terrain.

Dans la plupart du temps, les victimes de ces séquences ignorent les conséquences.
En conséquence, les MGF deviennent difficiles à éradiquer. Les risques notés de ces pratiques sont très souvent :

• problèmes urologiques( douleurs en urinant..) et gynécologique( infertilité…) souffrances,

• saignements abondants,

• infections (tétanos, MST…),

• abandon et échec scolaire dans les cas où l’excision est suivie d’un mariage précoce,

• douleurs pendant l’acte sexuel et les menstruations,

• risques d’incontinence,

• complications lors des grossesses et des accouchements,

• détresse psychologique…
Il arrive que la personne excisée subit un choc violent et mort s’en suive.

La sensibilisation sur les MFG est cruciale.
Souvent confrontés à des tenants des traditions, il est difficile pour les acteurs de l’éveil des consciences, à savoir les oulémas, les médecins, les associations, de perforer la mentalité de beaucoup d’individus d’où une exigence de la CRIMINALISATION des MGF face à la dérive humaine.
Ainsi, l’éducation des jeunes filles, la mobilisation de la société, et particulièrement les parents seront des facteurs importants afin de dire plus jamais ça.
Il faut soutenir les droits des filles. Pour cela, nous disons #Non_a_l_Excisison. Oui pour la Santé et L’ÉDUCATION.

Femal genital mutilation/cutting is horrible and also a crime.

#StopExcision

#unicef

#Mauritanie

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur (Post FB du 6/2/2020)

Interview : Docteur Sao Ousmane chez RMI-INFO

Ousmane SAO, Docteur en géologie de la préhistoire, et Docteur en sociologie politique est l’invité de “REGARDS D’AILLEURS”, présentée par Diadié SOW. Citoyen mauritanien engagé, Ousmane SAO répond aux questions de nos chroniqueurs, Saidou Wane et Nada Ahmed YENJ, concernant l’actualité mauritanienne, son parcours personnel et son combat pour l’enrôlement des mauritaniens de la diaspora. Son engagement politique lors des élections présidentielles

Regards d’Ailleurs avec Dr Ousmane SAO –

Regards d’Ailleurs avec Dr Ousmane SAO

©️ Crédit source: RMI-INFO

Démenti : Aucun règlement intérieur ne bannit le français dans l’hémicycle du parlement Mauritanien

Adrar-Info – Nous avons été surpris par un article publié sur le site internet de radio France internationale et apparemment sujet d’un reportage la veille sur les ondes de cette respectable radio, annonçant l’interdiction de l’usage de la langue française au Parlement mauritanien. Cette information est tout simplement infondée.

Le français comme toute autre forme d’expression n’a jamais fait l’objet d’une quelconque interdiction dans l’hémicycle et certains députés continuent à en faire usage, pas plus tard que durant la dernière plénière, d’honorables députés se sont éloquemment exprimé dans cette langue qui reste en effet à côté de l’Arabe, l’une des langues de communication écrite dans les documents, lois et correspondances de l’Assemblée Nationale.

Mais étant qu’un nombre important de députés s’expriment dans leur langue nationale il est impératif et en conformité avec les exigences de notre règlement intérieur, d’assurer une traduction vers l’arabe.

Le service d’interprétariat ne peut plus assurer la traduction au delà de quatre langues; les trois langues nationales et la langue officielle, en l’occurrence, l’arabe.

Cet impératif d’ordre purement technique a été notifié aux députés intervenants, le président de l’Assemblée Nationale tenait à le rappeler à chaque fois que la nécessité s’impose et à aucun moment, il n’a été dit ni annoncé que le français est interdit.

Il n’est tout simplement plus traduit et comme beaucoup de députés ne sont pas francophones, le Président encourage les intervenants à s’exprimer dans les langues traduites.

Le parlement mauritanien qui se veut ouvert aux médias et qui a entrepris récemment d’importantes mutations dans ce sens, à travers la mise en place d’un site internet réactif, de plateformes d’information désormais présentes sur tous les réseaux sociaux et Possédant une chaîne de télévision parlementaire, expérience unique dans la sous région, se sent aujourd’hui consterné par cette information, dont l’instigateur n’a même pas pris la peine de s’assurer de sa véracité.

L’assemblée nationale qui dément ces faits en bloc, se tient à la disposition de la Presse à travers tous ses démembrements médiatiques pour éviter d’éventuels dérapages pareils.

L’Assemblée Nationale, le 05/02/20

©️ Crédit source: Adrar.info

Mauritanie-Tribune : Atteinte avérée à la liberté d’expression, par Ibnou Diagana (OCVIDH)

Atteinte avérée à la liberté d’expression. Députée de l’assemblée nationale Mauritanienne, sous le fallacieux prétexte d’un règlement intérieur sorti de nulle part sans consultation nationale, au mépris de notre « constitution » pourtant taillée sur mesure, notre compatriote, députée, militante des Droits Humains a été sommée par le président de l’assemblée nationale de se taire pour le motif d’une ‘interdiction imaginaire de la langue Française dans l’hémicycle. Faut il en pleurer ou en rire ? Il n’est absolument pas nécessaire d’aller chercher les raisons lointaines et objectives car elles sont beaucoup plus profondes et leurs étages demanderaient du temps et de l’attention. Alors de facto le but est fondametalent, de priver une partie de notre communauté nationale de communication , d’écoute, de vigilance, de compréhension et de mobilisation contre les futures lois scelerates d’une assemblée nationale concoctée sur mesure afin de jouer à la division du pays. Vouloir imposer l’Arabe ou les langues nationales sans un dialogue national avec le peuple c’est poser le vrai problème de la cohésion nationale et de l’échec cuisant de notre éducation nationale, qui aurait pu depuis ces longues années résorbé ce déficit par l’obligation de l’apprentissage de l’ensemble de nos langues nationales. Madame Coumba Dada en parlant dans sa langue maternelle, traduite en Arabe, ne bénéficiera nullement au sooninke que je suis car je ne me comprends, dans ce pays avec certains de mes compatriotes qu’avec cette langue étrangère mais instituée comme langue de travail depuis l’indépendance à nos jours. Un autre député Sooninke, Hassanya Bambara ou wolof, serait aussi totalement incompris malgré la traduction en Arabe, ainsi donc, instaurer un climat de sourd et muet dans un pays où le dialogue entre les cultures et les civilisations est mis en mal par les pouvoirs successifs souvent, adeptes d’une politique d’exclusion, d’acculturation et d’Arabisation outrancière du pays. Priver les élus de pouvoir communiquer dans une langue, celle dite de travail, à la base de la formation de tous les anciens cadres de ce pays, à la base de toutes les recherches scientifiques, culturelles et technologies c’est vouloir s’isoler du monde, c’est aussi une atteinte grave à la liberté d’expression fondée sur la volonté de priver une partie de la communauté nationale des décisions cruciales du pays et de leurs conséquences sur leurs vies et celles de leurs progénitures. Députée courage, battante de L’IRA Madame Coumba Dada avant son élection à l’assemblée nationale avait été licenciée abusivement de la caisse nationale de Mauritanie, du fait de son militantisme, de ces prises de positions pour un état de droit avec son lot de dénonciations contre les pratiques esclavagistes et le racisme institué sournoisement par l’état Mauritanien contre sa population Noire. Très curieux de voir à l’intérieur du pays, une opposition silencieuse voire complice vis à vis d’un président de l’assemblée injurieux à l’endroit d’un autre député El Ghassen sans que cela ne fasse un tollé général et qu’une forte mobilisation Arc en ciel se dégage pour sauver la » nation « . Quoi qu’il soit Madame, la députée Coumba Dada, je continuerai à parler avec toi en Français ne comprenant ni le poular ni l’Arabe et toi non plus ne pouvant t’exprimer en sooninke, notre seul recours est donc cette langue pour mieux se comprendre. Il est où le mal, est ce, être aliéné ? Est ce, ne pas aimer nos langues nationales ? C’est une folie de penser autrement. La nature a horreur du vide.

Ibnou Diagana de L’OCVIDH. France

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (5/2/2020)

Communication d’Initiative pour la Résugence du mouvement Abilitionniste en Mauritanie (Ira-M)

MAURITANIE : LES CHEMINS OBLIQUES DE LA DISCRIMINATION

Causes, enjeux et conséquences d’une imposture

🔹️Faits

Vendredi 31 janvier 2020, lors d’une séance plénière de la première session ordinaire du Parlement, Cheikh Ould Baya, président de l’institution, au nom de l’Union pour la république (Upr), le parti du Chef de l’Etat, apostrophait la députée de l’opposition, Madame Coumba Dada Kane, en des termes sans équivoque : « Un discours en français n’a pas de sens ici à l’assemblée nationale. Il n’a plus de sens » ; plus tard, il renchérit, toujours dans la langue ainsi rejetée : « Si, vous parlez en français, sachez que, en tout cas, les électeurs qui vous ont élu, ne vous comprendront pas ».

🔹️Contexte

Cheikh Ould Baya récidive ; à mainte reprise, devant ses collègues, il déclarait n’aimer ni ne respecter le Français, symbole, à ses yeux, de l’héritage colonial. D’ailleurs, le zèle du député-maire de Zouérate l’avait conduit à affirmer, le 28 juillet 2017, lors d’un meeting en compagnie de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, dans son fief municipal : « l’hymne national a été élaboré par un homme qui collaborait avec le colonisateur et chanté par un petit groupe de personnes » ; le propos visait feu Baba Ould Cheikh Sidiya, l’auteur de la politique de « pacification » au début du 20ème siècle ; aussitôt, ses nombreux disciples et admirateurs se mirent à manifester. Ould Baya leur présentait alors ses excuses, mettant un épilogue provisoire à une campagne de réécriture de l’histoire qui ressurgit, à intervalle irrégulier, depuis le putsch du 10 juillet 1978 ; de la fabrique de faux résistants et de généalogies contrefaites, à la modification du drapeau et de l’hymne, la Mauritanie parachevait, pendant les deux quinquennats de Mohamed Ould Abdel Aziz, la tentative de modification de son récit, conduite par l’Etat et sous sa caution.

🔹️Substrat

L’incident du 31 janvier 2020, procède du processus de réécriture et de falsification du passé, désormais en vigueur au sein de l’ensemble maure. La dynamique négationniste résulte, elle, de l’arabisation au rabais, conduite, dès les années 1980, avec son bilan de destruction de l’enseignement, de la justice, de l’administration et d’abrogation de l’égalité des chances; le même délire, atteindra son paroxysme morbide, entre 1986 et 1991, durant les années de tortures, de déportations, d’assassinats, de spoliation foncière et d’humiliation, tous crimes jusqu’ici impunis, en vertu de la « loi n° 93-23 du 14 juin 1993 portant amnistie » ; le texte, toujours en vigueur, interdit la moindre poursuite contre les auteurs de violences racistes, leurs complice et receleurs. Du jour au lendemain, des milliers d’élèves, étudiants, de cadres et de militaires négro-africains se retrouvaient, victimes de l’exclusion linguistique ; ceux qui n’ont pu apprendre l’Arabe ou refusé l’assimilation brutale s’installaient, dans le statut d’une citoyenneté périphérique, comme l’atteste, ces dernières années, leur laborieux enrôlement au registre de l’état-civil. Des centaines de fonctionnaires perdaient ainsi le travail, la considération et la subsistance. Quelques-uns s’exilaient vers des latitudes plus réceptives à leur talent. Nombre d’entre eux, du seul fait de la qualification, s’imposèrent, tôt, dans la fonction publique internationale, les cabinets d’avocat ou le management d’entreprises, loin du bercail. Ceux restés au pays, se contentaient alors de positions subalternes qu’ils devaient défendre à force de soumission et d’alignement sur les factions de tribus et de clans.
Impact

Au terme de quatre décennies d’arabisation bas de gamme et de chauvinisme d’Etat, le projet d’une cité moderne a été systématiquement investi, dévalisé, déstructuré puis mis en coupe réglée sous la médiocratie d’une élite de substitution, à peine instruite de l’intérêt général, du droit et des notions universelles de sanction et de récompense ; une classe de parvenus, où l’inculture, l’aigreur, le désir de revanche et le réflexe tribaliste motivent l’acharnement à abolir le mérite, a pris le pouvoir et entend le garder. La guerre au Français découle du parachèvement de cette volonté de résistance à la rationalité de la gouvernance selon les critères de la compétence et de l’intégrité. L’écroulement de l’Etat et de l’éducation nationale, la vénalité de l’appareil judicaire et l’ethnicisation de la diplomatie témoignent assez d’une régression en cours d’accomplissement. Une majorité de mauritaniens semble s’en accommoder, à cause des lacunes parmi le personnel dirigeant et de la résignation fataliste chez un peuple qui produit des charlatans, des féticheurs et des faiseurs de miracle, en guise de héros.

🔹️Malentendus

Or, l’audace, voire l’imprudence du dessein suscite quelques observations de circonstance :

  1. Il convient de relever, ironie du sort, que les promoteurs de l’arabité exclusive s’obstinent, quand ils en ont les moyens, à envoyer leur progéniture dans les établissements bilingues mais incitent les enfants des humbles, à endurer l’école monolingue, au demeurant réduite à la clochardisation. La domination reproduit, ici, sa mécanique le plus efficace.
  2. Le Français, outil de travail du gouvernement, de l’économie, de la diplomatie et de l’environnement régional reste au cœur de la société et régit l’essentiel de la documentation et de la correspondance, jusqu’au sommet de l’Etat. L’en extirper au profit d’une seule langue suppose la disponibilité à un bouleversement moral et intellectuel, d’une ampleur sans précédent.
  3. La Mauritanie garde, jusqu’à ce jour, la qualité de membre de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et de son assemblée parlementaire. Maintenant, l’interrogation sur son appartenance aux deux entités évolue d’une question de politique domestique à un défi pour notre crédibilité à l’extérieur.
  4. La traduction simultanée des langues non-écrites vers l’Arabe et inversement, date d’une directive de juillet 2019, laquelle ne prévoit le même service entre les députés locuteurs du Pulaar, du Soninké et du Wolof, ainsi figés dans la posture d’une minorité, toujours en demeure d’accepter son atomisation.

🔹️Conclusion

À présent, la crise interpelle le Président de la république et de sa majorité, dont le silence entretient l’ambiguïté, surtout si l’on se souvient d’une hystérie similaire, lors de l’ouverture du congrès de l’Upr, le 28 décembre 2019 :

  1. La virulence et la récurrence des écarts imputés au leader du Parlement – parfois des attaques ad hominem à l’endroit des élus – appellent une clarification. Soit la Mauritanie se déclare francophobe et l’assume, y compris sur le plan international, en adoptant, sans détour, le nationalisme arabe comme doctrine du gouvernement, soit elle en désavoue les promoteurs. Les postures du grand écart et de l’ambiguïté arrivent à péremption. A force se croire toujours plus malin, l’on finit par ne plus inspirer confiance, d’abord à ses alliés.
  2. Le pays a besoin d’une loi qui tranche le litige de la langue dans l’espace public et confère, au choix, force, précision et légitimité. Si l’usage du Français est un délit ou un objet de censure, il convient de trouver, à la restriction, un fondement normatif.
  3. Le repli sectaire sur les fantasmes de l’identité, la culture du faux, le déni d’équité, l’intolérance et l’extrémisme religieux sont le fruit mûr de l’arabisation à outrance ; un tel legs du régime des colonels, sédimenté durant 4 décennies, ne correspond plus à l’hypercompétitivité du monde ; pire, il fragilise le pays, tandis que tonne, aux frontières, le grondement du jihadisme. Il y aurait inconséquence tragique à mener, si près du front, des batailles d’arrière-garde et des diversions sans issue, d’autant que l’ennemi menace, de l’intérieur.

Ira-M, Nouakchott, le 4 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie/Politique : Osons !, par Bocar Oumar BA

Arrêtons-nous juste un instant. Le président du Parlement traite un élu du peuple d’étranger, voire de bâtard (si mon hassaniya ne m’a pas trahi), au sein même de l’hémicycle de l’assemblée nationale, tout ça dans un pays où il y a seulement quelques mois, une célèbre marche fut organisée au plus haut niveau contre les « discours haineux », et ça suscite à peine quelques indignations…

Les députés et militants de la majorité qui avaient tous soutenu cette fameuse marche hypocrite doivent avoir le cerveau surconnecté carrière pour ne pas voir que l’insulte leur est adressée au même titre. Quelle misère politique, intellectuelle et éthique que celle qui tue en vous cette dose minimale de dignité qui ferait dire à n’importe quel homme ou femme:  » non, je n’irai pas jusque là! « 

Et c’est dans ces rares cas que j’apostrophe directement les négro-africains qui militent au sein du parti au pouvoir pour leur dire d’oser la dignité minimale. Je ne suis pas, et ne serai jamais de ceux qui leur reprochent leurs nominations à des postes de responsabilité. Je le leur souhaite même, et grand bien leur en fasse! Mais quand ils participent à des manifestations hypocrites organisées par le pouvoir, dont on voit bien que la seule cible c’est nous autres militants noirs soulevant les vraies questions de discrimination dans ce pays, ils doivent avoir le minimum de courage de demander que le principe s’applique quand ce n’est pas un Biram, un IMS, un Samba Thiam ou un autre. Ils doivent oser réclamer que la sanction s’applique à Ould Baya, ne serait que pour éviter que nous ayons raison de dire qu’ils ne soutiennent que par carriérisme, et jamais par conviction.

Osez la dignité! Réclamez que les principes que vous avez défendus lors de cette marche (si tant est que c’était les principes qui vous importaient) s’appliquent pour le président de l’assemblée.

©️ Crédit source : post Facebook de l’auteur (du 2 février 2020)

Défense des Droits Humains : le leader abolitionniste mauritanien Biram Dah Abeid attendu à Genève le 18 février pour un nouveau Prix international.

Un organisme indépendant GENEVA SUMMIT FOR HUMAN RIGHTS AND DEMOCRACY , adresse une invitation officielle au député mauritanien Biram Dah Abeid pour participer au Sommet de Genève au siège Onusien en Suisse. Cette rencontre réunissant plusieurs groupes observateurs spécialisés dans la défense des Droits humains qui forment la Coalition Sommet de Genève, est prévue à partir du 17 février 2020.

Ainsi le président des Réseaux IRA-MAURITANIE, et candidat arrivé deuxième à l’élection présidentielle de juin 2019 en Mauritanie, Monsieur Biram Dah Abeid sera honoré du Prix du Courage 2020 lors d’une conférence plénière le 18 février. Il faut rappeler que ce Prix du Courage du Sommet de Genève, avait été décerné dans le passé à un dissident chinois Chen Guangcheng et à un blogueur saoudien Raif Badawi toujours emprisonné. 

Selon la communication de l’organisme hôte, le leader antiesclavagiste mauritanien et déjà lauréat Prix Onusien 2013 pour son engagement  pacifique pour des Droits Humains, fera un brève communication d’une dizaine de minutes à l’occasion. Cette énième reconnaissance internationale du combat honorable que mènent le célèbre militant irréductible et ses partisans depuis une décennie, appuie davantage l’étoffe d’un engagement droit-de-lhommiste sérieux et valeureux pour l’avènement d’un véritable état de droit en Mauritanie.

🔹️Par KS pour le BLOG