• En lien YouTube l’élément vidéo du blogueur SD contenant le discours public du député Biram Dah Abeid à Dafort 02/02/2023
Il est sans conteste l’homme public qui aura plus parcouru le territoire mauritanien depuis une décennie. Biram sonne au cœur du peuple profond. Cette figure emblématique du militantisme droit-de-lhommiste pacifique en Mauritanie, est à l’aise avec toutes les communautés nationales. Député national à l’assemblée depuis 2018, le natif de la région du Trarza, récipiendaire de nombreuses distinctions internationales dont le Prix Onusien 2013 pour la défense des droits humains, ne se reconnaît pas une star ointe d’infaillibilité en Tout, mais plutôt une étincelle phare qui scintille l’Espoir pour un État de droit plein et entier.
Le candidat arrivé deuxième aux présidentielles de 2014 et 2019 derrière les candidats du système militaro-politique qui domine le nœud régalien de l’état mauritanien depuis un certain 10 juillet 1978 (premier coup d’état militaire qui renversa feu Moktar Ould Daddah). Ce système qui refuse de lui reconnaître une émanation légale de son aura politique et sociale qu’on ne peut contester. L’aile politique de sa mouvance, le parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) subit toujours un blocus ministériel.
Comme dans d’autres régions du pays en d’autres temps, le leader abolitionniste du mouvement IRA-Mauritanie et sa dynamique délégation ont effectué un périple dans la région du Guidimagha. En mission de sensibilisation politique avec le parti Sawab et ses partenaires dans la coalition en consolidation (l’alliance démocratique), le député BDA a visité villes , villages, campements et diverses localités pour prêcher sa vision et son espoir pour une Mauritanie d’égalité et de bonne gouvernance étatique. En ligne de mire, les échéances électorales (municipales, régionales et législatives) annoncées pour les mois à venir, et aussi l’élection présidentielle de 2024. Partout la ferveur des masses était au rendez-vous pour la délégation, ainsi nous espérons le même dynamisme pour les résultats électoraux à venir en faveur des candidats du Droit et de la Justice Citoyenne.
Concernant le volet lié aux frictions sociales dans la communauté sooninké sur la question de l’esclavage par ascendance, j’ose reconnaître que le député Biram mérite le soutien de tous les progressistes pour épauler son courage et sa finesse d’engagement sérieux pour servir la paix et la justice. Ainsi si tous députés et tous les élus d’une manière générale issus de la communauté sooninké avaient opté franchement et courageusement pour parler avec pédagogie aux uns et aux autres du fond problématique de cet esclavage sociétal et de la loi, comme l’honorable député Biram Dah Abeid l’a fait, beaucoup de tensions auraient été évitées. Et également les aspirants candidats qui se déclarent tous azimuts sous diverses colorations politiques, seront suivis de près par rapport à leurs positions sur cette tare sociétale (l’esclavage par ascendance et son apologie) dans nos localités. Aucunement on ne pourra prêcher pour l’égalité et la justice à l’échelle nationale et fuir ces mêmes notions dans sa propre communauté sociolinguistique. Cela ne peut pas coller à terme, il faudrait réajuster notre logiciel et soigner notre langage en conséquence ici et là-bas…!
La sérénité sociale intra-communautaire par la justice sociale est gage de tous les projets de développement multidimensionnel dans nos terroirs.
Les progressistes, les vrais, devront oser se libérer et libérer nos personnes âgées « culturellement » esclavagistes d’une part et esclavagisés d’autre part. Pour se faire, il faut impérativement démasquer les hypocrites qui font et laissent faire l’abjecte promotion sociale de cet esclavage coutumier la nuit et jouent à l’esprit ouvert le jour face une autre audience. D’ailleurs ce sont eux qui piégent les personnes âgées dans un engrenage provocateur par les coutumes esclavagistes et discriminatoires dans les villages.
En observant de près, quand les uns et les autres, les « culturellement » esclavagistes et les abolitionnistes sooninkés rencontrent et confessent auprès du député BDA, ils expriment leur espoir en lui pour contribuer à atténuer les frictions ou les solutionner même. Une approche qui dénote une certaine appréciation morale et d’espoir sur sa personnalité.
La justice, une aspiration légitime de tous les hommes, de toutes les sociétés, de toutes les familles et de toutes les races. Un animal n’a point besoin de justice, en tout cas la justice telle que nous que nous l’entendons et percevons.
Dans la jungle, la justice se résume à ce que La Fontaine présente dans ses Fables, en ces termes : » la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Les humains aussi sont tentés en l’absence de lois de réveiller l’instinct grégaire en latence en chacun d’entre nous mais tempéré par la culture mais surtout la crainte de la justice.
L’idée de la justice est une véritable épée de Damoclès qui a un effet canalisant, contribuant ainsi à la manifestation de la vérité, à l’équité, et à la paix sociale.
Chez les humains, l’absence de justice crée la jungle, la vendetta des hommes, une quasi reproduction de celle des animaux où la justice est dominée et menacée par les plus forts et les plus puissants.
C’était une appréhension exprimée, il y a plusieurs siècles déjà par La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de la Cour vous rendront blanc ou noir ». L’écrivain dénonçait une justice aux mains des puissants.
Ce qui est fascinant et brutal chez les bêtes, c’est le droit de la nature qui régule les rapports des individus dans un ordre implacable, fidèle en toute circonstance à sa logique.
Les animaux ne savent pas tricher, ils ne sont pas manipulateurs ou calculateurs au point de s’adonner à certaines sales besognes, comme le trafic d’influence, l’enrichissement illicite, le détournement de fonds public etc. Ils sont naturels et assurément « innocents » et s’accommodent bien avec les règles de la jungle
Chez les humains, la justice est complexe mais également sacrée. Elle est malheureusement dans de nombreuses sociétés la propriété, d’une minorité, d’un clan, de tout-puissants qui se démarquent par des comportements qui s’écartent de la norme, et exhibent de manière ostentatoire, attributs et superlatifs ; du superflu et vanité valables seulement le temps d’une vie sur terre.
Or, l’une des vocations de la justice, c’est de ramener les hommes à leurs responsabilités dans leurs agissements et comportements au quotidien pour préserver des valeurs, des intérêts communs ou divergents et de resocialiser dans une certaine morale ou éthique.
En cela, la justice est à la fois « normative », régulatrice et même protectrice, en ce sens qu’elle permet à chacun et à tous de vivre dans le respect des lois sans porter préjudice à la dignité, aux intérêts de tous et de chacun. Ce qui exclut l’impunité pour les uns et la tolérance zéro pour d’autres, une justice à géométrie variable. Celle-ci constitue un véritable obstacle à l’indépendance de la justice et obstrue l’autonomie de ceux qui la rende.
L’intérêt général, l’intérêt de la société, de la communauté sont susceptibles d’être corrompus, manipulés et exploités à des fins dilatoires ou compromettantes. Dans ce cas de figure, tout le monde regarde du côté de la justice. Elle est attendue comme une bouée de secours censée éloigner le péril. Mais pour ce faire, la justice, elle-même doit avoir le courage de faire face à son procès. Elle doit être irréprochable, indépendante, rationnelle, impersonnelle et publique.
On est loin du compte. La justice est souvent le reflet d’une classe dominante ; qui entend asseoir davantage sa suprématie en trouvant une formule peu « controversée » pour justifier ses dérives et déboires. L’une des difficultés de la justice dans de nombreux pays Africains, c’est sans doute le hiatus ou décalage qui existe entre les textes de lois d’une part, et leur applicabilité d’autre part. Ce qui crée un fossé dans l’exécution de certaines décisions de justice.
Finalement, la justice est ramenée à une littérature juridique bonne pour l’esprit, de la pure métaphysique juridique : de la théorie. Une loi n’a de sens et d’existence réelle et véritable que lorsqu’elle est appliquée à la lettre ; il en va même pour une règle de grammaire ou d’orthographe.
• Chacun d’entre nous a finalement besoin de justice et de la justice.
Ainsi pourquoi alors craint-on la justice ?
C’est absurde quand on sait que, c’est l’injustice qu’il faut redouter. Le voleur, le malfrat, le brigand, le hors la loi ne doivent pas craindre la justice. Elle lui garantit un procès et un traitement équitable et juste pour éviter un lynchage ou tout autre traitement inhumain.
C’est sans doute ce que le « prince » n’arrive pas à comprendre. Il dompte la justice en votant des « lois personnalisées » qui le confortent et servent ses caprices et fantasmes pour être intouchable, invulnérable tant qu’il est au trône. Mais c’est sans compter sur l’effet boomerang de l’injustice. L’assurance impunité achetée injustement avec le contribuable arrivera à échéance. Et un jour la justice se « vengera » de l’injustice…
• La justice finalement arrange tout le monde
Mais pourquoi alors cette propension des plus forts à écraser les plus faibles par le recours à des lois générales et impersonnelles ?
Ceux-là finiront toujours par être rattrapés par leur forfaiture : vous êtes puissant aujourd’hui, vous gagnerez beaucoup en mettant en place des lois qui protègent les plus gueux et vulnérables de la société. Demain, ces textes épargneront votre personne et même les siens de l’humiliation et de l’arbitraire.
N’attendait surtout pas de tout perdre et d’être en position de faiblesse pour comprendre que l’injustice est redoutable. Ce n’est pas nouveau de voir le prince tirer à boulet rouge sur l’appareil judiciaire après le tintement de l’horloge de la déchéance. Son coup de gueule ne mérite aucune commisération pendant que le pauvre faute de médiatisation crame dans la résignation sans possibilité de donner sa version des faits.
Finalement, l’injustice ne sert personne. La justice est gage de stabilité, de sécurité et garantit les conditions d’une vie heureuse pour le plus pauvre comme pour le plus riche.
Shems Maarif – L’audience du cinquième jour du procès a commencé à dix heures deux minutes, en présence des accusés.
– Le public qui assiste au procès a dû batailler dur pour entrer dans la salle, beaucoup de personnes ont été obligées de dormir à côté de l’enceinte du Palais afin de pouvoir s’inscrire sur les listes de classement ; et en fin de compte seuls certains d’entre eux entrent.
La colère de Aziz
– L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a piqué une colère et a frappé une table posée devant lui. Lorsque l’avocat, Mohamed Ould Meïne, essaya de traduire pour l’avocat sénégalais en lieu et place de l’avocat Taleb Khyar. Aziz s’était fortement opposé et le juge lui a donné raison.
Un avocat de la commission nationale des droits de l’homme était présent tous les jours du procès comme observateur le respect des droits des accusés.
– L’intervention de Vadily Ould Raïs a suscité la polémique lorsqu’il a déclaré qu’il savait qui étaient les espions parmi les avocats et les juges, ce qui a suscité la protestation des avocats de la défense et a provoqué la colère de certaines personnes présentes parmi le public lorsqu’il a déclaré qu’en Afrique; certains présidents usurpent le pouvoir à dos de chars et par la force militaire, et parfois ils ne sont ni scientifiquement ni mentalement qualifiés pour gouverner, et ils disposent des Etats comme ils disposent de leur propriété privée.
– L’avocat Mohameden Ould Ichidou a remis un de ses ouvrages sur la lutte contre la corruption au Procureur Général, le juge a considéré que ce geste est un geste de courtoisie.
– Le débat entamé il y a deux jours s’est poursuivi sur les exceptions de forme soulevées par les avocats de la défense, et les premiers à intervenir ont été les avocats de la défense par l’intermédiaire de l’avocat, Cheikh Ould Hameddi, qui a confirmé que l’article 93 de la Constitution a précisé celui qui bénéficie et le cadre temporel de l’immunité, a laissé des actes sans distinction, interdit à toute juridiction autre que la Haute Cour de Justice de juger le Président a ainsi automatiquement refusé d’accepter toute demande présentée par une partie autre que le Parlement. Il a été suivi par l’avocate libanaise, Sandrella Merhej, qui a présenté ce qu’elle a appelé une exception liée à l’ordre public, à savoir la violation des règles impératives de l’organisation judiciaire mauritanienne et distingué entre l’immunité présidentielle et l’immunité de la fonction.
– Les réponses de la défense se sont poursuivies à travers Taleb Khyar, qui a dit que la Constitution est la mère des lois mauritaniennes et qu’aucune autre loi ne doit être considérée avec elle car elle représente la volonté du peuple et la Constitution protège le Président de s reglements de comtes . Les avocats Mohameden Ould Ichidou et Moctar Ould Ely lui se sont succédé, le premier a axé sur le fait que le dossier est politique, viole la Constitution et peut provoquer des conflits, citant une déclaration précédente de l’avocat Lo Gourmo Abdoul dans une interview à la BBC, dans laquelle il disait qu’il y a un règlement de comptes avec l’ancien président, tandis que le second insista sur le fait que les mesures de procédure n’ont pas été respectées, que le Parlement n’est pas un organe légalement accusateur et que le Ministre de la Justice n’a même pas le droit de déférer un quelconque dossier à charge au Parquet Général.
Les avocats de la défense ont demandé au Tribunal de délibérer et de prononcer une décision annulant les procédures de poursuite parce que le Tribunal n’est pas compétent pour juger l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le juge a ouvert la voie à l’avocat de Mohamed Ould Daf, Yacoub Seïf, pour présenter ses exceptions de forme, a confirmé que son client avait été lésé par l’exceptions de forme liée à la compétence exclusive de la Haute Cour de Justice pour juger l’ancien président, indiquant que la source de l’affaire, qui est le Parlement a posé la problématique de la compétence de la justice judiciaire et constitutionnelle et que parmi les accusés il y’ en a un qui relève de la justice constitutionnelle et ne peut être jugé devant deux juridictions.
– Après la reprise de l’audience à 15:48, le juge a donné au Procureur de la République, Ahmed Ould El Moustapha, la parole pour répondre aux réponses des avocats de la défense, lequel a confirmé qu’il n’a pas pu connaître la nature de l’exception soulevée par la défense car chaque avocat la décrit à sa façon et le collectif de la défense n’a pas été en mesure de rédiger l’objet de l’exception.
Le Procureur a ajouté que les procédures pénales ne contiennent pas d’exception défense d’irrecevabilité – comme l’a présenté hier l’avocat Mohamed El Mamy – et qu’elles n’acceptent pas l’analogie, soulignant que la loi sur la transparence financière dans la vie publique imposait la déclaration du patrimoine à la prise de fonction et au moment de la passation. En réponse à l’affirmation que le procès d’un ancien président menace la sécurité de l’Etat, le Procureur de la République a confirmé que les audiences du procès sont publiques, et qu’elles ne constituent aucune menace pour la sécurité publique. S’agissant de l’invocation du classement auparavant par le Parquet d’une plainte contre un ministre, il a répondu qu’il s’agit d’une comparaison de deux choses différentes, car l’action porte sur une déclaration faite par un ministre lors d’une conférence de presse du Gouvernement, et qui exerce toujours, ajoutant que les décisions de classement de l’action sans suite ne sont ni des principes ni des procédures légales car on peut légalement y revenir.
Ensuite , les avocats de la partie civile ont pris la parole, à commencer par Vadili Ould Raïs, dont l’intervention a suscité une large polémique dans la salle lorsqu’il a parlé d’espions parmi les juges et les avocats, et Lo Gourmo Abdoul, qui a nié avoir déclaré à la BBC qu’il y avait un règlement de compte politique avec l’ancien président.
Puis Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Saleh a confirmé qu’il n’aurait pas voulu s’attaquer aux lois françaises n’eussent été des avocats de la défense qui avaient parlé de lui, ajoutant que la constitution française prévoyait l’immunité du président pour les actions liées à l’exercice de ses pouvoirs et a exclu d’autres actions et que la loi relative à la lutte contre la corruption en Mauritanie parlait de crimes qui ne sont pas des actions mais plutôt des situations comme l’enrichissement illicite, qui est une situation pénalisée, et il a ajouté que le nouvel article 86 de la constitution mauritanienne permet à tous les justiciables de recourir au Conseil Constitutionnel lorsqu’ils estiment qu’une loi qui ne les implique pas leur sera appliquée, et c’est le rôle du Conseil Constitutionnel. Le dernier à intervenir est l’avocat Abdallahi Ould Gah, qui a confirmé que la Cour Suprême avait limité la compétence de la Cour anti-corruption à renvoyer le dossier après avoir fait appel de la décision de la Chambre d’Accusation.
– A 17:05, le juge a levé la séance, annonçant qu’elle reprendrait lundi prochain et que les prochaines audiences se tiendront lundi et le mardi de chaque semaine.
CDHAHRSC – Le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile (CDHAHRSC) a appris l’existence d’une plainte déposée par une association de défense des droits de l’homme, relative à un cas d’exploitation présumé, à F’derik, dans la wilaya du Tiris-zemmour.
Dans le cadre des missions qui lui sont confiées en matière de suivi des cas de violations des droits de l’homme en général et d’esclavage en particulier, le CDHAHRSC suit avec intérêt cette affaire et œuvre fermement avec ses partenaires à faire appliquer la législation en vigueur dans ce domaine.
C’est à ce titre que le CDHAHRSC a dépêché une mission de documentation et de suivi, pour s’enquérir de près sur le fond de l’affaire et identifier les moyens d’assistance notamment, en ce qui concerne la protection des droits de la victime présumée.
Après avoir contacté les autorités judiciaires compétentes et visité la victime présumée, le CDHAHRSC enregistre les points suivants :
– Sa pleine satisfaction quant aux mesures prises par le ministère public, pour assurer le déroulement efficace de la procédure judiciaire ;
– Sa satisfaction par rapport à la situation dans laquelle se trouve la victime présumée qui a été présentée par le Procureur de la République, à l’examen d’un psychiatre ;
– La prise en charge de la fourniture des pièces d’état civil à la victime présumée ;
L’octroi d’une aide pour la satisfaction des besoins essentiels, de la victime présumée ;
Le CDHAHRSC appelle tous les acteurs juridiques et de la société civile concernés par l’affaire à veiller au respect des exigences des conventions internationales ratifiées par la République Islamique de Mauritanie, et l’arsenal juridique national relatif aux droits de l’homme et à la lutte contre la traite des personnes.
Son Excellence Monsieur le Président, La diaspora Mauritanienne dans le monde a lu avec consternation l’arrêté conjoint Numéro 000140 du ministère des affaires étrangères et de la coopération et du ministère de l’intérieur et de la décentralisation en date du 26 janvier 2023, portant établissement de la liste des pays concernés par le vote des mauritaniens établis à l’étranger pour les futures élections législatives. Seuls deux ministres ne peuvent décider à leur guise d’un découpage électoral, de surcroit discriminatoire, de mauritaniens vivant à l’étranger. Ils évoquent l’ouverture d’un seul bureau de vote en France et que sur l’ensemble du continent Africain, les mauritaniens ne pourront voter qu’en Gambie, en Côte d’Ivoire et en Guinée Bissau. Nous sommes certains que vous ne trouvez pas cette démarche démocratique. Il en est de même pour le vaste continent Américain et Asiatique où les votes ne seront respectivement possibles qu’aux Etats Unis d’Amérique, en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis et au Qatar.
Son Excellence Monsieur le Président, Nous vous demandons d’user de votre pouvoir en qualité de Président pour exiger qu’un bureau de vote soit ouvert dans chaque pays accréditant un ambassadeur ou un consul de Mauritanie. Nous protestons vigoureusement contre ce découpage électoral et souhaitons que la décision y afférente soit annulée.
Paris le 30 Janvier 2023
Parti pour la Refondation de l’Action Globale (RAG) section France
Ampliations :
• CENI • Premier Ministre • Ministère des affaires étrangères et la coopération • Ministère de l’intérieur • Aux partis politiques de l’opposition comme la majorité présidentielle • Aux institutions internationales : Union Européenne, Nations Unies, Union Africaine, Parlement Européen.
Elections 2023 Mauritanie : interview de Bocar Oumar Bâ, candidat AJD-MR-FPC en France
Au lendemain de la révélation des autorités de Nouakchott des 8 pays dont les expatriés vont voter en mai prochain, le candidat de l’AJD-MR-FPC en France s’est livré à Kassataya pour se présenter avant d’expliquer ses motivations et ses engagements pour les prochaines législatives. L’occasion pour Bocar Oumar Bâ de revenir sur la situation politique inquiétante en Mauritanie et le scandale de la cartographie électorale qui ne date pas d’aujourd’hui.
« De cette disposition, si elle était retenue, découlent des politiques publiques qui ne peuvent que prendre en compte, à la fois les préoccupations de la diaspora dans ses intérêts catégoriels, et les besoins de notre pays de compter sur les ressources humaines de la diaspora… »
Kassataya : pouvez-vous vous présentez ?
• Bocar Oumar Bâ : je suis originaire de la ville de Kaëdi où j’ai passé une grande partie de mon enfance et de ma jeunesse ; même si les péripéties de la vie de fonctionnaire de mon père ont voulu que je sois né à Mbagne. Ma famille reste d’ailleurs très attachée à la ville de Mbagne et à toute la zone environnante.
J’ai fait mes études primaires, mon collège et une bonne partie de mon lycée dans ma ville de Kaëdi. J’ai dû cependant passer mon bac dans la capitale en raison de circonstances militantes qui m’avaient conduit à être transféré au lycée arabe de Nouakchott durant les années de braise (1990).
C’est à partir de là que j’ai envisagé de continuer mon engagement militant commencé au collège et au lycée de Kaëdi, en m’investissant au sein de l’Alliance pour une Mauritanie Nouvelle (AMN) dès sa création en 1991. A l’époque, ce mouvement semi-clandestin constituait une des sensibilités au sein du principal parti de l’opposition naissante : le FDUC, devenu UFD, puis UFD/EN avec l’arrivée de Ahmed Ould DADDAH. Je n’ai jamais dévié de ce courant politique. Je l’ai suivi dans son parcours au sein d’autres partis comme AC de Messaoud O. BOULKHEIR, comme dans sa mutation en parti politique reconnu, l’AJD, devenu aujourd’hui l’AJD-MR. Depuis le dernier congrès de mon parti, j’occupe la fonction de porte-parole.
Que vous dire d’autre, si ce n’est que je suis de formation philosophe, anthropologue et sociologue ? Je suis marié et père de famille et vis depuis bientôt 25 ans à Strasbourg où je travaille comme cadre en protection de l’enfance, et formateur à mes heures perdues à l’Ecole Supérieure de Praxis Sociale de Mulhouse sur les thématiques de la médiation ethnoclinique et de la sociologie de l’immigration.
Kassataya : qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter comme candidat aux prochaines législatives ?
• Bocar Oumar Bâ : cette décision a été mûrement réfléchie. Je crois profondément en la capacité de la parole politique, lorsqu’elle est incarnée de la bonne manière et portée par les bonnes personnes, à produire du changement. Or il me semble que le rôle d’un parlementaire, de par même son étymologie, est de porter cette parole dans l’hémicycle en vue de changer les choses. Je pense être arrivée à un âge et avoir capitalisé une expérience politique qui m’autorise à me penser légitime pour prétendre à cette tribune. Les idées que j’ai toujours défendues de différentes façons sur le plan national et les préoccupations de la diaspora mauritanienne, notamment en Europe, mériteraient qu’on les porte avec force et vigueur à l’assemblée nationale. J’ai la faiblesse de penser que je pourrais endosser ce sacerdoce. Mes camarades politiques de la section AJD-MR Europe ainsi que ceux de la fédération FPC me soutiennent dans cette démarche. Et le mouvement de soutiens qu’on enregistre tous les jours sur le terrain me conforte dans ce choix. J’espère fédérer autour de ma candidature au-delà de notre coalition immédiate pour donner la chance à l’opposition de battre ici le système. Nous y travaillons et j’ai bon espoir que la raison l’emporte sur les passions et les tentations aventurières.
Kassataya : quels arguments avez-vous contre les autres candidats de l’opposition et de la majorité ?
• Bocar Oumar Bâ : je n’ai pas d’argument contre qui que ce soit de l’opposition ni de la majorité. En revanche j’ai plein d’arguments en faveur de ma candidature. Mon principal argument est celui de mon projet qui s’adosse à une proposition forte et novatrice concernant la diaspora mauritanienne.
Si j’étais élu, je formulerais à l’assemblée nationale une proposition de loi visant à faire de la diaspora mauritanienne une 14ème région. Cela aboutirait alors à la création d’un Haut Conseil de la Diaspora subdivisé en départements en fonction des zones de concentration des mauritaniens. Dans cette hypothèse, nous aurions par exemple en France un département composé de représentants d’associations villageoises ainsi que de la société civile, et des personnes désignées par l’état qui travaillent de concert avec le consulat en vue de régler les problèmes administratifs de nos compatriotes et de formuler ensemble et de soutenir des projets de développement. Croyez-moi cette proposition ne relève pas d’une fantaisie de l’esprit, mais d’un véritable changement de paradigme concernant notre manière de percevoir nos citoyens installés à l’étranger. De cette disposition, si elle était retenue, découlent des politiques publiques qui ne peuvent que prendre en compte, à la fois les préoccupations de la diaspora dans ses intérêts catégoriels, et les besoins de notre pays de compter sur les ressources humaines de la diaspora, notamment dans sa capacité à fournir une vraie expertise en matière de coopération décentralisée et de soutien aux collectivités locales, et de mobilisation des fonds des caisses villageoises en Europe pour soutenir des projets locaux.
Le jour où notre pays réussira à mieux considérer sa diaspora, celle-ci deviendra pour lui un atout majeur de développement. C’est donc ce projet phare que je déclinerai en propositions concrètes qui fait ma différence dans cette campagne.
« Aujourd’hui la cartographie électorale décidée unilatéralement par le pouvoir au sujet de la diaspora suit la même logique de discrimination des zones de présence de nos ressortissants négro-africains »
Kassataya : quelle lecture faites-vous de l’opposition à trois mois des élections ?
• Bocar Oumar Bâ : je dois avouer qu’elle est dans un état peu reluisant. Son impréparation générale est patente. En atteste sa cécité face aux mesures déjà prise pour lui voler les élections. La cartographie électorale en soi en Mauritanie est un scandale permanent. Des régions à très faible densité démographique, parce qu’elles sont habitées par nos compatriotes arabes, sont représentées par plus d’élus que des régions de très fortes densités démographiques, généralement négro-africaines. Cela n’est un secret pour personne. L’opposition antisystème qui fait généralement ses meilleurs scores dans ces régions demeure impuissante et sans réaction significative face à cet état de fait.
Aujourd’hui la cartographie électorale décidée unilatéralement par le pouvoir au sujet de la diaspora suit la même logique de discrimination des zones de présence de nos ressortissants négro-africains. Comment comprendre autrement qu’on ouvre des bureaux de vote en Gambie et en Guinée Bissau où il y a une forte diaspora maure commerçante, et pas au Sénégal proche ? Comment comprendre que pour toute l’Europe il ne soit ouvert de bureau de vote qu’en France, et aucun en Belgique et en Espagne qui regorgent pourtant de mauritaniens. Mais ils ont le défaut d’être surtout noirs, pour parler sans détour. L’opposition devrait dénoncer de manière forte et concertée ce scandale. Mais pour l’instant le climat semble hélas être à la résignation.
Kassataya : l’alliance CVE-CVE-VR peut-elle faire de bons résultats aux élections ?
• Bocar Oumar Bâ : au-delà des résultats qu’elle pourrait produire, cette alliance est avant tout naturelle. Nous n’avons pas à ma connaissance de divergences sur la ligne politique et avons défendu le même projet politique lors de la dernière présidentielle durant laquelle j’étais le porte-parole Europe du candidat KHB, paix à son âme. C’est vous dire qu’une telle alliance, si elle n’était pas polluée par des considérations éloignées des enjeux, a d’abord l’avantage de ne pas confondre et disperser inutilement notre électorat qui est le même partout.
Kassataya : êtes-vous inquiet de la situation politique actuelle en Mauritanie ?
• Bocar Oumar Bâ : ce qui serait inquiétant c’est de ne pas être inquiet.Notre pays est dans une situation géopolitique et géostratégique qui l’expose à tous les vents remuant l’instabilité. La présence des mouvements djihadistes dans la sous-région trouve des résonnances dans les relents de conservatisme social et religieux qui gagne de plus en plus notre société. Face à cela, nous avons un système de gouvernance politique qui, depuis des décennies, s’emploient à l’accentuation des discriminations, nous éloignant de l’idée même de nation, a fortiori de celle d’unité nationale.
Dans ces conditions, le défaut d’unité nationale ne peut qu’être un facteur affaiblissant face aux menaces extérieures. Sur le plan purement politique, nous assistons à une pérennisation et à une banalisation du pouvoir militaire paré de costume civil. Et parce que ce sont des militaires qui nous dirigent, ils se rendent incapables de régler la question cruciale de crimes de génocide issus des années de braise dont un certain nombre de présumés auteurs ont encore de hautes fonctions dans l’armée.
La situation de l’opposition qui n’a pas encore réglé la question fondamentale de ses lignes de démarcation politiques rend encore plus illisible la situation. Qui est d’accord avec quoi et avec qui ? C’est là où la proposition du président IMS consistant au dialogue de l’opposition pour faire la part des choses entre ceux qui sont pour l’alternance au pouvoir et ceux qui sont pour une vraie alternative au système me parait bien à propos.
Kassataya : est ce que ces élections ou l’opposition est divisée peuvent faire bouger les lignes ?
• Bocar Oumar Bâ : tout dépend de quelles lignes nous parlons. En tous cas s’il s’agit de lignes de fond, celles qui consistent à secouer le système de manière significative, je ne le pense pas. Car pour cela, comme j’ai dit avant, cela supposerait que nous sachions qui est système et qui est antisystème dans l’opposition. Je crois que l’opposition a peu de temps pour clarifier les divergences que j’ai nommées. Par conséquent, pour un certain nombre de mouvements et partis il ne s’agirait que de regroupements basés sur de la pure mécanique électorale. Dieu merci, nous concernant, avec la CVE/VR et je l’espère bientôt avec la CVE et peut-être même avec le RAG ce ne serait pas le cas.
Propos recueillis par Chérif Kane, journaliste à Rouen
Le Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), M. Dah Ould Abdel Jelil, a supervisé, vendredi après-midi, le lancement officiel du recensement administratif à vocation électorale (RAVEL) au niveau des trois wilayas de Nouakchott.
A cette occasion, le président de la CENI s’est informé directement sur le processus d’enregistrement des citoyens âgés de 18 ans et plus sur la liste électorale.
A l’issue de ce tournée effectuée au niveau des moughataas du Ksar, de Darnaim et d’Arafat, le conseiller en charge de la communication et porte-parole officiel de la CENI, M. Mohamed Takhiyoullah Led’hem, a fait une déclaration à l’AMI dans laquelle il a souligné que le RAVEL qui vient d’être lancé se distingue par son caractère exhaustif et permet l’enregistrement de tous les citoyens à partir du l’âge de dix-huit ans et plus, avec la réinscription de nouveau de tous les citoyens qui étaient inscrits auparavant sur les listes électorales.
Il a ajouté que, cette fois, la possibilité de s’inscrire à distance a été introduite. Elle permet à tout citoyen de se faire enregistrer depuis le centre le plus proche de lui, en spécifiant le lieu et le bureau de vote dans lequel il souhaite s’inscrire et voter dans la wilaya, moughataa et bureau de son choix à travers le pays.
Le porte-parole de la CENI s’attend à une augmentation de la liste électorale pour cette année – selon des estimations préliminaires – d’environ 900 000 voix, compte tenu du nombre officiel du recensement électoral précédent, qui s’élevait à 1 500 000 voix.
Et il a indiqué qu’à la lumière de cette mise à jour numérique et statistique actuelle, l’importance du RAVEL résulte de larges et récentes consultations entre le gouvernement et les partis et formations politiques, qui se reflètent positivement sur l’élargissement de la liste électorale.
En ce qui concerne les colonies mauritaniennes à l’étranger, M. Mohamed Takhiyoullah Led’Hem a expliqué qu’un arrêté spécial a été publié spécifiant les pays dans lesquels les citoyens résidant à l’extérieur seront enregistrés au niveau de quatre continents, comme suit :
– Asie : Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Qatar,
– Afrique : Guinée-Bissau, Gambie et Côte d’Ivoire,
– Europe : France,
– Amérique du Nord : les États-Unis d’Amérique.
Le Président de la Commission électorale indépendante était accompagné du Secrétaire général de la Commission et de plusieurs de ses membres.
CDHAHRSC – Le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile (CDHAHRSC )dans le cadre de son suivi de l’affaire d’esclavage présumée à F’derick et sur la base de l’évaluation des circonstances de l’affaire et du rapport de sa mission d’enquête dépêchée sur les lieux le samedi 21 janvier dès son information du cas, a mandaté un avocat aux fins de le représenter, conformément à la loi, comme partie civile dans la procédure judiciaire en cours.
L’avocat est présentement sur place pour suivre l’instruction et représenter le CDHAHRSC, au besoin, à tous les niveaux de juridictions.
L’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, a été arrêté cet après-midi à son domicile à Nouakchott et emmené par la police la veille de son procès, constate-t-on sur place.
Selon certaines sources, se fondant sur des indiscrétions judiciaires, tous les prévenus dans l’affaire dite du « procès de la décennie» devraient passer cette nuit entre les mains de la police avant d’être emmenés mercredi matin au palais de justice où ils comparaitront devant la cour criminelle spécialisée dans la lutte contre la corruption.
Ils sont au total onze personnes citées dans cette affaire où l’ancien président est poursuivi sur la base d’une enquête d’une commission parlementaire dont il a toujours nié la légitimité.
Ses avocats n’auraient, cependant, reçu son dossier complet que lundi, c’est à deux jours du procès.
L’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, au pouvoir entre 2009 et 2019, comparaitra demain, mercredi 25 janvier 2023, pour un chapelet de chefs d’accusation dont la corruption, le détournement de deniers publics….
Dans plusieurs sorties médiatisées l’ancien président avait mis au défi le régime en place de prouver qu’il ait pris le moindre ouguiya des deniers publics estimant que sa poursuite relève du harcèlement politique.
CAFOnline – L’attaquant mauritanien Hemeya Tanji a dédié son prix TotalEnergies de l’homme du match à tous les Mauritaniens du monde.
L’attaquant du FC Nouadhibou a inspiré la qualification historique de son équipe pour les quarts de finale du Championnat d’Afrique des Nations, TotalEnergies mardi.
« Remporter ce prix est un honneur pour moi et pour le peuple mauritanien. Je suis aussi heureux que n’importe quel fan de football mauritanien. C’est une victoire pour tout le peuple mauritanien », a déclaré Tanji avec un sourire jusqu’aux oreilles lors de la conférence de presse d’après-match au stade Miloud Hadefi d’Oran, en Algérie.
Tanji a été une source d’inspiration avec et sans le ballon, faisant continuellement des courses en avant pour perturber la défense malienne.
Il s’agit de la première victoire enregistrée par les Mourabitounes, qui avaient auparavant enregistré six défaites en six matches au CHAN et contraint l’Angola à un match nul et vierge lors de leur entrée en lice dans le Groupe E.
Tanji, 24 ans, a ajouté : « Nous avons travaillé très dur pour participer à ce tournoi et maintenant que nous sommes qualifiés, nous sommes très heureux d’avoir gagné et d’être en quart de finale. »
La Mauritanie affrontera maintenant ses voisins sénégalais dans le deuxième quart de finale le 27 janvier au stade du 19 mai 1956 à Annaba à 19h00 GMT.
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