Le jeune journaliste et chercheur Cheikh El Hacen El Bambari est décédé dimanche dans un accident de la route sur l’axe Nouakchott Rosso.
Le défunt, 28 ans, travaillait au sein du bureau de presse de la présidence de la république, créé il y a quelques mois, ayant été l’un des premiers journalistes à le rejoindre.
De multiples hommages lui ont été rendus sur les réseaux sociaux dès l’annonce de son décès, lui qui a été l’un des plus brillants jeunes écrivains mauritaniens et actif dans le domaine délibératif mauritanien.
Le défunt s’est très tôt distingué sur les plateformes de blogs, a écrit des dizaines d’articles dans le domaine de la philosophie politique qui ont été publiés sur les réseaux sociaux.
Le défunt était sortant de la section de philosophie à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université de Nouakchott et a été professeur de l’enseignement secondaire.
A cette triste circonstance Sahara Medias adresse ses sincères condoléances à la famille du défunt et à toute la famille de la presse mauritanienne.
L’Adam Clayton Jr. Hall au cœur de Harlem, New York, a accueilli un symposium pour la présentation du livre de la journaliste Equatorienne Tania Tinoco dans sa version anglaise, le 4 décembre 2021 à midi.
Des militants américains des droits civiques soutenant la lutte du leader de l’initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste Mauritanien (IRA), ont choisi la symbolique d’un bâtiment official et dressé en plein guèto noir de New-York, devenu Harlem et situé au carrefour de deux rues connues pour porter les noms des deux leaders historiques de la lutte afro-américaine, Martin Luther King et Malcom X (Malik Chabaz).
Harlem, aussi le berceau de la lutte afro-américaine et creuset des sacrifices pour les droits civiques.
Ce présentation de la version anglaise du Pacte de la Renaissance, a été suivie et commentée par de nombreux militants américains et soutiens de la lutte du leader du mouvement IRA, et parlementaire mauritanien Biram Dah Abeid.
Après l’intervention du président et vice-président de la Fondation basée à Chicago, Abolition Institute, Sean Tenner et Bakary Tandia, la liste des intervenants comportait, le Maire RoryOpkins et la Sénatrice Cordell Claire en plus de l’imam Souleiman Konaté et l’opposant panafricaniste, historique tchadien Souleiman Guenguene.
Les participants ont célébré la lutte pacifique inspirante illustrée par le mouvement IRA et son leader, et ont appelé chacun à élargir le cercle de soutien au projet universaliste et humanitaire d’IRA-Mauritanie qui appelle à la modernisation de la société Mauritanienne.
Tania Tinoco a salué le choix noble adopté par le candidat, Biram DahAbeid, après la controverse de la declaration des résultats du scrutin électoral présidentiel en Mauritanie en 2019 et son rejet catégorique de la violence.
Biram Dah Abeid a pris la parole à la fin et a exprimé sa gratitude à Dieu et à ses camarades américains qui lui ont donné l’occasion de s’exprimer dans un bâtiment symbolique de la lutte pour les droits civiques comme Adam Clayton Pool Jr. Building, et un quartier qui symbolise l’histoire et le présent de la lutte contre l’oppression et l’injustice qui est la culture de Harlem. Le président de IRA a déclaré que son combat avec ses compagnons, est sur le chemin de l’humanisme et de la dévotion aux humains, des prophètes de Dieu, Moise, Jésus et Mohamed que les prières et la paix de Dieu soient sur eux; BDA dira être fier que les Nations Unies aient placé une photo de lui à côté de Welles de Nelson Mandela, Martin Luther King, Jimmy Carter et d’autres en reconnaissance pour son engagement humble et désintéressé au profit de l’Humanité.
Biram Dah Abeid a déclaré que tout pays du monde dans lequel l’humanité des êtres humains est contestée par ceux qui dominent en instituant et perpétuant l’esclavage, comme en Mauritanie et dans d’autres pays du Sahel-Sahara, ceci nécessiterait une focalisation et mobilisation de toutes les consciences et forces morales vives à travers le monde.
Dans son discours, Biram Dah Abeid à dédiée la version anglaise du livre “Biram Dah Abeid ou le Pacte Renaissance” pour les jeunes des villes de Bababe et de Rkiz, en guise de solidarité et rejet de la repression qu’ont subit les jeunes de ces deux localités.
La journée du 28 novembre 2021 à Bababé, des manifestants sortis massivement pour réclamer Justice et clarifications sur les exactions extrajudiciaires perpétrées contre 28 soldats Noirs pendus à Inal en novembre 1990. Crimes abominables commis sous le règne de l’ancien président Ould Taya (exilé au Qatar depuis 2005). Il dirigea un régime sanguinaire et raciste qui a entamé une épuration ethnique dans l’armée. Après ces graves violations , une loi d’amnistie a été mise en vigueur pour contrer d’éventuelles actions judiciaires contre les auteurs présumés identifiés. Ainsi chaque année, le 28 novembre coïncidant avec la date anniversaire de l’indépendance du pays, des manifestations sont organisées dans le pays et à l’extérieur pour demander l’abrogation de la loi d’amnistie et un traitement sérieux et profond par l’État de ce dossier . À Bababé, les manifestants du 28 novembre ont été réprimés avec plusieurs blessés et arrestations signalés . Lire ce lien pour plus de détails https://senalioune.com/declaration-suite-aux-arrestations-de-bababe-du-28-novembre-2021/ .
Notre association Armepes résolument engagée pour la défense des droits humains et contre l’esclavage et ses séquelles, déclare :
✓ dénoncer ces attaques violentes contre des manifestants pacifiques,
✓ notre ferme solidarité avec les victimes de Bababé en souhaitant prompt rétablissement aux blessés et la fin de toutes poursuites à l’encontre des manifestants arrêtés,
✓ demander aux autorités étatiques actuelles d’enclencher une dynamique sérieuse pour l’unité nationale en abordant et en traitant sereinement ce dossier pendant depuis plusieurs décennies.
La CVE/VR suit avec beaucoup d’inquiétude le développement de la situation à Boghé et à Bababé. Des manifestations pacifiques organisées, dans ces deux villes, pour réclamer justice pour les 28 militaires négro-africains pendus à Inal en 1990, ont été sauvagement réprimées. A Bababé, ce sont cinq jeunes manifestants qui ont été arrêtés dont deux aux moins ont été délibérément et grièvement blessés par les forces de l’ordre au moment de leur arrestation. Les séances de torture se poursuivraient encore dans les locaux du commissariat de la ville. A Boghé, deux personnes au moins ont été arrêtées. La CVE/VR, tout en exprimant sa solidarité pleine et entière à l’endroit des manifestants, exige : – la libération immédiate et sans conditions des personnes arrêtées et tient les forces de l’ordre responsables de toute atteinte à leur intégrité physique ; – l’abrogation de la loi 93 – 23 du 14 juin 1993 portant amnistie des crimes imprescriptibles de génocide commis contre la communauté négro-africaine entre janvier 1989 et avril 1992 – La CVE/VR rappelle au régime de Mohamed Cheikh Ghazouani que la répression, l’intimidation et la fuite en avent dans le refus du règlement de ces actes de génocide ne feront que creuser davantage le fossé entre nos différentes composantes nationales et mettre en péril l’existence même de notre pays Seul un règlement définitif de la question prenant en compte les devoirs de vérité, de justice, de réparation et de mémoire est à même d’apaiser les souffrances des victimes rescapées et ayant droit et de réconcilier les cœurs.
— Ci-après l’élément média TV Tooba lors la journée culturelle organisée par A.R.D.J.E , l’aile associative Ganbanaaxu Diogountourou en France. Une séance de conférence-débat animée par Messieurs Dr Boubou BA et Dr Djibril DIALLO avec comme modérateur Ibrahim DIALLO (TV Tooba) :
Jeune Afrique – Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani entend réformer un secteur hautement dysfonctionnel. Mais l’ampleur de la tâche est immense.
Moins de 8 % de taux de réussite au baccalauréat 2021, un déficit de 872 classes dans toute la Mauritanie, des centaines d’enseignants manifestant une fois de plus leur colère le 14 novembre : le système éducatif mauritanien est malade.
Le gouvernement doit plancher sur les mesures à prendre après les conclusions des Assises nationales sur la réforme du système éducatif, dont les travaux se sont achevés le 20 novembre à Nouakchott.
Plus de deux ans après l’élection à la présidence de Mohamed Ould Ghazouani, le pays attend de voir comment celui-ci s’y prendra pour mener à bien « les réformes nécessaires pour asseoir les bases de l’école républicaine », comme il s’y est engagé.
Et, en la matière, il y a consensus : l’état de l’enseignement en Mauritanie relève de soins intensifs tant « l’école républicaine » célébrée dans les discours officiels demeure un mirage. Selon l’Unesco, seulement 5,2 % des tout-petits y fréquentent le préscolaire, contre 15 % en moyenne dans le monde arabe. Sur 1 000 filles entrées au collège, à peine 75 réussissent au baccalauréat.
Les conditions de travail sont également en cause. Les 11 376 instituteurs et professeurs sont trop peu nombreux, et le niveau des salaires – un instituteur débutant émarge à 194 euros par mois – n’est pas de nature à attirer les meilleures compétences.
Quant à la production nationale de livres scolaires, elle ne couvre qu’un tiers des besoins. Sans parler des programme erratiques. Les plus aisés des Mauritaniens désertent l’enseignement public, où sévit l’absentéisme des enseignants, et leur préfèrent des collèges « d’excellence » ou l’enseignement privé.
L’arabe en question
La cause de la précarité du système éducatif mauritanien remonte à la fin des années 1990. « En 1999, une réforme avait introduit les langues nationales [pulaar, soninké et wolof, ndlr] dans l’enseignement à côté de l’arabe et du français », explique Lô Gourmo Abdoul, professeur de droit public à l’université de Nouakchott et à l’université du Havre, et vice-président de l’Union des forces progressistes (UFP).
« L’hostilité du président Maaouiya Ould Taya à l’égard des Négro-Africains [alors accusés de fomenter un coup d’État contre Ould Taya, ndlr] a mis fin à cette expérience, poursuit-il. Les tenants de l’identité arabe ont également disqualifié le français, qui a été cantonné dans l’enseignement scientifique, l’arabe dominant le secteur littéraire. Comme un enfant ne peut acquérir des connaissances de base que dans sa langue maternelle, cette arabisation à outrance a transformé notre enseignement public en parking pour les pauvres, les enfants riches ayant fui vers les écoles “d’excellence”, le privé ou le Sénégal ! »
Toutes les tentatives de réforme se sont heurtées à la dévalorisation des autres langues en raison de la politisation des partisans du nationalisme arabe.
Cette fixation est d’autant plus paradoxale que les Mauritaniens parlent un dialecte arabe mâtiné de berbère, de français, d’espagnol appelé « hassanya », un « mauvais arabe qui permet de recruter n’importe qui du moment qu’il le parle », selon le professeur Lô Gourmo. « Notre enseignement est devenu schizophrène. Nos enseignants sont désespérés », déplore-t-il.
Face à cette situation, le président Ghazouani a commencé à agir. En février 2020, le gouvernement a décidé d’ouvrir une concertation nationale sur le sujet. Les résultats catastrophiques du baccalauréat 2021 ont accéléré la démarche et, du 21 au 24 octobre, 14 ateliers régionaux regroupant 878 participants et plus de 1 million de visiteurs en ligne ont débattu des problèmes et des solutions.
20 % du budget de l’État d’ici 2024
Syndicats, enseignants, autorités pédagogiques, élus, parents d’élèves, représentants de la société civile se sont penchés sur la carte scolaire, la gestion des ressources humaines, la formation à la citoyenneté, l’unification du système éducatif, le cursus scolaire, le préscolaire, l’enseignement des sciences, le privé, l’alphabétisation, etc.
Le grand déballage a permis de dégager un consensus dont la synthèse a été publiée le 19 novembre par le ministère de l’Éducation nationale. Le point central concerne le retour sur la réforme de 1999, afin de faire une place aux langues négro-africaines dans un enseignement où l’arabe demeurera la langue principale et où le français et l’anglais auront le statut de langues « d’ouverture ».
Les ateliers régionaux ont également proposé de multiplier le salaire des enseignants par quatre et leurs allocations familiales par dix. Ils demandent aussi que le budget de l’Éducation nationale représente au moins 45 % du budget de l’État. Rappelons qu’il ne pèse aujourd’hui que 12 %, une proportion que le président veut porter à 20 % d’ici 2024.
Depuis 2019, le gouvernement a cherché à remédier aux carences les plus criantes ; 5 000 enseignants ont été recrutés et 710 classes réceptionnées. Les indemnités d’éloignement et de « craie » ont été doublées.
Des zones d’éducation prioritaire ont été créées ainsi qu’une formation continue pour 5 000 professeurs. Les cantines scolaires – jusque-là inexistantes – accueillent aujourd’hui 170 000 élèves, souvent très pauvres.
Ce faisant, le pouvoir a paré au plus pressé avec des moyens limités. Sera-t-il capable de s’attaquer à la racine des problèmes du système éducatif, à savoir sa politisation à outrance ?
« Le chef de l’État cherche à l’évidence un accord de compromis avec toutes les parties prenantes, répond Lô Gourmo. Il ne s’implique donc pas dans la posture des partisans de l’arabisme à tout crin. Cela laisse une certaine marge pour la réforme. »
Par un post publié sur la page officielle Facebook https://www.facebook.com/92501672621/posts/10159627093157622/ , la représentation américaine en Mauritanie annonce la rencontre entre l’ambassadrice et le député Biram DahAbeid et président des réseaux IRA-Mauritanie, ce jour 24 novembre 2021 à Nouakchott.
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~ Ci-après l’élément média :
« التقت السفيرة كيرشت مع النائب البرلماني ورئيس حركة إيرا السيد برام الداه عبيد لمناقشة آخر التطورات السياسية والاجتماعية في موريتانيا. وركز الاجتماع على مناقشة أفضل السبل لتعزيز حقوق الإنسان ومحاربة العبودية وتحسين الاندماج السياسي في موريتانيا والمنطقة. وإدراكًا منها بأن النضال من أجل العدالة هو معركة عالمية، عرضت السفيرة على السيد برام مشاهدة بعض الأعمال الفنية التي تكرم الانعتاقيين المعروفين في الولايات المتحدة.
L’Ambassadeur Kierscht a rencontré le Député et Président de l’IRA, M. BiramDah Abeid, pour discuter des derniers développements politiques et sociaux en Mauritanie. La réunion s’est focalisée sur la meilleure façon de promouvoir les droits de l’homme, de lutter contre l’esclavage et d’accroître l’inclusion politique en Mauritanie et la sous région. En plus, reconnaissant que le combat pour la justice est un combat mondial, l’Ambassadeur a offert à Biram l’occasion de voir son œuvre honorant les célèbre abolitionnistes américains. IRA Mauritanie »
— Nous tenons à clarifier si besoin il y a que nous sommes contre toute forme d’accaparement des terres au détriment des véritables populations rurales dont la terre constitue l’unique ressource. Autant nous condamnons avec la dernière énergie l’accaparement opéré par les lobbies affairistes autant nous dénonçons également l’accaparement des terres par les lobbies féodaux . Au Fouta , dans beaucoup de localité , quand il s’agit de se mobiliser pour défendre les terres se sont tous les habitants du village qui se mobilisent mais quand il s’agit d’ en bénéficier , ou de les exploiter seule une petite minorité en profite. Cet état de fait existe malheureusement dans plusieurs villages et fait que des surfaces énormes sont maintenues en jachère ou sont sous exploitées, pris en otage pendant que d’autres populations en ont besoin . Cela est difficilement défendable . Dans notre contexte de sous-développement dans lequel les ressources deviennent de plus en plus rares , la terre est si précieuse et nécessaire que nul n’a le droit de la maintenir morte. Il n’est donc ni équitable ni juste de défendre l’un et de couvrir l’autre , ils sont tous les deux à dénoncer et à condamner. Je saisis cette occasion pour me joindre aux populations de Ngawlé afin qu’elles puissent bénéficier de leur droit légitime à bénéficier en priorité de leur ressources naturelles.
Je ne peux qu’exprimer mon désaccord avec le rapport de synthèse générale publiée à la suite des concertations sur la prochaine réforme du système éducatif. S’il faut féliciter une démarche consistant à discuter avec les mouvements des luttes linguistiques du pays, de reconsidérer la question des langues longtemps négligée et étouffée par des gouvernements successifs, il est tout aussi nécessaire de rester vigilent sur la bonne tenue de ces concertations et à veiller sur l’établissement et le maintien d’un équilibre linguistique dans tous les aspects des solutions proposées. Bâtir un système basé sur les langues que les populations mauritaniennes parlent est un impératif de développement pour des raisons évidentes : notamment, l’élimination de l’obstacle linguistique dans la pénétration des sciences, qui pourra s’opérer plus tôt dans l’âge, plus vite et dans une mesure plus large dans la population. Les bénéfices transversaux au niveau du développement « culturel » de la société sont également nombreux et ont une vertu considérable. Dans le contexte mauritanien, une dimension importante du problème est celle de la justice linguistique, mère de toutes les autres. Aucun mauritanien épris de justice, et ayant un peu de suite dans les idées, ne peut observer sans réagir la construction d’un système dans lequel les matières scientifiques ne seront apprises qu’en Arabe. Il est évident qu’un tel système occasionnera inévitablement une sélection fortement biaisée des futures générations en faveur des locuteurs du Hassaniya, qui est un dialecte de l’Arabe. Cette sélection anormale, contrairement à celles -tout aussi anormales- auxquelles on est habitué jusque-là, aurait cette fois une base légitimée et elle serait donc inattaquable en tant que telle. En ce sens, nous serions en face d’une programmation, calculée ou fortuite, d’un logiciel discriminatoire qui, même si à l’entrée accepte les mauritaniens de toutes origines culturelles, aura des tendances naturelles à sélectionner les Hassanophones à la sortie. Et ce rapport dont il est question mentionne de façon peu complexée cette recommandation dangereuse. Même s’il y est écrit ça-et-là, de façon contradictoire et peu convaincante, qu’il faut que tout enfant mauritanien puisse apprendre dans sa langue. J’attire donc l’attention des mauritaniens sur cette injustice inquiétante que ce rapport laisse entrevoir. Le système qu’il faut aux mauritaniens, pour le bien de sa cohésion et de son vivre-ensemble, est un système juste, qui donne aux filles et fils du pays les mêmes chances de développement culturel et de réussite éducative. Cela passe par une justice linguistique au niveau de nos moyens d’acquisitions des connaissances. Il est une grave erreur de penser qu’une uniformisation linguistique, qui occasionnera de façon structurelle un si grand déséquilibre dans la sélection des nouvelles générations, serait la clé de notre entente nationale. On peut tout au plus espérer parler la même langue lorsque l’on s’entretuera à cause d’une telle idée naïve. Seule la justice linguistique, garantissant les mêmes moyens éducatifs et d’accès aux sciences et à la culture, de façon générale, peut annihiler les frustrations et éliminer tous les biais sélectifs à conséquences discriminatoires. Ainsi, il est non négociable de fournir aux langues Pulaar, Soninké et Wolof les mêmes moyens que ceux attribués à l’Arabe : les matières scientifiques peuvent et doivent être apprises dans ces langues aussi.
La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S) a été alertée par un communiqué de l’organisation IRA-Mauritanie sur un possible blanchiment d’un cas avéré d’esclavage en cours, à Aïn Varba, une localité de la région du Hodh El-Gharbi, qui est à 800 km de Nouakchott, la capitale Mauritanienne. Nous exprimons vos vives inquiétudes d’une éventuelle complicité de certains magistrats, qui auraient tendance à couvrir des actes odieux de l’esclavage.
Nous vous citons ses passages de la déclaration IRA-Mauritanie, qui date le 10 novembre 2021 : « Le magistrat en question, Mohamed Abdallahi Ould Ahmedou écouta les parties présentes, en l’occurrence le présumé fauteur Cheikhna Ould Chehlawi, la victime Mariem Mint Cheibani et ses deux rejetons. La cadette Salka, encore mineure selon une vidéo fameuse qui circule sur internet, a été donnée en guise de cadeau de mariage, par Cheikhna Ould Chehlawi, à sa propre fille Selemhe; la mère de Salka confirma les faits et griefs, y compris face au parquet. Depuis des années, la dame, bénéficiaire du présent humain, fait travailler l’enfant, chez elle, à Nouakchott.
Or, le Procureur de la république, en vertu des réflexes habituels qui consistent à octroyer l’impunité aux groupes dominants, fit ramener la petite Salka, de Nouakchott à Aïoun mais ignora sa maîtresse, Selma Mint Chehlawi. Pire, il entérina les allégations mensongères selon lesquelles l’ainée des deux esclaves – de son prénom Cheikhna, suivant le vœu du maître – serait majeure, ce qui expliquerait sa présence au service de ce dernier. Il importe de noter, ici, que les filles et leur maman ne possèdent aucune pièce d’état civil ; cependant, la mère aurait été enrôlée mais ne jouirait de ses papiers d’identité que par la volonté de son bourreau : elle en userait les jours de scrutin ou lors du retrait des vivres, au titre de la prévention des risques de famine. Bien entendu, Cheikhna Ould Chehlawi veille à récupérer le fruit puisque Mariem Mint Cheibani lui appartient.
En effet, faisant fi de toutes les lois incriminant l’esclavage en Mauritanie, il continue d’assujettir les femmes et hommes, de couches vulnérables, en les faisant travailler sans rémunération ; il en offre l’usage, plus ou moins occasionnel, à sa progéniture. Le notable Cheikhna Ould Chehlawi possède plusieurs serviteurs et les exhibe, fièrement au tribunal, pour qu’ils témoignent en sa faveur et le protègent des rigueurs de l’égalité et de la citoyenneté. »
Il est inacceptable pour nous en tant qu’organisations de la société civile africaine, panafricaine, Européenne, des défenseurs de droits humains, d’apprendre qu’en 2021, des êtres humains sont offerts comme des objets en cadeau de mariage corvéable à merci du maitre. Voila une situation qui nous ramène au moyen-âge malgré l’existence d’un arsenal juridique en Mauritanie. Nous apportons notre soutien sans faille à l’organisation IRA-Mauritanie dans son noble combat contre l’esclavage, qui est un crime contre l’humanité.
Nous recommandons à l’exécutif et au système judiciaire Mauritanien : –Que les magistrats appliquent strictement la loi incriminant l’esclavage et ses séquelles en vigueur dans le pays sur les esclavagistes et les apologistes de toute forme de l’esclavage ; –De mettre en place des structures d’accueil pour les victimes du phénomène d’esclavage, les assurer une formation afin qu’elles s’intègrent dans la société dans le long terme. Construire des écoles et centres médicaux dans les villages des victimes de l’esclavage ; –L’indemnisation les victimes de l’esclavage qui les permettra de s’intégrer dignement dans la vie de citoyens libres. Des terres irrigables et habitables pour toutes les victimes de l’esclavage et du racisme.
Le 20 Novembre 2021
Liste des organisations signataires Waraba d’Afrique IRA-France Kane d’Afrique MSDH ARMEPES-France RMFP-Mali A.H.M.E ASEPT-Sénégal A.C.D.E Ganbana-International Collectif Un Passé Trop Présent
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