Mauritanie/Politique : Remarques liminaires à la conférence de presse du 4 décembre 2019, par le député Biram Dah Abeid

Birame Dah député, candidat à l’élection présidentielle de juin 2019

Remarques liminaires à la conférence de presse du 4 décembre 2019

A la suite d’une annonce, par des collègues députés, d’une commission d’enquête sur les crimes économiques de la décennie, je tiens à lever le doute relatif aux allégations de mes prétendues réserves.

🔹️1. Je soutiens toute investigation indépendante qui contribuerait à établir la vérité sur la mauvaise gouvernance et la délinquance en col blanc, de la part des agents de l’Etat et réfute toute forme d’immunité au profit des contrevenants. Cependant – et il s’agit ici – d’une condition préjudicielle, je n’accorderais mon concours ni celui de mes compagnons de lutte, à une telle initiative tant que les auteurs ne prendraient l’engagement, solennel et écrit, de voter l’abrogation de la loi « Loi numéro 93-23 du 14 juin 1993, portant amnistie » des crimes d’épuration ethnique. Je demande, aux promoteurs de la Commission d’enquête, de bien vouloir signer leur résolution à effacer, de notre corpus législatif, cet obstacle de la honte. Ainsi, à la mémoire des centaines de soldats tués de sang froid, des victimes civiles de la torture, de la déportation, de la spoliation foncière et de l’humiliation, nous rétablirions l’échelle de valeurs de l’humanité, quand elle place l’intégrité du corps et de la vie, au dessus de la matière. Un pays libre, s’il aspire au respect, se doit, à l’évidence, d’éradiquer la banalisation du racisme et son substrat, le déni par le silence. Sans la promesse, individuelle, de voter la levée de la norme scélérate de 1993, je ne participerais à aucune entreprise de moralisation, parce que la sélectivité y prévaudrait.

🔹️2. Si mes collègues acceptent ce préalable minimal du point de vue de l’éthique, je m’associerai à eux, sans réserve et irait au terme de l’effort commun. Néanmoins, en guise d’avertissement, il convient de rappeler que l’opération d’assainissement ne s’arrêterait plus à l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz mais couvrirait l’ensemble des infractions imputables aux bénéficiaires de ses deux quinquennats. Je suis d’autant plus à l’aise dans le zèle envers l’industrie tribale de la rapine que nos électeurs et partisans n’en ont jamais tiré fortune. Depuis la constitution du capital privé national sous les régimes de junte, licences de pêches, subventions, prêts sans garantie, exonérations de taxes, permis d’exploration minière, agréments de banques, importation de faux médicaments, tolérance de diplômes frauduleux, nominations complaisantes et bien des forfaitures du genre n’enrichissent ni ne reproduisent que le noyau de la domination ethnique. Une vraie tentative d’assainissement de la gestion de l’Etat, selon la dynamique « mains propres » ou « tolérance zéro », ne saurait viser une seule personne.

🔹️3. Une faction de législateurs qui entend jouer, à plein, son rôle de gardien du droit, est tenue de diligenter une demande d’information, au gouvernement, sur les pratiques de torture et le classement des plaintes visant les auteurs d’esclavage, pendant la décennie écoulée. L’une de nos lois qualifie un tel « crime contre l’humanité » et, pourtant, nos juges endoctrinés à l’école de l’extrémisme, continuent à décourager les victimes et dédouaner les tortionnaires ; le récente affaire Ghaya Maïga illustre mon propos. Demain, n’importe lequel de nos concitoyens peut subir l’arbitraire et la contrainte physique. La roue de l’histoire tourne.

🔹️4. Enfin, les élus de l’Assemblée nationale, pour leur honneur, devraient annuler l’article 306 du code pénal, qui viole nos engagements internationaux en matière de protection de la personne contre les groupes terroristes et la haine religieuse. Je tiens, ici, à rappeler que la Mauritanie ne peut prétendre combattre le jihadisme au titre du du G5 Sahel et continuer d’appliquer le programme juridique de Daesh. C’est un non-sens et une imposture monumentale envers nos alliés dans la guerre. Il est temps de lever l’hypocrisie. Ce genre d’hypocrisie tue.

En conclusion, je le répète, à l’endroit de mes collègues députés : soit nous sommes une chambre d’enregistrement – et alors vivons à l’ombre du pouvoir exécutif – soit nous respectons le suffrage de nos compatriotes ; le second choix comporte l’obligation de légiférer en conscience, dans l’intérêt général. Comme l’exprime si bien le proverbe hassaniya, « la discrétion et l’avidité sont incompatibles ». Je n’insulte et ne renvoie nulle accusation mais souhaite, seulement, élever le discernement et la vérité au rang de vertu parlementaire.

©️ Crédit source : Réseaux Politiques IRA-MAURITANIE et SAWAB

Mauritanie- Journée mondiale de l’abolition de l’esclavage : la déclaration du président de la CNDH

CNDH – A l’instar des autres pays du monde, la Mauritanie célèbre, aujourd’hui 2 décembre, la journée mondiale de l’abolition de l’esclavage.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) saisit cette opportunité pour rappeler que l’option de combattre ce phénomène et ses séquelles est irréversible dans ce pays où elle représente l’unique voie sure pour bâtir un Etat de droit et réconcilier notre société avec elle-même.

Tout en louant le soutien dont elle jouit à tous les niveaux de la part des pouvoirs publics mauritaniens, en particulier lors de sa récente caravane qui se poursuit encore, la Commission exprime sa satisfaction pour le traitement réservé par la justice au dossier de l’esclavage, ce qui s’est traduit tout dernièrement à travers les verdicts prononcés récemment à Néma contre des personnes accusées puis condamnées pour pratiques esclavagistes, au cours d’un procès qui s’est déroulé en présence de la CNDH qui y assistait en tant qu’observateur.

La Commission exprime à cet effet sa grande satisfaction pour le comportement hautement appréciable des organisations non gouvernementales des droits de l’Homme et pour leur attitude positive à l’endroit des programmes qu’elle met en œuvre.

Cette attitude positive des ONG a été ressentie à travers leur participation à la caravane des droits de l’Homme ainsi qu’à travers leur concertation et échanges avec la CNDH dans divers domaines.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme souhaite que l’ensemble des parties, autorités nationales, magistrats et organisation de la société civile, poursuivent leur avancée, la main dans la main, en toute harmonie et dans l’apaisement total, afin de surmonter tous les écueils sur la voie de la promotion des droits humains.

Le président,

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni

©️ Crédit source : http://www.cridem.org (2/12/19)

La culture est-elle nos ancêtres étaient comme ça et nous devrons être comme ça ? Par Boulaye Diakhité, chercheur en sociologie

Si toutes les cultures méritent la même attention, elles n’ont pas socialement le même intérêt. Il s’agit ici d’une réflexion de ce qu’on appelle chez les soninkés notre culture.
Dans cette courte analyse, je ferai de mon mieux de ne pas rencontrer tout ethnocentrisme dans ce qu’on appelle notre culture. S’il arrive dans mon analyse que la culture soninké se veut le centre de toute chose, que tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à elle donc elle est à disqualifier. Il s’agit d’un vocabulaire à parler des autres cultures, qu’il y a une référence à l’animalité et à la barbarie. C’est une façon de conserver sa légitimité en délégitimant les autres.

Ce qu’on appelle notre culture chez les soninkés : Je vivais dans un royaume je dois continuer à vivre dans le royaume, mon ancêtre cautionnait l’esclavage et je dois le cautionner. Non ce n’est pas de la culture ça, il s’agit de quand on pense ça nous arrange. Dans la culture soninké, on trouve plus le naturel que le réel ; l’immobilité sociale que la mobilité sociale. Je m’explique dans la conception soninké, c’est la nature qui veut qu’on soit marabout, esclave, guerrier etc… c’est à dire l’individu ne devient pas, l’individu né. Or, personne ne naît pilote, médecin, etc. On devient. Ce qui est valable pour tout ce qu’on prétend de naturel. Dans cette conception naturelle de la culture, il n’y a rien de vrai, on devient sociologue, médecin, chef de village, marabout etc. Si la culture était naturelle nous n’aurons pas à souffrir. Mon père est sociologue, je deviens sociologue puisque je porte ces gènes mais malheureusement ce n’est pas le cas. Mon père est riche, je deviens riche ; je n’ai pas besoin de travailler ; combien de personnes sont nées ayant des parents riches devenus pauvres ; de pauvres étant devenus de riches. Il n’y a pas une loi de la nature valide cette théorie de la culture soninké. Si on devient donc on n’a le choix de changer et choisir ce qu’on veut devenir.

– Devenir ou même penser à devenir imam, élu politique est renvoyé aux origines génétiques de l’individu soninké ;
– Penser à devenir chef de village est génétique ;
– Des familles entières privées à des responsabilités parce qu’ils sont descendants d’une caste dite inférieure.
– Devenir esclavage génétique ; marabout génétique, chanteur lié aux gènes des esclaves et griots ; pourtant on trouve aujourd’hui dans les gènes de ce qu’on appelle marabout et guerrier de bons chanteurs et danseurs ;
– Étranger installé dans un village soninké, on lui donne des gènes esclaves ; pourtant les soninkés se considèrent comme des grands voyageurs, migrants à s’en tenir à la conception soninké de l’esclavage, il n’existerait aucun soninké noble ;
– Un espace villageois, ces citoyens ne jouissent pas de mêmes droits fondamentaux.

Ce pourquoi, toutes ces questions qui nous amènent à mettre une interrogation à ce qu’on appelle notre culture et qu’est ce que la culture ?

La culture est un terme polysémique, issu d’un long processus de construction historique. Elle est la somme des savoirs accumulés et transmis par l’humanité. Ici on peut parler de changement social. S’il y a changement social, il y a changement culturel. La société soninké est connue pour son conservatisme. Elle est contre tout progressisme. Ce qu’on appelle notre culture soninké reste en faveur des valeurs et normes traditionnelles (esclave et dépendance). Notre système est contre l’indépendance des individus, contre les lois de la république. L’ethnocentrisme est au cœur du modèle culturel soninké. Nous n’avons d’autre choix que de le disqualifier.
La culture va au delà de toute distinction de peuples et de classes. Le mot culture est souvent associé aux idées de progrès, d’évolution, d’éducation. Le terme culture est un terme proche de la civilisation. La civilisation est un processus qui arrache l’humanité à l’ignorance et l’irrationalité. Elle est un processus de raison et d’amélioration. Ce processus de civilisation est lié au progressisme, même si certains sont plus civilisés, la raison humaine a pour vocation entrer tous les humains dans ce mouvement.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (du 2/12/19)

Mauritanie/ Politique : 《chef de l’État à chef du Parti : du politiquement incorrect》 Par Sneiba Mohamed

Le retour. Tel peut être le titre à donner à ces événements qui se succèdent depuis deux semaines. En rentrant au pays trois mois seulement après avoir quitté la présidence, Ould Abdel Aziz relance le débat autour de son rapport au pouvoir. Et à Ghazouani, son vieil ami, devenu président à la place du président.
Et c’est justement cette configuration politique nouvelle qui crée un climat de tension entre frères d’armes. Une situation insolite due au fait que, pour la première fois, un président sortant revient à la politique en voulant conserver le « commandement » du parti (du pouvoir) et continuer, à découvert, d’exercer une autorité parallèle. Un peu à l’image de cet échafaudage qui a permis, à l’ex président Kabila (RDC) de tenir en laisse Félix Tshisekedi pourtant élu président de la République « à la régulière », si l’on fait fi des accommodements mis en œuvre par le pouvoir pour ne pas lâcher le pouvoir.
Vue de cette manière, l’on peut qualifier de « politiquement incorrect » le comportement de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Comment peut-on comprendre autrement cette volonté, manifestement étrange, de vouloir bousculer un ami qui vous a laissé faire, dix ans durant, se contentant de tenir son rôle de chef d’état-major des armées astreint à la réserve ?
L’explication : « l’ancien président a le droit de faire de la politique » est raisonnable mais elle pèche sur plusieurs plans quand on la confond avec cette précipitation à vouloir utiliser le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR), comme un cheval de Troie permettant à Ould Abdel Aziz d’user – et même d’abuser – d’un pouvoir parallèle que lui-même n’a jamais voulu partager quand il était à la tête de l’Exécutif.
On peut expliquer ce comportement inamical d’Ould Abdel Aziz par le seul fait qu’il s’était trompé sur l’appréciation de sa décennie calamiteuse. Et sur ce qui allait se passer après sa sortie du pouvoir.
Très vite, il s’est rendu compte qu’à Nouakchott, les choses ne se passent pas comme prévu. L’absence du « président des pauvres » est de plus en plus vécue comme une libération, au sens vichyste du terme. Les mauritaniens commencent petit à petit à le ranger dans le placard de l’histoire sans gloire, sans parvenir toutefois à oublier le mal dont les effluves suintent de partout. Ce qui relevait des rumeurs et des supputations sur des saccages économiques se transformait, le changement de pouvoir aidant, en convictions. Une de celles-ci aidait à comprendre : Aziz ne reviendra plus. Fraude fiscale, corruption, enrichissement illicite, c’est ce qu’il a légué à des mauritaniens qui se rendent compte, tardivement, de l’ampleur des dégâts. Le pays part en lambeaux. Ghazouani gère une nouvelle situation de crise. Economique s’entend. Politiquement, il poursuit son ouverture sur une opposition qui n’en demandait pas plus. Le « candidat du consensus » devient rapidement le président qui rassemble, qui ne fait pas de la confrontation un style de gouvernance. Ceux qui pensaient possible une « continuité » entre un homme adepte du « ça passe ou ça casse » et un autre qui fait preuve d’une sérénité à toute épreuve se rendent compte, rapidement, qu’ils ont perdu la partie…et le Parti.
Il faudra maintenant que la majorité « libérée » se réorganise autour de son nouveau chef pour l’aider à réparer le navire, à colmater les brèches. Il faut aussi que l’opposition, s’en tenant à son rôle de pendant du pouvoir, appréciant et jugeant sans excès, déploie tout son savoir-faire pour aider à l’exercice d’une démocratie véritable. Car le vrai changement a peut-être commencé maintenant avec un Ghazouani dont la « froideur », opposée au « zèle » de l’autre, pourrait convenir à nos mœurs politiques. Celles qui nous ont évités de sombrer, en 2011, dans ce « printemps arabe » dont on s’est rendu, très vite, qu’il était « inutile et incertain ».

Sneiba Mohamed

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur (Du 30/11/2019)

Biram à Inal : sous le sceau du recueillement

Le Calame – Rendu tristement célèbre par l’exécution de 28 soldats négro-mauritaniens lors de la célébration du 30 ème anniversaire de l’indépendance, Inal est, aujourd’hui, 29 ans après une localité fantôme. Au fil de l’amplification de la barbarie commise le 27 novembre 1990, la localité s’est vidée de ses habitants.

Les dunes de sable ont pris possession de nombreuses bâtisses tombées en ruines. L’école, faute de fréquentation, est fermée. Tout comme le dispensaire faute de patients. Ceux qui sont restés se comptent sous le bout des doigts.

Ce jeudi 28 novembre 2019, l’émotion était à son comble. Biram Dah Abeïd, accompagné de son ancien directoire de campagne composé de l’honorable Coumba Dada Kane, de l’ex ministre Oumar Ould Yali et de la délégation d’accompagnement se sont recueillis sur les tombes des victime sous les regards indifférents du chef d’arrondissement (intimant aux journalistes de ne pas filmer ou de photographier), du maire et d’une poignée d’habitants de la localité.

Pour Biram Dah Abeïd, « ce déplacement à Inal ( le second après celui de 2011 ndlr) doit s’inscrire pour de bon dans les dates de la vie de la nation mauritanienne. La date du 27novembre doit être retenue comme la journée des martyrs d’ Inal, de Jreida, de Laguerra, d’Azlat, un peu partout où sont disséminés les fosses communes, les tombes anonymes de ces martyrs qui ont péri dans le cadre de cette épuration ethnique qu’ont vécue les mauritaniens qui continuent à être une plaie béante qui n’a pas été encore soignée, ni ne s’est cicatrisée » . Selon le leader abolitionniste, des préalables s’imposent.

« D’abord l’abrogation de l’amnistie de 1993 qui absout ceux qui ont commandité, qui ont pensé et exécuté ces crimes de sang, ces assassinats collectifs ».

Un autre préalable s’impose, avancé par le président de IRA Mauritanie : « c’est le retour de tous les déportés. Je pense au doyen Aldiouma Cissokho, à son association de réfugiés basée au Sénégal et autres réfugiés au Mali.

Il faut une réhabilitation totale et solennelle des victimes dont les noms ont été souillés par la propagande de l’Etat avant que leurs corps, leurs âmes ne tombent sous le coup de cette barbarie.

Il faut aussi la révision de ce qui a été déjà fait comme réhabilitation modique, réparation indigne, réparation opaque par une procédure et des méthodes pas du tout transparentes. Je pense qu’il faut encore repenser le vivre ensemble dans des journées de réflexion de communion nationale entre les communautés mauritaniennes et les langues ».

Concrètement, indique le député, « il faut travailler à avoir un rapport de force au sein de l’assemblée nationale qui pourra renverser cette vapeur c’est-à-dire je pense que le mandat prochain si notre parti est autorisé sera un mandat où nous détiendrions une force non négligeable au sein du parlement.

Le premier acte c’est de mettre en œuvre une loi abrogeant cette amnistie infamante. Il est clair aussi que moi Biram, si je prends le pouvoir en Mauritanie, si je suis président de la République, j’opérerai de changements notoires sur ce dossier à savoir l’institutionnalisation du journée de deuil et journée des martyrs, le 27 novembre, la mise en place d’une justice transitionnelle, de réparation et de réconciliation sur ce dossier très grave», a-t-il promis.

Biram Dah Abeïd a exprimé sa pensée aux victimes, aux rescapés, aux veuves et orphelins (Djary Toumbo, Maimouna Sy, mère Houleye Sall, Bocar Kamara et à tous les autres) de ce « drame qui n’a pas connu la vérité et la lumière, les réparations nécessaires et la mémoire nécessaire ».

Profitant de la circonstance, le président de IRA Mauritanie a lancé un appel à tous les mauritaniens et mauritaniennes, et au chef de l’Etat de bien « faire son devoir de mémoire », de « rétablir la vérité nécessaire », « la lumière nécessaire, de procéder aux réparations à la mémoire de ces victimes ».

Pour Oumar Ould Yali, « depuis assez longtemps, le problème reste sans solution. Or, si vraiment le pays doit avancer, si vraiment le pays souhaite s’inscrire dans la lignée des pays dits de démocratie, de justice, les problèmes ne doivent pas être occultés en général et plus particulièrement des problèmes de ce genre.

J’espère qu’avec ce tournant décisif dans l’histoire de notre pays les orphelins et les veuves puissent connaître la lumière sur les exactions, que justice soit faite afin qu’une solution soit trouvée pour que le pays redémarre sur de nouvelles bases ». Coumba Dada Kane estime que le dossier du passif humanitaire a trop duré. Elle appelle les mauritaniens d’un seul bloc à faire des pressions sur Ghazouani pour que la lumière soit faite sur ces exactions extrajudiciaires.

Pour Sow Souleymane, orphelin, «aucune réconciliation ne peut se faire en Mauritanie tant que le dossier du passif humanitaire n’a pas été élucidé ».

Après avoir quitté Nouadhibou en début d’après-midi, la délégation de l’ancien directoire de campagne du candidat à la présidentielle n’a pu rallier Inal qu’au petit matin.

Aussitôt après le cérémonial de recueillement, Biram a fait cap sur Chami où dès son arrivée, il s’est entretenu avec les autorités locales avant de tenir durant la soirée un rassemblement avec ses partisans.

©️ Crédit source : reprise sur cridem.org

RIM Sport – CAF : Lassana Camara coopté au sein du panel des experts média

RIM Sport – La Mauritanie fait son entrée au sein du panel des experts média de la Confédération Africaine de Football (CAF).

Le journaliste sportif Lassana Camara , par ailleurs consultant sportif et promoteur du site Mauritaniefootball.com, vient d’intégrer ce cercle restreint de la CAF. Les experts de ce panel auront notamment en charge la gestion des questions médias et commissions de la CAF.

C’est sur Camara que la Fédération Mauritanienne de Football a misé pour intégrer ce prestigieux panel africain. Une consécration méritée pour notre confrère Camara. Félicitations !!!

©️ Source Crédit : cridem.org

Communiqué de presse : un cas d’apologie d’esclavage et d’injures porté devant la justice en Mauritanie.

À partir ce 26 novembre 2019, un dénommé fousseni soumani Camara ( surnommé donald trump 2 chez les soninkés) fait l’objet d’une plainte pour l’apologie de l’esclavage et injures à caractère esclavagiste, introduite par les militants abolitionnistes et anti-esclavagistes. Ce monsieur connu pour sa virulence verbale via le réseau whatsapp insultait depuis 3 ans les citoyens d’ethnie soninké qui refusent l’esclavagisme coutumier par ascendance.

Ainsi il est rattrapé par ses agissements répétitifs de provocateur soutenu par les milieux féodalo-esclavagistes soninkés notamment le groupuscule whatsapp d’extrémistes appelé abusivement « democratia Islamique » présidé par boubakar Camara dit Moustafa Camara originaire de Dafort dans le Guidimagha mauritanien.

Hier 27 novembre 2019, fousseni camara a été conduit au tribunal à Nouakchott, après une brève audition des 2 parties, avec les premières preuves exposées par les plaignants, le juge a ordonné sa détention en vue d’un procès à venir. À noter la forte mobilisation des militants abolitionnistes de tous les bords, notamment les membres du mouvement IRA-MAURITANIE, avec un sit-in devant le commissariat et par la suite auprès du tribunal. Nos vifs remerciements à celles et à ceux qui se sont mobilisés pour soutenir et plaider de près ou de loin sur ce cas évident de provocateur apologiste de l’esclavage coutumier. D’autres dossiers d’apologie d’esclavage sont en cours de constitution et seront exposés aux autorités judiciaires prochainement.

Par ce communiqué, les membres du mouvement d’éveil citoyen et humaniste luttant contre l’esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké, saluent cette décision de fermeté du juge et vont suivre de près l’évolution de ce dossier entamé. Nous tenons à dénoncer les provocations suscitées par les soutiens de fousseni Camara devant le commissariat de Sebkha en narguant par des gestes et discours nos militants en sit-in pacifiquement.

Nouakchott 28/11/2019

P/ la communication GANBANAAXUN FEDDE et partenaires.

Mauritanie/Agressions(Guidimagha) : Grave incident survenu à Hamdalaye Grave incident survenu à Hamdalaye

👆Extrait explicatif du doyen , le député Ladji Traoré

26-11-2019 17:16 – Grave incident survenu à Hamdalaye
Grave incident survenu à HamdalayeFONADH – Au cours de la dernière campagne électorale présidentielle, un grave incident sur fond de séquelle d’esclavage s’est produit à Hamdalaye commune de Hassi Chegar, wilaya du Guidimakha.En effet deux jeunes garçons d’origine esclave, sympathisants de Biram Dah Abeid, indignés par l’inégalité des moyens de sensibilisation surtout en matière de banderoles électorales, ont arraché des banderoles du candidat Mohamed Ould Cheikh Ghazwani qui couvraient des murs et même des arbres du village.Houssein Simbara Ali Camara chef de village représentant de la liste du candidat prétendant que les deux jeunes :- Diadié Ali Traoré– Bakary SangharéSont venus arracher des affiches collées au mur de son domicile, et il a tiré des coups de fusil de chasse (calibre12) blessant gravement l’un à l’épaule et le second à la jambe, la nuit du 15 juin 2019.Les blessés ont été transportés pour soins à l’Hôpital de Selibaby ensuite à l’Hôpital National de Nouakchott.Mais pour approfondir les soins les médecins de l’Hôpital National ont exigé les certificats médicaux des blessés qui étaient confisqués à la brigade de gendarmerie de Selibaby. Les parents des victimes Samba Diarra et Diadié Sangharé qui sont allés porter plainte contre le comportement du chef de village, n’ont pas à ce jour obtenu ni le certificat médical ni le procès-verbal de constat de la gendarmerie, le chef de village a été seulement convoqué par la gendarmerie et ne fut retenu qu’une matinée, puis a été libéré.Pour engager la procédure de poursuite devant la justice, les parents n’ont pas pu obtenir à ce jour les documents justificatifs.L’Association Mauritanienne de lutte pour l’éradication de l’esclavage et ses séquelles (AMEES) et le FONADH,- dénoncent ce comportement criminel et injustifiable du chef de village de Hamdalaye et,– les procédures de blocage des autorités judiciaires du Guidimakha.Nouakchott, le 22/11/2019Les signataires :- Association Mauritanienne pour l’Eradication de l’Esclavage et de ses séquelles (AMEES)– Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH),– Collectif des Anciens Fonctionnaires de la Police Victimes des Evénements de 1989– Collectif des Rescapés, Amnistiés, Détenus Politiques Civils Torturés(CRADPOCIT)– Collectif des Veuves,– Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits Humains en Mauritanie(CSVVDHM),– Groupes d’Etudes et de Recherches sur le Démocratie et le Développement Economique et Social (GERRDES),– Ligue Africaine des Droits de l’Homme (Section Mauritanie),– Regroupement des Victimes des Evénements de 1989- 1991 (REVE),– SOS – Esclaves,– Association des Femmes Chefs de familles (AFCF),– Association de la Femme Citoyenne Engagée (AFCE)– Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture SOONINKE (AMPLCS),– Association pour la Renaissance du Pulaar en RIM (ARPRIM),– Association pour le Renforcement de la Démocratie et de l’Education Citoyenne (ARDEC),– Association pour le Développement Intègre de L’Enfant (APDE),– Association pour la Promotion de la Langue Wolof en RIM (APROLAWORIM),– Association d’Appui au Développement à la Base (SALNDOU).– Ligue Mauritanienne des Droits de l’homme (LMDH),– Union Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal (UNRMS)Source : FONADH

《Comprendre Biram Dah Abeid à travers SARTRE.》 Par l’essayiste mauritanien Mohamed LAM

Un jour, dans une discussion, j’ai dit que Biram Dah Abeid était en avance par rapport à son temps. Entendons ici par temps, son environnement immédiat, le temps de l’espace culturel, traditionnel et CULTUEL Mauritanien.

Ce qu’il représente dépasse sa personne physique. D’ailleurs, je pense, qu’on ne peut et même on ne doit voir en Biram, Biram tel quel, mais le sens de son engagement. Il dépose un espoir sûr dans les esprits de ceux et celles qui croient en son projet politique.

En avance par rapport à son temps, selon moi, car il agit sur un terrain dont les idées, les croyances et les us et coutumes sont bloqués dans un passé moyenâgeux difficile à briser de l’intérieur.

Seulement, l’urgence du moment appelle à l’engagement politique et militant. Alors il faut agir.

Mais on constate bien que la question de la temporalité bute sur l’état d’esprit des personnes non encore suffisamment éduquées pour percuter et comprendre un message qui leur est adressé. Elle bute également sur l’orgueil et la stupidité de personnes qui voient en Biram, Biram tel quel.

Ces deux catégories de gens, MAURITANIENS, passent donc forcément à côté des messages porté par l’homme. Celui de la révolution des idées, celui d’un changement de paradigme, celui de l’humanisme et du respect des droits humains ainsi que celui des libertés absolues inhérentes à la personne humaine dans un État de droit qui se respecte.

-La temporalité statique :

Lorsqu’il analyse cette notion, J.P. Sartre dégage trois dimensions de la temporalité et reconnaît ces trois prétendus éléments du temps : passé, présent , avenir. Mais il ne l’ envisage pas comme « une collection de data dont il faut faire la somme

_Par exemple, dit-il, comme une série infinie de « maintenant » dont les uns ne sont pas encore, dont les autres ne sont plus_ mais comme des moments structurés d’une synthèse originelle ».

La temporalité est donc à prendre ou à laisser dans son sens entier et « la seule méthode possible pour étudier la temporalité c’est de l’aborder comme une totalité ».

Sinon nous rencontrerons ce paradoxe : le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore, quant au présent instantané, chacun sait bien qu’il n’est pas du tout ».

Je pense donc que le plus important dans la temporalité, c’est l’imagination et la préparation du demain. La Mauritanie manque d’hommes politiques visionnaires capables de proposer une société civile et politique à travers les imaginaires mauritaniens dans leur multiplicité, leur diversité.

Mon soutien à cette vision porté par l’homme en l’espèce est indéfectible. Le futur est à préparer avec un oeil sûr sur les choses actuelles…

Bonne réflexion à tous 🙏

©️ Crédit source : post FB de l’auteur (du 22/11/19)

DÉCLARATION : LETTRE DE DÉNONCIATION ET DE MISE EN GARDE (français)

Au Royaume d’Arabie Saoudite.

Copie adressée aux institutions religieuses du monde islamique.

Objet : Dénonciation et plainte contre Mahamadou Touré

Nous, Associations antiesclavagistes de l’Afrique de l’Ouest de la communauté soninké, avec nos partenaires, nous portons à la connaissance des autorités Saoudiennes et à l’Oumma Islamique, la diffusion de prêches qui autorisent l’esclavage entre des musulmans au nom du Saint Coran. Ce sont des prêches qui portent atteinte à l’image de l’Islam dans le monde. Tout mensonge diffusé au nom d’Allah, le saint Coran et son prophète Mohamed (PSL) est un blasphème. Le coran, livre universel appelle à la paix, à l’unité des hommes, à leur connaissance mutuelle et à la dignité de tous. En effet, le projet divin pour l’homme a toujours été d’établir la justice et l’équité sur terre afin que la fraternité entre les hommes soit effective et devienne une réalité par la disparition des discriminations et la cessation des privilèges immérités. Les croyants, nous dit le Coran, « ne peuvent être que des frères ». Autrement dit, ils ne peuvent pas être autre chose que des frères, à moins de cesser d’être des croyants. Dans un autre verset, un appel est adressé à tous les humains pour leur rappeler leur origine commune. Allah dit « Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus dans le seul but que vous vous connaissiez mutuellement. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d’entre vous. Dieu est certes Omniscient et Grand Connaisseur ». Toute la philosophie de la révélation est résumée dans ce sublime verset. Il s’agit en définitive de nous connaitre mutuellement et non de nous dominer mutuellement, nous aider mutuellement et non que les uns spolient les autres, nous aimer mutuellement et non que les uns se considèrent comme privilégiés et donc supérieurs aux autres.
Le Royaume d’Arabie Saoudite abrite le haut lieu saint de tous les musulmans, nous sommes profondément blessés par les prêches de ce monsieur, originaire de la République du Mali, de l’ethnie Soninké, qui réside en terre sainte depuis de nombreuses années. Cet homme, du nom de Mahamadou Touré, porte atteinte à la dignité d’homme d’un bon nombre de musulmans dans la communauté Soninké qui se trouve à cheval entre plusieurs pays d’Afrique de l’ouest (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et la Guinée).

De 2000 à 2019, ce prêcheur qui dispose d’une grande audience au sein de la communauté Soninké avait diffusé plusieurs cassettes « audio » légitimant l’esclavage coutumier par ascendance entre les musulmans. Ce prêche scandaleux qui instrumentalise notre sainte religion en cautionnant des pratiques antéislamiques comme l’esclavagisme intra-africain organisé par des forces de la jahilya qui sévissaient sur le continent par des brigandages et autres trafics humains dans cette zone. Son discours apologiste de ces pratiques inhumaines a été la cause d’innombrables agressions de toutes sortes perpétrées par des esclavagistes Soninké sur d’autres personnes qui se sont révoltées contre cette situation inacceptable. Nous vous mettons en liens quelques images de ces atrocités.
En tant que responsables théologiques et moraux de l’Islam dans le monde, nous vous demandons d’entreprendre des poursuites judiciaires et administratives contre cet homme, nommé Mahamadou Touré. Nous attirons aussi l’attention des autorités saoudiennes sur le cas de ce prêcheur coutumier en terre sainte car ses disciples fanatisés commettent de graves crimes à l’endroit d’autres personnes considérées à tort comme leurs esclaves récalcitrants alors qu’elles sont musulmanes.
Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le musulman est le frère du musulman, il n’est pas injuste avec lui, il ne l’abandonne pas. Et celui qui s’occupe du besoin de son frère, Allah s’occupe de son besoin. Celui qui soulage un musulman d’un souci, Allah le soulage d’un souci parmi les soucis du jour de la résurrection. Et celui qui couvre un défaut du croyant, Allah le couvrira le jour de la résurrection ».

🔹️Les associations signataires :

ARMEPES-FRANCE, RMFP, ASSEP, SECTION UVDS-FRANCE, IRA – FRANCE, AHME et ÉGALITÉ SANS FRONTIÈRES

~ Nos contacts :

Téléphone : +33 6 46 61 66 22

Émail : ganbana@hotmail.com

Paris, 14 Novembre 2019

©️ Crédit source : Réseaux Abolitionnistes et anti-esclavagistes (en milieux soninkés)