✓Le président de l’Assemblée Nationale appelle à l’abandon de la stratification sociale pour bâtir l’unité

Essahraa – « L’abandon des habitudes rétrogrades fondées sur des classifications sociales injustifiées représente – sans aucun doute – l’une des garanties les plus importantes de l’unité de la société et un moyen de fermer la voie à ceux qui utilisent le discours de la haine et les appels sectaires et qui ont trouvé un environnement propice au développement de leurs idées dans un contexte de libertés et de généralisation de l’usage des médias sociaux ».

Le président de l’Assemblée nationale Cheikh Ould Baya a fait ces déclarations, dans son discours prononcé à l’occasion de la cérémonie de clôture lundi des travaux de la première session parlementaire ordinaire 2021 – 2022.

« Il l est temps que tous les leaders d’opinion : juristes, politiciens et intellectuels se réunissent pour dénoncer la mauvaise logique qui nourrit les mentalités dépassées qui se réfèrent à cette hiérarchie ».

Ci-après l’intégralité du discours du président du parlement :

***

« Messieurs les ministres,

Chers collègues députés,

Mesdames et Messieurs,

Nous clôturons aujourd’hui notre première session ordinaire pour l’année parlementaire 2021-2022 qui a connu, en plus de la discussion et de l’adoption de la loi des finances initiale de l’année 2022 et de la loi des finances rectificative de l’année 2021, l’adoption par notre auguste assemblée d’un ensemble de textes que nous espérons constituer une pierre supplémentaire dans l’œuvre de développement du pays.

Mesdames et Messieurs,

Allah, le Tout Puissant dit : « Certes Allah ne modifie pas l’état d’un peuple tant que les individus qui le composent ne changent pas d’eux-mêmes ce qu’il y a en eux». Il est en fait difficile d’évoquer la réalisation de développement durable dans n’importe quel pays du monde dans un contexte de démission de ses élites politique, religieuse, scientifique et intellectuelle par rapport à leur mission de sensibilisation et de conscientisation et à leur rôle de locomotive de la société sur la voie de l’édification d’un Etat de citoyenneté où prévaut l’égalité des chances et où tous les citoyens se sentent égaux en droits et en devoirs.

C’est dire l’importance des vues exprimées par le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à Ouadane qui a appelé les citoyens à transcender toutes les formes d’injustice héritées de notre patrimoine culturel et à purifier notre discours et nos comportements des préjugés et autres stéréotypes et faux clichés.

Les expériences de toutes les nations ont prouvé que le citoyen, qui est prêt à se sacrifier pour son pays est le citoyen qui est convaincu que la différence dans la jouissance des fruits de la citoyenneté repose exclusivement sur les critères de la disponibilité, du don de soi du patriotisme sincère, et non sur la base d’un héritage de l’appartenance à une tribu, une classe sociale, une race ou une région. Est-il raisonnable, par exemple, alors que nous nous trouvons au XXIe siècle, et plus de soixante ans après la naissance de la République, qu’un fonctionnaire ou tout membre de l’élite joue ouvertement et sans honte le rôle de chef de tribu ? Quelle logique juridique peut légitimer la tentative de certains de circonscrire le droit de l’Imamat à certaines familles, alors que nous sommes dans un pays dont la Constitution énonce que les dispositions de la religion islamique sont la seule source du droit ?

Or, il est connu de tous que les conditions de l’Imamat sont spécifiques et claires dans la jurisprudence, et que la base de la différenciation est la piété, comme en témoigne la parole du Tout-Puissant : (Le plus honorable d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux d’entre vous).

Mesdames et Messieurs ;

Si notre histoire, dont la plupart des chapitres ont été écrits hors du cadre d’un État centralisé et unificateur, a produit une hiérarchie sociale rigide, parfois basée sur la loi de la force au lieu de la force de la loi, et parfois revêtue d’un habillage religieux qui ignore que le Tout-Puissant Créateur a honoré les fils d’Adam, il est temps que tous les leaders d’opinion : juristes, politiciens et intellectuels se réunissent pour dénoncer la mauvaise logique qui nourrit les mentalités dépassées qui se réfèrent à cette hiérarchie.

Il est devenu clair que la responsabilité morale de la propagation et de la consolidation de telles mentalités rétrogrades est principalement imputable aux élites religieuses, politiques et culturelles qui les utilisent comme un véhicule pour obtenir des privilèges et une échelle pour atteindre leurs fins personnelles et assouvir leurs intérêts égoïstes.

L’histoire témoigne que les élites religieuses Arabes, Poulars, Soninkés et Ouolofs dans toute l’Afrique de l’Ouest ont pratiqué l’esclavage plus que les autres et sur les musulmans plus que les autres, et qu’elles ont fermé les yeux sur ce phénomène voire l’ont légitimé pour ceux qui le pratiquèrent par la force des armes.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas pour nous de juger l’histoire plus qu’à aspirer à ce que les élites religieuses actuelles des quatre composantes de notre société portent le flambeau de la purification de la vraie religion, de tout ce qui nuit à celle-ci et à la cohésion de la société.

Si l’honneur de combattre l’esclavage a été raté pour nos élites jusqu’à ce que les lois internationales le criminalisent, alors elles ne devraient pas perdre l’occasion de combattre les croyances et les comportements fondés sur le faux et le mensonge, et être plutôt le fer de lance de ce noble effort.

Mesdames et Messieurs,

Notre peuple, pacifique par nature, soucieux de la coexistence et de l’harmonie de ses composantes, et qui a toujours prouvé sa perspicacité et sa capacité d’adaptation à toutes les situations, a besoin – comme le reste des peuples du monde – de celui qui le guide vers un État de justice et de fraternité en présentant une fatwa éclairée basée sur une bonne compréhension de la Charia, et en diffusant une conscience citoyenne réconciliée avec son temps, en inscrivant les valeurs de citoyenneté dans les programmes d’enseignement, et en combattant tout ce qui perturbe son harmonie et la cohésion de ses composantes.

L’abandon des habitudes rétrogrades fondées sur des classifications sociales injustifiées représente – sans aucun doute – l’une des garanties les plus importantes de l’unité de la société et un moyen de fermer la voie à ceux qui utilisent le discours de la haine et les appels sectaires et qui ont trouvé un environnement propice au développement de leurs idées dans un contexte de libertés et de généralisation de l’usage des médias sociaux.

Mesdames et Messieurs ;

Vous appréciez que notre survie en tant que peuple est tributaire de notre unité, qui constitue la meilleure protection de notre pays, contre les risques et autres défis dictés par le contexte géographique de la sous- région marqué par l’instabilité, politique, les guerres civiles, les phénomènes du terrorisme et du crime transfrontalier.

Enfin, je vous souhaite de bonnes vacances et déclare – Ala barakatillah – la clôture de la première session ordinaire de l’année parlementaire 2021 – 2022 conformément aux dispositions de l’article 52 (nouveau) de la Constitution et des articles 54 et 55 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Je vous remercie ».

La clôture de cette session s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=753644

✓Mali: l’ambassadeur de France sommé par les autorités de quitter le pays dans les 72 heures (Info RFI)

L’ambassadeur de France au Mali a trois jours pour quitter le Mali. Joël Meyer était convoqué à la mi-journée au ministère malien des Affaires étrangères, suite aux propos tenus ces derniers jours par Jean-Yves le Drian. Après des mois d’escalade verbale entre les deux pays, le chef de la diplomatie française, avait jugé « illégitimes » les autorités de transition.

L’ambassadeur de France Joël Meyer a 72 heures pour quitter le Mali. Le communiqué du gouvernement vient d’être lu sur les ondes de l’ORTM, la télévision nationale : « Cette décision fait suite aux propos hostiles et outrageux » tenus « récemment » par Jean-Yves le Drian et à la « récurrence de tels propos par les autorités françaises à l’égard des autorités maliennes en dépit des protestations maintes fois élevées. »

Ces derniers jours, dans les médias français, le chef de la diplomatie française avait jugé « illégitimes » les autorités de transition et dénoncé leur « fuite en avant ». Il a aussi estimé que le groupe russe Wagner était déjà à l’œuvre au Mali, et qu’il y « protégeait les autorités en échange de l’exploitation des richesses minières du Mali. »

Des propos jugés « contraires au développement de relations amicales entre nations. » Les autorités maliennes réaffirment enfin leur « disponibilité » à « maintenir le dialogue et poursuivre la coopération avec l’ensemble de ses partenaires internationaux, y compris la France », mais « dans le respect mutuel et sur la base du principe cardinal de non ingérence. »

©️ Crédit source : https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220131-mali-l-ambassadeur-de-france-somm%C3%A9-par-les-autorit%C3%A9s-de-quitter-le-pays-dans-les-72-heures?ref=fb_i

✓ Éléments de commentaire sur l’interview France 24 et RFI | Les bonnes et courageuses leçons d’éthique diplomatique de Mr Diop Abdoulaye du Mali à la France



Il tient le portefeuille du ministère malien des affaires étrangères et de la coopération internationale. Monsieur Abdoualye Diop, natif de Brazzaville (Congo) en 1965, est un cador respectable de l’actuel gouvernement malien. Selon quelques éléments recueillis sur lui, l’homme de 56 ans a un parcours très riche dans les rouages de la diplomatie de son pays et au niveau international également. L’interview qu’il a accordée au duo médiatique français RFI et France_24, est recommandée vivement. Le lien ci-joint : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20220128-abdoulaye-diop-nous-demandons-que-paris-nous-respecte-en-tant-que-pays?ref=fb_i . Un entretien-vérité au cours duquel le ton et le fond donnent une grande leçon de courage patriotique et d’éthique diplomatique à la hauteur de circonstances actuelles autour de son pays. Il a répondu avec responsabilité et tact aux différentes provocations langagières venant des autorités françaises. Ainsi la petite musique teintée d’une affreuse et partenaliste condescendance que jouent le chef de la diplomatie française Mr Le Drian et sa consœur Mme Parly des Armées, a eu un tonique refrain en guise de réplique du côté malien avec cette sortie médiatique de Mr Diop. Avec mesure et dignité, l’ancien étudiant de l’ENA d’Alger a dit clairement les choses en phase avec la ferveur populaire qui pousse au sein de masses africaines à propos de l’immixtion trop grande de la France dans les affaires intérieures de nos États. Mr Le Drian, un poids lourd socialiste des gouvernements sous le règne de F Hollande, devenu Macron-compatible depuis 5 ans, s’adonne à un activisme diplomatique provocateur à l’encontre de l’actuel pouvoir de transition au Mali. Par son âge et son expérience en matière des relations publiques, en postes ministériels depuis une décennie (2012 – 2022), il doit comprendre que les relents néo-coloniaux de la Françafrique comme réflexes de la diplomatie française dans les affaires africaines, sont toxiques par conséquent à rayer nécessairement aujourd’hui. C’est ce que le chef de la diplomatie malienne a soutenu avec brio en demandant du respect pour son pays et en indexant les écarts inadmissibles des autorités françaises. Il précise en substance que la France soutient de coups d’État quand ses intérêts sont préservés et autrement elle mène une croisade de diabolisation. Une lecture largement partagée par l’opinion publique africaine par les temps qui courent. Souvenons-nous en 2008, le régime du feu Idriss Deby (mort en avril 2021) du Tchad avait été sauvé de justesse par un appui de l’armée française. À préciser au passage que Deby formé en France, était arrivé au pouvoir comme chef rebelle en chassant Habré. Au Tchad encore il y a bientôt un an, un fils Deby, Mahamat succède à son défunt père à travers un « doux » coup d’État quasiment parrainé par la France du président Macron. La logique pitoyable de 2 poids 2 mesures qui ne trompe plus.

Du côté malien, les jeunes colonels au pouvoir qui cherchent à diversifier leur partenariat en matière de défense et de sécurité, subissent diverses pressions à caractère intrusif sous l’influence multidimensionnelle de la France sur l’échelle internationale.
Le diplomate Diop l’a répété lors de cette interview édifiante que son pays est disposé à travailler avec ses partenaires selon des dispositions qui ne mettent pas en cause les profondes aspirations de son peuple. Wagner, Russie ou mercenaires, le ministre malien laisse entendre qu’il y’a beaucoup de contre-vérités venant du camp occidental anti-Russe dans la géopolitique mondiale. Il a pris l’exemple du cas irakien en 2003 quand le secrétaire d’État américain feu Colin Powell exposa devant l’ONU ce que les USA présentaient comme preuves d’un programme atomique de Saddam Hussein, sur les allégations d’une présence de mercenaires au Mali. Cette sortie médiatique publique d’un responsable gouvernemental d’un pays d’Afrique Noire anciennement colonisé, nous rappelle les discours d’un Lumumba, d’un Sankara ou d’un Sékou Touré.

Ainsi une grande leçon de diplomatie a été dispensée par la forme et le fond, et il reste à savoir si elle sera entendue par Mr Le Drian, sa camarade Mme Parly et par le pouvoir français pour de bon. Je crois que monsieur Diop est de loin beaucoup mieux outillé intellectuellement et par sa sérénité comportementale que le premier ministre Choguel K Maïga. Ce dernier semble être un populiste politicard flou qui joue à la surenchère belliciste du paraître opportuniste auprès des colonels.

Par KS pour le BLOG

✓Burkina Faso | Le président Kaboré déposé par une junte militaire !

Fin d’épilogue ce 24 janvier 2022, le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a été évincé du pouvoir par un coup d’état militaire. Élu en novembre 2015 (réélu fin 2020), l’homme politique de 64 ans ayant été premier ministre et président de l’Assemblée nationale burkinabé par le passé, a été déposé par une junte militaire dirigé par le Lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo DAMIBA âgé de 41 ans . Le nouvel homme fort du pays des hommes intègres, est à la tête du MPSR (Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration). Ce soir un élément média d’une lettre manuscrite est diffusé à travers la page Facebook de la RTB donnant la démission signée par le président déchu, voir en lien https://www.facebook.com/298380080180122/posts/7285255031492557/ .

© éléments médias RTB

KS pour le BLOG

✓UN ANCIEN MINISTRE DE LA JUSTICE AU PALAIS PRÉSIDENTIEL

Future Afrique – L’on apprend d’une source que l’ancien ministre de la justice Me Mahfoudh Bettah a été convoqué jeudi dernier au palais présidentiel de Nouakchott.
Aucune information officielle n’a circulé sur cette audience, mais,selon des observateurs, Ould Bettah serait consulté pour son entrée dans le prochain gouvernement. Au cours de la semaine passée, une partie de la presse locale a relayé des informations concernant un remaniement ministériel.

De 2005 à 2007, Ould Bettah avait les charges du portefeuille de la justice durant la transition du CMJD, sous la présidence de Feu Ely Ould Mohamed Vall, après le coup d’Etat qui a renversé l’ancien président Maaouiya Sid’Ahmed Taya.

Le vieux routier du barreau de Nouakchott, forme le parti Convergence Démocratique Nationale (CDN) parti d’opposition. Bettah avait dirigé l’Ordre national des avocats (ONA) pendant 10 ans. Il fut l’un des opposants à l’ancien président Mohamed Abdel Aziz durant ses dix ans au pouvoir. Aux côtés de ses compagnons de lutte, il avait fait des sorties pour dénoncer les derniers amendements constitutionnels et la dissolution du sénat.

Il avait milité vaillamment dans les rangs du Front National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) et la coordination de l’opposition démocratique (COD). L’homme est connu pour ses positions raisonnables et discours objectifs.

© Crédit source : http://adrar-info.net/?p=72843

✓MAURITANIE – LA TRANSITION EN DÉRIVE, SE RESSAISIR ! | PAR LE PRÉSIDENT IBRAHIMA MOCTAR SARR (Contribution datant de 2006)





J’avais adhéré au PMT (Parti Mauritanien du Travail) en 1972. Ce parti avait été créé dans la foulée des conséquences des événements de 1966 où l’on a vu les deux communautés négro-africaine et arabe s’affronter à la suite de l’imposition de l’arabe comme matière obligatoire avec note éliminatoire dans le contrôle des connaissances, rendant la situation académique des élèves négro-africains extrêmement difficile.
Les 19 cadres qui avaient dans un manifeste appuyé la revendication des élèves négro-africains furent arrêtés par le gouvernement de Moctar Ould Daddah.

Nous sommes à l’époque du socialisme triomphant dans le cadre du mouvement pour la libération des peuples opprimés d’Asie et d’Afrique qui luttent pour l’indépendance nationale.
Pékin et Moscou avaient fait beaucoup d’adeptes parmi les jeunes du Tiers Monde.
En Mauritanie les premiers mouvements contestataires voulaient faire la révolution démocratique et populaire. Ironie du sort, ils étaient nés sur des bases ethniques voire nationalistes.

Le PMT était essentiellement négro-africain. Certains de ses leaders ne sont plus, d’autres, Dieu merci, continuent la lutte aujourd’hui dans d’autres formations.
Le PKM (Parti des Kadihines de Mauritanie) arrivé plus tard sur le terrain, était dirigé par les éléments arabes et recrutait et essentiellement dans leur communauté.
Grâce à son dynamisme renforcé surtout par les courants panarabistes dont les premiers éléments commençaient à s’organiser, il a vite occupé le terrain de la contestation contre le régime de Moctar Ould Daddah et réussi même le tour de passe de liquider dans la foulée, le PMT en l’intégrant avec armes et bagages en son sein, à la suite d’un Conseil national de ce parti, érigé en congrès extraordinaire en décembre 1974.

Devenu le maître absolu du mouvement révolutionnaire national, le PKM décréta que les questions liées à la cohabitation entre nos communautés nationales sont des questions secondaires et que le principal est de lutter contre le néocolonialisme et l’impérialisme.
Lorsque Moctar Ould Daddah, en décidant de rejoindre la Ligue arabe devait satisfaire certaines exigences d’indépendance économique, militaire, politique et naturellement culturelle, a pris les mesures importantes que le mouvement réclamait, à savoir : la nationalisation de la Miferma (actuelle SNIM), la création de la monnaie nationale, la rupture des accords de coopération militaire avec la France, le PKM décréta encore que son régime était devenu un allié objectif et qu’il ne fallait ne plus le combattre. L’intégration au parti au pouvoir, le PPM (Parti du Peuple Mauritanien) s’est opérée face à la désapprobation des éléments négro-africains et même ceux qui étaient à l’époque acquis aux idées du PKM et qui ont finalement créé une scission avec d’autres éléments arabes en conservant la ligne originelle du MDN (Mouvement démocratique national) face à ceux qu’on appelait les Chartistes (éléments du PKM ayant rejoint le PPM). Ce noyau qui a continué à animer les idéaux du MDN deviendra MND (Mouvement National Démocratique) base de l’UFP, dans l’ère démocratique.

Les autres éléments négro-africains qui avaient estimé être  » trahis  » par la Révolution qui n’a pas pris en charge les problèmes liés à la cohabitation et qui étaient à leurs yeux essentiels, décidèrent de s’organiser et de créer leurs propres mouvements après avoir transité par les organisations culturelles comme l’ARPRIM (Association pour la Renaissance du Pulaar) ou l’Association pour le Soninké (Yillinkaare), etc. Les luttes politiques se sont déplacées sur le terrain culturel avant la naissance des organisations politiques dont des négro-africains étaient les initiateurs et qui selon les textes étaient ouvertes à tous les mauritaniens qui voulaient œuvrer pour la mise sur pied d’un Etat démocratique égalitaire et social sur la base d’une juste solution de la question nationale.

Là également ces organisations resteront essentiellement composées de négro-africains et le discours plus axé sur les revendications identitaires, donnant l’occasion à leurs adversaires politiques de leur coller l’étiquette de  » nationalistes négro-africains « , et même de  » nationalistes étroits « , face aux autres organisations qui se voulaient elles nationalistes arabes comme le Baath ou le nassérisme. La première de ces organisations que nous avions créée l’UDM (l’Union Démocratique Mauritanienne) devait connaître une scission avec la naissance de l’ODINAM (Organisation pour la Défense des Intérêts des Négro-africains de Mauritanie) et le MPAM (Mouvement Populaire Africain de Mauritanie). Ces trois organisations vont former avec le MEEN (Mouvement des Elèves et Etudiants Noirs), les FLAM (Forces de Libération Africaine de Mauritanie), en 1983.

Vingt ans après le « Manifeste des 19 », les FLAM publient un deuxième Manifeste en avril 1986 : le « Manifeste du Négro-mauritanien Opprimé ». Comme en 1966, le gouvernement de Ould Taya répond par une répression démesurée, réclusion totale des condamnés à de lourdes peines, déportation au mouroir de Oualata dont certains ne reviendront pas : Tène Youssouf Guèye, Djigo Tafsirou, Ba Alassane Oumar, Ba Abdoul Khoudous.

A notre sortie de prison le 14 septembre 1990, ma conviction était établie qu’il fallait aider par une action convergente et interne, tout le peuple mauritanien à comprendre la nécessité de régler ensemble et de manière consensuelle cette question de cohabitation pour empêcher une certaine classe hégémonique ethno-raciale en constitution d’utiliser cette contradiction pour alimenter et perpétuer la division entre les Mauritaniens et parachever l’exclusion et le génocide déjà entamé.

Avant même la pseudo-démocratisation de Maouwiya en 1991, nous avions repris du travail avec l’AMN (L’Alliance pour une Mauritanie Nouvelle) qui adhère au FDUC (Front Démocratique Uni pour le Changement) dès sa création avec sa lettre des 402 qui proposait à la classe politique de ne pas s’engager dans le processus démocratique annoncé si certains préalables n’étaient pas remplis.

Les mouvements de l’époque qui vont créer l’UFD, sortis de tant d’années de dictature, pensaient qu’il ne fallait pas rater cette occasion de bouter Maouwiya au dehors (à travers des élections démocratiques qu’ils allaient remporter sûrement) vues les oppositions manifestées à l’époque contre son régime. Il se passa ce qui devait se passer et les vrais contradictions entre les tendances de ces mouvements : ceux qui voulaient le changement de tout le système en place et ceux qui ne cherchaient que le départ de Maouwiya, éclatèrent, entraînant la dislocation de l’UFD et la naissance de AC (Action pour le Changement), de l’UFP et d’autres partis, au moment où la plupart des cadres de ce qui est devenu le RFD (Rassemblement des Forces Démocratiques) rejoignaient le PRDS (Parti Républicain Démocratique et Social), aujourd’- hui, PRDR (Parti Républicain Démocratique pour le Renouveau). La lutte démocratique vis-à-vis de Maouwiya s’est peu à peu essoufflée au moment où le régime devenait de plus en plus tribal et familial. Les contradictions se sont aiguisées en englobant l’ensemble des communautés dont chacune trouvait un motif de s’opposer au dictateur qui avait cependant réussi à empêcher toute forme d’unité d’action au niveau des partis politiques qui avaient montré les limites de leurs capacités.

C’est alors que l’action du 8 juin 2003 et l’attaque de Lemegheïty sonnèrent le glas du pouvoir. Avant le 3 août 2005, la classe politique dans son ensemble était convaincue que Maouwiya était le seul obstacle à la solution des problèmes épineux que connaît le pays, à savoir : l’unité nationale, la justice sociale et la redistribution équitable des richesses nationales. Tous étaient également convaincus que de tous ces problèmes, l’unité nationale est de loin le plus important et le plus urgent. Les débats dans le cadre du forum organisé par le RDU (Rassemblement Démocratique pour l’Unité), proche du pouvoir, l’avaient démontré.
Tout en condamnant, par principe, le CMJD (Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie) d’avoir pris le pouvoir par la force, la classe politique avait compris qu’il n’y avait pas d’autres solutions et s’était même précipitée d’être son défenseur face à la réprobation internationale, notamment l’Union Africaine (UA), la Francophonie, l’Union Européenne (UE). Elle espérait du coup être associée au processus de transition dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale et d’un programme concerté pour cette transition. A la surprise générale, le CMJD refuse d’aller dans cette direction et prend une autre diamétralement opposée :

1. tout en condamnant la gestion chaotique du régime déchu et en indexant un système qui a détruit le pays, il ne dissout pas le PRDS, l’instrument politique de cette gestion chaotique. Il ne poursuit pas également les auteurs de cette gestion incriminée ;

2. il laisse en place les hommes du sérail, rappelle d’autres du système : conseillers, membres du gouvernement et même un ancien Premier Ministre, procède au recrutement de nouvelles élites du pouvoir dans les mêmes logiques que l’ancien régime ;

3. il propose en concertation un certain nombre de questions, en particulier celles liées à la transition démocratique et à la bonne gouvernance, mais ignore les véritables problèmes qui ont été à l’origine de la déchéance du pouvoir de Maouwiya : l’unité nationale, les droits de l’homme et la répartition équitable du pouvoir et des richesses nationales.
L’opposition, un moment séduite par cette ouverture et cette disponibilité au dialogue des chefs de la junte au pouvoir, se précipite dans un élan patriotique et généreux de soutien aux nouvelles autorités, sans se soucier de resserrer ses propres rangs afin d’influer sur le cours de l’histoire. Elle n’a pas pris la mesure que les orientations actuelles du CMJD sont le fruit d’un rapport de forces et que, quelle que soit la bonne volonté de ses principaux acteurs pour prendre en charge tous ces problèmes évoqués, ils devaient être soutenus par la classe politique à travers des pressions énergiques pour que les conservateurs du système ne prennent le dessus, ce qui est intervenu.

Aujourd’hui, beaucoup ont déchanté par rapport aux bonnes intentions du CMJD. Les multiples déclarations et réclamations adressées par les partis et les ONG concernant le processus électoral, la CENI, le RAVEL, les Candidatures indépendantes, etc… donnent des signes évidents du refroidissement des ardeurs. Tout le monde est cependant pris par la fièvre des futures consultations électorales dans l’espoir de pouvoir tirer son épingle du jeu. Les ralliements et les alliances se font et se défont, même les organisations internationales (les nations Unies, Union Africaine, Union Européenne, etc…) semblent plus focalisées sur ces futures échéances au point d’oublier leurs propres exigences pour leur soutien à ce processus, notamment les 24 points inscrits dans la Feuille de Route de Bruxelles parmi lesquels figure la question du retour des Déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali.

L’ensemble de la classe politique, à l’exception de ce qui confirme la règle, a démissionné face à ses responsabilités par rapport à la transition pour n’avoir pas compris, comme l’UFD en 1991, que le processus électoral proposé est vicié au départ et qu’il pose de sérieuses menaces sur l’avenir du pays. En effet, il n’y aura pas d’alternance politique quel que soit l’homme qui arrivera au pouvoir si le problème de la garantie de cette alternance n’est pas discuté et réglée.

Le futur gouvernement restera sûrement l’otage des militaires qui ne lui permettront pas d’appliquer son propre programme électoral dès l’instant qu’il est en contradiction avec leurs orientations. Il n’y aura pas également de consultation démocratique véritable si la future Loi Fondamentale (la Constitution) n’est pas amendée dans le sens de régler en principe et définitivement les questions liées à la cohabitation, au partage du pouvoir politique et à la séparation des pouvoirs. Il n’y aura pas, non plus, de consultation électorale juste lorsque les anciens dignitaires du régime déchu conservent tous leurs privilèges économiques et politiques et s’engagent dans la compétition, soit pour apprivoiser le meilleur cheval afin de pérenniser le système, soit pour s’imposer eux-mêmes en changeant la couleur du boubou ou du turban.

Il n’y aura pas de compétition électorale juste, également, quand des mauritaniens n’arrivent pas, malgré la Ceni et le Ravel, à s’inscrire sur les listes électorales parce qu’ils sont déportés hors du pays ou tout simplement parce qu’on refuse de leur livrer leurs papiers d’Etatcivil. Il n’y aura pas de compétition électorale juste, enfin, si le découpage électoral n’est pas modifié conséquemment aux réalités démographiques du pays. Ces interrogations ne sont pas, semble t-il, suffisantes aux yeux d’une certaine classe politique qui estime que la chance qui nous est offerte est exceptionnelle et qu’il faut y aller même sans tous ces préalables. Cela rappelle exactement la situation de 1991 quand la même classe politique nous invitait à ne pas insister sur les préalables contenus dans la Déclaration du FDUC pensant que le pouvoir était à portée de main. Quinze ans après, on se retrouve à la même case de départ. Le CMJD veut laisser au futur gouvernement élu le soin de régler les problèmes essentiels pendants car, fait-il savoir, ce dernier aura la légitimité de le faire.

Mais le prochain gouvernement aura-t-il la volonté politique de régler ces questions actuellement mises sous boisseau ou, s’il le voulait bien, le pourra- t-il ? On le voit bien, le schéma proposé n’est pas rassurant pour la stabilité du pays et son développement harmonieux. Les appétits et les rivalités sont tels que la seule bonne volonté des hommes politiques ne suffira pas. Les enjeux de l’exploitation du pétrole et du contrôle effectif du pouvoir, dans une géopolitique régionale et internationale précaire, ne rassurent pas.
Je ne suis pas un oiseau de mauvaise augure. Je souhaite me tromper et que le plan du CMJD réussisse. Mais qu’on me laisse, comme j’ai toujours tenté de le faire, appliquer le hâdith du Prophète (Paix et Salut sur Lui !) qui dit :  » Celui d’entre vous qui voit un mal doit le changer avec sa main, s’il n’en a pas le pouvoir, qu’il le fasse par sa langue, s’il là également il ne le peut, alors qu’il le récuse en son coeur, mais c’est là la foi la plus faible », (Selon Abu Saed Al- Khudri, rapporté Muslim).

J’ai toujours agi ainsi depuis la Première République. Je l’ai fait à diverses occasions, à l’intérieur et à l’extérieur d’institutions, toujours dans l’accomplissement de mon devoir de musulman et de patriote, même si j’ai eu à en payer parfois un prix très élevé, par exemple, la dissolution de mon parti, Action pour le Changement (AC). Avant l’avènement du CMJD, j’ai interpellé, avec d’autres collègues, le ministre Zeidane sur l’Affaire du pétrole, à l’Assemblée nationale. Nous ne pouvions pas être entendus. Je l’ai fait le 04 Août 2005, au lendemain du changement du pouvoir, dans le cadre de mon ex-parti, l’APP, en demandant à ce qu’une attitude conséquente soit adoptée vis-à-vis de la transition dans le sens que j’ai indiqué plus haut. Ce qui était la ligne directrice du parti, lui-même, depuis toujours. Mais une dérive directionnelle est venue remettre en cause ces orientations.

Malgré mes protestations et rappels à l’observation de cette ligne, la banalisation des problèmes essentiels sur l’autel des perspectives électoralistes, a dominé la direction du parti. Je ne pouvais être complice de tels comportements pour l’histoire au regard des enseignements antérieurs.

Je le fais encore aujourd’hui pour que l’occasion qui nous est donnée par le départ de Maouwiya Ould Si’ahmed Taya, profite à toute la nation et non à une minorité d’exploiteurs. La volonté de rupture avec le passé consiste d’abord à renouveler les termes du discours politique de l’Etat. Les ennemis du peuple ne sont pas les victimes du régime de Ould Taya.
Il n’est pas juste de dire que le retour des déportés présente des dangers et que les mauritaniens ne sont pas d’accords sur la matière de le régler. Entre autres exemples, l’on a vu des militants arabes, et pas des moindres, faire de ce retour des déportés une condition de leur propre retour au pays, quand d’autres militants arabes, et ils sont nombreux, font de ces questions évoquées plus haut, leur cheval de bataille.

Même un banquier de la place est venu en aide aux veuves et aux orphelins des militaires négro-africains assassinés en 1991, laissés à leur sort par l’Etat ; quand je vois, enfin, des Négro-africains, victimes de la répression aveugle, prôner le pardon et la concorde nationale, le rêve d’une paix sociale et d’une réconciliation entre mauritaniens, on le voit bien, n’est pas une utopie. Il suffit de faire un pas vers cette direction.
Les hommes politiques, soucieux du devenir de notre pays, doivent se ressaisir un instant car, le bateau de la transition est en dérive.

Je suggère que le CMJD prenne le temps qu’il faut pour régler les problèmes du pays. Car, lui seul peut les régler sans trop de difficultés avec ce départ de Maouwiya qu’il a provoqué.
Sinon, son action aura été vaine. En symbiose avec la classe politique, dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale de transition et d’un programme concocté en commun, le CMJD doit pouvoir reprendre le processus de transition et le mener à terme en réglant tous les problèmes dont la solution est une condition sine qua non pour la mise en place des bases d’un Etat de droit, démocratique et égalitaire où tous ses fils seront réconciliés. Dès lors, ces membres doivent être récompensés par le peuple tout entier qui, à travers, ses représentants élus, voteront une loi d’amnistie totale pour ceux d’entre qui auraient quelque chose à se reprocher.

C’est dans cette optique que je m’inscris personnellement. J’en appelle à toute la classe politique pour qu’elle ravale un instant son appétit du pouvoir et qu’elle sache que  » rien ne sert de courir, il faut partir à point « . Il vaut mieux prendre du temps pour bien faire, maintenant, par nous-mêmes et pour nous-mêmes, que d’avoir à affronter des problèmes autrement plus difficiles dans l’avenir donnant justement l’occasion à d’autres de s’y immiscer.
Nous avions boycotté la constitution de 1991 parce qu’elle ne répondait pas aux exigences des mauritaniens pour l’unité et la solidarité nationales, le partage équitable du pouvoir et des richesses nationales et pour un Etat de droit respectueux des citoyens.
Le projet de constitution qu’on nous propose aujourd’hui, comme d’autres mesures du CMJD, et dont certaines ont été mises en application, constituent des avancées substantielles dans le cadre de la démocratie, mais les mauritaniens ont besoin d’abord de justice, d’équité et d’unité. Le projet constitutionnel doit être plus amplement discuté et amendé avant d’être soumis à referendum.

Si tel n’était le cas, nous constaterons que des choix électoraux restent toujours possibles comme à l’époque du régime déchu où l’opposition, tout en ne reconnaissant pas la validité du processus, s’y est inscrite malgré elle. Les forces du progrès et du changement doivent pouvoir s’entendre sur l’homme qui, contre vents et marées aura le courage d’engager le peuple dans la véritable alternance, non pas celle d’affairistes qui veulent perpétuer le système, non pas celle d’un pouvoir en otage qui serait sans prérogatives. Cet homme doit avoir un passé et un présent qui rassurent.
Qu’Allah guide nos pas !

©️ Crédit source : Post FB d’un Profil anonyme (source confirmée par un responsable ajd/mr) – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4994269657269984&id=100000609982880

✓LE JUGE D’INSTRUCTION IMPOSE À L’ANCIEN PRÉSIDENT OULD ABDEL AZIZ SIX OBLIGATIONS

Alakhbar – Le juge d’instruction chargé des crimes économiques a rendu vendredi 7 janvier courant, une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.
L’ex Chef de l’Etat est ainsi soumis à se conformer à six obligations dont :

– Ne pas s’absenter du domicile et de la résidence spécifiée par l’instruction, soit sa maison courante sise dans la moughataa du Ksar, sauf sur autorisation du pôle d’enquête ou par nécessité extrême liée aux conditions de santé ou aux rites religieux à l’intérieur des frontières de la wilaya de Nouakchott Ouest, ou en réponse aux convocations qui lui sont adressées par les autorités judiciaires,

– Ne pas rencontrer de personnes à l’exception de sa famille, son collectif de défense, son médecin ou son personnel médical chargé de son suivi,

– N’entreprendre aucune activité qui pourrait affecter sa santé ou entraîner des complications ou un épuisement physique ou psychologique,

– Se conformer entièrement aux instructions et recommandations faites par les médecins et se soumettre aux traitements qu’ils proposent.

– Le ou les médecins qui supervisent son suivi sont tenus de prendre toutes les mesures nécessaires à la prise en charge l’accusé et d’informer l’enquête sur son état de santé et le degré d’interaction du patient avec les recommandations médicales,

– Répondre aux convocations qui lui seront adressées par la justice ou la police judiciaire chargée de superviser la mise en œuvre des dispositions de ce contrôle judiciaire,

– De présenter son passeport à cette autorité juridico-sécuritaire contre la remise d’un récépissé.

Traduit de l’Arabe par Cridem

https://alakhbar.info/?q=node/37606

© repris via http://adrar-info.net/?p=72779

✓COMMUNIQUÉ DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE À PROPOS DE LA LIBÉRATION PROVISOIRE DE MOHAMED OULD ABDEL AZIZ

Le ministère de la Justice a souligné dans un communiqué rendu public dont l’Agence mauritanienne d’information en a reçu copie aujourd’hui, vendredi, que le dossier de suivi de l’accusé Mohamed Ould Abdel Aziz, reste un dossier purement judiciaire, dont la compétence relève des tribunaux, ajoutant qu’il est du seul ressort du pouvoir judiciaire et qu’aucune autre partie n’y a pouvoir.
Voici le texte intégral de ce communiqué :

« Faisant suite aux informations et données fournies par le ministère de la Justice, dans sa déclaration en date du 31 décembre 2021, sur l’état de santé du nommé Mohamed Ould Abdel Aziz, accusé dans l’affaire n°001/2021, et les circonstances qui l’ont emmené à l’hôpital ; et dans l’optique d’éclairer davantage l’opinion publique, le ministère informe de ce qui suit :

Le vendredi 07 janvier 2022, le pôle d’instruction chargé des infractions de corruption a transmis au procureur de la République près le tribunal de la wilaya de Nouakchott-Ouest, pour information et avis, les conclusions du rapport médical élaboré par le collège de médecins ayant été chargé de suivre et rapporter sur l’état de santé de l’accusé.

Ledit rapport recommandait que la santé de l’intéressé nécessite, en l’état actuel, un « mode de vie calme et débarrassé d’anxiété et de stress » avec un régime alimentaire spécifique.

Après avoir examiné le contenu du rapport, le ministère public, en tant que partie loyale au procès, se souciant de la sécurité, de la santé et des droits des accusés au même titre que son souci de lutter contre la criminalité et de requérir l’application de la loi, a annoté en marge du rapport, un réquisitoire aux fins de libération provisoire au profit de l’accusé, en raison de son état de santé, et son placement sous contrôle judiciaire et médical.

Après délibération, le pôle d’instruction chargé des infractions de corruption a décidé, ce vendredi 07 janvier 2022, d’accorder la liberté provisoire au nommé Mohamed Ould Abdel Aziz, et de le soumettre au contrôle judiciaire à son domicile avec suivi médical, en application de l’article 124 du Code de procédure pénale.

Cette nouvelle offre l’occasion au ministère de la Justice de rappeler que :

– Les conditions de détention provisoire de l’accusé étaient bonnes à tous égards, respectant les normes de santé et de droits de l’homme, et que la réponse des structures administratives centrales du département et des institutions judiciaires compétentes, à la santé de l’accusé a été diligente et efficace, dès le premier instant qu’il a exprimé le besoin de consulter un médecin ;

– Cette réponse a permis à l’accusé d’être consulté sur le champ par un médecin de son choix, qui a décidé de lui prescrire des examens médicaux ; et avec l’apparition de symptômes, cette réponse a de nouveau été systématique et de qualité, car il a été emmené d’urgence à l’hôpital suite à un examen rapide, et le médecin que lui-même avait indiqué rappelé pour le suivi ;

– Dans le cadre de cette réponse, l’accusé a reçu une prise en charge appropriée, des examens et soins médicaux complets et rapides, et la justice a désigné un collège de médecins spécialistes, pour superviser son état de santé. Ainsi, il a reçu avec son consentement, tous les traitements nécessaires, dans les circonstances les meilleures, et a été entouré de toute la bienveillance en vue de son rétablissement, tout ceci à la charge du ministère et des frais de justice criminelle.

En conséquence des soins et du suivi en détail de son état, la santé du patient s’est améliorée, grâce à Dieu. Bien que le diagnostic médical ait conclu les résultats mentionnés ci-dessus, les informations recueillies ont démontré un historique médical en lien avec son état actuel.

Dès le premier instant, les structures administratives centrales du ministère et les institutions judiciaires compétentes ont été en alerte, pour suivre au fur et à mesure sa situation, superviser les soins et traitements, et fournir tous services nécessaires. Elles continueront, confiantes en soi des obligations qui leur incombent, dans le respect strict des lois en vigueur, à le faire autant que de besoin.

Saisi des conclusions finales du rapport médical, l’avis du ministère public s’est aligné correctement aux recommandations de l’équipe médicale, dans l’intérêt de la santé et de la sécurité de l’accusé.

Au moment où le ministère de la justice et les institutions judiciaires compétentes s’occupaient à surveiller l’état de santé de l’accusé et à préparer les motifs nécessaires pour son traitement, d’autres, y compris un organe juridique, se livraient de façon pessimiste à la diffusion de données fausses sur l’état de santé du patient et des préjugés à l’encontre des structures judiciaires et de santé.

Au fil du temps, la contradiction et tous les préjugés que ces personnes ont divulgués se sont avérés faux. Leur manque d’intérêt pour la santé et la sécurité de l’accusé est apparu, en parfaite contradiction des règles qu’édictent la morale et la déontologie de leur profession. Est-ce assez pour leur répondre maintenant de dévoiler la réalité ?

Toutefois l’affaire demeurant une question intrinsèquement judiciaire, seuls les tribunaux, la justice en sont compétents, et aucune autre autorité n’y a pouvoir ».

Fait, le 07 janvier 2022.

AMI –

©️ Repris via http://adrar-info.net/?p=72769

✓La justice mauritanienne accepte de relâcher l’ex-président Aziz après son opération

VOA Afrique – La justice mauritanienne a accepté vendredi pour des raisons de santé de relâcher sous contrôle judiciaire l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, tombé en disgrâce et incarcéré depuis plusieurs mois dans un dossier de corruption présumée, a annoncé le ministère de la Justice.

Mohamed Ould Abdel Aziz, 65 ans, avait été hospitalisé fin décembre pour des soins urgents après un malaise, selon ses avocats. Il a subi le 1er janvier, avec succès selon l’hôpital, une intervention cardiaque visant à élargir les vaisseaux et favoriser la circulation du sang.

Les médecins qui le suivent ont préconisé, dans un rapport, « un mode de vie tranquille et exempt de toute forme d’anxiété et de pression psychologique », dit le ministère dans un communiqué.

Le parquet a demandé en conséquence qu’il soit relâché et les juges en charge de l’enquête ont accepté qu’il soit placé sous contrôle judiciaire et médical à son domicile, a rapporté le ministère.

Ce dernier a assuré que M. Aziz, qui a dirigé la Mauritanie de 2008 à 2019, avait bénéficié de bonnes conditions de détention, d’une réponse « rapide et efficace » des services de l’Etat à la dégradation de sa santé et d’une « prise en charge médicale de haut niveau ».

L’ex-chef d’État a été inculpé en mars 2021 pour corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics, octroi d’avantages indus et obstruction au déroulement de la justice.

Il a été placé en détention en juin pour non-respect des mesures de son contrôle judiciaire et trouble à l’ordre public.

La justice avait été saisie en août 2020 du rapport d’une commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics pendant les plus de 10 années de pouvoir de M. Aziz.

La commission s’est penchée sur plusieurs aspects: gestion des revenus pétroliers, vente de domaines de l’Etat, liquidation d’une société publique assurant l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires, activités d’une société chinoise de pêche…

L’ex-président, qui crie au « règlement de comptes », a toujours refusé de parler au juge d’instruction. Il s’estime protégé par l’immunité que lui confère, selon lui, la Constitution.

AFP

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=753019

✓À propos de Biram Dah Abeid | Par Moulaye El Hassene

• Voici pour moi la définition des termes politiques suivants:

1Trahison: c’est lorsque le candidat qu’on soutient arrête de défendre et de prôner les idées et points pour lesquels on l’a soutenu, ou qu’il commence à prôner le contraire de ce pour quoi on l’a soutenu. Tant qu’il n’a rien fait de cela, il ne peut pas cocher la case « trahison ». Quant à ceux qui ne font pas partie de ses soutiens, l’emploi par eux du terme « trahison » à son égard, n’a pas de sens à la base.

2- Échec: c’est lorsque le candidat qu’on soutient arrête son ambition d’aboutir au poste de décision pour lequel on le soutient, et se satisfasse d’une nomination où de calmants venant du pouvoir ou d’accords faits sous la table limitant son éligibilité. Et si c’est le cas, tout le monde aurait le droit de dire qu’il a échoué, qu’on soit de ses soutiens, ou externe à son cercle de soutiens.

3- Changement de veste: ce n’est pas tisser des liens politiques d’équilibre avec un camp adverse dans l’idéologie. Car parfois les règles du jeu politiques obligent les participants à de telles approches afin d’éviter ou de surmonter une impasse. En politique il n’existe pas de lignes droites, sauf pour les naïfs. La politique est un labyrinthe où 99% des protagonistes échouent à trouver la sortie, à cause justement de leur entêtement à vouloir toujours foncer tout droit tête baissée. Changer de veste, c’est passer subitement d’un camp politique qui prône certaines idées, à un autre camp politique qui prône et œuvre pour le contraire de ces idées, et se soumettre surtout à l’idéologie de ce dernier au lieu d’y peser pour en faire dévier la trajectoire.

4- Faire de la politique uniquement pour l’argent: C’est toujours faire plaisir aux riches mécènes qui nous financent, ne jamais les contredire, et rester très complaisant envers eux en toutes circonstances. Être démagogue et ne jamais froisser émotionnellement l’élite bourgeoise du peuple. Éviter tout ce qui peut emmener à la prison, car ce n’est pas en prison qu’on peut profiter de son argent.

5- Perdre son temps: c’est soutenir un candidat qui, en l’espace de 5 ans, n’a pu démontrer aucune avancée notable sur le chemin de la conquête du pouvoir. Quelles que soient les raisons à cela. Soutenir un acteur politique uniquement pour ses valeurs et son intégrité morale, sans tenir compte de ses aptitudes et compétences en matière de politique, c’est cela perdre son temps et n’avoir rien compris à la politique.

Aucune de ces cinq définitions ne s’applique, selon moi, à Biram.

Biram Dah Abeid reste aujourd’hui, pour moi, l’acteur politique qui a le plus de potentiel à pouvoir renverser le pouvoir tribalo-religio-raciste en place. Et, à défaut de pouvoir régler tous les problèmes du pays, il pourra au moins stopper cette exclusion ethnique, raciste, religieuse, tribaliste, et féodale, qui caractérise la scène politique et sociale du pays depuis l’Indépendance, et qui nuit gravement à l’unité et à la prospérité de la nation.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=231721739138071&id=100069007393897