Il n’ y a pas plus angoissant que d’être suspendu à la délibération, des résultats d’un concours auquel, vous avez participé alors que vous avez des réserves sérieuses, à la fois sur la probité et l’impartialité des correcteurs et du jury. Vous êtes d’autant plus dévasté, à l’idée d’un éventuel échec surtout lorsque vous êtes le meilleur de la classe. Ce que vous avez su prouver pendant neuf mois à travers vos notes des contrôles continus.
Si vous êtes littéraire, et le concours porte sur la dissertation, par exemple, vous pouvez être plus indulgent, et comprendre votre échec par le caractère particulier des disciplines littéraires.
Ainsi, dédouaner plus aisément les correcteurs et le jury ; en raison du caractère « subjectif » des disciplines littéraires ( les sciences humaines), qui pour autant, obéissent bien entendu à des règles précises et sont donc loin s’être dénuées de toute logique.
En revanche, dans un concours où les épreuves sont dans les sciences exactes, il y a peu de place à la subjectivité. On doit pouvoir expliquer l’échec comme le succès.
En effet, si le jury est transparent et neutre, il doit accepter sans récriminations, les réclamations et contestations des candidats recalés, en vue de les étudier et envisager une nouvelle correction, avec d’autres correcteurs dont les qualités et l’intégralité morales sont avérées, et ce en présence des requérants.
Par une telle démarche, le jury peut se laver les mains proprement de tout soupçon, de complicité ou connivence. Il y va pour son image en tant qu’institution.
Dans le domaine des sciences exactes, le résultat n’est pas parachuté, inventé et imposé. Il s’impose par lui-même, de lui-même par la démarche, la méthodologie. Même les plus incrédules, ne peuvent résister, refuser « pendant longtemps » la vérité scientifique.
On entend ici et là, que le candidat à la présidentielle de juin, Biram Dah Abeid ne peut pas diriger la Mauritanie. On lui reproche de tenir un discours extrémiste, violent, pourfendeur et dézingueur qui détruit tout, y compris de l’unité nationale.
Ce sont ces mêmes personnes qui ont diabolisé des années durant, le leader charismatique de la cause négro mauritanienne, Samba Thiam en le taxant de raciste, d’anti Beydane pour le rendre épouvantable et infréquentable.
Idem pour Ibrahima Moctar SARR de l’AJDM/R parce que, lui aussi, a toujours su trouver les mots justes, adéquats et appropriés mais acerbes pour qualifier le système, pour le décrire, le décrypter et le mettre à nu sans complaisance. Les maux ont peur des mots. La dénonciation finira toujours par vaincre l’injustice et la dictature.
Dans une histoire récente, de l’autre côté du fleuve aussi, on a vu des gens de la même espèce tenir les mêmes propos contre les leaders du Pastef, en l’occurrence Ousmane Sonko, le qualifiant d’extrémiste, dangereux pour le Sénégal. Incapable de diriger ce pays au risque de le conduire vers le chaos.
En dépit de tout ce qu’on a dit d’Ousmane Sonko et du Pastef, les Sénégalais ont résisté en refusant de se faire manipuler. La page, Macky SALL et ses acolytes est tournée de la plus belle des manières par les urnes : l’alternance dans sa forme la plus achevée et complète. La rupture est désormais effective avec à la clé un changement générationnel, un nouveau Sénégal est en gestation.
En vérité, ceux qui tiennent de tels propos, ici et ailleurs, ont quelque chose en commun. Ils sont soit au pouvoir, proches du pouvoir ou bénéficient des avantages du pouvoir (du système) qu’ils entendent préserver à tout prix, y compris par la diabolisation, la mystification, la calomnie, la manipulation…
Quant aux victimes de ces campagnes obscènes et diffamatoires, elles présentent généralement les mêmes similitudes : elles s’opposent à un système mafieux, à un pouvoir discrédité, souvent à la dérive, et qui entend éliminer par toutes sortes de méthodes déloyales et anti démocratique ses adversaires.
Ainsi, les véritables challengers sont traqués, combattus, souvent par « la main représailles » du pouvoir : les forces de défense et de sécurité. Et comme ces genres de pouvoirs ont pour slogan et morale » la fin justifie les moyens « , ils mettent en branle toutes sortes de stratégies, de plans machiavéliques et macabres pour arriver à leurs fins.
Il ressort de ces deux exemples que pour déboulonner un système politique arbitraire, discriminatoire, autocratique et inique, il faut des mots forts, un discours virulent. Une telle attitude est une réponse à la violence et ne saurait être considérée comme de la violence. Il n’y a pas plus de violence que les violences policières, l’usage disproportionné des grenades lacrymogènes etc. Quid de la corruption qui compromet l’avenir des générations futures en contribuant grandement à la paupérisation.
Il n’y a pas plus violent qu’un système politique mafieux qui détruit et exclut systématiquement tous ceux qui ne sont pas du sérail, du clan, du cercle fermé, un univers constitué exclusivement de quelques privilégiés, qui sont aux commandes du pays depuis l’indépendance.
Si bien que l’égalité des chances n’est qu’un vain mot. L’école ne sert plus à grand-chose. D’ailleurs, elle a cessé d’être un ascenseur social depuis qu’elle a été décrétée Républicaine. Les diplômes, la compétence et les études ne sont plus considérés comme des vecteurs de réussite sociale. Il vaut mieux décliner le nom de son père, son patronyme : Ould Velanne, de telle tribu…
Pour briser ce système oligarchique (militaro-féodalo- tribalo-raciste), une telle véritable machine à fabriquer les inégalités, la corruption, les injustices de toutes sortes, en contradiction avec l’Etat de droit, la république, la démocratie et de l’islam, il va bien falloir « dégainer » des mots forts, des « missiles » en dénonçant avec force et vigueur.
Dans cet exercice de diabolisation, on joue sur les peurs et elle prend toutes les formes. On va fouiller dans les origines sociales, familiales, dans le parcours scolaire, académique où professionnel de l’opposant pour chercher la petite bête. Si tout est clean. C’est rarement le cas d’ailleurs, en effet qui cherche finira toujours par trouver. Ainsi, vous conviendrez avec moi, que Biram est victime d’un faux procès du genre : « il va déstabiliser le pays, il va le vendre au diable, il n’a point d’expériences dans la gestion de État » etc. Cependant, en dépit des nombreuses campagnes de déstabilisation, de coups bas, et toutes sortes de stratégies utilisées, depuis l’ère Mohamed Ould Abdel Aziz pour éliminer l’homme, il résiste vaillamment.
Et comme requinqué plus que jamais, il donne du fil à retordre au pouvoir en créant une situation inédite dans le pays où la réélection du président sortant fait douter plus d’un.
A mesure qu’on s’approche du scrutin du 29 juin, le scepticisme est de mise quant à la victoire du pouvoir ; à en croire les échos de la campagne et la mobilisation des citoyens plutôt favorables au changement, à la mise à mort du système politique en place depuis plusieurs décennies.
Mais, en Afrique, l’issue d’une élection est toujours mystérieuse. Que d’acteurs visibles mais surtout invisibles interagissent pour faire basculer le suffrage des électeurs du côté qu’ils n’ont souvent pas choisi. La sécurisation des votes est dès lors essentielle et constitue tout l’enjeu de cette présidentielle.
Mohamed Camara, originaire de Guémou, au sud de la Mauritanie, a parcouru un cheminement académique remarquable et diversifié. Après avoir complété ses études primaires, secondaires et universitaires en Mauritanie, il a enrichi son parcours en poursuivant des études en France.
Titulaire de deux Masters, il obtient son premier diplôme en Gestion de l’Environnement, avec une spécialisation dans la gestion des activités extractives, de l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis au Sénégal. Son deuxième Master, en Économie Appliquée, avec une option en économétrie financière, lui a été décerné par l’Université de Paris 8. Par ailleurs, il possède une licence en Administration Publique obtenue en Corse.
Mohamed Camara en publiant le livre intitulé La mondialisation appauvrit-elle l’Afrique?, pose une question majeure de notre temps. En effet l’Afrique, berceau de l’humanité, des premières civilisations a toujours été au cœur de relations avec le reste du monde.
De l’antiquité gréco-romaine en passant par les grandes explorations européennes à partir de l’ouverture atlantique au 15e siècle à la colonisation jusqu’à la globalisation actuelle, l’Afrique a eu son rôle à jouer. Toutefois avec l’esclavage transatlantique, la colonisation et aujourd’hui le néo-colonisation, la place réservée à l’Afrique dans la mondialisation suscite de nombreuses questions.
L’Afrique en participant à la mondialisation est-elle simplement reléguée au statut de pourvoyeuse de ressources humaines et naturelles destinées au monde capitalisme occidental et aux puissances dominantes? Sans trop rentré dans les considérations historiques, idéologiques et géopolitiques, l’auteur Mohamed Camara se limite à nous pousser à réfléchir sur la véritable place réservée à l’Afrique dans la mondialisation actuelle.
Son livre, très édifiant, met en exergue les enjeux réels et les véritables effets de la mondialisation en Afrique. Il expose les véritables acteurs du commerce international dominé par le monde occidental et les nouvelles puissances montantes. Mohamed Camara analyse et décortique la situation de l’Afrique, continent qui regorge certes de matières premières mais qui ne participe pas aux décisions concernant l’acquisition de ses matières premières par le monde dominant.
L’Afrique privée d’une industrie de transformation locale est en effet contrainte d’exporter ses matières premières qui lui reviendront en produits finis vendus très chers. En lisant le livre de Mohamed Camara, on réalise bien que la mondialisation suit une certaine évolution, une certaine logique qui malheureusement ne datent pas d’aujourd’hui.
Par ailleurs, les retombés du commerce international tel qu’il fonctionne aujourd’hui ne profitent pas non plus à l’Afrique. Avec des sources fiables, des arguments solides et des chiffres tirés d’études de spécialistes, Mohamed Camara s’attèle à montrer que la mondialisation telle qu’elle est conçue ne peut pas développer l’Afrique.
L’Afrique selon lui ne fait que le jeu de la mondialisation au bénéfice du monde dominant. Il regrette que le continent africain tarde à véritablement réfléchir et trouver une stratégie efficace pour occuper sa place et intégrer définitivement les échanges mondiaux.
Face à ce constat, Mohamed Camara rappelle que la mondialisation pourrait bien être une chance, une véritable opportunité de développement de l’Afrique à la condition unique que les pays africains se spécialisent chacun dans un domaine précis et en devienne le maître et le décideur. À travers ce livre, Mohamed Camara apporte des informations scientifiques et documentées et comble un vide historique sur un sujet majeur de notre temps.
Dr Amadou BA
Historien, politologue, chercheur et auteur.
Enseignant en histoire et en science politique à l’université Laurentienne Sudbury Ontario Canada
La praxis politique en Mauritanie ressemble fort à la circulation routière du pays : un désordre indescriptible, un véritable capharnaüm. Cette anarchie qu’on peut observer dans les rues de Nouakchott est révélatrice de notre rapport à la loi, aux règles, aux symboles et partant à tout ce qui est institutionnel. Ainsi, le malaise qui touche actuellement les grands noms de l’histoire politique de notre pays est symptomatique de notre relation avec les « choses instituées ».
Une crise qui a fait « glisser », voire emporter plus d’un homme politique, parmi lesquels certains mammouths et ténors de la politique nationale vers des destinations incertaines pour servir la compromission.
Ces dérives inopportunes dans le contexte de l’élection présidentielle du 29 juin, réconfortent l’analyse d’un confrère et doyen, qui soutient en substance, que les partis politiques en Mauritanie sont le plus souvent créés, ex nihilo par un homme, et ne reposent sur aucune référence, assise théorique qui sous-tend un projet de société, des idéaux et des valeurs. C’est assurément l’une des raisons qui expliquent les transhumances politiques devenues de véritables « migrations politiques ».
Des pratiques qui ont atteint un pic sans précédent sous l’ère Ould Ghazouani. On n’aura tout vu. Au nom de l’apaisement politique tous les compromis, tous les deals, toutes sortes d’accords, d’arrangements et même de transactions contre nature ont été passés pour être admis dans le giron du pouvoir, et ce au détriment de la « doctrine factice » dont se revendiquent ces formations politiques.
S’il est communément admis que la politique est par essence opportunisme, jeu d’intérêts ; elle a tout de même besoin d’une once de vertu pour ne pas être monstrueuse. En effet, quel sens donné à la chose politique lorsqu’ elle est portée par des hommes sans crédibilité ?
Nos partis politiques sont donc de véritables quincailleries où l’on trouve tout et n’importe quoi. Exception faite pour certains. En vérité, la majorité de nos formations politiques ne s’identifie à aucune doctrine, ce qui rend problématique leur désignation ou caractérisation.
De véritables passe-partout, toujours à l’affût de tous les régimes, excellant dans l’art de la flagornerie, tout en faisant fi de la nature de ces pouvoirs : légitimes ou illégitimes, populaires ou impopulaires, démocratiques ou autocratiques etc.
Dans une démocratie normale, les partis politiques sont toujours nés autour d’une certaine philosophie, ils sont porteurs d’idées et de convictions. Ces identifiants déterminent et régulent la vie, les fréquentations et accointances de chaque formations politiques.
La scène politique est devenue la Cour du roi Petaud. Confuse et illisible. Pour la première fois des partis emblématiques et caractéristiques de l’opposition, dans l’histoire du pluralisme politique du pays – UFP, RFD, APP – sont au bord de l’implosion, au point que les observateurs se demandent : de quels bords politiques sont-ils désormais placés ?
Décidément, ce premier quinquennat du président Ould Ghazouani a fait du mal à la démocratie mauritanienne. On assiste à un big bang de l’édifice démocratique, en passe d’emporter les « Temples et Académies » de la démocratie du pays. Un effet destructeur qui va consolider le pouvoir en place, au détriment du pluralisme démocratique.
À quelque chose malheur est bon dit l’adage. L’opposition étant consubstantielle à la nature humaine et à la démocratie. Une autre alternative, d’autres alternatives est / sont née.s pour porter la voix et les aspirations d’une partie du peuple, qui attend et croit encore au changement.
La démocratie ne se décrète pas. C’est plus qu’une simple une déclaration d’intention. Des discours et des mots, sans convictions et principes. Exactement comme l’unité nationale, qui est régulièrement magnifiée et chantée sans effets dans la pratique. Elle est malade de notre hypocrisie ! Le refus de reconnaitre l’évidence.
La démocratie, c’est un choix et une option stratégiques, une culture qui impliquent une volonté réelle de changements dans les pratiques, les mentalités et même de paradigmes. Elle a pour baromètre la fonctionnalité et l’effectivité voire l’efficacité des institutions, notamment dans leur capacité à servir le citoyen, à le protéger contre toutes sortes d’abus, en lui garantissant ses droits, ses devoirs : son plein épanouissement. La démocratie ne peut être source d’asservissement, abrutissement ou d’endormissement du peuple.
Au contraire, elle se fonde sur la participation et l’implication citoyennes dans une démarche de co-construction et de co-production pour donner crédit, pertinence et légitimité aux décisions prises par les gouvernants. Elle n’a point besoin de surhomme ou d’homme providentiel : toute la force, tous les pouvoirs, tout le charme de la démocratie se trouvent dans les institutions elles-mêmes (institutions fortes diront certains). Institutions qui n’ont besoin que d’hommes honnêtes, vertueux.
Voilà ce qui nous fait défaut.
La démocratie, elle ne saurait se mesurer au nombre de partis politiques, au nombre de radios et télévisions privées, au pléthore d’Agences de l’Etat chargées de « je ne sais quoi » ? Une assemblée nationale fortement arrimée jusqu’à la subornation au pouvoir Exécutif.
La démocratie, ce n’est pas non plus une CENI, un Observatoire national de surveillance des élections… autant d’institutions budgétivores et technicistes, dont les rôles, les missions et les prérogatives sont mal définis, voire ambivalents. Cette « polypersonnalité » de nos institutions est source d’interfèrent, un cafouillage qui crée une espèce de brouillage propice aux manœuvres de toutes sortes, contraires à la transparence et à la crédibilité électorales.
Les élections sont souvent une mascarade, les règles du jeu ne sont jamais respectées, elles peuvent même changer en pleine compétition. Elles coûtent trop chères au contribuables sans jamais servir à quelque chose. Une situation qui a fini par créer chez certains citoyens, une espèce de fatalisme, de lassitude : un découragement qu’ils expriment en ces termes : « ça ne sert à rien d’aller voter ». En effet, les élections sont toujours truquées, et le jeu démocratique toujours biaisé par des pratiques anti-démocratiques.
Finalement, ils sont nombreux les Mauritaniens et les Africains qui ne croient plus à la démocratie en tant que modèle de gouvernance. Ils sont dégoutés et déçus. Ils en viennent jusqu’à se tromper d’ennemis, en s’en prenant à la DEMOCRATIE en tant que système politique. Or, le problème n’est pas la démocratie, même si elle est loin d’être une panacée universelle. Une chose est sûre, c’est que nos dirigeants n’ont jamais voulu de la démocratie dans nos Etats. Parce qu’ils cesseront d’être des roitelets, parce qu’elle fait table rase de certains acquis parmi lesquels : la super citoyenneté et ses privilèges …
C’est dire que souvent, le procès fait à la démocratie en Afrique est à mon sens injuste. Il faut avoir appliqué et pratiqué correctement la démocratie pour pouvoir la juger. Un malade qui n’a jamais respecté son traitement ne peut pas se permettre de donner un avis objectif sur son médicament et encore moins sur son médecin. Malheureusement, sous nos tropiques, nos dirigeants assoiffés de pouvoir et d’autorité ont volontairement vidé « l’enfant Grecques et natif d’Athènes » de sa substance, en foulant aux pieds ses principes sacro-saints, sans jamais accepter véritablement de le tropicaliser. On l’a dénaturé et vidé de sa substance, son être pour assouvir des desseins démoniaques et totalitaires.
La démocratie mauritanienne
La démocratie, chez nous n’est pas le pouvoir du peuple. Elle est le pouvoir d’une oligarchie militaro- politico-féodalo-affairiste et esclavagiste contre le peuple. Un peuple désabusé et dépassé, qui ne comprend plus rien au jeu démocratique, réduit à exécuter tels des automates les mêmes gestes, soit les mêmes erreurs.
Son rôle (le peuple) se limite à la répétition de gestes, de mots et de phrases toutes faites sans réfléchir ; un ensemble de réflexes devenus son trait de caractère, sa principale « compétence » que les différents « chefs d’orchestre » ont bien voulu développer en lui en vue de pérenniser leur mainmise, leur hégémonie, leurs intérêts etc. Dans cette démocratie militaire, l’électeur subit l’élection. Il craint le rendez-vous avec les urnes comme un chat échaudé qui craint l’eau froide.
La présidentielle de 29 juin 2024 ne dérogera pas à cette règle. Sauf coup de force majeure, cette élection présidentielle sera, tout sauf l’expression de la souveraineté du peuple mauritanien. En effet, le peuple n’existe que par la volonté de ces groupes opportunistes et machiavéliques, unis pour défendre des intérêts et des » positions » égoïstes, sectaires et claniques.
Ainsi, le jeu démocratique est faussé d’avance parce que s’appuyant sur des groupes de pression qui marchandent, manipulent, orientent, désorientent selon les situations et les contingences, le peuple. Tout est bon pour le maintenir dans l’ignorance, en lui administrant jour après jour des somnifères afin de retarder son réveil, son éveil.
Si bien que le peuple est désormais hypnotisé et réduit à la subordination, au point où même derrière l’isoloir, le citoyen ne peut retrouver indépendance et lucidité : il vote contre lui-même en s’enfonçant encore et encore un peu plus, pour asseoir davantage la suprématie de « ses maîtres impitoyables « . C’est le syndrome de Stockholm.
Notre système démocratique qui peine à se libérer du joug du pouvoir traditionnel (spirituel et temporel) déconstruit la culture de la citoyenneté. Un citoyen, c’est celui qui est capable de choisir par lui-même, et qui dispose d’une marge de liberté pour exprimer son droit de vote sans être » écrasé » par la dictature de l’Autorité sociale, communautaire, politique…
L’État se complaît dans une telle situation où la « conquête » de l’électorat repose sur des concessions avec la chefferie traditionnelle. Cette dernière détient de nombreux leviers de pression qu’elle exerce sans pitié sur le groupe notamment, les individus qui osent défier l’ordre féodal et traditionnel. Dès lors, on assiste au phénomène bien décrit par certains et appelé très ironiquement : bétail électoral ou l’électorat bestial.
La citoyenneté est ainsi bradée au détriment des pesanteurs socio-culturelles, contraires à la république : les électeurs sont dans de nombreux cas soumis à une consigne de vote mécanique d’un dignitaire ou d’un homme d’affaires.
Aux électeurs
Ne marchandez surtout pas votre droit de vote, il en va de votre dignité. Prenez vos distances des politiciens courtiers qui pullulent ces derniers temps dans votre région, dans votre quartier et ne ratent aucune prière dans votre mosquée etc.
Ils sont en mission et cherchent à vous séduire, vous endoctriner, vous flatter en usant de leur rhétorique démagogique bien huilée, s’appuyant sur des promesses mirobolantes sans lendemain. Rappelez-vous la Fable de la Fontaine (le Corbeau et le Renard) : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».
Heureusement, une nouvelle ère s’annonce avec l’émergence d’un nouveau type de citoyens qui prend ces distances des « pesanteurs héritées » souvent plus fortes que la loi, en s’assumant et s’affirmant en faveur d’une démocratie véritable. Celle qui permet au fils du paysan, du berger d’accéder aux « cimes de la république », jusque-là réservées aux fils à papa. Cette prise de conscience est consécutive est caractéristique de la maturité d’une partie du peuple, désormais vent debout pour faire respecter la vérité qui sortira des urnes, le 29 juin prochain.
Le Guidimakha, on nous a assez mentis et trompés : ça suffit
Alors que les promesses tenues lors des élections municipales, législatives et régionales de mai 2023 et celles de la présidentielle de 2019 sont restées lettres mortes et classées sans suite, les voilà de retour au terroir pour » s’endetter «, en s’enfonçant encore plus auprès des populations. Si dans certaines contrées les préoccupations prioritaires sont l’accès aux services sociaux de base, chez nous, nous clamons « JUSTICE et EGALITE des citoyens ».
Nous sommes presque sous occupation, expropriés de nos terres, malmenés, humiliés, utilisés les uns contre les autres pour nous diviser. Chaque jour, l’un des nôtres est arbitrairement arrêté pour des motifs évasifs qui ne peuvent être qualifiés juridiquement, et envoyé en prison.
Ensuite, la machine se met en route. On fait cotiser les émigrés ou on pioche dans les caisses villageoises pour soudoyer. La corruption a atteint des proportions jamais égalée au point que les fonds villageois sont devenus ces six dernières années déficitaires en raison du conflit intercommunautaire Soninké, une mine d’or pour le pouvoir local qui ne fait rien pour appliquer la loi.
Au contraire, il jette de l’huile sur le feu par ses décisions de justice mettant en compétition des Soninké attachés à l’ancien ordre et les progressistes : chacun de ces groupes rivalisent d’ardeur pour » graisser la patte » de l’administration, en espérant gagner le procès.
Le procès de la honte, de la haine et de la bêtise. Justice ne sera jamais rendue. Votre unité et cohésion en souffriront. Vous n’aurez droit qu’à » des demi- vérités » afin que vous continuez à vous détruire. Et l’administration locale continuera de vous traire telles des vaches laitières. Comme dans un jeu de poker, chaque partie continuera à doubler sa mise indéfiniment. Pendant que « le rapace opportuniste » et insatiable se nourrit de votre orgueil, de votre stupidité pour vous saigner à blanc. Voilà la triste réalité au Guidimakha que tous les pouvoirs ont ignorée.
Le meilleur candidat à la présidentielle, pour nous autres, sera celui qui protégera « le Guidimakhé » contre les abus du pouvoir local. Celui qui mettra fin aux injustices que nous subissions depuis des décennies. La soif, de justice nous tenaille plus que le manque d’eau potable, et nous préoccupe plus que le désert des infrastructures qui constitue la caractéristique principale de notre région ô combien déshéritée et abandonnée à elle-même.
🖋Par Souleymane Sidibé, Mauritanie, Bordeaux, France
La récente victoire du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye au Sénégal a captivé l’attention au niveau national et international, suscitant un examen approfondi de sa personnalité, de son projet politique et des dynamiques qui ont façonné son accession au pouvoir.
Né en 1980 à Ndiaganiao, commune du Centre-Ouest du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye fait une partie de ses études au Lycée Demba Diop de Mbour où il obtient son baccalauréat en 2000. Il décroche sa maîtrise en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar quatre ans plus tard. Il se présente au concours de l’École nationale d’administration (ENA) où il est reçu parmi les cinq premiers. Il choisit la section Impôts et Domaines, éloignée de sa passion pour la littérature. Diomaye y rencontre Birame Souleymane Diop et Ousmane Sonko, qu’il remplace à la tête du syndicat des inspecteurs.
En 2014, le président Diomaye Faye assiste comme invité aux rencontres des Patriotes Sénégalais pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (Pastef). Ses capacités d’analyse et son esprit brillant le portent rapidement à des postes de responsabilité dans le parti, le propulsant ainsi en avant. Plongé au cœur du parti, son engouement et ses qualités susmentionnées le conduisent à la présidence du Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP) puis à la tête du secrétariat national du parti en 2022 jusqu’au soir du vendredi 14 avril 2023. À cette date, il est mis en accusation. Pour l’opinion publique, cette arrestation est la conséquence de sa publication sur la toile où il évoque la « clochardisation de la justice sénégalaise ». Bassirou est déféré le lundi suivant pour « diffamation d’un corps constitué, diffusion de fausses nouvelles et outrage à magistrat ».
Son arrestation, en coup de vent, fait la une des journaux au Sénégal, perçu comme une vitrine démocratique africaine. Elle survient après celle du leader du parti, Ousmane Sonko, le vendredi 28 juillet à Dakar.
Principal opposant au régime du président Macky Sall, Ousmane Sonko, à la tête du Pastef, désigne sans réticences internes Diomaye comme candidat pour le suppléer en cas de disqualification.
Diomaye sera le candidat de la rupture ! Sa parole est alignée sur celle de Sonko, son soutien est inconditionnel, sa fidélité éprouvée et leurs parcours s’épousent : il étrennera le rouge renvoyant au sacrifice ultime et le vert de l’abondance, et sera le visage de cette espérance.
Quant au Pastef, il est avant tout une idéologie qui ne veut pas se confondre avec les partis politiques traditionnels : socialistes, communistes, libéraux et autres. L’ancrage du Pastef est le patriotisme qui met la souveraineté et l’humain au centre. L’idéologie du Pastef est basée sur le pragmatisme politique, la souveraineté tout en restant ouverte au monde via des partenariats gagnant-gagnant et la solidarité internationale. Le temps est venu pour l’action au service de la communauté et de l’intérêt général afin que « li ñëpp bokk, ñëpp jot ci » : redistribution des richesses, », signifiant que le bien commun bénéficie à l’ensemble des citoyens, prenne tout son sens.
De camarades de classe à la faculté où le combat pour « l’autorisation formelle de construction de lieu de culte » s’est imposé, à syndicalistes aux bureaux de l’administration, cette amitié d’une jeunesse entière vouée à la chose politique pense à la concrétisation de son projet, qui passe par la conquête du pouvoir. Après avoir investi le terrain politique, l’épreuve de force s’engage avec le pouvoir en place, pris d’une macrocéphalie présidentielle que d’aucuns qualifient de dictature. Les positions se raidissent et se radicalisent. Le Pastef déroule ses discours aux accents de démocratie et fait chanter sa flûte du grand soir qui fera du Sénégal une nation prospère, solidaire et ancrée dans des valeurs spirituelles et culturelles fortes. La foule est en liesse, l’adhésion des Sénégalais est massive sur l’ensemble du territoire et face à un raz-de-marée dans la diaspora. Cette dernière a été une force sociale et financière qui a toujours travaillé pour « voter et faire voter » leurs familles, parents et amis au Sénégal.
C’est à partir de 2019 que Ousmane Sonko affine puis édicte l’idéologie du parti qui consacre les valeurs de travail, d’éthique et de fraternité. Il engrange ainsi une large adhésion auprès de la population sénégalaise, en quête de changement, au fil de ses tournées et discours.
En octobre 2022, après l’adoption de nouveaux statuts du parti en janvier 2021 devenant « Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité », le parti est restructuré avec la nomination de Bassirou Diomaye Diakhar Faye comme secrétaire général et la mise en place d’un bureau politique national (BPN) provisoire pour la conquête du pouvoir en 2024.
Pastef, avec son porte-étendard Ousmane Sonko, propose un projet politique axé sur la lutte contre la corruption, la promotion de l’inclusion sociale et le développement économique inclusif et durable, écrit et relu par plus de mille-quatre-cents cadres. Ce projet a résonné avec les aspirations du peuple sénégalais pour un avenir meilleur. Soit une puissante armature idéologique et populaire la redistribution des richesses, mais aussi l’indépendance de la justice, lutte contre le clientélisme, et souveraineté.
Tandis que Macky Sall promettait de réduire l’opposition, selon ses mots, « à sa plus simple expression », le Pastef dénonçait la corruption et l’échec politique, et proposait une offre politique d’alternance et de rupture dans laquelle se reconnaît la jeunesse, dans un pays où 75 % de la population a moins de 35 ans (ANSD, RGPH 2024).
Le sang des manifestants est le ciment et le ferment de cette houle montante. La lutte contre la corruption a été au cœur des sujets de campagne. La notion de « Dynastie Faye-Sall », noms composés aux relents saoudiens, sous-entend l’empire financier présumé que la rue prête au couple présidentiel sortant, et un clientélisme marqué par des nominations familiales et politiciennes. Le duel qui prend forme sera fatal. D’une part, le camp de Benno Bokk Yakaar, dirigé par le président Macky Sall, qui a tardé à annoncer qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat avant de plaider pour un dialogue national. D’autre part, la Coalition Diomaye Président, puis un troisième acteur entre en jeu : le Conseil Constitutionnel.
Les potentielles violations constitutionnelles représentaient une menace pour la stabilité démocratique et l’État de droit au Sénégal. Dans ce contexte, la force des institutions sénégalaises, en particulier le Conseil Constitutionnel, revêtait une importance cruciale. En tant que gardien de la Constitution, le Conseil Constitutionnel a joué un rôle vital dans la préservation de l’intégrité de la Constitution et la protection des droits fondamentaux des citoyens. Malgré les pressions politiques et les défis institutionnels, le Conseil Constitutionnel sénégalais a su démontrer son indépendance et sa détermination à faire respecter la Constitution. Ses décisions ont été des remparts contre les tentatives de violation de l’ordre constitutionnel, renforçant ainsi la confiance du public dans le système judiciaire et contribuant à préserver la démocratie. Cependant, pour maintenir cette force institutionnelle, il est impératif de garantir l’indépendance et l’impartialité du Conseil Constitutionnel, ainsi que de renforcer ses capacités à traiter efficacement les cas de violations constitutionnelles. Ce faisant, le Sénégal pourra continuer à consolider son État de droit et à promouvoir les valeurs démocratiques qui sous-tendent son système politique. Cela se confirme après que le Conseil Constitutionnel sénégalais a invalidé la décision de reporter l’élection présidentielle du 25 février au 15 décembre.
Néanmoins, le candidat du Pastef, Bassirou Diomaye Faye, qui reste entre-temps en prison au Cap Manuel, bénéficie de l’amnistie. Le Sénégal, dans un tournant décisif de son histoire, démontre au monde entier, par la combativité de ses forces vives, que les humains viennent et partent, mais les institutions demeurent. À sa sortie de prison, un moment intense et fort se dessine. Le leader du parti n’a pas été devant les foules. Le président Diomaye, candidat validé par le Conseil Constitutionnel, libéré le soir du jeudi 14 mars 2024, se retrouve devant une vague de jubilation qui envahit les rues de la capitale sénégalaise à seulement dix jours avant le jour du scrutin. « Bass », comme l’appellent les plus intimes, a su incarner un mélange unique de charisme personnel et de vision politique claire. Son accent sérère authentique se remarque dans ses prises de parole.
Sonko est incontestablement l’âme de cette victoire, indissociable de son incarnation, de son charisme et de sa stratégie.
De plus, la puissance du bras de fer entre les forces vives du pays et un gouvernement aux abois a conduit à une loi d’amnistie du président sortant. Une dynamique renforcée par les intellectuels les plus emblématiques du Sénégal d’aujourd’hui tels que Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop ou encore le Prix Goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr.
Cette victoire n’est pas simplement le résultat d’une campagne électorale réussie, ni la rencontre d’un homme et de son peuple ou d’un compagnonnage ; elle est surtout le fruit d’une mobilisation sans précédent du peuple sénégalais autour du Pastef et de la Coalition Diomaye. C’est la conséquence des manifestations, des débats publics et d’un engagement citoyen massif. Le mouvement des femmes patriotes appelé MOJIP (Mouvement Jigeenu Pastef), le mouvement des enseignants de Pastef, et le mouvement des jeunes patriotes ont été d’un poids immense dans la stratégie de conquête du pouvoir. Les Sénégalais ont exprimé leur désir de voir leur pays progresser sous un leadership fort et visionnaire. Cette mobilisation populaire a joué un rôle déterminant dans le succès du Président Faye et a renforcé sa légitimité politique. Le balai en main, devenu un slogan régional en Afrique de l’Ouest, a installé dans la conscience une urgence de nettoyage systémique ». Il gagne haut-la-main contre le candidat du « système » Amadou Bâ, ancien Premier ministre, avec plus de 54 % contre 35 % officiellement.
La question d’une alliance entre le président Faye et Sonko, leader du parti Pastef, a également été au centre des discussions. Les deux partagent une vision commune de la politique et une volonté de changement radical. Le peuple sénégalais, qui abhorre l’injustice, les a rejoints. Plusieurs chants et slogans ont été créés pour cette libération politique et ce changement dans une atmosphère de maturité démocratique. Le rôle républicain de l’armée au Sénégal a également favorisé cette alternance.
Par ailleurs, il n’y a pas lieu de spéculer sur le style que le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko adopteront, ni sur les pactes qu’ils pourraient sceller face à face, conduisant à des tensions et des incertitudes.
Le pacte Sonko-Faye est scellé avec le peuple sénégalais. Leurs accords personnels passeront après. Des femmes et des hommes debout ont accordé leur confiance aux Patriotes. Il est crucial pour eux de maintenir l’unité au sein du mouvement Pastef tout en gouvernant efficacement.
Quant à savoir s’il s’agit de la victoire du Pastef ou de la défaite de Macky, il est clair que la réalité est plus complexe. Cette victoire représente à la fois un rejet de l’ancien régime, une volonté de rupture et un soutien à la vision politique portée par le président Faye. L’élection présidentielle de 2024 a été un référendum dans la mesure où, malgré 19 candidatures, le peuple a plébiscité haut la main l’offre programmatique de la Coalition Diomaye 2024, plan B du Pastef à la suite de l’élimination de son leader. Cependant, la défaite de Macky et de son parti dans une atmosphère de scission signifie la fin de leur influence politique.
Il reste à voir comment les forces politiques établies réagiront à ce changement de pouvoir et comment le président Faye parviendra, selon son cahier des charges, à la refondation des institutions, à la réduction de l’hyper-présidentialisme et à l’implémentation du projet « Jub-Jubbal-Jubbanti », soit les « 3J » en wolof, qui prône la droiture, la probité et l’exemplarité.
Commençons solennellement par réaffirmer que chaque être vivant est issu d’ »un peuple,un territoire,une culture »qui constituent les points de repère par lesquels il mène sa vie de citoyen.
Cette triptyque qui sonne telle une Vérité générale doit être la source de sentiments qui irrigue nos coeurs de joie et de fierté, car elle nous situe dans le temps et dans l’espace. Elle est, au demeurant la carte d’identité culturelle voire existentielle qui détermine notre existence sur cette terre ronde, la nôtre.
Le vivre ensemble, caractéristique de la sociabilité nous enseigne que l’être humain, quelque soit son appartenance ethnique et la couleur de sa peau doit ipso-facto s’approprier cette vérité historique,la vivre pleinement,la respecter scrupuleusement.
Ce faisant, nous allons vivre dignement dans la paix, dans l’unité dans la diversité Cependant chez nous, en Mauritanie,la perception de la réalité est totalement différente.
En effet, l’autorité qui règne sur nous tel un monarque aveuglé par ses instincts grégaires, son népotisme et son égocentrisme s’ingénie non seulement à assoir sa conquête d’expropriation des terres des citoyens paisibles et laborieux mais également à faire table rase de notre passé, de notre culture. Cette tabula rasa des temps modernes s’articule autour des points suivants :
1– Changer dans tout le pays : (ce n’est pas seulement au Guidimakha) la toponymie originelle voire originale des villages,des sources d’eau,des montagnes et des forêts appartenant aux Noirs du sud en la remplaçant par une nouvelle intruse,tranchant avec les us et coutumes des autochtones (voir l’article de M. Seyré SIDIBE) qui s’intitule « Guidimakha: préservons les noms de nos village de la prédation culturelle « .
2-La falsification à outrance de l’histoire du pays qui consiste à effacer définitivement l’apport séculaire et le rôle joué par les ethnies negro-mauritaniennes dans la construction du pays. 3-Une bataille linguistique :amener les populations du sud(qui ne perçoivent pas malheureusement l’ampleur du danger d’une telle entreprise-assimilation) à oublier leur toponymie originelle au profit de la nouvelle.
« Pauvre de nous » comme le disait Toundi Ondoua, le personnage emblématique d‘une vie de boy » de Ferdinand Oyono.Pourquoi laissons se produire sous nos yeux cette destruction de notre âme,de notre culture et de notre histoire? Nous devons ensemble contrecarrer cette pratique odieuse qui n’a de but que de nous éteindre linguistiquement.
Je rappelle que lors des événements douloureux de 1989-1990-1991certains mauritaniens chauvins, partisans de la rupture diplomatique entre la Mauritanie et le Sénégal se plaisaient sadiquement à effacer une page importante de notre histoire en rebaptisant le fleuve Sénégal par le nom du fleuve Sanhaja. Mais quelle cécité historique ! Quelle bêtise !
Ô mon peuple,ô peuple de la vallée épris de justice et de l’équité, unissons nos efforts »transcendons nos différences et disons en choeur; »barrons la route aux fossoyeurs de notre passé et de notre existence ».
La société que nous voulons pour les générations présentes et futures doit reposer sur un certain nombre de piliers inamovibles : la justice sociale, la citoyenneté pleine et totale pour toutes les communautés nationales, la méritocratie.
Un modèle démocratique qui promeut la cohésion nationale loin de toutes les formes de discriminations : d’exclusions linguistique, culturelle, géographique, régionale, tribale ou raciale etc.
Dans ce projet, l’école occupe une place centrale et stratégique. Elle s’évertuera d’être l’école de la république d’abord, au sens stricto sensu avant d’être républicaine.
Elle gagnera en se débarrassant triomphalement des dogmes et idéologies importés et inappropriés qui inhibent jusqu’ici toutes perspectives de la rendre performante pour que cette institution ( l’école) soit le reflet de notre diversité sociale.
Le choix des langues d’enseignement, de la langue officielle, de la langue de l’administration ou encore le statut des langues nationales doit être clairement défini dans une approche pragmatique et non hégémonique. Un choix qui tient compte des réalités sociologiques et historiques du pays, de sa personnalité propre ( multi-ethniques et multi-culturel), en plus des mutations de tous ordres que connaît l’humanité en ce 21 siècle.
Ces efforts ne peuvent se concrétiser que lorsque nos gouvernants et une partie du peuple acceptent, qu’aujourd’hui l’usage quasi généralisé de la langue Arabe exclut une bonne partie des Mauritaniens du droit à l’information. Or, il s’agit d’une composante essentielle de la démocratie et de l’Etat de droit.
Il faut également réinventer les rapports entre les citoyens et les forces de défenses et de sécurité notamment avec la police. En effet, les bavures policières banalisées, et ayant atteint le pic sous le magistère du président sortant, qu’aucun mauritanien épris de justice ne peut oublier ont exacerbé le désamour entre une partie des citoyens et les institutions de défense et de sécurité. L’assassinat de l’activiste, Souvi Ould Cheine au commissariat de Dar Naim 2, la mort mystérieuse du jeune Oumar Diop en février 2023 après son interpellation au commissariat de police de la Sebkha, pour ne citer que ces deux exemples macabres restent de mauvais souvenirs, qui continuent de traumatiser chacun d’entre nous.
C’est pour quoi, la citoyenneté ne doit plus être à géométrie variable . Elle doit être la chose la mieux partagée entre tous les Mauritaniens de quelques origines qu’ils soient. Ce qui implique la fin de l’impunité pour tous, et en particulier pour ceux qui se croient des citoyens au-dessus de la mêlée sur la base de considérations fantaisistes et contraires à l’esprit des lois de la république.
En vue de traduire en acte le caractère multiethnique et racial de notre pays tel que stipulé dans la Constitution, des efforts doivent être faits pour que les nominations aux postes ministériels, au sein de la haute administration, les forces de défenses et de sécurité, les directeurs des établissements publics etc. , répondent à la configuration sociale du pays.
Le problème de l’état civil, et la nationalité Mauritanienne doivent être réglé une bonne fois pour toute. En effet, une bonne partie de nos compatriotes n’arrivent toujours pas à disposer de leur document d’état civil (vivant en Mauritanie ou dans la diaspora). Les fameuses commissions mises en place pour enrôler les rebuts de l’état civil péchent par leur approche trop administrative et verticale, du fait qu’elle part du préjugé que des étrangers chercheraient à passer entre les mailles du filet. Conséquence, beaucoup de citoyens sont pris pour des » fraudeurs » alors qu’il n’en est rien.
Selon une expérience empirique, certains types de Mauritaniens notamment ceux de la vallée sont beaucoup plus exposés à être apatrides que d’autres.
Par ailleurs, il est temps de solder le passif humanitaire à travers des mesures courageuses ouvrant la voie à une réconciliation nationale véritable, sur fond de retour dans la dignité et le dédommagement des familles déportées. S’y ajoute l’indemnisation des veuves et orphelins des années de braise.
La justice doit être le socle et la boussole de ce projet de société. Pour cela faudrait-il qu’ elle s’affranchisse du poids de l’exécutif, de la tribu, de l’oligarchie et des pouvoirs féodaux locaux. Le prochain président élu, le 29 juin 2024 doit renforcer le pouvoir de la justice, choisir des hommes de grande probité morale et éthique pour la réformer afin qu’il suscite la confiance du citoyen, qu’elle cesse d’être la justice des plus puissants. Une justice de règlement de comptes. Un rouleau compresseur qui broie les plus fragiles pour satisfaire les ambitions de quelques privilégiés.
Le prochain président élu gouvernera mieux, s’il arrive à prendre ses distances des différents groupes ( lobbies) qui empêchent la réalisation d’un projet de société plus juste et égalitaire pour tous les Mauritaniens.
Cette note fait suite à un appel à l’unité de candidature au sein de l’opposition que j’ai publié le 24 mai dernier. Il s’agissait d’une contribution de ma part à l’effort de faire entendre un plaidoyer populaire mettant l’accent sur des craintes quant à l’émiettement de la masse électorale favorable à l’opposition progressiste. Ainsi, l’appel dont je suis l’auteur suggérait que les candidats eux-mêmes choisissent un représentant qui puisse porter une candidature unique et pour lequel le peuple aspirant au changement serait appelé à voter de façon unanime. Ma démarche ne consistait aucunement à imposer un choix prédéfini aux autres candidats, mais plutôt à les appeler à un accord et à s’entendre sur une unique candidature au nom d’une stratégie optimisante.
Ce projet s’engloutit désormais dans un profond désespoir quand bien même le risque d’interférences destructrices subsiste, et leurs effets conservent de plus belle leur potentiel de nuisance.
Partant d’une telle hypothèse, j’estime qu’il revient désormais à chaque citoyen de prendre ses responsabilités et de mettre en perspective l’issue d’un vote dispersé dont les conséquences ne sont plus de nature à nous surprendre. Nous sommes ainsi appelés à unifier autant que possible l’expression de notre suffrage afin de garantir à nos revendications légitimes une chance de se voir se réaliser, ou au moins de bénéficier d’une caution populaire conséquente.
Quant au choix d’un candidat, les deux critères ci-dessous me semblent des plus pertinents et objectifs:
– Qualité du programme: Le choix d’un candidat qui affiche dans son programme la volonté de rebâtir la Mauritanie sur des bases justes tant au niveau étatique que sur le plan social, et d’offrir de bonnes perspectives de développement humain et économique.
– Potentiel électoral: Le choix d’un candidat qui dispose d’une base électorale consistante, étant ainsi plus à même de susciter une adhésion populaire sur l’étendue du territoire.
Il n’est nul besoin de disserter sur le fait que le premier point est probablement le mieux partagé par les candidats cibles, je les en félicite. (Je regrette tout simplement que cela n’ait pas pu être de force à rassembler.)
Après étude des programmes et analyse des profils, il m’apparaît que, dans l’opposition progressiste, le candidat qui allie le mieux ces deux critères en 2024, c’est Biram Dah Abeid.
De par son programme complet, intégrant les préoccupations principales du peuple dans sa diversité; son remarquable parcours national et international dans la lutte abolitionniste; et ses qualités politiques exceptionnelles, je considère qu’il représente le candidat idéal pour porter la voix du changement dans cette élection.
J’exprime ainsi mon soutien sans faille au candidat Biram Dah Abeid pour la présidentielle de 2024.
« Les solutions derrière les limites » L’équipe CAPAC.
Ces dernières heures, nous avons appris l’annonce de l’inauguration officielle à Nouakchott du Cabinet Africain d’Analyse, de Prospective et de Conseil (CAPAC). Via des posts publiés sur le fil d’actualité du réseau social Facebook, 2 membres de l’équipe de direction, messieurs Dr Sidi NDIAYE et Dr CheikhGUÈYE ont exprimé leur satisfaction pour la naissance de leur structure.
Ci-après les visuels médiatiques de présentation consacrés à ce Cabinet comptant couvrir divers champs d’intervention avec compétence et professionnalisme :
Ici, nous tenons à les féliciter chaleureusement et leur souhaiter réussite et élévation dans leurs activités.
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