De façon générale, je suis contre le déboulonnage ou la destruction des statues de personnages historiques. Ce sont des éléments d’histoire qu’il ne faut pas effacer mais qu’il faut assumer. C’est une erreur que de penser que c’est la seule solution pour rendre aux descendants malheureux de l’histoire leur dignité. Il faut laisser les statues mais exiger la contextualisation. Il faut surtout lutter pour obtenir plus de statues de personnages méconnus et dont leurs actes ont été insuffisamment enseigné dans les manuels scolaires. L’histoire a été raconté par les vainqueurs. Mais aujourd’hui, les descendants des « vaincus » demandent la restitution complète du passé et donc du récit collectif. Ce qui est doit être entendu.
Des mouvements citoyens reclammant l’effacement dans l’espace public des statues de figures historiques controversées refont actuellement échos presque partout dans le monde.
Christophe Colomb, décapité à Boston. À Miami, sa statue est repeinte en rouge, vendalisé. En Viriginie, elle a fini dans un lac. En Angleterre, c’est la statue d’Edward Colston, armateur négrier, qui a été déboulonné. En Belgique, la statue du Roi des Belges Léopold 2 est, elle, méconnaissable, retiré d’un square car complètement repeinte en rouge. En Martinique, deux statues de Victor Shoelcher ont été détruite lors de la commémoration de la journée de l’esclavage. La statue de Colbert, auteur du code noir, est également la figure la plus emblématique la plus ciblée.
On se rappelle également, il y a quelques années, au Ghana, que la statue de Ghandi a été vendalisé. Ghandi, accusé d’avoir tenu, entre 1893 et 1915 des propos racistes et quasiment homophobes contre les Noirs en Afrique du Sud. Mahatma est pourtant présenté comme la figure de l’indépendance en Inde et de la non violence mais affirmait que « les indiens sont infiniment supérieurs aux Kaffirs ». Le mot Kaffir, étant utilisé à l’époque par les colons anglais pour désigner les personnes noires.
Toutes ces statues exposent publiquement l’histoire des figures du passé qui ont contribué à un certain moment soit à légitimer l’esclavage et ou la colonisation des peuples soit ont tenu des discours d’inégalités entres les humains.
Certains observateurs pensent que déboulonner n’est pas la solution. Il faut systématiquement expliquer, de la façon la plus pédagogique possible, leur histoire et leur part de responsabilité et de leur degré d’implication dans le passé. C’est la proposition de l’historien Pascal Blanchard que je partage évidemment. Le problème est que cette pédagogie explicative n’a pas été suffisamment faite voire pas du tout. La plupart des figures historiques dont les statues sont plantés dans les plus grandes villes d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, ne fait pas l’objet de contextualisation.
D’autres pensent justement qu’il faut soit déboulonner ou placer ces statues dans des musées avec explications à l’appuie.
Kalvin Soiresse Njall, député (écologique) belge pointe justement le doigt sur la question du traitement de l’histoire et de la mémoire coloniale en Belgique. Pour lui, ce pays est resté très longtemps dans une sorte de déni de son passé qu’il refuse de voir en face. Le député Njall affirme donc qu’une société qui ne regarde pas son passé est une société qui se ment à elle même.
Rappelons que la Belgique colonisa le Congo. La statue de Léopold 2, l’une des figures de cette colonisation, est déposé sans être accompagné d’une contextualisation pédagogique. Contexte historique dans lequel le peuple congolais était sous domination Belge.
Lorsqu’on n’explique pas une histoire, on a tendance à laisser penser qu’on la nie, et quand on fait paraître ce doute le risque est grand. Aujourd’hui, la non prise en compte des responsabilités historiques des uns et des autres a provoqué les demandes de déboulonnage partout dans le monde. Les mouvements qui deboulonnent le font parce qu’ils estiment que le passé n’est pas assez assumé dans le monde occidental.
L’affaire George Floyd a provoqué une indignation planétaire. Le racisme dévoilé en plein jour depuis son assassinat a donc conduit à une prise de conscience mondiale sur l’histoire du racisme, les figures, les récits et les personnages qui qui l’ont été.
En Afrique, les traces de la colonisation et de l’esclavage restent encore présentes dans beaucoup de pays. Monuments, forts, ponts etc. L’île de Gorée ou la maison des esclaves en est la trace indélébile. Mais ce passé est raconté, expliqué enseigné. Joseph N’Diaye, conservateur de cette maison, de son vivant, n’aurait jamais demandé sa destruction parce qu’il considérait qu’il faut raconter cette histoire de la manière la plus complète possible.
Au contraire, il faut dire l’histoire et ne pas laisser planer le doute ou le déni.
Déboulonner et oublier ou pas déboulonner mais expliquer, telle est la grande question du monde déconfiné.
A propos de l’ouvrage de Tidiane Ndiaye et de l’interview (via lien RFI http://rfi.my/61vH) de A Bathily . La difficulté à propos de l’esclavage c’est que ce système d’oppression a provoqué beaucoup de négationnisme, de révisionnisme, et d’esprit partisan même chez les spécialistes et les historiens. Quand vous parlez seulement de l’un des esclavages (des Arabo-musulmans ou des Occidentaux, ou des Africains) les autres esclavagistes et complices vous soutiennent… C’est pourquoi il faut dénoncer les esclavages de tous bords et là tout le monde vous enterre et aucun défenseur ou partisan d’un esclavagisme particulier ne vous écoute ; c’est pourquoi « Les légitimations de l’esclavage et de la colonisation des Nègres » est « une patate chaude » car l’esclavage y est décortiqué dans toute sa dimension historique et planétaire sans fioriture. Le racisme est inhérent à tout système esclavagiste même s’il n’a été théorisé qu’au 19e siècle en Occident. Les Africains (comme les Soninké) doivent parler de leurs propres systèmes esclavagistes d’abord… dénoncer ses conséquences néfastes actuelles pour la jeunesse, le développement et la paix sociale ; ensuite ils pourront seulement dénoncer celui de l’Orient et de l’Occident… Pas de quartier pour l’esclavage, commençons par balayer devant notre porte. La liberté est en marche contre toutes les déshumanisations liées à l’esclavage et à tous les systèmes d’exploitation de l’homme par l’homme.
Yaya SY Anthropologue et Professeur d’histoire à la retraite.
La figure montre des enregistrements de trois carottes marines au large du Sud-Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal. Dans l’intervalle du Terminal I à la fin de la dernière période glaciaire (vers 20.000-16.000 ans BP), les taux d’accumulation des sédiments (terrigènes et pélagiques) montrent un maximum observé dans la plupart des carottes au large de l’Afrique du Nord-Ouest qui peut excéder jusqu’à six fois les taux d’accumulation mesurés dans l’Holocène (Sarnthein et al., 1981). Les variations des apports éoliens peuvent être déduites des fluctuations de la taille modale des grains des silts terrigènes dans la carotte au large du Maroc. La taille des grains terrigènes est largement contrôlée par les alizés. Dans les carottes plus au sud (Mauritanie et Sénégal), la distribution de la taille des grains apparaît plus complexe parce qu’elle reflète à la fois l’influence de l’apport en poussières de l’Harmattan et des alizés, et la décharge fluviatile.
Les flèches indiquent les minima importants de mode granulométrique des particules pendant le stade isotopique 1, les signes (-) indiquent les échantillons ayant un excès en argile (< 6µm) dont la sédimentation de base est fluviatile (d’après Sarnthein et al., 1981 ; Diester-Haass 1988)
Après un premier maximum de la taille des grains entre 16 000 et 14 000 ans BP, une courte, mais distincte diminution est observée près de 12 500 -12 000 ans BP. Puis après une succession de petites oscillations, un second maximum de la taille des grains est simultanément enregistré autour de 10 800 -10 000 ans BP avant que n’intervienne un minimum au milieu de l’Holocène. Le maximum du poids de poussières près de 12 000 ans BP est expliqué en fonctions des vents de l’Harmattan qui étaient actifs au-dessus de l’Atlantique comme ils le sont aujourd’hui. La première rupture dans la transition du glaciaire vers Holocène pourrait correspondre à la dégradation climatique du Dryas ancien et le second au Dryas récent (Diester-Haass 1988).
Il général observé dans plusieurs sites sahariens (Petit-Maire, 1980) et aussi avec le début du retrait de la forêt sous les latitudes de l’Afrique tropicale. L’étude de Ruddiman (1997) met aussi en évidence une arrivée significative de poussières pendant l’Holocène ancien sur le talus continental de la Mauritanie (carotte/forage V30-49).
Précisions : La communauté scientifique retrace l’histoire de la planète au travers des différentes « ères » géologiques qu’elle a traversées, elles-mêmes divisées en « périodes » qui se subdivisent en « époques » géologiques. L’holocène est le nom de l’époque géologique actuelle. Celle-ci a commencé il y a environ 11 500 ans, moment à partir duquel le climat sur Terre s’est adouci, causant la fonte des énormes calottes glaciaires qui recouvraient alors plus du quart des terres émergées. Le début de l’holocène marque donc aussi la fin de la dernière glaciation, connue sous le nom de Würm (70 000 ans et la fin, vers – 12 000 ans).
L’holocène est également marqué par une rapide et massive vague d’extinction qui a démarré par la disparition de ce que l’on appelle la « mégafaune » : ce sont notamment éteints au début de cette époque géologique les mammouths, les rhinocéros laineux, les lions des cavernes, les tigres à dents de sabre, les ours des cavernes ou encore les castors géants. Les extinctions d’espèces animales et végétales se poursuivent tout au long de la période jusqu’à aujourd’hui, de sorte que l’on parle d’ « extinction de l’holocène » ou de « sixième extinction de masse ».
Quand nous verrons cette locution, ou son équivalent, écrite dans nos langues nationales aux frontispices des tribunaux et des facultés de droit, et quand l’exercice du droit et son application s’en suivent, nous aurons honoré la Mauritanie.
Il est impossible d’avoir peur de Dieu et d’un autre Individu à la fois ; surtout dans l’exercice de ses fonctions. Pour certains, le choix est fait. D’autres ont peur de ne pas enfreindre l’Éthique.
La loi reste méconnue de beaucoup d’individus. Son Utilité, sa pratique et sa définition sont désapprouvées par ceux qui l’appliquent. Il y a un problème de contenu mais aussi de représentativité. Dès lors que la personne en charge de faire respecter le droit, ne sait pas qu’il en est juste un représentant et non pas l’incarnation, le problème d’abus se pose.
Étant une norme ou une règle générale, la loi, dans un environnement démocratique, émane d’un pouvoir législatif : le parlement sous forme de texte. Les lois adoptées par le Parlement sont promulguées soit par le Président de la République, soit sur proposition de parlementaires (députés dans le cas de la Mauritanie), soit à partir d’un projet déposé par le gouvernement dans tout État démocratique.
Ne respectons pas seulement la Loi (l’autorité), mais les Lois qui englobent des conventions, des codes, des règles, et qui régissent la vie sociale. Ayons ces lois expressives ! Elles s’appliquent à tous. Civil ou militaire, personne ne doit être au-dessus de la loi.
Nous devons avoir une SOCIETE où l’on n’est pas obligé de s’aimer mais de se respecter et respecter les lois. « Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer, mais il est important qu’elle lui interdise de me lyncher » affirmait Martin Luther King. On sera tous d’accord que chaque État doit faire valoir cela pour la liberté et la protection des uns contre les autres si besoin par l’usage de la force.
Hannah Arendt pense que si la force est utilisée, c’est que l’autorité a échoué. Comment faire valoir l’autorité avec la raison sans bafouer les principes universels ? On ne peut en aucun cas connaitre la législation sans être passé par des études. La législation est l’ensemble des lois et des règlements en vigueur dans un pays. Il est alors fondamental de demander s’il y’a une législation mauritanienne car, deux cas de législation sont en concomitance.
De la NECESSITE d’une législation unique.
Sans s’aventurer dans ce champ lexical de juriste, il est bon de savoir que la loi a pour « bon ami » le droit, si exact est le propos. Le droit est la capacité de jouir de quelque chose, de faire une action. Le droit est aussi « l’ensemble des règles et des normes générales qui régissent les rapports entre les individus et définissent leurs droits et prérogatives ainsi que ce qui est obligatoire, autorisé ou interdit ». Il peut s’appliquer de façon contraignante par l’intervention de la puissance publique, c’est-à-dire de l’État. Tenons-nous au DROIT moderne qui permet une condition d’HOMME pour une ouverture au monde moderne. Pour nous qui avons hérité la dimension de la culture abrahamique, tachons de ne pas oublier la bonne moralité. Ce que la morale réprime, le droit ne l’interdit forcement pas. Ce que le droit réglemente, la morale n’approuve pas forcement. La bonne moralité est différente de la bonne conduite citoyenne d’où la nécessité de parler de règle morale et règle de droit pour ne pas aller à l’encontre de la LOI.
Pour en venir au droit (ENSEIGNEMENTS), il est segmenté en plusieurs sous-ensembles. Il existe alors le droit civil, le droit pénal, le droit international, le droit commercial, le droit des affaires, le droit du travail, le droit privé et enfin le droit public. Ces différents sous-ensembles correspondent chacun alors à « un domaine de la législation ». In situ, il est nécessaire d’apprendre le droit en Français en Mauritanie et ce, depuis les petites classes pour construire le citoyen moderne. Et, s’il le faut, traduire les textes juridiques (textes de lois) dans nos langues maternelles.
La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule que : « L’exercice des droits naturels de chaque Homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits ». En parallèle, la jouissance de ces droits (« faculté de réaliser ») entraîne des responsabilités. Elle entraine aussi des devoirs tant à l’égard de soi-même qu’à l’égard des personnes ; des futures générations. Les droits supposent des devoirs ! Les devoirs sont ce à quoi la bienfaisance, la loi, et les règles nous demandent d’honorer.
On ne peut pas parler de LOI, de Droit, de DEVOIRS sans parler des libertés : choses essentielles dans la vie de L’humain.
La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté, dans le cadre d’un système politique ou social, sans porter préjudice aux autres et à la SECURITE PUBLIQUE.
Par contre, les patrouilles nocturnes intempestives ne permettent pas cette acquisition dans les quartiers défavorisés à Nouakchott.
L’insécurité aussi fait obstacle à la capacité de profiter pleinement de sa liberté. L’insécurité est liée au manque criant d’éducation. Cela conduit souvent les jeunes délaissés et défavorisés à se livrer à la délinquance. Il existe une très forte corrélation entre le manque d’éducation et la délinquance. En ce sens, «la liberté commence où l’ignorance finit ». La liberté s’exprime sous plusieurs formes : – Il y a la liberté naturelle (droit naturel) – La liberté civile qui est celle du respect des lois – La liberté politique : voter librement. Il y’a, en outre, l’expression des libertés fondamentales appelées aussi « droits fondamentaux » qui ne sont autres que les « droits primordiaux » subjectifs de l’individu comme les Droits humains et les libertés publiques… La LIBERTE peut alors s’appliquer comme liberté de conscience (choix de croire en une religion ou pas en occident surtout), liberté d’opinion ou d’expression, liberté de presse, liberté de mouvement, au syndicalisme, même en économie…
La loi, comme ensemble de moyens de maintiens de l’ordre, du droit, de l’expression de la liberté, doit être aussi la « RED LINE », ligne rouge à ne franchir. Elle doit être le choix voulu par la « volonté générale ».
La « volonté générale » doit être l’expression d’une compétence extraordinaire (magistrats) qui domptera l’arsenal juridique. Elle est aussi celle du parlement ou la chambre des représentants du peuple (pour faire comprendre l’utilité d’un député), et des projets gouvernementaux. In fine, il est évident de remarquer que la loi est législation (science de la connaissance des lois) et elle est aussi le droit écrit. Elle comprend la Constitution, les lois édictées par les parlementaires, ainsi que les décrets, les arrêtés et, dans une certaine mesure, les circulaires qui émanent du pouvoir exécutif à savoir le gouvernement.
L’obligation de LA SEPARATION DES POUVOIRS est nécessaire car, la CONCENTRATION des pouvoirs dans la main d’un seul individu est dangereuse. D’autant plus que la macrocéphalie gouvernementale est dangereuse, autant il est dangereux d’avoir en Mauritanie des députés qui appellent à la violation de la plus grande norme en droit comme nous avons eu récemment à le voir : LA CONSTITUTION. La loi doit être dure à leur égard puisqu’il en va de la Survie de L’État et du pays. La revendication de la scission entre l’État et le « Clergé » est plus que nécessaire pour que les lois puissent être appliquées à tous. Cette séparation est fondamentale à tout état qui se veut démocratique. L’État doit œuvrer à faciliter l’exercice de la foi et protéger le lieu de culte mais ne doit pas faire l’objet d’instrumentation de la religion ou par celle-ci. Il faut que l’on parle d’institutions judiciaire et plus d’appareil judiciaire. Par la suite, l’engrenage de la culture du droit, des lois sera effectif.
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », Article premier, Déclaration universelle des droits de l’Homme. De ce fait, ester une personne en justice ne sera plus mal vu mais sera d’une responsabilité et d’une maturité citoyenne à travers l’acquisition et la compréhension du droit. Les procédés culturels resteront un moyen toujours envisageable. La protection des individus, leurs libertés, et leurs intégrités contre les abus sera plus assurée. Et plus les institutions juridiques seront fermes, plus il y aura prise de conscience et moins de violences jusqu’à la moralisation de l’économie citée par Thierno Souleymane Bal comme le fait de ne pas s’enrichir illégalement pendant l’exercice de ses fonctions.
Les lois doivent effacer le conditionnement citoyen archaïque qui est le fruit de l’ignorance, et qui se manifeste encore par les castes. Nous avons besoin de citoyens égaux et ayant une culture du droit. Les lois n’ont pas pour but de discriminer, de marginaliser ou de spolier des terres à partir de reformes.
Des LIBERTES PUBLIQUES pour un ETAT DE DROIT !
L’État de droit préconise le pouvoir soumis au droit par le respect de toutes les normes et recommandations. Dans un État de droit un individu peut contester ou poursuivre « la puissance publique », les actions d’un politique s’il les considère comme illégales ou une entreprise. L’État est considéré comme une entité morale voire personne morale. Hans Kelsen définit l’État de droit comme un « État dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée ».
La Loi est alors régisseur des comportements et elle punie les manquements d’ordre juridique. Le plus haut gradé de l’armée doit répondre de ses actes et doit être inquiété pour toute atteinte et excès même dans l’exercice de ses fonctions. Pour finir, il est inéluctable de dire qu’un État de droit est caractérisé par « une hiérarchie des normes » à savoir le classement hiérarchisé des normes du système juridique pour en garantir le respect et la cohérence comme la rigueur. Il faudra donc une séparation entre les différents pouvoirs : pouvoir exécutif, pouvoir législatif et pouvoir judiciaire. – L’égalité des personnes face aux règles – La responsabilité des politiques face à leurs actes – La soumission de l’exécutif au droit. Il n’est pas possible de faire fonctionner les rouages de L’État sans LOI ORGANIQUE. Optons pour cela en Mauritanie. Optons pour la fraternité dans le respect de nos lois. Optons pour plus de justice et de justesse.
● Sortons de la classification raciale entre les Humains pour déraciner le racisme et déconstruire nos cultures racialistes !
Oui… le Noir ne compte pas HUMAIN pour certaines cultures !
Lilian Thuram disait ceci il y a quelques mois : « Quand on parle de racisme, il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste mais qu’il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche . Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. C’est quelque chose qui dure malheureusement depuis des siècles »
Loin de toute visée d’essentialisation, mais ces derniers temps autour de l’affaire de la mort de l’afro américain George floyd, pratiquement plusieurs voix ont tenu à peu près de propos ayant la teneur de ceux du champion du monde français 98. Les deux flics américains vus dans la vidéo de l’incident mortel sont un blanc caucasien et un américano-asiatique, tous 2 devraient certainement avoir des préjugés bien fixes et similaires sur l’effet Noir ou Black . Et ils peuvent avoir quelque chose de commun avec les supporters de foot qui s’en prennent aux joueurs Noirs dans certains stades européens. Ces fachos supporters partagent une certaine idée du Noir avec les brigands libyens qui faisaient du trafic esclavagiste sur les migrants Noirs courant 2017. Ces libyens ne sont pas très loin de ces marocains propriétaires qui ne voulaient pas de subsahariens dans leurs appartements à loyer. Et eux aussi peuvent se comprendre avec ce libanais qui mettait sa bonne nigériane en vente sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Aussi ce libanais a certainement les mêmes idées sur l’effet Noir que ces saoudiens qui étaient hystériques et haineux contre leur compatriote Noire devenue pilote de ligne, lire : https://soninkideesjose.wordpress.com/2016/01/15/leffet-noir-nous-et-le-cas-de-la-pilote-noire-saoudienne-nawal-hawsawi/ . Il y a quelques années un grand patron français taillait du Noir à la télévision française en se demandant en substance si « les Noirs ont servi » quelque chose déjà…
Tout ce monde peut avoir une empathie pour ce responsable touarègue malien (du mouvement rebelle Mnla) qui disait que son peuple serait le seul à être sous domination d’un pouvoir Noir dans la Zone. Encore on apprend selon certaines sources historiques que les contingents Noirs (tirailleurs ou afro américains) furent méthodiquement écartés lors de la descente en ville (À Paris) des troupes alliées après la libération… pourquoi et quel sens profond… !? Tout peut être lié d’une manière ou d’une autre… et Thuram avait pertinemment résumé le fond de la « CHOSE ».
Ils ont tué un autre fils de la vallée ou un autre « Binngel Kummba » comme aimait dire le grand érudit Foutanké feu Thierno Younouss. Ce jeune père de famille de 35 ans était un charretier et avait transporté les marchandises d´un commercant maure sur les berges du fleuve. C´est un crime et il fallait l´assommer par un tir de sommation. Un tir de sommation ….à bout portant qui se retrouve dans sa poitrine!!! Le propriètaire de la marchandise lui fut simplement arrêté et conduit à Aleg. Le pauvre Abass Rougui Diallo ne savait pas que c´est un crime d´être noir au pays des chauvins racistes panarabistes plus chauvins que Derek Chauvin le meurtrier de George Floyd à Minneapolis. Il pensait seulement à avoir sa dépense quotidienne, nourir sa famille en prenant ce petit risque en cette période de pandémie. Rien ne peut justifier encore ce crime de plus. Paix à son âme!
Ce meurtre me rappelle aussi celui du jeune Lamine Mangane, un jeune de 17 ans, tué le 27 septembre 2011 à Maghama. Lamine n´avait commis comme seul crime que de crier haut et fort comme les jeunes de sa génération : ”Touche pas à ma nationalité” pour s´ínsurger contre le génocide biométrique initié à l époque par le multi-récidiviste putschiste Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Une balle d´un petit gendarme est venue pour le faire taire et voler son innocence et sa jeunesse à jamais. Paix à son âme. Lamine Mangane nous n´oublierons pas.
Un autre meurtre de l´armée mauritanienne m´est revenu encore en mémoire c´est celui de Amadou Kane dit Amadou Likseyba en août 2003. Certains l´ont certainement oublié mais les parents de la victime non. Ce jeune avait oublié de se promener avec sa « carte d´identité « . Il avait oublié son identité Négro-africaine mais aussi son statut de citoyen de seconde zone. Il n´avait pas 18 ans mais il lui fallait ce précieux césame pour circuler « dignement » et « librement « dans cette prison des Noirs qu´est devenue la Mauritanie. Amadou Likseyba ne savait pas que sa vie est moins que rien.Tuer un nègre équivaut à tuer une mouche. Cela ne saurait entrainer de sanction. La chambre d´enregistrement que certains appellent pompeusement « assemblée nationale » est d´ailleurs là pour laver plus blanc. Elle votera, nombre de fois que le pouvoir le voudra des lois d´auto-amnistie et d´amnésie forcée comme une lettre à la poste. C´est la Mauritanie, notre Mauritanie, leur Mauritanie. Il n´avait tué personne,il n´avait même pas repondu aux insultes des policiers et il ne devait même pas voter pour les élections de 2003 contre Haidalla le challenger de l´époque du colonel-président Ould Taya mais sa silhouette noire et son nom trop pulaar dérangeaient les policiers haineux et racistes. A qui la faute? Certainement pas au régime despotique de Taya mais aux parents du pauvre disparu. Ils avaient oublié eux aussi, certainement distraits par « le processus de démocratisation » ou du ”changement dans la stabilité”, slogans de l´époque, de « pratiquer sur leurs fils « une transfusion de mémoire » sur les années de braise du régime mais surtout sur la nature du Système qui gére le pays.
Abass Diallo, Amadou Kane, Lamine Mangane ne sont pas le premiers négro-mauritaniens à tomber sous les balles du régime mauritanien et il ne seront pas aussi les derniers tant que ce Système ethno-génocidaire et esclavagiste restera en rigueur et en vigueur.
Je me souviens encore du meurtre d´un autre Amadou, un jeune cousin à moi, Amadou Sall de Jowol c´est son nom, il avait le même âge que notre Amadou Kane, moins de 17 ans, lui aussi avait rendu l´âme aprés quelques séances de sadisme et de cruauté sur son corps. Son crime? Il avait refusé de puiser de l´eau pour les militaires qui se comportaient en territoire conquis dans la vallée des larmes. Il ne savait pas qu´un noir est fait pour exécuter les desidératas du bidasse occupant comme sur les terres du Gaza.
Je me souviens aussi d´un autre jeune victime de cette terreur raciste . Mamadou Moussa Ndiaye, il avait à peine 15 ans, il était aussi de chez moi, Jowol, une ville martyre pendant ces années de braise, il n´avait pas eu droit aux tortures c´était des tirs de gâchette pour lui enlèver l´âme . Vous me demanderez certainement encore son crime? le péché de Mamadou Moussa est qu´ il était sur les bords du fleuve natal pour pêcher le ”mbardi haako” avec son oncle à l´heure de l´état de siége non déclaré, à 17 heures, heure de Taya. Il devait être au lit, il ne le savait pas, personne ne lui avait notifié la nouvelle situation. Lui et son oncle Abdoul Boucka Ndiaye ancien militaire radié suite aux évènements de 1987 seront tués à bout portant par les amis du lieutenant- flingueur Ghaly Ould Souvy et enlacés dans leurs filets par les forces d´occupation et jetés comme des chiens derrière le village. Paix à leurs âmes!
Ils n´étaient pas les seules victimes de la terreur de la soldatesque du Système dans la vallée du fleuve. Je me souviens aussi de l´assassinat du vieux Hamadi Dioumo Ba, qui est aussi de mon Jowol natal. Il était parti aux champs avant le « réveil » du soleil. C´était un crime. Baba Hamadi ne le savait pas, il était un pauvre cultivateur, il ne pensait qu´à ses champs, il voulait seulement nourrir sa petite famille et ce sont des tirs en rafale pour lui rappeler qu´il était interdit de circuler avant le lever du soleil. Paix à son âme.
On se souvient encore d´un autre Amadou, qui avait défrayé la chronique dans la presse mauritanienne en 1994, Amadou Pamarel Sow de Fondou mais aussi Ousmane Dia le postier de Maghama, Kodda Diangua, tous tués arbitrairement par l´armée d´occupation qui faisait la pluie et les larmes dans la vallée. La liste n’est pas exhaustive mais c´était juste quelques petits rappels.
Je n´oublie pas l´exécution sommaire et tragique des 28 notables de Mouta-Alla (Guidimaxa) à leur tête le chef du village Goumbo Diawo mais aussi avec eux un autre déficient mental originaire de Tissel Angara (Guidimakha) et qui répondait au nom de Ngadiari Barry. On pouvait certainement reprocher aux notabilités et les jeunes de Mouta Alla de haïr le régime qui a déporté leurs familles entières au Mali mais que peut-on reprocher à un handicapé mental ? Sinon leur haine à tout ce qui est NOIR dans ce pays !
Les évènements tragiques de Sylla Rindiaw, Fonndou, Ndiorol, les charniers de Sori Malé, Le puits de l´horreur de Wuro Jeeri ( Maghama), les charniers de Wothie, la prison mouroir de Oualata, L´Enfer d´Inal, les camps de concentration de N´beyka, Azlat, et Jreïda sont là pour nous rappeler que les professions de foi démocratique de nos putschistes ne sont que des leurres. Rien dans le discours et dans la pratique ne nous donne à penser que le Système ait changé, ni même qu´il le souhaite sur ce point comme sur d´autres. Ce que vous faites m´empêche d´entendre ce que vous dites, disait quelqu´un.
A quand la fin de l´impunité, à quand le temps de rédemption des opprimés et des exclus? Il est évident qu´aujourd´hui le virus du racisme est plus ravageur que la pandémie du Covid-19 en Mauritanie. Patriotes du pays, indignez-vous et levez-vous pour sauver notre pays du démembrement avant qu´il ne soit tard.
En ce moment ci où notre pays fête Elfitr dans la liesse malgré la psychose installé par le COVID 19, une jeune fille et ses siens se torturent dans l’âme et l’esprit. Cette fille violée et déchiquetée dans son corps ce qui la marquera toute sa vie à tout de même besoin que justice lui soit rendue. Cette justice même rendue, jamais cette innocente ne sera réhabilitée du fait des séquelles qu’elle traînera toute sa vie. Cette affaire nième du genre ne doit pas rester impunie et le bourreau doit véritablement répondre de ses actes et doit être ester en justice. Ces cas répétés de viol de jeunes filles haratines doit susciter une profonde réflexions sur les exégèses sur les quelles certains se basent pour commettre ces crimes de pudeurs et de foi, d’où la nécessité de les tamiser en les passant au peigne fin, afin de les purifier de l’esprit avilissant de l’instinct sexuel. Finie l’impunité ! Justice pour la victime de viol d’Adel Bagrou!
« Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès » Nelson Mandela.
Dans nos petites vies miséreuses et sournoises, entre regret et désespoir, dépendance et insuffisance, nous nous enfermons dans un militantisme formaliste qui nous délivre de la solitude de l’âme et qui nous murmure des illusions réconfortantes. Dans le complexe nébuleux de la domination, certains esprits, façonnés par une idéologie négationniste et manipulatrice, par leurs comportements, s’érigent en maitres et possesseurs de la sagesse juste et de la vérité absolue. Ce qu’il faudrait, comme disait A. Hampaté Ba, c’est toujours concéder à son prochain qu’il à une parcelle de vérité et non pas de dire que toute la vérité est à moi, à mon pays, à ma race, à ma religion.
Au comptoir de l’Oncle Marc, dans cette période terrible et angoissante, le militantisme formaliste, avec un cynisme pointu et un mépris qui frise le ridicule, dramatise, minimise, ‘peulinise’ et personnifie ce combat que nous menons collectivement et vaillamment. Cette attitude, incompréhensive et intrigante, dans ses destructions et ses divisions, pour ceux qui ne sont points conscients, ne servent qu’aux cruelles pulsions de ceux qui nous discriminent et qui nous chassent de notre éternel chez nous.
Par conséquent, nous n’avons ni le temps ni la force de nous rouler dans la boue avec ceux qui ont l’habitude d’y séjourner. Nous n’avons ni l’envie ni l’énergie de nous attarder sur des jacqueries et des diatribes méprisantes qui ne servent absolument pas à nous rapprocher de cette volonté d’unifier nos cœurs et nos esprits avec fierté et honneur. Le temps que nous nous accordions à ces mots et virgules, ces ponctuations et ces suspensions, l’oppresseur, quant à lui, sous ce spectacle de cour de récréation, s’étonne même de notre manque de discernement et de notre sens de priorité. Du coup, ayant saisi le sens pointu du détail chez le noir, l’oppresseur, sous un air moqueur et provocateur, nous observe se déchirer sur une mesure, une réforme, une pratique, une injustice qui n’affecte que nous, nos enfants et nos futurs successeurs. Ainsi, nous comprenons la profondeur de la citation de Steve Biko qui professait que l’arme la puissante entre les mains de l’oppresseur est l’esprit de l’oppressé.
La mémoire qui porte l’historique de nos luttes nous fait vivre et nous donne l’impression d’avoir avancé, d’avoir accompli quelque chose et cela nous réconforte dans nos échecs et nos insuffisances, dans nos négligences et notre inconséquence. En remontant le temps, en observant ses écoulements et ses répétitions, nous nous rendons compte que des espérances se perdent dans ce temps qui ne cesse de s’écouler et que notre condition ne cesse de se dégrader.
Ici et maintenant, avec la force de chacun et la volonté de tous, nous pouvons, pour l’amour de notre Communauté, faire émerger de nous-mêmes cet Être Unique et Solide qui nous portera sur ces épaules larges et suffisantes. En acceptant d’être emporté par cet instinct de vivre et non de survivre, de cohabiter et non d’être logé, nous aurions compris que seule la force de chacun et la volonté de tous créeront les fondements de notre Unité. Cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’on le fasse martelait le premier Président noir de l’Afrique du Sud.
Dans ce temps d’injustice et d’assimilation forcée à la culture et à la langue arabe, le soldat qui sommeille en nous s’épuise dans des querelles insignifiantes et nous interpelle. Il nous exhorte d’agir avec intelligence et répartie dans ce jihad contre le beidanisme, dans cette nécessité de chasser la discorde et dans cette urgence de nous unir pour renaitre.
Dans ce temps où l’arbitraire et la provocation nous mettent devant la profondeur de notre division, nos cœurs doivent s’unir et se tenir pour planter les nouvelles graines de notre Unité. Dans ce temps où notre humanité se méprise, se nie et se piétine, nous devons nous réconcilier avec nous-mêmes et chanter haut et fort les actes de courage et de bravoure que nos frères impriment dans la mémoire de Notre Communauté.
Dans ce temps où le racisme se justifie par un satané devoir de réserve qui n’est autre qu’un devoir de silence ; de consentement, notre intelligence, dans ces gymnastiques vertigineuses d’arguments fallacieux et méprisants, doit déconstruire ces discours et nous renseigner sur le véritable sens de nos combats.
Dans ce temps où les journalistes s’érigent en falsificateurs assermentés des faits et semblent même y trouver plaisir, les hommes et les femmes de bonne conscience, par la force qui nourrit leur amour de justice et de paix, doivent tremper leurs plumes dans cette encre encore humide pour peindre de toutes les couleurs et de toutes les coutures, les portraits de nos quotidiens chaotiques et violents. Car, comme disait Thomas Sankara, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité.
Des décennies se succèdent et les générations se remplacent dans cet apartheid mortifère qui se ‘nazilise’ à chaque seconde qui s’écoule. D’un mandat présidentiel à un autre, dans un optimisme utopique, nous attendons la venue d’un Messager pour nous libérer et nous unifier. Nous pouvons encore l’entendre ! En revanche, seule la reconnaissance de notre division et de notre condition de colonisés nous aidera à nous retrouver pour aller au front contre ce mal qui nous ronge.
Ce ne serait certainement pas avec un esprit douteux et boiteux qui ne jouit que dans l’affrontement, que nous dessinerons les itinéraires de Notre Unité. L’heure n’est nullement de construire des ponts qui nous divisent et qui nous éloignent. Cette heure, qui se traduit comme un sursaut, est venue nous rappeler que nul d’entre nous n’est en sécurité et que nous risquons tous de se retrouver écraser par les griffes du beidhanisme.
La force de toute société réside dans sa capacité à dépasser ses pulsions et ses sensibilités pour répondre aux besoins des individus. Cette force s’est montrée puissante et prête à se détacher de ses préjugés, de ses caricatures, de ses cynismes et de son optimisme utopique pour nous inciter à nous faire confiance, à nous unir, à nous battre ensemble ; le socle de notre libération.
Les sorties tonitruantes du trublion de la diplomatie mauritanienne lui ont valu d’être relevé de ses fonctions juste après une promotion. La cause, une dénonciation légitime (même si on peut discuter de la manière) des discriminations que subissent les Halpularénes. Le ministère des affaires étrangères, dans une forme de fourberie sans nom, le remplaça par un de ses amis dont il a dénoncé la marginalisation.
Si les sorties sur les RS de l’intéressé ont fait sensation avec un élan de soutien large. Elle a aussi était l’occasion pour certains, à l’insulte facile, de jeter l’opprobre sur son remplaçant. Se faisant, les soutiens du diplomate déchu ont voué aux gémonies son remplaçant, tombant ainsi dans le piège sciemment orchestré par l’administration. Et il est désolant de voir des personnes aguerris politiquement et baigné dans l’histoire, affubler un de leurs semblables de Négre, ce substantif utilisé péjorativement dans la lutte contre l’émancipation des Noirs.
Ainsi les militants 2.0 en manque de repère ont trouvé en ce diplomate déchu un Héros, un Martyr vivant au service de la cause! Pourtant le récit héroïque qu’on veut nous imposer avec cette figure de l’homme qui se sacrifie pour les Noirs de Mauritanie est plus complexe qu’il n’y parait.
Car cohérence pour cohérence, dans sa dénonciation légitime de manque de diversité dans les dernières nominations au niveau du ministère des affaires étrangères, l’homme ne s’intéresse qu’aux Halpularenes, sa communauté d’extraction oubliant au passage l’ensemble des autres communautés qui sont victimes de marginalisation !
Cohérence pour cohérence, pourtant celui que vous érigez en héros aujourd’hui, était un fervent soutiens du régime actuel durant la campagne présidentielle précédente !
Cohérence pour cohérence, votre héros du jour, il y’a de cela un an traitait la CVE de coalition de toorobbés, invitant vos militants à quitter le navire, preuve à l’appui.
Cohérence pour cohérence, votre héros a fait le choix de dénoncer cette marginalisation sans concertation avec les intéressés. En les citant nominativement, il implique ainsi des gens dans une affaire (légitime soit-elle) sans leurs consentements. Ces derniers découvrent cela sur les RS.
Face à une politique structurelle de marginalisation communautaire, on ne peut opposer une dénonciation de circonstances, au risque que cela s’apparente à une action spectacle.
Les lanceurs d’alertes restent généralement dans les lambris dorés du pouvoir ( pas pour en profiter) afin transmettre à des relais extérieurs des informations pour alerter l’opinion…
Dire cela n’est pas une forme remise en cause du fond, à savoir le combat légitime pour mettre fin à cette saignée dont on est victime dans nos administrations.
Cette petite contribution qui se veut factuelle, n’emportera probablement l’adhésion de beaucoup et tant mieux. Cependant l’auteur que je suis vous invite à porter la contradiction sur le terrain de l’argumentation rationnelle au détriment des diatribes émotionnelles qui me laissent de marbre.
L’Authentique – Lorsque les officiers de l’armée mauritanienne se sont emparés du pouvoir de Maître Mokhtar Ould Daddah le 10 juillet 1978, la raison avancée pour justifier ce coup d’état était de mettre fin à la guerre du Sahara.
Mais l’objectif inavoué des initiateurs du coup d’état était de faire de la Mauritanie, pays peuplé de berbères Sanhadja se faisant improprement appeler maures, de peuls, de soninké, de haratine, de wolof et bambara, un pays arabe comme les pays du Maghreb se considérant comme arabes mais dont les populations sont majoritairement des berbères.
Pour atteindre leur objectif, ils ont aussitôt créé une organisation appelée l’Avant-garde civilo-militaire. Cette structure était composée d’idéologues civils et militaires, constituant une minorité de la composante berbère Sanhadja qui se sont imposés au peuple mauritanien par la force des armes et se relaient au pouvoir jusqu’à nos jours.
Ils ont importé de l’Iraq la pensée unique arabe. Les éléments de l’avant-garde civilo-militaire se considérant comme arabes, la pense unique arabe a pour objet de faire des populations non arabes, c’est-à-dire soninké, peul, wolof et bambara des arabes. En cas de refus de la part de ces communautés les combattre de la manière suivante : 1/3 est expulsé hors du pays, 1/3 exterminé et le 1/3 est dépossédé de ses moyens de subsistance (salaires, maisons, terres de culture et autres) et devient pauvre et anéanti c’est cette politique qui a été appliquée lors des événements tragiques de années 89-90-91.
L’avant-garde civilo-militaire a placé ses éléments chargés d’appliquer leur politique d’arabisation, et d’éliminer des composantes négro-mauritaniennes dans tous les points stratégiques de l’état.
Ainsi, les services des examens, la Direction de la fonction publique, la commission nationale des concours, la Télévision, la Radio Mauritanie ont été tous confiés à des personnes ayant adhéré à leur idéologie.
Le service des examens de tous les échelons de l’enseignement était chargé de filtrer et d’éliminer les négros-Mauritaniens admis, aux différents examens et concours. La Direction de la fonction publique était quant à elle chargée de précipiter le départ à la retraite de tous les cadres négros-mauritaniens. Les programmes de la télévision étaient dominés par ceux de la composante berbère Sanhadja (Maure).
C’est l’avant-garde civilo-militaire qui a dirigé le pays depuis le 10 juillet 1978 à nos jours. Tous les présidents qui se sont succédés au pouvoir ont gouverné sous la direction de cet avant-garde en appliquant la politique de la pensée unique arabe à l’exception de cinq d’entre eux. Il s’agit des présidents : Moustapha Ould Med Saleck, Ahmed Ould Bousseif, Mohamed Mahmoud Ahmed Louly, Mohamed Khouna ould Haïdala, Sidi Ould Cheikh Abdallah.
Ely Ould Mohamed Vall était chargé de la transition, pour préparer les conditions d’un retour à un pouvoir civil et ne pouvait en aucun cas adhérer à une telle théorie. Tous les postes de responsabilité au plan régional, départemental ainsi qu’au niveau de l’administration générale des forces armées et de sécurité sont confiés à des personnes qui adhèrent à la politique de la pensée unique arabe et acceptent de l’appliquer dans leur domaine de compétence.
Le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya lui aussi avait au début refusé d’appliquer la politique de la pensée unique arabe. Pour l’amener à adhérer à leur politique, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont poussé les militaires négro-mauritaniens à faire un coup d’état contre lui sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Le coup d’état de 1987 ayant donc échoué, Maaouya a fait exécuter 3 des auteurs du coup d’état.
Pour les éléments de l’avant-garde, le président Maaouya devait profiter de cette occasion pour exterminer tous les militaires et civils négro-mauritaniens du pays – Maaouya n’ayant pas fait ce qu’ils voulaient, ces derniers se sont retournés contre lui, en organisant à leur tour un coup d’état en 1988 pour réaliser leur souhait, mais ce coup d’état a lui aussi échoué.
A cette occasion, Maaouya, n’a exécuté aucun élément des auteurs du coup d’état, mais radié des forces armées et de sécurité 400 officiers, sous-officiers et hommes de troupes tous de la composante berbère Sanhadja. Le coup d’état des militaires négros-mauritaniens de 1987 ayant convaincu Maaouya pour l’application de la politique de la pensée unique arabe, les éléments de l’Avant-garde se sont organisés pour préparer les événements des années 1989,90-91.
Evénements au cour desquels, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont mis en application leur théorie en expulsant 1/3 de la population négro-mauritanienne vers le Sénégal et le Mali, exterminant 1/3 et le 1/3 restant réduit au néant. Seuls Maaouya et Mohamed Ould Abdel Aziz ont accepté d’appliquer aux négros-mauritaniens la politique de la pensée unique arabe parce qu’ils tenaient à rester au pouvoir. Ce qui justifie leur durée au pouvoir. Tous les autres présidents qui ont refusé ont été demis de leur fonction.
Si les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont pu contrôler et imposer leur politique aux différents régimes, c’est parce qu’ils tiraient leur force de l’appui qu’ils recevaient des régimes d’où ils ont importé la pense unique arabe, avant que ces derniers ne tombent en disgrâce. A partir de l’année 2017, quand ces régimes ont connu des difficultés, pour ne pas dire tombés en déliquescence, les éléments de l’avant-garde durement affaiblis, le président Mohamed Ould Abdel Aziz enfin de règne a commencé à les combattre. Il y a eu donc divorce entre lui et l’avant-garde civilo-militaire. Les points de divorce que j’ai constatés sont les suivants :
1. Les articles de l’un de leurs membres influents pour ne pas dire leur chef critiquait le régime du président Aziz.
2. Le fait que le parti Sawab ait parrainé la candidature de Monsieur Birame Ould Dah Ould Abeid qu’ils considèrent comme un ennemi du président Aziz.
3. La mise en place des commissions départementales, communales de recensement des populations.
4. La marche organisée et dirigée par le président Aziz le 9 janvier 2019 contre le racisme et le discours violent.
5. Le fait de débaptiser l’avenue Gamal Abdel Nasser quand on sait ce que représente le président Nasser pour le monde arabe et le continent africain.
6. Le soutien apporté par les éléments de l’avant-garde à Monsieur Sidi Mohamed Ould Boubacar contre le candidat de Monsieur Abdel Aziz lors des élections présidentielles de juin 2019.
Ce sont ces points que mon analyse de la situation politique du pays m’a amené à considérer comme des points de divorce entre Mohamed Ould Abdel Aziz et ses complices d’hier. Il reste à les confirmer ou à les infirmer.
Je dirai aux membres de l’Avant-garde civilo-militaire qu’Allah nous a enseigné, et l’histoire passée et présente nous l’a prouvé que les hommes qui se considèrent supérieurs à d’autres communautés comme c’est leur cas, soit par leur naissance, ou leur puissance financière où militaire, finiront toujours par s’autodétruire ou à être détruits – les exemples des hébreux (peuple élu), d’Hitler, du Rwanda dans le passé et ceux de l’Iraq, de Syrie, de la Libye, du Yemen, de l’Egypte, de la Tunisie, du Soudan et de l’Algérie aujourd’hui en sont une preuve éclatante. Ces exemples sont à méditer.
Toute cette histoire, désormais appartient au passé de notre pays. Tournons nous maintenant vers l’avenir.
Nous espérons et souhaitons qu’avec l’arrivée du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au pouvoir, ce sera l’occasion pour lui de rompre et de tourner de façon définitive cette page douloureuse et sombre de l’histoire notre pays.
Si le président Mohamed Cheikh El Ghazouani arrive à se libérer du contrôle de son régime par les éléments de l’avant-garde civilo-militaire comme l’a commencé le président Mohamed Ould Abdel Aziz et qu’il instaure une politique de justice et d’égalité entre les composantes de notre pays, il réconciliera le peuple mauritanien. Je suis convaincu que si nos potentialités économiques que sont le poisson, le cheptel, le fer, le cuivre, l’Or, la bauxite, le gypse, le pétrole, le gaz, l’agriculture, le sable, le soleil, les dattes, les marbres, etc. sont exploités judicieusement et distribuées de manière juste et égalitaire aux 3.500.000 citoyens, chaque famille pourra être logée, nourrie, soignée, éduquée, et bénéficier de l’eau et de l’électricité gratuitement.
Si par contre nous continuions sur la même lancée, l’homme qui arrive au pouvoir avec sa famille et ses alliés une minorité ne représentant même pas 10% de la population se partagent les 90% de ces richesses, ne laissant au 90% de la population que les 10% de ces richesses je crains que cela ne conduise à terme notre pays vers une guerre civile.
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