Initiatives News – L’audience accordée ce mardi par le président de la République à Isselkou Ould Ahmed Izidbih, l’un des rares soutiens de Mohamed Ould Abdel Aziz suscite beaucoup d’interrogations.
Isselkou qui fait figure de véritable faucon au sein du cercle proche de l’ex président aurait eu le feu vert de ce dernier. Que pourrait bien aller faire Ould Izidbih à la présidence à ce moment précis où l’enquête préliminaire sur le dossier de son patron est quasiment bouclée et sur le point d’être transmis au parquet ?
Y aurait-il des pourparlers en coulisses ? Le président Ghazwani serait-il en train de tirer les ficelles pour tenter de sauver la tête de son vieil ami ?
Et l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs dont on parle tant aujourd’hui, ne seraient-elles que de la poudre aux yeux ?
Autant de questions que l’on se pose suite à cette rencontre inattendue. En effet depuis sa démission de son poste d’ambassadeur, cet ancien ponte de l’ancien régime et proche de Aziz, s’était découvert une nouvelle occupation : tirer à longueur de journée, à boulets rouges sur la commission d’enquête parlementaire et sur la procédure judiciaire en cours, déballant au passage au grand jour le contenu de toutes ses auditions.
Et voilà que brusquement, cet homme devient fréquentable par le pouvoir et est reçu avec tous les honneurs au palais présidentiel ? Il y a anguille sous roche. Que s’est-il passé ? On a remarqué que depuis quelque temps, Ould Izidbih qui était devenu le bloggeur N°1 de la République a cessé ses tirs groupés contre le pouvoir.
Il a retrouvé subitement sa sagesse et est devenu du coup fréquentable. Pourquoi ce revirement à180° ? A-t-il conclu un marché avec le pouvoir ? Est-ce une nouvelle stratégie dictée par Aziz qui aurait compris qu’il serait mieux pour lui de mettre de l’eau dans son zrig et prospecter la voie d’un règlement politique, ou politico-judiciaire?
C’est ainsi que Aziz pourrait éviter le bagne en contrepartie de la restitution de l’ensemble des biens mal acquis et d’une mise à la touche sur le plan politique.
Cette option est tout à fait jouable car il convient de se rendre à l’évidence : le président actuel est très lié à Aziz et à ses hommes et il court un grand risque en ouvrant un front contre eux. En effet, en envoyant Aziz en prison, il faudrait logiquement et nécessairement envoyer les centaines de personnes impliquées-et pas les moindres-et là ça risque de créer de gros soucis au président Ghazwani, qui n’a pas besoin de ça.
Ainsi donc, l’entrée en lice de Ould Izidbih préfigurerait la prospection d’une alternative extrajudiciaire qui va couper l’herbe sous les pieds de Dame justice.
J’ai été très choqué et indigné de découvrir encore sur la toile que certains frères et soeurs africains ne savent même pas qu’il y a des Noirs, Haalpulaar(Ful6e), des Soninko, des Wolofs, des Bamana… en Mauritanie. Oui, des Noirs qui sont des Mauritaniens authentiques, de souche, d’origine et non des simples fils des immigrés Ouest-africains! Apparemment ils ignorent complétement l’histoire du peuplement, des empires et autres royaumes traditionnels dans notre sous région. Il faut reconnaitre aussi que la politique raciste de la diplomatie mauritanienne a si bien réussi que partout dans le monde on croit que la population mauritanienne est à 100% maure(Bidhane) et que la Mauritanie doit rimer avec mauritude! Quel est le noir mauritanien membre d’une délégation, étudiant à l’étranger qui n’a pas été victime de cette méprise dans certains pays? » Vous êtes mauritanien , vous êtes arabe? » ou « Vous êtes « Naar », donc vous parlez arabe ou hassaniya »!!!
Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, la Mauritanie actuelle est une création artificielle du colonisateur français et elle se situe sur les ruines de l’ancien Tekrour, Ghana, Fouta , Waalo, terres où se sont créées, puis individualisées et developpées ces nationalités négro-africaines (pulaar, soninké, wolof, bambara, sérère…). Oui, la Mauritanie n’était pas terra ex nihilis avant l’arrivée des Arabo-berbères!
En réalité si on se réfère à l’histoire la population noire est autochtone et tout tend aussi à prouver qu’elle est majoritaire en Mauritanie. Nous n’en tirons pas naturellement prétexte pour exiger l’installation d’un pouvoir exclusivement noir à Nouakchott. Et comme nous le soulignions dans notre historique « Manifeste du Négro-mauritanien opprimé » de 1986, pour les Noirs, le fait d’être majoritaire et de se référer à une antériorité de l’occupation ne suffisent pas pour contrôler ce pays. L’Afrique du Sud sous l´Apartheïd était un exemple édifiant. Les Afrikaners sont d’origine européenne. Ils représentaient 3 millions sur les 25 que comptait le pays. Mais, ils sont arrivés à dominer celui-ci par le moyen de la violence politique, policière, militaire et par la domination économique et c’est la même politique inique et cynique qui est appliquée aujourd’hui en Mauritanie dans le silence et l’indifférence de la communauté internationale et africaine. Nos frères et voisins africains attendront certainement comme disait l’autre, le jour où les européens ou américains, en panne d’une bonne cause à défendre dénonceraient enfin ce qui se passe dans ce pays si proche, alors bien sûr ils feront les choeurs. Et nos artistes trouveront subitement l’inspiration, nos poètes leurs muses, nos griots dépoussiéront leurs koras, nos journalistes leurs plumes, nos panafricanistes et « droits de l’hommistes » leurs voix, pour chanter les vaillants HÉROS assassinés dans les geôles de l’État raciste à Oualata, Djreïda, Inal, N’beyka et à Azlat , s’indigner de cette belle négritude bafouée et dénoncer enfin cet autre Apartheïd au coeur du Sahel.
Notre souhait le plus absolu serait que ces questions de couleur, de pourcentage passent au second plan pour laisser place aux seuls critères de compétence et de patriotisme. Et comme je le souligne très souvent : Elle est belle la Mauritanie quand elle est en harmonie et assume avec fierté sa diversité et ses identités! Ebène et sable en harmonie, Noirs et Beydanes unis, tu revivras ma Mauritanie.
Questionner le sens de ce que nous connaissons, de nos vérités et de nos imaginaires doit être au cœur de nos philosophies. Questionner le sens de nos pratiques et de ce qui soutient nos traditions doit être fait dans l’optique de les améliorer avec intelligence. Ce questionnement, quand il aura atteint les décideurs et les penseurs de tout bord, devrait trouver ses premières réponses dans cette volonté de créer un univers de paix et de tolérance. Toute éducation, qu’elle vienne d’ici et d’ailleurs, ne serait juste et comprise que si elle défend l’intégrité humaine – la dignité de la personne de l’autre et de l’acceptation de l’autre. L’autre n’est autre que nous avec nos peurs et nos angoisses, nos imaginaires et nos perceptions floues et ambiguës. Comprendre une telle pensée doit nous préparer, comme écrivait Auguste Compte, à vivre pour autrui afin de revivre dans l’autrui. Ainsi, éduquer c’est véhiculer des codes et des valeurs qui participent à construire des ponts entre les peuples pour que les rires se partagent, les joies se transmettent et que les peurs puissent être comprises et non rejetées. Eduquer, éveiller, construire et transmettre, voilà les finalités de toute civilisation consciente de la diversité des peuples et de l’unité de cette même diversité. Puisque toute diversité est une partie de l’unité, apprenons à nos enfants à se détacher de leur « ignorance primaire » afin qu’ils puissent les transformer en source de dépassement et de compréhension de ce qu’ils traversent et ressentent. Le comprendre d’une autre manière est aussi une des facettes de nos philosophies et non l’opposé de la philosophie de l’unité. Eduquer à ne pas faire des différences mais à créer des liens, des ponts et des sentiers – des sentiers pérennes et unificateurs. Eduquer à ne rejeter ce que nos perceptions et nos imaginaires ne comprennent, car il n’y a autant de vérités que d’humains mais, ce qui devrait être au cœur de nos agissements doit nous mettre sur le chemin de la tolérance afin que nous saisissions le sens profond qui se cache sous la montagne de nos méfiances et de nos préjugés.
Eduquer à ne pas juger mais à apprendre, à apprendre à connaitre l’autre, l’autre dans ses croyances et ses habitudes. Eduquer à penser, à transmettre – la bonne parole, l’action juste et la bonne pensée. Nous rentrons ici dans la profondeur de la pensée de l’auteur des Confessions. Vous l’aurez compris qu’il est question ‘d’éducation positive’. J’appelle éducation positive ce qui tend à former l’esprit avant l’âge, et à donner à l’enfant la connaissance des devoirs de l’homme, nous répond le philosophe. Eduquer à ne remettre les causes de nos échecs aux autres, mais de se remettre en question et à questionner le sens de ce que nous faisons, de ce que nous pensons et de ce que nous recherchons ; les racines de toute éducation qui cherche à s’épanouir et à exister en ayant conscience de sa présence et de ce qui nous entoure. Eduquer à s’accepter, à créer une volonté de puissance qui agit et qui comprend le sens de l’éducation. Puisqu’elle est l’arme la plus puissante que nous possédons, utilisons la pour changer et changer le monde, pour paraphraser Nelson Mandela. Eduquer c’est aussi imaginer ; savoir distinguer le visible et l’invisible, l’utile et l’accessoire, le vrai du faux, le juste et l’injuste. En éduquant nos sociétés à se voir comme des enfants qui apprennent à marcher, à parler, à penser et à connaitre le sens des choses et des êtres, nous aurions compris que toute éducation est une éducation sur nous et sur les autres, un devoir de bâtir des sentiers de réconciliation entre nos philosophies d’autrefois et nos traditions d’antan.
La première éducation est celle de la découverte du sens de nos sens, de ce que nous sommes et de ce que nous renvoyons comme enseignement à ceux qui nous découvrent et nous rencontrent. Eveiller les sens de nos enfants c’est leur montrer la source et l’essence de ce que nous croyons être juste ou bon à réformer et non de leur imposer l’image de ce que nous pensons qu’ils devraient être, prêchait Jiddu Krishmanurti. Eduquer c’est éveiller le sens de l’enfant en nommant explicitement et pédagogiquement les choses et les êtres sans chercher à dénaturer pernicieusement le sens qu’ils renvoient et la substance qu’ils renferment. La doctrine que l’on transmet est importante mais ce qui donne une force déracinable à nos éducations c’est l’essence de l’éveil que nous cherchons à pérenniser, pour reprendre Ernest Renan. Quand un enfant aura saisi la substance des choses et des êtres, il saura les définir, les comprendre, les faire comprendre et les transmettre. Il saura quelle vie il est sensé vivre et quel comportement adopté pour vivre et faire vivre – le sens de l’existence.
Toutes les éducations n’ont pas les mêmes finalités. Certaines sont faites pour soumettre et, d’autres, sont construites pour libérer.
Les premières sont celles qui créent un univers de méfiance entre les peuples et des barrières entre les hommes. Ce sont elles qui créent des différences entre les hommes et qui opposent des limites à nos capacités. Ce sont elles qui emprisonnent la femme et qui enferment les intelligences. Celles qui libèrent sont celles qui tracent des cheminements vers « la justice et la liberté. Il n’y a pas de justice sans égalité et il n’ait point de liberté sans justice ». Les éducations qui enferment et qui nient l’existence de certains peuples sont celles qui opposent la justice à la liberté, l’égalité à la fraternité et qui combattent les pensées qui tendent vers l’humanisme et la tolérance.
Cependant, quand une éducation se fixe pour finalité d’exploiter les individus, elle instaure un climat de violence et d’ignorance ou tout devient ambigu, flou et insensé. La culture de la peur s’installe et fait le lit de l’ignorance. C’est dans ces circonstances que les hommes deviennent des loups pour d’autres et que des conflits surgissent pour opposer les consciences, hiérarchiser les intelligences, les imaginaires et, finalement, les peuples. Une éducation qui restera dans les consciences avec une tranquillité sereine est celle qui éduque à ne pas haïr et à ne pas s’haïr, à construire et à ne pas détruire, à ne pas souffrir ni à faire souffrir, à comprendre et à faire comprendre, à éveiller et à transmettre les valeurs de tolérance et d’égalité. Une telle éducation est un idéal qui n’est point le rêve d’un penseur qui dort mais d’un père qui rêve que ses enfants ne soient jugés ni sur leurs origines ni sur leurs conditions sociales.
Notre actualité nous exhorte de revoir le sens que nous donnons à ce que nous croyons et à les comprendre pour découvrir la raison de notre présence et la signification de ce qui existe ici et ailleurs. Pour qu’une telle société émerge dans ce brouillard qui ne laisse apparaitre que des horizons flous et des visions à demi teintés, apprenons à réapprendre à s’accepter, à aimer, à tolérer.
Chers militantes et militants du réseau Ganbanaaxun fedde . Je vous remercie d’être venu nombreux à Métro Duroc pour vous incliner devant la mémoire de nos vaillants et valeureux militants suite leur assassinat par la féodalité locale. Nos vaillants et valeureux militants lâchement lynchés , tués et découpés. Ici à travers ma voix c’est tout le réseau Ganbanaaxun fedde qui présente ses condoléances à vous et aux familles des victimes assassinés ainsi qu’aux blessés, aux veuves et orphelins . Puisse Allah ouvrir les portes de sa miséricorde aux âmes de nos défunts père feu Mountaga Diarisso président de Ganbanaaxu Diandioumé , à notre père feu Oussy Cissokho , à celles de nos frères feu Gaoussou Cissokho et de feu Hamet Cissokho . Diarisso Mountagha a été agressé plusieurs fois et sa maison saccagée , sa dernière agression meurtrière date du premier septembre 2020 , il a été assassiné parce qu’il voulait vivre libre ,être libre de toute assignation coutumière . Quant à la famille cissokho , elle a subi la haine des miliciens de kingui suite à leur victoire judiciaire après un litige foncier, l’imam de Diandioumé a déclenché les hostilités en défiant le procureur de la république de NIORO du SAHEL . Son interpellation a été déclencheur d’une furie meurtrière de la milice locale de Kingui contre nos militants et soutenu par des funestes réseaux à travers la Diaspora . A ces adversaires meurtriers nous leurs disons que la mort n’a jamais empêché le triomphe de la vérité , et cette réforme sociale que nous voulons s’est imposée en nous , on peut vivre en paix et en harmonie sans esclavage statutaire cela exige d’autres codes de valorisations sont à inventer . A ces adversaires meurtriers nous leurs disons que nous sommes dans une république , les lois fondamentales de la république l’emporte sur les coutumes et les pactes en cas de conflit . Et quand on est pas d’accord avec une décision judiciaire les voies de recours existent en république. Nous avons en notre disposition des messages vocaux des extrémistes féodaux se réjouissant de ces assassinats, nous avons aussi un message vocal qui incitait au meurtre de ces quatre personnes citées ci-dessus de manière nominative à travers l’audio d’un certain LASSANA DIABY résident dans la région ile de France . IL est temps de montrer les visages de tous ces extrémistes féodaux aux autorités françaises et aux chancelleries des pays où ils résident . Depuis 2018 l’ostracisme dont est victime les militants de Ganbanaaxu au Mali n’a pas alerté à suffisance les autorités locales du cercle de NIORO et cela pas faute de communiquer et d’alerter pourtant , les verdicts ont été toujours en deçà de la gravité des délits même pour un profane en droit. Le procureur de NIORO DU SAHEL de l’époque aurait dû donner l’exemple depuis la première agression de feu MOUTAGHA DIARISSO 65 ans bastonné par un jeune de 35 ans parce que de statut esclave, article paru dans le journal Mali SADIO numéro 073 Du vendredi du 18 Mai 2018. Malgré ces assassinats Ganbanaaxun Fedde reste et restera constant dans sa lutte pour éradiquer l’esclavage statutaire et toutes formes d’inégalités dans la communauté SONINKE dans un esprit républicain et pacifique, nous déplorons ce silence complice de ceux qui se veulent hérauts de la communauté quand il s’agit des folklores . Une société doit se réformer pour sa survie et la paix sociale .
D’autre part je soutiens que cette milice de kingui épouse une certaine vision religieuse d’un érudit SONINKE pour qui l’esclavage dans le milieu soninke se justifie religieusement et traduire cela dans les faits ne peut que donner violences et meurtres .Nous avons manifesté par le passé contre le discours de cet érudit devant la chancellerie de l’ARABIE SAOUDITE quand il a renouveler ce même discours et nous sommes disposés à refaire cette même démonstration de force. Que ces assassinats n’entament point votre conviction et votre constance dans la lutte , l’histoire retiendra qui voulait la paix sociale en demandant une réforme au sein de SONINKAARA au nom de la cohésion sociale, le temps des grandes conférences , des cours magistraux devant acquis à sa cause est révolu . On ne réforme pas une communauté par des invocations stériles qui ne sont pas suivis d’actions , une réforme est douloureuse , elle cisaille et je l’avais écrit par le passé d’où une exigence de lucidité commune.
Chers militants de Ganbanaaxun fedde le nom de chacun d’entre nous est lié à ce mouvement historique et la postérité ne peut retenir de vous que des abolitionnistes réformateurs peu importe le procès de nos détracteurs , la violence subie ainsi que les assassinats . Le temps , meilleur juge a montré que les alertes données par Armepes-France depuis dix ans étaient fondées , et que la crainte évoquée était justifiée . Nous n’avons pas été pris au sérieux , l’indifférence et l’indignation sélectives de certains intellectuels de la communauté relèvent d’une trahison et d’un mépris envers leur propre communauté . Le temps , meilleur juge a montré que les laada , ces coutumes forcées , peuvent être aussi meurtrières et sources de tensions sociales en portant atteinte à la dignité humaine . L’Etat malien plus précisément les autorités sécuritaires , administratives et judiciaires du cercle de NIORO devraient faire en sorte que la république triomphe en tout lieu, la décision d’un chef coutumier ne vaut pas arrêté préfectoral ou communal. Nous remercions cet élan de solidarité et de secours de tout le réseau malien des défenseurs des droits humains suite à ces assassinats , la répétition des assassinats est imminente car certains miliciens du réseau ayant massacré nos vaillants militants n’ont éprouvé aucun regret et sont prêts à récidiver. Une pensée aux veuves et au orphelins de nos vaillants et précieux militants morts pour la défense leur dignité, la dignité humaine . Nous continuerons à dénoncer les coutumes barbares et meurtrières : le slogan qui consiste à dire « PAS D’ESCLAVAGE CHEZ NOUS C’EST JUSTE LA COUTUME » est un argument insultant qui ne tient plus dans l’argumentaire des féodaux de SONINKAARA au près l’administration locale. Le premier septembre 2020 est une date à retenir dans l’histoire de la communauté SONINKE .
Salutations militantes
TRAORE GAYE alias GAYE TENE ,
Président Armepes-France et Initiateur de Ganbanaaxun fedde
Demain 4 septembre, nous commémorons les premières arrestations en 1986 de cadres et intellectuels noirs mauritaniens ; arrestations qui devaient ouvrir la porte au tristement célèbre mouroir de Walata, faisant basculer par la même occasion le régime du sanguinaire Taya dans l’horreur.
N’eut été le fait que Walata repose indubitablement la question nationale en Mauritanie, s’autoriser à l’évoquer alors qu’on n’y était pas relèverait presque de l’impudeur. Que ceux qui y ont souffert le martyr me pardonnent d’avance cette forme d’intrusion.
J’étais un jeune adolescent en 1986 quand, achevant mes vacances d’été à Nouakchott, j’apprenais l’arrestation de plusieurs personnes en même temps, certaines que je connaissais parce que de ma famille, d’autres parce que de notoriété déjà installée. L’agitation dans l’univers familial de quelques-uns de mes ainés alors étudiants, et déjà bouillonnant de militantisme et de subversion me fit prendre de plein fouet conscience que ma vie de jeune noir n’allait pas être de tout repos, pour peu qu’il me restât encore un soupçon de cette saine colère que l’on appelle le pouvoir d’indignation. S’ensuivirent des manifestations de rue quotidiennes auxquelles je me mêlais. Quasiment les premières de mon parcours de militant. Quelques-uns des ainés que je suivais dans ses manifestations seront également arrêtés. Hommage, respect et affection à mon grand-frère Abdoul Aziz Ba dit Tazi qui, bien que n’ayant pas été à Walata, fît plusieurs séjours en prison. D’autres, après des semaines durant à jouer au chat et à la souris avec la redoutable police politique de Taya, prirent le chemin de l’exil. Que mon frère Ciré Ba trouve ici mon admiration et mon affection. Semaine après semaine, la liste des détenus politiques s’allongeait. Tous ou presque appartenaient à la communauté Peul. Quelques noms connus et reconnus donnaient à ces arrestations une tonalité toute particulière, rendant le climat en milieu négro-africain terriblement anxiogène.
Tène Youssouf GUEYE, homme de culture et de Lettres, historien et chef coutumier, par ailleurs premier ambassadeur de la Mauritanie auprès des Nations Unis, « arrêté » !
DJIGO Tafsir, ancien ministre de la République, « arrêté » !
Saidou KANE, historien et homme de culture, « arrêté » !
Ibrahima SARR, journaliste, homme de culture et poète, « arrêté » !
Abdoul Aziz Bocar BA, homme politique, premier directeur général d’Air Mauritanie, « arrêté » !
D’autres hommes à l’époque moins connus mais tout aussi valeureux furent également arrêtés. Des inspecteurs de l’enseignement (Samba THIAM actuel président des FPC), des universitaires (Ibrahima Abou SALL, historien), Fara Ba et Mamadou Bocar BA (enseignants). Tous ceux qui sont cités, à l’exception de Abdoul Aziz BocarBA exilé jusqu’à la fin de sa vie, furent conduits, après un procès expéditif, à la prison mouroir de Walata. Bien d’autres les y rejoindront au fil des semaines et des mois. Des militaires négro-africains arrêtés durant la tentative de putsch de 1987 viendront grossir les rangs des détenus à Walata. Je recommande la lecture de l’émouvant livre de notre ainé Alassane Harouna Boye : « J’étais à Walata ».
Lorsqu’on sait la résonnance du nom de ce bagne dans la langue des détenus, on mesure aisément le macabre jeu des symboles qui a pu les habiter…
Dans le déroulement de la politique de Maouiya Ould Sid’Ahmed TAYA, l’arrestation des cadres et intellectuels négro-africains en 1986 constitue sans nul doute un rite de passage. Si le système d’exclusion dénoncé par les FLAM dans le manifeste du négro-mauritanien opprimé était déjà en place, Walata, parce qu’il consacre les premiers morts de prisonniers d’opinion, constitue un basculement vers la radicalisation du régime. Le comble du cynisme fut atteint lorsque suite à la mort de certains détenu dans d’horribles conditions, on défendit à leurs familles de porter le deuil comme il se doit. Le ton était donné. La communauté noire de Mauritanie allait connaître les aspérités d’une politique d’oppression et de répression qui s’assume.
Revenu dans ma ville de Kaëdi au mois d’octobre 1986, nous nous préparions avec quelques camarades à aborder une rentrée scolaire mouvementée. La conscience militante qui avait germé durant l’été dans nos petites têtes d’adolescents devait porter sur le terrain lycéen le relais d’une lutte commencée dans la douleur. Comment poursuivre une lutte sans formation, sans leader et sans moyens, dans un contexte où la répression policière est à son paroxysme ? Les sorties nocturnes pour maculer les murs de la ville de slogans tels que « Taya=Botha » constituaient une réponse bien maigre face à l’énergie et aux moyens déployés par le régime ségrégationniste pour museler la moindre expression subervisve et étouffer dans l’œuf toute velléité de révolte.
Au fil des années et ce jusqu’à la libération en 1990 des survivants de Walata, la lutte des négro-africains à l’intérieur fut essentiellement portée par des jeunes, sans cadres structurés et sans leaders charismatiques. Autant dire que notre seul mérite fut d’avoir continué à y croire, et d’être riches d’espoir et de mythes entretenus. Et heureusement… Walata fut terrible en ce qu’il laissa une jeunesse militante orpheline et déstructurée politiquement. Je n’ose imaginer ce que fut par ailleurs le quotidien des familles des détenus de Walata. Au-delà de la douleur et de l’émotion que chacun peut aisément deviner, ces familles furent tout simplement précarisées, privées de ceux qui étaient leurs épines dorsales. Des enfants furent pressés par le destin de grandir trop vite. Que d’innocences volées ! Des femmes durent faire face seules à la charge familiale. Que de Winnie Mandala anonymes ! Mes hommages mesdames! L’Histoire serait bien ingrate de vous oublier !
•Extrait Conférence de presse ONG sur les assassinats des antiesclavagistes à Djandjoumé au Mali.
• En copie Communiqué de la CNDH Mali
Pour celles et ceux qui se sentent surpris et d’autres semblant de l’être par la cruauté qui a frappé les abolitionnistes soninkés avec les 4 militants sauvagement assassinés dans la localité soninké de Djandjoumé au Mali !
Certaines communautés noires en Afrique de l’ouest sont castées et on y entretient et maintient une caste particulière qui est de celle des Esclaves. Dans la communauté soninké, l’esclavage par ascendance y sévit avec des violences symboliques et parfois physiques dignes du moyen-âge.
Ainsi on naît et on meurt esclave statutairement et socialement générations après générations. Et de cette réalité connue et magnifiée par certains, parmi les milieux castés esclaves et humiliés en symboles, des gens se sont engagés pour enrayer un fatalisme socialisé insidieusement prêché par les clans féodalo-esclavagistes et suprémacistes dont les religieux coutumiers.
Pour comprendre le processus d’une équation qui mène à la destruction physique de l’autre (cet esclave rebelle) en 7 points :
1 – si vous en (l’anomalie sociale de l’esclavage) parlez, on (les tenants privilégiés du système) vous indexe et encarte comme PEU SOCIABLE à ÉVITER.
2 – si vous persistez à en parler, on vous dira que vous êtes dans des FAUX DÉBATS et des FRUSTRÉS qui ne seraient pas fiers de leur origine ancestrale (s’accepter comme esclaves statutaires continuellement). Et on vous lynche par des railleries.
3 – si vous osez vous organiser pour prêcher l’éveil et une démarche de réformes d’une donnée sociale discriminatoire et humiliante, on vous DIABOLISE et vous traite des HAINEUX qui créent les problèmes à la communauté et la divisent .
4 – si votre appel commence à prendre auprès des couches castées esclaves. Et si ces dernières s’affirment antiesclavagistes et abolitionnistes ouvertement, on va vous HAÏR par les mensonges, les manigances, les amalgames, les médisances hypocrites et sarcastiques et des manœuvres auprès des autorités étatiques pour appui.
5 – si l’éveil s’amplifie dans la communauté, on va commencer à vous COMBATTRE par la promotion et le soutien aux éléments autoproclamés défenseurs du statu- quo sociétal. Via les réseaux sociaux (Fb et whatsapp surtout) et certains médias communautaires (Webradios, qui n’ont rien à envier à la sinistre radio mille collines au Rwanda), on va passer à l’apologie cet esclavage par ascendance avec INJURES et CALOMNIES. Ainsi vous verrez votre mémoire ancestrale déjà blessée par l’accident de la barbarie esclavagiste, rappelée, narguée et souillée par les discours.
6 – si les couches sociales assignées comme esclaves persistent et osent poser des actes sociaux (nouvelles caisses, refus de ladalenmaxu, autogestion sociale) d’émancipation, on va vous INTIMIDER, EXPROPRIER , BOYCOTTER, EXPULSER et AGRESSER PHYSIQUEMENT pour certains. En plus dans ce « ON » , les indifférents ou supposés comme tels d’affichage sont les plus impliqués dans la « chose« . Leurs coups sont inaudibles et invisibles mais vous les sentez ici et là.
7 – s’il s’avère que votre résilience et votre patience ont droit sur leurs provocations récurrentes (en actes et en discours), on va essayer et encourager implicitement de vous ÉRADIQUER PHYSIQUEMENT… comme ce qui s’est passé à Djandjoumé ce 1 septembre 2020. Les 4 militants abolitionnistes Ganbanaaxu sont morts libres et dignes à jamais.
Paix éternelle à leurs âmes. Ameen
En gros, l’affaire tourne sur les problématiques liées à L’ESCLAVAGE entre membres d’un même groupe sociolinguistique, ici le cas des soninkés . Dans nos communautés, nos mentalités féodalo-esclavagistes sont haineuses et tueuses. Et le Mal est dans la donnée COMMUNAUTÉ au sein de laquelle les Hommes ne se valent pas en DIGNITÉ.
En 2014, dans un éditorial intitulé « Au pays d’un seul homme », j’écrivais ceci : « La Mauritanie, un pays et un homme Mohamed Abdelaziz. C’est une manifestation radicale d’une réalité amère : Mohamed Abdelaziz est le seul homme valable en Mauritanie ».
Aujourd’hui, l’histoire ne me donne-t-elle pas raison ? Les résultats de la commission de l’enquête parlementaire ne m’ont-ils pas renforcés dans ma pensée d’il ya six ans ? Eh oui ! Aujourd’hui, force est de reconnaître qu’Abdelaziz était l’alpha et l’oméga de l’action gouvernementale. Ses ministres, sans paraphraser Pr Ely Moustapha, étaient des assistants – ou des figurants – sans avis, ni décision. Ils n’étaient au fond que de simples faire-valoir…Triste.
La raison : ils (ceux qui sont concernés par les dossiers traités par la commission parlementaire) ont tous affirmé devant celle-ci qu’ils n’agissaient pas car ne pensaient et n’existaient pas. Ils étaient justes des figurants qui attendaient les claquements des doigts du chef pour réagir, sans demander et chercher à savoir les conséquences de leur action pour le pays. Ils étaient des marionnettes au pays de l’improvisation.
On n’avait pas pensé moins d’eux car tout au long du règne du président Abdelaziz, le portail principal de la présidence était devenu un mur de lamentations. Ces ministrons, aux yeux du peuple, ne servent à rien. La population partait poser leurs problèmes, quelle qu’en soit la nature à la présidence.
Très cher Abdelaziz, Sans vous le dire, je me suis promis d’écrire à l’ancien président que vous êtes aujourd’hui car le bruit de vos casseroles nous assourdit. C’est pour moi un devoir, une cohérence de ligne éditoriale. Monsieur, je suis étonné par la réaction des populations à la découverte de l’incommensurabilité de ce dont on vous accuse : vol des biens du peuple, ce pauvre pays. Abdelaziz, ces complices oublient qu’ils vous ont aidé à réaliser votre rêve scabreux : leur appauvrissement.
Votre slogan était « le président des pauvres ». Après plus de dix ans de règne, votre vœu a été exhaussé avec une insolence inouïe. Vous avez été la manifestation radicale d’un misérabilisme primaire incroyable. On parle de la casse du siècle. Vous vous êtes joué du peuple mauritanien – qui n’en mérite pas moins – avec la complicité de ceux qui vous abandonnent aujourd’hui.
Mon cher, Le vol dont on vous accuse est monstrueux. Ces actes ne peuvent pas être le fait d’un président, même celui des pauvres. Ils sont dignes d’un affamé sur un plat qu’il ne pouvait imaginer ou l’acte d’un ruiné sur un trésor de ses rêves les plus incroyables. Vous avez été impitoyable.
De tous ces forfaits qu’on vous accuse, je retiens un qui m’a davantage renseigné sur votre personne, le coût de l’alimentation en eau d’une piscine dans votre ranch à partir de Nouakchott. C’est plus que de la cruauté. Avez-vous oublié la soif des quartiers périphériques de Nouakchott ? Ces concerts des bidons jaunes devant la présidence, expression de leur souffrance, ne vous ont rien fait ? Et mieux, vous avez drainé l’eau sur des dizaines de kilomètres pour alimenter votre piscine pour un coût de plus d’un milliard d’ouguiya au moment où votre peuple cherche quelques gouttes d’eau pour étancher sa soif…
La qualité, la quantité et la cruauté de ce dont on vous accuse justifient le pourquoi de ce troisième mandat que vous vouliez tant. Mais désormais vous êtes plus proche de la prison, du trou, que du palais présidentiel. Un trou que beaucoup d’entre nous ont connu par ce que vous le vouliez.
Mon cher, Je sais que vous n’êtes pas LULA, l’ex-président brésilien…. Un ex-président que son peuple a continué d’aimer même quand il avait à faire avec la justice de son pays. Car ce qui vous arrive semble démontrer que vous êtes seul. Sans soutien conséquent de ce peuple que vous pensez avoir servi. Un peuple qui croit que vous vous êtes bien servi de lui. Dans votre solitude, pendant le séjour dans le trou que nous connaissons bien. Une expérience amère qui a été un éveil pour le peuple. Un peuple qui pensait que vous étiez un super-homme. Vous avez passé la nuit dans la cellule qui était celle du sénateur Ghadda…. Le décor était beau. Et le peuple attend la suite.
Mon désormais ex-président, Vous avez était puissant. Un puissant président. Qui arrêtait qui il voulait et poussait à l’exil qui il ne sentait pas. Et même très impopulaire, le tout puissant président déroulait son agenda. Pour notre super-président, comme disait le camp de Gbagbo, « y a rien en face, c’est maïs ! ».
Quand on s’efforce à ignorer la réalité vis-à-vis de son peuple, cela s’appelle du mépris. Si on refuse de voir ou de comprendre que les soutiens du moment sont les pires laudateurs que la Mauritanie a connus, on risque de vivre l’effet d’un caillou jeté dans un arbre envahi par des oiseaux. Vos soutiens aujourd’hui, on les compte sur les doits d’une main… Triste, non ?
Mon cher, Vous avez été abandonné par vos marionnettes qui vous plébiscitiez. Ces soutiens qui s’activaient pour un troisième mandat ont disparu et même certains d’entre eux vous accablent aujourd’hui. Vous avez été trahi. Le chef qui pense être trahi n’a plus le temps de tirer les conséquences qui s’imposent. Mais seulement ce chef, Abdelaziz, était pour ce pays le TOUT. Des déclarations de certains de vos amis qui vous ont lâché, on déduit aisément que dans ce pays (la Mauritanie) où tout était pensé, voulu et décidé par vous seul, on ne pouvait parler d’avenir, puisqu’on ne vivait que dans un misérable présent, dans un néant infini où vous aviez plongé ce pays.
Monsieur l’ex président, Vous étiez le président, l’homme tout puissant qui décidait de tout et faisait tout en Mauritanie. Ce président que vous étiez décidait de ce qu’il voulait, où il le pensait, quand il le voulait, à qui il pouvait. Et les autres s’exécutaient, l’échine basse et rivalisant de courbettes et d’applaudissements nourris. Ils n’étaient ni autorisés à penser, ni à agir mais seulement à réagir quand vous le voulez et contre qui vous le voulez. Souvenez-vous, quand vous avez affirmé que l’emprisonnement d’un détenu d’opinion (le journaliste Hanevi O. Dahah) était mieux pour lui, car en liberté, sa sécurité était menacée. Nous attendons de connaître votre opinion dans votre situation présente…
Mon cher, Votre histoire avec la Mauritanie est celle du conte du lièvre (vous) et de l’hyène (le peuple) partis en voyage. Une histoire que je vais conter dans mon prochain éditorial.
Annihilé, atrophié par des sangsues qui sont aux commandes par et pour leurs intérêts personnels, le citoyen lui ne pense désormais qu’au véritable sursaut. Et cette fois-ci, puisque le désaccord s’est matérialisé entre les sangsues, comme des spectateurs de la lutte sénégalaise, le citoyen demande justice car le perdant ou le gagnant a déjà eu son cachet.
L’ex-président et citoyen Abdelaziz doit être jugé dans le respect de ses droits durant toute la procédure. Mon ex-président, je suis légaliste, je suis pour la présomption d’innocence, et rien que pour cela, je soutiens que vos droits, tous vos droits, soient respectés. Mais je ne vous soutiens pas.
Le journal encarté Extrême Droite en France, « Valeurs Actuelles » se paie la Une en publicité en suscitant un tollé de condamnations dans la classe politique hexagonale ces dernières heures. Il publie un récit de fiction dans lequel la députée LFI d’origine gabonaise Danièle Obono serait représentée comme une esclave. Et à lire l’explication que donne un monsieur du journal, on se doit d’être un peu titillé connaissant une autre actualité ayant trait à la problématique de l’esclavage intra-africain. Ainsi dans un élément en ligne du journal le Monde on peut lire ceci : « J’invite chacun à lire le texte et à voir ce qu’il contient, a ensuite fait valoir au Parisien Tugdual Denis, directeur adjoint de la rédaction, il vise à expliquer que l’esclavage n’est pas uniquement le fait des Européens mais également d’Africains» https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/08/29/condamnations-unanimes-apres-la-representation-de-la-deputee-lfi-daniele-obono-en-esclave-dans-valeurs-actuelles_6050324_3224.html.
Au cœur de l’Afrique Noire de 2020, il existe des zones où refuser socialement et culturellement son statut coutumier d’esclave, on peut être lynché, exproprié, ligoté, expulsé, banni et honni à vie. Surtout on ne peut pas espérer d’un grand soutien d’une certaine intelligentsia afro-communautariste. Du coup, les caricatures allusives visant l’esclavage pratiqué par les africains Noirs entre eux, à travers la personne politique de Madame Obono, nous parlent pertinence présente et réalité historique . D’ailleurs si les gens de « Valeurs Actuelles » pouvaient s’intéresser davantage à cet esclavage entre certains africains, ils couvriraient une actualité surprenante même au sein des diasporas africaines vivant en France. En matière d’esclavage, certains milieux africains l’ont socialisé dans le temps et dans l’espace.
Souvent l’affaire afro ou « Noir » dans les milieux immigrés en Europe, le moule victimaire antiraciste gomme habilement nos petites hypocrisies internes socialement et culturellement entretenues via divers canaux. Sur ce sujet, nous sommes champions de l’esquive et de la mauvaise foi, surtout à observer l’arène virtuelle RS 2.0, on peut pleurnicher en chœur quand des supporteurs fachos miment le singe en visant un joueur Noir de foot, mais si ce sont nos mentalités moyenâgeuses qui agissent par la violence brute contre certains qui refusent l’esclavage par ascendance dans notre propre communauté, on s’empresse dans un mutisme BRUYANT !
Mon soutien à la Sœur, l’honorable députée Danièle Obono, même si je sais que les gens de « Valeurs Actuelles » valent beaucoup mieux sur le plan de la COHÉRENCE que nos HYPOCRITES.
La légitime mésestime du président démissionnaire Ibrahima Boubacar Keita ne devrait pas aveuglé les démocrates pressés. Il est quand même consternant de voir des progressistes et militants pour la démocratie se féliciter qu’un président civil élu (même mal élu, accusé de népotisme, mauvaise gouvernance, corruption) soit arrêté par des mutins armés.
L’armée, dans ces circonstances a l’art de récupérer les dividendes d’une contestation populaire. Cette même armée impliquée dans la mort de plus d’une dizaine de manifestants, est acclamée par ces derniers et une horde de progressistes qui, quelques semaines avant fustigeaient le rôle de cette même armée. Rempart des politiques mal élus hier, chantre de la démocratie aujourd’hui, l’armée, qui s’implique activement et à répétition dans le champ politique, ne peut s’autoproclamer comme la sentinelle de la démocratie et le réceptacle des aspirations légitimes du peuple. Si les coups d’états se font souvent au nom du peuple, il ne profite guère au peuple.
Comme si l’histoire bégayait on revit, à quelques exceptions près, la crise ayant conduit à la démission de ATT, durant une période charnière de l’histoire de ce pays, avec en prime les positions contradictoires de la CEDEAO par rapport aux deux situations.
La crise multidimensionnelle qui sévit au Mali ne peut trouver son salut dans les coups de forces, d’une armée plus aguerris à mener des mutineries autour de Bamako que de garantir la sécurité des pauvres citoyen en dehors de ce périmètre de souveraineté qu’est Bamako et environs. Leur force de frappe ne se limitant qu’entre Kati la rebelle et Bamako la vierge courtisée, au grand dam des populations civiles livrées à eux-mêmes.
Ainsi les fortes contestations populaires dont la légitimité est incontestable ( corruption, contestation électorale, crise sociale, politique et sécuritaire..) n’en demeurent pas moins limitées par son exigence radicale, à savoir la démission d’un président élu par une bonne partie du corps électoral issu de ce peuple même.
Sans ergoter sur la théorie du pouvoir constituant originel (avec le peuple comme source du droit constitutionnel) ou dérivé, on peut soutenir que la Vox Populi, si puissante et légitime soit-elle n’a pas toujours raison. Oui la crise de la démocratie représentative et sa boiteuse transposition sous nos cieux, nous pousse à tenter, au mieux des alternatives douteuses, au pire, d’épouser des alternances intrépides et bancales.
Le philosophe doublé d’un sociologue Jean Pierre Le Goff ne soutient-il pas que « L’impuissance politique est enrobée dans les bons sentiments »! Et à moi de rajouter que « les bons sentiments ne font pas la politique ».
C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le rappel à Dieu de l’un des plus dignes fils de l’Afrique, Kofi Annan, du pays de Kwamé N’Krumah du Ghana, premier noir secrétaire général de l’ONU et Prix Nobel de la paix.
Je n’oublierai jamais cet homme de paix qui m’a sauvé de justesse à une mort certaine grâce à son intervention diplomatique et efficace et ce dans un tournant décisif de notre lutte. En effet, en 1999 suite aux pressions diplomatiques et pressantes du colonel Ould Taya, le gouvernement sénégalais fut obligé de m’expulser de son pays parce que mon activisme débordant dérangeait le régime du colonel Ould Taya et mettait du sable dans les relations entre les deux pays.
Le 7 juillet 1999, le colonel ould Taya, par l’intermédiaire de son cousin ancien consul de la Mauritanie à Dakar Ould Aly, exigea mon extradition et je fus bloqué à l’aéroport LSS de Dakar par deux policiers sénégalais qui m’ont interdit d’aller à la salle d’attente. Ils m’ont obligé de les suivre, alors que j’avais déjà obtenu l’asile politique en Suède et effectué toutes les formalités requises.
Grâce à la vigilance de l’américaine Tami Sharpi, responsable de la réinstallation du Haut commissariat des nations unies pour les réfugies ( HCR) à Dakar qui m’avait accompagné et qui suivait de loin mon interpellation. Elle court en force et revient pour me secourir et fait échec à un kidnapping planifié. Elle alerte directement le délégué régional du HCR en Afrique de l’ouest qui a saisi le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et qui à son tour saisit le président sénégalais de l’époque monsieur Abdou Diouf pour lui demander de me laisser quitter le pays de la « Téranga » en toute sécurité. Le secrétaire général demandera aussi aux autorités sénégalaises si elles pouvaient assumer la responsabilité historique de me livrer à Nouakchott tout en sachant d’avance le sort tragique qui m’attendait après mon extradition en Mauritanie. Ce que ce dernières n’ont pas voulu ou osé assumer. C’est ainsi donc grâce à cet homme juste que j’ai échappé de justesse à une mort certaine entre les mains de la Police raciste et ethno-génocidaire de Nouakchott qui n’attendait que ma » livraison » pour me faire la fête mais Dieu n’était pas de leur côté. MERCI encore une fois KOFI. Paix éternelle à ton âme, digne fils d’Afrique!
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