✓Prier pour un non-musulman mort, permis ou interdit en islam? | Par Mohamed Bajrafil



L’horrible assassinat de la journaliste Shireen Abū Aqel, correspondante d’al-Jazeera dans les territoires occupés, a ravivé un débat, des plus vifs, au sein des milieux musulmans pratiquants. Il porte sur la question suivante:
A-t-on le droit de prier pour un mort non-musulman ? Je reprends ici une publication de l’an dernier qui traitait de la même question. Comme si le monde n’avançait pas et que des guerres et des maladies ne menaçaient pas l’humanité d’extinction, nous, musulmans, détenteurs des clefs du paradis, y admettons qui nous plait et y refusons qui nous déplaît.

Je m’excuse, tout d’abord, auprès des non-musulmans qui vont me lire, car la question peut, et ce n’est pas être humain que de ne pas l’entendre, choquer. Et ce, d’autant que bien qu’existantes dans les autres traditions religieuses, ces questions de « qui ira au paradis et qui n’y ira pas » ont l’air de moins occuper les débats au sein desdites traditions que chez nous, musulmans, aujourd’hui. Qu’ils sachent, cependant, si cela peut les rassurer, qu’au sein des musulmans mêmes, des factions existent dont chacune prétend être la seule sauvée, envoyant les autres au Diable et en enfer. Le prétendu propos prophétique des 73 sectes, bien que discutable tant du point de son texte (matn) que celui de sa chaîne de transmission, fait des ravages incroyables auprès d’une jeunesse à qui certains vendent une théologie post-it et binaire selon laquelle : « Les miens et moi sommes des saints et les autres des sectes sataniques ».

Mais, en écrivant ces lignes, que me dicte la rédaction de mon prochain livre sur la liberté de conscience en islam, j’ai une pensée particulière pour mes frères et sœurs musulmans qui ont embrassé seuls l’islam, sans leurs familles, et dont j’imagine la douleur lorsqu’ils apprennent que, prétendument selon des préceptes indiscutables en islam, non seulement leurs parents finiront en enfer, parce que non-musulmans, mais aussi et surtout qu’ils n’auront même pas le droit de prier peur eux, une fois morts.
J’ai en tête un de mes meilleurs frères, Benvenido, un homme aimant, marrant, bon croyant et enfant très respectueux de ses parents, non-musulmans. J’imagine la violence avec laquelle il accueille ces informations qu’on lui assène la plupart du temps sans aucun gant, ni aucune miséricorde. Je me rappellerai toute ma vie lorsque sentant la mort prochaine de sa grand-mère, non-musulmane, mon frère Mahdi, un amour fait homme, m’a demandé non seulement d’aller à son chevet, mais aussi de prier pour elle et m’a jeté : « Ai-je le droit de prier pour elle après sa mort ? ». Je lui ai dit que oui il lui était permis, en islam, de prier pour un mort non-musulman. Du moins, pour un nombre assez important de savants musulmans, anciens.
La question qui me taraude, depuis un moment, est cependant de savoir pourquoi les idées exclusives, condamnant l’autre à l’enfer, à la malédiction, par exemple, sont les plus répandues, aujourd’hui, chez nous les musulmans. J’ai plus d’un avis sur cette question, que je vous demande de vous poser et de poser autour de vous.

Pourquoi ? Je me rappelle l’étonnement de nombre de mes collègues théologiens lorsqu’ils m’ont entendu rapporter le propos selon lequel une des femmes du Prophètes, Aisha, se faisait exorciser par une femme juive, dans sa maison, comprenez la maison où elle a vécu avec le Prophète, qui récitait des versets de la Torah, car, vous l’aurez compris, il faut avoir un sacré problème pour imaginer que c’est le Coran qu’elle récitait. Ils m’ont dit ahuris : « Mais, d’où sors-tu cela ? » Je leur ai dit : « Des écrits musulmans aussi célèbres et incontournables pour vous que le premier livre de recueils de hadiths, qui n’est autre que le Muwatta’ de l’imam Mâlik, que la matrice (Al’umm) de l’imam al-Shâfi ‘i, des commentaires d’Ibn Battâl et d’al-‘Înî sur le recueil d’al-Bukhârî, des propos d’al-Bâgi, le célèbre théologien malikite andalous, etc. Et là, silence !

Je me pose d’autant plus cette question que, comme c’est le cas à 99,99% des questions de kalâm ou de fiqh, il n’y a jamais qu’une parole, mais toujours au moins deux, antagonistes. C’est à croire qu’on a réussi à gommer tout ce qui, sans nuire à notre particularité en tant que musulmans, nous lie à l’autre, nous rapproche de lui. On apprend, par exemple, partout que le kâfir (pluriel=kuffâr) en islam serait tout non-musulman. Au point que c’en est devenu une classe anthropologique. On naitrait ainsi mécréant, parce que venant d’un espace géographique donné, par exemple l’Europe, et musulman parce que venant de l’Arabie. De là des conclusions aussi idiotes que « l’arabe est par définition musulman », oubliant les millions d’arabes vivant dans le monde, qui n’ont pas l’islam comme religion, et « le blanc par essence non musulman ». L’Africain et l’Asiatique, c’est au pif. Bouddha pour l’un, et le vaudou ou l’animisme pour l’autre ! La bêtise est à ce point profonde. Je me rappelle avoir entendu dans un reportage, en France, des gens parler de musulmans chrétiens, voulant dire « arabes chrétiens ». Ce sont des billevesées que seules la connaissance de l’autre et la curiosité intellectuelle peuvent effacer. Est-ce à dire pour autant que la réalité anthropo-sociologique selon laquelle l’écrasante majorité des adeptes d’une religion l’héritent des leurs ? Non, loin s’en faut. Mais, ceci est une chose, et assigner à une foi un groupe de personnes pour des raisons ethno-géographiques une autre.
En attendant, des gens vivent des drames, car ces question de savoir si on peut ou non prier pour son parent non-musulman mort et/ou s’il ira au paradis ou pas, se posent avec acuité dans une France et un monde on ne peut plus métissés, où les mariages de gens de religions différentes sont de plus en plus fréquents. En réalité, un avis – des plus forts existe chez les anciens théologiens musulmans- selon lequel on a le droit de prier pour un mort non-musulman. C’est, au reste, le cas, dans le Coran, de plusieurs messagers, dont Abraham, qui, dans sa vieillesse, a prié pour ses deux parents, bien que non-musulmans, ou, en tout cas, dont on ne sait rien de l’ orientation religieuse. Je sais, un débat existe chez les exégètes musulmans sur qui est le « père » dont il est question dans ses invocations. Je ne vais pas m’éterniser là-dessus.
Revenons à la question : A-t-on oui ou non le droit de prier pour un parent non musulman mort ? Je me figure, en vous écrivant, le visage de mon frère Benvenido, à qui j’ai fait cette réponse plus d’une fois. Oui, on a le droit. Et ce n’est pas vrai, il n’y a jamais eu d’unanimité sur la question. Je ne sais plus quel exégète le rapportait cet avis, comme un avis isolé. Pourtant, il est loin d’être l’avis de 4 poilus et deux tondus, parmi les jurisconsultes musulmans. Et ce, n’en déplaise à l’imam al-Nawâwi, qui emprunte au juge ‘Iyâd une unanimité prétendue des savants musulmans sur l’interdiction de prier pour un mort non-musulman. En effet, au sein de l’école shaféite, des propos existent qui montrent que l’avis de l’école est plutôt que c’est permis. C’est, indiscutablement, l’avis d’aussi grands noms de l’école shaféite qu’al-Khtîb al-Shirbînî (m en 977 H), al-Qalyûbî (m en 1069H), al-Barmâwî (1106 H), al-Bajîrmî (m en 1221H), al-Shibrâmullasï (m en 1087H), al-Jamal (m en 1204 H) etc.
Il ressort de là deux choses. La première est que les gens se contentent de rapporter les avis connus des écoles auxquelles ils prétendent appartenir sans jamais aller au-delà de ce qui leur est dit. L’autre est que nous devons impérativement mettre de l’humain dans l’abord des questions du salut des personnes. Les théologiens musulmans (mutakallimûn) sont beaucoup plus nuancés que les vendeurs de rêves et de prêt-à-penser que sont certains prédicateurs des temps modernes, disant au grand public ce qu’il veut entendre. Notamment, lorsqu’on vit une période de faiblesse, après avoir été à la pointe de la technologie et des sciences. Dans son épître Fayçal al-tafriqa, al-Ghazzâlî dit que toute personne qui entend mal parler de l’islam et ne l’embrasse pas ira au paradis, parce que naturellement l’homme est fait pour aimer le beau et détester le laid. D’autres, tels que l’imam Dâwûd al-Dhâhirî, ou encore le juge Abd al-Jabbâr, comme le rapporte l’auteur du Tahbîr, et al-‘Ambarî estiment que ce qui compte, pour avoir le salut, dans l’au-delà, c’est de seulement être dans la quête de la vérité. Pas d’y parvenir obligatoirement. Ainsi a-t-on la catégorie de ceux qu’on appelle « Kâfir al-dunya » que je traduis par « non-musulman de ce bas-monde », à savoir une personne qui, par exemple, ne prie pas comme les musulmans, ne fait rien comme eux, mais est dans ladite quête. A sa mort, on la considère comme non-musulmane, dans le sens où on ne lui fait pas les rites réservés aux musulmans, en termes de lavage, d’orientation dans la tombe, etc. Mais, il n’est pas exclu qu’il aille au paradis.
Encore une fois, le bon sens et l’humanité doivent être notre gouvernail face au flot d’informations et d’interdits que Google et les réseaux sociaux nous amènent continuellement. Cultivons le beau, l’humain, l’empathie en nous. Soyons moins catégoriques dans nos réponses. Doutons de ce que nous avançons, car le sage est celui qui s’étonne de tout, comme disait Gide. « Nous méritons plus qu’Abraham de douter », aurait dit le Prophète. Des traditions du Prophète nous devons retenir ce qui est beau, car cadrant avec sa création parfaite et surtout avec le Coran. Quant à des propos qu’on lui apparente, comme celui rapporté par l’imam Muslim disant qu’aucun musulman n’entrera au paradis sans qu’à sa place en Enfer Dieu ait mis un chrétien ou un juif, ou celui recueilli par Ibn Hajar al-haytamî, dans ses Fatâwas hadîthiyya disant que quand on n’a pas de quoi donner comme aumône, qu’on maudisse les juifs, parce qu’aux antipodes du Coran, ils doivent être considérés comme apocryphes. Et ce, quand bien même ils sont dans tel recueil authentique. Et n’oublions pas un principe fondamental en islam : « Personne n’ira en enfer pour ne pas avoir maudit les autres ».

Humainement vôtre.
MB

©️ Via un post Facebook de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=550473029767447&id=100044142653733

✓La Syrie promet à un député mauritanien d’entreprendre des recherches pour trouver le journaliste Ishak O. Moctar

Sahara Média – Le député mauritanien Dah O. Souheïb a révélé, dans une communication téléphonique avec Sahara Medias que le ministre syrien des affaires étrangères Fayçal Mogdad lui a exprimé la disponibilité de son pays à chercher le journaliste mauritanien Ishak O. Moctar disparu sur le territoire syrien depuis 2013, alors qu’il couvrait la guerre dans ce pays.

Ould Souheïb, qui s’exprimait à l’issue d’une rencontre entre le ministre syrien et une délégation parlementaire mauritanienne en visite à Damas, a ajouté que l’un des plus importants objectifs de cette visite est le problème du journaliste qui sera évoquée encore, selon lui, avec tous les responsables syriens que la délégation doit rencontrer.

Ould Souheïb, qui préside la commission parlementaire d’amitié mauritano-syrienne a rappelé le soutien apporté par la Mauritanie à la Syrie pendant la guerre, avant d’ajouter que son pays, en retour, attend de la Syrie qu’elle aide la Mauritanie à élucider le sort du journaliste.

Le ministre syrien des affaires étrangères a rappelé que le journaliste mauritanien était entré en territoire syrien depuis la Turquie ce qui limite sensiblement les informations dont dispose le gouvernement syrien le concernant.

Le chef de la diplomatie syrienne a cependant exprimé la disponibilité de son pays à rechercher le journaliste dans les territoires qu’il contrôle, avant d’ajouter que les services de renseignement syrien sont capables de le chercher dans les autres zones qui échappent au contrôle du pouvoir central, demandant à ce que les autorités mauritaniennes saisissent officiellement la Syrie à ce sujet.

Le député mauritanien a précisé qu’il s’était entretenu avec l’ambassade de Mauritanie à Damas qui l’a informé du processus du développement du dossier et les efforts déployés par le ministère des affaires étrangères dans ce cadre.

La délégation parlementaire mauritanienne doit rencontrer ce lundi la conseillère spéciale du président syrien Boutheyna Chabâne avec laquelle elle évoquera le dossier du journaliste Ishak O. Moctar.

©️ Via Cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=756526

✓Mali | AUGMENTATION DU NOMBRE DES CONSEILLERS AU CNT : LA COORDINATION CONTRE L’ESCLAVAGE ET SES SÉQUELLES (C.C.E.S) RÉCLAMENT UN SIÈGE POUR BOUBACAR N’DJIM

••CONFORMÉMENT À LA NOUVELLE CHARTE DE LA TRANSITION QUI APPROUVE L’AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES DU CNT DE 121 À 147, LA COORDINATION CONTRE L’ESCLAVAGE ET SES SÉQUELLES (C.C.E.S) A MANIFESTÉ SA VOLONTÉ D’AVOIR UN SIÈGE AU SEIN DE LA NOUVELLE CONFIGURATION DE L’ORGANE L’LÉGISLATIF DE LA TRANSITION. DANS UNE CORRESPONDANCE ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA TRANSITION, LE COLONEL ASSIMI GOÏTA, LA C.C.E.S A SOLLICITÉ LA NOMINATION DE MR BOUBACAR N’DJIM COMME SON REPRÉSENTANT VALABLE AU CNT.


Composée de plusieurs organisations africaines et panafricaines qui ont pour but essentiel d’éradiquer l’Esclavage et ses pratiques assimilées partout en Afrique, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S) a émis son souhait d’avoir un représentant au sein de la nouvelle recomposition du Conseil National de Transition (CNT), l’organe législatif de la transition. L’objectif selon ce collectif, c’est d’avoir un créneau de plus, une autre voix qui porte pour défendre mieux l’égalité de tous les êtres humains au Mali. En effet, l’organisation a tenu à rappeler que ces dernières années, « l’Esclavage par ascendance dans la région de Kayes a pris une autre tournure qui a mis dans l’eau tous les efforts de l’Etat malien depuis l’indépendance, les forts des organisations de défense des droits de l’homme tant nationale qu’internationale, ainsi que les efforts des experts des droits de l’homme des Nations Unies pour le Mali ». Tout en se réjouissant de la présence au CNT du Président de Temedt qui est aussi une organisation qui lutte contre l’esclavage au Mali, la C.C.E.S a sollicité, dans une correspondance, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta de nommé Mr N’Djim Boubacar comme son représentant au sein de l’organe législatif de la Transition. « Dans le souci d’accentuer nos actions de communication, de sensibilisation et de plaidoyer au Mali, nos organisations de défense des droits de l’homme qui sont mobilisées dans la lutte contre l’esclavage vous préconise de nommer Mr N’Djim Boubacar comme Conseiller au Conseil National de Transition (CNT), Organe législatif de la transition » a noté explicitement cette correspondance. Comme argumentaire, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles souligne que le sieur N’Djim Boubacar a montré ses preuves à travers plusieurs actions qui ont permis de préserver la vie des milliers de victimes parallèlement à l’évacuation de plusieurs autres dossiers devant les parquets. « Il se trouve aujourd’hui qu’il (Boubacar N’Djim) est incontournable sur le terrain dans la lutte contre l’esclavage au Mali à travers son organisation {Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme, (MSD)}. Il nous rapporte des informations pour nous permettre de mieux communiquer en cas d’alertes d’affrontements liés à cette pratique odieuse », donc sa nomination comme conseiller dans l’organe législatif de la transition permettra sans nul doute de donner un vent d’espoir aux milers de victimes des pratiques esclavagistes au Mali.

Issa Djiguiba

Source: Le Pays

✓Le parti RAG et alliés suspendent leur participation aux séances préparatoires du dialogue | Al-Akhbar

🔴 Al-Akhbar (Nouakchott) – Le pôle « Alternance démocratique », l’un des pôles d’opposition participant au dialogue, a décidé de se retirer des séances auxquelles il participait depuis sa création, en signe de protestation contre ce qu’il a qualifié de « provocations » contre l’ancien candidat présidentiel Biram Dah Abedi.

Le leader du pôle d’opposition et chef du parti Rag (en cours de constitution), Omar Ould Yali, ont confirmé dans un communiqué à l’agence de presse qu’ils avaient décidé de se retirer de ces séances jusqu’à nouvel ordre.

Le pôle comprend le Parti Sawab représenté au Parlement par trois députés, dont Biram Dah Abedi, le Parti Rag (en cours de constitution), et l’aile Manifeste des Haratines dirigée par Ould Hindia.

Le Président Omar Yali a déclaré que le pôle considérait que les justifications fournies pour la prise d’assaut par la police de la réunion du congrès du parti dans la ville d’Atar n’étaient pas convaincantes, car le parti avait auparavant tenu plusieurs autres congrès régionaux sans faire l’objet d’aucun harcèlement.

Ould Yali a ajouté : « Il était également possible d’avertir de ce qu’ils considéraient comme un avertissement sans utiliser cette méthode provocatrice. »

Ould Yali a souligné que ce qui s’est passé contredit ce qu’ils avaient convenu avec le président Mohamed Ould El Ghazouani, et en conséquence ils ont décidé de se retirer des sessions de dialogue national.

✓Et si on arrêtait les blagues esclavagistes… | Par Mouhamadou SY



La parenté dite à plaisanterie (je précise que je n’aime pas ce terme réducteur) a été une invention sociale de génie. Son institutionnalisation a eu des effets régulateurs d’une efficacité difficilement égalable. Elle est encore vécue et remplit pleinement ses fonctions. Sa place dans nos politiques modernes est encore à trouver. Mais ceci arrivera le jour où l’africain sortira de la tendance « Je copie donc j’existe »! Ce n’est pas cela mon sujet de discussion aujourd’hui, donc je ne m’y attarderai pas.

Il y a, dans le volet le plus léger de cette invention sociale, un aspect consistant pour le coup à plaisanter avec son `cousin socialement désigné’ (ce à quoi je ne refuserai pas de reconnaître son rôle d’huilage), des formes d’usage qu’il faut revoir.

On entend certains (pas toujours déniés du sentiment de justice et d’égalité sociales) employer des termes comme « Maccuɗo am », « Korɗo am » dans un joug amical avec un cousin. Ces mots n’ont certes aucune intention de blesser l’interlocuteur qui en usera d’ailleurs pour répliquer. Notre discussion ne se situe donc pas au niveau du cadre de cette plaisanterie et encore moins de ses protagonistes du jour.

Ce que l’on peut cependant remarquer c’est qu’on utilise quand même là des mots auxquels on reconnait volontiers un certain nombre de tares -raison pour laquelle on les attribue faussement à son interlocuteur- et par là donc on « n’oublie » de se soucier de beaucoup d’individus qui vivent, et cette fois pas de manière fausse et encore moins plaisante, l’extrême douleur de leur contenu.

Des individus sont contraints par la société à subir en permanence le contenu de ces mots dans une injustice communément acceptée.

Utiliser ainsi le terme « Maccuɗo am » (mon esclave) comme moyen de plaisanter avec son cousin dit à plaisanterie, dans une société où l’esclavagisme est en cours sous une ou autre de ces formes, accepter de perpétuer un tel vocabulaire de plaisanterie est pour le moins inconscient, en tout cas incompatible avec la tenue que se doit un défenseur des droits.

D’ailleurs, la société peule, vu que c’est celle-ci qui constitue mon environnement social immédiat, pourvoit des termes alternatifs comme « Ko mi laamɗo maa », « Ko mi lawake maa » (Je suis ton roi, Je suis ton prince etc.). Remarquez qu’ici, il ne s’agit pas des termes duaux à ceux que l’on critique. Le terme dual à ces derniers serait « Ko mi dimo maa » (Je suis ton noble). Celui-ci n’a pas l’air trop usité, en tout cas pas dans mon entourage. Mais il l’est quand même au moins à travers l’usage de ses duaux.
Ces termes de Laamɗo et Lawake ne sont donc pas chargées de grands impairs car ils ne sont pas en rapport avec une injustice sociale encore vécue, comme l’esclavagisme ou l’oppression des femmes.

Il convient donc de nettoyer nos institutions sociales, les plus utiles d’entre elles. Il serait dommage que des aspects secondaires de plaisanterie se chargent d’autant de moisissures jusqu’à pourrir l’ensemble de l’édifice et nous faire perdre une des plus grandes avancées sociales de notre civilisation.
Il faut aussi, pour tout individu sensible à la justice et à l’égalité dans nos sociétés, veiller aux symboles que nous utilisons, à leur impact sur des individus qui pourraient en souffrir en voyant une partie de leur dignité dégradée.

Cette réalité d’esclavage n’est trop loin ni dans le temps, ni dans l’espace pour que l’on se permette d’en user de cette façon pour nos besoins de rigolade. Ces rires qui se veulent sains s’avèreront toujours au fond être de violentes moqueries, même à leur insu.

©️ Via le post Facebook https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1035746184016302&id=100027427912973

✓L’esclavage en Mauritanie | Les premiers éléments de communication du rapporteur spécial Onusien monsieur Tomoya Obokata.

Mauritanie : un expert de l’ONU encouragé par les progrès réalisés, mais déclare qu’il faudra davantage de travail pour éradiquer complètement l’esclavage

NOUAKCHOTT (12 mai 2022) – Un expert des droits humains de l’ONU s’est félicité aujourd’hui des progrès accomplis dans le renforcement du cadre juridique et de l’émergence de la volonté politique en Mauritanie pour lutter contre l’esclavage, mais a averti qu’il reste encore beaucoup à faire.

A la clôture d’une visite de 10 jours dans le pays, Tomoya Obokata, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines d’esclavage, a appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour accélérer la mise en œuvre de la législation anti-esclavagiste mauritanienne et à résoudre les problèmes pratiques, juridiques, et les obstacles sociaux qui empêchent les personnes touchées par l’esclavage d’aller en justice et d’atteindre l’égalité.

« Je suis reconnaissant au Gouvernement d’avoir accueilli ma visite et de la coopération qui m’a été apportée par les plus hautes autorités, y compris le Président de la République. » a dit Obokata dans une déclaration à la presse. « J’ai été encouragé par la reconnaissance par le président lors de notre réunion que le déni de l’esclavage n’est pas la bonne approche, et son engagement déclaré à mettre fin à l’esclavage, à traduire les auteurs en justice et à favoriser l’inclusion sociale et économique des personnes anciennement réduites en esclavage. »

Depuis la dernière visite de mon mandat en 2014, la Mauritanie a pris des mesures importantes pour combattre l’esclavage et il y a une plus grande volonté de discuter ouvertement des questions d’esclavage, »

« L’adoption de la loi 2015-031 criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes a comblé de nombreuses lacunes de la précédente législation anti-esclavagiste mauritanienne. Je suis également encouragé par les efforts entrepris par le Gouvernement pour sensibiliser les praticiens de droit, la police judiciaire, les forces de sécurité, la société civile, et le public. »

Néanmoins, Obokata a averti que des formes d’esclavage fondées sur l’ascendance et contemporaines existent toujours en Mauritanie, au sein de tous les principaux groupes ethniques du pays et entre certains groupes. « L’esclavage traditionnel persiste en Mauritanie, malgré le déni de cette pratique par certains acteurs, » il a déclaré.

« Les personnes réduites en esclavage, en particulier les femmes et les enfants, sont victimes de violence et d’abus, y compris la violence sexuelle, et sont traitées comme des biens. L’esclavage fondé sur la caste est également un problème, et les personnes appartenant à des castes réprimées qui réfutent leur statut d’esclave font face à de violentes représailles et au refus d’accès aux services de base par les castes dominantes. »

« Le travail des enfants reste une préoccupation, en particulier la pratique de la mendicité forcée, et les pratiques de travail forcé sont courantes dans le secteur informel mauritanien, touchant les migrants aussi bien que les citoyens mauritaniens. »

Obokata a observé que la pleine application de la législation anti-esclavagiste mauritanienne reste difficile à atteindre et a encouragé à redoubler des efforts pour mettre entièrement en œuvre le cadre juridique anti-esclavagiste du pays et s’attaquer aux pratiques sociales profondément ancrées.

« L’existence persistante de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes en Mauritanie démontre malheureusement que les lois pertinentes ne sont pas totalement appliquées dans la pratique et qu’une transformation sociale et un changement de mentalité des dirigeants du pays sont nécessaire pour reconnaître de façon directe et de lutter contre l’esclavage plutôt que de nier son existence. »

« Il faudra davantage d’efforts pour garantir que les plaintes d’esclave fassent l’objet d’enquêtes et que les jugements sont rendus dans les délais raisonnables, que les victimes de l’esclavage sont informées de leurs droits et jouissent d’accès dans la pratique aux mécanismes de plainte ainsi que de la protection et assistance, et que les sanctions prévues soient pleinement appliquées. »

Obokata a également reçu des informations selon lesquelles les personnes réduites en esclavage et leurs descendants rencontrent des difficultés pour s’inscrire à l’état civil mauritanien, ce qui est une condition préalable à l’accès à l’éducation, à l’emploi formel, et aux services de base.

« Sans accès à l’emploi formel et à l’éducation, les victimes de l’esclavage, et leurs enfants n’ont aucune voie viable pour sortir de l’esclavage et restent piégés dans un cercle vicieux de dépendance vis-à-vis de leurs anciens esclavagistes ou de formes de travail qui relèvent de l’exploitation » , a déclaré Obokata. « Il est impératif que le gouvernement s’attaque aux obstacles de ces communautés à l’enregistrement civil. »

Au cours de sa visite, Obokata a rencontré le président de la République islamique de Mauritanie, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et le Premier ministre Son Excellence M. Mohamed Ould Bilal Messoud, ainsi que d’autres responsables gouvernementaux. Il a également rencontré la société civile, les associations de travailleurs, la communauté diplomatique et l’ONU, ainsi que des défenseurs des droits de l’homme, des victimes de l’esclavage et des migrants. Il a tenu des réunions à Nouakchott et Nouadhibou.

Le rapporteur spécial présentera un rapport complet au Conseil des droits de l’homme en septembre 2023.

FIN.

M. Tomoya Obokata est un spécialiste du droit international et des droits humains, spécialisé dans la criminalité transnationale organisée, la traite des êtres humains et des formes contemporaines d’esclavage. Il a commencé son mandat comme rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences en mars 2020. Il est actuellement professeur de droit international et des droits humains à l’université de Keele, et il a précédemment enseigné à l’université Queen’s de Belfast et à l’université de Dundee (toutes les deux au Royaume-Uni, en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord).

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

Pour des informations additionnelles et des demandes des médias, prière de contacter : M. Krishnan RAGHAVAN (+41 22 917 4532/ krishnan.raghavan@un.org).

Pour des demandes de renseignement des médias concernant d’autres experts indépendants, prière de contacter ONU Droits de l’homme– Unité Média (Jeremy Laurence / jeremy.laurence@un.org).

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Les premières recommandations :

Ci-dessous les recommandations préliminaires du Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Mr. Tomoya Obokata suite à sa mission officielle en Mauritanie:

• Prendre des mesures significatives pour appliquer efficacement les lois pertinentes, en particulier les lois anti-esclavage, anti-traite et du travail. Cela devrait inclure davantage de ressources, une formation rigoureuse, un renforcement des capacités, des discussions sur l’avenir des tribunaux pénaux spécialisés, ainsi qu’une sensibilisation à l’impératif moral et juridique d’éliminer toutes les formes contemporaines d’esclavage, y compris l’esclavage fondé sur l’ascendance.
• Mettre en place des unités dédiées à l’esclavage au sein de la police judiciaire et du ministère public avec un personnel parfaitement formé.
• Exclure l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage des processus de résolution informels.
• Élaborer des directives de détermination de la peine pour les infractions d’esclavage afin de maintenir une cohérence dans la détermination de la peine qui tienne compte de la gravité de ces infractions.
• Établir un mécanisme national d’identification multipartite pour éviter de trop compter sur les victimes pour qu’elles se manifestent.
• Mettre en place un système d’alerte précoce efficace pour identifier les enfants à risque de travail des enfants et d’autres formes d’exploitation, en travaillant en étroite collaboration avec les parents, les enseignants, les travailleurs sociaux, les organisations de la société civile et d’autres parties prenantes concernées.
• Renforcer l’inspection du travail en organisant une formation efficace sur l’identification et l’allocation de ressources suffisantes.
• Fournir des informations adéquates et accessibles sur les droits des travailleurs et les mécanismes de plainte en cas de violation des lois pénales et du travail, à tous les Mauritaniens ainsi qu’aux ressortissants étrangers dans des langues qu’ils comprennent. Travailler en collaboration avec l’Institution nationale des droits de l’homme, les organisations de la société civile ainsi que les chefs locaux, tribaux et religieux à cette fin.
• Assurer la protection des victimes de l’esclavage et des pratiques analogues à l’esclavage, ainsi que leur accès à la justice, aux recours, à l’emploi et aux opportunités de subsistance.
• Établir un fonds dédié aux victimes de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes qui peut être utilisé pour leur protection. Réaliser un recouvrement efficace des avoirs des criminels à cette fin.
• Faciliter l’enregistrement à l’état civil pour ceux qui n’ont pas de papiers d’identité, y compris les travailleurs migrants et les personnes déplacées.
• Assurer l’égalité d’accès à l’éducation, aux services publics, à la terre et au travail décent pour tous les Mauritaniens sans discrimination d’aucune sorte.
• Prévenir et lutter contre la violence à l’égard des femmes et des filles en promulguant le projet de loi sur cette question dès que possible.
• Garantir l’égalité de traitement des travailleurs étrangers en termes de conditions de travail et d’accès aux services publics de base tels que la santé et l’aide sociale, ainsi que la gratuité de l’enseignement pour leurs enfants.
• Inclure explicitement l’élimination de l’esclavage fondé sur l’ascendance et des pratiques connexes dans le mandat de TAAZOUR et allouer des ressources adéquates à l’agence, y compris en termes de moyens, de formation et d’expertise.
• Promouvoir une représentation ethnique et de genre équilibrée dans les bureaux publics, les forces de l’ordre et les forces armées, en particulier au niveau de la haute direction.
• Mettre en œuvre des mesures positives/affirmatives raisonnables et proportionnées pour faciliter l’intégration économique, sociale et culturelle des victimes de l’esclavage et d’autres pratiques analogues à l’esclavage.
• Formaliser les emplois informels tels que le travail domestique aussi rapidement que possible afin de protéger les droits de tous les travailleurs et d’empêcher qu’ils ne tombent dans l’esclavage et d’autres pratiques assimilables à l’esclavage.
• Travailler avec les employeurs et les entreprises, y compris les sous-traitants, pour promouvoir la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme sur le lieu de travail conformément aux Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.
• Encourager les parties prenantes gouvernementales et autres à renforcer leur coopération avec le système des Nations Unies en Mauritanie pour lutter contre toutes les formes de discrimination auxquelles sont confrontés les groupes à risque, y compris les victimes de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes, conformément aux objectifs de développement durable.
• S’attaquer à la culture profondément enracinée du déni de l’esclavage en reconnaissant formellement son existence au plus haut niveau du gouvernement et de le communiquer clairement à toute la nation en utilisant le terme spécifique « esclavage ».
• Recueillir des données sur l’esclavage et d’autres pratiques analogues à l’esclavage, ainsi que sur le sexe, la race et l’ethnicité pour lutter plus efficacement contre les inégalités et la discrimination.
• Mettre en place un organe multipartite pour suivre annuellement les progrès de la mise en œuvre de la feuille de route.

©️ Crédit source : Page officielle UN Human Rights Mauritanie 🇲🇷 https://www.facebook.com/UNDroitsHumainsMauritanie/

✓Propos haineux contre les Peuls (Halpularen): Le ministre de la Justice annonce l’ouverture d’une enquête

Le ministre de la Justice, Ould Boye a annoncé devant les député l’ouverture d’une enquête contre le sieur Ahmed Mahfoud auteur de propos haineux contre la communauté Peul (Halpularen) qu’il a tenus il y a quelques jours. Dans ce vocal devenu viral, ce citoyen appelait à expulser les peuls de Mauritanie voire à les exterminer, parce que pour lui, ils « ne sont pas mauritaniens ». Des propos d’une rare violence et qui rappellent les douloureux évènements de 1989 – 91 au cours desquels, des milliers de négro-mauritaniens avaient été déportés au Sénégal et au Mali, d’autres révoqués de leur poste, et d’autres massacrés dans les casernes militaires…

Réagissant à ces propos orduriers et dangereux, certains cadres de la communauté (le président de Touche pas à ma Nationalité, le président du FRUD et deux avocats) ont porté plainte devant le procureur de la République parce qu’ils estiment qu’après les évènements de 1989, on assiste ici aux retours des démons et à une dangereuse escalade, à une profonde griffe sur l’unité nationale laquelle continue de souffrir des extrémismes violents. Le mal de ce pays c’est l’amalgame qu’on en fait. En effet, à chaque fois qu’un citoyen dénonce les injustices et les discriminations, il est catalogué extrémiste, raciste ; on ne cherche pas à comprendre pourquoi il le dit, et quelles en sont les raisons, mais on se hâte de le condamner et de le traiter de raciste. On crée toujours de l’amalgame.

Interpelé au Parlement sur la gravité des propos du sieur Ahmed Mahfoudh, par la députée Kadiata Malick Diallo qui s’est fondée sur la loi contre la discrimination et la cybercriminalité, Ould Boyé annonce qu’une information a été ouverte par le procureur de la République, assure que l’unité nationale est une ligne rouge et que quiconque la franchit subira les foudres de la loi. Kadiata Malick Diallo a invité le département de la justice et le gouvernement à assumer leurs responsabilités devant le peuple mauritanien et devant l’histoire, car ces actes sont graves et menacent les fondements de l’unité nationale. Il le faut dans la mesure où d’autres personnes ont tenu des propos très graves et ont demandé au président de la République de mettre fin au processus de préparation du dialogue, ensuite Ils ont invité le député Biram Dah Abeid à cesser ses attaques répétées contre la communauté Beidane et ont menacé d’y mettre fin si le président de la République ne le fait pas. Pour Khattri Ould Dié et Abdel Vettah Abeidna, la place de Biram Dah Abeid et de Samba Thiam, est la prison. C’est dire que la tension est montée d’un grand cran. Heureusement que quelques autres patriotes ont choisi la voix de la raison en rappelant l’histoire, la vraie, celle de ce pays en appelant à la raison ; ils ont rappelé les liens séculaires qui unissent les composantes nationales de ce pays et souhaité que l’unité de ce pays soit préservée.

Aux dernières nouvelles, l’auteur du vocal en question a été arrêté par la police.

©️ Crédit source : http://www.lecalame.info/?q=node/13316

✓Le «Laada Lemaaxu» dénote tout simplement, ce que nous appelons, l’esclavage coutumier | Par le militant droit-de-lhommiste Diabé MAGASSA

Affaire Maimouna Cissokho,

En complément des échanges sur ce sujet, Il est important de noter deux choses pour mieux cerner la question de l’esclavage en milieu Soninké: le «Laada» en Soninké qui représente la coutume a mis en place le «Laada Lemaaxu» qui est à son tour le résultat d’un projet de stratification sociale voulue, déterminée, et contrôlée par le « Laada » ou coutume. Donc le «Laada Lemaaxu » est une conséquence du « Laada ». Dans le sens de notre lutte contre l’esclavage, le « Laada Lemaaxu » dénote tout simplement, ce que nous appelons, l’esclavage coutumier.

Sauf erreur de ma part, le « Laada Lemaaxu » se pratique toujours entre un « fo lémmé » qui signifie (personne de rang social inférieur) et c’est un euphémisme, et une personne de statut social supérieur (noble).

Personne n’est contrainte aujourd’hui par des chaines comme cela fut le cas à l’époque de la traite négrière mais je pense que mes notes en disent long sur les dessous des pratiques nées du « Laada Lemaaxu » en ce qui touche la question de l’esclavage, du rang social et des privilèges accordés aux personnes en fonction de leur caste. C’est la réalité en milieu soninké.

Maintenant, la question est :

-Quand-est ce que la société Soninké va s’accorder à reconnaitre la légitimité de la lutte contre l’esclavage ?

– Quand-est ce que la société Soninké va s’accorder à reconnaitre que le « Laada Lemaaxu » ou l’esclavage coutumier existe bel et bien en son sein et que c’est tout à fait de l’esclavage sous une autre forme ?

– Quand-est ce que la société Soninké va s’accorder à reconnaitre que s’attaquer à une pratique de façon générale et coutumière de façon particulière est une action légitime en soi ?

– Quand-est ce que la société Soninké va accepter, enfin, qu’elle a tort de s’opposer à l’opposant légitime ? tort de s’opposer à celui-là justement, qui dit ne plus se retrouver libre dans ces pratiques moyenâgeuses ?

Pour l’affaire concernant Maimouna Cissokho: j’ai écouté avec le plus grand soin les audios WhatsApp qu’elles a réalisés. Son seul tort est d’avoir exprimé ouvertement son opposition à l’esclavage et à ceux qui le pratiquent sans nommer ni personne ni un village. Il n’y a pas qu’elle qui s’exprime ainsi à Diaguily. Mais du fait de ses origines maliennes, les choses ne sont malheureusement pas en sa faveur. J’espère que la justice, elle, sera juste.

Nous devons trouver des solutions pour régler nos problèmes. Soninkara est en totale perdition. Nous réfutons toutes les perspectives préconisées même par nos guides spirituels qui tentent de nous orienter. Est-ce une malédiction qui s’abat sur nous ? Qu’Allah vienne en aide au peuple de Wagadu. Amine

©️ Crédit Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=7589744717720821&id=100000561042491

✓Mauritanie | Concertations nationales : 580 participants autour de trois grands thèmes

Le Calame – Le comité préparatoire des concertations nationales a arrêté à 580 personnes, la liste de participants aux concertations nationales dont le lancement officiel est prévu en ce mois de mai 22.

Ces participants sont d’abord issus des deux camps politiques (300), de personnes ressources (40), de la diaspora (20), du patronat (10), des centrales syndicales (20), centres d’études et de recherches (5), l’Association des maires (10), ordres professionnels (30), Ulémas et Imams (10), Associations Arts et Lettres (5), OSC (30), conseils régionaux (20), députés, (50), Conseil économique et social (5), Institution de l’Opposition (10, Haut Conseil de l’éducation (5), Observatoire national des Droits de la femme (5) et du haut Conseil de la décentralisation (5).

Certaines organisations désigneront leurs représentants tandis que d’autres définiront leur propre clef de répartition.

50 personnes encadreront les différents ateliers. Pour critère de désignation des participants, le comité recommande aux différents organisations de mettre l’accident sur le genre, l’âge, la diversité, la compétence et la représentativité.

Le comité préparatoire a fixé, par la même occasion, les thématiques, objets des concertations. Il s’agit de propositions des différents partis politiques, recoupés autour de 3 grands thèmes : Processus démocratique/ Etat de droit qui portera sur la réforme du système électoral, le renforcement des libertés et réforme institutionnelles ; Unité nationale et Cohésion sociale dans lequel sont rangés, l’esclavage et ses séquelles, dossiers nationaux en suspens (droits de l’homme) et justice sociale et équité ; Bonne gouvernance déclinée entre réformes administrative et judiciaire, réforme agraire et protection de l’environnement.

Ce travail marque la deuxième étape du processus de dialogue en gestation depuis quelque temps. Les thèmes retenus posent les problèmes nationaux. Seulement, il y a lieu de s’interroger sur ce fameux dossier du passif humanitaire et de cette école républicaine. En effet, il s’agit d’équations de l’unité nationale que le gouvernement a entamé de régler sans attendre le dialogue.

Les états généraux de l’éducation ont été tenus et le ministère de l’éducation nationale s’est empressé de produire un projet de loi sur la réforme du système éducatif. Sur le passif humanitaire des tentatives de règlements sont amorcés avec les rescapés militaires, les veuves et les orphelins. Certains observateurs se demandent si on n’a pas voulu couper l’herbe sous les pieds des dialoguistes.

La Mauritanie a connu deux dialogues sous Ould Abdel Abdel Aziz, elle continue toujours de vivre les mêmes problèmes, parce qu’on n’a pas voulu évacuer certaines questions relatives surtout au vivre ensemble et à la bonne gouvernance. En Mauritanie, hélas, des citoyens peuvent inciter à la violence, à la déportation, voire aux meurtres contre d’autres concitoyens sans que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur ?

Dans notre pays, on ne se gène pas face aux inégalités criantes entre les citoyens, aux injustices, à l’exhibition de richesses dont les origines ne peuvent être que douteuses. Le dialogue en gestation saura-t-il préconiser des solutions radicales pour enrayer de tels errements ? Les acteurs du dialogue ont-ils gagné en maturité par rapport aux dialogues précédents?

Leur souci de l’avenir de leur pays remportera-t-il sur celui des intérêts égoïstes, claniques et partisans ? Enfin, le président de la République mettra-t-il en oeuvre, comme il s’y est déjà engagé les recommandations consensuelles sorties de ces concertations ?

Wait and see !

©️ via https://cridem.org/C_Info.php?article=756429

✓FACE AU CHAUVINISME : UNIR LE PEUPLE!



Des audio ignobles circulent dans les réseaux sociaux pour stigmatiser dans les termes les plus abjects et les plus crus, la communauté pular en Mauritanie. Cette communauté a vécu les pires exactions qui aient été commises dans notre pays depuis l’époque coloniale. Son drame le plus emblématique est le sinistre passif humanitaire, entreprise criminelle exterminatrice destinée à briser en elle tout élan d’appartenance à la patrie commune, tout sentiment de citoyenneté égale à celle des autres communautés, singulièrement à la communauté arabe. Les groupes chauvins infiltrés au plus haut niveau de l’État, se sont employés pendant des décennies à repandre leur bile et leur haine au point de banaliser les discours les plus abjects à l’encontre des l’kwars et des autres communautés négroafricaines. Des intellectuels bien en vue, déclinent ouvertement leurs thèses racistes et poussent à la confrontation, théorisant et justifiant la marginalisation, la périphérisation et l’inivisibilisation accelérée des cadres négroafricains massivement écartés de l’espace public et délibérément poussés à l’exil dans leur propre pays. L’Etat assume les appels publics à la haine en laissant faire et en laissant aller ces dérives que tout le monde ressent désormais comme des actes de totale banalité. Sous la décennie de Mohamed Ould Abdel Aziz, il n y a pas eu que des crimes économiques monstrueux vis à vis de notre peuple. Il y a eu également la tentative d’ensevelir ce passif humanitaire dont le règlement définitif en cours avait été interrompu par son coup d’Etat. Il y a eu enfin cette incroyable machine d’exclusion que fut le système de délivrance des pièces d’état-civil, mis en œuvre notamment pour dénaturaliser et expulser de l’espace civique des pans entiers de notre société pour cause d’appartenance ethnique ou de caste. Jamais, dans l’histoire du pays, une telle haine contre des communautés n’a atteint un tel paroxysme.
Et pourtant, il existe dans le pays, un véritable consensus national pour résoudre les problèmes inévitablement liés à une coexistence vivante entre des communautés unies par une longue et feconde histoire, une religion unique et des cultures d’une incroyable similarité. Ce consensus national s’est manifesté en maintes et maintes occasions comme par exemple lors de ces fameuses journées de concertations initiées sous le régime national démocratique de Feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, qui, le premier, osa prendre le taureau par les cornes en reconnaissant l’existence de ce passif humanitaire et en traçant clairement la voie la plus adéquate en vue de son règlement effectif et consensuel. Ould Abdel Aziz y a mis fin, armé de ses ouguiyas, de ses petits barons en mission et de ses prières hypocrites. L’espoir fut brisé net dans le cadre d’un système de plus en plus ouvertement séparatiste destiné à diviser le peuple mauritanien en fractions hostiles pour mieux régner sur tous, sans partage et sans frein.
Aujourd’hui, l’essentiel des forces politiques et sociales s’apprête à poursuivre l’œuvre intertompue par Aziz en allant dans la sérénité à un dialogue national inclusif au premier plan duquel figurera la question de l’unité nationale et sociale du pays. Cette perspective affole les tenants du statu quo séparatiste dont la propagande dans les médias et dans les réseaux se multiplie et s’enfle, avec frénésie, dans le fol espoir de saborder cette autre chance historique de notre pays, de panser ses blessures, de renforcer son unité et de se tourner résolument vers le destin rayonnant d’une nation unie et forte. En définitive, notre peuple uni vaincra .


LÔ GOURMO/ UFP

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur