COMBAT POUR LA LIBERTÉ « LES LÉGITIMATIONS DE L’ESCLAVAGE ET DE LA COLONISATION DES NEGRES » | Par Yaya SY (Anthropologue et Historien)


(Lire l’ouvrage de Yaya SY pour mieux saisir les origines lointaines du racisme persistant dans tous les pays, racisme lié à l’esclavage et à la colonisation).


Dans cet ouvrage, j’ai pris soin de mettre le lecteur en garde contre
tout parti-pris, philosophique, idéologique, religieux, économique,
juridique, social, culturel… face à la mise en esclavage d’un homme
par un autre.
Face à l’esclavage il y a tout d’abord la condamnation sans appel,
sans compromis ni compromission, c’est un système contraire à la
justice au droit, à la morale et à l’éthique.
Face à l’esclavage, il faut que les gens comprennent qu’un peuple qui
ne s’oppose pas à l’esclavage, à l’idée de voir ses enfants réduits en
esclavage, acceptera toujours toute autre idée de soumission par la
force et la violence. Ce peuple ne se battra jamais pour demeurer
libre.
Face à l’esclavage cinq attitudes essentielles peuvent être observées :


1°) La défense du système esclavagiste :


Les défenseurs de l’ordre esclavagiste s’appuient sur des supports tenaces : le préjugé et le stéréotype fondés sur l’altérité sont les socles historiques de la perpétuation de l’esclavage depuis des millénaires. Ensuite, nous avons le bénéfice économique, les
richesses matérielles, le prestige social, la puissance symbolique
qu’en tirent la classe des maîtres ; puis l’attachement des
gouvernants et des gouvernés à la «tranquillité de la société» ou aux 2
« traditions millénaires » (y compris de certains esclaves ou descendants d’esclaves eux-mêmes…) C’est le rejet ou le refus de la violence et du désordre, alors que l’esclavage et l’ordre ancien qu’il incarne est basé sur la violence physique et symbolique, la domination perpétuelle des uns sur les autres, la négation de l’humanité de l’esclave… Tous ces obstacles à la libération des esclaves ou des descendants d’esclaves doivent être surmontés pour faire disparaître l’esclavage et ses séquelles dans toutes les sociétés humaines. L’égalité de tous les êtres humains et la solidarité citoyenne annoncent le devenir de l’humanité, elles sont indépassables, n’en déplaise aux esclavagistes d’hier et d’aujourd’hui.
En Afrique à ces difficultés intrinsèques à tous les esclavages,
s’ajoute l’idée que nous devons renforcer l’unité nationale et l’unité continentale ; les Africains sans esprit de revanche ni amertume,
doivent ériger et renforcer la conscience historique d’appartenir à un peuple indivisible (dominé depuis plus de treize siècles) qui n’a désormais de références et de référents que les valeurs et les héros venus d’ailleurs… L’Afrique s’est oubliée, elle ne réfléchit et ne parle qu’en étrangère à elle-même.
Nous devons labourer nos propres champs de la liberté pour y récolter les fruits de la prospérité spirituelle et matérielle.
A tous ceux qui ne veulent pas se débarrasser de l’esclavage et /ou
de ses séquelles, il faut ajouter d’autres attitudes et comportements humains face à ce fléau :


2°) L’indifférence :


l’indifférent se dit : tant qu’on n’est pas directement concerné, la terre tourne rond, on a rien vu, rien entendu, tout va bien dans le
meilleur des mondes… C’est une attitude très répandue, elle est souvent liée à la peur de se mouiller, à l’égoïsme, ou au manque de discernement.


3°) La déploration :


on sait que l’esclavage existe, on en fait le constat, mais on se dit que
la réalité étant ce qu’elle est… on ne peut rien y faire, ni rien y changer, les choses ne peuvent évoluer par quelque moyen que ce soit. C’est l’attitude des défaitistes, des fatalistes et des paresseux (c’était l’attitude de beaucoup de philosophes et de savants du
« Siècle des lumières » comme Helvétius, Montesquieu, Voltaire, A.
Smith, voire Diderot). Celui qui adopte une telle attitude ne veut
souvent pas regarder l’ensemble du problème, il se contente généralement d’une analyse molle, parcellaire ou morale. Ce qui compte à ses yeux c’est sa tranquillité d’esprit.


4°) La critique :


c’est le point vue de celui qui a bien analysé et bien réfléchi à tous les
aspects de l’esclavage. Il pose comme postulat une dé-légitimation morale (souvent basée sur le religieux), ou éthique basée sur une condamnation rationnelle de l’institution. L’esclavage est pour lui contraire à la vraie justice, au bien être et à l’intérêt de l’humanité.
L’esclavage doit être détruit. Mais pour cette catégorie de penseurs
l’esclavage est abstrait ; on ne cible pas par exemple l’esclavage des Nègres comme système contemporain des « Lumières » qu’il faut détruire immédiatement dans la réalité. On s’en tient à des principes généraux aristotéliciens ou platoniciens alors qu’au XVIIIe siècle plus de 6 millions de Nègres enchaînés à fond de cale traversent
l’Atlantique sous les yeux des plus grands esprits d’Occident : dans
cette catégorie on a des hommes comme le Chevalier de Jaucourt, Rousseau, Locke, Hutcheson, etc. Ils ont fouillé tous les aspects
philosophiques, économiques, juridiques, sociaux, psychologiques, etc. du problème pour finir par reconnaître : qu’un homme libre ne peut ni se vendre, ni vendre ou acheter un autre homme.
Qu’esclavage, justice et droit sont antithétiques ; qu’esclavage,
morale et éthique sont incompatibles.
Cette catégorie d’hommes ont beaucoup critiqué l’esclavage en
général, ils en ont cerné les contours théoriques et pratiques sans pour autant les dénoncer tous, sans pour autant se lever pour agir concrètement contre la mise aux fers des Nègres d’Afrique, la plus
grande déportation humaine de l’histoire qui se déroule sous leurs
yeux au XVIIIe siècle.


5°) Le combat


contre l’institution esclavagiste :


L’esclavage est une infamie, un scandale en lui-même dont la
disparition est une exigence absolue et incontournable. Il relève du
vieux monde dont la disparition inévitable est annoncée.
Aux esclaves combattants en première ligne de tous les champs de bataille nous disons Honneur et respect. Honneur et respect pour les
Africains déportés dans les quatre coins du monde et qui sont les
premiers guerriers tombés dans l’action quotidienne, qui ont donné
leur vie dans un combat silencieux, sourd, enfoui dans l’oubli et le
déni, invisible des historiens surgis des rangs des vainqueurs, invisible
de l’histoire orale d’une Afrique à la mémoire dominée ; morts sans
visage sur les routes intérieures de la déportation, sur les routes
désertiques, sur celles des forêts, sur celles invisibles mais bien plus
cruelles des Océans et des Mers ; routes-cimetières aux vagues incandescentes, aux caveaux invisibles mais insatiables de chair humaine. Gloire à vos éclaireurs, à vos martyrs, à nos lumières
éternelles, à la Reine Nzinga coupe-coupe des forêts impénétrables du Kongo, à Harriet Tubman transporteuse d’espoir, à Frédéric Douglas, à Toussaint-l’Ouvreur des mille voies de la liberté, à Louis Delgrès et à sa reine Solitude morts au champ d’honneur à Matouba dont le cri de guerre, résonnera dans nos oreilles pour l’éternité : « Vivre libres ou mourir ». A tous ceux que je n’ai pu citer mais qui sont au coeur de ce texte restreint.
Honneur et gloire à tous les Africains morts dans les quilombo et les mocambo du Brésil, les palenque de Cuba, les cumbe du Venezuela tous ces villages créés par des Nègres assoiffés de liberté, dans les marécages, les montagnes escarpées et les forêts primaires loin des plantations esclavagistes mortifères, au prix de leurs vies. Gloire à vos leaders courageux, intrépides et éclairés qui ont défriché les chemins de la liberté pour tous les Africains et toute l’humanité.
Gloire et honneur pour les millions d’esclaves africains à travers le
monde qui ont décidé de passer à l’action sous quelque forme qu’elle soit pour faire cesser cette pratique abjecte et déshumanisante qu’est l’esclavage. Ils sont passés de la critique en roue libre à la
lutte et au combat quotidien sur tous les plans, sur tous les fronts,
pour mettre fin à l’institution esclavagiste : action guerrière,
politique, juridique, économique, sociale, action visible, action
invisible mais toujours réelle, etc.
Ils refusèrent tous la mort physique et sociale de l’être humain à
travers le crime d’esclavage. En Occident on peut ajouter quelques noms célèbres qui ont rejoint
le combat des Nègres et l’ont prolongé en Europe et dans les
colonies ; cependant, ces noms et institutions ne peuvent et ne
doivent occulter le centre du brasier occupé par les esclaves en lutte
quotidienne contre l’ignominie de l’esclavage.
Citons pêle-mêle Wilberforce 1888 en Angleterre, l’Abbé Grégoire en
France (au combat de 1789 à1731 soit 42 ans de lutte contre
l’esclavage), Polverel, Sonthonax, Robespierre, Danton, la Convention nationale et tous les acteurs de la première abolition de février 1794 ; les Quakers ou la « Société religieuse des Amis » fondée par George Fox au milieu du XVIIe siècle en Angleterre qui a poursuivi son combat anti-esclavagiste aux USA, Condorcet, Turgot (dcd en 1781), Necker, Malesherbes ; le Girondin Brissot (Société des Amis des Noirs fondée en 1889, ils sont plutôt pour la libération des esclaves par paliers… ce sont des « gradualistes » qui sont pour la plupart partisans de la conservation des colonies avec des Nègres libérés et « civilisés » par étape…).
Parmi les acteurs de la Révolution de février à mai 1848 qui ont
procédé à la seconde abolition, certains dont le Sous Secrétaire d’Etat de la Marine et des colonies, Victor Schoelcher (sont pour la
libération des esclaves mais pour la conservation des colonies…), sont
actuellement contestés comme seuls libérateurs des esclaves des
colonies. La lutte des esclaves doit être selon eux, prise en considération, Saint-Domingue s’est libérée, partout dans la Caraïbe
les luttes de libération s’exacerbent, en Martinique et en Guadeloupe
le décret du 27 avril 1848 est arrivé après la libération des esclaves
suite à la révolte des esclaves du Nord de la Martinique. Plus généralement, la fin des déportations et de l’esclavage est un combat de longue haleine qui commence dès l’attaque d’un village africain, se poursuit dans les chemins tortueux de la captivité, ensuite dans la mise en esclavage et jusqu’à nos jours.
En effet, après toutes les libérations, réelles, formelles et institutionnelles, il faut aujourd’hui libérer les esprits des descendants d’esclaves et ceux des maîtres. Il faut déconstruire et traiter l’esclavage et la colonisation dans les têtes et dans les « signes » visibles ou ténus de la société réelle…
Bien que l’hydre a pris de nouvelles formes, aucun pays, aucune
institution ne peut plus se prévaloir de pratiquer ou de défendre
ouvertement l’esclavage sauf en Afrique chez quelques groupes
relégués en marge de l’évolution du monde moderne, en marge de
l’éducation, de l’instruction, de l’égalité citoyenne, de la liberté, du droit national et international (comme au Mali, en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, au Nigeria et dans certains autres pays d’Afrique de l’Ouest…).
L’Afrique ne pourra pas faire l’économie de l’éradication de
l’esclavage et de l’idée de réduire son prochain en bête de somme.
Pour faire peuple, les Africains doivent cheminer vers l’égalité
citoyenne, le respect de chaque être humain en Afrique.
Tant qu’un seul coin d’Afrique acceptera encore de faire de ses
enfants des esclaves intérieurs, il acceptera volontiers de les vendre
aux puissances étrangères d’une manière ou d’une autre.
L’Afrique doit se battre pour sa liberté, elle doit rapidement
apprendre à « faire peuple » pour défendre ses intérêts vitaux.
Alors, dès aujourd’hui cessons de «danser au Carnaval des autres »,
comme l’a si bien dit A. Césaire.


Yaya SY (Anthropologue et Professeur d’histoire, 08-06-2021).

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – 9 juin 2021

🟢 Reconnaissance et Grandeur | Bio d’un Militant – Monsieur Abdellahi Abou Diop


Ces figures 🌟 étoilées🌟 pour les Causes Justes :



Il s’appelle Abdellahi Abou Diop , un pur et dur produit IRAOUI – IRA-Mauritanie.

Il a reçu coups rudes et a connu attaques violentes diverses tout au long de cet engagement droit-de-lhommiste et anti-esclavagiste en Mauritanie 🇲🇷. Il investit courageusement tous les terrains chauds où les faibles sont menacés dans leurs droits fondamentaux.

Cette figure emblématique de la lutte est un proche fidèle du président des réseaux IRA-Mauritanie, l’honorable député Biram Dah Abeid . Également Monsieur Diop est un fin communicant arabophone doté d’une grande efficacité à travers son profil Facebook par lequel toutes les alertes sérieuses d’atteintes aux droits de citoyens sur l’étendue du territoire mauritanien sont relayées.

Ainsi son engagement multidimensionnel mérite une visibilité auprès d’une certaine opinion francophone mauritanien. Alors notre modeste mot à son endroit s’inscrit dans ce cadre.

👍🏿Bravo au COURAGEUX COMBATTANT

• Fraternellement, votre frère et camarade KS

Biram Dah Abeid: Il faut une révolution idéologique / We need an ideological revolution | Au forum régional de Bamako pour la lutte contre l’esclavage en Afrique de l’ouest.

Dans son discours, Biram a affirmé que toutes les lois seront inutiles sans une révolution idéologique. En Mauritanie, nous avons démystifié ces lois, il a dit, ces livres qui faisaient de l’esclavage une loi divine, et les classes sociales qui soutiennent ces mystifications parce qu’elles sont dans leur intérêt. Il faut se débarrasser de ces groupes qui se placent au dessus de la Justice, se libérer des structures qu’ils mettent en place comme on détruit une fourmilière d’un coup de pied. L’abolitionnisme dans nos pays est aujourd’hui comme une nouvelle lutte anticoloniale. Les héros de la résistance anticoloniale nous ont légué une mission : la lutte de classe interne à nos pays, qui a été laissée pour compte après la décolonisation et qui fait aujourd’hui que les coutumes et les hiérarchies traditionnelles oppriment des gens qui sont encore traités comme des esclaves, et torturés s’ils cherchent agir en personnes libres.

• Propos traduits en anglais

Biram stated in his speech that all the laws will be useless without an ideological revolution. In Mauritania we demystified these laws, he said, these books that upheld slavery as a divine law, and the social classes that entrench these mystifications because they are in their interest. We must get rid of this social class that places itself above Justice, free ourselves of the structures they put in place like one destroys an ant-hill with a kick. Abolitionism in our countries today is like a new anticolonial struggle. The heroes of anti-colonial resistance legated us a mission: the class struggle internal to our countries, which was left behind after the colonialist left and today means that traditional customs and hierarchies oppress people that are still treated like slaves, and tortured if they seek to act as free persons.

©️ Crédit source : https://leslan.org/2021/06/09/biram-dah-abeid-il-faut-une-revolution-ideologique-we-need-an-ideological-revolution/

Mauritanie : l’esclavage foncier est une réalité en 2021 (IRA Mauritanie)



✓Note d’information

Tweikerda, localité située dans une zone agricole à la limite de la frontière entre les régions du Trarza et du Brakna, relève de la commune de Lexeiba 2, peuplée par des paysans d’origine servile qui ensemençaient – entretenaient et récoltaient – les périmètres arables, déjà au 19ème siècle. Autour du lac « Koundy » les activités agro-pastorales augmentent et s’étendent au rythme de la démographie. La population Hratin du lieu appartient à la tribu « Oulad Byèri » qui regroupe nombre de fractions, aussi influentes les unes que les autres.

Les autorités coloniales décernaient des titres fonciers, durant les années 1950, à la chefferie des « Oulad Byèri ; celle-ci en a bénéficié, au nom de la famille Ehl Cheikh Sidiya; or, la loi 60/130 ratifiée le 5 septembre 1960 et l’ordonnance 1983/127 portant réforme foncière et domaniale annulent la tenure tribale du sol et octroient la propriété définitive de la terre aux cultivateurs.

Néanmoins, le maire de la commune de Lexeiba 2, Monsieur Yacoub Ould Moussa Ould Cheikh Sidiya, au titre de son prestige religieux et historique, considérerait les parcelles en litige, comme un bien de sa famille ; ainsi, en vendrait- il aux opérateurs de l’agrobusiness et ce, avec la complicité des fonctionnaires, notamment des gouverneurs, préfets, brigades de gendarmerie et magistrats ; plusieurs agriculteurs se retrouvent, du jour au lendemain, privés de champs, accentuant ainsi leur vulnérabilité.

Un exploitant, inconnu des natifs de la localité, venait, ces dernières semaines, défricher des arpents qu’il prétend avoir achetés au maire de Lexeiba 2. La population s’interposa d’où le prétexte d’une intervention, souvent brutale, des forces de l’ordre dominant. La première vague d’arrestation se déroulait le 27 mai 2021. Cependant, Yacoub Ould Moussa rejette de telles accusations et précise avoir emménagé en commun avec les cultivateurs Hratin et à leur bénéfice, 40 hectares. De surcroît, il nie la moindre entrave aux droits des paysans. L’affaire de la fameuse vente résulterait, alors, d’un acte frauduleux. L’initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) dépêchera une mission sur place, afin de réitérer son soutien aux victimes d’expropriations à grande échelle, dans la plaine de la Chemama.

Il importe de rappeler que les contentieux du genre se généralisent un peu partout sur le territoire et opposent les résidus de féodalités anachroniques, revigorés par la gouvernance ouvertement raciste des deux ex-présidents (Taya et Aziz) contre les descendants d’esclaves et autres travailleurs de la terre, issus des communautés noires autochtones. En dépit des assurances du Président de la République Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, l’appareil de justice et l’administration territoriale incarnent la résistance de la minorité, à l’implacable demande d’égalité. La situation semble aussi grave à l’Est du pays, en particulier l’Assaba et les deux Hodhs où les entités centrifuges – tribu, fraction, clan, famille – ne cessent de grignoter ce qui subsiste d’un Etat en faillite graduelle depuis le premier coup d’Etat, en 1978.

A. La mise sous contrôle judiciaire, dès le 31 mai 2021, concerne les prévenus :

1 Issa Soueidi
2 Mohamed Mahmoud Ahmed Werzeg
3 Mohamed mahmoud M’Bareck
4 Cheikh Mowloud
5 Sidi Mohamed Ali

B. Le 7 juin 2021, après 4 jours de détention préventive, les pensionnaires du commissariat de police de Lexeiba 2 recouvraient la liberté mais sous contrôle judiciaire strict:

1 Brahim Iche
2 Alioune M’Bareck
3 Yacoub H’Meida
4 Oumarou Boubou
5 Didi H’Meida
6 Dah Imijine
7 Ahmed Bilal

C. Restent en prison, au grief de « rébellion » :

8 Issa Souedi
9 Mohamed Mahmoud Ahmed Werzeg, âgé de 75 ans, (image jointe)

D. Voici le rappel du droit en vigueur, que violent les décisions et comportements du personnel de la fonction publique, à commencer par les juges:

Article 3.-Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli. Art 4.-Tout droit de propriété qui ne se rattache pas directement à une personne physique ou morale et qui ne résulte pas d’une mise en valeur juridiquement protégée est inexistante. Art.5.-Les immatriculations foncières prises au nom des chefs et notables sont réputées avoir été consenties à la collectivité traditionnelle de rattachement. Art.6.-Les droits collectifs légitimement acquis sous le régime antérieur, préalablement cantonnés aux terres de culture, bénéficient à tous ceux qui ont, soit participé à la mise en valeur initiale, soit contribué à la pérennité de l’exploitation. Art.7.-Les actions foncières collectives sont irrecevables en justice. Les affaires de même nature actuellement pendantes devant les cours et tribunaux seront radiés des rôles sur décision spéciale de la juridiction saisie. Les arrêts ou jugements de radiation sont inattaquables. Art.8.-Toute forme d’affermage de la terre non conforme à la Chariâa est prohibée ; les parties ne peuvent, par leurs conventions, déroger à cette disposition d’ordre public. Art.9.-Les terres « mortes » sont la propriété de l’Etat. Sont réputées mortes les terres qui n’ont jamais été mises en valeur ou dont la mise en valeur n’a plus laissé de traces évidentes.

Liens connexes :

https://www.facebook.com/751978449/posts/10158395443598450/?sfnsn=wa

http://www.droit-afrique.com/upload/doc/mauritanie/Mauritanie-Ordonnance-1983-127-reorganisation-fonciere-et-domaniale.pdf

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 10 juin 2021

L’esclavage par ascendance en Afrique de l’ouest | Un forum régional à Bamako .

✓ Mali Bamako – Clichés d’affiche de certaines personnalités ayant pris part au forum régional pays G5_associatif autour des problématiques de l’esclavage dans nos pays | 8 juin 2021


On retrouve Mr Alioune Tine Expert Onusien des droits humains, Mr Biram Dah Abeid Président des réseaux IRA-Mauritanie, Diaguily Maro Kenoute, Responsable du RMFP Ganbanaaxu_Mali , Mr Boubacar N’djim , Président de Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’homme et d’autres représentants antiesclavagistes maliens (Temedt) et nigériens

• Liens utiles : https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F

https://www.change.org/p/united-nations-esclavagisme-par-ascendance-et-atrocit%C3%A9s-en-milieu-sonink%C3%A9-au-21%C3%A8me-si%C3%A8cle?recruiter=false&utm_source=share_petition&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_medium=whatsapp&utm_content=washarecopy_24716064_fr-FR%3A3&recruited_by_id=e909d1a0-f784-11ea-8fcf-79bb7a7891fd

©️ Sources : Éléments RS par KS pour le BLOG.

Les actes de violence en milieux urbains : La Note de presse du Parti RAG

Ces derniers temps, l’actualité nationale est marquée d’horribles actes de criminalité dans certains milieux urbains. Certains quartiers de notre capitale Nouakchott et la ville de Nouadhibou ont connu une insécurité qui perturbe gravement la quiétude des populations.

La semaine écoulée, Nouakchott a connu plusieurs attaques violentes en pleine rue, comme celle de Toujenine au cours de laquelle le professeur d’université Ahmed Salem Ould Eloumane a été mortellement agressé.

Nous , le parti RAG, présentons nos émouvantes condoléances aux proches de victimes et leur exprimons notre total soutien. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux divers blessés (hommes en uniformes et civils).

Par la suite nous interpellons les autorités sécuritaires pour prendre les mesures idoines afin de freiner cette spirale d’insécurité urbaine. Des actions importantes d’ordre social, éducatif et économique doivent être menées pour soigner et traiter avec efficience le terreau multidimensionnel qui est la source des diverses dérives de délinquance juvénile.

Plus que jamais une mobilisation inédite est nécessaire pour les milieux défavorisés dans nos quartiers populaires où le décrochage scolaire, le trafic et la consommation de divers produits stupéfiants et prohibés en font des zones de tous les dangers pour les populations locales et pour d’autres habitants ailleurs dans les villes.

Nouakchott le 06 juin 2021

Cellule communication
Le parti RAG

©️ Crédit source : Réseaux Parti RAG

🔴 Ibrahima Moctar Sarr : «Biram s’est engagé de manière effective aux côtés des négro-africains»



Pour Ibrahima Moctar Sarr, président de l’AJD/MR, c’est aux négro-africains d’assumer pleinement leur lutte de libération.

Le chef des Rénovateurs, candidat aux élections présidentielles de 2007, 2009 et 2014, Ibrahima Moctar Sarr, a affirmé sur avomm.com : «On a dit beaucoup de choses ces derniers temps à propos de BDA. Certains vont jusqu’à dire qu’il a trahi les négro-africains qu’il se proposait de libérer. »

«Personnellement je pense que Biram a pris des initiatives courageuses. Il s’est engagé de manière effective aux cotés des négro-africains pour dénoncer le génocide et l’exclusion dont ils sont victimes. Et je pense que si les leaders de la communauté arabe avaient agi comme Biram l’a fait, on aurait beaucoup avancé. Beaucoup de négro-africains ont suivi Biram en l’investissant comme l’unique leader pouvant faire aboutir leur lutte », a dit le président de l’AJD/MR.

«Le problème, me semble-t-il, c’est que Biram avait placé la barre très haut, et un moment il devait nécessairement revoir sa stratégie, comme je lui avais d’ailleurs conseillé quand il est venu me rendre visite dans mon bureau. Ceux qui voulaient faire de la lutte par procuration ont crié à la trahison, alors que la priorité pour Biram a toujours été claire : c’est le combat contre l’esclavage. Et quoi de plus légitime d’ailleurs? », a encore affirmé Ibrahima Moctar Sarr.

« Ce sont ceux qui crient à la trahison qui devraient peut-être faire preuve d’humilité en assumant le fait qu’ils se sont peut-être trompés. Notre collaboration avec Biram se fera sur le terrain, mais c’est aux négro-africains d’assumer pleinement leur lutte de libération », a estimé Ibrahima Moctar Sarr.

@babacarbayendiaye
Nouakchott – 08/06/2021

©️ Crédit source : Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4826324074052745&id=100000256018105

Une Mauritanie hypocondriaque : J’ai mal à ma Mauritanie | Par Salihina Moussa Konaté



C’est avec une profonde tristesse que j’évoque ce fléau qui gangrène le cœur d’une société dont le troisième pilier de sa religion est la « Zakat » qui signifie « l’aumône obligatoire purificatrice». Cela éclaire, sans doute, davantage mes lanternes sur l’hypocrisie d’un grand nombre de mes coreligionnaires qui prétendent aimer Allah et pourtant ne prennent pas graine de ses injonctions. Des hommes dont les actes sont en permanence aux antipodes d’une religion qu’ils feignent d’aimer avec ferveur.
Il est presqu’impossible de rester de marbre face à la situation du 3/4 de la population qui vivent en loque dans la précarité sans subvention. Qui grelottent de faim, de froid et de l’effroi ; dont certains s’éteignent silencieusement d’inanition. J’ai mal à ce pays qui m’a vu naître et grandir comme j’ai mal au cœur quand j’observe avec un œil contemplatif ces pauvres gens qui font flèche de tout bois en vain, chaque jour, pour mettre du beurre dans les épinards. Ils ont beau remuer ciel et terre, ils ne s’en sortiront pas. Parce qu’ils sont condamnés par des politiques à tirer sans trêve ni repos le diable par la queue.

J’ai vu un homme au regard piteux dont je vais taire le nom de sa communauté, fixer le ciel comme pour lui reprocher quelque chose. J’ai eu envie de lui dire que le ciel n’est point responsable, n’y est pour rien de son misérable train de vie. Il travaillait comme un bagnard cependant, il ne gagnait que 3000 MRU (équivalent de 68€) par mois.
Je le voyais toujours à Kouva car il habitait là-bas. Kouva : un bidonville méconnu de nos responsables politiques. Oui, méconnu, car je ne connais pas un seul président qui a mis le pied dans cet endroit.

Dans ce bidonville, j’ai vu également un couple avec leurs 4 enfants partageaient une baraque de 4 m sur 3,5. Un homme gueux comme un rat d’église. Il se réveille aux premières lueurs d’un potron-minet pour aller à la quête de sa pitance journalière. Quelquefois, il fait la manœuvre pour avoir de quoi sustenter sa famille.
Des misérables, des damnés de la terre, j’en rencontre presque partout dans cette ville séparée par une invincible cloison invisible ; avec des opulents d’un côté et des indigents de l’autre.

La misère est sans nom au sein de ce pays. Alors je souffre de cet espace géographique hypocondriaque où les humains sont traités comme je ne sais quoi au nom d’on ne sait quoi. À défaut des qualificatifs adéquats, je dirais, comme des immondes.
Je me meurs de la souffrance de ce corps affecté que l’on refuse de soigner les balafres, que l’on observe passivement l’éclat de son âtre tirer à petit feu sa révérence.
Que restera-t-il de ma Mauritanie dans dix, vingt ans ? Plus d’humanisme ? Un taudis où croupissent des hommes sous la férule d’une fatale injustice ?

J’ai mal à ce pays où une myriade de jeunes gens traînent, déambulent sur les trottoirs pour recourir la générosité des passants. Ces enfants qui n’ont pas choisi de n’être des enfants de personne. Ils marchent nu-pieds. Souvent lapidés par les frimas, ils tremblent de froid. Ce sont des abandonnés, sans doute, des laissés-pour-compte, somme toute. On les fait tourner en bourrique. Quelques abrutis leur demandent de chanter avant de jeter un jeton dans leurs sébiles. Amère, la vie de ces condamnés aux enfers telluriques !
Où sont ces sans-cœurs qui les ont mis au monde ? Sont-ils sereins en sachant que leurs enfants dorment à la belle étoile souvent dans la rue ?
On ne peut au moins du monde l’être, à moins qu’on soit une victime des textes fallacieux qui nous promettent le paradis dans l’autre monde en échange de l’abandon de nos progénitures. Dieu n’aime pas les parents qui abandonnent leurs mômes. Et pourtant nous prétendons les faire en Son nom.
Abandonner les anges, laisser mourir les pauvres, si c’est cela ta religion chère Mère donc je suis un renégat.
Heureusement, la paix est la seule religion de Dieu. Elle, seule, mérite égard.

L’insoutenable, c’est aussi, le sort de ces enfants que je rencontre chaque jour à Neteuk comme un peu partout dans la ville ; ces enfants éboueurs qui méritent une place sur les bancs des écoles. Cependant, à cause du non-respect de la Charte de l’article 26 de la déclaration onusienne qui stipule que : « toute personne a droit à l’éducation. » Et aussi de l’article 11 de la Charte Africaine et les droits de l’enfant qui encourage la fréquentation des établissements scolaires et invite les États à assumer cette responsabilité.
Sommes-nous dignes d’appartenir à la communauté mahométane ; quand Mohammed(PSL) lui-même affirme que : l’acquisition de la science est une obligation qui incombe à tout musulman et à toute musulmane ? Ou bien, de notre islam, il ne reste que le nom ? La forme ? Hélas, tous les matins, ils grimpent des charrettes pour aller chercher de quoi mettre sous la dent au lieu d’être dans des temples du savoir pour faire leurs humanités.

Les conditions de vie de ces hommes et femmes de Mendez, de Melaha, de Toujinine et tutti quanti, pour ne citer que ceux-ci me laissent coi et me portent à croire que l’âme de ce pays est entachée. Car il est plus qu’absurde de voir dans une république islamique des hommes qui souffrent de la famine pendant que d’autres roulent sur l’or et regardent insensiblement leurs frères et sœurs tenaillés par la faim. A-t-il la foi, celui ou celle qui dort le ventre plein sachant que ses voisins n’ont pas de quoi à tromper leur faim ?

J’abhorre cette maladie mortelle qui consume l’âme de cette patrie dont je me donnerais avec autant de persévérance comme un sacerdoce ministériel pour soigner ses blessures.

Une humanité se dégage des oripeaux de cette morale qui s’effrite, c’est pourquoi il m’est interdit le généralisme. Quelques Abû bakr Saddiq sont encore vivants, et donnent de leur bien à ceux qui vivent d’expédients, aux indigents.


J’ai appris récemment via un blog que le Président de la République avait donné des assurances maladie aux pauvres. Certes, un acte qui mérite d’être salué.
En effet, si la voix d’un jeune pauvre et désarmé peut avoir une considération, fût-elle infime, Mr le Président de la République, j’aimerais que vous sachiez que donner les assurances maladie aux pauvres, c’est bien, mais les nourrir, c’est mieux, car les pauvres de ce pays ne sont pas malades, ils crèvent de faim. Une myriade des pauvres qui languissent sur les lits des hôpitaux souffrent de la cadence des vitamines.

Ces invalides, lapidés par le vent et dont le soleil porte en ébullition leur cerveau ne méritent-ils pas une assistance ? L’État n’est pas censé les prendre en charge ? La réponse est obvie. Je suis envahi par une profonde contrition de constater qu’il ne demeure de la devise de ce pays que des mots sans signification réelle ou concrète dans le quotidien.
Aucun peuple ne peut prétendre avoir l’honneur quand ses faibles ne sont pas mis à l’abri et protégés puisque la grande d’une nation se mesure à la manière dont elle traite ses pauvres ; ni ne peut se prétendre juste quand ses biens communs sont dilapidés par un groupe de gens pendant d’autres vivre dans un dénuement sans nom. Et la fraternité est sans signification là où les hommes se regardent en chiens de faïence. Et se font des sourires sardoniques.


Nous avons beau rêver d’une Mauritanie juste et équitable, cependant, tant que nous ne nous réveillons pas de notre léthargie, ces rêves ne demeureront que des simples défilements d’images comme on regarde la télé. Beau, certes, mais cela n’a aucune incidence sur le progrès de notre pays. Réveillons-nous.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur.

Tueries terroristes au Burkina Faso | qu’on s’interroge profondément !

Massacrer des civils par plusieurs dizaines dans un village sans défense (plus de 130 tués) à Solhan, lire ce lien https://fr.africanews.com/2021/06/06/massacre-de-solhan-les-burkinabe-appellent-le-gouvernement-a-reagir/ . Pensées aux victimes et à leurs familles. Des présumés jihadistes sont indexés dans cette dernière équipée meurtrière, et certainement ces assaillants sont originaires de nos zones ouest-africaines. S’ils sont nés parmi nous et éduqués parmi nous, par quel processus deviennent – ils aussi barbares à l’encontre de gens paisibles qui les ressemblent tant ?

Si c’est l’idéologie takfiriste qui les a conditionnés à devenir sans « humanité » face à des personnes sans défense, je pense que nos Etats doivent revoir profondément leurs stratégies de lutte contre eux. Il faut oser viser et vider les sources nourricières de la « CHOSE », qui sont ces madrassas qui pullulent sans contrôle conséquent. Je m’interroge si un boutiquier ou un berger sahélien peut être subitement converti en radical tueur d’une personne (enfant, femme ou homme) , sans qu’il n y ait un travail de conditionnement basé sur la religiosité belliciste. Une religiosité particulière dont les traits idéologiques saillants peuvent être acquis dans nos villes sahéliennes ou dans un village rural lointain. On y travaille les consciences par du religieux, de la politique et de la mission en schématisant le Monde par des logiques binaires (Eux les élus de la voie sauvée contre les mécréants et les hypocrites). Avant qu’ils arrivent à massacrer de la sorte, ils ont intégré d’abord le réflexe d’une chosification haineuse de ceux qui ne partagent pas leurs compréhensions. Les milliers de massadras dans nos zones sahéliennes font sortir d’innombrables esprits formés qui doivent apprendre à vivre réellement affrontant un monde social et économique pas aisé du tout et sans qualification technique et professionnel à pouvoir travailler, d’autres vocations d’ordre eschatologique s’offrent à certains. Ainsi ils se trouvent une destinée au sein des groupes où un cancre violent peut devenir un émir craint qui croit habiter la posture digne d’un Saladin sahélien. Un fanatisme religieux qui viendrait des prédispositions qu’on feint d’ignorer alors qu’elles s’inscrivent en nous et autour de nous par nos propres moyens inconsciemment ou consciemment d’ailleurs.

#Burkina_Faso #Solhan

– KS pour le BLOG

Mauritanie | FACEBOOK FERME LA PAGE DE L’ANCIEN PRÉSIDENT OULD ABDEL AZIZ

Facebook a fermé la page de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, laquelle a disparu du coup de l’espace bleu après avoir servi de canal de retransmission en direct samedi passé de certaines de ses activités.



Des blogueurs proches de l’ancien président avaient renseigné sur l’instrumentalisation de la page de l’ex Chef de l’Etat par des cercles au sein du pouvoir.

La page suspendue avait accompagné ces derniers jours les rebondissements liés à son dossier judiciaire, dont des tweets exprimant ses positions sur ces différents développements, rappelle-t-on

https://essahraa.net/node/24973

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=70195