Ces derniers jours, nous avons été surpris par l’ampleur de la remontée des eaux du fleuve Sénégal dans différentes localités riveraines. De ce qu’on a vu des images des inondations causées par les crues, les dégâts sont d’une extrême gravité (plusieurs maisons et infrastructures sous les eaux). Ainsi, nous tenons à exprimer notre soutien fraternel et moral aux populations impactées par ce sinistre. Et nous demandons que les hautes autorités prennent toutes les dispositions nécessaires pour porter secours à ces localités et de mener une enquête sérieuse sur d’éventuels dysfonctionnements techniques et décisionnels au niveau de la régulation des flux par le barrage Manantali . Il est urgent également qu’un véritable programme de sensibilisation et d’alerte soit initié par les instances étatiques concernant la réalité du dérèglement climatique et les conséquences prévisionnelles qui en découlent globalement pour l’environnement et les espaces.
Le débat actuel sur la promotion des langues nationales oublie un aspect essentiel, qui ne nécessite pas de sit-in, marche, manifestation, en bravant les grenades lacrymogènes, et s’exposant à la violence policière.
Promouvoir, les langues nationales, ce n’est pas seulement se battre pour leur officialisation, pour qu’ elles intègrent le système éducatif, qu’ elles soient utilisées dans l’administration au même titre que l’Arabe et le Français.
Ce combat est certes légitime, cependant il est loin d’être à portée de main dans le contexte actuel. En effet, la volonté politique déterminera toujours l’avenir des langues nationales, en Mauritanie où personne ne peut se douter que le cœur des décideurs politiques bat fort pour une arabisation à outrance : un impérialisme linguistique. Il y a ce que veut l’Etat, ce que peut l’Etat, ce qu’ envisage l’Etat pour l’avenir des langues nationales.
Or, il est évident que ce qui relève des autorités, de l’Etat qui n’est pas facile à conquérir ; le chemin est fastidieux et semé d’embûches.
Il y a maintenant quelque chose de simple, qui ne demande rien, si nous avions une vision globale, systémique, et nourrissons un projet holistique pour la promotion des langues nationales.
Cet aspect de la promotion des langues nationales consistera à travailler pour enrichir le lexique du Pulaar, du Soninké et du Wolof, en intégrant de nouveaux concepts qui traduisent et expriment le respect de la dignité humaine.
Ce qui implique, la suppression progressive des termes stigmatisants, dégradants voire insultants dans l’usage quotidien de nos langues. Ce qui nous amènera à corriger, à changer une bonne partie du vocabulaire pour parler des enfants, des femmes, des franges vulnérables, des démunis, des personnes vivant avec un handicap, ou d’origine servile etc. Voilà quelques pistes à explorer pour aller dans le sens de ma réflexion.
En clair, il s’agit d’adapter notre façon de désigner, de nommer les choses avec des concepts nouveaux, en phase avec notre époque et en harmonie avec les problématiques du genre, des droits humains, etc. C’est une question de dignité et une volonté de « réhabilitation sociale », de tordre le cou aux idées reçues, héritées d’un ordre social révolu.
Cet aspect de la promotion des langues nationales ne semble intéresser personne. Or, c’est par là que tout doit commencer pour débarrasser nos langues des dogmes porteurs d’inégalités. Ce travail doit être porté par les associations et organisations pour la promotion des langues nationales, les linguistes et les intellectuels.
« L’essentiel de l’action des politiques passe par le discours […] le discours politique, loin d’être un épiphénomène de la politique, pourrait donc, à l’inverse, être finalement le tout de l’activité politique des hommes politiques. » Cette assertion d’Elderman sied bien à la transition en cours en République du Mali. En effet, au cours de ces trois dernières années, nous assistons à l’usage, et cela de manière harmonieuse telle une chorale, des certains mots ou expressions par les autorités de transition. Loin d’être que du verbe, ces mots permettent en réalité au gouvernement de diriger le pays en ayant l’adhésion d’une bonne partie de la population jusqu’ici. Cet article vise à édifier l’opinion publique sur comment des mots ou expressions comme : rectification ; abandon en plein vol ; souveraineté retrouvée ; l’art de se dribler tout en gardant le ballon ; A bon entendeur tant pis ! ; clarification ont permis à la transition de diriger le pays en ayant une relative popularité. Aussi, posons-nous la question des limites de ce qu’on pourrait appeler une gouvernance rhétorique. Pour mieux édifier le lecteur, chaque mot ou expression sera placé dans son contexte spatio-temporel. Cela permet de mobiliser les circonstances de production ainsi que les effets politiques subséquents.
~ Rectification Nous sommes en mai 2021, après un séjour à Paris, hasard de calendrier ou non, le président de la transition d’alors, Bah N’DAW a procédé à un remaniement du gouvernement. Deux poids lourds du CNSP à savoir Sadio CAMARA et Modibo KONE sont éjectés. Il n’aura fallu que quelques heures pour que le colonel Assimi Goita, à l’époque vice-président, ne fasse arrêter Bah N’Daw et son premier ministre. Désormais seul maitre à bord, il prête serment le 07 juin 2021 et nomme dans la foulée Choguel Maiga, président du comité stratégique du M5-RFP, comme premier ministre. Débute alors la rectification de la trajectoire de la transition (pour être plus complet). Ce mot sera employé dans tous les discours officiels pour expliquer voire justifier les événements de mai 2021. Mais en regardant de près, on constate que ce mot relève de ce qu’on appelle la présupposition en analyse du discours. En effet, on rectifie une erreur, une faute. C’est donc une manière subtile de dire que la première partie de la transition—qui va d’aout 2020 à mai 2021—a été marquée par la mauvaise gouvernance. Il faut également souligner que le M5-RFP, considéré comme le mouvement à l’origine du soulèvement contre le régime IBK, a été écarté des sphères du pouvoir sur cette période. Le mot rectification pourrait également signifier que cette « erreur » est corrigée. En tout état de cause, l’opinion publique malienne a semblé bien accueillir cette rectification puisque des décisions majeures seront prises sur plusieurs plans notamment sécuritaires.
~ Abandon en plein vol Lors de la 76è session de l’assemblée générale des Nations Unies, la voix du Mali sera portée par le premier ministre Choguel Kokalla MAIGA. Dans un discours qui restera l’un des moments forts de la transition, Choguel accusera la France d’abandon en plein vol. Il faut dire que les relations entre les deux pays n’étaient plus au beau fixe depuis l’avènement de la rectification. Quelques mois plus tard, les troupes françaises, qui interviennent au Mali depuis 2013, ont été contraintes de quitter le pays. Ce pays ayant décidé de coopérer avec la Russie. Voilà le contexte spatio-temporel. Sur le plan rhétorique, nous avons là un exemple de « petite phrase » construit à l’aide de métaphore aéronautique. L’efficacité rhétorique des petites phrases réside dans le fait qu’elles sont reprises assez facilement par les médias, ce qui permet de faire une large diffusion. Conséquence, un discours de près d’une heure est résumé à une seule expression. Cependant, la portée n’en demeure pas moins importante. En effet, c’était l’une des rares fois qu’un responsable malien de haut niveau s’exprime ainsi sur la France et de surcroit à la tribune de l’ONU, haut lieu de la diplomatie mondiale. Certains salueront le « courage politique » du premier ministre. Cette petite phrase sonnera le glas de la courtoisie diplomatique entre le Mali et la France. Mais ce ne sera pas la seule brouille diplomatique.
~ Souveraineté retrouvée Après la rectification, le gouvernement de transition a initié les assises nationales de la refondation de l’Etat. A l’issue de ces travaux, le chronogramme préalablement établi en accord avec la CEDEAO (qui fixait la durée de la transition à 18 mois) a été abandonné. En lieu et place, le gouvernement proposera une transition de cinq ans. Dès lors, commence un véritable bras de fer avec la CEDEAO. Lors d’un sommet ordinaire le 09 janvier 2022, des sanctions d’une rare gravité ont été prises contre le Mali. Le vendredi 14 janvier, une grande manifestation était organisée à Bamako et dans les capitales régionales à l’appel des autorités. Les sanctions dureront huit mois. Ainsi, pour saluer cette mobilisation du peuple malien, la date du 14 janvier fut retenue comme journée de la souveraineté retrouvée. Voilà le contexte. Dans un article publié en janvier 2023, nous soulignions le caractère contradictoire entre le 14 janvier (journée de souveraineté retrouvée) et le 22 septembre (fête de l’indépendance). Nous évoquions alors une confusion sémantique aux conséquences politiques floues. En effet, souveraineté retrouvée suppose que le Mali avait perdu sa souveraineté. Si tel est le cas, doit-on toujours célébrer la date du 22 septembre ? Mais au fond, l’usage de cette expression permet aux autorités de transition de s’afficher comme les « véritables » défenseurs contre la soumission ou la domination. Il faut dire que ce narratif a un écho favorable au sein de l’opinion publique.
~ L’art de se dribler tout en gardant le ballon On retourne à la tribune des Nations Unies. A la faveur de la 77e session de l’assemblée générale, le colonel Abdoulaye, premier ministre par intérim, connu pour sa rhétorique provocatrice, portera la voix de notre pays. Cette intervention se passe en pleine crise avec la Cote d’Ivoire suite à l’arrestation de 49 « mercenaires » ou « missionnaires » ivoiriens à l’aéroport de Bamako. Auparavant, la Côte d’Ivoire était en première ligne lors de l’adoption des sanctions contre le Mali. Ces circonstances aggravantes n’étaient pas de nature à apaiser la situation. Faisant fi de tout protocole diplomatique, le colonel Abdoulaye Maiga, en référence au 3e mandat d’Alassane Ouattara, dira que c’est l’art de se dribler tout en gardant le ballon.
Là encore nous avons affaire à une petite phrase construite par la métaphore footballistique. Comme on pouvait s’y attendre, elle sera reprise par les médias mais aussi par des internautes. Si la Côte d’Ivoire ne réagit pas officiellement, nul doute que cette petite phrase a contribué à dégrader les relations entre les deux pays voisins. Le même Abdoulaye MAIGA revient à la charge à la 79e session de l’ONU mais cette voici contre l’Algérie. En effet, depuis la reprise de la ville de Kidal par le Mali en novembre 2023, les ex rebelles de la CMA ont élu domicile en Algérie. Cette situation a conduit notamment à la dénonciation de l’accord d’Alger signé en 2015 et dont l’Algérie était en quelque sorte le parrain. Autant de facteurs qui ont contribué refroidir les relations entre les deux pays. Ainsi, à la tribune de l’ONU, le Colonel MAIGA rappellera que l’accord d’Alger est bien mort qu’en bon entendeur tant pis ! Ici il y a la transposition d’une expression commune, avec une connotation positive, « en bon entendeur salut !» qui exprime un conseil, par une expression pour le moins sarcastique.
~ Les limites de la gouvernance rhétorique Comme nous l’avons vu tout au long de l’article, le gouvernement de transition s’appuie sur un certain nombre de mots ou expressions pour diriger. Et il faut dire que cela leur a réussi plus au moins jusqu’ici (ici nous parlons d’opinion favorable). Mais à mesure que la transition se prolonge, on assiste à une certaine fatigue de la gouvernance rhétorique. En effet, bien que l’essentiel de l’activité politique passe par le discours, ces discours doivent être suivis d’effet d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’énoncés performatifs dans les exemples que nous avons cités dans cet article. La particularité des énoncés performatifs et que leur seule énonciation suffit pour accomplir l’acte. Mais tel n’est pas le cas ici. C’est peut-être pourquoi le premier ministre Choguel MAIGA parle de clarification…
Brehima SIDIBE, Doctorant en Analyse du discours politique
EN BREF | #Cridem – Plusieurs villages dans le Guidimagha en Mauritanie situés au bord du fleuve Sénégal ont été envahis par des eaux débordantes de ces cours d’eau. Les populations, dans la tourmente, appellent les autorités à l’aide…
« Diaguili, Diogountouro, Ghabou, Solou…On a subi des inondations : cela fait maintenant 72 heures. Beaucoup de familles ont quitté leurs maisons pour sauver leur vie. On a besoin d’aide. On ne sait pas où aller. On est tous dans la merde », indique un ressortant du village de Diaguili qui a contacté CRIDEM.
« Depuis hier, personne n’arrive à dormir tranquillement. Impossible de dormir, impossible d’être tranquille », a-t-il indiqué.
De fortes pluies ont été enregistrées dans le haut bassin du fleuve Sénégal depuis le mois d’août 2024, augmentant fortement le niveau des eaux.
L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a mis en garde, à plusieurs reprises, les habitants qui vivent au bord du fleuve Sénégal de prendre les dispositions nécessaires pour faire face aux éventuels débordements des eaux.
Depuis la mise en application de loi sur l’éducation (Loi 2022-023 portant loi d’orientation du Système Éducatif National) dont les contours restent très ambigus, – une reforme éducative qui est contestée, aujourd’hui encore -, de nombreux parents mauritaniens ont trouvé comme alternative, la migration scolaire au Sénégal pour assurer à leurs enfants une bonne éducation.
Le phénomène n’est pas nouveau, des familles mauritaniennes dégoûtées par la léthargie que traverse notre système éducatif, choisissent d’envoyer leurs enfants au Sénégal pour leur garantir, l’accès à de meilleures écoles et une éducation de qualité.
Seulement, depuis la mise en application de la Loi d’orientation (l’école républicain), la pratique a explosé : le Sénégal est devenu la destination scolaire des parents nantis ou tout simplement, ceux avertis et désirant contourner les contraintes de la nouvelle Loi d’Orientation pour assurer à leurs enfants une bonne éducation. L’objectif étant de fuir le chaos scolaire et le désastreux éducatif créés par les pouvoirs successifs du pays, depuis l’indépendance, dans volonté hégémonique identitaire.
Désormais, le Sénégal, en plus, d’être l’une des destinations privilégiées pour de nombreux malades, en quête de meilleurs soins, ce pays voisin fait face à l’arrivée de vagues d’élèves et de familles – Dakar, Richard Toll, Saint-Louis-, Thiès, pour ne citer que ces villes, enregistre une forte présence de Mauritaniens, qui n’hésitent pas à louer des appartements ou maisons pour être aux côtés de leurs enfants pendant l’année scolaire.
Si certains ont de la famille sur place – un oncle, un cousin etc., d’autres n’ont pas cette chance. Cependant, ils peuvent compter sur leur porte-monnaie. L’argent semble ouvrir toutes les portes. Quant aux plus démunis, et les moins stratèges, ceux-là se résignent à envoyer leurs enfants à l’école publique, avec la garantie de leur ouvrir le boulevard de l’échec et même de l’incivisme.
Les parents qui ont décidé de traverser le fleuve ont compris que l’éducation n’a pas de prix. C’est un sacrifice, un investissement. C’est pourquoi, certains parents ne pouvant pas se déplacer envoient leurs enfants avec des « domestiques » attachés à la famille depuis longtemps, une manière de combler leur absence et reproduire l’atmosphère familiale du pays.
L’autre alternative, c’est la mère qui accepte de se déplacer pour être auprès de ses enfants au Sénégal pendant toute l’année scolaire. Le papa, généralement maintenu à Nouakchott pour des raisons professionnelles, sera obligé de faire des va-et-vient entre la Mauritanie et le Sénégal.
On a beau vanter l’école publique mauritanienne, la réalité est qu’elle est devenue le carrefour des plus déshérités de la république. Même si une poignée de personnes de la haute sphère sociale continue d’y croire. Cependant, elle prend toujours la précaution d’assurer derrière des cours à domicile à ses enfants. Des cours dispensés souvent par d’éminents professeurs, et ce dans toutes les disciplines. Ce sont ces rares enfants qui arrivent à s’extirper de la médiocrité ambiante de nos établissements publics ; faisant office d’arbre qui cache la forêt.
Cette migration scolaire n’est pas sans désagrément pour les familles. A-t-on pensé aux traumatismes, à la séparation, au coût et autres conséquences que crée cette situation, soit la conséquence des choix politiques néfastes et idéologiques à répétition de nos gouvernants ayant conduit à la mise à mort de notre système éducatif ? Quel est le sens de la souveraineté, si un pays est incapable d’assurer une bonne éducation à sa jeunesse ?
Si le Sénégal peut, pourquoi pas la Mauritanie. Tout est question de volonté politique. Il suffit de laisser s’exprimer notre identité naturelle dans notre environnement naturel, en y intégrant les contraintes de la mondialisation, la globalisation pour que s’impose l’école qui sied à la Mauritanie. Mais nous préférons continuer à persévérer dans notre entêtement, oscillant entre option idéologique et émotionnelle.
Dans un acte historique, le 2 octobre 2024, le pape François a reconnu la complicité de l’Église catholique dans les systèmes ayant favorisé l’esclavage et le colonialisme. Ce message, lu lors du sommet sur l’avenir de l’Église, marque un moment clé de repentance et de reconnaissance des torts du passé.
⚖️ « Nous avons été complices de systèmes qui ont bafoué les droits des peuples autochtones et des esclaves » — Une étape essentielle vers la réconciliation.
Alors que l’Église anglicane a créé un fonds de réparation en 2023, cette déclaration du pape François appelle à une réflexion mondiale sur les actions à entreprendre pour réparer les injustices historiques. Quelles devraient être les prochaines étapes selon vous ? 💭
Instaurée en 2012 par l’ancien ministre Manuel Valls, la circulaire qui porte son nom permet de régulariser des étrangers sans-papiers, par le travail ou pour motifs familiaux. De nombreux travailleurs sans-papiers comptent sur cette disposition pour obtenir un titre de séjour – pourtant délivré au compte-goutte depuis des années.
C’est le nouveau cheval de bataille de Bruno Retailleau : les sans-papiers. Dans un entretien au Parisien, mercredi 9 octobre, le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il souhaitait « remplacer » la circulaire Valls qui permet, entre autres, d’offrir à titre exceptionnel une carte de séjour aux travailleurs étrangers en situation irrégulière. Pour Bruno Retailleau, cette circulaire Valls est un appel d’air migratoire. Il faut donc selon lui durcir les règles de régularisation : « Nous ne devons régulariser qu’au compte-goutte, sur la base de la réalité du travail », a-t-il notamment déclaré.
Une posture que déplore Stéphane Maugendre, avocat spécialiste de l’immigration et président honoraire du Gisti, une association d’aide aux immigrés. « On nous fait croire que la circulaire Valls, qui est à peine appliquée par les préfectures, régularisait en masse les sans-papiers. C’est n’importe quoi », explique-t-il. En effet, sur les 450 000 sans-papiers que compte la France, seuls 11 500 ont été exceptionnellement régularisés grâce à leur travail en 2023, selon les chiffres de l’Intérieur.
« Il faut rappeler que la circulaire Valls n’est pas opposable à l’administration, c’est-à-dire que ce n’est pas une loi, c’est un simple courrier que les préfectures reçoivent, elles peuvent suivre la circulaire ou bien l’ignorer », rappelle Me Maugendre.
Cette circulaire offre un titre de séjour d’un an renouvelable. « C’est une régularisation qui dans les faits reste très précaire. Au bout de 12 mois, il faut redemander des papiers à l’employeur, refaire des démarches, retourner en préfecture, avec l’angoisse de voir son dossier rejeté », continue l’avocat.
InfoMigrants s’est penché sur cette circulaire, ciblé par Bruno Retailleau. Que dit-elle exactement ? Qui régularise-t-elle ?
Le président de l’Union des Forces du Progrès (UFP), Mohamed Ould Maouloud et une forte délégation de son parti ont rendu ce jour, samedi 5 octobre 2024, une visite de courtoisie au président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et président de la Coalition qui l’avait soutenu lors de la présidentielle de 2024, Birame Dah Abeid, à son siège de l’Ilot K à Nouakchott.
Réponse du berger à la bergère, le président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud accompagné d’une forte délégation de son parti, a tenu à rendre la politesse au président Birame Dah Abeid et à sa coalition, qui avaient entamé le premier pas en se rendant au siège de l’UFP il y a quelques semaines pour recoller les morceaux d’une dissension politique qui avait failli se terminer devant les tribunaux.
L’évènement de ses retrouvailles a eu lieu samedi 5 octobre 2024 dans les locaux du mouvement IRA qui servent également de siège pour le député à l’Assemblée Nationale et non moins dauphin suite à la présidentielle de 2024, Birame Dah Abeid.
Après une rencontre à mi-clos entre les deux délégations, l’impatience de la presse et des militants restés en masse dans la salle de conférence a été assouvie par les discours qui leur ont adressés par les deux dirigeants.
Dans son intervention, Ould Maouloud a tenu à saluer le courage et le sens de la responsabilité qui ont animé la démarche de Birame Dah Abeid, lorsque ce dernier, accompagné des membres de sa coalition se sont rendus au siège de l’UFP pour présenter ses excuses suite au différend qui les avait opposés. Ould Maouloud a appelé à dépasser ce triste épisode dans les relations entre les deux camps et a appelé à une union sacrée de l’opposition autour des questions essentielles auxquelles la Mauritanie est aujourd’hui confrontée.
A son tour, Birame Dah Abeid a remercié le président de l’UFP et sa délégation pour leur démarche amicale et fraternelle, louant le sens de patriotisme et d’engagement du président Ould Maouloud qui fut, rappelle-t-il, son professeur à l’Université de Nouakchott.
Il a salué en lui le formateur qui a accompagné aussi bien dans leur formation universitaire que politique plusieurs générations.
Il a enfin déclaré que la Coalition qu’il présidait et qui l’avait accompagné tout au long de son combat pour son accès à la Magistrature suprême devient la Coalition des forces politiques de l’opposition.
Situation inédite, Birame Dah Abeid considère que le Pacte républicain qu’il avait lui-même rejeté ainsi qu’un large pan de l’opposition, pourrait bien devenir le terreau d’une nouvelle plateforme de dialogue avec le pouvoir. Une équipe multipartite serait selon lui à pied d’œuvre pour son réaménagement.
L’Institut pédagogique national (IPN) a annoncé que les manuels scolaires seront disponibles au début de la prochaine année scolaire en format numérique grâce à l’application KOUTOUBI« Mes livres » qui permet de télécharger les livres.
Cette information est contenue dans un Tweet du directeur de l’institut, Cheikh Ould Sidi Abdallah, qui précise que cette mesure intervient en préparation de l’année scolaire 2024/2025.
« L’application ‘Koutoubi’ n’est qu’un mécanisme parallèle et une aide au processus de distribution du livre papier, pour ceux qui souhaitent acheter les copies numériques », a-t-il précisé.
Pour rappel l’année scolaire 2024-2025 commencera lundi prochain, 7 octobre, selon le ministère de l’éducation et de la réforme du système éducatif.
Le 27 septembre 2011, à Maghama, la gendarmerie a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques de Touche pas à ma nationalité qui ne demandaient rien d’autre que la citoyenneté pleine et entière pour tous les Mauritaniens au delà de leur appartenance raciale, ethnique ou tribale.
Le bilan est particulièrement lourd : Lamine Mangane, adolescent de seize ans est tué sur le coup, tandis que 8 autres enfants sont grièvement blessés et marqués à vie. Treize ans après cette tragédie, aucune enquête n’a été diligentée pour situer les responsabilités et les coupables courent toujours, s’ils n’ont été promus pour leur forfait.
Une plainte a pourtant bien été introduite par la famille du jeune homme assassiné, mais elle n’a été suivie d’aucun effet, bloquée par une justice aux ordres d’un système étatique fondé sur le racisme et l’esclavagisme.
La tragédie de Maghama est en effet une suite logique du permis de tuer du noir délivré aux représentants les plus zélés du système raciste et esclavagiste à travers la promulgation de la loi d’amnistie protégeant les auteurs des crimes contre la communauté noire pendant les années de braise.
Touche pas à ma nationalité ose espérer que vous vous ressaisirez, après un premier mandat qui n’a fait que creuser davantage le fossé entre les Mauritaniens, et que vous aurez le courage d’affronter les vrais problèmes qui minent l’existence de notre pays. Nous vous rappelons que l’unité nationale ne peut se construire sur le déni de justice et exigeons :
– L’ouverture d’une enquête interne visant à situer les responsabilités de la tragédie de Maghama
– L’indemnisation de l’ensemble des victimes
– La levée des obstructions empêchant le traitement de la plainte introduite par la famille Mangane ;
– L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993, cadre légal de toutes les exactions à l’endroit des Noirs de Mauritanie.
En espérant que vous mettrez les intérêts de la Mauritanie au-dessus de toutes les autres considérations, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations distinguées.
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