● Le prochain dictateur est parmi nous. | Par le journaliste Seyré SIDIBE

La chute des dictateurs en Afrique est souvent un moment où les langues se délient. Le bas peuple se met en extase, jubile et savoure cet instant qui a tout l’air d’une manifestation de la puissance de la justice divine. C’est la vengeance du peuple !

Et chacun comprend combien la mégalomanie, l’arrogance et l’orgueil sont destructrices et peuvent conduire à l’inhumanité, à la barbarie et à l’infamie.

Nos dictateurs sont pourtant, le plus souvent des gens ordinaires au départ avant de devenir antipathiques et tomber dans l’autocratie et le totalitarisme.

Nous avons une part de responsabilité dans la métamorphose de ces hommes et femmes. Certes, ils sont dignes de respect dû à leur rang et grade, cependant dans la plus part du temps, nous avions substitué au respect, par essence réciproque, selon les usages, le culte de la personnalité.

Ainsi seulement, commence le processus de gestation, de germination comme une mauvaise herbe du monstre: la folie de grandeur, la schizophrénie etc.

Si l’on observe la vie des tyrans, sous tous les cieux , elle se résume au narcissisme, à la boulimie, l’insatiabilite et la prédation au sens dénotatif et connotatif; toujours à la recherche de la Gloire pour battre tous les records.

Dans ce projet maléfique et funeste, le dictateur s’arroge les traits du créateur : l’omnipotence, l’omniscience et l’omniprésence.
Il s’attribue tous les titres, toutes les distinctions et les médailles: guide, éclaireur, rédempteur, père etc.

Il se fabrique une généalogie et une biographie taillées sur mesure caractérisées par la démesure, l’extravagance, la fantaisie, l’artificiel sur fond d’une rhétorique surréaliste poussée jusqu’au ridicule.

Tout ça pour être unique. En effet, le tyran veut ressembler au créateur en toute chose; oubliant qu’il est avant tout une modeste créature.
L’hybrus du pouvoir le rend amnésique au point de se croire immortel, infaillible et invulnérable.

Chacun d’entre nous est porteur potentiel des germes du despotisme. Si nous n’y faisons pas garde, ce côté animal prend le dessus sur le côté humain. La raison, la morale, la maîtrise des pulsions et désirs sont les seuls remparts contre cette aliénation.

L’autoritarisme n’est pas la caractéristique exclusive de l’exercice du pouvoir politique.
En effet, la dictature n’est rien d’autre qu’ un excès d’autorité, une tendance à mépriser les autres, à les humilier par ce qu’il sont différents ou sont porteurs de la contradiction.
Cette attitude, on l’observe tous les jours dans la sphère publique et même privée etc.

L’être humain est toujours hanté par le désir de domination, de créer un mythe autour de sa naissance et de sa famille, en faisant recours à la mythologie, à la légende et à tous autres éléments surnaturels pour expliquer et justifier sa puissance et celle des siens.

Cette puissance est nécessaire pour le despote pour asseoir les bases du pouvoir, de son pouvoir pour intimider, abuser et régner sans partage.

Dans l’univers du dictateur, les collaborateurs, les amis et le peuple n’ont aucune existence, tout est réduit et ramené à la seule personne du chef qui a le droit d’user et d’abuser …

Le dictateur est impitoyable. Il ne connaît ni regret ni remords. Il est imprévisible. Il développe des tendances infantiles qui se manifestent par des comportements dignes des enfants.

Parmi les choses qu’il ne peut pardonner : vouloir lui ressembler tant dans sa façon de parler, de s’habiller etc., et plus grave apporter une contradiction ou penser différemment.

Si la dictature est répréhensible, la simplicité et l’humilité restent des valeurs universelles. C’est en cela que la démocratie est séduisante, elle permet à la base d’interpeller le sommet, de lui demander des comptes sans être inquiétée. Elle ouvre le débat et permet aux différents acteurs, aux différentes forces de défendre leurs opinions : le pluralisme.

Ainsi, la démocratie est avant tout une culture, une manière de penser et d’être qui se manifeste par les actes que nos posons au quotidien.

Elle repose sur la justice, la tolérance, l’acceptation de la différence, la contradiction, l’humilité et la modestie; et implique la probité, la droiture ainsi que des devoirs et des droits.

Seyré SIDIBE

● Niger : l’armée française a commencé à discuter avec les militaires du retrait d’une partie de ses effectifs

Le Monde Afrique – Selon les informations du « Monde », des échanges ont lieu pour retirer certaines unités du pays sahélien. Paris rejetait jusqu’ici l’idée d’un départ de ses quelque 1 500 soldats déployés dans trois bases.

La France a commencé à discuter avec les militaires nigériens du retrait de ses forces du pays sahélien. Un mois après la dénonciation des accords de coopération militaire entre la France et le Niger par la junte au pouvoir, « des discussions sur le retrait de certains éléments militaires ont commencé », ont confirmé au Monde plusieurs sources françaises proches du dossier.

« Il est normal d’en discuter dans la mesure où la coopération antiterroriste est interrompue » depuis le coup d’Etat du 26 juillet, a ajouté l’une d’elles.

A ce stade, ni le nombre de soldats concernés ni les modalités de ce départ n’ont été officiellement décidés, mais le principe est acquis. Actuellement, quelque 1 500 soldats français sont déployés dans le pays, sur trois bases : dans la capitale, Niamey, à Ouallam, au nord de la capitale, et à Ayorou, près de la frontière avec le Mali. Certaines unités pourraient être redéployées dans la région, notamment au Tchad voisin, ou être directement rapatriées à Paris.

Jusqu’ici, les autorités françaises avaient toujours rejeté les demandes de retrait des effectifs français présents sur place en contestant la légitimité de la junte au pouvoir. Elles refusent aussi le retour à Paris de l’ambassadeur, Sylvain Itté. Et elles réclament le retour au pouvoir du président Mohamed Bazoum, avec qui Emmanuel Macron reste en contact.

« Des échanges (…) existent localement entre militaires pour faciliter les mouvements de moyens militaires français immobilisés depuis la suspension de la coopération antiterroriste », avait expliqué, mardi matin, l’entourage du ministre des armées, Sébastien Lecornu.

Depuis un mois, les drones, les hélicoptères et les avions sont cloués au sol. Les discussions ne sont menées qu’entre militaires, pas avec la junte au pouvoir, insiste une source, Paris continuant à ne pas reconnaître le gouvernement issu du putsch.

©️ Source en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=768198

● Guinée-Bissau : Après les putschs au Niger et au Gabon, le président Embalo renforce sa sécurité

Umaro Sissoco Embalo a nommé son chef de la sécurité présidentielle et son chef d’état-major particulier

Dans un contexte marqué par des coups d’Etat au Niger et au Gabon, menés par des responsables de la sécurité présidentielle, Umaro Sissoco Embalo prend ses précautions. Le président de Guinée-Bissau a nommé deux nouveaux responsables chargés de sa sécurité qui ont pris leurs fonctions lundi, dans un pays habitué aux coups de force.

Les généraux Tomas Djassi et Horta Inta ont été nommés vendredi respectivement chef de la sécurité présidentielle et chef d’état-major particulier du président de la République. Ces deux postes, prévus dans l’organigramme officiel, n’étaient plus pourvus depuis plusieurs décennies. Ils ont été investis lundi lors d’une cérémonie au palais présidentiel, en présence du président Embalo.

Des coups d’Etat « devenus une mode »
Le général Djassi était avant sa nomination à la tête de la garde nationale, une unité d’élite de l’armée dont l’intervention de ses hommes a contribué à faire échouer le coup d’Etat ayant visé en février 2022, selon les autorités, Umaro Sissoco Embalo, élu au second tour en décembre 2019. Le général Inta était à la tête du commissariat central de Bissau, une institution qui a souvent été dirigée par des militaires.

« C’est vrai que les coups d’Etat perpétrés par les officiers responsables de la sécurité présidentielle sont devenus une mode. Mais si Tomas (Djassi) s’aventure à (mener) un tel projet, nous allons nous battre longtemps », a déclaré le chef de l’Etat bissau-guinéen, en réponse à une question de la presse. « Pour parler sérieusement, je vous rassure qu’il n’y aura ni 2 février, ni 3 février. Tout mouvement suspect aura une réplique adéquate », a-t-il ajouté, en allusion à la tentative de coup d’Etat dont il dit avoir été victime le 1er février 2022 et qui a fait 11 morts, selon le gouvernement.

La Guinée-Bissau souffre d’une instabilité politique chronique et a été victime depuis son indépendance du Portugal en 1974 d’une kyrielle de coups d’Etat ou de tentatives de coup d’Etat.

©️ Source en lien https://www.20minutes.fr/monde/niger/4051548-20230905-guinee-bissau-apres-putschs-niger-gabon-president-embalo-renforce-securite

● Guidimagha | La Mairie de Sélibaby suspend ses relations avec l’association des maires de la région [selon une communication du Maire Oumar H Bâ]

Bonsoir très chers collègues,

Nous avons tous suivi, avec un grand regret, les conditions dans lesquelles l’association des maires du Guidimakha a procédé ce samedi 02.09.2023, dans les locaux du conseil régional du Guidimakha, à la reconduction de son président sortant, le Maire de Hassi Chagar Bakary Gandega.

Pour ce qui me concerne, en tant que Maire de la Commune de Sélibaby, cette reconduction n’a pas suivi la procédure normale et ce, pour plusieurs raisons:

1. Les Maires n’ont pas reçu de convocation à une telle assemblée générale.

2. La réunion s’est tenue sans ordre du jour.

3. La réunion s’est tenue sans secrétaire de séance ni de rapporteur.

4. Le P.V de la dernière assemblée générale n’a pas été présenté à la réunion.

5. La majorité des Maires qui ont pris part à cette assemblée ont manifesté clairement leur méconnaissance des documents et textes régissant l’association, notamment son statut et son règlement intérieur.

6. Aucun bilan (ni administratif, ni financier) n’a été fait par l’équipe sortante.

Etc.

Par rapport à ces différents points qui précédent et toujours dans le but de reclamer, dans la justice et la transparence, la connaissance de l’association et des textes qui le régissent avant toute prise de décision, je décide ce qui suit:

La commune de Sélibaby suspend toute relation avec l’association des Maires du Guidimakha jusqu’à ce que soient mis à notre disposition, les documents nous permettant de savoir pourquoi et comment être membre de l’association.
A défaut de ces documents, nous nous réservons le droit de nous abstenir de toute participation aux activités de l’association de quelque nature qu’elles soient.

Sincères salutations !

Cordialement, Oumar Hamady Bâ, Maire de Sélibaby.

Sélibaby le 04.09.2023

● Source : communication écrite diffusée via WhatsApp réseau Udpéiste.

● L’armée malienne met en échec une attaque terroriste non loin de Bamako

Sahara Médias – Les forces armées maliennes ont affirmé avoir fait échouer dimanche une attaque armée dans une zone non loin de Bamako au cours de laquelle un policier et deux civils ont été blessés.

Selon le communiqué publié sur Facebook par l’armée malienne l’attaque a eu lieu à 1h40 GMT à près de 50 kilomètres de la capitale.

Le communiqué ajoute que les deux policiers qui étaient en faction dans la localité ont réagi avec force et un feu nourri aux assaillants les mettant en fuite et laissant sur place l’un des leurs qui a été tué.

©️ Source en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=768177

● Retour sur le drame de la résurrection de la « corruption de la jeunesse » ou de l’illégalité manifeste de la décision de condamnation de Monsieur Ousmane SONKO (par Maître Babacar NIANG)

Les dispositions jusqu’ici discrètes de l’article 324 alinéa 2 du Code pénal ne sont plus à présenter. Les pénalistes en herbe, de circonstance ou par complaisance ainsi que la kyrielle d’experts de Dakar et d’autres contrées ne se sont fiés qu’aux apparences pour conclure hâtivement à la légalité de la condamnation de Monsieur Ousmane SONKO pour corruption de la jeunesse. Or, une simple maïeutique, voire un retour sur le texte incriminateur, permet de s’apercevoir qu’il a été condamné sur la base d’un texte désuet, c’est-à-dire « formellement en vigueur mais devenant politiquement inapplicable » (G. Cornu, Vocabulaire juridique). En clair, l’article 324, alinéa 2 qui a été sorti du chapeau comme un coup de maître était en réalité un coup d’épée dans l’eau puisque le texte était implicitement abrogé pour deux raisons : le passage de la minorité civile de 21 ans à 18 ans (1) et la modification législative de 1999 qui consacre la corruption des mineurs (2).

Premièrement, l’article 324, alinéa 2 est issu de la loi n° 65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal (crimes et délits) publiée au journal officiel le 6 septembre 1965, numéro 3767, p. 1009. Le Code pénal sénégalais est le résultat d’un mimétisme juridique. Ainsi, l’article 324, alinéa 2 du Code pénal sénégalais est la copie conforme de l’ancien article 334 du Code pénal français de 1810 qui réprimait le fait d’exciter, favoriser ou faciliter habituellement la débauche ou « la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au-dessous de l’âge de vingt-et-un ans ».

La notion de jeunesse englobe la période de la vie de l’Homme comprise entre l’enfance et la maturité. Il est admis que la jeunesse s’étend jusqu’à l’âge de 35 ans mais le fait de poser une limite d’âge à 21 ans était une manière de faire correspondre l’excitation à la débauche de mineur ou la corruption de la jeunesse à la minorité civile. En France, en 1810, la minorité était fixée au-dessous de l’âge de 21 ans. L’âge de la majorité ne passera à 18 ans qu’à partir de 1974. Au Sénégal, l’article 276 du Code de la famille fixera la minorité civile à 18 ans. L’article 324, alinéa 2 du Code pénal est resté inchangé depuis 1965 malgré la modification de l’âge de la minorité. Or, l’objet de la protection pénale est la minorité. En d’autres termes, il était fait référence à « la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au-dessous de l’âge de vingt-et-un ans » uniquement pour faire allusion à la minorité civile qui était également à 21 ans. Le texte est tombé en désuétude depuis l’alignement de la majorité civile à la majorité sexuelle à partir de 18 ans révolus. L’esprit du texte était de protéger la minorité civile. Imaginez-vous combien d’hommes devraient être poursuivis et condamnés pour excitation à la débauche de mineur ou corruption de la jeunesse au-dessous de l’âge de 21 ans puisqu’ils ont eu une aventure ou ils se sont mariés avec une jeune fille de 18, 19 ou 20 ans ?

En France, pour prendre en compte la réduction de l’âge de la majorité civile, l’article 334 du Code napoléonien a été modifié et est devenu l’article 334-2 de l’ancien Code pénal français qui disposait que : « Sera puni des peines prévues à l’article précédent quiconque aura habituellement attenté aux mœurs en excitant à la débauche ou en favorisant la corruption des mineurs de dix-huit ans ou même occasionnellement des mineurs de seize ans ». Au Sénégal, l’article 324, alinéa 2 du Code pénal n’était plus applicable depuis l’abaissement de la majorité à 18 ans. Le droit pénal ne protège un majeur que lorsqu’il y a atteinte à la liberté sexuelle. Un viol peut être correctionnalisé en agression sexuelle si les éléments constitutifs de cette infraction sont réunis. Une autre qualification des faits peut être possible après débat à l’audience. Le fait de « disqualifier » un viol en corruption de la jeunesse est un non-sens juridique d’autant plus que cette infraction s’est muée en corruption des mineurs depuis 1999.

Deuxièmement, au Sénégal, en 1999, la loi n° 99-05 du 29 janvier 1999 modifiant certaines dispositions du Code pénal (journal officiel du 27 février 1999), a de nouveau copié les dispositions de l’article 227-22 du Code pénal français dans un article 320 ter qui sanctionne « le fait de favoriser ou de tenter de favoriser la corruption des mineurs ». Contrairement au législateur français qui abroge et remplace l’article 334-2 de l’ancien Code pénal par l’article 227-22 du Code pénal français, le législateur sénégalais n’abroge pas expressément l’article 324, alinéa 2 mais il le dépouille de tout intérêt en adoptant les mêmes dispositions françaises. En effet, le Code pénal français incrimine depuis 1994 « le fait de favoriser ou de tenter de favoriser la corruption des mineurs » qui incorpore l’ancien délit d’excitation de mineurs à la débauche ou la corruption de la jeunesse. Pour être punissable, l’article 227-22 suppose que l’auteur des faits ait pour but la corruption de la jeunesse. Le but de cette corruption doit être d’altérer le sens moral d’un mineur et non d’un adulte en matière de sexualité.

Dans ces conditions, on peut dire, sans risque de se faire contredire que Monsieur Ousmane SONKO a été condamné sur le fondement d’un texte désuet qui réprime à l’origine l’excitation à la débauche de mineur ou corruption des mineurs en dessous de 21 ans. En effet, par corruption de la jeunesse, il faut entendre corruption des mineurs puisqu’à l’époque la minorité était fixée à 21 ans. Ce texte a été implicitement abrogé par la loi 99-05 du 29 janvier 1999 qui consacre à l’article 320 ter le délit de corruption des mineurs. Le législateur avait la croyance d’introduire une nouveauté et explique dans les motifs de la loi que la corruption des mineurs est « désormais » prévue et réprimée à l’article 320 ter du Code pénal. Le législateur de 1999 s’est sans doute trompé en n’abrogeant pas purement et simplement l’article 324, alinéa 2 malgré le passage d’une minorité de 21 ans à 18 ans. Ce texte ressuscité pose en ce sens de sérieuses difficultés au vu du principe de nécessité, un corollaire du principe de la légalité. Faut-il rappeler que ce principe permet de distinguer un Etat démocratique d’un Etat policier. Un appel du Parquet général ou de Madame Ndèye Khady NDIAYE permettrait de revenir à une orthodoxie légale.

Maître Babacar NIANG, Avocat au Barreau de Paris, Professeur agrégé des Facultés de droit (Droit privé et sciences criminelles).

©️ Source en lien https://www.pressafrik.com/Retour-sur-le-drame-de-la-resurrection-de-la-corruption-de-la-jeunesse-ou-de-l-illegalite-manifeste-de-la-decision-de_a259613.html

● « Penser, c’est douter » | Par M. Souleymane Sidibé

Philosophie du dimanche comme dirait mon autre ami avec qui nous ne pouvons pas rester plus d’une demi-heure sans « s’embrouiller » ! Et que personne ne veuille s’en mêler.

Pour le titiller, je lui dis qu’il n’est pas facile de parler de soi. Et il répond : « Ça n’a pas l’air d’être compliqué pour toi ». Ce même qui me traite d’utopiste. Ou bien « nteu idologue » pour dire que je suis un idéologue. L’expression idéologue est péjorative. Son sens mélioratif a disparu, il me semble du langage.

Aujourd’hui, nous revenons secouer le cocotier.
Le maître Amadou Hampâté Bâ dont nous ne sommes pas d’accord avec son approche – et bien c’est ça aussi l’approche de l’élève. Il ne faut pas chercher à dépasser le maître, mais à innover ; voire produire au-delà des référentiels qu’il a- sur la vieillesse en Afrique s’est posé la question suivante : Qu’est-ce que l’Homme ? Disons plutôt l’humain pour être plus inclusif. Par ailleurs, on dit « La Femme ou El mar’ou » de la traduction directe de l’arabe.
Il continua : « Il est tout et rien. Il est tout parce qu’il est une parcelle de la puissance créatrice. Il n’est rien parce qu’un simple rhume l’empêche de se lever ».

Sans doute, on voit une philosophie basée sur l’aspect culturel et religieux : « Parcelle de la puissance créatrice ».
Nous pouvons dire que l’humain est le résultat d’un long processus biologique, à côté. Il a une dimension biologique (fuyons les systématiciens en disant qu’il fait ses besoins et a besoin de se nourrir et se reproduire) tout en ayant une dimension psychique (l’esprit). « Il est à la fois un être de nature et de culture ». L’humain est doué de raison (faculté de discerner le bien du mal ou « lumière naturelle ») et doté de conscience. Cette dernière, selon les philosophes, peut distinguer trois réalités. Limitons nous à dire que la conscience est la capacité de représentation de soi. La conscience est présente dans l’esprit. Si l’on fait un peu de Kundu Sumaare, on dira que la conscience ou la connaissance par laquelle l’humain (sujet pensant) ayant une connaissance réflexive perçoit qu’il se sait ou sachant qu’il se sait percevant. Ce n’est pas facile de côtoyer des personnes comme ça.

L’autre à l’origine du doute cartésien ou cartésianisme, Descartes (-pourtant je surnommais celui qui me traite d’idéologue ainsi alors qu’il me surnommait en homme de lettres : Jean Paul Sartre) dira : « Je pense, donc je suis ». Penser, c’est douter. Douter, c’est mettre en question son existence. Douter revient à penser et exister. Sans la raison, on y parvient point. Être un sujet pensant et cartésien, c’est être un être de raison d’abord. C’est avoir un esprit rationnel. Ibn Ghazali, Al Ghazal pour nous autres germanopratins dans nos « références », viendra rajouter : « Celui qui ne doute pas n’examine pas et celui qui n’examine pas ne croit pas ». N’est-ce pas l’humain se repose sur la persuasion comme dira Souleymane pour raffermir cette foi qui croit en un façonnage de l’humain par un être suprême sur la création et les créatures allant jusqu’à créer des pratiques cultuelles à côté des pratiques culturelles ?
Le culte révèle de la foi. Il est sa raison d’être. C’est un bien inestimable de prier pour le croyant. Il y a un lien entre lui et son créateur qui se raffermit (la religion).

Maintenant, l’humain réfléchit et agit avec l’intelligence. Cette « capacité de trouver une solution face à un problème, une situation, un discours, une recommandation ». Il a créé sa morale. Ainsi dire qu’il a ses propres règles de conduites propre à lui, à la société (groupe de personnes mues par des relations et des intérêts. Il use d’un ensemble de signes pour la communication (le langage) jusqu’à élaborer le droit. Pour certains, il serait difficile pour un humain normal de comprendre le droit. On peut dire que le droit -même s’il faut laisser cela à Yacoub Ba dont un mage du droit oublie ou ne sait qu’il a fait du droit en Belgique- est l’ensemble des lois et dispositions en vigueur dans un État pour la conduite citoyenne. La plus grande norme reste la constitution.

Toute la question est de savoir comment l’humain, qui est un être de besoins et de désirs, qui ne maîtrise pas lui-même une partie de sa dimension psychique (inconscient) et vit de choses qui relèvent de la métaphysique crée des strates sociales avec ses œuvres (la culture et la tradition) jusqu’à les ériger en valeur absolue ?

©️ Source en lien https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=7000548986631394&id=100000290871124

● Septembre 2013 – septembre 2023 | Le 10ème anniversaire de notre toute première contribution publiée dans les médias

L’article titré « La fierté soninkaxu en questions » sort le 6 septembre 2013 sur quelques sites web. Ce cri osé adressé à ma communauté sociolinguistique d’appartenance (sooninkara – soninkara) reprenait mes interrogations ayant trait à certaines données problématiques liées à l’ordre social qui y règne. Ainsi j’indexais volontiers un certain type de « fierté » qui serait un noyau suprémaciste comme support culturel ou civilisationnel d’un ordre féodal voire esclavagiste des castes. Une vie sociale d’hiérarchisation statutaire bousculait mon entendement et à l’époque je tentait à travers ce papier d’interpeller avec mes mots les consciences attentives parmi mes lecteurs. Cet article pionnier se veut comme une capture descriptive quoique simpliste et cash dira-t-on, du puzzle sociétal de la communauté sooninké. L’occasion de ce dixième anniversaire de sa parution, je tiens à remercier avec une fraternelle et citoyenne reconnaissance notre grand-frère, le journaliste humaniste mauritanien M. Seydi Moussa Camara pour sa disponibilité en le publiant dans son journal La Nouvelle Expression. C’était dans le numéro 190 en date du 30 septembre 2013, et la contribution avait occupé la rubrique Débat de la semaine. Le natif de Dafort, une plume journalistique connue et reconnue en Mauritanie, qui investit le champ médiatique indépendant de nombreuses années durant et dispose une crédibilité bien tenue à l’intérieur et à l’extérieur du pays sur les questions liées à la défense des droits humains, les mouvements militants et les méandres de la vie politique mauritanienne. Je saluerais encore l’opportunité qu’il m’avait offerte afin de donner une audience conséquente à mon premier mot d’humeur comme apprenti blogueur en herbes…😁 qui a mené à la création du Blog https://ecrit-ose.blog/ en 2014. Cette contribution 1 est reprise dans notre livre paru le 4 octobre 2022 sous le titre Mes Écrits Osés https://amzn.eu/d/4R0fqa9 , partie II p172.

Le journal La Nouvelle Expression a été cette vitrine opportune, et je le considère comme notre toute première « maison d’édition » en permettant cette mise sous presse écrite. La version numérique du journal est accessible via http://www.nouvelleexpression.org/. Je finis par noter la belle et inspirante assertion se trouvant sur l’en-tête du journal « l’idéal d’un sage, c’est une oreille qui écoute » .

Le 2 septembre 2023

✍️🏿 KS pour le BLOG

●Le point de presse conjoint FPC-le Parti RAG à Nouakchott | En quelques mots.

Ici en lien Facebook une partie des interventions https://fb.watch/mMxXN4s5va/

Jeudi 31 août 2023 au siège du mouvement IRA-Mauritanie, une conférence de presse a été animée par les leaders de 2 partis politiques non reconnus jusqu’alors par les autorités mauritaniennes. Le parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de monsieur Samba Thiam (ancien prisonnier politique et leader historique des Flam) et le RAG (Refondation pour une Action Globale), l’aile politique émanant du mouvement abolitionniste IRA de l’honorable député monsieur Biram Dah Abeid. Lors de cette sortie médiatique, les intervenants sont revenus sur les micmacs administratifs et judiciaires motivent la non reconnaissance de leurs partis politiques. Le président Biram Dah Abeid (l’ancien candidat aux élections présidentielles de 2014 et 2019), a exposé lors de sa communication, le processus entamé avec espoir avec l’actuel président Ghazouani, mais qui s’est soldé par un refus catégorique à libérer les partis politiques recalés injustement. Ainsi le leader abolitionniste a indexé un système étatique qui se choisit des partis dociles et soumis à ce qu’il a nommé de syndrome. Un syndrome laissant entendre que la Mauritanie serait un pays sur lequel seule une minorité raciste exploitant les données « arabité et islamité » se doit d’avoir les leviers du contrôle régalien. Il a relevé également que même l’ancien président civil feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’était pas épargné par ce syndrome. À son tour, le président Samba Thiam des FPC explique que leur parti et ses camarades font l’objet des préjugés de part des autorités. L’ancien réfugié politique aux États-Unis précise qu’il est nécessaire que différentes visions puissent exister dans le champ politique. C’est-à-dire en substance une pluralité d’opinions à porter dans les débats publics, est nécessaire.

L’honorable député BDA a dénoncé une stratégie de ghettoïsation en place à leur encontre pour les isoler et les contraindre à quémander une légalité auprès d’autres partis.

Ce point de presse est un cri d’alerte encore une fois en interpellant les autorités, l’opinion nationale et internationale sur une exclusion injuste qui frappe ces partis politiques qui ne demandent qu’une reconnaissance officielle pour intégrer l’arène politique.

Seront-ils entendus ? À suivre

✍️🏿KS pour le BLOG.

● Pacte RFD-UFP-INSAF, prolonger le mandat de Ghazouani jusqu’en 2033 | L’interview au Journal L’Authentique

Le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) et l’Union des Forces du Progrès (UFP) ont signé avec le parti au pouvoir INSAF, un pacte qui aurait été validé par le président Ghazouani. Il prévoit dans ces grandes lignes un septennat à partir de 2026, selon des échos parvenus à Birame Dah Abeid, député et président du mouvement IRA qui a bien voulu nous accorder cette interview autour de cet accord.

Dans l’entretien qui suit, le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, député et deux fois dauphin aux présidentielles de 2014 et 2019, revient sur l’accord signé entre le parti au pouvoir, INSAF, et deux parmi les partis d’opposition les plus emblématiques du pays, le RFD et l’UFP.

L’Authentique : quels sont les principaux points que vous avez relevés dans le pacte signé entre le RFD, l’UFP et INSAF ?

Birame Dah Abeid : les principaux points que j’ai relevés dans ce pacte validé par le Président Mohamed Cheikh Ghazouani, signé entre le RFD, l’UFP et le parti INSAF, c’est qu’il n’y a rien de nouveau par rapport à la rhétorique des partis convenants, qui représentent en réalité les milieux proches du pouvoir et dont l’objectif est le maintien de ce dernier. C’est presque une rhétorique de laudateurs qui magnifient ce qui n’existe pas et qui s’en prennent à des boucs émissaires, des forces intérieures qui sont taxés d’ennemis de la paix. Il s’agit d’une vieille rengaine aussi vieille que cette démarche initiée par ces laudateurs, qui pour les besoins du moment, se sont transformés en chasseurs de primes. Déjà, un haut cadre du RFD vient d’être nommé dans un poste de sinécure et un autre, cadre à l’UFP, empêtré dans une sordide affaire vient de voir son calvaire terminé.

C’est étonnant que cette plateforme puisse déclarer que le président Ghazouani a satisfait toutes les doléances de l’opposition. Parce que je n’en connais pas une. Au contraire, il a fait des promesses alléchantes qui ont envoûté le peuple mauritanien, mais il s’est avéré que c’est quelqu’un qui ne tient pas sa parole.

D’autre part, j’ai pu lire dans ce document qu’il y a des forces intérieures qui menacent la stabilité et que l’opposition « clairvoyante » doit s’arrimer au pouvoir pour défendre la paix civile et l’unité nationale. Je me demande qu’elle est cette « opposition clairvoyante » et qui décide de la clairvoyance ou non de telle ou telle opposition.

L’Authentique : est-ce que ces accords engagent l’opposition ?

Birame Dah Abeid : non pas du tout. C’est une charte qui engage l’opposition chauvine, l’opposition dans le système, pour être plus précis, l’opposition beidane chauvine qui est à l’image du ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Mohamed Lemine dit Ould Lehweirzi qui avait déjà dit que l’opposition naturelle doit être celle du RFD et de l’UFP, une opposition maure bon teint et bien née. Selon lui, la plèbe constituée des Harratines et des Négros mauritaniens ne mériterait pas d’y figurer.

L’Authentique : aujourd’hui, l’UFP et le RFD, eu égard à leur représentativité politique, peuvent-ils négocier au nom de toute l’opposition ?

Birame Dah Abeid : c’est en réalité paradoxal puisque le RFD et l’UFP dans leur coalition présidentielle de 2019 n’ont obtenu que 2% des voix. Ils sont à la queue, totalement laminés. Lors des élections locales de mai 2023, municipalités, régionales et législatives, ces deux partis n’ont également rien récolté et ils ont été complètement effacés du parlement, des mairies et des conseils régionaux. Il est ainsi étonnant que le pouvoir puisse s’appuyer sur une opposition en désuétude. C’est une manœuvre des milieux chauvins qui cherchent à contrer l’opposition antisystème, droits de l’hommiste, populaire et sociale qui est matérialisée par le RAG/IRA, le FPC, la CVE, le FRUD, etc. Mais aussi par autant de mouvements formés par de jeunes maures qui s’activent sur la scène politique et s’opposent à la gouvernance actuelle.

J’ai vu aussi entre les lignes dans cette charte raciste et exclusiviste, que l’objet réel de la charte reste encore caché, qu’elle relève du domaine du non-dit et du secret. On m’aurait dit que le pouvoir veut procéder à un saupoudrage et passer un vernis sur la constitution, en connivence avec le RFD et l’UFP. L’idée est de rajeunir le pouvoir pour qu’il reprenne une nouvelle virginité, afin que le parti INSAF dans son dialogue avec ces deux partis, puisse repousser les prochaines élections présidentielles de 2024, pour 2026, qu’il puisse reprendre les élections générales locales afin de permettre à l’UFP et au RFD de revenir au parlement ainsi que dans les conseils municipaux et régionaux.

Ainsi, dans ce plan, la Constitution sera tripatouillée avec un nouveau mandat de 7 ans qui permettra à Ghazouani de faire deux septennats. Donc, de 2026 à 2033, plus son actuel mandat. Il s’agirait ainsi, avec le temps, d’emménager une porte de sortie à Ghazouani pour lui éviter le sort de son ancien ami, Mohamed Abdel Aziz.

Pour mener à bien cette machiavélique feuille de route, le pouvoir a ainsi besoin de la caution d’une opposition qui accepte de jouer le jeu, comme le RFD et l’UFP. Un bon alibi pour le pouvoir qui peut se targuer d’être accompagné dans cette « réforme » par deux partis historiques, tant bien même qu’ils n’ont plus d’électorat.

L’Authentique : quelle est actuellement la réaction de l’autre opposition ?

Birame Dah Abeid : tous les partis de l’opposition antisystème, les FPC, le FRUD, RAG, entre autres, se sont vigoureusement prononcés contre ce pacte. Nous pensons que c’est une manœuvre visant à semer la diversion au sein de l’opinion publique nationale et internationale ainsi qu’au sein de la classe politique. Tout cela montre en réalité que le parti INSAF est acculé, ce qui l’oblige à se tourner vers des alliances monocolores de partis maures pour contrer la montée menaçante des laisser pour compte, que cela soit les Harratines, les Négro-mauritaniens, mais aussi une écrasante majorité de la jeunesse maure qui a constaté qu’on lui a toujours agité au nez depuis toutes ces décennies la peur du péril noir harratine sous les différents régimes qui se sont succédés. Cette jeunesse maure consciente tient aujourd’hui à prendre le taureau par les cornes et s’oppose systématiquement à ce pouvoir.

Au niveau de l’opposition, nous allons nous concerter pour nous opposer à cette tentative de conservation du pouvoir, d’autant plus que ce plan s’il se réalise va creuser le fossé entre les communautés, entre le pouvoir et la jeunesse maure qui était massivement représentée au sein de l’UFP et du RFD et qui a pris son indépendance en ralliant des partis comme le FRUD, ou des mouvements comme KAVANA, connus pour leur verve contestataire et qui font tout pour marquer leur opposition au système actuel.

Il faut impérativement annihiler cette tentative de reproduire l’actuel pouvoir sous un faux habillage et dans une alliance avec une fausse opposition. Nous allons commencer dès à présent à constituer un front de résistance. J’en ai déjà parlé à Samba Thiam, président des FPC, mais aussi au parti FRUD et nous allons élargir le cercle des concertations.

Propos recueillis par CHEIKH AIDARA

©️ Source en lien https://aidara.mondoblog.org/2023/08/26/pacte-rfd-ufp-insaf-prolonger-le-mandat-de-ghazouani-jusquen-2033/?fbclid=IwAR1V_UyHTBdyyq6vOdnHFlpxov90NcnpLGLOKcTaHTRR7wtzY6WDcPYMXoQ