● Le prédicateur des Frères musulmans, Youssef al-Qaradaoui, est mort

L’éminence grise des Frères musulmans, cheikh Youssef al-Qaradaoui, est mort à 96 ans, indiquait, lundi, son compte Twitter. Il est considéré comme l’un des pères spirituels de la confrérie fondée en 1928 en Égypte.

« L’imam Youssef al-Qaradaoui est décédé après avoir dédié sa vie à faire connaître l’islam et à défendre sa communauté« , a annoncé, lundi 26 septembre, un post sur son compte Twitter officiel.

Considéré comme l’un des pères spirituels de la confrérie fondée en 1928 en Égypte, Youssef al-Qaradaoui a été emprisonné à plusieurs reprises dans son pays, où les Frères musulmans sont désormais considérés comme « terroristes » et encourent la peine de mort pour appartenance à leur organisation. 

Condamné par contumace à la peine de mort en Égypte, Youssef al-Qaradaoui vit depuis de longues années au Qatar, qui ne s’est réconcilié que récemment avec l’Égypte. Cette dernière est désormais dirigée par l’ancien maréchal Abdel Fattah al-Sissi, architecte du renversement du président issu des Frères musulmans Mohamed Morsi en 2013.

Le célèbre prédicateur, dont les sermons étaient souvent retransmis par la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira, présidait l’Union internationale des savants musulmans, une association de religieux sunnites basée dans ce petit émirat gazier du Golfe.

Sa fille Ola al-Qaradaoui est elle-même poursuivie en Égypte pour « appartenance à une organisation interdite » et « participation à son financement ».

Elle a déjà passé quatre années et demi en détention préventive et, si elle a été libérée fin 2021, les charges retenues contre elle pèsent toujours.

Avec AFP

©️ Via https://lm.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fgo.france24.com%2FRzX&h=AT3ir_cUmtTdF-jB2N_6GwVYE0JusDQOXnosyXs2_k6Aep56DXbx3eKDHxuxeEHOUjJdkXfUF81VQUQBJrrFD_NyKpf3jijugFDtFUhWr9KeO0SxV5dMjAA8f0uqBKs42JLR

● Lettre ouverte à Biram Dah Abeid | Par Lebatt Ould Eytah

Honorable député Mr Biram le combat pour une Mauritanie juste égalitaire et transparente ne passe pas par la reconnaissance du Parti RAG ni la liberation de détenus d’hommes politiques, le combat des mauritaniens doit être pour un changement radical du système qui opprime nos compatriotes, transgresse nos lois, s’accapare de nos richesse et dont le seul objectif est de maintenir les populations dans l’ignorance et la pauvreté.
Honorable député Biram ne soyez pas comme cette opposition qui semble être satisfaite par l’introduction d’une portion de proportionnalité dans les régions de Nouakchott.
Les élections ne seront jamais transparente les pouvoirs publics continueront de contrôler l’assemblée nationale ils utiliseront l’argent public, l’administration, l’armée les tribus, les sectes religieuses et bien sûr l’utilisation de bulletins frauduleux imprimés au Liban. Ne soyez pas dupe Aziz avait juré par tous les serments qu’aucun sénateur ne sera présent à l’assemblée nationale sauf Mr Sangot qui est venu prendre l’autorisation au près de la présidence, savez-vous honorable Deputé que les Sénateurs qui se sont présentés sur des listes nationales sont des milliardaires et des chefs de tribus bien implantés, malgré cela aucun d’eux n’a pu accéder à l’assemblée nationale.
Honorable député Biram quelques députés en plus ne changera rien dans le quotidien de se peuple, imposons plutôt le départ du système par le refus de la soumission à cette dictature qui aujourd’hui est chancelante,rassemblons la jeunesse les forces vives appelons à la non coopération à la désobéissance civile nous sommes le peuple nous sommes légitimes nous avons le droit de choisir et d’être libre. L’heure est à la refondation de l’Etat.
Honorable député Biram les voix qui s’élèvent et dénoncent sont nombreuses Ahmed ould Haroune et ses compagnons, le général Lebatt Ould Mayouf, la jeunesses de l’avant garde populaire,le Docteur Nourdine Ould Mouhamedou, yakoub de kevana, Md Vall ould Talebna et bien d’autres; La victoire est proche.
Honorable Député Biram les élections sont faites pour résoudre des problèmes dans des pays démocratiques où le jeu est transparent et accepter de tous et non dans les dictatures opaques ou l’objectif est de distraire les populations.


Lebatt Ould Eytah

● Football : Clarence Seedorf, ex-star de l’AC Milan, dénonce un système raciste

Lors de la conférence Festival dello Sport, Clarence Seedorf n’a pas hésité à dénoncer un « système plus raciste que les gens. »

Le problème du racisme dans le football et le sport de manière générale est malheureusement récurrent. Clarence Seedorf, qui a notamment fait les beaux jours de l’AC Milan (2002-2012) a dénoncé « un système raciste » lors d’une conférence ce dimanche.

« Je ne pense pas que l’Italie soit un pays raciste. J’ai toujours pensé cela, au bout de vingt ans je crois que je connais un peu l’Italie. Il y a des gens racistes, oui, comme partout. Mais le système est parfois plus raciste que les gens. Je n’ai pas reçu d’offre, pas même une après vingt ans en Italie. C’est un peu étrange » a déclaré le Néerlandais.

« Cela n’arrive pas qu’en Italie, c’est un problème européen. Vous ne voyez pas beaucoup de managers noirs, il n’y a pas d’opportunités. J’ai eu ma première chance sérieuse en Chine » a-t-il conclu.

Le seul joueur à avoir remporté quatre fois la Ligue des champions avec trois clubs différents (Ajax 1995, Real Madrid 1998, et Milan AC 2003 et 2007) se trouve aujourd’hui sans club. Sa dernière expérience remonte à 2019, où il était le sélectionneur du Cameroun.

©️ http://opr.news/30d1c6c3220926fr_fr?link=1&client=newseu

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● Les Mureaux : des dromadaires pour promouvoir le tourisme en Mauritanie | Par Sébastien Birden (Le Parisien)


L’office national de tourisme de Mauritanie a lancé ce samedi dans les Yvelines sa grande campagne de communication. Pour attirer de nouveaux visiteurs, le pays d’Afrique sub-saharienne compte notamment sur ses ambassadeurs à bosse.

On connaissait les baptêmes de poney, voilà désormais les promenades à dos de… dromadaire. Proposée ce samedi aux abords du pôle Molière des Mureaux, cette animation pour le moins insolite s’inscrivait dans le cadre d’une journée de découverte de la Mauritanie, un événement conjointement organisé conjointement par la Ville et la nouvelle direction de l’ONTM, l’office national du tourisme du pays d’Afrique de l’Ouest.

Il s’agissait de poser la première pierre de la nouvelle politique touristique de ce petit état de 4 millions d’habitants, bien décidé à trouver ses futurs visiteurs sur le sol français. « Le développement du tourisme est une priorité pour le gouvernement et la France est un partenaire traditionnel, explique Mohamed Hjour, directeur de la promotion de l’ONTM. On souhaite nouer des partenariats dans 24 communes, et c’est la Ville des Mureaux qui nous a tendu la main en premier ».

«Proposer quelque chose de vrai»
Pour tenter d’appâter les habitants des Mureaux et de « contacter le touriste en direct », l’ONTM avait misé sur une conférence avec films documentaires, sur de la musique traditionnelle, et sur des ateliers de découverte culinaire. Mais aussi et surtout sur ces quatre dromadaires venus pour l’occasion d’une camélerie du nord de la France.

« Le dromadaire est très important pour nous, reprend Fatimatou El Mechry. Il est l’un de nos symboles. Avec leur présence ici, on a voulu amener un peu de Mauritanie en France, proposer quelque chose de vrai. L’idée est que les gens puissent expérimenter, apprécient et aient envie de recommencer. Mais sur les dunes cette fois. »

Les dunes, Odile n’y est pas encore. À 78 ans, cette habitante des Mureaux n’a jamais pris l’avion, lui préférant le camping-car pour des escapades circonscrites à la France métropolitaine. « Mais on n’a pas tous les jours l’occasion de voir des dromadaires », s’amuse la septuagénaire venue d’abord « par curiosité ». De la Mauritanie, elle a l’image « d’un pays très coloré ». Mais « sauf à gagner au loto », elle n’y mettra « sans doute jamais les pieds ».

«Il y a le rêve des voyages et la réalité de tous les jours»
« C’est d’abord une question de finances », estime Hocine. Ce papa d’une trentaine d’années, venu approcher les camélidés avec ses enfants, ne ferme pas la porte. « Mais il y a le rêve des voyages et la réalité de tous les jours », assène-t-il en écartant la main de son fils des incisives du dromadaire.

« Impressionné », Illyés refuse de s’approcher des animaux. « C’est la première fois que j’en vois », raconte le petit garçon, pas franchement rassuré à l’idée qu’on puisse les chevaucher. « Je ne peux pas, je vais avoir le vertige », décline-t-il.

« C’est un animal impressionnant, qui a l’air faussement lent », juge de son côté Jean-Marc, qui a « déjà essayé en Égypte ». Le retraité, qui a déjà « pas mal bourlingué en Afrique », ne semble pas insensible aux charmes de la Mauritanie et de « ses paysages très diversifiés » entre « désert et oasis ». Alors‚ « pourquoi pas ? », s’interroge-t-il. Un petit début pour l’ONTM. « Le but, c’est déjà que les gens en parlent, de faire connaître notre pays un peu partout, conclut sa représentante. Le tourisme, cela passe aussi par le bouche-à-oreille ».

©️ https://www.leparisien.fr/yvelines-78/les-mureaux-des-dromadaires-pour-promouvoir-le-tourisme-en-mauritanie-24-09-2022-GASWTMCBVBGK7MFE6OGQ2R4EXQ.php

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● Communiqué de presse de l’ONG IRA | Arrestation de 5 militants de RAG



Que se passe-t-il ?

Le 21 septembre 2022, à Nouakchott, et dans climat de diabolisation du mouvement abolitionniste et de son chef de fil Biram Dah Abeid, cinq militants du parti pour la Refondation et une action globale (Rag), aile politique de l’Initiative de résurgence abolitionnisme en Mauritanie (Ira-M) Mauritanie, ont été convoqués et enlevés par la police, avant leur déportation vers Kiffa, à 600 km de la capitale, dans une brigade de gendarmerie. Aucun motif juridique n’a été signifié aux victimes et la procédure se déroule, jusqu’ici, en dehors du droit.

Les détenus, mesdames Salma Dia, Achour Ghamou et messieurs Cheikh Vall, Hassan Moktar et Mohamed Ali, dès leurs arrestations, ont été privés de repas, de sommeil, de changer leurs vêtements, de se laver ou brosser leurs dents et ce, pendant la moitié d’une journée et toute une nuit; le matin du 22 septembre, ils ont été embarqués dans une voiture inconfortable qui les a conduits à des centaines de kilomètres plus loin, sans qu’ils n’obtiennent plus d’un seul arrêt, pour la prière. Il leur serait reproché d’avoir vigoureusement porté la contradiction à un agent, muni de la mission de les provoquer; c’était lors de la tournée du député Biram Dah Abeid en Assaba, contrée dont est natif le Président de la République ; l’incident, survenu, à Fam Lekhdheratt depuis 18 jours déjà, vient d’être opportunément qualifié d’agression à l’encontre de Ishagh Abdallahi, porte-voix de l’un des oligarques de la région, Monsieur Lemrabott Ould Bennahi, ministre du commerce et de l’artisanat.

Liens vidéo, ici

Le substrat invisible

La tentative de sabotage se déroulait au titre de l’habituel zèle des cadres autochtones, quand un opposant essaye de porter la bonne parole à l’intérieur de leurs fiefs féodaux. L’usage, d’ailleurs fort couteux en moyens et actes d’intimidation, date de l’ère du colonel Ould Taya, lorsque le Parti républicain démocratique et social (Prds) achetait les consciences à tour de bras, semant, parmi la population, les germes féconds de la cupidité et de la crainte. Il semble que l’Union pour la république (Upr), désormais maquillée en Equité (Insaf) s’engage à réhabiliter l’héritage de son aïeul funeste, malgré l’évidence de l’anachronisme. Notre époque ne se prête plus à des manœuvres aussi archaïques qu’inefficaces. La peur de critiquer le pouvoir du moment et la docilité à l’endroit de la force brute ne font plus partie des réflexes dominants au sein de l’opinion ; le ministre de l’Intérieur, quasi-régent du quinquennat du gâchis, n’a pas encore compris l’évolution du monde. Son maître spirituel, l’actuel Chef de l’Etat, lui accorde, hélas, trop de prérogatives. Négligence ou complaisance, le choix coûtera cher à la stabilité de la Mauritanie, dans un contexte de désordre et de précarité des relations internationales. Sous peine d’aventurisme, un autodidacte monolingue ne devrait jamais diriger ni même contrôler, la sécurité intérieure d’un pays qui aspire à se faire gouverner par la prudence et le discernement.

Prise de risque excessive

A la suite de quelques améliorations en matière de droits humains depuis l’alternance formelle de 2019, le dernier gouvernement, sous la houlette vague du Président Ould Cheikh Ghazouani, promulgue des décrets qui érodent le peu de réformes engrangées au terme de 3 années de tâtonnements, d’approximations et d’erreurs toujours en attente de leur autocritique. L’échec de la prétendue lutte contre la corruption mais aussi sa conséquence, – le blanchiment de la plupart des protagonistes de la gabegie – reflètent l’errance, voire la divagation d’un régime, sans perspective, d’ailleurs inapte aux grandes œuvres mais où s’exprime, de temps à autre, une velléité de vigueur, un soupçon de fermeté….Or, le fonds mental et le terreau de recrutement des affidés et serviteurs de ce système ethno-tribal en décomposition vertigineuse reposent sur la faiblesse, l’incertitude et le déficit d’idées. La probabilité d’un échec aux futures échéances du suffrage universel direct conduit, le noyau de l’oligarchie, à user d’une pression préventive sur ses adversaires. Le refus de reconnaître les partis et associations de la dissidence constitue, ici, un signe manifeste de tricherie, sans doute conçu par un esprit bédouin.

Notre réaction

Une réplique de légitime défense s’impose. Elle restera, comme d’habitude, enracinée dans la non-violence et la disponibilité au compromis. Aussi, tous les partenaires d’IRA à l’étranger et dans la sous-région appellent à des manifestations, le mercredi 28 septembre 2022, de 12h à 14h. Accompagnera le mouvement, la mobilisation d’un collectif d’avocats nationaux et internationaux au cours de cette nouvelle épreuve face à une “justice” conçue en vue de sévir contre les citoyens d’ascendance sub-saharienne.

IRA appelle les organisations non-gouvernementales et les organismes gouvernementaux sous-régionaux ainsi que les États libres partenaires de la Mauritanie, à observer de près le retour de l’arbitraire dans le pays, l’instrumentalisation des forces de sécurité, de la justice et du pouvoir de l’Etat, afin d’assurer l’obstruction à l’alternance démocratique.


Le Bureau Exécutif
Nouakchott, le 25 septembre 2022

🔴 Mali | cette saillie discursive Onusienne du premier ministre par intérim malien au sujet du président nigerien : le langage d’un panafricanisme WhatsAppeur !


Depuis New York, le journaliste Serge Daniel (sur TV5) résume en substance ce que les colonels maliens reprochent au président du Niger Mohamed Bazoum qui rappelle que « la place des militaires n’est pas les salons feutrés à Bamako mais au front face aux terroristes… » . Cet élément de langage qui a beaucoup de sens par rapport à la situation politico-sécuritaire du Mali serait la principale motivation qui a suscité l’ire du Choguel boy l’actuel premier ministre par intérim, le jeune colonel Abdoulaye Maïga (41 ans). Il a traité de « Non Nigerien » l’actuel président du Niger (issu de la communauté arabe), à la tribune de l’ONU ce samedi 24 septembre 2022. Des propos aux relents xénophobes pour ne pas dire racistes à l’encontre d’une personne à cause de ses origines ethniques ou communautaires. Les supporters suprémacistes de Donald Trump ne diraient pas moins en théorie fumante et raciste sur la « non américanité » de Barack Obama. En diplomatie, on peut exprimer avec tact et respect ses différences de vue avec le dirigeant d’un autre pays surtout un voisin si proche tout en évitant une surenchère verbale de la sorte. Cet panafricanisme toxique des passions ne sert pas « grand chose » en matière de développement multidimensionnel dont nos pays ont besoin depuis toujours. Le langage véhément et excessif dit souverainiste qui rameute les masses « réseaux sociaux », ne peut doter un pays d’infrastructures dignes ni former et soigner les populations. Le colonel A Maïga qui vise le président Bazoum sous cet angle, peut heurter la sensibilité d’une partie de ses propres concitoyens (arabes maliens), est-il conscient de cette donnée ?

Dans nos pays, un certain panafricanisme toxique est porteur d’une idéologie marinée d’une xénophobie latente et d’un cache-misère intellectuel et technique. Un éveil social et politique sain se doit d’être constructif et ouvert par la force de l’intelligence et non par l’entretien perpétuel des ressentiments d’un passé chez les masses populaires. Le malien est grand voyageur, les diasporas maliennes sont partout, si un caucasien français dirait à son compatriote afro élu à #Montreuil (ville de la région parisienne) qu’il est étranger, cela ne plairait pas. Cette sortie du premier ministre par intérim du Mali est une insulte à la tradition idéologique de pères panafricanistes comme feu Kwame NKrumah du Ghana. L’invective populiste rassure les fiertés « perturbées » mais ne remplit pas l’estomac ni ne sécurise un territoire, à rappeler nécessairement !

✍️🏿KS pour le BLOG

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● Rencontre d’échanges entre le président Ibrahima Moctar Sarr et le député BDA.

« لقاء تبادل وجهات النظر حول الوضع السياسي في موريتانيا مصحوب بتكريم من طرف الرئيس إبراهبما مختار صار للنائب بيرام الداه اعبيد بإهدائه نسخة من كتابه الجديد:  » اللغات الوطنية و وسائل الإعلام السمعية البصرية ».

Rencontre d’échange et concertation sur les questions politiques de l’heure en Mauritanie, doublée de l’honneur fait par le président Ibrahima Mokhtar Sarr au député Biram Dah Abeid à qui il a dédicacé une copie de son ouvrage “ Langues Nationales Et Médias Audiovisuels”.
24/09/2022″

©️ Réseaux proches du député Biram Dah Abeid.

✓Militants d’IRA-Mauritanie arrêtés : Note de presse d’Armepes-France.

Nous apprenons l’arrestation de plusieurs activistes du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie et du parti RAG dans la journée du 21 septembre 2022 à Nouakchott. Interpellés et transférés dans la foulée à Kiffa (Région d’Assaba), le sort judiciaire en coulisses de ces militants est troublant. Dans une communication, le mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie dénonce un kidnapping et une atteinte caractérisée visant l’état de droit et l’engagement pacifique droit-de-lhommiste en Mauritanie.

Nous, Armepes-France, exprimons notre ferme solidarité à l’ONG IRA-MAURITANIE et ses militants interpellés. Nous demandons une urgente clarification pour l’opinion publique sur leur cas.
Notre appel à l’endroit de toute la mouvance droit-de-lhommiste pour une mobilisation contre un engrenage provocateur constaté ces derniers temps nous rappelant une autre période connue peu fameuse en matière de la défense des droits humains et des libertés publiques.

23 septembre 2022

Armepes-France et partenaires Ganbanaaxu Fedde Armepes

● Déclaration du Parti pour la Réforme et l’Action Globale en Mauritanie (RAG)

Le climat politique du pays s’est nettement dégradé depuis maintenant plusieurs mois.
Le contexte politique national est marqué par des dérives autoritaires du pouvoir de Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, sous la houlette de son éminence grise et ministre de l’intérieur Mohamd Ahmed Ould Mohamed Lemine; ce dernier n’hésite pas à recourir à des méthodes et pratiques iniques, provocatrices et peu loyales voire cyniques en vue d’éliminer les adversaires politiques (menaces de mort contre le député et Lauréat du Prix des Nations-Unies pour les Droits Humains 2013).

Donc, dans son viseur, le député Biram Dah Abeid, président de IRA dont la reconnaissance du parti politique, RAG (Réforme et Action Globale) se heurte à un niet incompréhensible et injustifié des faucons et suprematistes qui dominent le système.

A défaut d’une reconnaissance, synonyme d’un récépissé devant être délivré par le ministère de l’intérieur et de la décentralisation, les militants du parti RAG ne se découragent pas et ne tombent guère dans la lassitude.

Au contraire, le refus d’accorder une reconnaissance juridique et légale à cette formation politique, a été accueilli comme une injustice, et a fini par revigorer les militants et sympathisants du parti RAG sur tout le territoire national mauritanien : ils sont plus que jamais déterminés à participer aux échéances électorales de 2023.
Une détermination qu’ils ont exprimé massivement lors de la tournée du président Biram Dah Abeid récemment à l’intérieur du pays.

Depuis, cette mobilisation a inquiété les hautes officines du pouvoir, qui usent de tous les moyens déloyaux pour asphyxier le leader Abolitionniste et tous ses soutiens.

L’arrestation des militants du parti RAG:
Khamou Achour, Salma Abdoul DIA, Cheikh Vall, Hacen Moctar, Mohamed Aly, ce mercredi le 21 septembre 2022 à Nouakchott et leur transfèrement à Kiffa est le parachèvement des manoeuvres politiciennes des autorités dans le dessein d’inhiber la dynamique de gagner enclenchée par le parti RAG à l’orée de la présidentielle de 2024 et bloquer ainsi le seul couloir de l’alternance à laquelle aspirent les populations mauritaniennes gémissant sous le double poids de plus en plus insupportable d’une gouvernance bédouine, gangrenée par la corruption, le vol des biens publics, le recyclage de fausses compétences, et d’une « démocratie » tribale et de façade excluant par le népotisme et clientélisme les déshérités arabo-berberes et par les préjugés ethniques et les préférences de naissance et de castes les nombreuses populations d’ascendance servile du pays.

  1. Nous dénonçons avec énergie le caractère arbitraire de ces arrestations.
  2. Nous prenons pour témoin tous les partis politiques du pays de cet acharnement motivé par la volonté anti-démocratique des tenants du système contre les militants du parti RAG.
  3. Nous prenons,les autorités pour responsables du délitement du climat d’apaisement
  4. Nous rappelons à l’intention des autres formations politiques que ces manœuvres des autorités menacent la stabilité du pays, la transparence et la crédibilité du scrutin à venir.
  5. Nous exigeons la libération sans délai des militants du partis RAG, arrêtés arbitrairement ainsi que leur retour rapide au sein de leur famille à Nouakchott.

Nouakchott le 23 septembre 2022

Le comité de soutien aux détenus

● Mauritanie ~ « La loi d’orientation, Par-delà pour et contre » | Par Mouhamadou Sy


« Douter de tout ou tout croire, disait le mathématicien Henri Poincaré, ce sont deux solutions, également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir ». En dépit du contexte épistémologique dans lequel l’auteur avait formulé sa remarque, pour justement introduire son approche du rôle de l’hypothèse en science, il ne me semble pas relever de l’abus que de la convoquer dans un débat où « l’hypothèse » prend une valeur idéologique si profonde qu’elle s’en dépouille de sa nature optionnelle et prescriptive. Le questionnement des hypothèses, des présupposés idéologiques, a été en effet l’étape largement éludée, volontairement ou non, par bon nombre des contributions au débat ; ce qui a certainement causé son avortement surtout sur le terrain intellectuel.

La question de la politique linguistique est faite de plus de politique que de langue et de technique. Et souvent, la petite portion de technique qui y est contenue ne s’inscrit que dans une « linguistique politique », autrement dit dans une ‘science’ taillée sur mesure pour accompagner les décisions prises dans leurs aspects publicitaires auprès de l’opinion et leur mise en application sur le terrain.
Ainsi les théories justificatives et les interprétations devancent souvent les faits auxquels elles se rapportent, non pas pour les motiver et les introduire, encore moins pour inviter le peuple à s’y intéresser en toute lucidité, mais pour inoculer à ce dernier un message dont il ne lui revient plus de comprendre le contenu. Dans un contexte comme celui-ci, le débat intellectuel a le rôle impérieux de déjouer la propagande en déchirant le voile et mettant à nu le fait brut qu’il enveloppe, le seul élément auquel la pensée doit se soumettre et sur lequel toute décision avisée est tenue de se fonder. Mais le rôle du débat intellectuel ne s’arrête pas à l’exhumation et à l’analyse des données factuelles noyées au fond de la présentation officielle, on attend de lui d’être le lieu où s’opère une reconstitution du contexte, souvent tu ou trahi par la présentation qui en est faite, afin de réinscrire ces données dans les bases idéologiques, politiques, historiques qui les sous-tendent. Le contexte fait en effet partie du fait qui s’y place et ne pas l’intégrer est une façon comme une autre de dénaturer le fait. La convocation de telles bases jette certes une lumière sur les endroits obscurs d’un projet qui touche le cœur de la société. Toutefois, s’en suffire ne mènerait pas plus aux objectifs du débat que s’arrêter à mi-chemin d’un voyage mènerait à la destination visée. Le débat intellectuel est fondamentalement l’espace où ces bases elles-mêmes doivent être considérées comme objets de la discussion au même titre que les produits qu’elles dégagent, loin de leur statut admis de principes immuables et limitants invoqués à tout bout de champ à la rescousse d’une position en péril. Dans un tel refus systématique d’interroger les fondements idéologiques des positions défendues, le débat ne jouera guère son rôle de contrecarrer la propagande ; au contraire, il ne fera qu’occuper une parcelle à l’intérieur même de la propagande dont il ne diffère plus en nature.

La question que pose la loi d’orientation du système éducatif, mise dans le contexte général du pays, engage au moins trois éléments à débattre : le rôle de la loi, l’orientation de la nation et le projet de société mis en promotion. Vouloir restreindre cette loi d’orientation à une simple question de loi sur l’apprentissage c’est lui ôter sa substance et, accessoirement, éclipser tous les aspects de la vie nationale dans lesquels l’école agit, en réduisant cette dernière à un simple endroit d’acquisition de ‘savoirs’ qu’il faut réformer au vu de ses mauvais résultats. L’école est, et a toujours été, plus que cela. Et je le note sans aucun jugement de valeur. A-t-on jamais appris à l’école, avec l’objectivité due, les préceptes d’une idéologie contraire à celle défendue par l’État ? A-t-on simplement jamais appris à l’école, avec objectivité critique, l’idéologie que défend l’État ? L’apprentissage de celle-ci est toujours fait dans l’optique d’y faire adhérer les apprenants en usant de tous les moyens structurels mis à disposition. L’école est plus qu’un lieu d’acquisition de savoirs en étant aussi un lieu de tri de ces savoirs et d’orientations des contenus. Qu’elle soit mauritanienne, française ou béninoise, l’école est ainsi un haut lieu idéologique ayant pour livres saints ses manuels délimités par l’idéologie de l’État qui les a conçus, et véhiculant les dispositions d’un ordre sous le contrôle d’un clergé répondant au nom de ministère de l’éducation. L’on me dira que cette description est exagérée. Mais l’est-elle davantage que celle présentant l’école comme un innocent lieu de transmission de savoir ? En notant cet aspect, loin de discréditer cet organe essentiel de la vie en société et de lui refuser la reconnaissance de son rôle, nous ne faisons que refuser de soumettre notre description au bon vouloir de son image promue. Si nous voulons toucher du doigt notre sujet, nous devons accepter de nous départir de l’usage automatique des termes et descriptifs usés dans l’étiquetage publicitaire de ses éléments constitutifs en nous intéressant aux éléments eux-mêmes. Et il nous incombe alors de dire l’école telle qu’elle fonctionne et non telle que nous aimerions qu’elle soit ou que d’autres voudraient qu’on la voie. Il en vaut autant pour les autres éléments de notre dossier.

Dès son introduction, la loi, du moins le projet de loi, présente ses buts sociaux (comme l’égalité des chances, l’équité, la cohésion), ses buts identitaires-nationaux (on peut y lire « l’amour de la patrie », « respect des symboles » etc…) et ses buts civiques. Cela fixe les grandes lignes du projet de société que la loi dit vouloir concrétiser derrière l’idée de la réforme. Elle reviendra ensuite décliner, dans les titres et les chapitres qui suivront, son approche et les détails du modèle qui sera mis en œuvre afin d’atteindre les objectifs fixés. Ainsi, après la déclinaison du projet de société envisagé, le modèle à mettre en place sera la deuxième composante majeure de la loi. Quand la note de présentation du projet de loi, publiée plus tôt, parlait de la nécessité de combler l’absence d’un cadre juridique organisateur du système éducatif dans le même texte que celui mentionnant l’usage prévu des langues nationales, on était déjà au cœur de la question de la « politique linguistique ». Cette dernière occupe le chapitre II du Titre V du projet de loi et constitue, comme le témoignent les évènements qui continuent de jalonner ce processus législatif, le cœur du modèle proposé. Avant même de proposer une présentation de l’article phare de cette loi, à savoir le fameux article 65, il convient ici de remarquer l’incroyable maladresse, pour ne pas dire sabotage, consistant à vouloir solder cette éminente question de la politique linguistique dont la portée va au-delà du système éducatif, malgré l’important lien qu’elle entretient avec ce dernier, dans un cadre purement scolaire. Cela peut en effet nous faire penser à d’autres aspect de la question nationale (la loi d’amnistie en fait partie, d’autres faits relatifs au même dossier…) qui ne cessent d’être abordés dans des cadres inappropriés qui ne peuvent à l’évidence pas les contenir. L’expérience a montré que cela ne participe qu’à complexifier le problème mais jamais à le résoudre. Vouloir dissoudre la question linguistique dans une loi comme celle-là semble, hélas, être un nouveau cas de traitement inapproprié d’une problématique majeure en cela que la place des langues dans les autres secteurs de la vie nationale ne peut y être abordée et assurée. Or cette place, en tant que source de débouchés et comme marqueur concret de la politique linguistique, peut même conditionner le déroulement du modèle proposé. Si apprendre en soninké ne donne pas de débouchés ou ne produit que des « analphabètes » de la langue utilisée dans le secteur administratif, alors il sera prévisible que ce choix de langue ne sera qu’éphémère et qu’au bout de la pulsion identitaire légitime, les parents soninkés finiront par guider leurs enfants dans la langue qui rapporte, de la même façon qu’on fait tous les jours des choix guidés par l’intérêt économique et social au détriment d’un principe culturel et identitaire. Cela vaut évidemment pour le pulaar et le wolof. C’est pourquoi certains observateurs ont vu avec justesse que cet aspect de la loi n’a aucun sens sans l’officialisation de ces langues, sauf si la loi cherche à torpiller la question linguistique et l’officialisation avec, en mettant en équation sa part éducationnelle avec un vide complet au niveau de ses perspectives dans les structures économiques, administratives, politiques et in fine sociales. Il n’est rien de tel que cette démarche pour inspirer un rejet populaire du projet au cours de son déroulement. Par conséquent, avant même d’entrer dans le contenu de cet article, nous nous confrontons à un sérieux problème de cadre qui pose plus de questions qu’il n’en donne de réponses. En effet, à partir de ce problème, nous nous devons de nous demander quel est le type de modèle que cette loi nous propose. Car, même si on peut tout écrire et prétendre à tout comme buts escomptés, seul le modèle utilisé nous dira ses capacités réelles et vers quelle société il nous dirige. Il est donc question de savoir si nous sommes en face d’un modèle de transition vers l’usage généralisé de la langue dominante ou s’il contient une capacité palpable d’un développement multilingue. Car l’un et l’autre de ces modèles utilisent bien la diversité linguistique ; seulement le premier le fait en ayant le passage à la langue dominante pour but, et le second le fait en ayant les langues utilisées comme finalité. Cette catégorisation de modèles, mise en perspective avec l’absence d’officialisation et en particulier de débouchés clairs des langues pulaar, soninké et wolof, nous fait d’emblée nous attendre à un modèle de transition dont la mise en place ne requiert en effet aucun changement dans le statut constitutionnel des langues. Le statut courant suffisant à supporter le rôle accessoire qu’elles joueraient dans le système éducatif en vue. Donc, avec ces premières données, il est légitime de s’attendre à ce qu’il s’agisse d’un modèle de transition jusqu’à la preuve du contraire que fournira peut-être le contenu des articles. La question se simplifie donc : elle reste de savoir si les contenus de l’article 65 et de l’annexe qui s’y rapporte ont la capacité de contredire l’idée d’un modèle de transition suggérée par les données extérieures qui conditionnent sa mise en place.
De son côté, l’article 65 énonce explicitement des propositions contradictoires quand elles ne sont pas si superflues qu’elles suscitent de la suspicion à son encontre. Ces caractéristiques ont été discutées en long et en large par différents observateurs. Mais citons ses passages en guise de complétude. Comparons d’abord le contenu des trois propositions suivantes qui se suivent telles quelles dans l’article 65:

Prop. 1.« Pour offrir l’accès le plus facile, le plus efficace et le plus équitable au savoir, chaque enfant mauritanien sera enseigné dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. »

Prop. 2.« L’enseignement est dispensé en langue arabe à tous les niveaux d’éducation et de formation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés. »

Prop. 3.« Les langues nationales Poular, Soninké et Wolof sont introduites, promues et développées à tous les niveaux d’éducation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés d’éducation et de formation, à la fois comme langues de communication et comme langues d’enseignement ; selon la langue maternelle et la demande exprimée pour chacune de ces langues. »

Pour peu qu’on soit soucieux de la logique des choses, comment peut-on assurer l’enseignement de tout enfant mauritanien dans sa langue (Prop. 1) et assurer en même le même enseignement en arabe (Prop. 2) ? Le manque de clarté ici entraîne une contradiction. La Prop. 3 ne se veut pas claire non plus car les modalités de cette introduction ne sont pas définies. Dans son régime maximum, elle entre en contradiction avec Prop. 2. Il y a toutefois une façon de résoudre la contradiction entre Prop 1 et Prop 2 si le mot « enfant » dans Prop 1 s’accompagne d’une limitation d’âge correspondant à la sortie du primaire, et si on fait appel à la suite de la loi qu’on verra comme une atténuation de la Prop 2 :

Prop 4. « Au niveau du primaire, chaque enfant mauritanien effectue l’apprentissage des disciplines scientifiques dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. »

Donc ces passages de la loi sont plein de contradictions. Mais si on suit la résolution proposée, on voit des langues pulaar, soninké et wolof dont la considération est mieux affirmée au primaire qu’aux autres niveaux. Ce qui suggère encore une fois un modèle de transition.

Mais ce dernier passage le fait de façon encore plus claire :

Prop 5. « Tout enfant de langue maternelle arabe doit apprendre au moins l’une des trois langues nationales (Poular, Soninké et wolof). Le choix de cette langue est guidé par le contexte sociodémographique régional. L’arabe est enseigné à tous les enfants dont elle n’est pas la langue maternelle comme langue de communication et comme langue d’enseignement.»

Le bilan de cet article fondamental est que non seulement il n’a pas pu contredire l’hypothèse d’un modèle de transition, mais il participe même à l’étayer en optant pour une asymétrie dans le traitement entre l’arabe et les autres langues. Ce bilan est consolidé par les dispositions de l’annexe qui conditionne l’introduction généralisée des langues à un test dont les termes ne sont pas définis.

Maintenant si on est embarqué dans un modèle de transition, que pouvons-nous espérer ? Autrement dit, que reste-t-il des buts sociaux louables avancés dans l’introduction de la loi ? Tout d’abord, il se passe de discussion que toutes les communautés nationales ne sont pas à égale distance par rapport à l’arabe. Les locuteurs de la langue hassaniya, un dialecte de l’arabe, sont de loin les plus proches de cette langue que leurs compatriotes locuteurs du pulaar, soninke ou wolof. Un système dont le souci est de transiter ces derniers, par le biais des dispositions du modèle dessiné, vers l’utilisation pleine de l’arabe instaure d’emblée une inégalité dans les conditions d’apprentissage. Or peut-on atteindre une égalité des chances à partir d’une inégalité des conditions ? Cette première injustice est intercommunautaire. L’égalité des chances restera un mythe au moment où la communauté hassaniya est mise dans des conditions linguistiques de réussite meilleures que celles des autres communautés. Par ailleurs, à l’intérieur de chaque communauté, une autre forme d’inégalité des chances, de nature économique mais impliquée par la condition linguistique, subsistera dans la mesure où les communautés pulaar, soninke et wolof resteront face à une langue aussi étrangère que toute autre, érigée en passage obligée pour une réussite scolaire. Donc ce seront encore les classes les plus aisées qui auront globalement plus de chances que les autres dans la mesure où elles auront un moyen accessible d’action contre les barrières linguistiques en payant un service privé. Le même phénomène pourrait être observé, à moindre degré, dans la communauté hassaniya quant à l’adaptation à l’arabe classique (mais il est très probable qu’on décide d’en rester à la version du hassaniya par le principe bien connu du moindre effort). Donc les buts sociaux sont doublement un leurre pour les communautés pulaar, soninke et wolof.
Mais alors qu’en est-il du but national ? Qu’adviendra-t-il de l’identité nationale aussi fermement défendue mais si peu définie dans les termes de la loi ? Si la définition de l’identité nationale est à la charge de l’école, la nôtre de par le modèle choisi, produit l’arabe ou l’arabisé. Faire entrer des petits soninké, wolof et pulaar, et ressortir des arabisés fait incontestablement de notre école une machine d’assimilation comme l’école française l’a été pour les petits bretons, basques, alsaciens et leurs autres camarades d’autres régions. Il n’aura fallu qu’à peine un siècle après les lois Ferry sur la généralisation de l’école pour changer de fond en comble le paysage sociolinguistique français. Les jacobinistes mauritaniens expliquent les éléments asymétriques dans la politique linguistique déclinée dans la loi, et qu’on a vu sont de nature à inscrire le système dans un modèle de transition, par une prétendue majorité de l’arabe. Une majorité qu’aucune statistique ethnique actuelle ne soutient. Ce qui fait que la communauté qui en est bénéficiaire est jusque-là plus majorée que majoritaire. Mais quand bien même il y aurait une majorité arabe ou pulaar ou autre en Mauritanie, nous serions bien d’accord que cet état de majorité serait valable à un instant précis de l’histoire. L’évolution démographique peut en faire ce qu’elle voudra dans le futur. L’idée de la figer au profit des uns et au détriment des autres en faisant fi de l’expression libre du devenir démographique des uns et des autres n’est donc pas objective. Elle le serait si elle soutenait par exemple que « la langue de l’État est la langue majoritaire ». Un tel principe pourrait volontiers être nommé « unilinguisme ouvert » par opposition à « l’unilinguisme fermé » consistant à nommer et entériner la langue majoritaire à l’instant t. Ainsi, dans un unilinguisme ouvert, si aujourd’hui c’est le wolof la langue majoritaire, alors le wolof sera pris. Quand cela changera dans trente ans au profit du soninké, cette langue serait l’heureuse élue en ce moment-là. S’il s’agissait d’un unilinguisme fermé, comme c’est le cas aujourd’hui en Mauritanie, on inscrirait dans la constitution que « wolof est la langue de l’État » en se basant sur le nombre majoritaire de ses locuteurs d’aujourd’hui tout en n’envisageant pas de le changer si la situation se renversait au profit du soninké ; ce qui serait refuser un droit au soninké pour les mêmes raisons qu’on l’avait accordé au wolof. Voilà la contradiction fondamentale de l’unilinguisme fermé et son injustice intrinsèque. La seule façon de résoudre ce problème tout en restant à l’intérieur du cadre de l’unilinguisme fermé est de plonger davantage dans l’injustice et d’assurer à la langue élue la persistance de sa position de majoritaire en usant de tous les moyens de l’État pour arriver à cette fin. Certains pays ont appliqué une telle politique ; ainsi, les langues régionales françaises sont mortes ou en agonie. D’autres pays comme la Suisse arrivent, en optant pour un multilinguisme décomplexé, à préserver ses langues, en particulier le romanche dont la survie ne serait pas possible autrement. L’unilinguisme ouvert ainsi défini, est exempt de l’injustice `interlingue’ constitutionnel. Car il propose un droit qu’en théorie toute langue peut atteindre quand elle est dans les conditions. Mais il pose deux problèmes. Premièrement, l’évolution démographique peut mener à une situation où aucune langue n’est majoritaire : il atteindrait alors ses limites et devrait improviser ou le système serait clôturé. Le deuxième problème est qu’en réalité il n’est juste qu’entre les langues, mais qu’à l’intérieur de chaque cycle les locuteurs des langues minoritaires subiront une injustice sociale ; et celle-là n’est pas justifiable par une expression du type « Tenez bon et faites des bébés, ça pourrait être le tour des autres dans un siècle ». Cela dit, dans un unilinguisme fermé, celui qu’on vit, peu importe le nombre de bébés que le camp des ‘minorités’ ferait, la constitution dit que ça sera toujours leur tour de souffrir ! Dans ce sens, l’unilinguisme ouvert reste, malgré ses problèmes de structure et son injustice sociale cyclique, meilleur que l’unilinguisme fermé. Par conséquent, seul le multilinguisme reste un une option viable. Ainsi, l’on peut dire qu’un projet de société soucieux de l’égalité des conditions et, par voie de conséquence, celle des chances, passe par le choix du multilinguisme. C’est ce dernier qui est également le garant d’une identité nationale diverse. Si l’on veut libérer les buts sociaux que la loi affiche des pièges du choix idéologique jacobin ambiant et en faire, peut-être un jour, des réalités pleines, une étape impérieuse nous incombe ; celle de l’officialisation des langues pulaar, soninke et wolof, seule garante de la réussite de tout projet éducationnel les concernant.

Mouhamadou Sy
Le 21 Septembre 2022