● Présentation du Centre Socioéducatif et Culturel de l’ADVEM

Le Centre Socioéducatif et Culturel de l’ADVEM est une structure communautaire créée par l’Association pour la Défense de la Voix des Enfants en Mauritanie (ADVEM), dans le but de répondre aux besoins croissants d’encadrement, de formation, d’écoute et d’accompagnement des enfants, des jeunes et des familles dans les quartiers vulnérables, en particulier dans la commune de Riyad à Nouakchott.

Dans un contexte où les défis liés à l’éducation, à la pauvreté, à la marginalisation, au décrochage scolaire, à la violence et au manque d’espaces sûrs pour les jeunes sont omniprésents, le centre se positionne comme une réponse concrète, humaine et durable. Il constitue un véritable lieu d’accueil, d’espoir et de résilience pour celles et ceux qui sont souvent laissés pour compte par les structures publiques classiques.

Notre vision :
Construire une société où chaque enfant et chaque jeune a la possibilité de s’épanouir, d’accéder à ses droits fondamentaux, de développer son potentiel et de contribuer activement au développement social, éducatif et culturel de sa communauté.

Notre mission :
Offrir un espace ouvert, inclusif et dynamique qui favorise l’éducation, la culture, la formation, la participation citoyenne et l’autonomisation à travers des activités concrètes, participatives et adaptées aux réalités locales.

Axes d’intervention :

1. Éducation et accompagnement scolaire :

Cours de soutien pour les élèves en difficulté scolaire.

Alphabétisation pour les enfants non scolarisés et les femmes.

Sensibilisation à l’importance de la scolarisation, en particulier des filles.

Mise à disposition d’une bibliothèque communautaire.

2. Culture, loisirs et créativité :

Ateliers artistiques : théâtre, chant, peinture, écriture, danse traditionnelle.

Organisation de spectacles, de festivals et d’expositions pour valoriser les talents locaux.

Activités sportives encadrées pour renforcer l’esprit d’équipe et la discipline.

3. Développement personnel et citoyenneté :

Formations en leadership, prise de parole en public, développement de l’estime de soi.

Clubs de jeunes pour la promotion des droits de l’enfant, la culture de la paix et la citoyenneté active.

Espaces de dialogue intergénérationnel et de médiation sociale.

4. Appui aux femmes et aux familles :

Sessions de formation professionnelle (couture, artisanat, cuisine, gestion).

Accompagnement psychosocial des femmes victimes de violences.

Sensibilisation sur la santé maternelle, l’hygiène, les droits des femmes et la parentalité positive.

5. Plaidoyer et partenariats :

Actions de plaidoyer pour une meilleure prise en compte des droits des enfants et des jeunes dans les politiques publiques.

Collaboration avec les écoles, les ONG, les institutions étatiques et les partenaires techniques et financiers.

Implication des jeunes dans les processus décisionnels les concernant

Nos valeurs :

Solidarité : Nous croyons en la force du collectif et de l’entraide.

Équité : Chaque enfant, chaque femme, chaque jeune mérite les mêmes chances.

Respect : Des cultures, des personnes, des diversités.

Engagement : Nous travaillons avec passion pour des résultats concrets.

Participation : Les bénéficiaires sont au cœur de nos actions et décisions.

Impact et rayonnement :
Depuis sa création, le Centre a accueilli des centaines d’enfants et de jeunes, organisé de nombreuses activités éducatives, culturelles et sociales, et formé plusieurs dizaines de femmes. Il a permis à de nombreux enfants de renouer avec la scolarité, à des jeunes de découvrir et développer leurs talents, et à des familles de se reconstruire dans la dignité.

Le Centre Socioéducatif et Culturel de l’ADVEM est bien plus qu’un simple lieu d’activités : c’est un foyer d’espoir, une fabrique de talents, un moteur de changement. Il incarne la vision d’une Mauritanie inclusive, solidaire et respectueuse des droits humains.



#ADVEM
#CENTRESOCIOÉDUCATIFETCULTUREL

● La Mauritanie ouvre la porte aux ressortissants sénégalais pour une résidence d’un an renouvelable

Sahara Médias – Les autorités mauritaniennes ont ouvert la porte aux ressortissants sénégalais pour enregistrer leur résidence pour une période d’un an renouvelable à partir de lundi prochain, a rapporté un correspondant de Sahara Media dans la ville de Rosso.

L’enregistrement de la résidence se fera par le biais d’un nouveau système biométrique, dans le but d’authentifier les déclarants par leurs empreintes digitales. L’ancien système en Mauritanie donnait aux Sénégalais une carte d’accès de trois mois, renouvelable.

Cette mesure intervient dans un contexte d’escalade de la question migratoire en Mauritanie, où les autorités procèdent à l’expulsion des migrants en situation irrégulière.

La Mauritanie et le Sénégal ont convenu de travailler à la libre circulation des personnes et de faciliter les conditions de résidence et de stabilité des citoyens des deux pays.

Cet accord a été conclu en marge de la visite du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko à Nouakchott à la mi-janvier.

Les deux parties ont convenu de mettre en place un cadre opérationnel pour faire face aux défis sécuritaires communs aux deux pays, notamment dans les domaines de la lutte contre la migration irrégulière et la criminalité organisée transfrontalière.

A cet égard, la partie mauritanienne soumettra, dans les meilleurs délais, un projet d’accord sur la migration à la partie sénégalaise.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=782987

● Le Grand Entretien du BLOG | Avec la médecin généraliste Mme TRAORE Diamberé Barré.

~~~La rubrique Grand Entretien du BLOG vous propose l’interview accordée par la médecin généraliste Mme TRAORE Diamberé Coumba. Communément appelée Diamberé Barré dont le père (Barré TRAORE), originaire de Dafort (notre cousin et généreux hôte à Nouakchott) a été un responsable de la célèbre boutique d’Optique « Nouakchott Optique » dans le quartier de BMD. Formée à la médecine au Sénégal (UCAD), elle est une figure féminine ayant fait preuve d’une notable détermination dans son parcours d’étudiante menant à un haut accomplissement universitaire en devenant Docteure en Médecine.

À notre questionnaire d’interview soumis le 13 mars 2025, elle a gentiment honoré notre sollicitation en répondant succinctement nos 4 questions ci-après :

● Question 1 : Bonjour Dr Traoré Diamberé Coumba, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter sommairement à nos lecteurs ? (Parcours scolaire, académique et professionnel)

Diamberé TRAORE : Bonjour, je suis très honorée de participer à cette rubrique questions/réponses.
Tout d’abord, je me présente. Je m’appelle Diamberé Coumba TRAORE. Je suis soninké, née d’un père mauritanien et d’une mère sénégalaise.
Je suis née et grandis à Nouakchott. J’ai fait mon école primaire à la capitale 7, ensuite j’ai fait le collège et le lycée de jeunes filles de Nouakchott avant d’aller à la fac de Dakar, pour faire mon cursus de médecine à l’UCAD. Actuellement je suis médecin généraliste au centre hospitalier des spécialités de Nouakchott.

● Question 2 : vous avez fait preuve d’une patience louable et d’une grande détermination pour décrocher un diplôme de médecin généraliste, quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes étudiant.e.s dans leurs projets ?

DT : Mon conseil serait le même que j’ai donné à ma petite sœur lors de l’obtention de son baccalauréat.
Pour prétendre à l’excellence, il faut être capable de faire des sacrifices. Je dirais en trois mots : « passion, endurance et sacrifices ».
Quelle que soit la profession que vous voudriez exercer plus tard, vous devriez l’aimer avant tout. Prenez le temps de bien réfléchir à la filière que vous allez choisir.
Faites vos investigations, approchez les aînés et n’hésitez surtout pas à vous faire parrainer. C’est des choses qui vont vous aider à comprendre comment travailler, comment réussir vos examens etc.
De mon expérience personnelle, la médecine est une passion, une vocation, c’est depuis toute petite que j’ai voulu devenir médecin, c’était un rêve d’enfant.
Le cursus universitaire est diffèrent du lycée, car il y’a beaucoup plus de cours, les examens sont plus stressants et la plus part du temps vous êtes  livrés à vous-même, c’est trop de pressions pour les étudiants.
La question du logement pour ceux qui ont quitté leur ville ou leur pays, néanmoins, vous allez réussir inchallah avec plus de concentration, le travail acharné et la persévérance.
Je conseille aussi de trouver des loisirs tels que, le sport, la musique, la lecture etc, qui vont vous aider à échapper quand vous êtes trop stressés, c’est important.

● Question 3 : le 8 mars correspond annuellement à la Journée internationale des droits des femmes, quel commentaire faites-vous à propos de cet événement et ses objectifs dans notre pays ?

DT : La journée internationale de la femme est une occasion pour promouvoir et sensibiliser la population  (les soninkés en particulier) sur l’importance de l’éducation des jeunes filles. Les femmes sont les leaders de la communauté, car sans elles, on ne peut pas parler du développement.
Je dirais dans notre communauté, le droit de la femme commencerait par son droit à l’éducation. On a tendance à marier filles très jeunes à l’âge de 13-14 ans, alors que si on leur donne la chance de faire des études supérieures, ça sera un plus pour elles et dans leurs futur foyers, elles seront plus autonomes.
J’aimerais voir plus de femmes avocates, ingénieures, médecins, entrepreneuses etc.
On est en 2025, les mentalités doivent changer.
Sans oublier la lutte contre la violence faite aux femmes (pas que les féminicide).
Toute forme de violence, verbale, physique etc.
Tirer la sonnette d’alarme sur la violence domestique (celles qui sont battues par leurs propres conjoints). Nous voulons plus voir des femmes battues à mort par leurs maris, ça doit cesser.

● Question 4 : le phénomène migratoire est une problématique (notamment les départs massifs et périlleux via des embarcations vers l’Europe) qui touche particulièrement la communauté soninké, avez-vous quelques pistes de réflexion à l’endroit de la population concernée et des décideurs étatiques ?

DT : Le phénomène migratoire clandestin :
C’est une tragédie, tous ces jeunes gens qui disparaissent en mer dans l’espoir d’avoir une vie meilleure en Europe. Je tiens à présenter mes sincères condoléances à toutes les familles endeuillées.
Je pense que plusieurs facteurs doivent être pris en compte, si nous voulons lutter efficacement contre l’immigration clandestine :
Premièrement, le facteur environnemental, en général les jeunes migrants viennent des zones rurales (où la population locale vit grâce à l’agriculture et de l’élevage) du moins la majeure partie.
Ses dernières années, cette population est la plus touchée par le changement climatique : la saison des pluies qui diminue donnant naissance à la sècheresse ou parfois des inondations, ont impacté les récoltes et le bétail qui étaient à la base, leurs seules sources de revenus.
De ce fait, la plus part des villageois ont vu leurs vies basculées du jour au lendemain.
Ces évènements ont entrainé une véritable exode rural, mais aussi les conflits, la guerre, Alhamdoulilah tel n’est pas le cas de la Mauritanie mais d’autres pays de la sous-région sont touchés.
Tout ceci poussant les jeunes à l’immigration clandestine, et parfois ils sont victime de racisme, de maltraitance quand ils arrivent dans les grandes villes pour y gagner leur vie.
À mon avis des campagnes de sensibilisation sur les dangers de l’immigration clandestine doivent être organisées avec les responsables communautaires tels que les Imames, chefs de village etc.
Le gouvernement doit promouvoir l’agriculture et l’élevage en soutenant pas que financièrement sa population mais aussi organiser des ateliers sur l’agriculture et l’élevage, développer l’entreprenariat chez les jeunes.
C’est un schéma qui peut nous mener vers l’autosuffisance alimentaire.

Réalisé par KS pour le BLOG

● Biram présente ses excuses au PM et appelle à une journée de prière générale, en déclarant : « La Mauritanie, noirs et blancs, m’a épuisé. »

Taqadoumy — Le député et président de l’IRA, Biram Dah Abeid, a présenté officiellement ses excuses au Premier ministre Mokhtar Ould Djay pour une déclaration faite par le député Ghamou Achour, qualifiant l’incident d’insulte inappropriée. Il a déclaré : « Je présente mes plus sincères excuses au Premier ministre Mokhtar Ould Djay, à sa famille immédiate, à ses enfants, à ses partisans et à ses proches. »

Biram a vivement critiqué les juges et les officiers de police judiciaire, affirmant qu’ils « ne se soucient pas de l’honneur des citoyens, et se soucient seulement que personne ne dise du mal du Président ».

Il a appelé à l’unification des libertés, à l’instauration de l’égalité et à la fin de la sélectivité dans l’application de la justice. Il a ajouté : « Je demande à ce régime d’avoir pitié du peuple et de permettre à chacun de concourir pacifiquement sous un système judiciaire équitable.

Sur un ton humain, Biram a déclaré : « La Mauritanie m’a fatigué et écœuré, m’a rendu malade. Noirs, comme blancs, je vous pardonne à tous. » Il a indiqué qu’il lui arrive de « se mettre en colère », mais il croit en la nécessité de l’unité et de l’esprit de tolérance.

Il a conclu en appelant à une « journée universelle sur la place Ibn Abbas », réunissant tous les Mauritaniens sans exception, avec la présence d’oulémas « qui n’ont jamais participé à des conflits et sont inconnus » afin de prier pour la nation et son unité, dans une démarche symbolique qui, a-t-il dit, favoriserait la réconciliation nationale et remettrait les pendules à l’heure.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=782904

● Biram Dah Abeid honoré à l’occasion de la Journée de l’Égalité Universelle

Communiqué de presse, 16 avril 2025

Le 12 avril 2025, à l’occasion de la Journée de l’Égalité Universelle, Biram Dah Abeid a été honoré en qualité d’acteur majeur du changement, par Ambedkar International Mission et le Forum Mondial des Communautés Discriminées sur la Base de l’Ascendance et du Travail (GFoD–CDWD). La distinction a été décernée à l’initiative du GFoD, en présence de Monsieur Paul Divakar Namala, militant indien de renommée mondiale et coordinateur international des actions pour l’égalité des droits des CDWD.

La Journée de l’Égalité Universelle, célébrée chaque année le 14 avril, marque la naissance du Dr B.R. Ambedkar (1891–1956), principal rédacteur de la Constitution de l’Inde et figure emblématique de la lutte contre les discriminations fondées sur la caste. Au travers de l’évènement, les organisations partenaires œuvrent à la promotion de l’égalité, de la justice sociale et de la dignité humaine.

La longue liste de reconnaissances emblématiques du combat mené par Biram Dah Abeid sur la voie de l’universalisme et de la non-violence témoigne d’une notoriété fortement ancrée dans l’éthique :

Prix des droits de l’homme de la Fondation James Lawson (2019)

Prix du Courage Civil de la Train Foundation (2016)

Prix des Nations Unies pour les droits de l’homme (2013)

Prix Front Line Defenders pour les défenseurs des droits humains (2013)

Prix Anti-Slavery International (2008)

En 2017, Biram Dah Abeid figurait parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde selon Time Magazine.

Il sera sélectionné, à plusieurs reprises, au Prix Nobel de la Paix, en hommage à sa lutte de promotion de la dignité humbles en Mauritanie. Sa proposition comme candidat au prix Zakharov pour la liberté de l’esprit a été contrariée, à cause de l’acharnement du gouvernement mauritanien. La presse et les lanceurs d’alerte ont révélé, en décembre 2022, les dessous de cette fameuse affaire de corruption au Parlement européen que la police et la justice belges mettront des mois à démêler.

La cérémonie du 12 avril réunissait des intervenants et des participants venus de nombreux pays et continents, notamment la Gambie, la Mauritanie, le Cameroun, le Niger, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya, la Lituanie, la Tanzanie, la Somalie, la Polynésie, l’Inde, le Pakistan, la Roumanie, le Soudan du Sud…

• Lien média https://www.ira-mauritanie.org/2025/04/biram-dah-abeid-honore-a-loccasion-de-la-journee-de-legalite-universelle/?fbclid=IwY2xjawJtIIVleHRuA2FlbQIxMQABHlJHAdWdFI7JO1DTiuy3-ZLKjUnLbTQjfoJQSV4kCx4-9wxHV5RsLCOpehmP_aem_yJjDMvN6lOogpbEgAI6URw

● Ce qui s’est passé à Sélibaby…le jour où l’humanité s’est tue. | Par M. Souleymane Sidibé

Il est des scènes si violentes qu’elles suspendent le temps. Non pas le temps des horloges, mais celui, plus profond, de l’humain. Face à elles, les mots viennent lentement. Il faut du courage pour en parler. Une forme de dignité aussi.

Le 7 avril 2025, à Sélibaby, en Mauritanie, un homme a été exhumé, traîné, insulté, lapidé. Ce n’était plus un vivant. C’était un mort. Et même la mort, ici, ne protège plus.

Il ne s’agit pas d’un simple débordement. C’est un effondrement moral. Ce jour-là, quelque chose d’irréversible s’est produit : la dignité humaine a été écrasée sous les yeux de tous.

Le savant Cheikh Anta Diop disait : « La barbarie n’est pas le monopole d’un seul peuple. » Il avait raison. Ce que nous avons vu à Sélibaby n’est pas un fait divers, mais le symptôme d’un mal plus profond : une société rongée par la haine, la hiérarchie sociale, l’humiliation ordinaire.

Quand une société perd le respect de ses morts, elle perd tout : sa mémoire, sa dignité, sa part d’humanité. Ce n’est pas seulement un cadavre que l’on a traîné. C’est une civilisation que l’on a humiliée.

Hannah Arendt parlait de « la banalité du mal » : cette horreur née de l’obéissance, de l’indifférence. C’est cela, le plus effrayant : notre capacité à faire le mal sans même en avoir conscience.

Le sacré n’a plus de place. La honte ne freine plus. La douleur de l’autre n’émeut plus. Nous avons cessé de ressentir. De résister. C’est une guerre déclarée contre l’humain lui-même.

Ce drame doit nous pousser à interroger l’État. Ce qui s’est passé à Sélibaby va laisser une blessure collective, un sentiment d’abandon irréversible.

Le maire de la ville, Oumar Hammady dit Ama Ba, était incapable de faire quoi que ce soit face à une foule déchaînée. La force publique, pourtant présente, n’a pas bougé. Où est le droit quand ceux qui doivent le faire respecter détournent le regard ?

Ubi societas, ibi jus — là où il y a société, il doit y avoir du droit. Sinon, nous sommes livrés à la loi du plus fort. Le juriste Sadio Dapha posait la question suivante: « Les auteurs iront-ils en prison pour profanation de tombe, mutilation de cadavre ? » Quelle justice pourrait encore réparer cela ?

Les vidéos de cette profanation ne sont plus des alertes. Ce sont des preuves. Les archives d’un désastre moral. On ne les regarde plus pour comprendre, juste pour s’indigner… Et puis oublier ?

« L’enfer, c’est les autres. » Mais parfois, l’enfer, c’est nous. Ce que nous tolérons. Ce que nous taisons. Ce que nous laissons faire.

Sous la pression, les autorités ont lancé une enquête. Des responsables régionaux ont été suspendus. C’est un début. Mais cela suffit-il à réparer l’irréparable ?

Nous devons savoir que la barbarie n’est pas un accident. Cette barbarie-là, surtout, est un choix de société. Et aujourd’hui, des barbares vivent parmi nous. Ils parlent nos langues. Marchent dans nos rues. Mais ils n’ont plus rien d’humain.

Il y a des gens sans cœur, sans âme. Des êtres qu’on ne peut plus nommer. Et c’est peut-être là, le drame ultime.

𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐒𝐢𝐝𝐢𝐛𝐞́

● Mauritanie | Un après-midi très spécial pour moi : Une rencontre inspirante avec le doyen Mohamed Yahya Ould Ciré

Un savoir sûr est surtout une affaire d’information vraie et sourcée. J’ai eu l’honneur d’une rencontre auprès d’un éminent intellectuel tenant lieu d’une fructueuse source-ressource, en la personne de l’ancien diplomate mauritanien, Docteur Mohamed Yahya Ould Ciré. Notre première rencontre a eu lieu furtivement en 2013 lors d’une conférence qu’il avait co-animée avec le journaliste M. Seydi Moussa Camara à Massy. Et, nos échanges sporadiques ces derniers temps pour les préparatifs de son article https://ecrit-ose.blog/2025/01/01/%E2%97%8F-lesclavage-au-sein-de-la-communaute-soninke-en-mauritanie-analyse-des-resistances-et-des-discriminations-internes-par-dr-mohamed-yahya-ould-cire-a-h-m-e/, ont abouti à cette visite de courtoisie qui a été un grand moment studieux et inspirant pour moi. Très au fait de la substance historique et sociale des problématiques liées à l’esclavage en Mauritanie, l’homme est d’une grande générosité et d’ouverture pour converser et renseigner avec finesse et promptitude sur les données et les nuances qui s’y adjoignent. L’un des membres inspirateurs du mouvement El-Hor dès 1974 et membre fondateur de l’association AHME (Association des Haratines de Mauritanie en Europe).

● Ma brève conclusion : En Mauritanie, nous devons migrer de « chaque communauté, ses abolitionnistes et progressistes en militants reclus vers une forte synergie trans-communautaire à l’échelle nationale pour un engagement global contre toutes les formes d’injustices ».

Longue vie et santé à lui. Ameen.

• Lien vers sa thèse https://theses.fr/112388582

• Lien Amazon de son ouvrage https://www.amazon.fr/Mauritanie-Mohamed-Yahya-Ould-Cir%C3%A9/dp/2343029415

Région parisienne, 15 avril 2025

KS pour le BLOG
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🔴  🇲🇷 #موريتانيا | أمسية خاصة جداً بالنسبة لي!

إن المعرفة السليمة هي قبل كل شيء مسألة معلومات صحيحة ومصدرها المصدر. وقد تشرفت بلقاء مثقف مرموق يمثل مصدراً مثمراً ومورداً مثمراً، في شخص الدبلوماسي الموريتاني السابق، الدكتور #محمد_يحيى ولد #سيري. التقينا لأول مرة لفترة وجيزة في عام 2013 في مؤتمر شارك في استضافته مع الصحفي سيدي موسى كامارا في ماسي. وتوجت تبادلاتنا المتقطعة في الآونة الأخيرة، في إطار التحضير لمقاله https://ecrit-ose.blog/2025/01/01/%E2%97%8F-lesclavage-au-sein-de-la-communaute-soninke-en-mauritanie-analyse-des-resistances-et-des-discriminations-internes-par-dr-mohamed-yahya-ould-cire-a-h-m-e/، بهذه الزيارة المجاملة التي كانت لحظة دراسية وملهمة بالنسبة لي. فالرجل على دراية كبيرة بالجوهر التاريخي والاجتماعي للقضايا المرتبطة بالعبودية في موريتانيا، وهو رجل كريم جدا ومنفتح على الحوار والإحاطة ببراعة وسرعة بالمعطيات والفروق الدقيقة التي تنطوي عليها. وهو أحد الأعضاء الملهمين في حركة الحور منذ عام 1974 وعضو مؤسس لجمعية الحراطين الموريتانيين في أوروبا (AHME).

● استنتاجي الموجز: في موريتانيا، نحن بحاجة إلى الانتقال من « كل مجتمع ومناضليه والتقدميين في موريتانيا من النشطاء المنزوين إلى تآزر قوي عابر للمجتمعات على المستوى الوطني من أجل التزام عالمي ضد جميع أشكال الظلم ».

● Postures contradictoires sur la problématique de l’esclavage : Entre le discours de la libération et l’asservissement de la réalité | Par M. Kodore Fodie Sanghare

Dans une société où patrimoine et identité s’entremêlent, une question qui résume les contradictions de la réalité mauritanienne fait surface : Comment se fait-il que des intellectuels appellent à la libération historique des hommes de l’esclavage, tout en refusant de reconnaître sa persistance dans le présent ? Comment se fait-il que le discours anti-esclavagiste devienne un slogan séduisant dans les forums, mais se transforme en tabou lorsqu’il s’agit de le démanteler sur le terrain ?
L’esclavage : Non pas un souvenir passé, mais une plaie saignante. L’esclavage en Mauritanie n’est pas un simple chapitre de l’histoire, mais un système social et culturel profondément enraciné qui s’est transmis de génération en génération par des mécanismes insidieux. La hiérarchie des « maîtres » et des « esclaves » est encore pratiquée sous des formes diverses dans les sociétés bezan, soninké et pulaar, même si elle est parfois revêtue d’habits modernes. Empêcher un groupe de construire des mosquées comme les autres ou de prier pour ses morts à la mosquée n’est que la partie émergée de l’iceberg des inégalités justifiées au nom de « coutumes » ou d’interprétations religieuses déformées. 

La contradiction est flagrante : Les intellectuels condamnent l’esclavage dans leurs discours et évoquent les tragédies du passé, mais brandissent le glaive de la critique contre quiconque s’élève contre sa persistance aujourd’hui. Le militant antiesclavagiste devient un « traître » accusé de ternir l’image de la société, tandis que ces intellectuels ferment les yeux sur la déformation de la réalité elle-même. 

Pourquoi les intellectuels attaquent-ils ceux qui luttent contre l’esclavage ?
– La peur de la responsabilité sociale : Reconnaître l’existence de l’esclavage aujourd’hui reviendrait à déstabiliser un ordre social en place depuis des siècles. Beaucoup craignent de perdre les privilèges moraux ou matériels liés à leur position dans cette hiérarchie, même s’ils prétendent être contre l’injustice. 
– Echapper à la stigmatisation morale : La lutte contre l’esclavage oblige la société à se confronter à elle-même, ce qui soulève des sensibilités profondes. La marginalisation des militants devient un mécanisme de défense de l' »honneur » imaginaire de la communauté, plutôt que de reconnaître sa véritable honte. 
– Le décalage entre la rhétorique et la pratique : Certains intellectuels adoptent un discours émancipateur pour améliorer leur image, mais refusent de payer le prix de ce discours dans le tissu social. 

L’esclavage n’est pas une « particularité culturelle » mais un crime contre l’humanité : tenter de lier l’esclavage à la culture ou à la religion, c’est travestir les faits. L’Islam, qui est la référence principale de la société mauritanienne, interdit l’esclavage, combat la discrimination et fait de l’égalité le fondement de la dignité humaine. La culture n’est pas une prison sacrée, mais une entité évolutive qui doit se débarrasser de tout ce qui viole les droits de l’homme. 

L’esclavage n’est pas « mauvais pour les Bezaan et bon pour les Soninke », ni une question étroitement ethnique ou constitutive. Il s’agit d’un crime qui porte atteinte à l’humanité, quelle que soit l’identité de l’auteur ou de la victime. Distinguer ses formes en fonction de l’appartenance à une communauté est une continuation de la culture de justification qui alimente l’esclavage. 

L’esclavage ne peut être éradiqué que par une alliance sociétale qui dépasse les frontières ethniques et régionales : Les Haratine, qui ont souffert de siècles de discrimination, ne doivent pas rester seuls dans la bataille. Les Beidhaan, dont beaucoup rejettent aujourd’hui les anciennes hiérarchies, doivent prendre la responsabilité de briser le silence interne. Les Swaninke et les Pulaar, où l’esclavage se cache sous d’autres noms, doivent porter un regard critique sur leur héritage. 

Conclusion : Lorsqu’un intellectuel passe du statut de voix de la liberté à celui de gardien des tabous, il perd la légitimité de représenter la conscience collective. La lutte contre l’esclavage n’est pas un luxe intellectuel, mais une responsabilité morale indivisible. Une société qui a peur d’affronter ses contradictions restera prisonnière des illusions du passé, tandis que ceux qui refusent d’enterrer les vivants dans des tombes de la honte écriront une nouvelle histoire digne de survivre. 

En conclusion, la liberté n’est pas donnée, elle se mérite. L’esclavage ne disparaîtra que lorsque nous refuserons d’être les partenaires de sa perpétuation, que ce soit par le silence ou la justification.


Source en arabe https://www.facebook.com/share/p/1BfkiuG8jB/

Par M. Kodore Fodie Sanghare

● L’Algérie : cette voisine hypocrite ! | Par M. Brehima SIDIBE.

Lorsque vous avez l’occasion de vous exprimer, dites du bien de votre pays !

Cette phrase de l’ancien président Américain, Jimmy Carter, sied bien à la situation actuelle entre le Mali et l’Algérie. La récente brouille diplomatique fait suite à l’affaire du drone malien abattu par l’Algérie. Dans cet article, nous revenons sur l’origine de cette tension diplomatique ; la communication interposée des gouvernements maliens et algériens ;  la réplique de l’Alliance des Etats du Sahel et enfin  un plaidoyer pour la défense de la patrie. 

De la dénonciation des accords d’Alger à la brouille diplomatique

Depuis son indépendance en 1960, le Mali a été secoué par plusieurs rébellions qui menacent sa stabilité politique et institutionnelle. Toutes ces rébellions sont issues du septentrion malien, faisant frontière avec l’Algérie. Ainsi, ce pays a toujours été impliqué dans la recherche des solutions face à ces crises.  Pour preuve, le dernier accord entre le gouvernement du Mali et les groupes armés a été négocié sur le sol algérein en 2015. Cependant, peut-on être la solution d’un problème dont on est au moins en partie la source? Absolument pas ! C’est le cas de l’Algérie. En effet, il n’est un secret pour personne que ce pays n’a jamais joué franc jeu avec le Mali. Comment comprendre que les chefs terroristes et rebelles qui sèment la terreur au Mali trouvent toujours  refuge sur le sol algérien? Quelle hypocrisie !

  Après la reprise de la Ville de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023, le gouvernement de transition a opté pour un changement de paradigme tant sur le plan sémantique que diplomatique. En effet, les anciens rebelles de la Coordination des Mouvements de l’AZAWAD (CMA) ont été requalifiés en “terroristes”. Ainsi, le président de la transition, le Général Assimi Goita, dénonce l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger. Dans la foulée, le Dialogue inter-Maliens est initié et se tiendra en avril et mai 2024. Dès lors, l’Algérie semble perdre la main dans un dossier dont elle pensait avoir le monopole. La question que l’on se pose est la suivante : peut-on objectivement s’opposer qu’un pays puisse s’approprier la gestion d’une crise interne? De quoi l’Algérie se mêle finalement? Cet état de fait conduit à une escalade diplomatique. L’épilogue de ces tensions intervient avec l’attaque du drone malien par l’Algérie début avril 2025.

La communication interposée des gouvernements malien et  algérien

   Après l’attaque du drone malien à la frontière avec l’Algérie, le gouvernement algérien a été le premier à communiquer, affirmant que le drone était entré sur son territoire. On pouvait dès lors croire à une légitime défense. Il a fallu quelques jours, le temps de mener des enquêtes approfondies, pour que le gouvernement malien affirme que l’Algérie a bel et bien abattu le drone mais avec un détail important : sur le sol malien! En effet, coordonnées géographiques à l’appuie, le gouvernement de transition au Mali a démontré que le drone se trouvait à près d’une dizaine de kilomètres à la frontière de l’Algérie. Autre constat qui soutient cette thèse, l’épave du drone a été retrouvée sur le territoire malien. Il apparaît dès lors que ce pays voisin, ou pour ainsi dire cette voisine hypocrite, a délibérément abattu le drone

La réplique de l’AES

La réplique du Mali et plus globalement des pays de l’AES ne s’est pas faite attendre. En effet, dans un communiqué conjoint, le Mali, le Burkina et le Niger rappellent leurs ambassadeurs pour consultations. Et l’ambassadeur d’Algérie à Bamako sera convoqué au ministère des affaires étrangères. C’était là une application concrète de l’article 6 de la charte du Liptako-Gourma qui stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble des pays. Aussi, faut-il rappeler que les territoires des trois pays sont désormais considérés comme un seul théâtre d’opérations. Si l’Algérie voulait tester la solidarité des pays de l’AES, elle a sa réponse. Au-delà du niveau institutionnel, les populations ne sont pas restées en marge de cette affaire.

Plaidoyer pour la défense de la patrie

Lorsque la Nation fait face à l’adversité venue de l’extérieur, il convient que chacun se range derrière le drapeau national, pas nécessairement derrière les autorités. Il faut dire que la quasi-totalité des partis politiques et des organisations de la société civile ont condamné cet acte d’agression contre notre pays. Néanmoins, nous sommes peinés de constater que certaines personnalités politiques et publiques participent à la cabale médiatique de l’Algérie contre le Mali, oubliant ainsi le principe même de l’action politique hélas…

Retrouvons-nous autour de l’essentiel, le Mali. C’est le seul combat qui vaille!

Brehima SIDIBE, Doctorant à CY Cergy Paris Université

● Mauritanie : La haine jusque dans la tombe ! | [IRA et LAA]

Note de vigilance citoyenne, Nouakchott, avril 2025
1. Le 7 avril 2025, une foule rameutée par des haut-parleurs, ponctués d’Allahou Akbar, affluait dans un cimetière de la ville de Sélibaby, chef-lieu de la région du Guidimagha, pour applaudir l’exhumation de la dépouille de Souleymane Sow, ressortissant malien, enterré depuis peu. Excités dès l’avant-veille sous l’instigation d’imams fanatisés, des milliers d’habitants refusaient l’enterrement du défunt parmi les sépultures musulmanes, au motif qu’il se serait converti, de son vivant, à la foi chrétienne. Dans une ambiance de kermesse, en présence passive de l’administration civile, de la sûreté, de la gendarmerie et de la garde, le mausolée est détruit et le corps est traîné à travers ruelles, comme un trophée. Nul ne sait, à ce jour, quelle fut la destination dernière du trépassé.
https://youtube.com/shorts/7B1hwnAJvAk?si=j1bAxGibMW_Rk9IC
2. Seul, vaillant au milieu des vociférations du populaire qui le voulait lyncher, le maire de Sélibaby s’opposa à la forfaiture. Quantité de séquences vidéo dévoilent les diverses facettes de l’instant d’hystérie collective où la population, solidaire, défendait sa religion menacée par un cadavre. Même les enfants participaient à l’émeute post-mortem.
https://www.facebook.com/share/r/1AacQLMAhB/
3. Souleymane Sow appartenait à une petite communauté de prédicateurs protestants, brièvement détenus en janvier 2024 puis libérés après avoir abjuré, sous la contrainte. Sitôt revenus à une existence normale, ils reprenaient leurs activités d’évangélisation, parcourant les villages à moto, afin de répandre le message du Christ. Souvent indifférente à leur égard, la paisible population du Guidimagha s’étonnait, cependant, de leur promptitude à venir en aide aux plus démunis. Certains les accusaient d’user de zèle caritatif pour attirer de nouveaux fidèles et porter ainsi atteinte à la cohésion de la Umma.
4. Le 8 avril, lendemain du trouble, une décision du sommet de l’Etat suspend le Gouverneur du Guidimagha en attendant son éviction formelle à l’occasion du prochain Conseil des ministres. Les autres premiers représentants de l’Etat au niveau de la région sont limogés, à l’exception du Procureur de la République et du Préfet. En réponses aux instances de notables religieux qui requéraient un avis officiel avant de passer à l’acte de profanation, les deux auraient signifié leur autorisation tacite.
5. Cependant, le plus choquant reste l’impunité dont jouissent les exécutants et les commanditaires, d’ailleurs connus, filmés et enregistrés en messages audio sur l’application WhatsApp. La plupart s’enorgueillissent de leur aplomb et en escomptent la rétribution auprès de Dieu. Parmi la classe politique, la quasi-absence de réprobation témoigne d’un malaise, voire d’une honte ravalée.
6. L’initiative de résurgence abolitionniste (Ira) et Lanceurs d’alertes associés (Laa) saluent la réaction ferme du gouvernement et encouragent l’appareil de justice à poursuivre l’ensemble des auteurs et complices d’une infamie d’autant moins excusable qu’elle déroge aux traditions locales de tolérance. Le temps est aussi venu de prendre conscience du péril de la radicalisation et de sa virulence le long de notre frontière avec le Sahel central.
7. Les deux associations joignent leur indignation au concert des humanistes atterrés, pour exhorter, le pouvoir du moment, à faire respecter, en toute circonstance, le repos des morts.  Il importe, également, de veiller à garantir la réciprocité entre Etats, dans le domaine sensible des libertés de conscience et de culte, conformément aux textes de droit universel dûment ratifiés par la Mauritanie. Sur le sol national, la moindre discrimination fondée sur la croyance nuirait gravement à la quiétude de nos concitoyens de la diaspora, compromettrait les intérêts stratégiques du pays et ruinerait sa réputation, déjà très abîmée.
https://eutoday.net/mauritania-human-rights-crisis-safety-of-christians/

Nouakchott, 13/04/2025.

Signataires : IRA et Laa