● KS, Militant droit-de-l'hommiste et Blogueur - Mes opinions ne sont pas sacrées, elles sont assumées sans zèle.
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Ousmane SAO, Docteur en géologie de la préhistoire, et Docteur en sociologie politique est l’invité de “REGARDS D’AILLEURS”, présentée par Diadié SOW. Citoyen mauritanien engagé, Ousmane SAO répond aux questions de nos chroniqueurs, Saidou Wane et Nada Ahmed YENJ, concernant l’actualité mauritanienne, son parcours personnel et son combat pour l’enrôlement des mauritaniens de la diaspora. Son engagement politique lors des élections présidentielles
Le 11 Janvier 2020, des jeunes gens se réunissaient, à Nouakchott, dans la salle de spectacle dénommée La case – d’ailleurs louée à l’occasion. La réjouissance, que ponctuaient la musique, le chant, la danse et l’exhibition de tenues de soirée, mettait en scène une partie du folklore commun à la Mauritanie et au Sénégal. Une semaine plus tard, les vidéos de l’évènement privé circulaient sur Facebook et les applications de téléphonie mobile. La rumeur de la célébration d’une union entre personnes de même sexe enflait alors, suscitant ici-et-là, indignation, expressions de dégoût et appels à la haine homophobe. Aussitôt, les autorités judiciaires s’empressèrent d’ouvrir une enquête. La police procédait, dans la foulée, à l’arrestation de l’ensemble des protagonistes et du gérant des lieux.
Le 23 Janvier, le Commissaire de police Mohamed Ould Nejib, officiant à Tevragh Zeina 3, infirmait, sur la chaîne de télévision publique « Almouritaniya », l’hypothèse d’un mariage gay ; il affirmait, avec certitude, qu’il s’agissait plutôt d’une fête d’anniversaire de l’un des « androgynes » (en Arabe مخنثين »), pour reprendre son expression ; la recette devait servir à pourvoir une caisse de solidarité, en guise de cadeau de circonstance. Malgré sa tentative de rétablir l’authenticité des faits, l’officier de police allégua que les susdits s’exposaient, tout de même, à une punition sévère.
Le même soir, la police fit « fuiter » par le support électronique, toutes les photographies des prévenus, telles que réalisées dans le commissariat, avec, en Arabe, la mention de chaque prénom. Au fil des séquences d’image animée, ils déclinaient leur identité et bredouillaient, manifestement sous la contrainte de l’humiliation, quelques mots d’explication et de regret. Sur l’un des films, un agent, locuteur du Hassaniya, se moque de l’un des garçons, entravé des deux mains derrière le dos, et le traite de délinquant.
Pour des raisons de respect de la dignité de l’individu et de préservation de son intégrité morale, la présente communication s’abstient de joindre de tels documents en annexe.
Le 30 Janvier, 8 accusés sur 10, dont deux ressortissants du Sénégal, sont condamnés, à 2 ans de prison ferme, après une brève comparution devant un magistrat de la chambre criminelle près le tribunal de Nouakchott-Ouest. La seule femme écope, elle, d’un an de rétention, avec sursis, pour « transgression des interdits divin » (sic). Le gérant obtient un acquittement. Les non-nationaux, à l’épuisement de la peine, devront quitter le territoire.
Le 3 Février, leur avocat, maître Mr Mohamed Ahmed Oubeid, interjette appel de la décision prise en première instance.
Conséquences
Ira-Mauritanie, association de défense et de promotion des droits humains et de la diversité :
note le caractère discriminatoire du verdict et interroge la pénalisation de tels griefs, quand leur nature non-violente (ni blessures ni morts) renvoie, plutôt au champ des infractions relevant du registre correctionnel.
constate et déplore la différence de traitement aux dépens de jeunes d’extraction subsaharienne, car des comportements identiques, parmi d’autres groupes de la population, bénéficient d’une indulgence à toute épreuve.
rappelle, à l’Etat, au législateur et à l’appareil de justice, que la Mauritanie ne saurait évoluer dans un vase clos, exempte de ses engagements et en rupture d’avec le droit international des minorités. Toute mesure répressive qu’elle appliquerait, à rebours de l’obligation de protéger ses ressortissants et les étrangers sur son sol, se paiera, tôt ou tard. La facture s’alourdit d’autant si la stigmatisation, la dégradation de l’être humain et sa privation de liberté s’accompagnent de pratiques inéquitables.
souligne le zèle officiel à livrer les plus humbles à la vindicte et son inclination à flatter l’instinct grégaire et le fanatisme de la foule, en exutoire à la faillite d’une société qui procure l’immunité de la loi, aux seuls auteurs de crimes de masse et tolère l’esclavage ; dans les deux situations, l’inégalité de destin confère, à la condition des noirs de Mauritanie, l’attestation d’une infériorité infra-juridique.
Cette proposition de « solution enchantée » pour créer d’autres problèmes potentiellement plus nocifs !
Imaginons… l’éventualité d’une séparation Nord- Sud, qui vont être les maîtres d’un Sud féodalo-esclavagiste d’inspiration Nordiste. Si la Guinée de Condé est troublée aujourd’hui, il n y a aucun Nordiste (blanc) là-bas. En Mauritanie, le MAL, le vrai, se situe au niveau d’un déficit d’état de droit et de démocratie. Au sein de chaque communauté ou groupe sociolinguistique, on y trouve un peu les germes d’une « mauritanie injuste en miniature » décriée ici et là aujourd’hui.
L’aristocratie féodale et le clergé maraboutique sont quasiment identiques au Nord comme au Sud.
En tt cas, moi j’irais me « Hartaniser » au Nord en attendant d’accueillir les premiers réfugiés venant du Sud quand les remous interethniques vont s’éclater.
Adrar-Info – Nous avons été surpris par un article publié sur le site internet de radio France internationale et apparemment sujet d’un reportage la veille sur les ondes de cette respectable radio, annonçant l’interdiction de l’usage de la langue française au Parlement mauritanien. Cette information est tout simplement infondée.
Le français comme toute autre forme d’expression n’a jamais fait l’objet d’une quelconque interdiction dans l’hémicycle et certains députés continuent à en faire usage, pas plus tard que durant la dernière plénière, d’honorables députés se sont éloquemment exprimé dans cette langue qui reste en effet à côté de l’Arabe, l’une des langues de communication écrite dans les documents, lois et correspondances de l’Assemblée Nationale.
Mais étant qu’un nombre important de députés s’expriment dans leur langue nationale il est impératif et en conformité avec les exigences de notre règlement intérieur, d’assurer une traduction vers l’arabe.
Le service d’interprétariat ne peut plus assurer la traduction au delà de quatre langues; les trois langues nationales et la langue officielle, en l’occurrence, l’arabe.
Cet impératif d’ordre purement technique a été notifié aux députés intervenants, le président de l’Assemblée Nationale tenait à le rappeler à chaque fois que la nécessité s’impose et à aucun moment, il n’a été dit ni annoncé que le français est interdit.
Il n’est tout simplement plus traduit et comme beaucoup de députés ne sont pas francophones, le Président encourage les intervenants à s’exprimer dans les langues traduites.
Le parlement mauritanien qui se veut ouvert aux médias et qui a entrepris récemment d’importantes mutations dans ce sens, à travers la mise en place d’un site internet réactif, de plateformes d’information désormais présentes sur tous les réseaux sociaux et Possédant une chaîne de télévision parlementaire, expérience unique dans la sous région, se sent aujourd’hui consterné par cette information, dont l’instigateur n’a même pas pris la peine de s’assurer de sa véracité.
L’assemblée nationale qui dément ces faits en bloc, se tient à la disposition de la Presse à travers tous ses démembrements médiatiques pour éviter d’éventuels dérapages pareils.
Atteinte avérée à la liberté d’expression. Députée de l’assemblée nationale Mauritanienne, sous le fallacieux prétexte d’un règlement intérieur sorti de nulle part sans consultation nationale, au mépris de notre « constitution » pourtant taillée sur mesure, notre compatriote, députée, militante des Droits Humains a été sommée par le président de l’assemblée nationale de se taire pour le motif d’une ‘interdiction imaginaire de la langue Française dans l’hémicycle. Faut il en pleurer ou en rire ? Il n’est absolument pas nécessaire d’aller chercher les raisons lointaines et objectives car elles sont beaucoup plus profondes et leurs étages demanderaient du temps et de l’attention. Alors de facto le but est fondametalent, de priver une partie de notre communauté nationale de communication , d’écoute, de vigilance, de compréhension et de mobilisation contre les futures lois scelerates d’une assemblée nationale concoctée sur mesure afin de jouer à la division du pays. Vouloir imposer l’Arabe ou les langues nationales sans un dialogue national avec le peuple c’est poser le vrai problème de la cohésion nationale et de l’échec cuisant de notre éducation nationale, qui aurait pu depuis ces longues années résorbé ce déficit par l’obligation de l’apprentissage de l’ensemble de nos langues nationales. Madame Coumba Dada en parlant dans sa langue maternelle, traduite en Arabe, ne bénéficiera nullement au sooninke que je suis car je ne me comprends, dans ce pays avec certains de mes compatriotes qu’avec cette langue étrangère mais instituée comme langue de travail depuis l’indépendance à nos jours. Un autre député Sooninke, Hassanya Bambara ou wolof, serait aussi totalement incompris malgré la traduction en Arabe, ainsi donc, instaurer un climat de sourd et muet dans un pays où le dialogue entre les cultures et les civilisations est mis en mal par les pouvoirs successifs souvent, adeptes d’une politique d’exclusion, d’acculturation et d’Arabisation outrancière du pays. Priver les élus de pouvoir communiquer dans une langue, celle dite de travail, à la base de la formation de tous les anciens cadres de ce pays, à la base de toutes les recherches scientifiques, culturelles et technologies c’est vouloir s’isoler du monde, c’est aussi une atteinte grave à la liberté d’expression fondée sur la volonté de priver une partie de la communauté nationale des décisions cruciales du pays et de leurs conséquences sur leurs vies et celles de leurs progénitures. Députée courage, battante de L’IRA Madame Coumba Dada avant son élection à l’assemblée nationale avait été licenciée abusivement de la caisse nationale de Mauritanie, du fait de son militantisme, de ces prises de positions pour un état de droit avec son lot de dénonciations contre les pratiques esclavagistes et le racisme institué sournoisement par l’état Mauritanien contre sa population Noire. Très curieux de voir à l’intérieur du pays, une opposition silencieuse voire complice vis à vis d’un président de l’assemblée injurieux à l’endroit d’un autre député El Ghassen sans que cela ne fasse un tollé général et qu’une forte mobilisation Arc en ciel se dégage pour sauver la » nation « . Quoi qu’il soit Madame, la députée Coumba Dada, je continuerai à parler avec toi en Français ne comprenant ni le poular ni l’Arabe et toi non plus ne pouvant t’exprimer en sooninke, notre seul recours est donc cette langue pour mieux se comprendre. Il est où le mal, est ce, être aliéné ? Est ce, ne pas aimer nos langues nationales ? C’est une folie de penser autrement. La nature a horreur du vide.
MAURITANIE : LES CHEMINS OBLIQUES DE LA DISCRIMINATION
Causes, enjeux et conséquences d’une imposture
🔹️Faits
Vendredi 31 janvier 2020, lors d’une séance plénière de la première session ordinaire du Parlement, Cheikh Ould Baya, président de l’institution, au nom de l’Union pour la république (Upr), le parti du Chef de l’Etat, apostrophait la députée de l’opposition, Madame Coumba Dada Kane, en des termes sans équivoque : « Un discours en français n’a pas de sens ici à l’assemblée nationale. Il n’a plus de sens » ; plus tard, il renchérit, toujours dans la langue ainsi rejetée : « Si, vous parlez en français, sachez que, en tout cas, les électeurs qui vous ont élu, ne vous comprendront pas ».
🔹️Contexte
Cheikh Ould Baya récidive ; à mainte reprise, devant ses collègues, il déclarait n’aimer ni ne respecter le Français, symbole, à ses yeux, de l’héritage colonial. D’ailleurs, le zèle du député-maire de Zouérate l’avait conduit à affirmer, le 28 juillet 2017, lors d’un meeting en compagnie de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, dans son fief municipal : « l’hymne national a été élaboré par un homme qui collaborait avec le colonisateur et chanté par un petit groupe de personnes » ; le propos visait feu Baba Ould Cheikh Sidiya, l’auteur de la politique de « pacification » au début du 20ème siècle ; aussitôt, ses nombreux disciples et admirateurs se mirent à manifester. Ould Baya leur présentait alors ses excuses, mettant un épilogue provisoire à une campagne de réécriture de l’histoire qui ressurgit, à intervalle irrégulier, depuis le putsch du 10 juillet 1978 ; de la fabrique de faux résistants et de généalogies contrefaites, à la modification du drapeau et de l’hymne, la Mauritanie parachevait, pendant les deux quinquennats de Mohamed Ould Abdel Aziz, la tentative de modification de son récit, conduite par l’Etat et sous sa caution.
🔹️Substrat
L’incident du 31 janvier 2020, procède du processus de réécriture et de falsification du passé, désormais en vigueur au sein de l’ensemble maure. La dynamique négationniste résulte, elle, de l’arabisation au rabais, conduite, dès les années 1980, avec son bilan de destruction de l’enseignement, de la justice, de l’administration et d’abrogation de l’égalité des chances; le même délire, atteindra son paroxysme morbide, entre 1986 et 1991, durant les années de tortures, de déportations, d’assassinats, de spoliation foncière et d’humiliation, tous crimes jusqu’ici impunis, en vertu de la « loi n° 93-23 du 14 juin 1993 portant amnistie » ; le texte, toujours en vigueur, interdit la moindre poursuite contre les auteurs de violences racistes, leurs complice et receleurs. Du jour au lendemain, des milliers d’élèves, étudiants, de cadres et de militaires négro-africains se retrouvaient, victimes de l’exclusion linguistique ; ceux qui n’ont pu apprendre l’Arabe ou refusé l’assimilation brutale s’installaient, dans le statut d’une citoyenneté périphérique, comme l’atteste, ces dernières années, leur laborieux enrôlement au registre de l’état-civil. Des centaines de fonctionnaires perdaient ainsi le travail, la considération et la subsistance. Quelques-uns s’exilaient vers des latitudes plus réceptives à leur talent. Nombre d’entre eux, du seul fait de la qualification, s’imposèrent, tôt, dans la fonction publique internationale, les cabinets d’avocat ou le management d’entreprises, loin du bercail. Ceux restés au pays, se contentaient alors de positions subalternes qu’ils devaient défendre à force de soumission et d’alignement sur les factions de tribus et de clans. Impact
Au terme de quatre décennies d’arabisation bas de gamme et de chauvinisme d’Etat, le projet d’une cité moderne a été systématiquement investi, dévalisé, déstructuré puis mis en coupe réglée sous la médiocratie d’une élite de substitution, à peine instruite de l’intérêt général, du droit et des notions universelles de sanction et de récompense ; une classe de parvenus, où l’inculture, l’aigreur, le désir de revanche et le réflexe tribaliste motivent l’acharnement à abolir le mérite, a pris le pouvoir et entend le garder. La guerre au Français découle du parachèvement de cette volonté de résistance à la rationalité de la gouvernance selon les critères de la compétence et de l’intégrité. L’écroulement de l’Etat et de l’éducation nationale, la vénalité de l’appareil judicaire et l’ethnicisation de la diplomatie témoignent assez d’une régression en cours d’accomplissement. Une majorité de mauritaniens semble s’en accommoder, à cause des lacunes parmi le personnel dirigeant et de la résignation fataliste chez un peuple qui produit des charlatans, des féticheurs et des faiseurs de miracle, en guise de héros.
🔹️Malentendus
Or, l’audace, voire l’imprudence du dessein suscite quelques observations de circonstance :
Il convient de relever, ironie du sort, que les promoteurs de l’arabité exclusive s’obstinent, quand ils en ont les moyens, à envoyer leur progéniture dans les établissements bilingues mais incitent les enfants des humbles, à endurer l’école monolingue, au demeurant réduite à la clochardisation. La domination reproduit, ici, sa mécanique le plus efficace.
Le Français, outil de travail du gouvernement, de l’économie, de la diplomatie et de l’environnement régional reste au cœur de la société et régit l’essentiel de la documentation et de la correspondance, jusqu’au sommet de l’Etat. L’en extirper au profit d’une seule langue suppose la disponibilité à un bouleversement moral et intellectuel, d’une ampleur sans précédent.
La Mauritanie garde, jusqu’à ce jour, la qualité de membre de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et de son assemblée parlementaire. Maintenant, l’interrogation sur son appartenance aux deux entités évolue d’une question de politique domestique à un défi pour notre crédibilité à l’extérieur.
La traduction simultanée des langues non-écrites vers l’Arabe et inversement, date d’une directive de juillet 2019, laquelle ne prévoit le même service entre les députés locuteurs du Pulaar, du Soninké et du Wolof, ainsi figés dans la posture d’une minorité, toujours en demeure d’accepter son atomisation.
🔹️Conclusion
À présent, la crise interpelle le Président de la république et de sa majorité, dont le silence entretient l’ambiguïté, surtout si l’on se souvient d’une hystérie similaire, lors de l’ouverture du congrès de l’Upr, le 28 décembre 2019 :
La virulence et la récurrence des écarts imputés au leader du Parlement – parfois des attaques ad hominem à l’endroit des élus – appellent une clarification. Soit la Mauritanie se déclare francophobe et l’assume, y compris sur le plan international, en adoptant, sans détour, le nationalisme arabe comme doctrine du gouvernement, soit elle en désavoue les promoteurs. Les postures du grand écart et de l’ambiguïté arrivent à péremption. A force se croire toujours plus malin, l’on finit par ne plus inspirer confiance, d’abord à ses alliés.
Le pays a besoin d’une loi qui tranche le litige de la langue dans l’espace public et confère, au choix, force, précision et légitimité. Si l’usage du Français est un délit ou un objet de censure, il convient de trouver, à la restriction, un fondement normatif.
Le repli sectaire sur les fantasmes de l’identité, la culture du faux, le déni d’équité, l’intolérance et l’extrémisme religieux sont le fruit mûr de l’arabisation à outrance ; un tel legs du régime des colonels, sédimenté durant 4 décennies, ne correspond plus à l’hypercompétitivité du monde ; pire, il fragilise le pays, tandis que tonne, aux frontières, le grondement du jihadisme. Il y aurait inconséquence tragique à mener, si près du front, des batailles d’arrière-garde et des diversions sans issue, d’autant que l’ennemi menace, de l’intérieur.
Vous me permettrez Monsieur le Premier Ministre, de commencer par énoncer, ce qui peut paraitre une évidence, en déclarant que le concept d’état nation n’a de sens que lorsqu’il recouvre toute sa signification, avec une portée concrète au profit de tous les citoyens.
C’est peut être une évidence, mais certaines évidences méritent d’être répétées. Monsieur le premier Ministre, nous sommes à un tournant historique de notre existence pour parfaire les bases d’une nation stable.
Ainsi nous devons nous appuyer sur notre diversité qui est source d’enrichissement et d’épanouissement culturels, et sur le principe de l’égalité qui est une valeur cruciale quand il s’agit de défendre des idéaux de justice sociale.
Cela, son Excellence président de la République Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazaouni l’a compris, lorsque dans ses engagements face à la nation, il a annoncé la mise en place d’un état fort et moderne au service du citoyen, l’avènement d’une société fière de sa diversité et réconciliée avec elle-même.
Comme vous le savez Monsieur le Premier Ministre, cette vision repose sur notre devise nationale qui est l’honneur-fraternité-justice.
D’une part l’application de cette vision avec diligence, permettra à notre cher pays de se débarrasser non seulement des pratiques archaïques et néfastes, du régionalisme, du tribalisme et de l’ethnicisme. Mais mettra aussi fin à un sentiment de complexe de supériorité qui gangrène notre quotidien. D’autre part des mesures participant à un objectif d’insertion doivent être lancées, pour faire en sorte que la fonction publique et plus généralement l’ensemble des instances de l’état reflètent bien la réalité de la société mauritanienne d’aujourd’hui.
Aussi, Monsieur le Premier Ministre l’application de cette vision demande l’engagement d’hommes et des femmes soucieux de comprendre les aspirations des populations et qui écoutent régulièrement leurs doléances tout en étant capables de les organiser pour la réalisation d’un idéal commun.
Dans cette même logique nous avons besoin d’Hommes et femmes dynamiques débarrassés de tout complexe et tout préjugé, préalable absolu à la réalisation de notre projet national.
Monsieur le Premier Ministre une vision qui ne s’accompagne pas d’action n’est qu’une illusion, une action qui ne découle pas de vision est du temps perdu. Tout ça pour dire que pour changer le monde, il faut une vision et de l’action Pour une Mauritanie apaisée, notre histoire nous impose de prendre des mesures adéquates de nature à restaurer la confiance entre toutes les composantes de notre nation.
La reforme de l’éducation nationale de manière inclusive ;
Le règlement définitif du passif humanitaire ;
L’application stricte des lois criminalisant l’esclavage.
Arrêtons-nous juste un instant. Le président du Parlement traite un élu du peuple d’étranger, voire de bâtard (si mon hassaniya ne m’a pas trahi), au sein même de l’hémicycle de l’assemblée nationale, tout ça dans un pays où il y a seulement quelques mois, une célèbre marche fut organisée au plus haut niveau contre les « discours haineux », et ça suscite à peine quelques indignations…
Les députés et militants de la majorité qui avaient tous soutenu cette fameuse marche hypocrite doivent avoir le cerveau surconnecté carrière pour ne pas voir que l’insulte leur est adressée au même titre. Quelle misère politique, intellectuelle et éthique que celle qui tue en vous cette dose minimale de dignité qui ferait dire à n’importe quel homme ou femme: » non, je n’irai pas jusque là! «
Et c’est dans ces rares cas que j’apostrophe directement les négro-africains qui militent au sein du parti au pouvoir pour leur dire d’oser la dignité minimale. Je ne suis pas, et ne serai jamais de ceux qui leur reprochent leurs nominations à des postes de responsabilité. Je le leur souhaite même, et grand bien leur en fasse! Mais quand ils participent à des manifestations hypocrites organisées par le pouvoir, dont on voit bien que la seule cible c’est nous autres militants noirs soulevant les vraies questions de discrimination dans ce pays, ils doivent avoir le minimum de courage de demander que le principe s’applique quand ce n’est pas un Biram, un IMS, un Samba Thiam ou un autre. Ils doivent oser réclamer que la sanction s’applique à Ould Baya, ne serait que pour éviter que nous ayons raison de dire qu’ils ne soutiennent que par carriérisme, et jamais par conviction.
Osez la dignité! Réclamez que les principes que vous avez défendus lors de cette marche (si tant est que c’était les principes qui vous importaient) s’appliquent pour le président de l’assemblée.
Un organisme indépendant GENEVA SUMMIT FOR HUMAN RIGHTS AND DEMOCRACY , adresse une invitation officielle au député mauritanien Biram Dah Abeid pour participer au Sommet de Genève au siège Onusien en Suisse. Cette rencontre réunissant plusieurs groupes observateurs spécialisés dans la défense des Droits humains qui forment la Coalition Sommet de Genève, est prévue à partir du 17 février 2020.
Ainsi le président des Réseaux IRA-MAURITANIE, et candidat arrivé deuxième à l’élection présidentielle de juin 2019 en Mauritanie, Monsieur Biram Dah Abeid sera honoré du Prix du Courage 2020 lors d’une conférence plénière le 18 février. Il faut rappeler que ce Prix du Courage du Sommet de Genève, avait été décerné dans le passé à un dissident chinois Chen Guangcheng et à un blogueur saoudien Raif Badawi toujours emprisonné.
Selon la communication de l’organisme hôte, le leader antiesclavagiste mauritanien et déjà lauréat PrixOnusien 2013 pour son engagement pacifique pour des Droits Humains, fera un brève communication d’une dizaine de minutes à l’occasion. Cette énième reconnaissance internationale du combat honorable que mènent le célèbre militant irréductible et ses partisans depuis une décennie, appuie davantage l’étoffe d’un engagement droit-de-lhommiste sérieux et valeureux pour l’avènement d’un véritable état de droit en Mauritanie.
Voilà une injustice qui se produit devant des millions de complices. L’Avenir nous dira à quel point nous avons tord, à quel point nous sommes lâches de ne pas protéger la diversité, de leur appliquer des peines qui ne condamnent que la notion même de la diversité. Si nous savions à quel point notre existence même doit à la diversité des choses, nous serions plus ouverts. Mais hélas, quand des règles de fermeture animent un groupe, il ne comprendra qu’il court à sa perte que seulement quand il est condamné. Notre société a encore une fois échoué, en ne sachant pas comment gérer sa diversité, sa force, et comment ménager les phénomènes qui lui sont singuliers, qu’elle soit si agressive à l’encontre du singulier qu’elle décrète contre-nature, elle montre sa faible capacité en tant que société. Qu’un groupe d’individus usurpe le pouvoir judiciaire pour y instaurer des positions extrêmes et que des millions de gens approuvent ou exigent même des peines plus lourdes, cela est un signe de plus que notre société est une société faible. Et c’est dangereux pour elle! Pour le bien d’une société, les principes ‘exclusivistes’ doivent rester personnels, il n’y a que des principes humanistes qui devraient s’ériger en bases pour des lois communes. Il est clair que des principes basés sur la phobie des caractères sont exlusivistes. Il est lâche, pour un soi-disant intellectuel, de tomber dans la facilité extrême à faire passer ses positions exclusivistes parce quelles sont majoritairement acceptées au détriment de l’humanisme. La plupart de nos intellectuels, professeurs, penseurs ne savent que citer Volaire, répéter Montesquieu, brandir Thierno Souleymane Ball, et redire Lincoln. Mais s’il s’agit de se comporter en un bon défenseur des droits de l’Homme, et là je ne dis pas de ses droits mais tout simplement de ceux de l’Humain, alors ils se font petits, ridiculement petits et plus minables encore que certains injustes notoires. Vous n’avez pas compris ou vous avez peur d’exprimer votre compréhension que ces héros que vous citez ne l’ont été que parce qu’ils ont osé dire non, s’opposer aux idéologies de leurs temps qui exprimaient une profonde injustice. Aujourd’hui c’est notre temps, nous sommes témoins ou acteurs conscients ou non des injustices de notre temps occasionnées par des idéologies puissantes de notre temps, alors combattons les ou libérons nos postes d’universités, de leaders de mouvements, cassons nos plumes et économisons de l’encre, éteignons nos micros; car nous ne servons alors strictement à rien! C’est un instant bizarre mais instructif quand on découvre cette pulsion injuste et primaire entrelacée avec les plaintes justifiées d’intellectuels qui, au fond, sont des criminels en puissance. Ce jour est triste.
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