● KS, Militant droit-de-l'hommiste et Blogueur - Mes opinions ne sont pas sacrées, elles sont assumées sans zèle.
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■ Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Apostrophe à l’autorité exécutive
Le 18 février, la justice de la Mauritanie mettait un terme aux poursuites contre les opposants en exil Mohamed Ould Debbagh, Mohamed Bouamatou et Moustapha Limam Chafi. Également cibles de tentative d’émission de notices rouges auprès d’Interpol, les trois parcouraient le monde sans contrainte ; ils dévoilaient ainsi le caractère fantaisiste des griefs retenus par des juges aux ordres du Président d’alors, Mohamed Ould Abdel Aziz. Que le ministère public renonce, de lui-même, à sa propre requête en dit long sur l’instrumentalisation partisane du droit et son corollaire, la sujétion des magistrats à l’autorité du prince. La fin de la persécution permet aussi le retour, au bercail, du groupe de rap Oulad Leblade et du poète Mohamed Yahya Ould Lemsaïdov ; tous pourront désormais redonner libre court à leur art.
L’épilogue réjouit de nombreux compatriotes et rappelle notre plaidoyer, constant, afin de soustraire les instruments légaux du pouvoir, aux tentations de règlement de comptes avec les adversaires du gouvernement. L’acte de normalisation, porté au crédit du Président de la république Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, mérite compliment et adhésion.
Cependant, le climat d’apaisement et de transparence, revendiqué depuis le début du quinquennat requiert, d’urgence, la levée de l’interdiction de certains partis, en particulier les Forces Progressistes du changement (Fpc), Radical pour une Action Globale (Rag) et l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M). Le Chef de l’Etat en avait d’ailleurs pris l’engagement, à mainte reprise, depuis son investiture.
Autre objection du moment, l’heureuse occasion ne saurait faire oublier que la police vient d’engager une sombre campagne d’arrestation, visant des dirigeants locaux de l’Alliance pour la refondation de l’Etat mauritanien (Arem), des activistes de la laïcité et des féministes de renom. Comme d’habitude, les enseignes et hauts parleurs de la domination entourent l’évènement, d’une studieuse censure.
Ira-Mauritanie réitère sa solidarité aux victimes de la coercition indue et réitère l’engagement à défendre l’Etat de droit, l’indépendance de la justice et empêcher la dérive du pays vers l’obscurantisme religieux.
Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid, « Prix du Courage »
Mesdames et Messieurs les membres de la coalition du Sommet de Genève Chers membres du jury, honorable assistance
La session 2020 du « Sommet de Genève, pour les droits humains et la démocratie » me décerne, aujourd’hui, le diplôme du courage. Que l’honorable jury reçoive ma gratitude. Cependant, je souhaite exprimer une nuance : lorsqu’enfant, vous expérimentez l’injustice, l’héritez de vos aïeuls et risquez de la transmettre à votre descendance, l’affronter ne relève plus d’une option. Résister, tient, ici, de l’impératif de survie ; parce qu’il subsiste en vous un brin d’espoir, un résidu de volonté, votre humanité vous commande de vous battre, par réflexe ; votre corps et l’esprit qu’il abrite, même meurtris, vous enjoignent de relever la tête. Voici pourquoi, je ne pense mériter une si prestigieuse médaille ; nul ne doit être félicité d’aspirer – et d’agir – à une existence de bonheur et de paix, à l’ombre de l’équité.
Nous autres, noirs de Mauritanie, rejetons d’esclaves depuis des siècles ou victimes plus récentes de ségrégation, savons la rançon des efforts de relèvement que nous intime la lucidité de notre état. A l’image de tant de nègres au fil du temps et des civilisations, j’ouvrais les yeux sur le constat brutal de mon infériorité, laquelle m’expliquait-on, procède de ma peau sombre, des origines païennes de mes ancêtres et du vouloir de Dieu. Vous le voyez, un si mauvais départ ici-bas, m’exposait à devenir, tôt ou tard, l’ennemi public de quelqu’un. A partir de 2008, année de création de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), j’ai cessé de courir devant le déterminisme de la lutte et accepté la fatalité du sacrifice.
En septembre, Ghaya Maiga, une fille mineure de 14 ans que ses maîtres exploitaient et frappaient, leur sera finalement livrée, selon l’injonction du juge d’instruction, malgré l’opposition théâtrale du procureur de la république. Ils s’empressèrent de la conduire, dans leur village, à plus de 1200 kilomètres et postèrent des images et messages de victoire, sur les réseaux sociaux ; en février 2020, déguenillé, déscolarisé et sans état civil, le garçonnet Beibbeu a fui l’enfer de la servitude congénitale. Au lieu de recevoir le secours de la loi, sera emprisonné et intimidé par les juges et gendarmes supposés le défendre. Il finira par retirer sa plaine et la demande de protection.
Dans le passé proche – et pour quelques uns encore aujourd’hui – nous mourrions au service d’une frange de nos compatriotes. Garder le bétail, creuser les puits, préparer la nourriture et la couche, accompagner les caravanes sous le soleil ardent, pieds nus, sans salaire ni horaire de travail, tel se présentait notre destin. Nos femmes, à peine vêtues, se prêtaient au viol, notre progéniture servait de cadeau de noce ou de naissance. Dispersés en guise héritage, aux quatre points cardinaux, nous étions vendus et troqués, contre une génisse, un dromadaire, une perle en pâte de verre, un anneau de cheville ou une amulette miraculeuse. Voici, résumé, l’univers mental où, adolescent, je me retrouvais, en demeure de forger une identité et imaginer un avenir.
En avril 2012, las de m’inscrire, à chaque occurrence, dans la rhétorique des sacralisations imposées par nos maitres, je décidais, après la prière du vendredi, de brûler, devant témoins, les livres dits de « droit musulman » qui codifiaient l’institution de l’esclavage. Aussitôt, les foules fanatisées submergèrent les mosquées et les rues, exigeant ma crucifixion ; des semaines durant, les médias publics et privés leur offriraient le monopole de la parole et le Chef de l’Etat de l’époque vint cautionner l’appel au meurtre. Arrêté au grief de rébellion vis-à-vis de Dieu, je n’ai dû mon salut qu’à la mobilisation de mes frères et de nos soutiens extérieurs. Je ne regrette un tel geste et le referais, volontiers. Pour une raison qui m’échappe encore, les ambassadeurs du Maroc et de Russie me blâmèrent en public et celui de la Syrie me défendit, à la télévision du gouvernement. Aucun représentant du Monde libre ne m’apporta le soutien auquel je m’attendais, au nom des droits humains, des valeurs de laïcité, de l’idéal républicain ou du devoir d’ingérence. Je vous épargne le récit sordide des humiliations et des sévices, à l’intérieur de deux mètres carrés, par temps de canicule, jour et nuit. Ironie du sort, c’est de ma cellule, que je fus élu député, dès septembre 2018. Les soldats en charge de me surveiller m’ont paru tristes de leur réclusion dans l’univers carcéral ; je les quittai, sans trop de regret mais avec un brin de pitié. Depuis décembre 2010, j’ai vécu quatre incarcérations. Mon organisation, toujours interdite, avoisine le record d’une vingtaine de procès et détentions accompagnées de torture. Aucun de nos tortionnaires n’a été inquiété.
A l’élection présidentielle de juin 2019, je talonnais l’actuel Chef de l’Etat, alors candidat des notabilités tribales et de l’armée. Malgré l’attestation massive de la fraude, je reconnus, le résultat erroné du vote. Ainsi, évitais-je, à mon bercail vulnérable, l’autodissolution dans une crise qui le livrerait au djihadisme violent, en embuscade alentour. Aux nouvelles autorités, j’ai tendu la main du dialogue ; je m’obstine à obtenir, d’abord, la reconnaissance d’associations et de partis réfractaires à la discrimination envers les noirs de filiation subsaharienne et l’annulation des poursuites contre d’illustres opposants en exil. Nous œuvrons à abroger la loi d’amnistie qui protège, depuis 1993, les auteurs de déportation de masse, de torture et de tuerie, forfaitures commises entre 1986 et 1991, au titre d’une tentative sanglante de changement de la démographie et d’effacement de la diversité linguistique, pour que la Mauritanie, enfin « arabisée », tournât le dos au Sahel, sa vocation. Permettez-moi, ici, de vous montrer deux visages des victimes de la tentative de purification ethnique en Mauritanie : Houleye Sall, âgée de 80 ans, s’obstine, depuis bientôt trois décennies, à obtenir la réhabilitation de son fils unique. Un parmi des centaines d’autres suppliciés, le lieutenant Abdoulaye Sall mourut, à 31 ans, d’un écartèlement entre deux voitures en mouvement, sur ordre de ses supérieurs au sein de l’armée.
Notre souffrance n’est en rien imputable à l’Occident, encore moins à la colonisation ou à la traite négrière. Elle nous vient de l’intérieur de nos sociétés d’Afrique. Comme nos géniteurs et leurs devanciers, nous endurions la persécution, infligée par nos concitoyens arabo-berbères ; pourtant, ensemble, nous partageons, la foi religieuse, le culte et souvent la langue.
Sur un autre front, nous continuons à réclamer l’accès équitable à l’état-civil et aux listes d’électeurs car nous habite la certitude de représenter une majorité de la population ; le poids des suffrages, un jour, obligera nos juges à cesser de couvrir le crime d’esclavage et de banaliser le « négrocide » ; ils glorifieront le droit international, accepteront un minimum d’universalité et renonceront aux feintes du relativisme culturel. Un jour, la Mauritanie abrogera l’article 306 du code pénal dont le zèle post-coranique punit de mort, séance tenante, le refus de prier, le blasphème et l’apostasie, sans possibilité de repentir. J’ai failli en mourir. Appliquer les lois de Daesh et prétendre combattre le terrorisme relèvent de l’aporie et d’un mensonge létal. Mon pays, la Mauritanie constitue, à présent, l’environnement favorable à l’instauration d’une théocratie islamiste. Cette vérité taboue, je l’assume devant vous, aujourd’hui, en qualité de lanceur d’alerte.
Je salue, ici, les centaines de jeunes, les dizaines de lettrés et d’intellectuels, braves dissidents, issus des féodalités que nous nous acharnons à défaire ; ils portent haut et loin, l’élan de générosité et de volontarisme où je puise l’intensité et la constance de l’argument. Avec votre permission, je leur dédie ce prix du courage.
Honorable assistance, la distinction de l’année consolide mon engagement sur la voie de l’alternance pacifique, grâce au pouvoir des urnes. Certes je ne puis respecter les valeurs de qui m’opprime mais, jamais, je n’encouragerai un coup d’Etat, une sédition ou un quelconque usage de la force. Les mots, vecteurs d’idées subversives et de propositions de réforme, restent nos armes exclusives. Nous voulons persuader au lieu de susciter la crainte. La peur mène à la surenchère, la surenchère tue et nous aimons la vie.
This year’s Aichana Award recipients are Rory Hoskins, Forest Park Mayor, Antonio Sola, Human Rights Leader and Founder of Commonsense Foundation and Black Remembrance Project. They are recognized for their outstanding work on slavery and its legacy, and global human rights. The event was filled with symbolism as it took place at the Historic Stone Temple Church on February 12th, the Month of Black History. It is important to mention that the Stone Temple Church was the very first church to courageously hosted Dr. Martin Luther King, Jr. in Chicago despite of the challenges of that time.
During the event I was moved by the story of Mr. Eugene Horton, released from Illinois State prison after serving 48 years for a crime he did not commit. Interestingly, he has been inspired by his own experience to advocate for justice.
Congratulations to the awardees, heartfelt thanks to Bishop Derrick Fitpatrick and Reshorna Fitzpatrick for generously hosting the event. And kudos to the board of Abolition Institute.
✅Français : Prix Aichana Abeid Boilil 2020
Les lauréats du Prix Aichana de cette année sont Rory Hoskins, Maire de Forest Park, Antonio Sola, Leader des Droits de l’Homme et Fondateur de Fondation Bon Sens et Black Remembrance Project. Ils sont reconnus pour leur travail exceptionnel sur l’esclavage et son héritage, ainsi que sur les droits de l’homme dans le monde. L’événement était rempli de symbolisme car il a eu lieu à l’église historique, « Stone Temple Church » le 12 Février, le mois de l’histoire des Noirs « Black History Month ». Il est important de mentionner que Stone Temple Church était la toute première église à accueillir courageusement Dr Martin Luther King, Jr. à Chicago malgré les défis de l’époque.
Durant l’événement, j’ai été profondément ému par l’histoire de M. Eugene Horton, libéré de la prison d’État de l’Illinois après avoir purgé 48 ans pour un crime qu’il n’a pas commis. Inspiré de sa propre expérience, il est devenu un ardent défenseur de la justice.
Toutes nos félicitations aux lauréats. Merci du fond du cœur à Mgr Derrick Fitpatrick et Reshorna Fitzpatrick pour avoir généreusement abrité l’événement. Et bravo au conseil d’administration de Abolition Institute.
🔹️Tentative de dissimulation, recel et blanchiment de crime
Une attitude prévisible
Comme nous le pressentions à l’occasion d’une note d’alerte du 13 février, sur le récent cas d’esclavage, dans la région du Guidimakha, la fabrique du déni automatique et de la contrefaçon s’est mise en branle, comme un réflexe. Une vidéo partagée au fil des réseaux sociaux expose la nouvelle version de l’enfant victime de travail forcé, avec le concours de ses présumés parents, tous en plein exercice de falsification. Ils contestent les faits initialement allégués et accusent l’Ira d’avoir inventé le récit. Entouré des adultes auteurs de son sort, le garçonnet de 8 ans témoigne contre la dame qui l’a recueilli, chez elle, au village de Zweinliya. Selon lui, elle l’aurait contraint à raconter une fausse histoire, en l’occurrence celle de l’audio où il explique son calvaire et les raisons de sa fuite, loin du bercail, à la recherche d’un asile. En somme, le maître devient un oncle, Beibbeu n’a jamais été molesté ni obligé de garder le bétail et, surtout, il se serait perdu dans la nature, jusqu’à son arrivée dans une localité distante de 13 km environ. Il convient de bien visionner le film de propagande (cliquer ici) pour défaire le montage et en dénouer les ficelles.
Une tradition d’imposture
Depuis la dictature du Colonel Ould Taya et ses déboires fameux avec l’association SOS Esclaves, les services de sécurité se sont habitués à la posture défensive du démenti, peu importent les moyens requis à la réalisation d’une telle fin. Pour produire de la fraude en vue de travestir l’actualité de l’esclavage, tribu, parents, connaissances, proches, voisins ou badauds sont soumis à un cumul de pression – de la menace à la promesse, en passant par l’achat des consciences.
En vertu de cette jurisprudence du pire, l’honorable Mohamed Ould Ikabrou, Procureur de la république à Selibaby, déclarait aux militants de Ira venus dénoncer la maltraitance et le trafic de personne, que la lanceuse d’alerte, à l’origine de l’affaire, est une « ressortissante du Mali » prise en flagrant délit de nuisance à l’image de la Mauritanie. Or, la brave Hawa Mint Bilal secourait un humain en bas âge, guenilleux, épuisé et urinant le sang. Au lieu de lui décerner une distinction nationale du mérite et lui confier la garde de l’enfant avant la décision de justice, l’Etat oppose à Hawa le soupçon et l’opprobre. Ainsi, de confusion en doute, l’on oublie le fond du contentieux : Comme la fille Ghaya Maïga en septembre 2019, Beibbeu, déscolarisé et travailleur sans salaire ni état-civil, se retrouve à la merci de ceux qu’il a fuis. Le constat factuel ne souffre aucune réserve. Cependant, dans la logique du système de domination, un rejeton de famille servile peut être exploité par les siens.
Un pouvoir faible et miné de l’intérieur
Les cas de Beibbeu Ould Cheikh et de Ghaya Maiga dévoilent le tâtonnement d’une gouvernance, sans cesse tiraillée entre façade de modernisation et enracinement du conservatisme. Les juges en charge d’appliquer la loi ignorent le principe de prééminence du droit international sur les normes internes. En vertu de leur socialisation, la plupart qualifient l’esclavage de pratique prévue dans la Charia’a et, à ce titre, de l’ordre de la normalité islamique. En Mauritanie, le prétexte extensible de la religion couvre une infinité d’abus. L’impasse requiert des interrogations :
Comment le gouvernement mauritanien compte-t-il résoudre la situation de Beibbeu et de ses frères et sœurs dont lui-même relatait l’infortune, avant son retournement ?
Quelles mesures de sanction ou de récusation, le Garde des sceaux entend-il diligenter à l’endroit du magistrat Ould Ikabrou, s’il souhaite garantir un traitement équitable par le Parquet ?
A partir de quel moment, la doctrine officielle en matière d’esclavage et de racisme évoluera-t-elle, du tripatouillage laborieux à l’acceptation de la vérité ?
S’il existe, au sommet du pouvoir, une volonté d’en finir avec la décennie de l’occultation et des faux semblants, pourquoi la continuité de tels comportements prévaut-elle encore parmi les fonctionnaires et auxiliaires de de la justice ? Autrement dit, l’autorité politique dispose-elle d’un centre de décision ou subit-elle, en son sein, la compétition d’intérêts divergents ?
Conclusion
Des secteurs de l’appareil d’Etat œuvrent à rebrousse-poil des intentions de réforme – d’ailleurs revendiquées à vide – depuis l’alternance de juillet 2019 ; quand la police diffuse des d’images et des vocaux relatifs à des enquêtes en cours, elle suscite la demande sociale de coercition et instille, aux citoyens les germes de la discorde ; hormis le dysfonctionnement, révélateur de lacunes de déontologie et d’éthique dans une profession en surcharge d’impromptu et de bavure, l’hypothèse d’un complot de déstabilisation endogène prend forme. Il appartient au Président de la république et à son Premier ministre d’y faire face.
Aujourd’hui ce samedi 15 février, une visite de courtoisie et de fraternité autour de notre honorable référent traditionnel de la communauté GANBANAAXU – Nouakchott. Monsieur Biranté Koné a eu l’honneur d’être désigné le 11 février 2020 comme doyen de la communauté au niveau de Nouakchott. Basant sur les critères du droit d’aînesse, sa désignation est d’une symbolique d’ordre fraternel et citoyen. Mr Koné est originaire du village de Bouanze dans le Guidimagha.
Aucune ségrégation ou discrimination patronymique et statutaire, ne fait partie de nos valeurs de respect et de considération à l’endroit des personnes âgées. Nos règles sociales sont en phase avec les principes fondamentaux qui régissent l’ordre républicain et démocratique prévu et promu par les institutions publiques dans nos pays. Les humiliations symboliques subies dans l’ancien régime féodalo-esclavagiste soninké , n’affecteront plus notre DIGNITÉ HUMAINE.
Ce 11 février 2020 correspond au 30ème anniversaire de la sortie de prison d’une icône de la lutte pour la JUSTICE et L’ÉGALITÉ, le sud-africain Nelson Mandela. Ce dernier disait :
《J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. 》
🔹️Notre devise aujourd’hui : Ni maîtres de personne, ni esclaves de personne aussi.
Le Conseil des Présidents de la CVE/VR a reçu ce jeudi 13 février 2020 une délégation conjointe d’IRA Mauritanie et du parti RAG conduite par Madame l’Honorable députée Coumba Dada Kane et comprenant M. Balla Touré, Secrétaire général du RAG, M. Elhadj El Id, Coordinateur de IRA Nouakchott et Dah Boushab. Après le discours de bienvenue du Docteur Alassane Dia, Mme Kane a pris la parole pour transmettre les salutations du Président Biram Dah Abeid et ses félicitations au Conseil des Présidents de la CVE/VR, suite à la mise en place des nouvelles structures de la coalition. Ce fut ensuite au tour des membres des deux délégations de prendre la parole pour mettre l’accent sur la convergence des objectifs. Il en est apparu que les deux groupes sont tout autant animés par l’intention de bâtir une Mauritanie juste et égalitaire, réconciliée avec elle-même.
Les deux délégations sont convenues de se revoir très bientôt pour étudier les modalités pratiques de leur collaboration.
Nouakchott le 13 Février 2020 La Cellule de Communication
Le 5 février 2020, Beibbeu Ould Cheikh, un garçon de 8 ans, fuit le domicile de son proriétaire, Ahmed Ould Taher, un dignitaire arabo-berbére, propriétaire de bétail, dans le département de Ould Yengé, région du Guidimakha, au sud-est de la Mauritanie. Youba, berger d’un troupeau de caprins et d’ovins, est né esclave, un statut qu’il hérite de sa mère Maata. Depuis son éveil, il subit, les travaux forcés, les châtiments corporels, ne dispose de document d’état-civil et n’a jamais été scolarisé.
A la suite d’une molestation parmi d’autres, la victime quitte la localité de Tartaga, pour se réfugier chez une femme, sympathisante d’Ira-M, dans le village de Zweinliya, distant d’environ 13 km, à proximité de la frontière du Mali ; il précise avoir parcouru la distance sans connaître sa destination. Dès son arrivée, Hawa, téléphone aux militants abolitionnistes, qui saisissent, à leur tour et selon le même procédé, la brigade de gendarmerie de Ould Yengé, chef-lieu, dont dépendent l’administration et la sécurité de Tartaga et Zweinliye. Compte tenu des précédents d’occultation et de contrefaçon visant à disqualifier les allégations des plaignant, Hawa s’empresse d’enregistrer un témoignage vocal où l’enfant relate, les raisons de sa fuite, les sévices subis et la captivité de ses trois frères et sœurs, affectés, comme lui, à des tâches domestiques (annexe joint). Le mineur, avec ses mots et la timidité de son âge, raconte combien la dureté du traitement infligé par le maître, le contraint à chercher asile, loin de ce dernier. Au terme du voyage, le petit urinait du sang ; un examen de santé sommaire détecte une suspicion de bilharziose. Sur la foi d’un tel diagnostic, des comprimés d’Ibuprofène lui sont prescrits. Il poursuit le traitement.
Dysfonctionnements
Le lendemain, 6 février, l’adjudant-chef Cheikh Oumar Ould Mohamed, commandant de la brigade de gendarmerie de Ould Yengé, rejoint madame Hawa, à Zweinliya. Il récupère le garçon et le ramène en ville. Sur le chemin, il viole la loi sur la protection pénale du mineur car il interroge ce dernier, sans la présence d’un avocat ni d’un assistant agréé. Pire encore, l’officier de police judiciaire interpelle le maître présumé pour le placer, avec Beibbeu, dans le même cachot, du 7 au 10 février. Informé, Monsieur Haimoud ould Ramdhane, le Ministre de la justice, d’ailleurs tutelle du parquet, s’abstient d’ordonner, au procureur près le tribunal compétent de Sélibaby, d’instruire l’affaire. Le Garde des sceaux, natif d’extraction servile, sert de caution noire au système de discrimination et d’impunité. Il a été l’un des promoteurs constants du déni, en vertu de quoi la Mauritanie, devant les instances internationales, pénalise l’esclavage comme crime contre l’humanité, lui réserve des chambres spéciales mais nie son existence sur le territoire.
Antécédents
Ainsi, face à la moindre plainte, les services de l’Etat se mobilisent-ils à requalifier les faits et inventer de faux parents de la victime aux fins de vider le contentieux ; aussi, ils achètent ou intimident les témoins, grâce à l’entremise des tribus, avant d’aboutir in fine, à une décision d’abandon des poursuites. Le 12 février, à Selibaby principale agglomération du Guidimakha, les activistes de la citoyenneté inclusive organisaient un rassemblement. Malgré la mobilisation, les autorités tentent de falsifier l’infraction en alléguant que le père, Cheikh Elweli, « prêtait » son fils, à Ahmed Ould Taher, au titre d’une transaction, somme toute, habituelle sous nos latitudes. Ici, les textes universels de protection de l’enfant restent du domaine de l’affichage, des séminaires et des discours de commémoration, en présence des agences des Nations unies, notamment l’Unicef.
Certains magistrats, allergiques à la notion des droits de l’Homme, à cause d’une socialisation conservatrice où extrémisme religieux et racisme s’équilibrent, s’évertuent à rejeter les requêtes, du moins en compromettre l’aboutissement. L’alternance au sommet de l’Etat, depuis juin 2020, malgré les promesses de campagne électorale et les résolutions du lendemain, n’apporte aucune exception à ce constat. La communauté des anciens maîtres, détentrice du pouvoir de contrainte et de l’hégémonie matérielle et symbolique, se préserve des revendications d’égalité, par l’esprit de corps et le réflexe de la contrefaçon.
Réagir
Si l’histoire du petit Beibbeu et de ses frères et sœurs toujours en captivité vous interpelle, indigne ou attendrit, partagez-la ! L’oppression se nourrit d’abord de silences, de paresse, d’indifférence et de cynisme. Beibbeu et les siens méritent un bel avenir. Ne détournons le regard, aidons-les !
Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie
Dis-moi dans quelle société tu vis, je te dirais Comment les femmes sont traitées.
La formule de Simone de Beauvoir résume avec force : « On ne naît pas femme, on le devient. » Elle pourrait être complétée par : « On ne naît pas homme, on le devient », car la construction des sexes n’est pas uniquement l’apanage des femmes. Les sexes sont en construction : au naturel, ils ne semblent pas évoquer grand-chose à part eux-mêmes. Ils doivent être retravaillés par la culture pour prendre sens. La nature immédiatement interprétée et évaluée doit être précisée pour que le sexe devienne un organe éminemment social. L’étymologie du mot « sexe » est troublante : elle vient de « sexus, secare », qui signifie « couper, diviser ». Sexus est donc le partage d’une espèce en male et en femelle. Le sexe serait le résultat de cette coupure. L’excision, est un sujet tabou et soulève des injures et des passions dans la société africaine. De tout temps, l’Homme a essayé de manipuler ses organes et les organes d’autrui, du haut de la tête jusqu’aux pointes des pieds en passant par ses organes sexuels. Certaines manipulations laissent des marques passagères, comme c’est le cas de la coupe des cheveux. D’autres, par contre, laissent des marques permanentes, comme c’est le cas des tatouages, des perforations et des mutilations. C’est dans ce sens que Levi-Strauss, disait que : « il fallait être peint pour être un Homme, celui qui restait à l’état de nature ne se distinguait pas de la brute ». Ces marquages corporels ont parfois un caractère individuel qui verse dans la folie condamnable ou répugnante, d’autres ont un caractère collectif, culturel désirable. La marque sur le corps désigne à la fois celui qu’il faut exclure et celui qu’il faut sauvegarder, elle peut avoir une fonction de conspiration du mauvais sort. Cependant, l’excision ne peut être entendue comme une simple marque puisqu’elle consiste à éradiquer les organes sexuels externes de la fillette. De ce fait, la question de l’excision n’a été soulevée publiquement que dans ces trois dernières décennies. Et jusqu’à maintenant beaucoup de gens ignorent en quoi elle consiste et s’étonnent de son existence et pourquoi elle existe toujours à l’aire de la mondialisation. Observées depuis longtemps par les ethnologues et anthropologues occidentaux, dénoncées par les missionnaires et les femmes, qualifiées de torture par les africaines elles-mêmes dont les féministes occidentales se sont fait l’écho, il faut attendre les années 70 à 80 pour que la communauté internationale, peu réactive sur cette question, condamne les mutilations sexuelles féminines pour une atteinte à l’intégrité physique et psychique de la femme. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 125 millions de filles et femmes actuellement en vie dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont subi une forme de mutilation génitale féminine/excision. Trente millions d’autres filles risquent d’en être victime au cours des dix prochaines années. Chaque année, trois millions de fillettes et de jeunes femmes subissent une mutilation sexuelle, soit une fillette ou une femme excisée dans le monde toutes les 15 secondes. La pratique de ces mutilations sexuelles existe partout dans le monde, mais elle est fréquente dans les régions occidentales, orientales et nord-orientales de l’Afrique, dans certains pays d’Asie et du Moyen-Orient, et parmi certaines communautés immigrantes d’Amérique du Nord et d’Europe. L’excision n’est pas un fait social lié à un milieu géographique donné, mais elle se transfert avec les individus et les groupes et se propage avec les croyances et les idéologies. Le nombre de femmes concernées en France reste mal connu. En 1982, selon GAMS (groupe pour abolition des mutilations sexuelles), la première estimation était environ 24 000 femmes et fillettes excisées ou menacées de l’être. Une seconde estimation réalisée en 1989 fait état de 27 000 femmes environ. En 2007, le nombre de femmes et de fillettes mutilées ou menacées de l’être était estimé entre 42 000 et 61 000, soit une hypothèse moyenne de 53 femmes.
I-L’excision les rites d’initiations
L’excision tient une grande importance dans diverses sociétés africaines et ce, la plupart du temps pour des raisons culturelles. C’est un fait de culture qui trouve ses fondements au sein des mythes et des croyances africaines. Dans les sociétés traditionnelles africaines le corps est conçu comme un vecteur de socialisation. C’est pour y inscrire les lois du groupe. Cette socialisation passe obligatoirement par le corps qui en devient le support privilégié. Marcel Mauss, parle de technique du corps dans un communique présenté à la société de psychologie en 1934. M. Mauss, explique les façons dont les hommes, société par société, d’une façon traditionnelle, savent se servir de leur corps. Le corps devient donc un montage symbolique où tout est à lire. La femme excisée porte en elle la loi de sa communauté et devra agir en conséquence. Cette thèse a été confirmée par P. Clastres. M. Clastres, souligne que, « Des très nombreuses sociétés primitives marquent l’importance qu’elles attachent à l’entrée des jeunes gens dans l’âge adulte par l’institution des rites dits de passage ». Pour l’auteur, ces rituels d’initiation constituent souvent un axe essentiel par rapport auquel s’ordonne, en sa totalité, la vie sociale et religieuse de la communauté. Ainsi, la plupart des chercheurs, expliquent la pratique de l’excision, en termes de rites d’initiation et de passage à l’âge adulte. Les anthropologues (Etienne Le Roy, Jean Dubois, entre autres) ont défini les rituels initiatiques de façon précise. Ce rituel comprend trois étapes : La première consiste dans la séparation de l’initié de son groupe familial ; la deuxième correspond à une période d’apprentissage avec un enseignement par les anciens ainsi que des épreuves physiques et psychiques toujours violentes et éprouvantes ; enfin la dernière est la réintégration dans un nouveau groupe d’âge. La pratique de l’excision (comme de la circoncision) est un rite d’intégration sociale : double intégration, verticale débouchant sur le principe des origines, mais aussi horizontale insérant le sujet dans la communauté des pairs. On comprend ainsi que la transgression à cette règle coutumière menace les contrevenantes à la relégation. Ceci se résume en 2014 lors de notre formation à la Sorbonne, en Anthropologie au Laboratoire d’anthropologie juridique de Paris (LAJP), par l’entretien avec une femme malienne, interrogée à ce sujet : « une fille qui n’a pas été coupée est à l’écart du village, elle sera pointée du doigt par tous, elle ne pourra jamais se marier ». La société imprime sa marque sur le corps des jeunes filles. Une femme initié, c’est une femme marquée. La marque assure leur appartenance au groupe : « tu es des nôtres, et tu ne l’oublieras pas ».
II-L ’excision et l’adhésion à la coutume
La coutume est par ailleurs, la raison la plus souvent invoquée par les communautés qui pratiquent l’excision. E. Le Roy définit la coutume, « comme un mélange de savoir-faire et des solutions pratiques acceptées par les sociétés africaines et présentées comme relevant de leurs cultures ». Exciser c’est respecter la coutume, cela nous renvoie au « caractère socialement obligatoire de la coutume […] dans le tiers monde, on fait remonter l’origine de la coutume aux ancêtres ». Ainsi, grâce aux ancêtres, le passé continu à être relié au présent et au futur. Levi-strauss souligne la difficulté d’obtenir, « une explication rationnelle de la coutume, l’indigène interrogé se contente de répondre que les choses ont toujours été ainsi telles que fut l’enseignement des ancêtres ». Selon N. Rouland, « la coutume consiste en une série d’actes semblables qui forment un modèle de comportement social, en général légitimés par leur liaison au mythe. Elle n’est point immuable, et évolue suivant les besoins du groupe social qui l’engendre ». Mme Kerneis, souligne que, « la coutume résulte de la répétition de faits identiques et les jurisconsultes invoquent trois facteurs pour fonder sa force, l’ancienneté, le consentement des intéressés et le caractère rationnel de la coutume ». La définition la plus adaptée a été donnée par L. Assier-Andrier : « la coutume est une expression directe de la conscience commune, répertoire normatif spontané des groupes et des peuples, droit immédiatement connecté aux besoins sociaux, la coutume se manifeste aussi bien comme principe d’ordre qu’elle porte témoignage d’un ordre immanent. Elle est censée préexister à la loi ». D’où les réponses obtenues lors de mon enquête de terrain auprès des familles immigrés en ile-de France, en 2014 dans le cadre de ma formation anthropologique à la Sorbonne : « on a toujours fait ça » ; « ma mère a été coupée et mes arrières grands-parents étaient également coupée ». Ces mots inlassablement reproduits par les immigrées mutilées reflètent l’importance obéissance à la pression sociale qui existe. L’excision pratiquée en France permet d’éviter la rupture avec la société coutumière d’origine. Elle est et reste un outil pour ces immigrés de manifester leur adhésion aux valeurs ancestrales du pays d’origine. Il est cependant, intéressant d’éclairer l’excision par la trilogie du don de Marcel Mauss : donner-recevoir-rendre. « La femme donne un morceau de son corps : le clitoris. Elle reçoit une identité sexuelle. Enfin, elle rend des enfants, c’est la maternité ». L’excision est un statut qui donne le droit au mariage dans la société africaine. L’excision s’intègre donc dans une organisation et cohésion sociale. Il faut couper pour devenir femme ou homme. Si le clitoris est de la masculinité, le prépuce est celui de la femme. Ainsi, ôter un clitoris ou un prépuce, c’est donner une identité sexuelle.
III-Les raison d’ordre religieuses
L’excision est un fait propre à toutes les religions monothéistes. L’islam est le plus couramment cité quand il faut en venir aux justifications. La pratique de l’excision est indépendante à la religion musulmane. Le Coran ne fait aucune mention de l’excision. Le terme « excision » n’y figure pas. C’est une pratique qui existait bien avant l’arrivée de l’islam. Une pratique très ancienne. Elle est pratiquée en Afrique subsaharienne, subéquatoriale et en Afrique de l’Est et de l’Ouest ; le Maghreb ignore l’excision. L’excision n’est pas spécifique à la seule religion islamique, puisqu’elle est aussi pratiquée chez les animistes africains, chez les chrétiens d’Afrique de l’Est et chez les juifs d’Egypte, de Soudan, et d’Ethiopie, alors qu’elle est ignorée dans tout le Maghreb (Maroc, Algérie, la Tunisie), et d’autres pays musulmans comme, l’Iran, la Turquie, Liban, la Syrie, l’Arabie Saoudite. Dieu dit dans le Coran : « Nous avons créé l’Homme dans la forme la plus parfaite ». En 1998, des chercheurs de plus de 35 pays musulmans se sont réunis à Al-Azhar au Caire en Egypte pour discuter des mutilations génitales féminines/excision. Ils sont tous arrivés à la conclusion que les mutilations sexuelles féminines sont une coutume et qu’elles ne sont pas obligatoires dans l’islam, étant donné que celles-ci n’ont jamais été mentionnées dans le Saint-Coran et qu’il n’existe pas de citations dans les Hadiths du prophète Muhammed (paix et salut sur lui) apportant une preuve de isnad (chaine de narration authentique) pouvant justifier une disposition de la charia sur cette importante question de la vie humaine.
Pour conclure, je dirai toute transgression n’est pas perçue de la même manière. Si l’on se réfère à la théorie de Mireille Delmas-Marty, « les actes transgressifs peuvent être classés en différentes catégories. Certains seront sanctionnés par la société civile, on parle alors de déviance. Dès lors qu’une transgression est prise en charge par l’Etat et par le biais du droit pénal il s’agit là d’une atteinte grave ». L’excision est une mutilation qui doit être jugée devant la Cour d’assises, une juridiction compétente pour juger les crimes. Tel est le cas en France.
BA Boubou Doctorant-chercheur Centre d’Histoire et d’Anthropologie du Droit (CHAD) Paris
Quelques références bibliographiques : A.Rouhette, « Le droit coutumier en tant que coutume », in EncyclopaediaUniversalis, Paris, 1985
Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme en France (CNCDH), « Avis sur l’excision », assemblée plénière du 28 novembre 2013
C. Levi-Strauss, « Tristes tropiques », Paris Plon, 1955
E. Le Roy, « L’adieu au droit coutumier »,in E. Rude-Antoine (dir), L’immigration face aux lois de la république, Karthala, 1992
F. Couchard, « L’excision », collection, que sais-je ? Puf, 2003
L. Assier-Andrieu, Le droit dans les sociétés humaines, Nathan, 1996,
M. Mauss, Essai sur le don, in sociologie et anthropologie, Paris, Puf, 1966
M. Mauss, Technique du corps, in sociologie et anthropologie, Puf, 1996
N. Carbonne, Les mutilations sexuelles féminines, Berg International, 2011
N Rouland, L’anthropologie juridique, Puf, 1988
S. De Beauvoir, Le Deuxième sexe, Gallimard, coll. « Idées », 1986
P. Clastres, La société contre l’Etat, Les éditions de Minuit, 1974
S A. Aldeeb Abu-Sahlieh, Circoncision masculine, circoncision féminine. Débat religieux, médical, social et juridique, L’Harmattan, 2001
UNICEF, Mutilations génitales féminines/excision : aperçu statistique et étude de la dynamique des changements », New York, 2013
🔹️Briser les tabous au nom de la dignité humaine et de la raison!
Les mutilations génitales féminines (MGF) sont des pratiques culturelles barbares, nuisibles et néfastes. Ces horreurs consistent en une ablation d’une partie de la partie intime féminine dans beaucoup de pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Certaines personnes les appellent « sunna » alors que les MGF ne sont nullement pas le cas . Par ailleurs, d’autres traditions trouvent des appellations appropriées. Des millions de femmes en sont victimes . Cette pratique ancestrale est le fruit de la bêtise et des préjugés sur les femmes.
En Mauritanie, la communauté Wolof serait la seule qui ne pratiquerait pas ce fléau. Depuis des années des organisations locales et internationales luttent contre cette pratique. Les MGF sont « des pratiques attentatoires à la dignité de la femme» comme l’affirme l’anthropologue Abdoulaye Doro Sow, Enseignant chercheur en sciences sociales (Mauritanie) et président du comité scientifique de l’Equipe de Recherches sur les MGF (ERMGF). Le Bilan, à la fois physique et psychologique, est lourd. Il est impératif que les MGF soient considérées comme crime contre l’humanité: atteinte à l’intégrité physique et morale. Il y’a une nécessité de passer de l’interdiction formelle à la criminalisation.
En parallèle, la clitoridectomie est un acte chirurgical qui consiste à l’ablation partielle ou totale clitoridienne à des fins thérapeutiques. Elle ne doit pas être confondue avec avec les MGF qui sont des rituelles d’excisions consistant à une « ablation des petites lèvres », souvent de toute la partie extérieure du clitoris…
Les MGF sont aussi appelées blessures génitales féminines. Selon UNICEF, en 2013, plus de 130 millions de femmes en sont victimes.
Cette pratique qui , actuellement, « touche 200 millions de filles et de femmes dans 30 pays du monde, se déroule principalement en Afrique où l’on estime le nombre de victimes à 91,5 millions de femmes et de filles de plus de 9 ans vivant actuellement avec les conséquences de ces mutilations sexuelles. Toujours en Afrique, on estime que, tous les ans, 3 millions de filles risquent de subir ces pratiques traditionnelles néfastes. Si les tendances actuelles se poursuivent, 86 millions de filles supplémentaires âgées de 15 à 19 ans risquent, elles aussi, de subir des mutilations génitales d’ici à 2030. Les pays où la prévalence des MGF chez les filles et les femmes de 15 à 49 ans est la plus élevée sont la Somalie (98 %), la Guinée (97 %) et Djibouti (93 %). La pratique de l’excision est également présente au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique Latine ».
~ Source: Female Genital Mutilation/Cutting: a global concern, UNICEF, New York, 2016.
Des lois ont été ratifiées pour l’interdiction dans le monde. Trois pays n’ont pas encore adopté de loi contre ces pratiques : le Libéria, la Sierra Leone et le Mali.
Les idées reçues sur les MGF sont nombreuses. Ce sont des arguments culturels dans la plus part du temps. En Mauritanie, la fonction est assignée aux « femmes appartenant à la caste sociale des forgerons ou bien des cordonniers. Il y a donc un savoir et un savoir-faire qui se transmettent de génération en génération». De ce fait, il faudrait donc un travail de longue haleine pour la destruction de cette classification sociale qui est nécessaire mais aussi une requalification de ces personnes en charge de «l’ignominie». C’est pourquoi les causes, très ancrées dans les traditions, nourrissent encore l’idée d’une telle barbarie. Il est alors urgent de mener des campagnes contre les arguments culturels,à fortiori quand ils vont à l’encontre du respect de l’intégrité physique et morale. Les contres arguments culturels et scientifiques sont les bienvenus pour lutter massivement. Il faut notamment un soutien étatique( hormis la pénalisation) pour les campagnes dans les terroirs car, jusqu’à nos jours les associations de la société civile et les ONG( UnicefMauritanie…) sont les seules réellement sur le terrain.
Dans la plupart du temps, les victimes de ces séquences ignorent les conséquences. En conséquence, les MGF deviennent difficiles à éradiquer. Les risques notés de ces pratiques sont très souvent :
• problèmes urologiques( douleurs en urinant..) et gynécologique( infertilité…) souffrances,
• saignements abondants,
• infections (tétanos, MST…),
• abandon et échec scolaire dans les cas où l’excision est suivie d’un mariage précoce,
• douleurs pendant l’acte sexuel et les menstruations,
• risques d’incontinence,
• complications lors des grossesses et des accouchements,
• détresse psychologique… Il arrive que la personne excisée subit un choc violent et mort s’en suive.
La sensibilisation sur les MFG est cruciale. Souvent confrontés à des tenants des traditions, il est difficile pour les acteurs de l’éveil des consciences, à savoir les oulémas, les médecins, les associations, de perforer la mentalité de beaucoup d’individus d’où une exigence de la CRIMINALISATION des MGF face à la dérive humaine. Ainsi, l’éducation des jeunes filles, la mobilisation de la société, et particulièrement les parents seront des facteurs importants afin de dire plus jamais ça. Il faut soutenir les droits des filles. Pour cela, nous disons #Non_a_l_Excisison. Oui pour la Santé et L’ÉDUCATION.
Femal genital mutilation/cutting is horrible and also a crime.
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