Communiqué de presse Libération des militants de Lexeiba

Le 6 novembre 2019, le tribunal de Kaédi (sud de la Mauritanie), a rendu son verdict concernant les poursuites engagées par le ministère public mauritanien à l’encontre de dix (10) militants d’IRA – Mauritanie, soutenant le candidat présidentiel Biram Dah Abeid et un militant de la Coalition Vivre Ensemble (CVE), soutenant le candidat présidentiel Kane Hamidou Baba.
En effet, quatre parmi les prévenus, en l’occurrence :
1- Kader Mamadou Diawoundy (IRA)
2- Youssouf ould Mohamed ould Abowa (IRA)
3- Demba Kane (IRA
4- Sidi ould Brahim (IRA),
ont été condamnés a six (6) mois de prison dont trois (3) assortis de sursis et trois (3) ferme (déjà purgés) en plus du dédommagement des victimes si ces derniers prouvent la justesse de leurs allégations.
Quant à:
5- Abou Mody Mamadou (IRA)
6- Mamadou Abdallahi Sall dit Ghali Sall (CVE)
7- Boubacar Ould Abowa (IRA)
8- Youba Mohamed Ould Ahmed Abd (IRA)
9- Amodou Ousmane Dia (IRA)
10- Ismael Amodou Timbo (IRA)
11- Saidou Demba Diawara (IRA)
Ils ont été purement et simplement acquittés.
L’avocat de IRA – Mauritanie, maitre Ahmed ould Ely ould Yargueyt, commis pour la défense des prévenus, dès leurs arrestations au lendemain du scrutin présidentiel en Mauritanie le 22 juin 2019, a interjeté un appel partiel de ce verdict. En effet notre avocat et nous (IRA – Mauritanie) contestons les peines prononcées contre nos militants et le militant de la CVE, injustement arrêtés, torturés, maltraités et séquestrés depuis quatre longs mois. Et nous n’avons jamais cessé de dénoncer l’acharnement gratuit d’une justice de classe et de race, contre les détenus d’opinions que sont ces prisonniers.
Nous rendons par ailleurs hommage au courage et à la détermination des détenus, mais aussi l’abnégation et la dignité de leurs familles. Nous remercions fortement maitre Ahmed ould Ely ould Yargueyt, pour son engagement et son désintéressement. Nous remercions les militantes et militants d’IRA-Lexeiba, d’IRA-Kaedi et à leur tête le doyen Sy Mamoudou ; nos remerciements vont également aux gens de IRA-Nouakchott, IRA-Nouadhibou, IRA-Atar, IRA-France, IRA-Belgique et toutes les autres sections de IRA en Mauritanie et par le monde, qui se sont mobilisés pour soutenir les détenus pendant cette dure épreuve.
Nous remercions aussi les membres dirigeants de IRA – Mauritanie et à leur tête l’honorable député Coumba Dada Kane, qui ont tenu à assister physiquement à Kaédi durant toutes les péripéties de l’instruction et du jugement des camarades.
Nous nous félicitons aussi que les détenus de Lexeiba, issus des différentes communautés nationales, sont restés unis durant cette épreuve par les principes fondateurs d’un engagement citoyen, pour un Etat républicain ainsi que la plénitude de la dignité de l’Homme, abstraction faite de sa couleur, sa langue ou sa religion.

Nouakchott, 10 novembre 2019
La commission de communication

Mauritanie/Politique – CVE-2 : 《Le Communiqué de presse de la coalition Vivre ensemble》

Le Conseil des Présidents de la CVE se félicite de la libération, ce mercredi 06 novembre, de ses militants arbitrairement détenus à Kaédi, à la suite de la crise post-électorale de juin dernier, et dont le sort aurait dû être la préoccupation première de la CVE, en lieu et place de l’imposition d’un agenda sur le devenir de la coalition qui n’avait d’autre but que de nous distraire de l’essentiel.
En effet, il n’aura pas échappé aux militants et sympathisants de la CVE qu’une partie des membres du conseil des présidents a publié, sans concertation avec les autres, un communiqué, en date du lundi 04 novembre 2019, faisant état de l’adoption d’une charte Les auteurs de cette charte de la discorde sont les seuls responsables de ce qu’il adviendra de la coalition.

Par cette décision unilatérale et la précipitation qui la caractérise, ils ont effectivement prouvé qu’ils ne reculeraient devant rien pour transformer le cadre de concertation qu’est la CVE en un parti politique qui ne dit pas son nom. Ce faisant, ils ont choisi de scinder la CVE en deux et ils en portent l’entière responsabilité devant l’histoire.

Nous réitérons ici notre attachement à la CVE en tant que cadre de concertation entre des partis politiques et des mouvements de la société civile afin de prendre en charge, en commun, la question de la cohabitation entre nos différentes composantes nationales dans ses aspects majeurs que sont, entre autres :

– L’officialisation de toutes nos langues nationales et l’égale promotion de nos cultures ;

– L’égal accès de tous à l’enrôlement jusque-là raciste et discriminatoire ;

– L’éradication du phénomène honteux et anachronique de l’esclavage ;

– Le règlement définitif du problème du génocide des années 1990 ;

– La résolution de la question des terres.

Nouakchott le 07 novembre 2019.

🔹️Les Partis et Mouvements ayant dit non à la charte de la discorde.

©️ Crédit source : Réseaux proches CVE ( FB du 8/11/19 )

Nouvelle attaque contre le militant anti-esclavagiste Biram Dah Abeid.

La Libre Afrique – Biram Dah Abeid, 54 ans, militant anti-esclavagiste mauritanien qui a reçu, en 2013, le prestigieux prix des Nations unies pour les Droits de l’homme et qui est arrivé second à la présidentielle de juin dernier dans son pays, est l’objet d’une nouvelle attaque au Sénégal.

Dans ce pays, plus démocratique que la Mauritanie, les autorités avaient annulé à deux reprises une conférence de presse du militant anti-esclavagiste en 2017, sur pression de Nouakchott.

Ce jeudi 7 novembre, le média en ligne Dakaractu l’a mis en cause dans un vol de munitions à l’armée sénégalaise, suscitant l’indignation de Biram Dah.

4500 munitions de guerre

Il y a peu, les autorités sénégalaises ont découvert le vol de 4500 muinitions pour AK-47 dans les stocks de leur armée. Alors que la justice sénégalaise a ouvert une enquête – qui viserait jusqu’ici un jeune militaire local et deux chauffeurs – Dakaractu titre: « Visé par Nouakchott dans l’affaire du vol de munitions de guerre à Dakar, l’opposant Biram Dah Abeid risque-t-il gros? ».

Le corps de l’article assure que les autorités mauritaniennes accusent « les candidats de couleur de tenter de déstabiliser le nouveau pouvoir », et cite nommément « Biram Dah Abeid, puisqu’il s’git de lui ».

Interrogé par La Libre Afrique.be, Biram Dah – en route pour Dakar – a souhaité « que l’enquête sénégalaise aille jusqu’au bout pour démêler l’écheveau et situer les responsabilités dans ce vol.

Mes principes ont toujours été un refus total de la violence, sous quelque prétexte que ce soit ». Et d’annoncer que « les journaux qui ont publié ces calomnies vont devoir assumer leur responsabilité juridique ».

Le nouveau Président plus ouvert

Le parlementaire mauritanien « craint fort qu’il s’agisse là d’une tentative de faire échouer l’entente sur les questions de démocratie et de droits de l’Homme qui se dessine entre nous », militants anti-esclavagistes de l’IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste), « et le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani ».

Ce dernier, bien qu’ancien « numero deux » du régime de l’ex-président Abdel Aziz, a montré une ouverture inédite.

Le 30 septembre, il a en effet longuement reçu Biram Dah Abeid pour un entretien sur les violations des droits de l’Homme en Mauritanie, dont la persistence des pratiques esclavagistes et le rôle néfaste joué par un groupe de juges d’instruction du tribunal de Nouakchott, qui préfèrent s’en prendre aux militants anti-esclavagistes qu’à réprimer l’esclavage comme le veut officiellement la loi mauritanienne.

Le 1er octobre, lors d’une conférence, Biram Dah s’était félicité de trouver dans le nouveau chef d’Etat la « volonté de trouver une solution en vue de consolider l’unité nationale ».

Dans son entretien avec La Libre Afrique.be, jeudi, le parlementaire anti-esclavagiste a estimé que la tentative de « faire échouer » ce début prometteur pouvait émaner tant de « certains secteurs au sein du pouvoir que de groupuscules aigris au sein de l’opposition » en Mauritanie.

Par Marie-France Cros

©️ Crédit source : Repris via cridem.org ( 7/11/19 )

Communiqué : La CVE adopte sa Charte et s’ouvre aux forces progressistes

CVE – Le Conseil présidentiel de la Coalition Vivre Ensemble (CVE) s’est réuni ce lundi 4 novembre 2019 à l’effet d’adopter sa Charte.

Cette réunion clôture une longue série de plus de trois mois de concertations, de discussions et de propositions. Les partis politiques, les organisations de la société civile et les groupes de personnalités présents ont décidé ce jour de consolider leur structure de coordination par la formalisation de la Coalition Vivre Ensemble (CVE) qui devient ainsi une structure permanente dotée d’organes d’orientation et de gestion.

La CVE, fidèle à ses principes de dialogue et d’élargissement, reste ouverte à toutes structures désirant l’intégrer ou avoir avec elle un partenariat spécifique dans le respect des objectifs fixés dans sa plateforme du 06 avril 2019.

Les membres signataires de la charte de la CVE sont :

1. Pour le MPR, Kane Hamidou Baba

2. Pour le Frud, Amadou Tidiane Diop

3. Pour le FP, Mohamed Mahmoud Tolba

4. Pour Arc en ciel le PMC, Ba Alassane Soma dit Balas

5. Pour le Plej, Ba Mamadou Alassane

6. Pour les Flam, Ba Aboubakry Souleimane

7. Pour Kawtal, Sow Djiby

8. Pour le Groupe de Réflexion, Anne Ousmane Amadou

9. Pour les personnalités, Elhadj Oumar Tall

Fait à Nouakchott le 04 novembre 2019

Commission com de la CVE

©️ Crédit source : Réseaux Sociaux Militants (FB du 5/11/19)

Les Mystères de la nature humaine

L’humain est un ensemble de contradictions, un amas de chair, une étincelle d’intelligence, un cadavre ambulant, un réservoir de mystères. Il est un et tout. Il est unique, il est l’esthétique et n’échappe nullement à la laideur. La laideur d’une âme, souillée par la haine et la jalousie est plus destructrice qu’un ouragan. Un ouragan ravage nos espérances et nos souvenirs, emporte des vies et des espoirs. Une âme errante et sans foi détruit des mondes, blesse des cœurs et se console dans nos malheurs. La foi en Dieu, en l’Homme, en une lueur d’espoir est un temple de paix et d’amour. Notre époque nous promet un sombre avenir et nous montre la facette la plus sombre de l’humain. De la haine à la négation de notre humanité, le pouvoir mauritanien, infesté d’âmes errantes sans foi, déchire des cœurs, enterre l’intelligence de nos enfants, élève au rang de savants, des esprits vides et chasse la connaissance pour laisser place à l’ignorance. Que l’étincelle d’une âme éclairée et juste leur vienne en aide !

Le poète est émotif, l’artiste peint les portraits de nos vies et le penseur éclaire nos esprits, disserte sur nos existences et crée un équilibre entre le bien et le mal. La morale est humaine ! S’insurger contre une injustice faite sur un peuple est humain. Replacer l’intelligence au cœur de nos relations et rencontres, de nos vies et combats, de nos malheurs et crispations, est humain. Le bâton qui éclate le nez, la matraque qui humilie, la haine qui nous déchire, le mépris qui nous ronge sont encore plus humains. Mais, l’amour et la tendresse, la compassion et le courage, la recherche de la paix et la protection des innocents et des opprimés est un enclos des hommes aimants, des femmes courageuses et des âmes sensibles. La connaissance est une arme. Sans elle, on est désarmé disait le poète. Dispensons la connaissance, démocratisons les savoirs et, nous verrons, que les esprits de la discordante, les allergiques à la différence et les mentalités de la violence et de l’aigreur s’agenouilleront devant la toute puissante évidence de notre unité, de la richesse de notre diversité et de notre humanité. D’ailleurs, ne dit-on pas que c’est la variété des couleurs qui fait la beauté d’un tapis ?

La diversité des langues et des cultures, des couleurs et des opinions n’est qu’une bénédiction. Elle embellit notre existence, nous montre l’essence de notre monde et le rôle des hommes. Sans amour, nous serions que des tyrans impitoyables et des éternels agresseurs. L’amour est l’arche à partir du quel est accroché le trône de l’humanité. L’amour dessine la beauté de nos chemins de vie, véhicule nos pensées et veille à ce que la différence et la diversité soient l’emblème de nos conduites et de nos aspirations les plus profondes. Il rassemble des hommes et des femmes. Il constitue au-delà de l’agressivité cette corde d’humanité qui nous rassemble.

Ce texte est un enseignement, un cheminement vers l’autre. Il est aussi un hymne à la différence, à la connaissance, à la diversité et à notre l’humanité. C’est la porte de la diversité et de la différence qui laisse entrer la tolérance. La méconnaissance de l’autre, de sa culture et de sa différence sont sources de nos questionnements, de nos angoisses et de nos peurs. Elles nous montrent une image floue de l’autre, de nous à travers l’autre et de l’autre à travers nous. C’est à travers ces perceptions, ces angoisses et ces peurs que « l’Homme voyage, rebrousse chemin, repart, se perd, se retrouve, croit se retrouver et se perd encore ». Quoi qu’il en soit, voyageons et partons à la rencontre de l’autre !

Voyager c’est renaître. Renaître socialement et intellectuellement. Lire c’est voyager dans l’intimité de l’auteur, se plonger dans la profondeur de son monde. Un univers imaginaire et fictif, réaliste et réel. Pourtant, il est beaucoup plus instructif de côtoyer les autres, de se noyer dans leurs peurs et angoisses, dans leurs cultures et imaginaires, dans leurs sagesses et philosophies. Cette aventure, menée avec sagesse et humilité, déconstruit nos préjugés, nos jugements et nos caricatures. Maillard disait  » le plus difficile c’est de se rendre à la gare », de s’éloigner des siens et de se plonger dans l’inconnu et dans l’univers de l’autre. Pourtant, il est certain qu’un esclavagiste qui croit réellement à cette pratique horrible et inhumaine serait très étonné de s’aventurer dans un monde libre où les hommes, quelques soient leurs richesses et leurs intelligences, se courbent devant la toute-puissante loi de l’égalité entre les hommes. Ce raisonnement est aussi valable pour les féodalistes et les suprématistes de tout bord.

On y est, le féodalisme ! En Mauritanie, ma patrie, la Terre de mes pères est un laboratoire d’expérimentation et d’application de toute sorte d’injustice. Du racisme étatique institutionnalisé à la féodalité primaire des  » dignitaires du sud » et des  » notables du nord », des hommes libres et innocents, se courbent devant la barbarie et l’ignorance d’une partie de ceux qui se prétendent « nobles » et élus de Dieu.

La cruauté de la nature humaine est inimaginable. Elle emprisonne les âmes innocentes des jeunes filles et garçons dans une tradition archaïque et injustifiée dans laquelle le féodaliste et l’esclavagiste se battent pour remporter la couronne de la honte et de l’injustice. Pire encore, ils transmettent à leurs enfants, dès le plus jeune âge, les codes et des règles pour écraser les espoirs des hommes qui, dans le mépris et la barbarie, ne cherchent qu’à se libérer et jouir de leurs droits les plus élémentaires. Les chaînes de la honte les couvent, la sincérité, ils ignorent, la compassion, ils ne la connaissent point mais, ils se dresseront pour dénigrer et exploiter la misère des pauvres pour se dédouaner de leur animalité primaire et de leur comportement nauséabond et cruel.

Ils ne cessent de se plaindre du racisme étatique de l’État mauritanien sur tous les toits. Ils ne cessent de se glorifier d’un passé qu’ils n’ont jamais construit. Ils ne cessent de bomber le torse pour chanter la bravoure et le courage de ceux qui ont donné l’âme de notre Futa d’antan. Qu’avez-vous accompli pour libérer le jeune Bilal qui vous masse les pieds et vous considère comme maître et représentant de Dieu sur terre ? Qu’avez-vous fait pour combattre ceux qui humilient et trainent des innocents et des respectables pères de familles dans nos villages d’aujourd’hui aux habitudes et pratiques d’hier ? Rien ! Le plus juste d’entre eux est celui qui se sent et se revendique supérieur aux autres. La seule différence entre un  » noble  » et un « non-noble » , si vous croyez en Dieu et à son message, c’est la foi. Et s’il arrive que la foi en Dieu ne vous titille point, ayez au moins la décence de posséder un minimum de savoir pour vous imposer. Autrement, soyez juste humains et compatissants. Cela suffit et cela fait partie de notre intelligence et de notre nature originelle. Lisez Camus, vous comprendrez mieux !

Dans « Vers le dialogue » publié en 1946, Albert Camus, en guise de conclusion nous dit :  » Ce qu’il faut combattre aujourd’hui, c’est la peur et le silence, et avec eux la séparation des esprits et des âmes qu’ils entraînent. Ce qu’il faut défendre, c’est le dialogue et la communication universelle des hommes entre eux. La servitude, l’injustice et le mensonge sont les fléaux qui brisent cette communication et interdisent le dialogue. C’est pourquoi nous devons les refuser. » Refuser c’est résister et, résister, pour reprendre les mots d’Adolf Perez Esquivel, c’est le début de la victoire. Donc, Résistons !

KIDE BABA GALLE

©️ Crédit source : RMI-INFO

Mauritanie : encore un militant antiesclavagiste derrière les verrous !

La justice au service de la domination

Note d’alerte

La fameuse cellule des juges d’instruction au tribunal de Nouakchott-Sud, vient d’ordonner, le lundi 28 octobre 2019, l’emprisonnement de Sidi Ennagi, membre de IRA – Mauritanie et volontaire du « comité de la paix », en charge de la sécurité de Biram Dah Abeid, député et Président de l’association, toujours non-reconnue. Cette cellule dont le chef de file est le juge Ethmane ould Mohamed Mahmoud, fidèle aux milieux esclavagistes mauritaniens. La décision de mise à l’écrou de Sidi Ennaji, se fonde sur le grief d’ « agression contre un agent de police dans l’exercice de ses fonctions ».

Qui est Ehmane ould Mohamed Mahmoud?

Connu pour avoir livré une fille esclave à ses propriétaires en septembre 2019, le magistrat du siège s’opposait ainsi à l’emprisonnement des fauteurs de trafic, torture et d’exploitation de mineurs, malgré la réquisition expresse du Procureur de la république. Non content de protéger les contrevenants à la loi, il poussa le zèle jusqu’à leur restituer la victime, disparue depuis dans la lointaine localité de Bassiknou ; il recevait alors le soutien de la Cour suprême. Ni la corporation des magistrats ni le ministère de la justice n’ont pris, à son encontre, les mesures de discipline que requerrait la gravité du manquement. Au lieu d’une radiation pure et simple, Ethmane Ould Mohamed Mahmoud sévit encore dans le prétoire.

Que s’est-il passé?

Le jeudi 24 octobre 2019, Sidi Ennagi travaille dans son atelier de soudure à Arafat (un quartier périphérique de Nouakchott) lorsqu’un taxi stationne, soudain, à proximité. Un client en sort, aussitôt poursuivi par le conducteur, lequel, enragé, lui réclame le prix de la course ; l’usager, se défend de toute grivèlerie et, force protestations à l’appui, prétend l’antériorité du règlement.

Le taximan empoigne le passager indélicat et celui-ci se débat ; des passants s’interposent. Au terme de la rixe, un badaud chuchote, au chauffeur, que Sidi Ennagi, alors spectateur de l’attrapade, filmait la scène. L’auteur de la molestation inachevée se dirige vers le témoin présumé et le somme de remettre le téléphone. Sidi Ennaji refuse d’obtempérer et précise que son appareil ne contient aucune image de l’incident.

Furieux et manifestement contrarié par son infortune, le chauffeur retourne dans le véhicule, s’y dévêt du boubou, le range à l’intérieur et revient vers Sidi Ennagi, auquel il assène des coups de poing, non sans fureur. Ce dernier tente d’abord d’esquiver la charge puis se met en posture de légitime défense.

Incapable de terrasser Sidi Ennagi, le taximan démarre et revient, peu de temps après, entouré d’une escouade de gardiens de la paix, en uniforme ; les policiers expliquent à Sidi Ennagi, que le plaignant est un agent de police comme eux, et l’embarquent chez le commissaire Tar Ould Sweinee, tortionnaire notoire des militants abolitionnistes. L’officier de l’ordre public procède à l’arrestation de Sidi Ennagi, le fait déshabiller et placer au violon. En vertu de la connivence ethnique et la solidarité de corps, tous confectionnent, à la va-vite, un dossier à charge, contre Sidi Ennagi. Le 28 octobre 2019, à présent identifié comme activiste des droits humains, militant d’IRA – Mauritanie, il comparait devant la cellule des juges d’instruction, qui ordonne son dépôt à la prison civile de Nouakchott.

Quelles leçons en tirer ?

Il n’est plus nécessaire de rappeler la dureté de la coercition envers les noirs de Mauritanie en général mais surtout les militants d’ IRA – Mauritanie en particulier, ni, en comparaison, de relever la complaisance des segments de pouvoir au bénéfice des descendants de maitres, tous d’extraction arabo-berbère. La récurrence des discriminations, y compris lors des nominations en conseil des ministres ou concours de recrutement pour les corps civils et militaires, illustrent assez l’évidence empirique des inégalités et, surtout, leur banalisation. Le délitement de l’Etat et la clochardisation de ses employés, atteignent un degré tel qu’un policier cumule, sans conséquence, le métier de chauffeur de taxi. A force d’impunité, de corruption et de laxisme, la Mauritanie est livrée à la médiocratie, poreuse à l’extrémisme religieux et en rupture d’avec la rigueur et le mérite. La détention arbitraire de Sidi Ennagi procède de la sédimentation des injustices, dans une société de privilèges et d’abus, qui va à sa perte si le gouvernement du président Mohamed Cheikh El Ghazouani ne s’engage au plus vite dans un processus ses engagement de reforme envers le peuple et de dialogue ou concertations avec ses opposants.

Nouakchott 03/11/2019
La commission de communication

✅Après le visionnage du film les Diambourou, quel impact pour notre militantisme Ganbanaaxu Fedde ?

Au sein d’un amphithéâtre de l’EHESS, le samedi 26 octobre 2019, le mouvement antiféodal et anti-esclavagiste sous le vocable soninké GANBANAAXU* FEDDE a pris part à la projection du court métrage réalisé par l’universitaire historienne Marie Rodet*. Ce film sorti en 2014 avec le titre Les Diambourou : esclavage et émancipation à Kayes – Mali, est un travail historique très dense en enseignements sur les problématiques de l’esclavage intra- africain d’antan et ses séquelles contemporaines très vivaces ( l’esclavage coutumier par ascendance) dans certaines communautés en Afrique de l’ouest notamment chez les soninkés.

Ainsi nos militants vivant en région parisienne ont été nombreux à être au rendez-vous du 26 octobre. Depuis quelques jours à travers nos supports de sensibilisation et d’éveil contre cette tare sociétale très ancrée chez certains milieux soninkés, nous reccueillons d’innombrables témoignages très positifs venant de nos membres et sympathisants sur ce film https://vimeo.com/245704895 . À travers ce documentaire, notre engagement abolitionniste transnational en milieux soninkés, se trouve un appui considérable pour plus de visibilité médiatique dans certains cercles notamment universitaires . Nous saluons la disponibilité de la réalisatrice Marie Rodet de la SOAS de Londres, Mme Myriam Cottias du CIRESC et les services d’EHESS pour l’accueil. Nos remerciements à nos membres, sympathisants et à toutes les personnalités ayant répondu honorablement à notre invitation.

Par ce Mot , le président Gaye Traoré (Président d’ARMEPES-France et initiateur du forum Ganbanaaxu Fedde)
et l’ensemble des antennes militantes GANBANAAXU FEDDE à travers le monde, expriment leur reconnaissance pour l’intérêt manifesté par Toutes et Tous.

🔹️*GANBANAAXU FEDDE : Mouvement d’éveil citoyen et humaniste contre l’esclavage coutumier par ascendance chez les soninkés.

🔹️*Marie Rodet, Maîtresse de conférences en Histoire africaine à la School of Oriental and African Studies (SOAS) à Londres.

Vendredi 1 Novembre 2019

©️ La cellule Com Armepes/GANBANAAXU FEDDE

Mauritanie/Littérature : La présentation du livre de Mr KEBE Hassane Gaye

Monsieur KEBE Hassane est un mauritanien, titulaire d’un doctorat en littérature et enseignant en région parisienne. Cet homme féru de la chose littéraire, est natif de Diadjibiné, localité à dominance soninké faisant partie de la région de Gorgol.

Son livre qu’il nous a honorés d’une présentation ici à travers cette publication, aborde l’œuvre d’un auteur phare de la littérature mauritanienne , feu Ousmane Moussa Diagana, paix éternelle à son âme. Ameen

🔹️Hassane Kebe :

Ousmane Moussa Diagana, une écriture transrégionale, Éditions Vérone, avril 2019.

Sur le continent africain, la Mauritanie occupe une position stratégique En effet, elle partage ses frontières avec l’Afrique noire (Mali-Sénégal) et le Maghreb (Algérie-Maroc). La population est composée des Noirs et Arabo-berbères, plusieurs langues (Arabe, Peul, Soninké, Wolof et Français) sont parlées. Parler de ces langues est synonyme de parler de plusieurs cultures qui cohabitent . Cette position géographique et cette composition sociale auraient pu être pour la Mauritanie un atout pour construire une nation prospère où la devise nationale (Honneur-Fraternité-Justice) aurait tout son sens. Mais depuis l’accession du pays à l’indépendance, le 28 novembre 1960, la nation mauritanienne est plus que divisée : résultat des politiques mises en œuvre par les dirigeants. Avec différents procédés d’écriture, Ousmane Moussa Diagana déconstruit cette réalité et propose une République idéale où les Mauritaniens peuvent lire objectivement leur Histoire, et épouser la philosophie de l’altérité. Le Monde et sa diversité sont au cœur de cette œuvre, c’est le lieu de saluer l’écriture transrégionale.

Ecrire cet ouvrage, revient à contribuer de façon modeste à l’étude d’une œuvre majeure de la littérature mauritanienne d’expression française. Il était par ailleurs urgent de retracer les grands axes de l’œuvre de l’un des plus grands poètes, homme de culture et chercheur de la Mauritanie et le replacer dans un contexte international, tant sur le plans de la pensée que de la création littéraire. L’œuvre diaganéenne interpelle tous les acteurs de la société. C’est une écriture qui convoque différentes disciplines (l’interdisciplinarité) où résident l’originalité et la force de son art. Le lecteur découvrira non seulement un auteur et sa densité, mais aussi un pays et ses oxymores. Lire Ousmane Moussa Diagana, dans le contexte actuel du monde, c’est se donner l’occasion de voir la pluralité, l’interculturalité et l’intertextualité poétisées : « la littérature mondiale ».

Regardez « TTI Biram Dah Abeid » sur TOOBA TV

🔹️L’interview du président Biram Dah Abeid, leader abolitionniste mauritanien et député à l’assemblée nationale. Arrivé deuxième à l’élection présidentielle juin 2019 en Mauritanie, le célèbre militant pacifiste était interrogé le 19 septembre 2019 en région parisienne par Mr Brahim Diallo de TV TOOBA.

Mauritanie/politique : Le Président de la République reçoit le leader de la Coalition Vivre Ensemble (CVE)

CVE : COMMUNIQUE

Le Président de la République reçoit le leader de la Coalition Vivre Ensemble (CVE)

Le leader de la Coalition Vivre Ensemble (CVE), Dr KANE Hamidou Baba, a été reçu en audience par le Président de la République Mohamed Cheikh Ould El Ghazouani ce lundi 28 octobre 2019.

Les entretiens ont porté essentiellement sur les mesures d’apaisement post électorales, les questions de l’unité nationale, de la cohésion sociale, et l’enracinement de la démocratie ainsi que les questions économiques et du développement dont les perspectives gazières.

Le président KANE Hamidou Baba reviendra sur la teneur des entretiens dans une conférence de presse en évoquant d’autres questions d’intérêt national.

Nouakchott, ce 28/10/2019

La Commission de communication de la CVE

📺 RMI-info.com La #Mauritanie 🇲🇷 et ses actualités

©️ Crédit source : RMI – info (post Facebook du 28/10/19)