Seneweb – Encore Amy Ndiaye Gniby ! Alors que l’affaire contre le guide des Moustarchidines n’a pas encore connu une issue heureuse, elle a remis ça.
Tout est parti d’une réaction de certains députés de l’opposition. Après les observations sur la forme du rapport relatif au projet de budget du ministère de la Justice, ce jeudi 1er décembre, ces derniers à savoir Sanou Dione, Guy Marius Sagna et Massata Samb ont demandé au président de l’Assemblée nationale, Dr Amadou Mame Diop de rappeler à l’ordre les députés de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) qui perturbent la séance.
Lors de sa prise de parole, Massata Samb a rappelé l’incident sur les propos « désobligeants » tenus à l’encontre du guide des moustarchidines, Serigne Moustapha Sy lors du passage du ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, dimanche dernier, devant l’Assemblée nationale.
Immédiatement, la parlementaire Amy Ndiaye s’est levée pour crier à tue-tête qu’elle était l’auteure de ces allégations dont il fait allusion. Sans tarder, Massata Samb va se diriger vers elle avant de lui donner une gifle.
Association NGC (nouvelle génération de Coumba Ndao) Loi 1901 (solidarité internationale) AIDE MEDICALE YONKI (la vie) La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social. Elle est primordiale pour pouvoir satisfaire ses ambitions et ses besoins de la vie quotidienne. La santé est un droit qui doit être garanti pour tous, individus aisés ou démunis. Toute âme doit se sentir protégée et avoir espoir de se dire si je tombe malade un jour, je peux me soigner. Depuis le 3 octobre 2022 nous avons donné une carte santé à 100 personnes les plus vulnérables dans le village de Coumba N’dao (Mauritanie). Leurs frais de santé sont désormais pris en charge à 100% par L’ANGC. Ainsi 38 personnes en situation d’handicap et 62 personnes (hommes et femmes seul.e.s) sans aucune ressource. La prise en charge des frais d’accouchements de toutes les femmes du village.
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Bonjour, mesdames et messieurs, chers participants !
Citoyen de la République Islamique de Mauritanie, je viens du Sahel, une contrée de l’Afrique qui a hérité, depuis avant l’islamisation et la colonisation, de communautés structurées sur l’inégalité de naissance, l’endogamie et l’esclavage. Dans les sociétés du Sahel-Sahara post-islamisation, les groupes dominants fondèrent leurs règles de préséance sur l’esclavage et transposèrent les textes, de droit « musulmans », à leurs modes de vies, bien antérieurs à l’Islam; néanmoins, l’adaptation de la nouvelle religion, aux rapports de supériorité, engendrera la légalisation des pratiques d’inégalité de naissance, qui connaîtront, alors, un essor historique, géographique et culturel. Le commerce négrier vers les Amériques est venu, dans la foulée, pour enraciner et figer, jusqu’à nos jours, un lien de domination où s’insinue le racisme anti-noir ; l’hémorragie du Continent, à travers les pistes des traites transsahariennes ainsi que celles d’Afrique du Nord, du littoral Swahili et de la mer Rouge, se trouva renforcée et dépassée par la version atlantique et triangulaire. Le déplacement forcé des populations jeunes devient plus actif et massif, renforçant davantage l’impact de l’esclavage et de ses manifestations dans les sociétés du Sahel-Sahara. La colonisation française utilisera deux procédés différents face à la persistance du problème en Afrique. Le premier procédé s’adresse, d’abord, aux autochtones subsahariens et adopte le choix de la répression, quoique de manière souvent molle. Le deuxième vise plutôt les groupes Arabe, Touareg et Maures, des peuples que la littérature coloniale sublimait et appelait « les hommes bleus ». L’esclavage en leur sein a été largement toléré et même concédé par l’administration coloniale. Ainsi, les responsables de l’occupation niaient l’existence d’esclaves et préféraient parler de « captifs » : aujourd’hui, la ligne politique et diplomatique de négation de l’esclavage qu’adopte la Mauritanie et d’autres pays du Sahel est un héritage du colonialisme français. Tous les dirigeants de l’Afrique indépendante sont tombés dans le travers du négationnisme, attitude qui fera, des esclaves chez nous, les vrais laissés-pour-compte de la colonisation et de la décolonisation, dans le même temps. Plus que tous les pays sahéliens dont les sociétés vivent l’esclavage coutumier et de castes comme un trait culturel, la Mauritanie, continue de fonder le mode de vie d’une importante partie de l’élite arabo-berbère dominante, sur l’exploitation de l’homme par l’homme, notamment le travail non-rémunéré et indécent, sans omettre la séparation des familles serviles, le trafic des enfants et des femmes; le droit de s’approprier le corps d’une esclave et la légitimation du viol ancillaire ponctuent la déshumanisation des victimes. Aussi, devant le caractère scandaleux de la question, l’oligarchie esclavagiste qui dirige la Mauritanie, adopte, désormais, la duplicité de sa diplomatie, à l’endroit du droit international public. La ruse consiste à ratifier toutes les conventions possibles et imaginables sur l’esclavage et les trafics des personnes, édicter des lois nationales de coercition, capter les fonds destinés aux colloques, ateliers et autres programmes de prévention et formation, voire créer des tribunaux ad-hoc. A un autre niveau de traitement oblique du phénomène, il s’agira de nommer des cadres ou personnalités issus des milieux serviles, au sein du gouvernement et de la haute administration, en leur assignant la mission de témoigner contre le réel ; in fine, des institutions comme la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), le Commissariat éponyme et le Mécanisme national de prévention de la torture (Mnp) bénéficient de financements, en vue de saturer la sensibilisation contre l’esclavage, au détriment de la sanction pénale; certains diplomates, représentants des pays du monde libre ou des institutions internationales, accompagnent parfois ce carnaval d’enfumage. Cependant : 1– L’Etat mauritanien assure l’impunité totale dans tous les dossiers de crimes avérés d’esclavage : Les plaintes de la petite Ghaya Maiga, Mariem Cheibani et ses filles, deux exemples parmi plusieurs, qualifiés de contrainte esclavagiste par le Parquet et la police, sont sabotées, sur injonction du pouvoir ; juges d’instruction, messieurs Outhmane Mohamed Mahmoud, Moctar Ahmed Dah et Moulaye Ahmed Mohamedhen s’abstiennent d’appliquer la loi, en dépit même des insuffisances de celle-ci. De surcroît, les autorités se gardent de porter assistance matérielle et psychologique, aux personnes à présent émancipées, d’où le retard de leur réinsertion dans une société de normalité moderne. Aucun bourreau n’est exproprié au profit de ses esclaves, malgré des siècles d’humiliation et de violence, y compris le viol des servantes et des cas de mutilations parmi le cheptel masculin.
2. Le gouvernement exerce l’ostracisme contre l’Ong Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) ; la punition survient en réaction à notre volonté de ne pas accepter de compromission avec les violations de la dignité minimale des gens : depuis le passage du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage, à Nouakchott et sa rencontre avec nous, les proches du Président de la république islamique de Mauritanie ont enclenché la diabolisation de l’Ira-M et de ses dirigeants ; nous voici sanctionnés au motif d’avoir livré, à notre interlocuteur onusien, notre part de vérité, en somme un diagnostic sévère mais fidèle quant aux discriminations envers les noirs de Mauritanie. Celles-ci se manifestent encore dans la rue, visibles à l’œil nu, à tous les échelons de la vie civile et à l’intérieur de l’appareil d’Etat. Justice, commandement militaire et de sécurité, économie, banques, tenure des terres de culture, diplomatie et office religieux illustrent la vivacité et la permanence de la ségrégation.
3. Le seul parti capable de créer l’alternance dans mon pays, le parti pour la Refondation et une action globale (Rag), est interdit parce qu’il projette, en vertu du vote libre et de la non-violence, le démantèlement du système d’hégémonie raciale et l’instauration d’un État de droit où la citoyenneté égale et unique, la pluralité ethnique et linguistique, le bannissement de l’obscurantisme et la gouvernance économique transparente sont parmi les orientations principales. Mesdames et Messieurs, honorable assistance, je vous invite à davantage suggérer aux organismes gouvernementaux et non gouvernementaux accrédités en Mauritanie d’être plus vigilants aux fins de mieux s’imprégner du scandale de l’impunité et de la duplicité et d’en documenter le fil et les manifestations. Nous comptons sur vos observations et propositions pour notre action en vue du règlement définitif, au nom du devoir de solidarité universelle, en face de l’ignominie que je viens de décrire. Je vous remercie.
La junte malienne a annoncé lundi soir interdire les activités de toutes les organisations non-gouvernementales financées ou soutenues par la France, y compris celles opérant dans le domaine humanitaire.
Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, justifie cette décision, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, par l’annonce récente par la France qu’elle avait suspendu son aide publique au développement à destination du Mali.
Le groupe Wagner au cœur des tensions Le ministère français des Affaires étrangères avait invoqué comme raison le recours au groupe paramilitaire russe Wagner de la part des autorités maliennes. La junte arrivée au pouvoir par la force en août 2020 a constamment nié avoir fait appel à cette société aux agissements décriés dans plusieurs pays et parle d’instructeurs de l’armée russe déployés au nom d’une ancienne collaboration entre les deux pays.
Le colonel Maïga dénonce dans son communiqué des « allégations fantaisistes » et un « subterfuge destiné à tromper et manipuler l’opinion publique nationale et internationale aux fins de déstabilisation et d’isolement du Mali ». « En conséquence, le gouvernement de la transition décide d’interdire, avec effet immédiat, toutes les activités menées par les ONG opérant au Mali sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans le domaine humanitaire », dit-il.
AMI – La ministre de l’environnement et du développement durable, Mme LalyaKamara, a réaffirmé le soutien de la Mauritanie aux initiatives sur le genre et la gestion des déchets lancées, hier, par l’Egypte au cours de la COP 27.
Ces initiatives visent à assurer la participation des femmes dans les politiques africaines dans le domaine de l’adaptation aux changements climatiques, l’augmentation de la gestion et du taux d’utilisation des déchets solides de 10 à 50% en Afrique à l’horizon, avec la réduction des émissions de carbone et l’encouragement des opportunités d’investissements favorisant l’emploi vert au niveau continental.
La ministre de l’environnement et du développement durable a également participé à une présentation faite par le Royaume Uni sous le thème : « renforcement de l’adaptation et opportunités climat en faveur des femmes ».
Elle a également pris part à une réunion ministérielle de haut niveau sur le dialogue autour des objectifs à l’horizon 2030 et sur le financement climat avant de tenir une réunion bilatérale avec la vice-présidente du Fonds international pour le développement agricole.
Les activités de la ministre de l’Environnement et du Développement Durable, en marge de la 27ème session de la Conférence des Parties sur le Climat à Charm El-Cheikh, ont été marquées, lundi par sa réception au pavillon mauritanien du Secrétaire Exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, M. Ibrahim Thiaw, et sa présence au lancement du Réseau des femmes africaines pour l’action climatique lors d’un dîner organisé par le ministère de l’Environnement Égyptien en l’honneur des femmes ministres participant à la 27ème session de la Conférence des Parties sur le climat dans la ville égyptienne de Charm el-Cheikh.
Le journaliste mauritanien Dieh Mokhtar Cheikh Saad Bouh dit Cheikh Aïdara a remporté le 2e prix de la 7e édition du concours d’excellence en production médiatique sur les Droits en Santé Sexuelle et Reproductive/Planification Familiale (DSSR/PF) dans la catégorie presse en ligne et blog grâce à son article intitulé «Les femmes nomades de Mauritanie : des milliers de laissées pour compte dans l’accès aux services de santé sexuelle reproductive et à la contraception », publié dans aidara.mondoblog.org.
Les autres lauréats viennent du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Togo. «Les lauréats des premiers prix de chaque catégorie recevront une somme d’un million (1.000.000) de FCFA et seront invités à la cérémonie de remise des prix. Les seconds, quant à eux, recevront chacun une somme de cinq cent mille (500.000) FCFA», indique dans un communiqué l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou organisateur du concours en collaboration avec Population Council.
Les prix seront décernés lors d’une cérémonie officielle à la 11ème Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou qui se tiendra à Niamey au Niger.
Journaliste à L’Authentique, Cheikh Aïdara est passionné des sujets relatifs aux questions de développement, notamment la santé maternelle, santé reproductive, planification familiale, mais aussi les questions liées à l’exploitation au travail.
Il est, par ailleurs, consultant externe pour le Fonds des Nations Unies pour la Population et le Bureau International du Travail.
Membre du Bureau exécutif du Réseau des journalistes africains en Santé, Population et Développement, Cheikh Aïdara est également président de l’Association des journalistes mauritaniens en santé et nutrition et le chargé de communication du Réseau SUN Mauritanie.
Cridem Culture – La 8e édition du Galsen HIP HOP Awards s’est déroulée ce samedi 5 novembre, au Théâtre Daniel Sorano de Dakar, dans la capitale sénégalaise. L’artiste mauritanien Adviser a reçu le trophée le trophée du «Meilleur artiste africain 2022» lors du Galsen HIP HOP Awards.
Pour rappel, le rappeur mauritanien était en compétition avec Kaligraph Jones (Kenya), Didi B (Côte d’Ivoire), Iba One (Mali), Ish Kevin (Rwanda), Djiani Alpha (Guinée Conakry) et Young Lunya (Tanzanie).
Adviser a été plébiscité pour sa chanson «Volume». Sortie en juillet 2021, elle a connu un succès fou en dehors de la Mauritanie.
Dans cette interview, ondeinfo a donné l’opportunité à M. Gaye TRAORE, président de Ganbanaxu fedde, de passage à Nouakchott, d’édifier « les communautés Soninké » du monde et même au-delà, sur le combat que mène son mouvement depuis maintenant 5 ans, dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, principalement, – Mauritanie, Mali, Sénégal, Gambie – à travers la diaspora et les réseaux sociaux. Ce mouvement réformateur que d’aucuns appellent révolutionnaire s’attaque aux idées iconoclastes et fait de la lutte contre l’esclavage par ascendance, sous toutes ses manifestations en milieu Soninké, l’une de ses priorités. Pour Gaye TRAORE, le combat de Ganbanaxu est aussi une question de défense de droit humain, en harmonie avec les lois de la république Islamique de Mauritanie où l’esclavage est criminalisé. Ainsi, c’est avec beaucoup de sérénité, de conviction et d’éloquence que M. TRAORE s’est prêté à nos questions.
M. Gaye Tene Traoré : Bonjour ! Ganbanaaxu Fedde sous le format forum initié par mes soins étant à l’époque secrétaire général d’Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Eradication de la Pratique de l’Esclavage et ses Séquelles) créée en 2010, a été lancé le 5 octobre 2016 comme un espace d’échanges et de sensibilisation sur l’application WhatsApp. Aujourd’hui, c’est une mouvance anti-esclavagiste transnationale à travers l’ensemble communautaire sooninké et au-delà. Il y a plusieurs entités associatives qui la composent sous différentes dénominations d’un pays à l’autre. Côté mauritanien, l’alliance structurelle Ganbanaaxu est composée d’Amees, d’Uvds, d’Armepes-France et de l’association Ganbanaaxu Fedde RIM. Par ailleurs, sous le vocable Ganbanaaxu, il faut y compter une assise ingénieuse d’une composante sociale naissante qui prend corps peu à peu, dont le credo est l’effectivité d’une Fraternité Réelle et d’une Égalité Sociale et citoyenne.
• Le mouvement Ganbanaxu est souvent accusé à tort ou à raison, d’être extrémiste, d’avoir mal posé la question de la lutte contre l’esclavage coutumier. Que répondez-vous ?
Je dirais, c’est un mauvais procès dégainé par certains détracteurs de notre Cause humaniste qui font de la fuite en avant. La perfection est de l’ordre du Divin, nous ne sommes extrémistes en rien du tout. Nous avons posé un débat autour d’une problématique très taboue jusque-là ; et les tensions ont surgi par les réactions acerbes venant des milieux réactionnaires dans le déni.
Certains de leurs extrémistes ont constitué de groupes WhatsApp comme « Démocratia-Islamique», « Tunkalenmu mbafade Daxa », « fans donald trump » et d’autres pour se soutenir et en faisant de l’apologie de cet esclavage par ascendance et des contre-campagnes anti-reformes dans la société sooninké. Nous avons toujours articulé nos mobilisations militantes autour du droit et des textes constitutionnels dans nos pays. Nous demandons une égalité sociale et citoyenne et refusons les discriminations liées aux coutumes féodalo-esclavagistes. Un projet pareil va heurter les mentalités moyenâgeuses qui n’admettent pas une communauté sans les hiérarchies sociales humiliantes.
• Quel bilan faites-vous de la lutte contre l’esclavage coutumier, que d’aucuns appellent féodalité en milieu Soninké ?
L’esclavage par ascendance serait le terme adéquat pour ressortir le fond de la réalité. Le caractère tabou a été dégoupillé à jamais et la prise de conscience massive est irréversible aujourd’hui. Le langage apologétique de l’esclavage n’est plus normalisé comme avant. Et toute la communauté sooninké dans son ensemble est interpellée sur la problématique et il nous faut ensemble définir un cap d’un nouveau Vivre-ensemble selon l’ordre citoyen et l’égale dignité entre tous ses membres. Un défi à toutes les voix progressistes, je rappelle que des réformes sont nécessaires pour un nouveau pacte social en phase avec notre époque.
• L’esclavage est un crime en Mauritanie, quels rapports entretenez-vous avec les autorités Mauritaniennes ? Le mouvement Ganbanaxu est-il consulté ou associé à la lutte contre ce fléau ?
La Mauritanie est bien dotée d’un arsenal juridique concernant cette problématique d’esclavage, je dirais que l’esclavage par ascendance n’est pas bien pris en compte dans sa spécificité. Il en faut davantage à ce niveau pour couvrir avec pertinence les manifestations sociétales de l’esclavage par ascendance ancré socialement dans nos différentes communautés.
Nos contacts restent timides avec les pouvoirs publics et nous continuons notre plaidoyer pour expliciter et exposer le fond sérieux de notre engagement dans le sillage global de la société civile droit-de-lhommiste en Mauritanie.
Au cours de cette année, le discours de Ouadane du président de la République son excellence M. Mohamed Ould CheikhEl Ghazouani et celui du président de l’Assemblée Nationale Cheikh Ould Baya indexant les préjugés ou autres stigmatisations liés à une certaine hiérarchisation sociale, nous y avons trouvé de données similaires aux objectifs de notre engagement.
• A l’heure actuelle, n’est-il pas temps que les Soninkés se réconcilient entre eux ?
La paix a un prix, le mouvement Ganbanaxu est-il prêt à négocier, auquel cas à faire des concessions et des compromis ?
La paix, la vraie ne se refuse jamais. Nous ne réclamons rien de miraculeux d’ailleurs, il suffit que l’ordre régalien étatique à différents niveaux retrouve sa plénitude et sa rigueur dans nos localités pour tout mettre à l’endroit. Tout ce qui est du domaine public (foncier, l’imamat ou la gestion des mosquées par exemple), c’est à la force publique d’arbitrer fermement avec justice là où il y a litiges. Ce qui est de l’ordre de l’organisation coutumière, la qualité de Citoyen va prévaloir pour nos familles et nos composantes sociales. Ainsi l’autorité publique doit s’appliquer sur nous comme d’autres sans filtres ni intermédiaires d’un régime féodal. Tous égaux en droits, en devoirs et en dignité.
• En tant que président du mouvement Ganbanaxu, vous jouissez d’une grande aura en Mauritanie, au Mali, au Sénégal, en Gambie et ailleurs. Vous êtes souvent en Mauritanie, pour les vacances, mais vous êtes quasi absent sur les médias publics et privés.
Est-ce un choix de votre part ?
Non, ce n’est pas un choix de notre part, je dirai une censure ourdie quelque part peut-être. Mon chargé de communication Koundou Soumaré avait écrit une contribution sur cet élément de constat il y a quelques années. Cet effacement sur l’espace médiatique public serait du fait d’un lobbying anti-Ganbanaxu qui ne dit pas son nom en coulisses. Nous portons un discours d’appel à l’égalité citoyenne et à la dignité humaine, et certains milieux soninkés introduits et influents pro statu quo intra-communautaire, dans certains services ne veulent pas d’une diffusion large d’un pareil discours.
Du coup, nous nous contentons de nos propres canaux médiatiques accessibles (Réseaux sociaux, sites internet et blogs) pour communiquer avec efficacité d’ailleurs. La présente interview avec OndeInfo en est une preuve notable.
• Si le mouvement Ganbanaxu était invité à participer au FISO, festival International Soninké, qui se tiendra à Nouakchott, en février 2023, répondra-t- il favorablement à l’invitation ?
Notre mouvement ne rejette pas une invitation qui se ferait dans des règles claires et correspondantes aux principes de notre engagement. Ainsi si cette invitation arrivait à l’occasion du FISO annoncé en février prochain à Nouakchott, en toute transparence nous allons apprécier les contours et les conditions, et décider au final la pertinence d’y répondre favorablement ou pas. Pour l’instant donnons le temps au temps, on verra bien le moment venu.
• Si une perspective de réconciliation et de sortie de crise s’offrait aux Soninkos, le mouvement Ganbanaxu a-t-il des points sur lesquels, il reste intransigeant ?
Au risque de me répéter, je dirais encore si l’autorité publique s’implique sérieusement, nous sommes disposés à discuter et à trouver des solutions de paix et d’entente sociale. Et notre mouvement ne démoderait rien de particulier qui serait contraire aux droits garantis à tout (e) citoyen(ne) par la Constitution de notre pays. Par ailleurs nous n’accepterions jamais une quelconque soumission sociale à un ordre féodalo-esclavagiste. Notre référence suprême sera la loi qui ne reconnaît que le Citoyen comme unité régalienne par essence avant tout autre considération d’ordre coutumier ou autre.
• Peut-on considérer Ganbanaaxu Fedde comme une organisation de droits humains ?
Oui, la mouvance Ganbanaaxu Fedde évolue dans le champ de la défense des droits humains. Du côté mauritanien, l’entité associative Ganbanaaxu Fedde Mauritanie dispose de sa reconnaissance officielle il y’a quelques mois et ses objectifs sont clairement énoncés pour le droit. Notre ambition est de l’intégrer dans la société civile droit-de-l’hommiste avec efficience.
L’universitaire feu Ousmane Moussa Diagana a écrit un Dictionnaire soninké- français (Mauritanie). L’ouvrage comprend près de 5800 entrées. Un travail incroyable ! Il avait aussi, en tant que linguiste et « puits de savoir », écrit La langue soninké, morphosyntaxe et sens. Cet ouvrage -que j’aimerai lire- est sans doute un legs pour notre génération et celles du futur.
Deux questions nécessitent l’attention : Est-ce que les sooninké et amoureux de la langue ont valorisé ce travail colossal et tant d’autres ?
Y’a t-il eu une suite pour prendre le flambeau ?
On voit l’organisation du Fiso (Festival International Soninké) depuis des années. Des personnes de tous bords en pays sooninké se retrouvent pour « fêter » la culture sooninké : soonikaxu. D’ailleurs, comme toutes les cultures de la civilisation Ouest-africaines, la culture sooninké a ses hauts et ses bas. Ses tares et ses manques. Cette culture regorge aussi dans ses vestiges des principes pour la consolidation de la fierté et de la dignité.
Le festival transnational prend-t-il en compte le travail scientifique de Feu Ousmane Moussa Diagana et d’autres personnes ? Bis repetita !
La rencontre rappelle l’organisation étriquée de la société sooninké ; sans aucun doute. Certains se chargent des procédures administratives, les « biens nés », les autres « pseudos-humains » se chargent des tam-tams et de la cuisine. Les dits griots trouvent leur compte. L’ego est conforté. Les exigences de la modernité sont oubliées. Le folklore à son apogée. La culture se limitera aux chants et danses. A la présentation d’objets qui n’ont de sens que dans le subconscient. Jamais utilisés au quotidien. C’est aussi le lieu de la promotion des « grands maîtres » de cérémonies. Les docteurs de tous bords. Les professeurs. Ce que les « diables » aux marmites dans le cadre des festivités ordinaires ne peuvent comprendre.
Espérons que la publication du Glossaire Français- Soninké préfacé par Barbara Cassin, membre de l’Académie française, connaîtra un franc succès cette saison, oups cette année lors de la rencontre du «peuple sooninké«. Un peuple ou un groupe sociolinguistique attaché à Wagadu, l’allégorie de léclatement social. Le groupe de « Sooni remu », les enfants de Sooni, se sont dispersés et ont hérité de l’appellation « Soonikara », l’éclatement de Sooni. Un Soninké : « soni nké » est alors un individu parlant la langue et partageant cette culture. Étant donné que cette dernière, c’est ce qui dans la nature est l’œuvre de l’humain : elle doit évoluer et prendre en compte les exigences de la modernité à savoir le principe de justice et d’égalité… Pourquoi pas d’équité face aux institutions?
Cette année, le Fiso se fera de nouveau à Nouakchott-Mauritanie en février, le thème aurait pu porté sur l’apport des recherches scientifiques sur la langue sooninké pour la revalorisation de l’être sooninké… On aurait pu pousser loin en brossant un état des lieux, en étudiant la place de la culture, de la langue ; même l’épineuse question des pratiques attentatoires à la dignité humaine : l’excision des femmes encore courantes, les conséquences du lévirat, le soroat, l’esclavage par ascendance, etc. Surtout le phénomène de caste qui est un véritable cancer social. Mais non ! Le thème portera sur l’agroalimentaire. L’agro
L’APS (Association pour la promotion de la langue soninké) prendra comme à l’accoutumée les devants de la scène. Les cadres, dit-on, qui n’assistent à aucune manifestation ou rassemblement pour les langues s’érigeant en défenseur de la langue seront les messagers des autorités… Quelle finalité ?
Dans le discours controversé qu’il a prononcé du haut de la tribune des Nations-Unies le 24 Septembre dernier, le Premier Ministre Malien par intérim, Monsieur Abdoulaye Maïga, a qualifié d’étranger, le président du Niger, Monsieur Bazoum, faisant sans doute allusion aux origines arabes de celui-ci. Cette malheureuse sortie nous pousse à émettre deux remarques. De même qu’un ministre français-surtout celui des affaires étrangères- n’a pas à décerner un certificat de légitimité à un gouvernement malien, un Premier Ministre malien n’a pas à décréter qui est Nigérien et qui ne l’est pas (il a autre chose à faire surtout par les temps qui courent !). D’autre part, en ce moment crucial où, accablée de misère et de crises de toutes sortes, l’Afrique cherche confusément l’union salvatrice, ce propos xénophobe sonnent comme une hérésie dans la bouche d’un homme d’Etat de cette envergure, surtout dans cet espace soudano-sahélien, où depuis toujours, le brassage a été la règle.
Les puissants empires et royaumes qui s’y sont succédé et le génie assimilateur de l’Islam y ont largement favorisé le mélange des langues, des ethnies et des races. En tout état de cause, les Peuls, les Mandingues, les Songhaïs et les Arabes ne sont étrangers nulle part dans cette portion du continent : pas un recoin qu’ils n’aient foulé ; pas une ethnie à laquelle ils n’aient mêlé leur sang !
C’est le moment ou jamais de tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle il existerait une Afrique Noire et une Afrique Blanche. Le Sahara n’a jamais été une frontière, une barrière infranchissable. C’est un placenta civilisationnel. Noirs et Sémitiques ont toujours vécu ensemble que ce soit au bord du Nil ou au cœur du Sahara. Ils ont peuplé l’Egypte Ancienne où leur brassage a donné ce que les contemporains des pharaons ont appelé la race intermédiaire. Entendez, les Ethiopiens, les Somaliens, les Soudanais, les Toubous, les Peuls, les Touaregs et même une bonne partie des Mandingues.
Le Premier Ministre Maïga sait qu’il y a des Arabes dans son pays, le Mali, surtout à Tombouctou, ville dont il est probablement originaire. Il en existe en Mauritanie, au Niger, au Tchad, même au nord du Cameroun. Si on y ajoute les diasporas libanaises, l’Arabe devient aussi commun que la plus autochtone de nos ethnies. Quant au Maghreb, cette fausse Afrique Blanche, que l’on me montre donc un seul bled qui n’a pas ses Noirs ! Les Noirs et les Arabo-berbères ne sont pas étrangers les uns aux autres en dépit des vicissitudes de l’Histoire.
Le panafricanisme doit commencer à la maison. Si nous cultivons la tolérance ethnique, raciale et religieuse dans nos familles et dans nos villages, l’unité africaine se fera d’elle-même. Regardons autour de nous : le maire d’Amsterdam est un Marocain d’origine, celui de Londres, un Pakistanais. Le nouveau Premier Ministre britannique est un Indien. Il y a quelques jours, le ministre des Finances du roi Charles III était un Ghanéen. Et nous, nous en sommes encore à nous demander si le Dioula de Côte d’Ivoire est ivoirien, si le Peul de Guinée est Guinéen, si l’Arabe du Niger est Nigérien, si le Bamiléké du Cameroun est camerounais, si le Soninké de Mauritanie est mauritanien, si le Noir de Tunisie est tunisien…
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