Rosso : Le pont effectif dans trois ans !

L’Authentique – Dans trois ans, les villes de Rosso situées des deux côtés du fleuve Sénégal, vont présenter un tout nouveau visage.

Exit le Bac et les pirogues à pagaie ou à moteur qui assurent la traversée des personnes et des biens ! A partir de juin 2023, ce sera un pont qui va assurer la liaison entre les deux villes ! Le Pont de Rosso enfin mis en place ! La volonté politique est désormais effective entre les Autorités sénégalaises et mauritaniennes qui consiste à l’édification du Pont de Rosso.

L’infrastructure, attendue depuis la création des deux Etats voisins est prévue pour la mi-juin 2023. Le marché de construction vient d’être octroyé à la société chinoise Poly Changda, pour un montant de 47 millions d’euros, sur prêts extérieurs des deux pays.

Le début des travaux est prévu pour le 20 décembre 2020. Ceux-ci devront prendre 30 mois pour se terminer en 2023. Le pont s’étend sur 1,4 km, entre les deux rives du fleuve, et sa largeur est de 55 mètres. Une étude technique prévoit que le nombre de voitures traversant le fleuve passera de 115 voitures par jour à bord du ferry à 370 voitures par jour après l’ouverture du pont.

La même étude indique que les voitures gagneront à deux heures du trajet entre les villes de Nouakchott et Dakar, qui s’étend sur une distance de 550 kilomètres. Le Sénégal et la Mauritanie devraient revoir les textes portant sur la circulation des personnes et des biens, par le pont. L’emplacement de cette future infrastructure est déjà connu : le Pont sera édifié à 800 mètres environ, au sud de l’actuel débarcadère.

De sources dignes de foi, des discussions à ce sujet sont prévues dès le début 2021, avec la mise en place d’une commission mixte qui comprend des experts des deux pays.

L’attente des populations est grande de voir ces derniers mettre en place des textes qui facilitent la circulation et partant, aident au renforcement des liens entre les peuples ds deux pays, unis par l’histoire et par… la géographie.

Le projet, de pont de Rosso, est financé par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque européenne d’investissement (BEI), dans le cadre du renforcement des infrastructures de la région ouest-africaine et de leur liaison avec le marché européen, dans le cadre d’un projet de corridor routier s’étendant de Tanger (Maroc) à Lagos (Nigéria).

Le projet a traversé une lutte acharnée pendant des années, avant que l’appel d’offres ne soit ouvert aux entreprises internationales. Seize (16) entreprises, y compris les géants chinois China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) ; Hunan Road and Bridge Construction, des entreprises d’Égypte, du Portugal, du Sénégal et de la Mauritanie, ont postulé.

Le Projet de ce pont a effectivement vu le jour avec les Autorités de la transition mauritanienne de 2005 dirigée par Feu Ely Ould Mohamed Vall. Les accords passés avec les gouvernements du Sénégal et de la Mauritanie de l’époque, avaient permis d’attirer des bailleurs, notamment la BAD et la BEI. Mais depuis, le projet est mis en berne. Pire, il avait même été menacé de suppression avec l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz.

En effet, l’ancien chef d’Etat n’a jamais joué franc-jeu avec le Sénégal et les bailleurs dans le traitement du sujet, remettant chaque fois au lendemain, le calendrier qui avait été arrêté à propos.

Pour certains observateurs, l’homme n’était pas poussé vers des relations développées de son pays avec le Sénégal et partant, usait du Bac de Rosso, comme « éventuelle arme de pression » face à ce pays, d’autant que cet outil était une propriété de la Mauritanie ; une infrastructure dont les recettes pesaient à hauteur de 3% dans le budget du pays.

Avec l’arrivée du président Ould Ghazouany, la donne a radicalement changé, avec un volonté politique affichée de créer ce pont, un vieux rêve des populations des deux pays.

NH

©️ Crédit source: https://www.facebook.com/297319407063485/posts/3253857874742942/?substory_index=0

Sénégal | Mort d’un migrant de 14 ans en mer : Son père placé en garde-à-vue

L’information a fait le tour de la toile mardi. Doudou Faye, un garçon âgé de seulement 14 ans, habitant Saly Sadou Salam, à Mbour, est mort en haute mer, alors qu’il tentait de rejoindre l’Espagne via l’émigration clandestine. Ce jeune candidat au voyage irrégulier a perdu la vie en cours de route et a été jeté au fond de l’océan.

Son père, Mamadou Lamine Faye, est accusé d’avoir « remis » son fils qui voulait poursuivre son rêve de devenir footballeur en Espagne, entre les mains des passeurs. Selon le journal « Libération », il a trompé la diligence de son épouse le 16 octobre dernier. Arrêté par la Brigade de recherches de Mbour, il a été placé en garde-à-vue.
Selon un des rescapés qui a annoncé la mort de Doudou à sa famille, le jeune garçon est tombé malade avant de rendre l’âme. Les passeurs, formellement identifiés, ont pris la fuite.


Source : Leral.net (Sénégal)

©️ Crédit source: https://kassataya.com/2020/11/11/senegal-mort-dun-migrant-de-14-ans-en-mer-son-pere-place-en-garde-a-vue/

Médias | le journaliste mauritanien Camara Seydi Moussa remporte le 2ème Prix d’un concours à Tunis

http://www.africa21.org/resultats-du-concours-journalistique-de-tunis-2020-sur-les-changements-climatiques/

Le directeur du journal « La Nouvelle Expression » , Monsieur Camara Seydi Moussa a été primé de la deuxième place lors du concours journalistique de Tunis 2020 sur les changements climatiques.

Une plume connue pour sa pertinence dans le paysage médiatique mauritanien , CSM est un fin observateur de la vie politique, sociale, économique et environnementale en Mauritanie depuis plus de 20 ans.

• À lire ici sa contribution présentée à ce concours organisé par l’ONG Africa 21 et son partenaire la Heinrich Böll Stiftung http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1368

Nos vives et fraternelles félicitations à lui .

– Par KS pour le BLOG

Alpha Condé ou l’histoire d’une tragi-comédie. Par Souleymane Sidibé

« Le mal que l’occupant nous a fait est loin d’être guéri » disait le savant pluridisciplinaire, Cheikh Anta Diop.


 

Le mal n’est autre que la division et la diversion des familles africaines pour mieux régner à travers le séparatisme colonial. En vidant le contenu du pouvoir local (chefs tribaux) tout en laissant les pratiques féodales et inhumaines, le colonialisme a eu gain de cause. De nos jours, certains réduisent la pensée du maître Cheikh Anta Diop en rapportant tout à la religion. Cependant, sa pensée concernait les sciences et la trajectoire politique africaine.

Aujourd’hui encore, en Guinée, des problèmes majeurs liés au communautarisme persistent.. Sékou Touré, par sa « dictature du peuple », selon lui, n’a pu créer le citoyen tout simplement guinéen et débarrassé de préjugés. Ainsi, des divisions entre les Peuls, les Forestiers, les Malinkés et les Sousous sévissent..
Certains observateurs affirment que les Peuls détiennent le levier économique ; il ne faudrait donc pas qu’ils aient en plus de cela le pouvoir exécutif.

Ces dernières élections, qui ne reflètent en aucun cas des pratiques démocratiques, montrent la soif et la boulimie du pouvoir par le président sortant (Alpha Condé) réélu  pour un troisième mandat. Quant au leader de l’opposition (Cellou Dalein Diallo), on pense qu’il ne cherche qu’à briguer la magistrature suprême tout en s’autoproclamant vainqueur avant la sortie des résultats par la CENI . Les résultats du scrutin doivent être soumis à la validation du conseil constitutionnel suivant le modèle des pays francophones, anciennes colonies françaises.

Deux problèmes se posent. Le premier est la participation d’Alpha Condé et son désir de confiscation du pouvoir au besoin par l’usage de la force ;  par des tirs à balles réelles sur les manifestants. Et le deuxième problème est l’auto-proclamation soudaine de Cellou Dalein Diallo qui est aussi une négation de la démocratie.
Ceci dit, ne faut-il pas faire de nos jours attention aux légendaires opposants ?
Très souvent, ces opposants ne sont-ils pas la reproduction cachée d’un système politique ?

Le continent africain n’assiste-t-il pas à des formes successives de putschs électoraux de la Gambie en passant par la Mauritanie et actuellement la Guinée ? Ces vieux politiciens continueront-ils d’être à l’origine d’une partie du  malheur des  africains ? De plus, au vu de la situation actuelle, on ne peut nier qu’un mauritanien par affinité ou par désir de changement ou/et par panafricanisme n’a rien à apprendre à un guinéen debout depuis le temps de Sékou.
Il faut simplement dire que la Guinée à l’image de nombreux pays africain est une famille indivisible avec ses hauts et ses bas. Nos communautés doivent donc améliorer leur conscience collective et se rassembler en tant que peuple uni sous le même drapeau: le drapeau de la République.

Par ailleurs, le pays se doit d’instaurer de véritables institutions pour éviter ce genre de carnage qui finit en bain de sang. Ainsi, nous verrons la Guinée la véritable destinée qui a ouvert la voie à l’indépendance: débarrassée de contraintes externes et internes. Perdre les élections ou se faire voler ne doit pousser aucun candidat à utiliser ses électeurs comme de la chair à canon après l’expression des suffrages universels pour ne pas dire  bourrages.

Les vies humaines ne doivent pas être considérées comme des voies pour détrôner. Surtout que les personnes, ici, sont issues de la Guinée qui est précurseur de la décolonisation. Celle-là même qui avait opté pour le travail, la solidarité entre les communautés de Alpha Yaya Diallo et de Samory Touré, et pour la  justice sociale. Hélas, ce « scandale géologique » ( parlant de la Guinée)  avec toutes les ressources minières et la pluviométrie favorable pour une autosuffisance alimentaire est encore l’un des pays les plus pauvres et endetté ( PPTE) avec un dictateur habillé en démocrate pour ne pas dire un sanguinaire dans un pays où la mal gouvernance gangrène.

Longtemps considéré comme le « Mandela numéro deux », Alpha Condé ne déçoit pas seulement plus d’une personne et trahit sa conscience mais aussi l’Afrique. A ce rythme, il quittera le pouvoir soit par la révolte populaire, soit par les armes car le pays est aussi un pays  de coups d’État depuis Lassana Konté.
Les procédures légales de recours auraient été louables. L’esprit démocrate et patriotique aurait épargné les innombrables bêtises.
Un jeune rappeur guinéen disait que même la mort ne fait pas peur à celui qui n’a rien à perdre. Cela dit, il a déjà tout perdu car il vit sans droit et reconnaissance pendant que d’autres se gavent des biens du contribuable.
La CEDEAO et la communauté internationale sont comme de la matière inerte face à la situation guinéenne.

Photo prise chez Dione Assane

©️ Crédit source: https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3740206779332314&id=100000290871124

La marche historique contre les pratiques esclavagistes au Mali| le gouvernorat de Kayes saisi

Ce mardi 20 octobre 2020 a été organisée une manifestation historique par des organisations antiesclavagistes et abolitionnistes à Kayes . Plusieurs militants originaires de différentes localités villageoises notamment soninkés, sont descendus dans la ville de Kayes (La première région du Mali) pour dénoncer les pratiques esclavagistes et féodales. Ces dernières années avec l’éveil antiesclavagiste GANBANAAXU dans la communauté soninké, plusieurs violations graves ont été perpétrées par les milieux extrémistes féodalo-esclavagistes à l’encontre des militants abolitionnistes. Dans différentes localités soninkés, on a pu observer ici et là agressions, lynchage, expulsions, destructions de biens et même assassinat. Comme dans le village de Djandjoumé où dans la soirée du 1 septembre 2020, 4 militants antiesclavagistes avaient été sauvagement assassinés par les miliciens esclavagistes locaux. Monsieur Mountakha Diarrisso qui était le représentant local du mouvement anti-esclavagiste et ses 3 camarades n’avaient eu aucune chance sous la furie criminelle de la meute féodale. Plusieurs membres de leurs familles avaient été grièvement blessés dont des vieilles femmes. À lire : https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F

https://www.change.org/p/united-nations-esclavagisme-par-ascendance-et-atrocit%C3%A9s-en-milieu-sonink%C3%A9-au-21%C3%A8me-si%C3%A8cle?redirect=false

La marche d’aujourd’hui contre ces pratiques moyenâgeuses vise à interpeler les autorités étatiques du Mali pour arrêter cet engrenage abject contre des paisibles citoyens qui rejettent les violences symboliques d’un esclavage coutumier par ascendance. Les milieux défenseurs de cet esclavage statutaire semblent bénéficier d’une certaine complicité ou même impunité au sein des rouages étatiques, et les activistes droit-de-l’hommistes espèrent faire changer la tendance vers l’instauration d’un véritable état de droit.

ci-après le post Facebook du Gouvernorat de la Région de Kayes

« KAYES|20 OCTOBRE 2020|ACTUALITÉ…

Les associations anti esclavagistes du Mali ont organisé ce matin à kayes ville ,une grande marche de protestation contre les coutumes esclavagistes dit statut d’esclaves qui sévissent dans les cercles de Kayes,Diema,Nioro,Yelimané, Kita,Nara et Bafoulabé.

Selon les organisateurs, ce phénomène ,à nos jours a fait beaucoup de victimes, voir les populations chassés de leur village, dans certains lieux, et d’autres, ligotés, traînés, humiliés et même tués.

Les marcheurs ont quitté Kayes d’y (quartier l’autre rive du fleuve) et pour être reçu au gouvernorat par le chef de l’exécutif régional inspecteur général de police Mahamadou Z SIDIBE.

Le gouverneur, en recevant la déclaration des associations anti esclavagistes dit avoir pris acte et les rassure que le document sera transmis à qui de droit dès ce jour.« 

Lien média https://www.facebook.com/666005573570227/posts/1580689452101830/

– Par KS pour le BLOG

COMMUNIQUE 022-MSDH/2020 RELATIF A LA LIBÉRATION DE MR SOUMAILA CISSE , SOPHIE PETRONIN ET DEUX MISSIONNAIRES ITALIENS.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H) se rejouit de la libération de Mr Soumaila Cissé qui était détenu depuis le 25 Mars 2020 par certains groupes terroristes toujours non identifiés officiellement et par la même occasion félicite la cellule de crise mise en place par la primature et tous les acteurs qui ont travaillé sans cesse pour obtenir ce résultat.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’homme (M.S.DH) a appris avec stupéfaction sur les médias nationaux et internationaux la libération de 206 présumés dangereux djihadistes sans aucune forme de procès et condamne avec la plus grande fermeté cette forme de mise en liberté qui n’est pas à encourager pour un pays en quête d’identité judiciaire et qui bafoue les principes juridiques et fondamentaux des droits de l’homme.

Cependant le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H) toujours dans ses objectifs de recherche de vérité et distribution d’une justice équitable reste perplexe à certaines zones d’ombres et demande à l’État Malien:

D’informer la population malienne sur les véritables conditions de libération de Mr Soumaila Cissé et compagnie ;

De Confirmer ou d’infirmer la libération de plusieurs dizaines prévenus djihadistes ou le paiement d’une quelconque rançon en contrepartie de la libération de Mr Soumaila Cissé et compagnie.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H) réaffirme sa ferme volonté de vaincre l’impunité et l’injustice sur toute l’étendue du territoire malien.

Fait à Bamako le 09 Octobre 2020.

N’Djim Boubacar

Président du MSDH

©️ Crédit source: Reçu du président MSDH

« Le Mali 60 ans après toujours en quête d’une identité judiciaire. » Par Boubacar N’Djim, président du MSDH (Mali)



Injustice immanente, parfaite; esprit, sentiment d’injustice; monument d’injustice; comble de l’injustice; (histoire) criant(e) d’injustice; combattre, dénoncer, refuser l’injustice; souffrir, subir, supporter l’injustice; ériger l’injustice en système; justifier l’injustice; crier à l’injustice; s’opposer à l’injustice; protester, se révolter contre l’injustice; défendre quelqu’un contre l’injustice; tirer parti de l’injustice; traiter quelqu’un avec injustice.

Etre témoin, victime d’une injustice; endurer une injustice; dénoncer, redresser, réparer, venger une injustice; entériner une injustice.

La cause de ces insurrections est presque toujours la même : les exactions, les extorsions et mille autres injustices commises par les caïds (gouverneurs et élus communaux et autres complices) est de réclamer humblement leurs droits face à l’injustice.

L’injustice sociale est une évidence si familière, elle est d’une constitution si robuste, qu’elle paraît facilement naturelle à ceux mêmes qui en sont victimes.

L’esclavage et ses pratiques sont une réalité et les conséquences sont énormes:

Exations et exécutions sommaires;
Disparitions forcées;
Des déplacés en interne au Mali;
Des spoliations de terres;
Des violences basées sur le genre de toute sorte.

Ce n’est pas l’injustice en soi qui nous blesse, c’est d’en être l’objet.

Une vielle femme du Mme Sokhana Diakité âgée de 80 ans évacuée en urgence à l’hôpital du Mali de Bamako depuis le 02 Septembre qui a perdu son fils dans la nuit du 1er Septembre 2020. Elle a perdu aussi un œil déjà.

Le seul péché de leur famille c’est d’avoir gagné un procès pour récupérer leurs terres cultivables contre des gens qui se prennent pour des maîtres, et d’autres sont emprisonnés illégalement.



Cette dame a besoin d’être soutenu financièrement, juridiquement et moralement afin que justice soit faite.

Merci de rentrer en contact avec ces parents.

N’Djim Boubacar.
Militant de la cause humaine.

©️ Crédit source: reçu de l’auteur – post Facebook https://www.facebook.com/100034842438378/posts/369833457521399/

Réflexion / Débat : « Si, le mot Nègre est péjoratif. » Par l’essayiste Mauritanien Mohamed Lam

J’entame mon propos avec le postulat suivant :

Le mot Nègre ne désigne pas qu’une couleur, c’est une condition sociale et d’existence imposée à l’homme noir africain. Il est alors péjoratif. Il l’était hier, il l’est aujourd’hui et j’espère qu’il le sera pour toujours.

Agatha Christie, elle même, était d’accord pour ne pas utiliser le mot Nègre dans le titre de son célèbre roman « Dix petits Nègre« , publié 1938, en Angleterre, sous le titre de Ten Little Niggers.

D’ailleurs, Jean Garrigues, historien rappelle qu’elle avait «elle-même reconnu l’utilité de changer le titre au début des années 1940 aux États- Unis», car, dit-il, je cite, elle «sentait […] le poids négatif que ça pouvait jouer sur des populations» (voir l’article au complet en références ci-dessous)

Je rappelle également que l’homme noir africain, avant sa rencontre avec l’homme blanc (y compris les personnes blanches du monde arabe) , ne se définissait pas comme un homme noir mais comme un homme tout court, un humain.

C’est avec l’institution de l’esclavage, de la colonisation ainsi que celle du racisme dans les imaginaires du dominant que son existence fut redéfinit par ce dernier.

L’homme noir africain, devient alors Nègre non pas seulement par sa couleur mais par sa condition de subalterne, d’infériorité.

Nègre n’est donc pas qu’une couleur mais une condition sociale bien qu’il signifie noir en langue Portugaise (ou en latin negro).

L’africain n’a pas inventé le mot Nègre pour se définir lui-même, il n’a pas à être fiers de répondre par cette appellation.

Il n’y a rien à revendiquer d’original si nous ne sommes même pas capables de nous définir selon nos propres modes de perception sociale. La validation de concepts exogènes péjoratifs pour nous qualifier réduit nos individualités et de nos identités respectives ou encore de nos existences dans une vision autre que celle que nous possédons.

Revendiquer le mot « Negro », pour désigner les populations noires de Mauritanie, se l’approprier comme méthode de lutte afin de rejeter le regard que les autres portent sur nous est fondamentalement dangereux pour notre singularité, notre histoire.

Nous sommes, dans le cas Mauritanien, très loin de la pensée de Césaire, ce « Nègre fondamental », qui, comme pour apporter une altérité avec l’homme blanc, définit l’homme noir dans sa différence culturelle et identitaire.

Lorsque Césaire invoque le mot nègre c’est pour répondre aux racistes et aux colons la chose suivante : « Le Nègre vous emmerde ». Entendons par là, le rejet qu’il fait de la signification, dans le fond, du mot. Il l’explique dans une interview :

« … Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. « (Aimé Césaire)

Le contexte Mauritanien est assez différent du contexte colonial bien qu’il y est le facteur domination qui surgit.

La démarche des trois intellectuels de la Negritude (Damas, Senghor et Césaire) n’était donc pas de valider l’idée qui en elle même est substantiellement stigmatisante.

Il est impossible de se débarrasser du caractère humiliant du mot Nègre en en faisant usage.

Selon moi, Nègre est donc une condition sociale imposée. Une fatalité pour l’africain. Un Noir Mauritanien qui se l’arbore fièrement me dérange profondément car il se soustrait de s’autodefinir lui-même.

C’est dans une démarche de « pensée déconstructive » que doit s’inscrire la définition de qui nous sommes.

Cheikh Anta aussi disait Nègre ?

Oui, mais il faut très mal lire Mr Diop pour affirmer que Nègre est convenable car il l’a utilisé.
Nègre, dans la bouche d’un V. Hugo a une toute autre signification que si c’est un Cheikh Anta Diop qui le prononce.

Si l’un reconnaît publiquement la hiérarchie des « races » (passez moi ici l’usage de cet autre abominable mot) et la toute puissance civilisatrice de l’occident sur le continent africain , l’autre prouva, en utilisant le mot Nègre, l’ancienneté de la culture et de la civilisation noire comme  pour déconstruire toute une conception tronquée sur la valeur civilisationnelle de l’homme africain.

Hugo sous estime, infériorise et animalise. Cheikh valorise, restitue une histoire mal racontée et humanise. Dans les deux cas, à mon avis, le mot Nègre reste péjoratif.

Lorsque des personnes noires sont traités de sales nègres dans les pays occidentaux, les indignations fusent de partout pour dénoncer un certain racisme. Or, dans le monde noir, l’utilisation du mot est faite de façon tout à fait normale.

Utiliser l’appellation faite par l’oppresseur qui en a lui-même décidé ainsi, c’est deux fois accepter sa propre condition sociale :

1-Être incapable de se nommer.
2-Être incapable de se définir soi-même.

Par l’effet de l’aliénation et de la perte de nos identités respectives, faire fièrement  usage du mot « Negro »,  sans analyse conceptuelle profonde, c’est valider le regard que le dominant porte sur le dominé.

Dans les années 30, les penseurs de la Négritude en ont fait usage, mais leur objectif était principalement d’explorer le particulier, le singulier, les différences pour mieux les porter à l’universel.

Qui est  » Negro Mauritanien »?

Partons d’un syllogisme :

1-Tous les Noirs de Mauritanie sont « Negro-Mauritaniens ».
2- Les Haratines sont des Noirs de Mauritanie.
3- Donc les Haratines sont « negro Mauritaniens ».

Il y a là une difficulté majeure et j’estime que le débat mérite d’être posé à plus grande échelle.

Culturellement ou traditionnellement, les Harratines sont plus proches des Maures que des Noirs de Mauritanie. Je ne reviendrai pas sur la thèse qui consisterait à expliquer que c’est à cause de l’esclavage, tout le monde le sait.

Mais il est tout de même important de savoir que si est « Negro Mauritanien » toute personne noire de Mauritanie, tout hartaani est negro Mauritanien.

Or, on le sait, rien, à part la couleur de la peau, n’indique qu’un hartaani est traditionnellement plus proche d’un Peul qu’un Maure. Le Hartaani s’habille, parle, pense et mange même peut-être comme un Maure.

Alors qui sont vraiment les « Negro Mauritaniens »? 

Les militants et les intellectuels Mauritaniens qui ont fait usage de l’expression « Negro-Mauritanien » n’ont fait que reproduire les techniques de définition utilisées jadis : affirmer sa négritude par rapport au système politique et social Mauritanien. Système Beydane (blanc) selon beaucoup de personnes.

Cependant, agir ainsi laisse penser que l’homme noir Mauritanien a quelque chose à prouver à l’homme blanc Mauritanien.

Le noir se definirait alors uniquement par rapport à l’autre. Il ne cherche pas à trouver, à travers lui-même, ce qui le rend authentique.

Césaire, pourtant, dans « Le Nègre fondamental« , était dans cette posture. L’affirmation de l’identité et de la culture noire dans un monde dominé par la culture blanche. Mais il avait une Pensée-Monde qui ne tolerait aucune interprétation consistant à figer sa réflexion sur le seul mot Nègre.

L’objectif des penseurs de la négritude n’était pas de confirmer l’idée que l’on avait du noir, mais de la déconstruire.

Or, en Mauritanie, je ne pense pas que les militants et intellectuels soient dans cette même position. Aucune doctrine n’a été élaborée et étudiée pour donner du sens aux mots employés dans les luttes pour l’égalité.

L’expression est utilisée pour simplement distinguer le Noir du Beydane. Alors autant dire Noir. Nègre, c’est péjoratif et recourir fièrement à son utilisation c’est finalement héberger dans sa propre vision, tous les préjugés racistes sur l’image du Kewri (Noir en Berbère Mauritanien).

Mohamed Lam
Essayiste Mauritanien

https://www.google.com/amp/s/www.slate.fr/story/194546/agatha-christie-dix-ptits-negres-rebaptise-ils-etaient-dix-pourquoi-france-accrocher-desesperement-racisme%3famp

L’assassinat de 4 militants antiesclavagistes à Djandjoumé (01/09/20): les témoignages émouvants de leurs familles.

À suivre les éléments médiatiques recueillis par JDX Production à Nioro :

L’âge n’y protège pas quand on décide d’attenter à la vie d’un esclave rebelle !

1 – Tonton Mountakha Diarrisso 73 ans

2 – Tonton Youssou Sissoko 72 ans

3 – Gossi Sissoko 44 ans

4 – Hamet Sissoko 45 ans

Pratiquement tout le village de Djandjoumé y compris certains de leurs proches obligés et courtisans de l’ordre féodalo-esclavagiste, A LAISSÉ FAIRE cet assassinat diaboliquement orchestré sur ces braves gens qui ne voulaient plus des humiliations sociales de cet esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké.

A Lincoln disait :  » si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais ».

En fait ce consensus explicite sur un pareil lynchage à mort dans un village de plusieurs centaines habitants en pleine soirée, ne peut être ourdi qu’à l’encontre des personnes déjà considérées comme socialement indignes et humainement dévalorisées parce qu’elles sont encartées et castées esclaves.

NOUS NE LES OUBLIONS JAMAIS…JAMAIS.

● La communication d’alerte publiée par des experts onusiens sur la situation : https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F

Ci-jointe une pétition à signer pour soutenir cet engagement contre l’esclavage par ascendance https://www.change.org/p/united-nations-esclavagisme-par-ascendance-et-atrocit%C3%A9s-en-milieu-sonink%C3%A9-au-21%C3%A8me-si%C3%A8cle?recruiter=false&utm_source=share_petition&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_medium=whatsapp&utm_content=washarecopy_24716064_fr-FR%3A3&recruited_by_id=e909d1a0-f784-11ea-8fcf-79bb7a7891fd

©️ KS pour le BLOG

Des experts des droits de l’homme de l’ONU exhortent le Mali à mettre fin à l’esclavage une fois pour toutes

GENÈVE (9 septembre 2020) – Des experts des droits de l’homme des Nations Unies* ont appelé aujourd’hui les autorités maliennes à mettre fin à l’esclavage une fois pour toutes, après que quatre hommes considérés comme nés dans l’esclavage ont été battus à mort et qu’une femme de 80 ans et deux autres personnes ont été gravement blessées la semaine dernière.

« Rien ne peut justifier la persistance de la pratique de l’esclavage », ont déclaré Alioune Tine, expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Mali et Tomoya Obokata, rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences. « Nous condamnons ces actes barbares et criminels qui violent le droit à la vie, à l’intégrité physique et à la dignité humaine, et qui restent trop souvent impunis ».

Ils ont demandé « une enquête rapide, transparente, impartiale et approfondie » sur l’attaque du 1er septembre à Djandjoumé (région de Kayes), et que justice soit faite pour les victimes.

L’un des morts, un homme de 69 ans considéré comme un esclave, avait obtenu une décision de justice contre l’imam du village au sujet des terres agricoles. Certains membres de la communauté se sont opposés à la décision du juge, ont encerclé les maisons des soi-disant esclaves et les ont sauvagement battus. Les quatre hommes morts avaient entre 42 et 72 ans ; une femme âgée et un couple marié, âgés de 30 et 44 ans, ont été hospitalisés. Onze personnes ont été arrêtées.

« Ce système d’esclavage par ascendance persiste malgré le fait que l’esclavage ait été officiellement aboli au Mali en 1905 », ont déclaré les experts. « L’esclavage constitue également un crime contre l’humanité dans le Code pénal malien ». Les personnes sont considérées comme nées esclaves parce que leurs ancêtres ont été capturés et réduits en esclavage et que leurs familles « appartiennent » aux familles propriétaires d’esclaves depuis des générations. Les personnes qui sont considérées comme des esclaves travaillent sans rémunération, peuvent être héritées et sont privées des droits humains fondamentaux.

L’année dernière, un membre d’une organisation antiesclavagiste a été expulsé de son village dans la région de Kayes sur ordre du chef de village, et une cinquantaine de personnes qui contestaient leur statut d’esclaves ont été forcées par les chefs traditionnels locaux de fuir un autre village.

« Ces incidents effroyables illustrent l’échec de l’État malien à mettre en œuvre ses engagements internationaux en matière de protection des droits de l’homme », ont déclaré Tine et Obokata. « Dans certains cas, les chefs traditionnels et les autorités étatiques semblent clairement être complices des auteurs ».
Tine et Obokata ont appelé le Mali à adopter au plus vite une loi criminalisant spécifiquement l’esclavage, à l’instar d’autres Etats de la région comme le Niger et la Mauritanie, et à coopérer avec les organisations de défense des droits de l’homme pour mener une campagne nationale visant à abolir l’esclavage.

« Il est également essentiel que le Mali cesse de punir les défenseurs des droits de l’homme et les autres personnes qui tentent de mettre fin à l’esclavage par ascendance », ont-ils déclaré. « Le gouvernement doit tenir tête aux chefs traditionnels et religieux qui tolèrent des pratiques effroyables telles que l’esclavage ».

Dans son dernier rapport du 15 janvier 2020, Tine s’est prononcé contre les attaques contre les personnes considérées comme esclaves et contre l’arrestation et la détention arbitraire de 16 défenseurs des droits de l’homme anti-esclavagistes.

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