TRIBUNE : MAURITANIE, PAYS D’APARTHEÏD OU PAYS À PART? Par Kaaw Touré

L´actualité mauritanienne, du mois de février, qui coïncide avec le 54ème anniversaire du ”manifeste des 19”, est dominé par un débat sur la question nationale et sociale ou autrement le problème de la cohabitation en Mauritanie. Ce débat a été suscité par la sortie du président Biram Dah Abeid à Génève sur la nature de l´Etat raciste et esclavagiste du pays.
Aussitôt la classe politique ou l´intelligentsia arabo-berbère dans sa majorité et une partie de la presse électronique ont repris en choeur le discours officiel de l´Etat mauritanien au nom d´un soi-disant sacro-saint devoir de protection de l´image du pays. A travers cette prise de position apparait clairement la volonté de cet establishment de maintenir le statu quo et les acquis (la dénégrification) de la politique du fait accompli, celle de l’exclusion à fondement raciste.
En effet, dès que le Système est désigné du doigt, les divergences s´estompent. On tient coûte que coûte à garder les privilèges qui en découlent. Protèger l´image du pays n´est qu´une excuse, un prétexte pour masquer l´essentiel. L´essentiel c´est qu´au delà des divergences et des contradictions, il y a la volonté de dénégrifier le pays ou tout au moins de réduire les Noirs à la soumission et au silence par justement le maintien de l´esclavage en l’état et par une politique radicale d´exclusion systématque de la composante négro-mauritanienne de tous les secteurs de la vie nationale.
Touchés au vif, courroucés, irrités, tous sont montés au créneau pour construire leurs échafaudages théoriques sur la situation politique du pays et surtout pour défendre la patrie du complot, un complot international, un de plus ourdi par les ”éternels nationalistes étroits et ennemis” de la Mauritanie cherchant à discréditer l´angélique République” Islamique” de Mauritanie. Ils veulent transformer leurs victimes en bourreaux. Quand un voleur crie au voleur, imaginez l´hilarité des passants.
Certains scribouillards accusent les Mauritaniens de la diaspora d´être derrière cette campagne contre la sainte Mauritanie et ajoutent que nous sommes loins des réalités mauritaniennes. Il faut leur rappeler que les exilés que nous sommes, avons tous laissé derrière, des frères, des soeurs, un père, une mère, un village, un hameau bref, une famille et des rêves et tout ce qui touche à leur dignité, citoyenneté et intégrité nous concerne aussi.
Cette Mauritanie est un pays particulier où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la « Mauritanité », et à partir de leur position de simples citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire « le patriotisme », ce que veut dire la « Mauritanité », qu´ils confondent souvent avec « mauritude ». Ils veulent nous imposer leur discours, la ligne à ne pas franchir et la posture à tenir.
Dénoncer le racisme et l´esclavage, les injustices ne veut pas dire que nous n´aimons pas notre pays. Nous refusons seulement que le mensonge et l´hypocrisie soient les fondements de notre vivre ensemble. Nous aimons notre pays comme la prunelle de nos yeux mais nous l´aimons aussi avec un amour critique.
Sans m´attarder sur des débats sémantiques, je signe et persiste, comme nous l´avons toujours soutenu: il y a des similitudes effarantes entre le Système d´Apartheid sud-africain et le Système de gestion politique en Mauritanie. Aujourd´hui il faut-être d´une malhonnetêté intellectuelle notoire et de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre le racisme d´Etat en Mauritanie. Au-delà de l´évidence, il y a la réalité disait un grand philosophe. La réalité est que le racisme d´Etat existe en Mauritanie. Cette réalité n´est pas le fruit de « l´imaginaire fertile et débordant  » de Kaaw Touré, du président Biram Dah Abeid, ou encore moins du président Samba Thiam ou du président Ibrahima Moctar Sarr et de Dr Alassane Dia. Nul effort n’est besoin de déployer pour découvrir derrière les pouvoirs et les avoirs, le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale et l’esclavage le plus primaire.
Comment qualifier un Système qui déporte, qui viole, qui vole, qui assassine, qui spolie, qui marginalise, qui discrimine ses propres citoyens du seul fait de leur appartenance sociale, ethnique ou raciale? Si ce n’est pas de l’Apartheïd de l’Afrique du Sud en tout cas ça en a les mêmes effets. Selon nos contradicteurs, la notion de l´Apartheïd est en l´occurrence inopérante en Mauritanie parce que nous vivons dans les mêmes quartiers, allons dans les mêmes écoles et prions dans les mêmes mosquées. Cette présentation schématique et manichèenne feint d’ignorer la substance et la finalité de l’apartheid que le sinistre Hendrik Verwoerd, ancien premier ministre d´Afrique du Sud, en 1963, présentait devant le parlement de son pays comme : « …réduit à sa simple expression, l´Apartheid ne peut se présenter que sous la forme suivante : nous entendons garder blanche l´Afrique du Sud, la garder blanche ne peut vouloir dire qu´une chose, assurer la domination des blancs, non leur direction, non leur tutelle, mais leur commandement, leur suprématie ».
Quels autres objectifs le système politique mauritanie pousuit-il sinon de perpétuer la domination exclusive et irréversible d’une communauté raciale sur la vaste majorité noire? Les faits sont têtus, les résultats sont là, indéniables!
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées,(1966, 1979, 1986, 1989, 1990,1991) à une déchirure profonde entre les deux communautés. Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.

Qui ose en douter encore ? Et encore, convient-il de souligner qu´en Afrique du Sud le pouvoir blanc, tout raciste qu´il était, n´est pas allé jusqu´à déporter les Noirs du pays, se contentant, si l´on peut dire, de les parquer dans les Bantoustans et au mieux dans des townships.
Si en Afrique du Sud le pouvoir raciste pouvait permettre à un Nelson Mandela de vivre 27 ans en prison, en Mauritanie les Tène Youssouf Guèye et Djigo Tapssirou ont été assassinés en moins de 2 ans de détention. Comme vous voyez le régime raciste de Nouakchott est plus cruel que son cousin germain de Prétoria. Il faut trouver un autre nom plus approprié à ce Système ethno-génocidaire qui dépasse l’Apartheïd.
Si en Afrique du Sud les militants de l´ANC ont pu être détenus et sortir vivants après plus de 20 ans de détention, en Maurtanie, plus de 500 supposés militants et sympathisants des Flam ont été assassinés en moins d´un mois dans les camps d´exterminations du régime de Nouakchott à Inal, Djreïda, Nbeyka, Azlat, sans parler des milliers des civils abattus dans la vallée, ni des charniers qui essaiment partout dans le sud du pays. Et comble de l´horrreur, l´Etat n´a pas trouvé une idée plus géniale que de pendre 28 Noirs dans la nuit du 28 novembre, fête de l´indépendance. Il fallait faire offrande à l´Etat chauvin de cadres négro-africains, 28 Noirs sont pendus. Des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Noirs et c´était suffisant comme crime aux yeux du régime et ses sbires.
Tous ces crimes contre l´humanité restent impunis, les veuves, les ayants droit, les orphelins continuent à exiger la justice. En bons marchands, ils veulent vider l´abcès, le contentieux national comme on vide les stocks. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli et de l´impunité.
Certains contempteurs, pour banaliser le fait raciste dont est exclusivement victime la composante noire, invoque une prétendue « exclusion transversale ». Suffisons que certaines franges de la communauté arabo-berbère soit également touchée par des injustices sociales et économiques, il n’en demeure pas moins évident que seuls les Négro-africains sont violentés dans ce qu’ils ont de plus cher: leur culture, leur identité, leur intégrité et leur citoyenneté en un mot leur dignité.
Le contrôle de l´État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nationales nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.
Nous ne souhaitons pas le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique la naissance de nos organisations politiques et mouvements citoyens, notre engagement et notre combat. Ce dont nous sommes coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumiére crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une seule nationalité racio-culturelle au détriment des autres.
Ma question est aussi où sont les progressistes arabo-berbères du pays?
Si par ailleurs, des blancs risquèrent leur vie ou se firent pendre aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND ou en Afrique du Sud comme les Joe Slovo, Bram Fischer pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant les années de braise et actuellement avec la politique radicale de l’exclusion systématique des communautés noires. Comme ils sont bien rares, ceux de l’autre côté, à faire montre d’un engagement éprouvé contre les discriminations raciales! Au contraire, tous ou presque, en chorus, reprennent le discours officiel avec hypocrisie et mensonges et parlent de la fictive « unité nationale » menacée ou de l’Islam qui nous unit dont ils violent et bafouent les fondements et principes élémentaires. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Ce que nous faisons est en conformité avec notre religion qui nous dit à travers un hadith du messager : « Quiconque d’entre vous voit un mal qu´il le change par sa main. S’il ne le peut pas qu’il le dénonce. S’il ne le peut pas qu’il le désapprouve en son cœur car c’est la plus faible expression de la foi”.
Et comme disait un adage ”lorsque le sage montre la lune, l´imbécile regarde le doigt. Sur nos pages, nos murs et nos espaces sur les réseaux virtuels et sur le réseaux réels ce sont des plages des préjugés et de déchirures profondes.
Les mauritaniens habitent ensemble mais ne cohabitent pas. Ils se croisent mais ils ne se voient pas. Ils se parlent mais ils ne communiquent pas.
Nous sommes ensemble dans les marchés mais point de commerce entre nous. Nous sommes ensemble dans les mosquées mais ce n’est pas évident que nos prières et souhaits soient les mêmes. Certains prient pour leurs frères « moudjahidines » en Palestine et en Syrie et d’autres pour leurs frères et soeurs déportés, leurs veuves et orphelins de la vallée.
Nous avons les mêmes langues mais nous ne parlons pas le même langage. Et pourtant nous devons construire des ponts de coeurs et détruire en choeur ces murs des déchirures et barrages d’inculture. Il est temps de se ressaisir! Il est encore temps de se surpasser pour outrepasser l’impasse. Encore une fois ce ne sont pas les intimidations, les diatribes, la terreur policière ou la terreur intellectuelle qui nous feront taire. Nous continuerons à dire la vérité à temps et contre temps pour guérir nos maux.
Il est manifeste que la politique d’évacuation et de dissimulation des questions sensibles n’a jamais aidé à les résoudre. Il importe que les formations politiques et des patriotes sincères comprennent que l’édification d’une Mauritanie prospère et stable passe nécessairement par la lutte contre les préjugés nuisibles à l´unité nationale et au developpement de tous. Ils doivent comprendre tant que les problèmes de fond à savoir le racisme d´Etat et l´esclavage ne seront pas identifiés et débattus, tout projet démocratique restera une utopie.
Au delà du racisme, ils verront nos visages:
Au delà de leurs peurs, la réconciliation:
Justice et égalité pour tous, c’est là notre avenir.
Je ne peux terminer sans faire appel à Jaures et m´approprier ses propos:
‘’ Nous ne subirons pas la loi du mensonge triomphant ,
Nous ne plierons pas ,
Nous ne nous tairons pas,
Nous ne nous irons pas en silence ,
Nous ne nous coucherons pas …”


Et la lutte continue!

Kaaw Touré

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (2/3/2020)

L’éditorial de la Nouvelle Expression – Président Ghazouani : Mots et maux

Voila 8 mois que la Mauritanie est dirigée par un nouveau Président, Ould Ghazouani. 8 mois dans la vie d’un pouvoir « nouveau », c’est peu, pourrait-on dire. 8 mois pour le changement, c’est trop peu. Mais 8 mois pour émettre les signaux d’un changement ou le début d’une nouvelle ère, c’est beaucoup trop.

Cela fait 8 mois que Ghazouani est au pouvoir avec des mots forts (intitulés mes engagements) et ce après 11 ans du régime de Mohamed Abdelaziz mais les maux sont encore là. Des maux vraiment perceptibles dans tous les domaines. Et pourtant le Mauritanien perdu, hypnotisé par cet espoir suscité par l’arrivée au pouvoir de Ghazouani veut toujours croire aux engagements de ce Président. Les citoyens attendent et les véritables signaux visibles et entretenus par le nouveau régime ne font, au contraire, que conforter les situations dans leurs certitudes qu’ils sont dans un rêve, une situation de réveil agité.

Les mots de Ghazouani sont forts mais les maux de notre chère patrie sont profonds et confondus avec nous-mêmes où les pessimistes pensent à l’impossibilité de cette Mauritanie rêvée qui permettra au camp des justes de se frotter les mains et aux morts de se reposer en paix. L’équation à résoudre est à inconnue connue, d’où sa complexité.

Si on simplifie le désastre étatique du pays auquel le président Ghazouani est confronté et que les citoyens impatients demandent du résultat, ce désastre peut se comparer à la situation de la commune de Sebkha qui à l’échelle de 1/NX1000. La situation de la mairie de Sebkha est suffisamment compliquée mais nous renseigne sur la délicatesse ou la pourriture de la gestion des affaires de ce pays ou certaines personnes de la haute sphère décisionnelle de l’Etat qui en sont responsables.

Les mots ne peuvent être les remèdes à ces maux. Ces maux qui, comme le virus coronavirus, nous dominent et risquent de dominer encore ce pays qu’on aime tant.

Et c’est ça la Mauritanie. Le maire a le droit et le citoyen est avec lui mais il est bloqué par un lobby qui contrôle la manne financière du marché depuis quelques décennies. L’autorité de tutelle inefficace ou complice laisse la situation pourrir. Ce maire, comme beaucoup de maires, est dépouillé de ses prérogatives. Il n’est rien, ne peut rien s’il n’accepte pas la concussion. Il ne pourra rien faire pour le citoyen de Sebkha s’il ne collabore pas avec le lobby de sangsues, fortes et tenaces.
Sebkha est à l’image du pays… le chemin est encore long car nous devons repenser la Mauritanie. Un projet de pays mal pensé entre les mains des lobbys d’une primitivité inouïe comme des adolescents qui confondent leurs billes ou ce joueur de golf qui prend un œuf pour une balle…
La Mauritanie, comme ces hommes et femmes justes, attend encore plus de nous pour donner un sens à notre existence. Exigeons de nous des efforts, beaucoup d’efforts qui restent à faire.
L’Etat a failli et pour cela il y a des responsables… et le citoyen, à l’image de celui de Sebkha, commence à comprendre et connaitre, voire indexer les véritables ennemis de cette nation.
Aidons à donner un sens à la décentralisation, au rôle des collectivités locales en soutenant l’expression effective d’une politique communale pensée et voulue par nous-mêmes, les citoyens.

Le citoyen au centre de l’action des politiques de développement, c’est aussi une promesse du président Ghazouani. Arrivera-t-il à extirper ce citoyen du « néant » malgré la puissance de ces mains invisibles… visibles ? Difficilement.

Voilà que la mairie de Sebkha, comme un atelier d’expérimentation des ambitions volontaristes, des idées novatrices et d’une bonne gouvernance avec comme règle servir le citoyen, risque d’être un rêve de plus d’un citoyen qui s’est cogné la tête contre le mur. Car cet ambitieux élan est entrain d’être stoppé net par les puissants lobbys que le jeune maire de Sebkha ne connaissait pas et ne connaît pas les ramifications incroyables, un groupe de puissants qui se voient tout permis dans une république perdue.

On comprend, maintenant, le principal problème du nouveau Président : la puissance des lobbys du système avec des intérêts mercantilistes exagérés. Pille, affame et écrase le citoyen mauritanien, prends-lui tout -même sa dignité – il te suivra comme une poule picorant des graines jetées au sol et qui peuvent l’amener droit au four. Des attitudes contraires aux promesses intitulées « Mes engagements » par l’actuel Président et qui mineront leur réalisation.

Le jeune Soumaré va-t-il échouer parce que refusant de servir les lobbys ? Ces lobbys l’en veulent depuis son refus de leur cadeau empoisonné (dix millions d’ouguiyas) offert par la fédération des commerçants au lendemain de son élection. Magot qu’il a gentiment retourné à la fédération….

Son projet pour cette cité est-il vraiment voué à l’échec à cause de la force des ces sangsues qui ont contrôlé et veulent continuer à contrôler le patrimoine de la mairie : le marché ?

Mon projet, mon avenir, le programme Ewlewiyatt, l’agence Taazour et d’autres encore… mais surtout la levée des poursuites contre les opposants à l’extérieur du pays, oui, voilà des signes annonciateurs de rupture d’avec l’époque d’Abdelaziz… mais des signes encore très insuffisants pour construire ce pays.

Que Dieu préserve la Mauritanie et assiste les justes sur ce long chemin de la déconstruction de l’entreprise, produit de ces maux qui plombent notre avenir et handicapent la bonne marche de ce pays…

Camara Seidi Moussa

©️ Crédit source: Site internet Nouvelle Expression

Mauritanie/Politique : Osons !, par Bocar Oumar BA

Arrêtons-nous juste un instant. Le président du Parlement traite un élu du peuple d’étranger, voire de bâtard (si mon hassaniya ne m’a pas trahi), au sein même de l’hémicycle de l’assemblée nationale, tout ça dans un pays où il y a seulement quelques mois, une célèbre marche fut organisée au plus haut niveau contre les « discours haineux », et ça suscite à peine quelques indignations…

Les députés et militants de la majorité qui avaient tous soutenu cette fameuse marche hypocrite doivent avoir le cerveau surconnecté carrière pour ne pas voir que l’insulte leur est adressée au même titre. Quelle misère politique, intellectuelle et éthique que celle qui tue en vous cette dose minimale de dignité qui ferait dire à n’importe quel homme ou femme:  » non, je n’irai pas jusque là! « 

Et c’est dans ces rares cas que j’apostrophe directement les négro-africains qui militent au sein du parti au pouvoir pour leur dire d’oser la dignité minimale. Je ne suis pas, et ne serai jamais de ceux qui leur reprochent leurs nominations à des postes de responsabilité. Je le leur souhaite même, et grand bien leur en fasse! Mais quand ils participent à des manifestations hypocrites organisées par le pouvoir, dont on voit bien que la seule cible c’est nous autres militants noirs soulevant les vraies questions de discrimination dans ce pays, ils doivent avoir le minimum de courage de demander que le principe s’applique quand ce n’est pas un Biram, un IMS, un Samba Thiam ou un autre. Ils doivent oser réclamer que la sanction s’applique à Ould Baya, ne serait que pour éviter que nous ayons raison de dire qu’ils ne soutiennent que par carriérisme, et jamais par conviction.

Osez la dignité! Réclamez que les principes que vous avez défendus lors de cette marche (si tant est que c’était les principes qui vous importaient) s’appliquent pour le président de l’assemblée.

©️ Crédit source : post Facebook de l’auteur (du 2 février 2020)

L’édito Cri Osé : Ces extrémistes féodalo-esclavagistes soninkés désarçonnés qui veulent se faire du BIRAM. Quelle tristesse !

Le 20/12/2019, j’écrivais ce post et en ces débuts 2020, je le réitère parce que certains milieux soninkés n’arrivent pas à digérer l’exposition médiatique à l’échelle nationale et internationale de la question de l’esclavage coutumier par ascendance ancré dans la communauté. Ils essaient de « TOUT » mettre sur le compte du président Biram Dah Abeid, et par une cabale diffamatoire abjecte. Le prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les Droits Humains, serait le diviseur de soninkés, ils oublient au passage que l’hermétique système de castes dans la communauté est basé sur une stratification sociale où LA SÉGRÉGATION ET LA DISCRIMINATION SONT ÉRIGÉES EN VALEURS DIVINISÉES QUI DIVISENT ET SUBDIVISENT LES ÊTRES HUMAINS EN « PURS ET IMPURS » SOCIALEMENT.
Aujourd’hui l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste au sein de la communauté soninké, est assumé et mené OUVERTEMENT et DIGNEMENT par des vieux soninkés, des femmes soninkés, des enfants soninkés, des hommes soninkés à travers le monde depuis 2010. Et même si l’effet Whatsapp à partir d’octobre 2016 via les plateformes Réseaux #GANBANAAXUN_FEDDE, est remarquable.

Au passage, je rappelle à CEUX qui ont un train de retard de suivi d’observateur ou de « partisan » de l’engagement abolitionniste du président des Réseaux IRA-MAURITANIE , qu’un certain 18 octobre 2014 (http://www.cridem.org/C_Info.php?article=662175), Monsieur Biram Dah Abeid s’était déjà exprimé sur cette problématique avec des termes vifs lors d’une rencontre organisée par UVDS à Nouakchott.

✅ l’esclavage et la féodalité : entre paradoxes et hypocrisies! (20/12/19)

Certains communautaristes « cerveaux attardés » foncièrement biberonnés aux références féodalo-esclavagistes, s’attaquent honteusement via whatsapp en soninké au président Biram Dah Abeid. Pour cause, ils ne supportent pas qu’il s’intéresse aux contentieux liés à la culture apologétique de l’esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké notamment via certains groupuscules connus et leurs complicités diverses. Ceux-là même qui peuvent « chanter » Biram en « champion des Noirs de Mauritanie » hier pour assouvir leurs tréfonds racistes et anti- baydhane, l’accusent aujourd’hui par des méthodes lâches et diffamatoires . La Justice et la demande du Droit ne s’appliquent pas par compromissions communautaristes et les faux-semblants.

Qu’ils boivent un peu de fondé, on ne se protège pas par le NON-DROIT (velléités dominatrices du régime féodalo-esclavagiste intracommunautaire)

Mon soutien ferme à lui.

Le lien : https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/12/20/lesclavage-et-la-feodalite-entre-paradoxes-et-hypocrisies/

Soninkara – Réflexion : la question épineuse de la Femme soninké et ses Droits en milieux ruraux !

Femme soninke connue par sa bravoure, sa détermination pour le développement. Elle combine à la fois ses tâches ménagères et ses actions économiques (travaux champêtres, petites activités génératrices des revenus….). Elle se réveille tôt le matin aux premiers chants de coq annonçant l’aurore de la journée. Au petit matin, l’enfant collé au dos, elle allume le feu à base des fagots qui dégagent la fumée, soit dans une minuscule chambre, soit en plein air dans un espace venteux ou froid pendant que les autres membres de la famille sont sous la couette attendant qu’ils soient servis tranquillement. Elle fait sa cuisine, sert les plats et faits sa lessive. Après avoir fini les travaux ménagers, elle prend le chemin de la brousse enfant au dos pour faire des kilomètres à pied afin de mettre en valeur ses champs sous un soleil à plomb sources de ses revenus aléatoires. Au soir elle rentre à la maison fagots à la tête et on entend le crépitement des pieds dans un espace caillouteux pour finir les travaux ménagers nocturnes. Elle sert le dîner et fait encore sa lessive entourée des marmailles qui se plaignent pour chaque acte. Ainsi, elle va se doucher tardivement sous une lumière peu éclairée de la lampe tempête. Elle est à la fois la première à se réveiller très tôt et la dernière à se coucher dans le foyer.

Vu les multiples occupations quotidiennes de la femme soninké, qu’est-ce que soninkara lui a réservé ?
Soninkara n’a rien trouvé que de la tenir dans l’illettrisme total et dans la marginalisation. Elle est écartée de toute prise de décision familiale ou communautaire. Dans certains milieux ruraux soninké, par volonté de domination masculine, la femme soninké est privée ou très passablement orientée vers une instruction religieuse et scientifique. Ce Soninkara caractérisé par l’envie de l’émigration, a oublié que le socle de la communauté repose sur l’épaule de ces braves et dynamiques femmes. Les hommes sont appelés traditionnellement à cause d’une certaine pression sociale de divers ordres à émigrer d’une ville à une autre voire d’un pays à un autre par tous les moyens disponibles laissant derrière eux des femmes et des jeunes quasiment illettrés. Malgré les conditions difficiles décrites de son environnement social, cette femme se bat pour donner le meilleur d’elle-même sur le plan éducatif et social. Ce brassage socio-culturel à travers l’émigration n’a pas pu apporter des réformes sociétales. Ainsi, cette communauté (soninkara) se plaint de la dégradation de l’éducation, de la malversation économique voire la dépravation des mœurs bâties depuis des belles lurettes à travers la fameuse phrase « soninkaxu maintaa », ce qui renvoie à la vision obscurantiste qui se croit au centre du monde. Cet esprit d’arrogance, qui écarte toute forme de remise en question a poussé soninkara à marginaliser la femme soninké de l’instruction et d’accès au savoir par divers canaux.
Par le biais de cette migration les hommes découvrent sous d’autres cieux des cultures, rencontrent et épousent des filles cultivées pleines de vie élégante. Ces hommes qui ont par ailleurs privé les filles/femmes du terroir, de leur droit à l’éducation, à s’ouvrir à d’autres cultures voir même leur refuser le brassage par le mariage. La femme soninke se trouve entre le marteau et l’enclume. D’une part soninkara l’a refusé à l’accès au savoir et à la modernité et les hommes la fuient pour aller se marier avec les autres civilisations ; et d’autre part soninkara refuse à ses filles de se marier avec d’autres hommes des cultures différentes d’où actuellement les filles et femmes divorcées ont du mal à trouver des maris.
Cette iniquité de soninkara a laissé des impacts négatifs sur tous les aspects de notre civilisation face à la croisée des civilisations mondiales. Au sein de la même communauté très stratifiée, soninkara refuse le mariage intercommunautaire (mariage endogamique) pour des raisons des castes et d’esclavage statutaire. À l’instant dans beaucoup des contrées des pays d’Afrique de l’ouest et dans la diaspora, ces clivages bloquent nos filles et nos cousines à trouver des maris préférés. Ce même comportement a été transplanté au sein des diasporas soninkés vivant même dans les grandes civilisations dites modernes. Ce repli identitaire sur soi au risque et péril de la jeunesse sur la voie de la dépravation des bonnes mœurs. Cet analphabétisme à grande échelle des femmes a beaucoup impacté la jeunesse qui ne voit leurs pères que quelques mois chaque deux ans ou dix ans suivant les circonstances.

🔹️Par Moussa Diakhité, mauritanien et assistant – conseiller à l’insertion sociale en région parisienne

L’esclavage et la féodalité : entre paradoxes et hypocrisies !

Certains communautaristes « cerveaux attardés » foncièrement biberonnés aux références féodalo-esclavagistes, s’attaquent honteusement via whatsapp en soninké au président Biram Dah Abeid. Pour cause, ils ne supportent pas qu’il s’intéresse aux contentieux liés à la culture apologétique de l’esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké notamment via certains groupuscules connus et leurs complicités diverses. Ceux-là même qui peuvent « chanter » Biram en « champion des Noirs de Mauritanie » hier pour assouvir leurs tréfonds racistes et anti- baydhane, l’accusent aujourd’hui par des méthodes lâches et diffamatoires . La Justice et la demande du Droit ne s’appliquent pas par compromissions communautaristes et les faux-semblants.

Qu’ils boivent un peu de fondé, on ne se protège pas par le NON-DROIT (velléités dominatrices du régime féodalo-esclavagiste intracommunautaire)

Mon soutien ferme à lui.

KS

DROIT DE RÉPONSE : GANBANAAXUN FEDDE, MOUVEMENT TRANSNATIONAL HUMANISTE et LEGALISTE EST FONCIEREMENT L’ANTITHÈSE DES IDEOLOGIES FÉODALO-ESCLAVAGISTE DE PLUS EN PLUS VIOLENTES ET AGRESSIVES AU SEIN DE LA COMMUNAUTÉ SONINKÉ

Comme souvent et pour permettre à ceux qui ne sont pas familiers de la langue soninké de comprendre le sens de l’expression « GANBANAAXU », nous nous sommes habitués dans nos différentes communications et autres tribunes libres à définir systématiquement ce vocable, qui signifie : ÉGALITÉ EN DROIT ET EN DIGNITÉ.
Le mouvement « GANBANAAXUN FEDDE » est une initiative transnationale, progressiste et citoyenne de conscientisation des masses afin qu’elles comprennent l’urgence et la nécessité des réformes au sein de la communauté soninké où sévit depuis très longtemps un régime coutumier foncièrement discriminatoire, ségrégationniste et d’une violence symbolique inouïe. Depuis bientôt 4 ans, cet engagement pacifique est mené courageusement à travers un collectif d’associations transnational, pour le respect et la restauration de la DIGNITÉ HUMAINE au nom d’une FRATERNITÉ RÉELLE. Ce collectif d’associations hétéroclites lutte pour l’effectivité d’une CITOYENNETÉ ÉGALITAIRE consacrée et sanctifiée par les textes fondamentaux de nos États respectifs et par toutes les institutions internationales habilitées à défendre les Droits Humains mais aussi pour le respect strict de la légalité républicaine en toute circonstance, laquelle permet à tous ses enfants les mêmes droits, les mêmes chances, les mêmes opportunités tout en leur imposant les mêmes devoirs.

Après cette présentation assez rapide du mouvement, notre présent communiqué tient lieu d’un droit de réponse à une tribune farfelue, truffée de mensonges et honteusement diffamatoire. Le texte de cette tribune libre http://cridem.org/C_Info.php?article=730433, signé par une nébuleuse et fantomatique structure qui s’est autoproclamée « tounka lenmou fedde », littéralement « l’association des fils ou héritiers des rois » (dirigeants féodaux en traduction), il serait plus judicieux de dire plutôt « tounka lonbrou fedde », littéralement « les rois qui ne valent rien ou les rois de peccadille », vise à faire diversion en accusant l’éveil humaniste et citoyen porté par le mouvement GANBANAAXUN FEDDE et ses partenaires abolitionnistes. Dans leur tribune libre, au fond abject et infect, parue à CRIDEM, nous y décelons les mêmes tentatives vaines à vouloir camoufler la source de ce que vit aujourd’hui la communauté soninké dans la sous- région ouest- africaine pour ce qui concerne l’esclavage coutumier par ascendance. C’est un secret de polichinelle que de dire qu’il existe chez les soninkés, un esclavage statutaire intracommunautaire qui se pratique et se perpétue à travers d’innombrables violences symboliques et physiques, qui se sont même amplifiées ces dernières années, comme en atteste ce reportage récent de la chaîne internationale France 24. https://observers.france24.com/fr/video/ligne-directe-resister-esclavage-mali https://m.facebook.com/FRANCE24/videos/2548639315424208/ .

La réalité est qu’aujourd’hui au sein des communautés soninké, les personnes « castées » et assignées statutairement et socialement esclaves, refusent fermement de se laisser faire et revendiquent une CITOYENNETÉ ÉGALITAIRE selon les dispositions prévues par l’ordre républicain en vigueur dans nos pays. Ils se sont dressés pacifiquement contre les pesanteurs sociales injustes et humiliantes du système féodalo-esclavagiste incarné par les « LAADANI » c’est à dire les rapports sociaux discriminatoires et ségrégationnistes issus de la stratification sociale par laquelle la caste dite esclave est reléguée au bas de la pyramide dans tous les domaines de la vie profane et religieuse de la communauté.
Du côté mauritanien, les tenants de ce système réactionnaire qui défie l’ordre républicain et les lois nationales, sont organisés en groupuscules extrémistes via watsap et Face book et s’adonnent de manière régulière à des discours aux relents apologétiques de l’esclavage et à diverses provocations injurieuses.
Fidèles à nos principes et à notre option de lutte pacifique, nous avons porté leurs agissements répréhensibles aux autorités compétentes ces derniers jours avec notamment le cas de Fousseyni Soumani Camara connu comme un acerbe provocateur apologiste de l’esclavage qui en a fait son sport préféré.
Dans une communication récente http://cridem.org/C_Info.php?article=729831 , concernant son affaire portée devant la Justice, nous y avions signalée les provocations troublantes de complices identifiés de Fousseyni Soumani Camara sur nos militants en sit-in pacifique devant le commissariat Sebkha 1. Ces provocateurs qui sont Boubacar Camara plus connu sous le prénom de Moustapha Camara et Borou Camara lançaient en direction de nos militants certaines déclarations de nature apologétique et tentaient de prendre des images vidéo de nos membres avec leurs téléphones portables. Ils ont bien évidemment été empêchés. Mais, comble du cynisme, dans leur récente tribune libre, sans vergogne, ils n’ont pas hésité à tenter une ultime pirouette en essayant de jouer à la victime d’une agression imaginaire en mettant en exergue une scène d’attaque simulée de ces deux individus alors qu’ils font l’objet de plaintes bien solides pour leurs propos apologétiques de l’esclavage tenus dans leurs groupuscules watsap « democratia islamic » et « tounka lenmou fedde » . Nous tenons donc à donner ces précisions importantes, qui seront portées à la connaissance des autorités judiciaires avec preuve à l’appui. Dans leur déni de l’existence de l’esclavage coutumier par ascendance, nous les trouvons définitivement déboussolés et désorbités. Les mentalités féodalo-esclavagistes en milieux soninké sont connues de tous depuis toujours. Depuis trois ans, toutes les problématiques soulevées en milieux soninkés et notamment au Guidimakha, tournent autour de l’esclavage sous ses manifestations sociétales et coutumières. Nos divers communiqués de presse ont relevé plusieurs cas évidents même si la judiciarisation au niveau régional n’a pas souvent suivi les dossiers sous le prisme de cet esclavage coutumier par ascendance très défendu par les extrémistes féodaux et leurs complicités parentales parmi certains éléments introduits dans les rouages étatiques.

L’engagement GANBANAAXUN FEDDE s’inscrit dans les valeurs humanistes et citoyennes, et reste fidèle plus que jamais à cette voie(x). Et les manigances diffamatoires de certains adeptes inféodés aux mentalités féodales et esclavagistes du moyen-âge, seront sans effet face à notre détermination et notre résolution contre l’esclavage coutumier par ascendance érigé en mode de vie si ce n’est en art de vie par certains milieux soninké.

Nouakchott 15 Décembre 2019

🔹️P/ La communication GANBANAAXUN FEDDE et partenaires.

Un conservatisme soninké entêté contre tout progressisme : les victimes en souffrent, par Silly Ismael Korréra

Silly Ismail Korrera – Le conservatisme est une philosophie politique qui est en faveur des valeurs traditionnelles et qui s’oppose à tout progressisme.

Pour les conservateurs l’ordre social établi est indépendant de la volonté humaine. Le conservatisme favorise la dépendance. L’individu a besoin d’indépendance pour jouir d’une entière autonomie vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. La stratification sociale soninké s’oppose à cette indépendance des individus.

Toute ambition nourrit par les castes inférieures doit s’attendre à la résistance de la chefferie traditionnelle et religieuse souvent en connivence avec les élites politiques.

Devenir ou souvent même penser à devenir imam, élu politique pose un problème dans ces organisations. Penser à devenir chef de village ou même poser la question d’une probable possibilité est considérée comme étant un crime qui peut être source de lourdes peines. Interdiction d’accès aux fontaines publiques d’eau, embargo interdisant au commerçant de vendre à cette personne, exclusion physique de la cité.

Il s’agit ici d’organisations sociales dont les mentalités sont empoisonnées par des imaginaires collectives et des clichées sociales.

Des familles entières privées de responsabilités parce qu’elles sont descendants d’esclave, griots, forgerons, etc. Des personnes réduites à l’esclavage dans ce village soninké, le seul crime, parce qu’elles ont immigré dans ces villages à la quête d’une vie meilleure et se retrouvent en esclavage à un moment de leur l’histoire.

Dans ces espaces villageois, des citoyens mauritaniens à part entière qui ne jouissent pas de droits fondamentaux (accès à la propriété sous contrainte d’acceptation des coutumes, ne pouvant participer à la vie du village, aux décisions…). Un citoyen a des droits et des devoirs. Ce système traditionnel met en cause la situation. Parce que les victimes de l’esclavage ont des devoirs mais n’ont pas des droits. Ce qui nous amène à mettre en cause qu’il y a forcement une complicité de l’état mauritanien.

Il n’existe que l’humain. À ce que nous sachons les humains sont égaux en droit et devoir c’est une règle d’or pour le maintien du lien social et la cohésion sociale. Il faut bannir ce système abject, honteux et arriéré. Tout silence face à ce système devient complicité. Raisonner pour laisser entendre que c’était ainsi depuis nos ancêtres et pour changer, il faut du temps. Nous savons qu’il faut du temps mais à un moment il faut un démarrage et combattre toutes les mentalités qui pensent encore avoir des droits sur des êtres humains. Cette pratique est un crime et le crime doit être sanctionné.

Silly Ismail Korrera, informaticien, membre d’IRA

Ressortissant de Guidimaka (Ajar)

©️ Crédit source : http://www.cridem.org ( http://cridem.org/C_Info.php?article=730243)

✅Revoir nos coutumes : À nous de FAIRE ou on nous fera FAIRE

Un speech de Maître Ahmed Salem O. Bouhoubeïni , le président de la CNDH (commission nationale des droits de l’homme). Le 4/12/19 , il était de passage au Guidimagha (Sélibaby) avec sa délégation.

Il réaffirme clairement que l’esclavage sous toutes ses manifestations est une page à tourner en Mauritanie.

On peut saisir dans son discours, qu’il insiste sur l’égalité citoyenne entre tous les mauritaniens.

En gros tout ce qu’on prêchait et prêche toujours auprès de certains adeptes d’un communautarisme archaïque qui défie l’ordre citoyen pour maintenir et défendre un régime coutumier foncièrement discriminatoire et ségrégationniste. Cet ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie certaines inégalités entre les composantes sociales d’une même communauté. Des mentalités qui s’accrochent à un monde révolu et passéiste, risquent de rater plusieurs trains du présent et par la suite indexées d’une manière non-enviable. Et surtout nous devons cesser de croire que nos localités villageoises se trouveraient dans des îlots de principautés ou même de royaumes imaginaires enclavés dans l’état central républicain.

Il est temps, ENTENDRE ET S’ENTENDRE MIEUX pour rester « NOUS » autrement en COMMUNAUTÉ.

#Mauritanie #CNDH #Guidimagha #esclavage_coutumier #soninké #soninkara #féodalité

KS

La culture est-elle nos ancêtres étaient comme ça et nous devrons être comme ça ? Par Boulaye Diakhité, chercheur en sociologie

Si toutes les cultures méritent la même attention, elles n’ont pas socialement le même intérêt. Il s’agit ici d’une réflexion de ce qu’on appelle chez les soninkés notre culture.
Dans cette courte analyse, je ferai de mon mieux de ne pas rencontrer tout ethnocentrisme dans ce qu’on appelle notre culture. S’il arrive dans mon analyse que la culture soninké se veut le centre de toute chose, que tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à elle donc elle est à disqualifier. Il s’agit d’un vocabulaire à parler des autres cultures, qu’il y a une référence à l’animalité et à la barbarie. C’est une façon de conserver sa légitimité en délégitimant les autres.

Ce qu’on appelle notre culture chez les soninkés : Je vivais dans un royaume je dois continuer à vivre dans le royaume, mon ancêtre cautionnait l’esclavage et je dois le cautionner. Non ce n’est pas de la culture ça, il s’agit de quand on pense ça nous arrange. Dans la culture soninké, on trouve plus le naturel que le réel ; l’immobilité sociale que la mobilité sociale. Je m’explique dans la conception soninké, c’est la nature qui veut qu’on soit marabout, esclave, guerrier etc… c’est à dire l’individu ne devient pas, l’individu né. Or, personne ne naît pilote, médecin, etc. On devient. Ce qui est valable pour tout ce qu’on prétend de naturel. Dans cette conception naturelle de la culture, il n’y a rien de vrai, on devient sociologue, médecin, chef de village, marabout etc. Si la culture était naturelle nous n’aurons pas à souffrir. Mon père est sociologue, je deviens sociologue puisque je porte ces gènes mais malheureusement ce n’est pas le cas. Mon père est riche, je deviens riche ; je n’ai pas besoin de travailler ; combien de personnes sont nées ayant des parents riches devenus pauvres ; de pauvres étant devenus de riches. Il n’y a pas une loi de la nature valide cette théorie de la culture soninké. Si on devient donc on n’a le choix de changer et choisir ce qu’on veut devenir.

– Devenir ou même penser à devenir imam, élu politique est renvoyé aux origines génétiques de l’individu soninké ;
– Penser à devenir chef de village est génétique ;
– Des familles entières privées à des responsabilités parce qu’ils sont descendants d’une caste dite inférieure.
– Devenir esclavage génétique ; marabout génétique, chanteur lié aux gènes des esclaves et griots ; pourtant on trouve aujourd’hui dans les gènes de ce qu’on appelle marabout et guerrier de bons chanteurs et danseurs ;
– Étranger installé dans un village soninké, on lui donne des gènes esclaves ; pourtant les soninkés se considèrent comme des grands voyageurs, migrants à s’en tenir à la conception soninké de l’esclavage, il n’existerait aucun soninké noble ;
– Un espace villageois, ces citoyens ne jouissent pas de mêmes droits fondamentaux.

Ce pourquoi, toutes ces questions qui nous amènent à mettre une interrogation à ce qu’on appelle notre culture et qu’est ce que la culture ?

La culture est un terme polysémique, issu d’un long processus de construction historique. Elle est la somme des savoirs accumulés et transmis par l’humanité. Ici on peut parler de changement social. S’il y a changement social, il y a changement culturel. La société soninké est connue pour son conservatisme. Elle est contre tout progressisme. Ce qu’on appelle notre culture soninké reste en faveur des valeurs et normes traditionnelles (esclave et dépendance). Notre système est contre l’indépendance des individus, contre les lois de la république. L’ethnocentrisme est au cœur du modèle culturel soninké. Nous n’avons d’autre choix que de le disqualifier.
La culture va au delà de toute distinction de peuples et de classes. Le mot culture est souvent associé aux idées de progrès, d’évolution, d’éducation. Le terme culture est un terme proche de la civilisation. La civilisation est un processus qui arrache l’humanité à l’ignorance et l’irrationalité. Elle est un processus de raison et d’amélioration. Ce processus de civilisation est lié au progressisme, même si certains sont plus civilisés, la raison humaine a pour vocation entrer tous les humains dans ce mouvement.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (du 2/12/19)