Voilà ce que vivent les mauritaniens !

Partout et ailleurs, avec nos plumes, nous défendons les principes de la modernité politique et de leur application. Le respect de la dignité humaine, le respect de l’expression populaire, le respect de nos différences. Voilà les valeurs que nous défendons! Dans des spéculations politiques vides de sens, ces valeurs, justes et légitimes, se noient dans un flot de mots choisis pour anesthésier le peuple. Les mots ne sont guère innocents. Ils donnent sens à nos pensées et véhiculent notre raisonnement. La répression politique, l’instrumentalisation du fait religieux à des fins politiques, la corruption, la violation systématique de nos droits :

Voilà ce que nous vivons!

La logique voudrait que, quand on traite un sujet aussi sensible, d’identifier les véritables racines du mal. Devant le silence assourdissant de nos journalistes et de nos hommes de lettres, de nos hommes de sciences et de nos hommes religieux, une question se positionne comme une évidence. Qu’est ce qui est à l’origine de cette société maladive qui réprime et violente ses fils et filles?
Nous avons la volonté et la détermination de vaincre le mal. Notre confiance en la révolte populaire est impénétrable. Notre foi en la démocratie et ses principes est inébranlable. Nous avons un but, une ligne de conduite et un avenir prometteur pour les générations présentes et futures. Bakounine, dans Dieu et État commençait par ces mots : « Trois éléments où, si vous voulez, trois principes fondamentaux constituent les conditions essentielles de tout développement humain, tant collectif qu’individuel dans l’histoire : 1) l’animalité humaine, 2) la pensée, 3) la révolte. A la première correspond proprement à l’économie sociale et privée; à la seconde; la science; à la troisième; la liberté. »
C’est dans la substance de cette volonté de se libérer et de choisir ses propres chaînes pour reprendre Kery James, que nous appelons à une révolution sociale, à une réforme radicale des mentalités et des pratiques. La fin de la dictature militaro-politique et de cette corruption ravageuse qui affament et tuent des milliers d’enfants dans notre pays. Dans chaque lutte sociale et populaire, il est coutume d’affronter des adversaires coriaces et déterminés. Les conservateurs de la droite mauritanienne arabo-berbère, biberonnée dans la haine et le mépris, s’éternisent dans le déni et continuent d’alimenter le racisme et l’exclusion des noirs. Mais nous, de la gauche réactionnaire mauritanienne, avons foi en la force du peuple et sont confiants de l’avenir de notre pays. Nos plumes et celles de ceux qui nous ont précédé dans cette lutte évoquent la même problématique et appellent au peuple à se rebeller contre les religieux truands, les politiques véreux et les racistes de tout bord. Nous appelons à une Révolution sociale qui va donner naissance à une nouvelle Mauritanie, fière, juste et égalitaire.
L’histoire nous enseigne sur la cruauté de l’Homme et la nocivité de son animalité. Quoi qu’on dise, l’Homme, dans le sens le plus noble du terme, n’est rien d’autre qu’un animal. Plus proche des singes qu’aux fabuleux acteurs du Grand mythe du jardin d’Éden. C’est cette animalité ravageuse animée par la violence et la cupidité qui est à l’origine de tous nos maux. C’est cette dangereuse facette de l’homme qui a conduit aux massacres des peuls et des officiers noirs mauritaniens à la fin des années quatre-vingt. C’est cette bestialité de l’homme qui continue de maintenir des femmes, des hommes, des enfants et des vieillards dans un asservissement infernal et inhumain. Après « l’esclavage humain », l’humain, dans toute sa splendeur, invente « l’esclavage divin ». C’est cette instrumentalisation de la religion qui maintient des milliers de mauritaniens dans l’esclavage et dans la dépendance. C’est pour la mémoire des victimes des camps de l’humiliation et de la mort ( J’reida, Ouallata, Inal, Sorimalé…), pour la fin de la dictature militaire, pour le respect de nos libertés et pour la fin de l’esclavage que nous nous battons.
Quelque soit notre bord politique et notre religion, nous devons, pour notre intelligence et notre Humanité, s’insurger contre la violence des puissants, le terrorisme, le suprématisme, la corruption, le népotisme et le piétinement de nos droits et libertés. Les blessures infligées au peuple mauritanien sont encore béantes. Le collectif des veufs et orphelins des victimes de la barbarie du gouvernement Taya demande justice et réparation. Cette partie de notre histoire est la Nôtre. Nous devons restaurer la dignités de nos écrivains, la bravoure de nos soldats. Cette sombre page de notre passé est notre mémoire collective, un événement désastreux qui devrait être jugé et réparé. La justice est la mère de tout réconfort. Sans elle, nous serons toujours des complices devant la violence et la barbarie de nos dirigeants.
Il faut quand même souligner la présence encore très profonde des responsables de ce massacre dans les sphères gouvernementales de notre pays. Pour la préservation de leurs privilèges et avec le soutien des intellectuels de la droite extrémiste arabo-berbére, ces néo-nazis, dans la souffrance des familles des victimes, se retrouvent à l’abri de tout jugement.
Pour la stabilité et pour la sécurité de nos concitoyens, une chose est sûre: Il faut faire disparaître le mal, arracher ses racines et brûler ses feuilles. Nous aspirons tous à la justice, à la justice sociale, à la justice économique, à la liberté ( la liberté de s’exprimer, la liberté des Esclaves), au respect de nos choix politiques et de nos choix religieux.
Quelques soient les lieux et les temps, l’homme, dans son génie et sa cruauté, reste le produit d’une construction sociale. On aurait pu dire « les constructions sociales ». Elles sont issues d’une base sociale unique mais avec des expériences et des ambitions différentes. C’est que l’on appelle conviction. Elle est le résultat d’une transmission intense et progressive des normes et des valeurs sociales. Ces normes et valeurs, appliquées et transmises différemment, sont les sources de nos idéologies politiques, religieuses et philosophiques. Nous, humanistes et tolérants, aspirons à une société humaine régie par des principes de liberté, d’égalité, d’équité et de justice. C’est cette idéologie anarcho-gauchiste qui fonde l’ossature de notre engagement. Celui-ci est né dans des environnements différents avec des normes et des valeurs sociales humanistes et tolérantes.
Dans la misère et la répression, les opprimés et les miséreux, essayeront toujours de se libérer et de rester maître et possesseur de leur territoire. L’homme est un être libre. Un être humain qui se nourrit dans une liberté sans aucune contrainte ni restriction. Enchaînés par des chaînes capitalistes et par la dictature, les peuples, las et impuissants, acceptent honteusement leur condition. Conditionnés à se soumettre aux lois injustes, dans la peur et dans l’impuissance, ils deviennent des machines de production et des Esclaves à la solde de la Grande bourgeoisie mondiale. Cependant, les puissants ignorent complètement la puissance de la force populaire. Protégés par des milices armées devenues forces républicaines, les méchants loups de la grande bergerie humaine ne se doutent guère que la grande tempête est sur le point de ravager tout sur son passage. Ici, il est question d’une révolte sociale très bien structurée, avec un projet cohérent et une volonté de faire naître un autre modèle politique avec une vision d’avenir très prometteuse.
Nous avons remarqué dans la pensée des anarchistes cette forte envie de se libérer de tout. De Dieu et de L’État, de la dépendance à la soumission. Quoi qu’on spécule sur la nature humaine, le désir de se révolter constitue le socle de son existence. Il est fait pour être libre et non pour se soumettre aux gourous de tout horizon qui véhiculent des contre-vérités et des idéologies nauséabondes. Ils sont dans nos manuels scolaires, dans les livres religieux, dans des textes philosophiques, sur une affiche dans un bus, dans nos médias. Cette classe d’hommes et de femmes qui nous gouvernent ne veulent qu’une chose, que nous restions dans cet asservissement. Ils détruisent nos écoles, vendent nos établissements d’enseignement, ruinent notre système éducatif et sanitaire. Les enfants du bas peuple mauritanien n’arrivent point à avoir un enseignement de qualité qui formera un jour des ingénieurs, des médecins, des mathématiciens, des hommes de lettres, des musiciens. Ils se retrouvent piégés dans des réformes éducatives à caractère communautaire au détriment de l’intérêt général. L’arabisation de l’enseignement en Mauritanie est une très grave erreur qui, dans les décennies à venir, plongera notre pays dans le chaos. La pression des chefs de tribus maures et la droite extrémiste mauritanienne sont les racines du mal que vit le peuple mauritanien. De la corruption à la violence psychologique, de la pratique esclavagiste à la répression des libertés, de la discrimination au racisme, le peuple mauritanien, dépouillé de toute humanité, se retrouve dans la gueule de la grande bourgeoisie mauresque.
Le peuple mauritanien meurt à petit feu. Devant la misère qui sévit dans notre pays, un coeur sincère et sain ne pourrait ignorer ces cris d’enfants affamés dans les rues de toutes nos villes. Cette misère est profonde. Elle nous dépouille de notre dignité; de notre humanité. Elle nous maintient dans une dépendance mortifère qui nous écrase tous les jours.
Il est inconcevable qu’un territoire aussi riche que le notre, abrite des hommes, des femmes et des enfants qui meurent de la famine. Nous sommes devant une horreur sans nom. Notre volonté ne se résume pas uniquement à démolir la gouvernance militaire mais de donner naissance à une Mauritanie solidaire, instruite, tolérante et démocratique. La lâcheté et la peur ne doivent en aucune raison orchestrer nos intentions et nos actions. Nous avons le droit d’être libre et de participer activement à l’affranchissement de ce mur de la résilience et de la résignation qui nous étouffe. Nous n’allons aucunement laisser sombrer notre pays dans le désordre le plus total et dans les mains des fanatiques religieux qui répriment les libertés du peuple et qui volent les plus faibles et les plus démunis d’entre nous. Devant l’horreur, le bon sens devrait véhiculer nos actions et non de se camoufler dans un humanisme de comptoir qui est en réalité qu’une somme sordide des pensées opportunistes. Revenons à la misère!
Génération après génération, dans une servitude et une répression ravageuse, le peuple mauritanien reste impuissant face à l’arsenal de propagande idéologique des régimes politiques qui se sont succédés à la tête de notre État. Cette impuissance de plus en plus profonde trouve ses racines dans le clientélisme politique, le népotisme et dans la gestion calamiteuse de nos richesses. Analyser la misère du peuple mauritanien revient à mettre des mots sur des cris nocturnes d’enfants qui souffrent de la famine, sur cette impuissance dans les yeux de cet homme qui vient de perdre sa femme au cours d’un accouchement parce que les médecins refusaient de la prendre en charge sans assurance-maladie, sur cette famille qui, dans la chaleur cuisante de notre désert, séjourne honteusement dans la rue. Devant l’impuissance des puissances publiques, de nos institutions religieuses et de nos responsables politiques, les miséreux et les oubliés de la République se plongent de plus en plus dans les tréfonds de la plus grande des souffrances.
Cette monstruosité est le fruit des années de laxisme et de laisser-faire permanent. Les biens publics se confondent aux bien privés et des milliards d’Ouguiya se retrouvent dans des banques étrangères alors que nos concitoyens périssent de faim, meurent d’accidents de la route faute d’infrastructures adéquates, des jeunes filles meurent en accouchant par manque de personnels et de soins, des établissements d’enseignement totalement délabrés dans lesquels s’abritent des ânes, des chiens et des sans-abris terrassés par vos politiques destructrices et votre cupidité mortifère.
Gouverner c’est répondre aux aspirations du peuple. Gouverner c’est donner un avenir meilleur à nos filles et fils. Gouverner c’est organiser efficacement nos directions, nos institutions et notre administration. Gouverner c’est respecter les droits du peuple. Gouverner c’est de servir le peuple et non de se servir dans les tirelires du peuple. Gouverner c’est respecter le choix de chacun et de faire régner la volonté de la majorité. Gouverner c’est de savoir respecter nos différences et de faire la promotion de notre diversité pour éveiller les racines de notre unité. Gouverner c’est donner la chance à chaque citoyen quelque soit son ethnie, sa couleur de peau, sa religion, ses convictions. Gouverner c’est garder son calme devant la résistance populaire sans pour autant chercher des chicanes aux pays voisins. Enfin, gouverner c’est aussi séparer les pouvoirs ( politique et religieux) pour se prémunir de toute pression ou influence étrangère qui pourrait nuire à la stabilité de notre pays.
Nos dirigeants, au lieu de suivre à la lettre les volontés du peuple, font totalement l’inverse de ce que réclament les citoyens. Dans cette trahison de la confiance du peuple, les gouvernants, encore plus cupides et violents, violent sans cesse les droits et libertés individuelles. Leur mode de gouvernance ressemble à une organisation de malfaiteurs qui fait régner la peur et la misère dans les favelas. Ils se partagent les richesses du pays, se soignent dans les hôpitaux étrangers, inscrivent leurs enfants dans des écoles privées les plus prestigieuses, s’accaparent les biens du peuple pour se construire des fortunes dans des métropoles occidentales, utilisent la religion pour tondre et anesthésier le peuple. Pour arriver à toutes ces fins, ils utilisent des instruments légaux pour légitimer des actes illégaux.
Le monopole légitime de la violence est un concept politico-sociologique très juste et très cohérent pour le rétablissement de l’ordre républicain. En Mauritanie, nous avons dépassé ce cadre raisonnable et nécessaire. Nous sommes au niveau des assassinats arbitraires pour justifier le vol de nos biens publics. La répression policière mauritanienne est brutale tout à l’image de son patron. Pour légitimer toute cette violence infligée au peuple, ils enclenchent leur incroyable machine de propagande: les dignitaires du Sud, les notables du Nord, les journalistes, les chefs religieux, la police politique et la petite caste d’opportunistes de noirs de service vient fermer la marche. Voila les racines de notre misère, de notre exclusion et du racisme d’État mauritanien.

KIDE BABA GALLE

L’édito – Sofo: IRA-MAURITANIE sur un cas d’esclavage : Vouloir, c’est pouvoir et ça se prouve !

Les militants irréductibles du mouvement abolitionniste IRA-MAURITANIE, viennent de prouver encore ce qu’ils savent FAIRE courageusement depuis plus de 10 ans (octobre 2008). Démasquer et marquer à la trace un cas d’esclavage camouflé à Nouakchott avec cette jeune fille originaire de la zone de Bassikinou. Depuis bientôt une semaine, malgré diverses pressions exercées par l’entourage de la présumée esclavagiste annoncée mise en détention ces dernières heures, les vaillants militants IRAOUIS ont suivi ce cas jusqu’aux derniers développements. Nous avons vu un communiqué canon (https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/09/03/encore-un-cas-desclavage-sur-mineure-en-mauritanie-de-lobstruction-a-la-dissimulation/) du mouvement IRA Mauritanie sur l’affaire et également une prise de parole d’alerte du président Biram Dah Abeid actuellement à l’étranger. Les autorités mauritaniennes sous les débuts de règne du président GHAZOUANI, seraient certainement très sensibles et attentives à ce premier cas d’esclavage exposé publiquement dans le pays. Aujourd’hui un certain souffle de renouveau ou d’un semblant renouveau selon certains, serait paradoxal si les pouvoirs publics s’aventurent dans un déni source de crispations et de tensions avec la mouvance antiesclavagiste incarnée par IRA-MAURITANIE. Il est très louable et impératif de vouloir nettoyer les rues Noukchottoises, mais il faudrait aussi secouer les rapports pleins d’ambiguïtés par lesquels certaines familles en milieux ruraux et même urbains, possèdent et utilisent des « bonnes » très jeunes. Les autorités doivent s’intéresser minutieusement aux conditions d’emploi de certains types de domestiques visiblement « très invisibles » ici et là à cause de leur statut camouflé.

KS pour le BLOG

Mauritanie/Intempéries : la communication de Monsieur Traoré Gaye, responsable associatif en France.

Dans la nuit du dimanche 25 août 2019 jusqu’au lendemain lundi 26, des fortes pluies sont tombées dans la région Sud mauritanien, le Guidimakha. Ces précipitations abondantes ont causé un certain nombre de dégâts à cause de la remontées des eaux dans les maisons ,certaines maisons partiellement détruites ou détruites entièrement dans plusieurs communes . Le cheptel aussi n’est pas épargné !
D’après diverses sources des décès sont à déplorer au niveau de la ville de Sélibaby , décès confirmés par le centre hospitalier de Sélibaby ,un temps très difficile pour nos populations , elles méritent de notre soutien .
Toutes nos condoléances attristées aux familles des victimes du Guidimakha . L’heure n’est pas à la polémique ni à la politique politicienne car dans la détresse et le malheur, il n’y a ni politique ni de clivages, il n’y a que l’aide et l’entraide.
Nous saluons toutes les initiatives citoyennes prises visant à soulager la souffrance des victimes de cette catastrophe naturelle qui frappe notre chère région le Guidimakha et qui au-delà affectent tous nos compatriotes .
Tout mauritanien en détresse a besoin de la chaleur humaine de ses frères mauritaniens , soyons à l’unisson comme pendant la qualification des mourabitounes , faisons des campagnes nationales de collectes de fonds, de vêtements , de couvertures , de tentes et de produits de premières n écessité au profit de nos compatriotes sinistrées ! Ainsi à cette triste occasion, toute la solidarité nationale mauritanienne doit s’affirmer , se manifester sans reste!

Nous, GANBANAAXU FEDDE, exprimons notre solidarité à l’endroit des sinistrés partout sur le territoire national et en particulier au Guidimakha où plusieurs témoignages de terrain révèlent d’innombrables perturbations dans la vie courante ces derniers jours .
Nous soutenons les autorités compétentes dans toutes les mesures nécessaires prises en vue de porter assistance aux populations sinistrées. Nous prenons acte de toutes les dispositions gouvernementales prises en vue secourir ces sinistrés, mobilisation du Génie civil de l’armée , fusiliers marins , un plan de santé encours pour éviter des épidémies !
Je soutiens que nos différentes initiatives ne consistent pas à nous substituer à l’Etat et d’ailleurs quelle prétention démesurée attribuée à tort , il est question de solidarité humaine , de fraternité .Il y a des chaleurs humaines qui valent des millions dans certaines circonstances !
Ainsi l’association Armepes-Frane que je préside a mis en place une collecte de fonds pour les victimes via la plateforme Helloasso.com , toutes sommes collectées iront aux victimes de ces inondations et la gestion des fonds se feront en toute transparence avec rapport à l’appui ! A Ganbanaaxu fedde notre devise est : « Fraternité -justice -Développement » .
Nous saluons cet élan de solidarité de la Diaspora manifesté envers les victimes dans leur ensemble, cette Diaspora doit avoir l’attention des nouvelles autorités enfin .
N’oublions pas de rendre un vibrant hommage aux acteurs présents dans les villes et villages du Guidimakha aux premières heures de la catastrophe , que Allah leur récompense et leur ouvre toutes les portes de sa miséricorde , car aidant à mettre à l’abri des familles entières en détresse , une belle leçon d’humanisme en somme .
Puisse Allah nous préserver et préserver le Guidimakha au-delà la Mauritanie toute entière de toutes calamités , de tout fléau de quelques natures qu’elles soient .

Votre frère , votre compatriote Traore Gaye , connu sous le nom de GAYE TENE
Président de Armepes-France , initiateur de GANBANAAXU FEDDE

Paris le 30 Août 2019

©️Post Facebook de l’auteur du 30/8/19

Je suis Noble et tu dois m’obéir ! Par Babagalle Kide

Les castes constituent un obstacle majeur à la naissance d’une Nation forte et solide. Dans une stratification socialement injuste, certains éléments de la caste des « Nobles », pour on ne sait quelle raison, piétinent impunément les droits et les libertés des occupants de la caste dite intermédiaire et de la caste « inférieure ». D’ailleurs, quel rituel avez-vous accompli pour vous nommer Nobles ? Ceux qui se réfugient dans la bravour et le courage de leurs ancêtres pour se jeter des fleurs doivent se plonger dans l’histoire de l’invention des castes. Pour faire simple, la division du travail social est nécessaire pour le développement et la diversité des métiers. Par contre, pour ceux qui se disent « Nobles » Gila Dawaa Dawi, rappelons leur, à titre d’exemple, que la caste des Torrobes est à la base un regroupement de savants de toutes les couches sociales pour former la Nouvelle République théocratique du Fouta après la chute des deniankobes. En ce sens, un Torroodo est tout individu qui possède la connaissance et la vertu imposées par les révolutionnaires. Historiquement, voilà le processus et les conditions de naissance de la caste des Savants. Comme toute construction sociale, les castes ne sont exemptes d’instrumentalisation et de dérives dangereuses. C’est cette instrumentalisation qui maintient des milliers de familles dans les mains de la Classe Noble mauritanienne. Dans des villages avec un même peuple, les morts ne se valent guère. Les enfants forgerons n’oseraient même songer à courtiser une femme noble. L’individu en situation de servitude, bien qu’il soit un savant hors pair, n’aurait jamais la prétention de diriger la prière sous les yeux d’un Noble. Le cimetière des nobles est totalement prohibé aux autres castes dans certains villages. Nous voulons nous débarrasser de la domination culturelle des berbères tout en infligeant la même violence aux nôtres. Quel paradoxe!

Il est indigne et abject de se comporter de la sorte pour un peuple qui a conquis et civilisé l’humanité. Nous avons été les bâtisseurs des Pyramides, nous avons révélé à Platon l’essence de l’intelligence humaine, nous avons transmis le langage de la Nature à Pythagore et regardez où nous en sommes et dites- moi ce que vous voyez? Mettons de côté cette fierté millénaire et entamons le processus de refondation de la société africaine en général et celle de la Mauritanie en particulier. Nous pouvons, pour la justice et l’équité, pour la liberté et la fraternité, reléguer au rang de symbole notre appartenance « castique  » pour célébrer notre humanité et notre Unité. Pour rendre hommage à nos ancêtres qui, pour la stabilité de notre société, ont pensé à mettre en place un système social diversifié, pensons à faire évoluer la stratification sociale des communautés mauritaniennes en imposant des nouvelles règles et des nouveaux codes plus justes et plus égalitaires.

Tant que nous nous tairons devant la barbarie de l’homme, tant que nous nous plongerons dans le déni devant la violence et l’injustice, tant que nous nous sentirons indifférents à la souffrance des opprimés et des « mal-nés », nos enfants nous trainerons dans le tribunal des lâches et des complices directs de la misère des pauvres et de la souffrance des innocents enfants.

Babagalle kide

©️Post Facebook de l’auteur du 31/8/19

L’éditorial: Guidimakha, la sinistrose

Le Guidimakha, à l’instar du reste du territoire national avait besoin d’eau. Le manque de pluies en cette période hivernale augurait pour cette région, la plus arrosée du pays, des lendemains inquiétants pour la vie et l’existence du bétail et des champs de culture.
C’était la sécheresse qui s’annonçait ; ce qui, partout ailleurs en Mauritanie, était source d’inquiétude des citoyens.
Alors le Guidimakha comme le reste du pays s’est mis à implorer Dieu pour la pluie. ALLAH a répondu par des averses sur le Guidimakha. La région a été réellement arrosée, pour ne pas dire noyée.

Avec des pluies de 36 voire 72 heures sans discontinuer dans certaines localités. L’atténuement de l’effet de la sécheresse sur cette terre a été finalement catastrophique à des degrés divers selon les localités.

On parle de 21 victimes humaines dans toute la région et les dégâts matériels sont énormes. De N’Diewo à Sansanghé, en passant par Selibaby, Bouly, Gorilakhé, l’ampleur du désarroi déconcerte toute âme sensible…

Le village de Sambakandji, situé au Sud de Selibaby, est en partie entièrement détruit. Des quartiers entiers de plusieurs villages ont été rasés par les eaux. Des champs de culture dévastés, des animaux emportés par les torrents. Plusieurs centaines des maisons (en banco) se sont affaissées et parfois ont fondu. L’eau s’est invitée partout dans les habitations. De mémoire même d’octogénaire, c’est du jamais vu. On dénombre par centaines les populations qui ont tout perdu, et aucune localité de cette région n’a été épargnée…

Le tronçon Kaédi – Gouraye a été coupé en plusieurs endroits et le pont au niveau du village d’Ehel Salem (Touriyimé – la tête de l’éléphant, c’est le nom du marigot) a cédé, coupant Selibaby des villages du Nord et le trafic vers Nouakchott.

Ce même tronçon via Gouraye, qui était déjà dans un piteux état, est également grandement affecté… pour ne pas dire tout simplement détruit dans certains endroits. Guidimakha souffre. Le désastre est sans précédent et sa gestion déplorable.

Guidimakha est sinistré. Un état défaillant avec une gouvernance de l’improvisation. La politisation du malheur des populations était aussi à l’ordre du jour.

Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévenir ?

« Gouverner, prévenir et anticiper »sont-ils des méthodes mauritaniennes? L’actuel tenant du pouvoir et son gouvernement diront sans doute en sourdine qu’ils ont héritée d’une situation chaotique…

Mais est-ce une excuse vis-à-vis d’une population qui a tardé à voir l’Etat à coté d’elle? Ici et là en Mauritanie, on se confond avec le mode épicier, la gestion du jour au jour de nos autorités ces dernières décennies.

Ainsi le Guidimakha s’est noyé et est resté sans secours conséquent, se débattant avec les moyens rudimentaires … des moyens du bord en attendant que les autorités comprennent que gouverner c’est anticiper et jouer sa partition.
Une autorité dépourvue d’un plan de contingence s’est elle-même conviée dans la défaite. Les autorités locales sont restées pantoises et inefficaces.

Le président du Conseil régional (Mr Coulibaly) s’est plu et complu, dans un français hésitant, à rassurer les populations. Quelle légèreté ! Quel déphasage ! Ce responsable qui devrait être sur le terrain dès les premières heures de la catastrophe, est tombé dans la position politico-partisane. Il s’est contenté d’énumérer les intentions d’un gouvernement qui a été défaillant à tout point de vue. Et il s’est adressé aux populations ou à ses collègues via Whatsapp, et on se demande vraiment si les populations de Sambakandji (commune de Gouraye) l’ont écouté et si celles de Mborgo (commune de Dafort) ont seulement « le réseau ».

Mr Coulibaby ne semble pas comprendre ce qui doit être son rôle et surtout langage qu’il doit utiliser en pareille situation de crise. Lui qui est la première victime car président d’une population noyée qui l’a élu. Lui, le principal espoir et interlocuteur de ces populations auprès des autorités. Lui, l’élu a failli. Un élu très différent de l’élu de Tintane.

Il n’a pas trouvé mieux que de dire qu’il a eu le Ministre de l’Intérieur au téléphone et ainsi de suite… Aux questions que notre journal lui a posées, 24 heures après son intervention, il n’avait pour réponse qu’il n’a « aucune idée de la situation ». Pauvre Guidimakha abandonné par ses politiques.

L’autre insulte vient de Ba Ousmane. Lors d’une réunion des cadres de la région pour s’organiser afin de venir en aide aux populations, lui, l’ancien ministre de l’éducation, se félicitait de la rapidité de la réaction du gouvernement pour secourir les sinistrés.

Quelle pitié ! Ce monsieur se moque de qui ? Voici le langage qui a fait perdre Ghazouani au Guidimakha les présidentielles du 22 Juin passé? Dire le contraire de ce que tout le monde sait. Même ses collègues qui participaient à la réunion semblaient être surpris par ces propos.

Heureusement que les actions de la diaspora combinées à la réaction tardive du gouvernement peuvent constituer un début de soulagement des ces populations aujourd’hui dans le dénuement total.

Encore une fois, la fâcheuse habitude des politiques de ce terroir s’est montrée au grand jour ; des politiciens qui ne sont forts que dans l’entreprise de destruction des uns des autres, les divisions, les scissions politique des supposés adversaires.

Pour ces politiciens, la mission qui consiste à atténuer les souffrances des populations historiquement délaissées n’est pas une priorité. Pauvre population que ces politiciens, toutes obédiences confondues, ont fini de transformer en poudrière sociale.

Qu’Allah vienne en aide aux populations du Guidimagha.

Camara Seydi Moussa

©️Lien de l’article : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1058

Le cas de Youssouph Kamara : le communiqué de CR (Conscience et Résistance)

Le matin du 27 août 2019, à Nouakchott, des ressortissants du Guidimagha se rassemblent devant la Présidence de la République pour exhorter les autorités à un sursaut de mobilisation, au titre de la solidarité avec les victimes des inondations.

Les forces de l’ordre leur intiment de reculer de quelques centaines de mètres, en direction de la Poste, devant l’hôtel Azalaï. Les marcheurs s’exécutent et déploient des banderoles. De nouveau, les policiers interviennent afin de contraindre le groupe de manifestants à libérer le trottoir, en raison d’une gêne à la circulation automobile. Ce faisant, un agent bouscule l’une des dames, d’un certain âge. Le fils de celle-ci, Youssouph Kamara, s’interpose et repousse le responsable du geste. Ce dernier tombe, comme en témoigne l’image animée. Aussitôt, l’escouade se jette sur Youssouph, le roue de coups de bottes et de matraques, avant de l’embarquer à l’arrière d’un véhicule de service, dans l’espace ouvert sur les modèles pick-up. Durant le trajet vers le commissariat du 4ème arrondissement où il sera retenu, les assaillants l’agonisent d’injures à caractère raciste, qu’ils agrémentent de menaces de représailles.

Privé de recevoir la visite des avocats et de la famille, Youssouph Kamara refuse de répondre à l’interrogatoire et passe la nuit aux mains de la maréchaussée. Le lendemain, en présence de ses défenseurs enfin admis à l’entendre, il se présente devant le procureur de la république de Nouakchott Ouest, aux fins de l’audience préliminaire. Le magistrat reçoit, aussi mais sans confrontation, le policier auteur de la plainte pour molestation et outrage à un agent de la force publique dans l’exercice de sa fonction. Ce dernier réclame réparation des coups et blessures que lui aurait valu l’intervention de Youssouph Kamara, lequel récuse l’accusation et argue l’assistance à une personne en danger.

Au terme de l’audition, le Parquet ordonne la prolongation de la garde-à-vue, cette fois dans le commissariat du Ksar. Il convient de relever, ici, l’usage récurrent de la torture, dans les centres de détention préventive de la République Islamique de Mauritanie. Les Noirs, nationaux ou ressortissants de l’Afrique subsaharienne, y risquent le racket, les sévices physiques et l’humiliation. Quelques uns en décèdent et la médecine légale conclue, presque toujours, à une mort naturelle.

Youssouph Kamara, membre du mouvement anti raciste, social-démocrate et laïc Conscience et Résistance (CR) s’expose, en l’occurrence, à une violation de l’intégrité du corps ; l’atteinte à son équilibre mental ne manque, non plus, de crédibilité.

Conscience et Résistance ne réclame, à son profit, aucun traitement de faveur, juste une procédure équitable dont résulterait, sans délai, le bénéfice de la liberté sous caution. Dans la perspective d’un procès, son maintien en détention préventive s’avère sans objet, les hypothèses de la fuite et de la destruction de preuve étant nulles. Youssouph Kamara travaille à Nouakchott et y vit, avec épouse et enfants.

Conscience et Résistance rappelle, au gouvernement que vient de produire une alternance laborieuse, combien les mauritaniens attendent et espèrent l’adoption de mesures de coercition fermes contre les agents de l’Etat, auteurs d’insultes et de voies de fait sur les civils ; le motif de discrimination, liée à la naissance, la croyance ou la nationalité en constitue une circonstance aggravante. La monomanie de l’amnistie au détriment du droit encourage la récidive. De cette impunité découle la frustration, puis la colère et un jour, la révolte.

Conscience et Résistance
Nouakchott, le 28 août 2019

©️Paru via un post Page Facebook du journaliste Hacen Lebatt

En exclusivité – Dafort : quelques photos des dégâts causés par les fortes pluies.

Les fortes précipitations qui ont frappé lourdement la région du Guidimagha mauritanien (Sud du pays) durant 2 jours (du dimanche 25/8/19 au lundi 26/8/19 en matinée), laissent des traces dans certains villages. Ainsi à Dafort, le chef-lieu de la commune du même nom, plusieurs bâtiments en banco et en mixtures (ciment et banco) se sont affaissés en partie brutalement. Dans ce billet, vous verrez en exclusivité quelques clichés de dégâts causés par ces pluies diluviennes dont l’abondance n’a jamais été relevée dans le passé selon des témoignages de doyens octogénaires sur place. Selon les dires de notre contact sur place, d’innombrables murs ont été détruits dans l’ensemble du village. Il est à préciser que 4 maisons recensées aujourd’hui ont eu des bâtiments mis à terre. Pour une approche prudente, nous préférons ne pas citer les noms de familles impactées par cette catastrophe naturelle qui a touché pratiquement toutes les localités du Guidimagha. Par certaines sources, il y aurait des décès à déplorer dans certaines zones. Nos condoléances à leurs familles. Ces dernières heures, une communication publique via whatsapp venant Mr Coulibaly Issa, président du conseil régional, assure que les pouvoirs publics seraient mobilisés pour secourir les sinistrés.

Aujourd’hui via les réseaux sociaux en milieux originaires du Guidimagha, un appel à l’organisation urgente d’une manifestation devant la Présidence à Nouakchott est lancé . Nous témoignons de l’audio d’appel reçu dont l’initiative est de Mr Camara Dramane dit sadio singallé.

À rappeler aujourd’hui , sur le terrain, la mobilisation des secours n’est signalée nulle part à notre connaissance. Et jusqu’à QUAND ?

À la lecture de cette subite et forte pluviométrie, alors qu’il y a à peine 2 semaines , tout le monde s’inquiétait d’un hivernage blanc et sec, il est lieu d’oser aborder la question de bouleversements climatiques qui hantent ailleurs. Ainsi sortir d’un certain fatalisme en subissant certains aléas naturels sans une initiative sérieuse d’anticipation et d’adaptation.

©️Crédit Photos, by D . CAMARA à Dafort.

K.S pour le BLOG

Une grave crise alimentaire menace le monde rural, face à un ciel aride et des terres desséchées

L’authentique – Le mois d’août 2019 tire à sa fin, et la Mauritanie enchaîne sa énième année de sécheresse. Les paysans n’auront plus le temps de cultiver la terre, alors que les rares animaux encore en transhumance occupent le versant des collines, arrachant les dernières feuilles d’arbres en l’absence de pâturage.

C’est tout le grenier naturel de la Mauritanie, de NDiago à Ghabou et de la Batha d’Aleg aux confins de Fassala Néré qui souffre de cette sécheresse qui risque d’être encore plus impitoyable que les années passées.

Aux alentours des villages et hameaux jadis généreusement arrosé, ce n’est que désolation. Un ciel obstinément silencieux et aride et des hectares de terre lamentablement desséchés. La plupart du bétail partie au Mali au début de la soudure, il y a de cela près de six mois, n’est pas encore revenue.

Pendant les années d’hivernage, les troupeaux redescendaient de leur zone de transhumance au Mali et au Sénégal, dès les premières gouttes, vers le mois de juillet. Certes, il y a eu des averses dans certaines régions du pays. De fortes averses, deux ou trois pluies qui ont fait couler les oueds et donner de l’espoir.

Mais depuis la mi-août, le ciel s’est refermé sur ses trésors et la terre aride où commençaient à germer de fragiles tapis vert, a repris sa couleur ocre. Le désespoir s’installe peu à peu dans le monde rural.

« Même s’il pleut maintenant, nous ne pourrons plus cultiver, car le temps qui reste ne pourra pas faire mûrir le sorgho, le mil ou le maïs. Les animaux sont d’ailleurs toujours en amont et leur retour ne fera que détruire nos cultures, si culture il y aura », explique Mahmoud, vieux paysan dont les champs s’étalent près de la mare Echeyeb, à 12 kilomètres de Kankossa en Assaba.

Non loin du village Ekamach, quelques hameaux peulhs. Hommes et femmes se tournent les pouces, en pleine oisiveté. « Les troupeaux de vaches sont toujours au Mali et ils risquent d’y passer encore des mois, car ici, la faim les décimera. C’est pourquoi, nous nous apprêtons à les rejoindre » avance Mawdo Bâ, la quarantaine.

Du Guidimagha, jadis région la plus arrosée du pays et lieu de transhumance du bétail mauritanien, les échos qui parviennent poussent au désespoir. « En cette période de l’année en général, les herbes masquent déjà les villages et les champs font germer leurs premiers bourgeons.

Mas cette année est vraiment dramatique. Nous n’avons jamais vécu pareille situation. Pas le moindre semi jusqu’à présent. Là-bas, la situation est catastrophique, d’autant plus que les animaux se sont attaqués aux arbres.

D’ici peu, et il n’y aura plus aucune forêt au Guidimagha  » raconte SIlèye Camara, un jeune transporteur soninké qui fait la navette entre Sélibaby et Kankossa.

Contacté au téléphone, Sidi Traoré, cadre à l’ONG ADIG (Association pour le développement intégré du Guidimagha) s’étonne de l’inertie des pouvoirs publics qui n’ont encore pris aucune mesure pour juguler la situation.

« C’est vrai que l’arrivée d’un nouveau pouvoir, d’un nouveau gouvernement qui vient juste de prendre fonction, pourrait constituer une excuse, mais la catastrophe est là, des régions entières de la Mauritanie sont menacés de disettes, des hommes, des femmes, des enfants, des troupeaux sont menacés dans leur existence et cela, doit constituer la priorité.

Un appel à l’aide d’urgence internationale s’impose et l’Etat mauritanien doit tirer la sonnette d’alarme » a-t-il confié.

Selon lui, le pire, c’est que la même situation prévaut sur toute la bande sahélo-saharienne, au Mali comme au Sénégal entre autres.

« N’empêche, selon Sidi Traoré, la volonté politique devra se traduire dans les faits à travers un engagement durable et inclusif. Le Gouvernement doit s’atteler à lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition, conformément aux recommandations de la revue Faim Zéro qui est le résultat d’un long processus de concertation entre le Gouvernement, la Société Civile et les partenaires au développement ».

Cheikh Aïdara

Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJMD)

Mauritanie/présidentielle 2019 : une atmosphère troublante après un scrutin douteux

🔷️Ici le chiffrage officiel de la CENI

🔷️Mr Samba THIAM arrêté et détenu en lieux inconnus

🔷️Le journaliste Camara Seydi Moussa arrêté et détenu en lieux inconnus.

🔷️Les 4 candidats de l’opposition contestataires du scrutin du 22 juin

L’élection présidentielle du 22 juin 2019 en Mauritanie s’est soldée par une victoire hâtivement autoproclamée du candidat du régime en place avec un général succédant à un autre. Communément appelé Ghazouani, ce bras droit du raïs sortant Ould Abdelaziz, s’était déclaré vainqueur en prenant les devants de la CENI, qui par la suite confirmait dans la soirée du dimanche vers 22h GMT, l’affaire déjà pipée d’avance selon plusieurs observateurs avisés.

La précipitation du camp politique du régime qui apparaît comme un forcing pour éviter l’éventualité d’un second tour, a provoqué des gros incidents dans certains endroits de la capitale du pays. À signaler bien avant la proclamation unilatérale de leur victoire, les autorités clairement partiales ont déployé des forces de sécurité dans les quartiers populaires acquis à l’opposition dans la capitale Nouakchott . Il y a eu arrestations inexpliquées et mise sous scellés de sièges de campagne du candidat indépendant Biram Dah Abeid arrivé 2ème et de Dr Kane Hamidou Baba de la CVE (Coalition Vivre Ensemble) arrivé 4ème selon les données contestées de la CENI. Et également l’arrestation d’un leader politique en la personne de Samba THIAM, soutien du candidat Kane Hamidou, toujours détenu en lieux inconnus.

Par la suite, nous apprenons que 2 candidats (Biram Dah Abeid et Ould Boubakar) avaient introduit un recours auprès du conseil constitutionnel à Nouakchott pour dénoncer des irrégularités marquant le scrutin du 22 juin. Côté sécuritaire , le pouvoir en place déclare arrêter plusieurs ressortissants ouest-africains (pour la plupart Gambiens, sénégalais et maliens) qui seraient impliqués dans les incidents survenus après l’autoproclamation du candidat Ghazouani. Dans la foulée, la connexion internet a été coupée dans l’ensemble du pays (Flux Mobile, 3G et ADSL par la suite). Cette restriction incompréhensible continue depuis 72 heures. Dans la journée du mercredi 26 juin, le journaliste Camara Seydi Moussa a été appréhendé chez par des agents en civil et conduit vers un endroit restant toujours inconnu ce soir. Ce jeudi la marche prévue à Nouakchott vers la CENI avait été annulée pour des raisons restant à clarifier prochainement à coup sûr. Par ailleurs les diasporas mauritaniennes au Sénégal, à Paris et aux États-Unis sont sorties pour exprimer leur mécontentement de cette situation de crise ouverte orchestrée et entrenues étrangement par les autorités de Nouakchott.

C’est ainsi la situation approximative que nous pouvons décrire du black out anxiogène post-électoral dans le pays.

✅KS pour le BLOG

POURQUOI LES SÉQUELLES DE L’ESCLAVAGE EN MILIEUX SONINKO AU LIEU DE L’ESCLAVAGE TOUT COURT?

Depuis la création du mouvement « GANBANAAXUN FEDDÉ » natif, initialement, de Mauritanie, mais devenu transnational voire transcontinental de part l’aura qu’il a eu à travers le monde, mouvement qui a emboîté le pas à ses aînés « Abolitionnistes de l’Esclavage et ses Séquelles », notamment les mouvements « hratines », Les Soninko (pluriel de Soninké) dans leur grande majorité ont horreur et ne veulent pas entendre parler du phénomène de l’esclavage dans leurs localités. La question a été érigée en une sorte de tabou autour duquel s’est formé un consensus latent. Dans la société soninké, les classes dominantes et certaines couches qui leur sont inféodées se sont mis d’accord pour clamer sur tous les toits qu’en milieu Soninké l’esclavage qui avait par le passé existé, comme d’ailleurs chez les autres communautés, a complètement disparu et que le phénomène a totalement été éradiqué en pratique et qu’il n’en demeure que des « restes » à travers quelques symboles marginaux. Mais ces « restes » constituées de codes de valorisations ou de « dévalorisations », c’est selon et autres symboles pudiquement désignées de séquelles, sont encore pires que la pratique réelle de l’esclavage par endroits à travers les zones infectées par le phénomène car elles expriment une certaine nostalgie d’un passé peu glorieux au sein de ces zones hautement stratifiées, ségrégationnistes et discriminatoires.
Au sein de la dite noblesse, tenant de la gouvernance, du chef du village à l’intellectuel, jusqu’au fonctionnaire dans Les rouages de l’Etat, exceptées quelques âmes justes (s’y reconnaîtra qui le mérite) tous sont unanimement d’accord et unis pour ne laisser la moindre parcelle de notabilité aux partisans de la caste ou classe dite inférieure considérée d’extraction servile et par conséquent inapte à toute mission relevant de la gouvernance sauf cas de force majeure, c’est-à-dire lorsque la nomination d’un membre de cette classe dite inférieure devient la seule option pour préserver un intérêt incontournable.
Il serait plus juste de dire et d’affirmer qu’en milieu soninké, le phénomène de l’esclavage est de nos jours quelque chose de « souhaité » pour ne pas dire de « prisé » par certains. Ce sont les circonstances qui ont obligé les soninko à parler d’éradication parce que ne disposant plus des moyens de coercition leur permettant d’asservir, dans le sens de reconnaitre le droit de propriété d’une personne sur son semblable. Mais « l’homo-sonincus », permettez moi le néologisme, n’est pas encore convaincu que toute forme d’asservissement est à proscrire et que la liberté est un don de Dieu à l’ensemble de ses serviteurs et dans cette perspective, elle est un don sacré et inaliénable. Ainsi, quelles que soient les affinités et l’admiration que l’on puisse éprouver pour une forme particulière d’organisation sociale de quelques communautés que ce soient, on ne peut en aucun cas consentir et trouver d’excuses ou de prétextes à des pratiques injustes et discriminatoires qui oppressent et aliènent. Et pourtant, dans la société soninké contemporaine, au nom de « la déification d’une certaine forme de culture » qui n’en est pas une, par les autoproclamés défenseurs de « notre culture soninké », des citoyens à part entière, considérés comme inférieurs font quotidiennement l’expérience de l’inégalité, de la discrimination, de l’injustice ; sont accablés par des préjugés et des clichés et sont parfois confrontés à l’ostracisme et à l’exclusion dans les villages.

Considérant cet état de fait, nous déduisons que l’éradication du phénomène en milieu Soninké, si éradication il y a eue, ne découle pas d’une réelle volonté politique interne mais plutôt et simplement d’une carence endémique des moyens et d’une mutation des rapports des forces qui ne permettent plus la pérennisation du phénomène dans sa forme classique au sein de la société soninké.
En effet, la prise en charge de l’esclave demande des capacités financières énormes, lesquelles étaient par le passé, acquises par le produit de la force de travail de l’esclave lui-même. Il était, il faut le dire, le moteur de la production sociale du maitre et de l’économie locale en général.
Les conditions multiples et variées qui entretenaient le phonème de l’esclavage dans sa forme classique, n’étant plus, la caste ou classe dite de la noblesse se résigna petit à petit à assouplir les jougs qui pesaient sur l’esclave. Ce qui donne l’impression que le phénomène est révolu et a été éradiqué. Mais, c’est juste une impression, car tous les codes liés au phénomène sont restés vifs et perceptibles à travers toute la structuration de la société. Et la naissance de Ganbanaaxu transnational a démontré que l’éradication tant clamée et crue par certains et annoncée n’était que du rêve ! En effet, les revendications des mouvements abolitionnistes ont rencontré des résistances absolument farouches reflétant ainsi la vivacité du phénomène dans les cœurs, concrétisée par des réactions nostalgiques tragiques partout où les lois des Républiques étaient lacunaires en occultant la situation, quand bien même, leurs lois fondamentales interdisent formellement le phénomène en le criminalisant. Pourtant certains esprits essaient encore de faire croire à la thèse du vide juridique donnant ainsi libre cours aux nostalgiques du passé honteux de commettre des tristes forfaits sans que ce comportement d’un autre âge ne leur suscite la moindre inquiétude. Mais le plus abominable et le plus horrible dans toute cette histoire est que, les défenseurs des droits humains reconnus comme tels à travers des associations légales, sont bel et bien ceux qui croupissent dans les prisons pour avoir dénoncé au 21ème siècle, un phénomène qui a gangrené le monde pendant des siècles et, qui continue encore à sévir par endroits avec la complicité de ceux qui sont sensés défendre la légalité et appliquer les lois, à travers des tribunaux spécialement érigés pour prévenir la persistance du phénomène dans tous les compartiments de la société et dans ses plus infimes manifestations.
Le combat juridique est devenu financièrement, tellement juteux pour certains défenseurs de la légalité que la justice n’est plus qu’un soporifique. Et la vérité doit être dite en tout temps et en tous lieux, pour aviser les âmes justes capables de l’admettre, d’accepter la dénonciation et d’agir pour son application, surtout quand on occupe un poste de responsabilité et de surcroit quand on tient les rênes du commandement. Une telle attitude est digne du patriote, du jaloux pour l’édification, le développement et le progrès de sa patrie ou encore de celui qui croit qu’un Seigneur Tout Puissant jugera un jour entre ses serviteurs. Lutter contre l’injustice et les discriminations ne doit pas être une option, mais un devoir du croyant et de toutes personnes dotées d’un minimum de conscience. Il est aujourd’hui de notre devoir de déconstruire pour mieux comprendre notre société et de défaire certaines conventions pour mieux vivre ensemble.

MCI DIALLO

NKTT, Juin 2019