Le Parc National du Diawling ou la réserve de Biosphère transfrontalière du delta du fleuve Sénégal. | Par Mariya Traoré

Le Parc National du Diawling (PND) a été crée en 1991 , sous tutelle du ministère de l’environnement et du développement durable en Mauritanie . La mise en réserve de ce territoire découle directement des modifications environnementales du bas du delta du fleuve Sénégal. En effet la sécheresse sahélienne des années 1970 et la construction, en 1986 du barrage anti-sel de Diama , avait gravement asséché le delta , au point de le rendre désertique. Ainsi pour compenser ces impacts négatifs , et grâce au savoir traditionnel local , le parc régule , depuis 1994 , l’inondation des plaines au moyen d’un système hydraulique performant constitué d’ouvrages et de vannes. Les eaux du fleuve qui transitent par les bassins du parc alimentent un estuaire de plusieurs milliers d’hectares, unique en Mauritanie. Chaque année , l’ouverture et la fermeture des ouvrages gouvernent la mise en eau des bassins et assurent l’alternance d’une saison inondée (juillet-mars) et d’une période plus sèche (avril-juin). Le PND est classé en 1994 par la convention RAMSAR , zone humide d’importance internationale et représente depuis 2005 le noyau central de la réserve de Biosphère Transfrontaliere du bas delta du fleuve Sénégal. Le parc accueille, unique site connu de nidification des flamants nains en Afrique de l’ouest. Le succès de cette reproduction est lié à la gestion des inondations des cuvettes du bas delta. En effet, selon le niveau d’inondation des bassins, la recharge de la nappe phréatique et la diminution de la salinité, la végétation s’étend et les ressources naturelles se régénèrent offrant au visiteur un spectacle constamment renouvelé. Le phacochère et le varan, peux peureux sont visibles toute la journée alors que le chacal doré, le serval ou la mangouste des marrais se découvrent la nuit. L’observation d’une grande variété d’oiseaux en début et en fin de journée aux ouvrages hydrauliques au niveau de Bell1 et Bell 2 ( proche de la maison du parc) sont des points d’observation exceptionnels. Le territoire offre une grande diversité de paysages. Les plaines arides des sebkhas (zone hyper salées) s’étendent vers la foret d’acacias de Ziré. Une des spécificités du PND est l’implication des communautés locales dans la gestion durable des ressources naturelles. Les populations pratiques leurs activités traditionnelles sources de revenus, tout en préservant l’environnement. Dans les jardins maraichers, navets, betteraves sont produits et oignons sont acheminés vers les centres urbains. Le nénuphar localement appelé « Diakhkar » , prélevé dans les bassins , représente une source d’alimentation et de commerce. Le Diakhkar est également utilisé dans la pharmacopée traditionnelle. L’alternance de l’eau douce et salée assure la croissance du Sporobulus robustus , graminée fortement appréciée par les troupeaux et récoltée par les femmes pour fabriquer les nattes artisanales . Les gousses d’acacias nilotica sont cueillis pour le tannage du cuir et les bulbes de cyperacées (herbacées) sont traités pour produire l’encens traditionnel. La gestion concerté de l’eau permet de maintenir la pêche , le maraichage , le pâturage, l’artisanat et la cueillette. Pour rappel , les bassins constituent des zones de pêche de subsistance essentielles pour les pécheurs Taghrédient, population autochtone de cette région du Trarza et qui ont pour principale activité la pêche artisanale fluviale.
Le secteur de la surveillance a été installée depuis la création du parc en 1991 . C’est une structure dynamique , constituant l’une des plus importante du PND . Le secteur de la surveillance est dirigé par un chef de brigade avec seulement 8 surveillants pour une superficie de 16000 ha pour la zone centrale du parc , 59000 ha pour la zone périphérique et 600 000 ha pour la réserve biosphère transfrontaliere ( RBT) . Ainsi les activités se déroulent de jour comme de nuit sous forme de patrouille dans les zones sensibles , à l’intérieur du parc national de Diawling , particulièrement sur les dunes ( dune de Ziré, dune de Birette et les dunes côtières). Les patrouilles sont effectuées soit par véhicule, soit par quad ou à pied. Quatre postes de surveillance ont été installés , il sagi du poste de LEKSER, le poste de « Digue nord », le poste de digue de Ziré et le poste de nidification des flamants à Aftout. Ainsi le parc est divisé en plusieurs zones avec poste de surveillance pour chaque zone d’intervention.


La zone « sites des mangroves et dunes côtières » qui correspond au poste de LEKSER , la zone de nidification des oiseaux (Diawling – Tichilitt) et cheyal : poste digue nord, la zone dune de Ziré poste dune ziré et le poste de la zone de nidification des flamants . Ainsi , chaque poste de surveillance est compose de deux surveillants.
Selon le chef de brigade de surveillance , Traoré Fousseynou , les infractions les plus graves sont surtout le braconnage des oiseaux et des lièvres, la coupe abusive des arbres , l’utilisation des momo filaments , …etc. A chaque fin du mois , le chef de brigade fournit un rapport mensuel et les patrouilles effectuées dans le mois sont enregistrées dans une fiche dont les résultats sont analysés et enregistrés dans la base de données à Nouakchott. Aussi quand il y’a une infraction le malfaiteur est saisit et c’est la gendarmerie qui dresse le procès -verbal. Seulement selon le chef de brigade de « surveillance » ce qu’il y’a à craindre le plus cette année ce sont les feux de brousse qui peuvent s’avérer catastrophique pour la biodiversité. Ce pendant une sensibilisation a été entamé au prés des éleveurs transhumais et la population locale pour éviter les feux de brousse et la coupe abusive des arbres.
La surveillance est toujours une activité de grande importance et doit continuer à faire preuve de vigilance , si le niveau d’infraction constatées est peut élevé , il est probable que la dissuasion joue rôle important. Par ailleurs vu l’insuffisance de personnel, eu eguard à la superficie à couvrir, l’effectif doit être renforcé. Les surveillants doivent être assermentés (ainsi que le reste du personnel) et armés pour leur sécurité. Bénéficier d’une formation soutenue et adéquate pour les surveillants. Renforcer les moyens de transport , assurer la réparation et le renouvellement des moyens existants (véhicules, quads) . En fin augmenter le nombre de postes de surveillance.
WACA Mauritanie et la protection du littoral mauritanien.
L’objectif ‘de développement du projet WACA Mauritanie est d’améliorer la gestion des risques naturels et anthropiques communs, en intégrant le changement climatique, affectant les communautés et les zones côtières de la région d’Afrique de l’ouest . Il ambitionne pour l’essentiel la réalisation de projets d’investissements dans le but d’aider la Mauritanie à harmoniser la gestion des infrastructures et des ressources naturelles afin d’accroitre leur résilience au changement climatique en général et à l’érosion côtière et aux inondations en particulier.
Les objectifs particuliers de WACA Mauritanie, sont notamment la détermination des menaces qui pèsent sur les habitants , les écosystèmes et les actifs économiques du littoral ; La gestion des sols et aménagement du territoire , infrastructures et gestion des habitants naturels, lutte contre la pollution entre autres .
Rappelons que le programme WACA (west Africa Coastal) a été établi en réponse à la demande des pays de recevoir une assistance de la Banque mondiale pour les aider dans la gestion de leurs zones côtières en Afrique de l’ouest, en particulier sur leurs problèmes d’érosion côtière et d’inondation. Dans le cadre du programme , le projet régional d’investissement WACA sur la résilience des zones côtières en Afrique de l’ouest apportera un financement à 6 pays (Benin, Cote d’ivoire, Mauritanie, Sao Tomé et principe, Sénégal et Togo) pour la mise en œuvre d’actions nationales en matière de politique côtière, d’investissement pour des solutions vertes, grises ou hybrides , ainsi que les interventions régionales nécessaires pour gérer de manière durable les zones côtières de l’Afrique de l’Ouest.


Mariya Traoré.

Islam | France: dérogation pour se rendre aux mosquées pour la prière du matin (CFCM)

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) informe les musulmans de France qu’il est toléré de se rendre au lieu de culte le plus proche de son domicile pour accomplir la prière du matin.

Cette dérogation est accordée par le Ministre de l’intérieur à la demande du CFCM.

Le CFCM recommande aux imams de retarder cette prière dans la mesure du possible pour permettre un usage utile et limité de la dérogation.

Fait à Paris le 14 avril 2021

Mohammed MOUSSAOUI

Président du CFCM

©️ Crédit source : https://oumma.com/france-derogation-pour-se-rendre-aux-mosquees-pour-la-priere-du-matin/

Affaire de Kaédi | « Le Conflit Est un Phénomène Social Normal » , Par Bakary Tandia


En ce premier jour du mois de ramadan ses pensées se tournent vers l’ incident qui a eu lieu à la Zaawiya Mpaly Kaba à Kaédi, le 5 Avril 2021, un incident que nous regrettons profondément. Nous espérons que le mois béni de ramadan va apaiser les cœurs, et ouvrir le chemin qui mène à la paix. Aux blessés, souhaitons un rétablissement rapide et total. Quant à ceux qui sont en détention, il est important que leurs droits soient protégés. Quelque soit la position que nous occupons par rapport à l’épicentre de l’incident nous en sommes tous affectés, soit directement ou indirectement.

Dans ce contexte, il est à rappeler que, le conflit est un phénomène social normal parce que inhérent à la vie sociale. Il est impératif de l’approcher avec sérénité pour le résoudre d’une manière constructive pour ne pas causer de dommages irréparables au tissu social qui est notre abri commun. Nous espérons qu’en dépit du caractère complexe et sensible de cet incident, avec des bonnes volontés de part et d’autre, une solution satisfaisante sera trouvée.

Tout comme le reste de la Mauritanie, la société Soninké a un handicape non négligeable, i.e., la mentalité féodale avec ses corollaires. Ces imperfections méritent d’être dénoncées et corrigées au nom de la justice sociale d’une part, et pour la libération du potentiel de tous ses membres afin de leur permettre de se réaliser pleinement. Ceci est également valable pour toutes les communautés.

Enfin, tout le monde doit–équitablement jouir des valeurs démocratiques que nous chérissons sans aucune forme de distinction.

Demander un traitement égal est un droit reconnu par la constitution et consacré par la déclaration universelle des droits de l’homme dont l’article 1 qui stipule que « tous les hommes naissent égaux en liberté et en dignité, » etc. En d’autres termes, les valeurs démocratiques sont indivisibles, elles sont à la fois théoriques et pratiques, c’est à dire que nous ne pouvons pas seulement les chanter, sans les mettre en pratique.

Bon ramadan a tous.

Bakary Tandia, Human Rights Advocates,
New York, April 13, 2021.

©️ Crédit source : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3978819362157067&id=100000871283017

Ramadan 2021 | Œuvres de piété et de bonté à Tous!

• Crédit : Image Muslim Pro

À l’occasion de ce début de ramadan 2021 (1442 H) 13-04-2021, notre blog Soninkideesjose.wordpress.com vous souhaite un mois plein de piété dans nos oeuvres apparentes et cachées. Qu’Allah Agrée nos actes et Pardonne nos manquements.

© KS pour le BLOG

Réflexion | « L’esclavage n’est pas une culture », Par Boulaye Diakité, Etudiant-chercheur en Sociologie



La culture est la somme des savoirs accumulés par l’homme. Elle est le propre de l’homme. Quelque soit la forme de l’esclavage, séquelles ou pas ne doit pas faire parti d’une culture elle doit être combattue.

La culture est au delà de toute distinction des peuples et des classes. Le mot culture qui est proche civilisation qui signifie ; arraché l’humanité de l’ignorance et l’irrationalité. Ce processus est encore loin d’être achevé chez nous. Tous les peuples ont vocation à être dans ce mouvement, malheureusement notre société reste immobile sur cette question qu’elle mêle toujours à la culture.

Bien qu’il existe une certaine opposition entre la culture et la civilisation qui est qu’on peut être civilisé sans avoir la culture. La noblesse est généralement civilisé (bien habillé, bien parfumé, etc.) me manque de culture. L’ascension progressive de certaines couches sociales qu’on assiste aujourd’hui n’est permise que par l’accumulation de la culture, symbole de savoir et de progrès.

Avant ce qu’on appelle la culture n’existe plus et ne doit plus exister, il y a d’abord la culture humaine. La culture est ce tout complexe (Edward Tylor), une définition qui se veut objective et non normative. Il y a une dimension collective. La culture ne peut pas être biologique. Le mot culture est neutre, elle permet de penser à l’humanité et de rompre avec l’approche des primitifs. Je tiens à souligner que les primitifs ne sont pas des sauvages, ils ont une culture. Tous les humains sont des êtres de culture.
Il n’y a pas de rupture entre l’homme sauvage et païen et l’homme civilisé et monothéiste. Il y a seulement une différence de degré d’avancement dans la voie de la culture. Si notre culture se réduise à des hiérarchies des castes, des éloges, quelque chose ne va pas.

Franz Boaz, Race, Language and Culture à l’inverse de Tylor, nous explique la différence entre les humains est d’ordre culturel et non racial.

On rejette les cultures dans le domaine de la nature et on les disqualifie. Le fait qu’un individu né esclave, noble, griot ou je ne sais quoi d’autre n’est ni d’ordre culturel ni même d’ordre naturel mais de l’ordre imaginaire collectif. Dans la déclaration universelle des droits « les hommes naissent libres et égaux ». Si on regarde le vocabulaire formuler pour qualifier tel est esclave, descendant d’esclave, noble, griot, imam, il y a référence à l’animalité et à la barbarie. C’est une façon de garder sa légitimité et en délégitimant les autres.

Des sociétés fondées sur le sentimentalisme et le faire plaisir sont vouées à l’échec tôt ou tard. Des sociétés qui se morcellent en plusieurs entités. L’État garant ne peut pas faire respecter les lois et la dignité humaine. Le désordre s’installe partout puisque les individus sont en perte de repère. Les chefs locaux feront régner la terreur et une justice sans base juridique.
L’esclavage quelque soit sa forme est la condition de priver un individu de toutes ses libertés. Il devient la propriété de son maître comme ses autres biens. Du moment qu’il devient le bien de son maître, il peut faire de lui ce qu’il veut. Il réduit l’humain a une chose donc les choses ne sont pas culturelles mais de l’imagination culturelle de l’homme.

Le féodal, le vantard qui pense qu’il est de race supérieure et les autres sont ces choses. Imposé sa volonté et décidé qui doit chanter, mentir, danser, diriger, etc. Parlé à son nom, être présent dans ses assemblées.

L’ordre social actuel repose sur la violence verbale. L’individu est constamment sur la menace à cause d’une forte pression sociale qui pèse sur lui. On distingue plus le réel de l’imaginaire. Notre sentimentalisme nous rend aveugle. D. Schnapper « dans la société démocratique moderne le lien entre les hommes n’est plus religieux ou dynastique, il est politique. Vivre ensemble, ce n’est plus partager la même religion ou être sujets du même monarque, c’est être citoyens de la même organisation politique ». Nous sommes tous des citoyens mauritaniens. L’égalité en droit et en dignité n’est plus quelque chose de négociable mais obligatoire. Qui le mérite !

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Mauritanie | « N’esquivons pas le débat social… » Par Pr Mahamadou Sy


Une des erreurs, si ce n’est des malhonnêtetés, courantes chez nous est le fait de juger les conséquences sans pour autant toucher aux causes qui les ont induites ou les mettre, les unes et les autres, au même plan dans une analyse qui se réclame pourtant objective. C’est alors que l’on passe très souvent à côté des problèmes de fond pour ne disserter que sur des conduites ou actes qui ne font que voguer à la surface, au gré des grands courants qui les sous-tendent et déterminent leur mouvement. Deux erreurs sont à éviter si l’on veut rester un tant soit peu objectif. La première est celle qui consiste à oublier les grands courants régisseurs de la dynamique pour ne considérer que le comportement guidé des éléments qui y sont suspendus. La seconde consiste à établir une égalité de statut entre les courants et le comportement des éléments qu’ils transportent.
Ainsi, plus d’une fois on entend des gens prendre les quelques droits à la demande de dons ou cadeaux accordés aux groupes hiérarchiquement défavorisés pour des privilèges au même titre que ceux que détiennent le ou les groupes favorisés. Ils s’en servent alors afin de faire valoir une « condition atténuante », et souvent même comme une contrepartie équivalente. Le moins qu’on puisse dire est qu’il s’agit d’un argument fallacieux que d’affirmer de telles positions.
Le fait est que selon notre provenance sociale, il y a des chemins plus ou moins déterminés qui se déploient devant nous dans la lutte quotidienne pour notre survie. Ces chemins forment le potentiel qui nous est offert par notre milieu pour résoudre nos problèmes quotidiens ou construire une forme de réussite sociale. Il est clair que si un groupe dominé n’a droit que trop peu aux terres cultivables, ses chemins de survie vont être plus souvent ceux des travailleurs pour les propriétaires ; et ce, même si ses membres sont libres de faire autrement. La question n’est pas d’avoir libre choix d’accepter ou de refuser, il s’agit de prendre la meilleure des possibilités qui se présentent à un moment donné pour un but donné. Ainsi, si on décidait de juger le choix de travailler pour des prunes (c’est le cas de le dire) plutôt que de refuser de travailler, on passerait alors sous silence le partage inéquitable et totalement déraisonné des terres cultivables qui est un problème de fond. On pourrait alors arriver à conclure, de façon superficielle, que le travailleur n’avait pas à se plaindre car il a signé de plein gré son contrat. Au fait, cela n’est pas un exemple fortuit, il constitue un problème majeur dans nos localités où quelques familles ont la part du lion sur les terres là où d’autres peinent à trouver où habiter ; voyez-vous le combat contre l’accaparement des terres par des venants est une chose honorable. Mais qu’en est-il du partage rationnel des terres avec les groupes sous domination ?
Mais plus proche du sujet encore, les cadeaux et autres dons que demandent les membres des groupes dominés ne constituent aucunement des chemins de premier choix pour acquérir des biens. Si aujourd’hui on acceptait de réorganiser la société, ils ne seront pas plus que nous intéressés à occuper une telle place dans la société. Ceux parmi eux qui accepteraient cette place ne seront pas plus nombreux que les nôtres qui en voudraient. Il faudra que l’on comprenne que le fait que certains groupes adoptent les pratiques citées a plus à avoir avec le résultat d’une construction sociale qui tend à spécialiser les gens suivant leur provenance. Le fait que les toorobbe, dans le milieu Pulaar, soient comparativement plus versés dans les études religieuses ne témoignent aucunement d’une aptitude intellectuelle particulière dont ils seraient les détenteurs. Cela n’est essentiellement que fruit d’une construction sociale. La construction joue donc le rôle de ces grands courants qui distribuent des trajectoires aux uns et aux autres assez fidèlement suivant leurs provenances respectives. Dévier de ces canaux est aussi difficile que ramer à contre-courant, c’est s’opposer au courant social qui ne manquera pas de tenter de réorienter les chemins selon son bon vouloir au moment où il encouragera ceux qui s’en conformeront. Il est ainsi d’une grande erreur que de penser que l’ensemble des dominants d’aujourd’hui auraient dévié de certaines conduites observées chez les dominés si jamais les rôles s’étaient inversés. La vérité est que, comme eux, ils se seraient adaptés à leur grande majorité au rôle qui leur est offert ; et comme vous pouvez alors le comprendre, ce n’est donc pas par choix du rôle mais par défaut et par contrainte sociale.
Vous ne manquerez pas alors à me dire qu’eux aussi allaient agir, en majorité, si les rôles avaient été inversés, comme la nôtre est entrain de le faire -faudrait-il encore le reconnaître. Je vous dirai oui, qu’il y a en effet beaucoup de chances que cela soit vrai. Mais qu’évidement en le faisant ils auraient autant tort. Le tout est donc de refuser de jouer le rôle suprémaciste injuste auquel la société nous assigne; il est en effet plus aisé de le faire que de se défaire d’un rôle de subordination dans lequel on ne dispose d’aucun levier conséquent. Donc à la question de savoir si les dominants sont aussi conditionnés par la société que les dominés, la réponse est non. Les dominants, bien que fortement influencés par les règles sociales, ont tous les moyens d’y mettre un terme, ce qui est moins le cas chez les dominés.

Dans beaucoup de nos villages, des crises ont été occasionnées par le seul fait que des membres du groupe dominé aient refusé de faire la cuisine lors d’un mariage. Notre société trouve ce refus révoltant ! Mais quand ces mêmes individus viennent cuisiner en chantant et dansant, en demandant des cadeaux, on trouve qu’ils sont complices du système. Attendez les amis, que voulez-vous vraiment ? Qu’ils viennent cuisiner mais sans demander de cadeaux ?
Peu d’entre vous me diront qu’ils sont contre qu’ils viennent cuisiner tout court. D’accord, mais dans ce cas vous conviendrez que leur reprocher d’accepter ou de demander les cadeaux est une belle façon de se tromper de coupables, vu qu’ils sont socialement enjoints à jouer leur rôle assigné. Allez donc dire à la société, aux dominants je veux dire, de lever ces charges sociales sur eux, d’accepter de renoncer à leurs privilèges de princes et de princesses injustement acquis, les vrais privilèges je veux dire, qui, pour exister, forcent les dominés à jouer le rôle critiqué. Pour s’en convaincre, imaginez un mariage au Fuuta dans lequel aucun des membres de ces groupes ne vient accomplir « son prétendu privilège », alors vous verrez que quoi que ces derniers puissent regretter un gain économique, les dominants quant à eux éprouveront une crise existentielle majeure. Car ces pratiques-là c’est bien les dominants qui les ont mises en place pour se délecter de leur propre position bien que les temps durs que nous vivons puissent occasionnellement leur faire subir quelques « effets secondaires ».

Pour conclure, j’appelle encore à ne pas vouloir ruser avec nos problèmes profonds ou les esquiver. Nous devons être objectifs. Mais l’objectivité n’est pas synonyme d’équilibrisme. Aspirer à être objectif c’est faire tout son possible pour attribuer aux différents éléments de son propos la place qui est la leur. Cela n’implique pas une nécessité de partager les fautes. La hiérarchisation dans notre société est un problème dont on connait le coupable qui est le système qui régit sa structure. Il profite aux uns et lèse les autres voire les asservit, il nous incombe de nous dresser contre, peu importe ce qu’il nous réserve personnellement ou de quel côté notre naissance hasardeuse nous a placés.

Mouhamadou Sy

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Mauritanie – La communication du député Ogo Coulibaly

Nonobstant, une éducation émotionnelle aguerrie face à la mauvaise foi. On en perd le contrôle face à l’inadminissible ignominie de l’ignorance, de ceux qui approuvent  l’existence d’une supériorité subjective d’un être humain à un autre, dûment liée à la naissance.
Il est primordial, d’admettre, sans équivoque que l’esclavage est un concept abominable. Qui ne doit son existence  qu’à la vacuité et à l’avidité d’individus venaux, mus par la seule volonté de s’ enrichir sans effort ; D’une part en déshumanisant l’homme, vendu comme du bétail et d’autre part pour la gratuité du travail.
Ce phénomène est exécrable et nul ne doit l’avaliser ou le glorifier, mais plutôt faire blemir de honte tout homme digne et pourvu de raison.
Il est opportun  de rappeler, que l’innovation sociale est plus importante, son rythme plus intense, sa portée plus étendue.
N’eut été, en outre, cette pensée nouvelle, de l’émancipation et de la justice entre les hommes, partir sur des bases saines  pour l’humanité plusieurs personnalités afro américains de lignage servile n’auraient pas atteint à priori certaines positions stratégiques dans la vie publique des US (Armée, Première Dame, haute administration et autres). En réalité , sauf un hasard malheureux, on soit  atteint de cécité et de surdité ou que l’on soit en marge de la société, l’esclavage, demeure  un crime contre l’humanité.
Il doit y avoir dans les temples du savoir le temps de l’observation nécessaire pour se faire une idée objective d’un conflit fratricide basé autour de la sempiternelle question de l’esclavage et ces séquelles.
Nous avons vécu, ces dernières semaines de manière sporadique, l’infâme histoire de la dot de Ouadane ,  la théâtrale et scabreuse de kaedi. En somme, cela n’a fait qu’affirmer, que le mal se trouve  dans les us et coutumes, qui loisiblement veulent nous faire croire qu’une femme hartani peut être chosifiee, que l’imamat s’acquiert par dévolution famialle.
Cela dit, au-delà, de la multitude des faits que l’on pourrait égrener à l’infini à ce sujet, il ne s’agit plus cependant de pointer les causes où d’en Indexér les coupables, connu de tous .
Il s’agit plutôt de s’ériger avec détermination   face à ce relief hideux, imsipide enrobé dans un corps malade et un esprit impie.
Au regard des faits, oui, à l’introspection collective pour améliorer notre vivre ensemble, aussi figuasse soit-elle, par un effort collectif et collégial
En se dressant tous ensemble sans distinction aucune, en deconstruisant ce narratif cousu d’un fil de mensonge. , pas pour un exutoire, mais pour éradiquer sa propagation.
En abhorrant , sans compromission aucune,individuellement ou collectivement, toute tradition et rituel permettant de par leur vassalité, de maintenir ces survivance.
Du reste, la légitimité de combattre pour recouvrir sa dignité humaine, ces lettres de noblesse , ne fera que des émules et sa durée aussi longtemps que les faits.
Une fois encore , œuvrons tous à l’altérité et à la tolérance. Voilà ce qui pourrait être utile.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur

« Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké » Par Souleymane Sidibé

« C’est une erreur de vivre selon le mode d’autrui et de faire une chose uniquement parce que d’autres la font. C’est un inestimable bien de s’appartenir à soi-même. » Sénèque

Les événements tragiques autour de la « Zawiya Mpaly Kaba » de Kaedi sont une suite de crispations sociales autour du statu quo. Nous avons vu un ensemble d’intellectuels user de la parole à un travers un arsenal conceptuel pour justifier la bêtise ou aiguiser leur regard loin de toute objectivité mais proche de la subjectivité. Il ne faut pas avoir la langue de bois. Je ne suis pas un fin connaisseur des lieux de cultes et de vénérations que sont les Zawiya en Mauritanie. Celle qui a attiré l’attention est la Zawiya: Mpaly Kaba de Kaedi où les disciples des fondateurs de la confrérie se requièrent.

A la suite d’un ensemble d’événements, on remarque que les intellectuels Soninko (de la communauté sociolinguistique Soninké) sont dans le déni. Il va falloir combattre ce déni pour aspirer à plus jamais ça. Il faut poser les bases de l’égal accès à l’imamat (fait de pouvoir diriger la prière par rapport à la qualification, les compétences et la dévotion qui ne se vend pas). Écrire des tas de livre avec des personnes qui n’œuvrent pas à casser les « fondements erronés » restent une perte de temps inouïe. Le refus de partager des fonctions symboliques dans un groupe donné en Mauritanie et particulièrement chez les soninko reste la plus grande torture dans l’imaginaire collectif des personnes « castés ». C’est là une forme de contrainte sociale qui rappelle les séquelles de l’esclavage. Dire qu’un individu lamba doté de sciences (en se référant au sens dans un contexte islamique) ne doit pas diriger une prière ou doit demander la permission reste incompréhensible. Rappelons dans ce sens, Camus qui disait: « La bêtise humaine insiste toujours ».
Certains insultent Baliou Mamayary Coulibaly en disant qu’il est l’initiateur de ce « mal ». Je pense simplement que la pesanteur sociale leur épargne beaucoup de maux. Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké. La stratification sociale empêchait certains soi-disant « esclaves » ou personnes d’ascendance servile, griots, tutti quanti, d’étudier. Ils devaient être programmé pour assouvir les désirs et dérives de soi-disant « maîtres » ou « bien nés ».
De nos jours, nous vivons dans des États en Afrique qui s’apparentent à des démocraties. Tout le monde a droit à l’éducation. C’est vers la méritocratie que nous tendons.

Le poids du capitalisme de nos jours est immense. Il y’a ce que beaucoup qualifient de « réalités sociales »; et il y a à côté le choix de comment se définir. Le mépris culturel et l’ordre inique sont d’autant plus considérables dans nos contrées que quand la misère intellectuelle et financière sont là. Il suffit de voyager pour voir que nos « fondements » sociaux sont un leurre. Il faut démocratiser car l’individu qui quitte son territoire pour un pays occidental se marie souvent là-bas sans se focaliser sur les origines ou le « rang social » de son conjoint. Arrêtez cette hypocrisie silencieuse !

Certains ont parlé de consensus. D’autres ont manifesté leur « volonté de puissance ». Il n’y a qu’un seul Salut. C’est le combat pour la dignité humaine. Ce combat ne peut pas se mener qu’ailleurs. Il le faut évidemment chez nous. Il ne faut pas chantonner dans les affaires comme le cas de George Floyd ou autres en faisant abstraction des tares féodales-esclavagistes dans nos pays. Dans la communauté Soninké, également dans toutes les communautés de l’Afrique, il faut arriver à déconstruire et à démystifier les approches socioculturelles qui existent pour l’avènement d’une culture citoyenne avec des politiques représentatives, une démocratie en construction et des leviers culturels sur des principes universels qui répondent à la vraie culture islamique de nos sociétés; pas celle adaptée aux traditions. Il y’a urgence de quitter « les identités étriquées pour de véritables identités citoyennes ».
Selon une source, le gouvernement mauritanien à travers son ministre de l’intérieur a pris des mesures drastiques et appelle au calme. Que ce même gouvernement agisse aussi dans le solde de toutes les entités; pas seulement d’une communauté donnée. Il faut que l’Etat vide le contenu des « pouvoirs traditionnels » pour le compte des maires et autres personnes de l’administration. Le mauritanien doit être participe de l’universel pour parler comme mon homonyme Souleymane Bachir Diagne. « Il faut remette en place le chantier de l’universel ».

Que la paix règne à Kaedi, dans soni kara et dans le reste du monde. Elle ne sera véritablement axée que par l’implantation de la raison, de la logique et la reconstruction autour un nouvel idéal avec plus de justesse.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4217327234953597&id=100000290871124

𝗔𝗯𝗱𝗼𝘂𝗹𝗮𝘆𝗲 𝗦𝗮𝗿𝗿: « aux hommes du verbe d’être au service de la fraternité en Mauritanie »

Dans son discours d’ouverture à la deuxième saison de la Fraternité, le secrétaire général, l’Imam Abdoulaye Sarr de l’association Mains de la Fraternité a appelé « les maîtres du verbe à savoir les journalistes, les blogueurs, les poètes et autres influenceurs à aider de porter le message de la Fraternité » . Selon lui, les porteurs de voix doivent être investis pour la consécration de l’esprit de la Fraternité en Mauritanie.

Il a ajouté que sans leur contribution il est difficile d’atteindre des publics larges. Selon Sarr, cette saison sera marquée par ateliers de réflexion sur d’égalité et la citoyenneté.

Il a indiqué que ces deux jours seront marquées par la présentation de la vision de la Fraternité de leur association. Il s’est engagé de proposer aux Mauritaniens « une école ouverte à tous pour l’ancrage réelle du principe de la Fraternité »

La rédaction

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« Il est temps que les haalpoularyens fassent leur révolution sociale. » Par Mr Souleymane Kidé

Il est temps que les haalpoularyens fassent leur révolution sociale. Ces dernières décennies, les maures blancs et les soninkés ont accepté avec beaucoup de philosophie que leurs organisations sociales soient secouées malgré quelques résistances, qui se produiraient devant toute tentative de remettre en cause l’ordre établi.
Tout bouge autour de nous sauf la société haalpoularyenne dont les grands militants progressistes des droits de l’homme sont allergiques aux velléités de transformation sociale.
Il est concertant de constater que les intellectuels haalpoularyens, qui passent leur temps à dépecer le corps de l’État mauritanien dont ils ont mal à dissocier de la société maure, se murent dans un silence assourdissant lorsque la question de la féodalité est abordée.
La charité bien ordonnée commence par soi-même. Je dis à ces pseudo-militants, qui pressent leurs cerveaux dans un jeu ignoble de masturbation intellectuelle, qu’il est temps de revoir leur discours politique en le claquant aux dynamismes de contestation qui continuent à secouer la société maure aussi bien que la société soninke.
Beaucoup de personnes se demandent ce qui explique l’exclusion des haalpoularyen en Mauritanie alors qu’ils ont des têtes pensantes partout dans le monde. La réponse est très simple, parce que les têtes et les grandes gueules qui ont fait de la lutte contre le racisme d’État leur jeu favori sont le vrai problème dont il faut se débarrasser si nous voulons poser les bases d’une société fondée sur l’égalité devant la loi.
Ces grandes gueules qui ne ratent aucune occasion pour insulter l’État mauritanien à travers des vidéos lives enregistrées à partir de l’étranger, ces grandes gueules qui appellent à la mobilisation populaire en vue d’organiser une marche contre le racisme, l’exclusion et les multiples formes de discriminations auxquels les noirs mauritaniens sont exposés, ceux-là sont le vrai frein du développement, notamment de l’épanouissement de notre société.
Avec l’histoire de la chapelle de Mpali Kaba à Kaédi, beaucoup de militants progressistes que l’on voyaient en boubou bien amidonné sont aujourd’hui devenus, vu leur silence hypocrites, tout nus, à poils, totalement dévêtus… Parce que ces faux militants croyaient qu’aucune tempête ne viendrait un jour soulever les masques qui cachaient ces visages hideux des féodaux, qui s’amusent à dispenser des cours sur la façon dont ce qu’ils appellent le système éthno-génocidaire devrait traiter les citoyens du pays.
Si ces faux militants souhaitent s’attaquer au racisme d’État en l’extirpant à partir de ses racines, ils doivent d’abord commencer par évacuer la féodalité qui pue autour d’eux de part leur silence face à l’organisation figée, ossifiée de leur société.

Souleymane Kidé

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