Diogountoro – Guidimagha : le chef coutumier et ses administrés devant le tribunal de grande instance de Bobigny

Boubou Ba – Le procès s’inscrit nécessairement dans une durée non maitrisée par les parties.

Il prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression. La justice étatique décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant. Le coût final du procès dépend en général des complications qui ne sont pas envisageables lorsqu’il est introduit, d’où l’intérêt de faire appel aux modes amiables de règlement des conflits.

N’a-t-on pas coutume de dire : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ».

La justice amiable constitue une thérapie qui a pour but de briser le cercle infernal de la violence et de la contre violence afin de rétablir l’harmonie et la paix sociale. En effet, si jadis la fierté d’un Soninké, c’était de se glorifier de ne jamais mis pied au commissariat, aujourd’hui le voilà grimper la marche du palais de justice français. C’est peut-être la fin du royaume Soninké du 21eme siècle ou du moins le souverain mésopotamien du VIIème siècle.

Les descendants de Wagadu :

Si quelqu’un m’avait raconté hier, cette chaine judiciaire, c’est-à-dire les voilà venir le chef et ses conseillers d’un côté et de l’autre ses administrés devant le juge français pour trancher un litige qui les oppose, j’aurais tendance à imaginer que c’est le retour de « Wagadu Bida ».

Malheureusement, cette chaine judiciaire a eu lieu et s’est déroulée devant mes yeux à 9h30 au tribunal de grande instance de Bobigny (TGI). Les mots me manquent pour qualifier cette audience judiciaire que j’ai assistée ce lundi 25 mars 2019, devant le juge de référé du TGI de Bobigny avec un public-immigré, tous « ressortissants de Diogountouro », dans la Commune de Ghabou. J’étais pétrifié et écœuré de voir ceux qui se réclament « descendants de Wagadu » se trainent devant un magistrat étranger pour des faits qui peuvent se régler à l’amiable si nous étions véridique et honnête avec nous. Malheureusement, nous avons perdu la sagesse que le roi (Tunka) de Wagadu nous a léguée.

Autant de l’empire du Ghana, il semblerait le roi ou chef était un dirigeant véridique, honnête et sage ; il réglait toutes les affaires de son royaume à l’amiable afin de préserver la paix sociale de la cité. Le roi ou chef de Wagadu, selon les différents récits disposait trois critères qui nous laissent entendre qu’il était un roi justicier : Le roi était un « faiseur de paix » ; il était un « donateur » de ses biens, et ne peut se permettre, sans se déjuger, de repousser les incessantes demandes de ses administrés ; le roi était également un grand « orateur », ayant la maitrise de tous les codes culturels de la cité.

Pourquoi aujourd’hui, les descendants de Wagadu ont-ils perdu cette sagesse de rendre la justice et de dire le Droit ? Pourquoi, les fils du roi sont-ils arrivés devant le juge pour étaler leurs « linges sales » ? Où sont-ils passés les chefs justiciers de Wagadu, pour faire régner la paix et la cohésion dans le royaume ? Nous n’avons pas coutume de dire que, « le linge sale se lave en privé ». Pourquoi, nous ne faisons pas comme la communauté Wolof du Sénégal, en réglant ses affaires dans « le ventre de la famille » ou « dans le ventre du village ». Le maintien de la paix sociale et la tranquillité dans nos cités passent par les modes amiables de règlement des conflits.

Pourquoi sont-ils arrivés devant le juge de référé ?

D’après nos informations fiables, nous nous limitons de prendre les faits à partir d’une réunion. Ainsi, lors d’une réunion du village, le chef coutumier et les dirigeants de l’association de ressortissants de diogountouro (ARD) avaient déclaré oralement comme d’habitude, que la caisse du village disposait d’une somme totale de 147000euros sans pièce justificative à l’appui.

En effet, les jeunes du village ayant connaissance de ses droits et devoirs, avaient organisé plusieurs rencontres avec le chef coutumier du village et l’Association des Ressortissants de Diogountouro (ARD), dirigée par une poignée de gens (pour ne pas dire un clan), dont certains sont à la fois conseillers du chef coutumier et membre du bureau exécutif de ladite association, pour demander de comptes sur la gestion financière de l’association communautaire, c’est-à-dire les relèves bancaires et tout autre document nécessaire attestant la gestion transparente du bien commun. Bien sûr que oui, ils sont en droit de demander ou va leur argent et comment a été utilisé cet argent.

La jeunesse a également demandé au chef coutumier et le bureau exécutif de l’association de procéder à un changement des mentalités sur les instances associatives du village, c’est-à-dire à ne pas rester coller sur les patronymes (pour ne pas dire l’esclavagisme) des uns et des autres pour designer telle ou telle personne mais plutôt à regarder du côté des compétences et d’expériences pour faire avancer les choses dans le bon sens. La réponse du chef coutumier et le président de l’association est sans appel.

Le chef coutumier et l’association (ARD) disent tous pas question de leur fournir les relèves bancaires et tout autre document attestant la gestion du bien commun. Cela revient à dire taisez-vous, on n’a pas de compte à vous rendre et vous n’avez aucun droit sur vos propres biens. Apres plusieurs tentatives de médiation auprès du chef coutumier et auprès de l’association, qui n’ont donné des résultats positifs. Ainsi, les jeunes décident de saisir la justice pour faire valoir leur droit sur le bien commun.

Les faits :

Les jeunes sollicitent les compétences et l’expertises d’un avocat et docteur en Droit, Maître AKUSSON, un professionnel aguerri du Droit. Ainsi, maître Akusson, par un courrier du 31 octobre 2018 envoyé au chef coutumier et au président de l’association(ARD), demande à la partie défenderesse de lui communiquer tout document comptable susceptible d’attester de la gestion transparente des fonds de l’association. Le 17 nombre, le président de l’association (ARD) a envoyé une réponse lapidaire à l’avocat maître Akusson : « en ma qualité de président de l’ARD, je vous informe qu’il y a une totale transparence quant à la gestion des comptes et à la communication des soldes des comptes… ».

Une réponse non juridique mais plutôt littéraire, car l’avocat n’a pas demandé de verbes mais plutôt de pièces justificatives. Ainsi, n’ayant pas satisfait de la réponse du président de l’association, le 26 novembre 2018, l’avocat de la partie demanderesse a envoyé un 2eme courrier au chef coutumier et au président de l’association, faute des réponses claires accompagnées des pièces justificatives il sera obligé de saisir le juge de référé, c’est-à-dire le juge de l’urgence.

N’ayant pas obtenu une réponse, maître Akusson, à la demande de ses clients a saisi le président du tribunal de grande instance de Bobigny en référé, pour des faits de pratiques d’esclavagistes, de faits de discrimination au sein des instances associatives et une gestion opaque des ressources de l’association. Les faits sont grave, je dirais très grave même au regard du code pénal français. Enfin, il a demandé également au juge qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné à la tête de l’association et que les documents demandés soient communiqués par force.

L’audience devant le juge :

Les deux parties sont convoquées à 9h30 du matin devant le juge. Apres un bref rappel des faits et un échange de quelques documents entre avocats et juge. Madame, la juge a donné la parole à l’avocate de la partie défenderesse. Celle-ci a soulève l’irrecevabilité de la demande de la partie adverse faute de qualité à agir en justice et défaut d’intérêt, car selon l’avocate les plaignants ne disposent pas des preuves attestant leur appartenance à l’association. Ainsi, l’avocat de la partie demanderesse maître et docteur en Droit Akusson, a pris la parole pour démontrer l’appartenance de ses clients à l’association et demande au juge à ce qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné afin de mettre l’ordre dans cette association.

Madame, la juge après avoir écouté les deux parties et au vu de la complexité du dossier, elle a décidé de renvoyer l’audience au 10 avril 2019. Ce faisant, avons-nous d’autres solutions pour éviter le chaos ? Oui, évidemment nous avons une panoplie des solutions amiables (médiation, conciliation, arbitrage, négociation…) entre nos mains, qui nous permet de régler cette affaire à l’amiable sans que le juge ne soit au courant de ses linges sales. La justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations.

Elle recèle d’ailleurs plusieurs enjeux : l’apaisement des ruptures de la communauté avec la mise en avant de l’intérêt de la communauté, mais aussi la déjudiciarisation de la procédure de la gestion du conflit. J’en appelle à la sagesse et à la responsabilité de toutes les parties au procès d’aller sursoir au tour d’une table afin de pouvoir trouver une solution amiable et consensuelle pour le bien du village.

Ba – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Stagiaire à la Cour de cassation de France

🔘Crédit source : cridem.org

Présidentielles au Sénégal , une brève analyse de Professeur Mohamed Diako Tandjigora en observateur.

🔷️La classe politique sénégalaise face au phénomène Ousmane Sonko,
hypocrisie et islamophobie galopante

Certains intellectuels africains pensent qu’islamophobie et antisalafisme seraient deux choses distinctes dans l’esprit de leurs maîtres occidentaux, alors, ils se trompent lourdement.
Et, la classe politique sénégalaise, aidée en ceci par l’inculture ambiante de l’espace médiatique, s’est coincée dans la trilogie de «l’argent, le mensonge et la violence poltique ».
On essaie de nous faire peur d’Ousmane Sonko qui ne serait autre chose qu’un bandi doublé d’un vulgaire salafiste !
Sonko a effectivement porté des accusations graves contre des tiers, à ceux – ci, il doit des preuves.
Sonko est accusé de certaines choses, aux sénégalais, il doit des explications.
Sonko est salafiste, c’est là, toute la preuve de l’hypocrisie et de la mauvaise foi. Pourquoi bon sang, nos dirigeants tentent-ils ainsi de nous faire haïr l’islam et les valeurs islamiques, alors qu’ils nous bombardent tous les jours de Qasayid (De leurs gourrous) et de références religieuses ?
Voyons pourquoi serait-il plus salafiste que n’importe quel autre sénégalais qui se respecte et respecte sa foi musulmane.
Est-ce parce que sa femme est voilée ?! Une bêtise à la mode «France info»: il ne mange pas de porc, il est salafiste; il apprend le Coran, il est salafiste; sa femme est voilée, il est donc et forcément salafiste.
Ou encore parce qu’il a promis une longue période de maternité aux femmes ?! Un masochisme déguisé en «amical de féminisme raté». Qu’est-ce qu’il y’a d’aussi ignoble dans le fait de vouloir tout le bien de ce monde à nos femmes, filles et sœurs ? Si c’est de l’utopie, qu’il en soit ainsi. Mais, n’est-ce pas là, la nature profonde de tous ces discours politiciens qui envahissent nos espaces publics depuis deux mois.
Ou peut-être encore, c’est parce qu’il a promis de rétablir la peine de mort ?! Si c’est du salafiste, alors tous ces états américains qui ont maintenu la peine de mort, seraient-ils des salafistes ?! Absurde !!
Enfin, est-ce parce qu’il il a promis de donner voix aux différentes familles et regroupements religieux connus pour leur tolérance et leur désir de vivre ensemble dans la paix et le respect mutuel ?! Si le Sénégal ne va pas vers cette création d’espaces légaux de dialogue, d’échanges, et de propositions, et si nos dirigeants s’entêtent dans cette absurde politique de confinement de l’islam et des musulmans, la jeunesse finira par rejeter tout en bloc : institutions religieuses, références religieuses locales, et se jetterons dans les bras des vendeurs de rêves à l’Algérienne, à la tunisienne, où à la saoudienne. Voilà pourquoi Ousmane Sonko est un phénomène intéressant, mais pas salafiste pour un sous.

À QUI VAIS-JE DONNER MA VOIX ? HA HA !
JE NE SUIS MÊME PAS INSCRIT SUR LA LISTE

✅Crédit source : Post Facebook Madiakho Diakho connu Mohamed Diakho Tandjigora dit Abu Elyes.

🔸️Penseur, enseignant , écrivain et traducteur en sciences islamiques .

La Table Ronde à L’EHESS Paris sur l’abolitionnisme africain au 21ème siècle, photos et récit en brief par notre BLOG.

Ce Samedi 16 février 2019, s’est tenue une table ronde sur l’abolitionnisme africain au 21ème siècle avec comme principaux intervenants, 2 activistes abolitionnistes connus, le président du mouvement IRA-Mauritanie Mr Biram Dah Abeid (député mauritanien) et Mr Ali Bouzou du Niger, secrétaire général de l’ONG Timidria et secrétaire exécutif du Réseau ouest-africain de lutte contre l’esclavage. Dirigée par Mme Catarina Madeira-Santos, EHESS (l’École des Hautes Études en Sciences Sociales), la rencontre tenue au sein de l’Amphithéâtre François Furet a eu un franc succès par la teneur des interventions et l’affluence du public. Dans sa communication, Mr Ali Bouzou a pointé le déni et les contradictions émanant des pouvoirs publics dans son pays et d’autres de la sous-région autour des problématiques liées à l’esclavage. Par la suite le leader abolitionniste mauritanien Biram Dah Abeid, récemment fait Docteur honoris causa par l’UC Louvain en Belgique, a rappelé le difficile cheminement du combat abolitionniste qu’il mène depuis une décennie avec son organisation IRA-MAURITANIE (Toujours non reconnue par les autorités de Nouakchott). Le leader abolitionniste élu député au parlement mauritanien en septembre dernier, indexe un certain système de valeurs tenu par des segments esclavagistes eux-mêmes soutenus par le pouvoir étatique en place. Il appelle à un esprit de rebelle contre une légitimation de l’esclavage comme mode de vie sous le référent tronqué du religieux . Le Prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les Droits Humains et candidat déclaré à l’élection présidentielle 2019 en Mauritanie, pense que l’engagement politique est un des outils menant à un abolitionnisme efficient à terme. Cet angle de vue de la voie politique dans l’engagement abolitionniste est aussi encouragé par le responsable Nigérien de TIMIDRIA.

Au cours de la table ronde, l’universitaire mauritanien Abdel Wedoud Ould Cheikh a étayé sa communication en commentaires très instructifs sur une certaine légitimation religieuse de l’esclavage.

Lors des échanges avec le public, un focus a été mis sur les récents événements gravissimes liés aux mentalités esclavagistes et féodales en milieux soninkés notamment dans la région de Kayes. En répondant, le président d’IRA-MAURITANIE, réplique que les lamentations depuis ici à l’étranger ne servent pas grand chose sans un engagement courageux de résistance face aux esclavagistes sur le terrain. Par ailleurs il a reproché avec franchise à certains éléments mauritaniens du mouvement GANBANAAXU FEDDE (Mouvement abolitionniste ancré chez les soninkés) qui s’affichent politiquement avec le système étatique alors que ce dernier est le premier défenseur des forces esclavagistes de tous les bords.

🔷️Ici en intervention Mr Ali Bouzou du Niger

🔷️ici le député Biram Dah Abeid, président du mouvement abolitionniste IRA-MAURITANIE

🔷️Ici Madame Catarina Madeira-Santos (EHESS Paris)

🔷️le Professeur Abdel Wedoud Ould Cheikh, universitaire mauritanien.

🔷️Ici Leila, l’épouse de Biram Dah Abeid

✅Suite en photos côté Assistance :

🖊Récit et photos par K.S pour le BLOG

[Événement TEMEDT et GANBANAAXU FEDDE – Mali🇲🇱] La conférence de presse du 19 janvier 2019 à Bamako.

🔸️Mr Diaguily Maro Kenoute, responsable du RMFP- GANBANAAXU MALI🇲🇱

🔸️Madame Aichata Wallet Attalaka, vice-présidente de TEMEDT

🔸️Lassine Konate, membre GANBANAAXU Bamako.

Ce Samedi 19 janvier 2019 à Bamako , la branche malienne du mouvement pacifique d’éveil citoyen GANBANAAXU FEDDE (RMFP) , l’association TEMEDT et d’autres organismes partenaires ont tenu un point de presse d’explication et d’alerte sur les problématiques liées à l’esclavage par ascendance.

Les différents intervenants ont interpellé les autorités étatiques, les organisations nationales et internationales travaillant pour la défense des droits humains, sur certaines violations gravissimes des droits humains perpétrées dans certaines zones du Mali notamment dans la région de Kayes.

Des paisibles citoyens qui ne veulent plus vivre comme esclaves en milieux soninkés, ont subi ces derniers mois diverses agressions dans une impunité criante.

Lors cette conférence de presse, des personnes victimes ont été présentées pour témoignages. En milieu soninké , un régime féodalo-esclavagiste incarné en mode de vie pour certains sévit par des actes de violence (tabassages, agressions, fausses accusations, intimidations, expulsions, mise en quarantaine sociale et autres ) sur des citoyens ayant le seul tort, qui est de vouloir vivre comme des HOMMES LIBRES.

Cet esclavagisme statutaire et par ascendance foncièrement ségrégationniste et discriminatoire défie les lois fondamentales de la République du Mali qui consacrent l’égalité en Droits et en DIGNITÉ entre TOUS LES CITOYENS.

Cette alerte d’information et de dénonciation doit obliger les autorités locales et étatiques à prendre sérieusement les dispositions légales qui s’imposent urgemment pour garantir la paix civile.

Crédit source : Témoignages recueillis milieux GANBANAAXU MALI🇲🇱

✅Récit par KS pour le BLOG

Procès de Biram Dah Abeid : le journaliste Deddah Abdallah retire sa plainte

Le journaliste Deddah Abdallah qui avait porté plainte contre Biram Dah ABEID a retiré sa plainte, a appris en début de soirée Cridem auprès de plusieurs sources proches du mouvement abolitionniste, IRA-Mauritanie.

Une information confirmée par Mme Coumba Dado Kane, député à l’assemblée nationale mauritanienne et proche de Biram Dah ABEID, président d’IRA-Mauritanie. « Oui, il (Deddah Abdallahi, NDLR) a retiré sa plainte. Il l’a signée devant nous, avant de quitter le tribunal », a affirmé à Cridem Mme Coumba Dado Kane.

Le procès s’est ouvert ce lundi matin vers 12 heures, sous forte surveillance policière dans un tribunal correctionnel de la capitale, à Arafat, où des centaines de sympathisants de M. Ould Abeid et des militants de son ONG antiesclavagiste s’étaient regroupés pour réclamer sa libération.

A l’ouverture du procès, Biram Dah ABEID a demandé à porter son écharpe de député, ce qui a provoqué un « blocage ». Un autre incident est venu par la suite se greffer à ce procès. Après avoir eu gain de cause pour porter son écharpe de député, Biram Dah ABEID a refusé de parler à la Cour, arguant que celle-ci n’était pas compétente pour le juger, une situation qui va provoquer un autre « blocage ».

A 20h (GMT), le procès était suspendu. « On est toujours là. On est très fatigués. C’est du cinéma qui est là. C’est un jugement qu’on n’a jamais vu dans le monde. Moi, je n’ai jamais vu ça. Depuis, ce matin, on est là », a déclaré à Cridem Mme Kane.

Plusieurs figures politiques, syndicales, comme de la société civile et des droits de l’Homme sont venues exprimer au leader abolitionniste leur soutien, a constaté un journaliste de Cridem.

©CRIDEM / (31 Décembre 2018)

✅Source crédit : Repris sur cridem.org

Torture publique et violence ciblée : L’Etat Mauritanien face à la demande de justice.

La première vidéo que je vous propose ici, dure quelques secondes, la deuxième un peu plus, mais le contenu est suffisant pour heurter la sensibilité de tout celui qui dispose d’une once d’humanité.

Ces images sont épouvantables. Elles sont d’une dureté crue et d’une barbarie grégaire. On se croirait dans la jungle.

Même une armée d’occupation se réserverait de cette sale besogne.

Nous sommes en République islamique de Mauritanie, un Etat membre des Nations Unies et signataire de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Sa loi fondamentale consacre l’effectivité des libertés individuelles et collectives et le droit de manifester ou encore celui d’exprimer librement ses opinions.

Quel paradoxe ! C’est juste un écran de fumée.

Les manifestants d’IRA – Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste – sont quotidiennement traqués et matés dans le sang en Mauritanie.

La dernière escalade était contre la manifestation du Mouvement abolitionniste(d’où sont issues les deux vidéos) remonte au jeudi 20 décembre 2018 : militants et sympathisants avaient battu le pavé pour demander la libération de leur Leader, le député Biram Dah Abeid incarcéré depuis 138 jours prétendument à cause d’une plainte déposée contre lui par un journaliste. C’est la partie visible de l’iceberg. En réalité c’est juste un prétexte pour le pouvoir, le maitre d’œuvre de l’arrestation du leader abolitionniste.

En réalité, le pouvoir de Nouakchott a utilisé le journaliste comme taupe et faux témoin pour envoyer Biram Dah Abeid en prison.

Les autorités mauritaniennes n’ont pas fini d’étonner la communauté internationale par leurs agissements obscènes et insidieux.

Après avoir planifié et orchestré ce plan machiavélique et pour se dédouaner, elles soutiennent que l’homme est un détenu de droit commun.

Dans cette opération de répression, tout est calculé et programmé pour pouvoir atteindre le moral de Biram Dah Abeid et l’humilier.

En effet, sa fille Aicha Biram a été prise délibérément pour cible.

Sur la vidéo, c’est bien elle qui est passée à tabac par des policiers complètement déchainés et plus que jamais déterminés à l’achever. Après avoir essuyé cette avalanche de coup de matraques et de gourdins, l’infortunée n’a eu droit à la sauve que par la grâce de dieu : elle a été victime d’une double fracture au bras gauche, sans compter le traumatisme causé par cette agression.

Le bilan des blessés au cours de cette manifestation est lourd : 27 blessés au total, 2 fractures et plusieurs entorses.

Parmi ces victimes de la violence policière, Leila, la femme de Biram Dah ABEID une cible pas comme les autres. Le seul crime de cette femme, c’est d’être l’épouse de Biram.

Elle est dans la ligne de mire des autorités. En effet, tous les moyens sont bons pour fragiliser le leader du mouvement IRA.

Leila et Aicha paient le prix de l’engagement politique de Biram : pour la première, il s’agit du courage politique de son mari et pour la seconde l’opiniâtreté d’un père qui se bat vaille que vaille pour une Mauritanie débarrassée des pratiques esclavagistes où tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit, tel que stipulé par la convention Universelle des droits de l’homme.

Si du côté des manifestants on pleure, on se soigne et on panse les plaies. On ne comprend pas cet acharnement ! On est estomaqué.

Pour les autorités, la mission est bien remplie, les ordres ont été exécutés à la lettre.

Les images de la répression ont été visualisées par les commanditaires. Ils sont satisfaits de la correction infligée aux manifestants.

En effet, les policiers qui ont fait preuve d’un excès de zèle dans cette mission éhontée ont été félicités par la hiérarchie : parmi ces tortionnaires cet homme. Il est prêt à recommencer.

En effet, la déclaration du ministre français Jean Yves le DRIAN qui a soutenu malencontreusement que le président d’IRA, Biram Dah Abeid est un détenu de droit commun et non un détenu politique a été entendu et interprété par Nouakchott comme un feu vert. Ces propos sont donc pour quelque chose dans la manière forte utilisée pour réprimer les manifestants qui demandaient la libération de leur leader.

D’ailleurs, pouvait-on entendre l’officier de police qui dirigeait, ce jour-là les opérations dire sans ambages « frappez les fort, sans pitié ! La France par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères a déclaré que le chef de cette bande du mouvement IRA est un criminel. Et l’officier de police d’ajouter que l’Occident a enfin compris que les gens de IRA sont des voyous »

Moussa SOUMARÉ Vice-président IRA-France et porte-parole .

Source crédit : Source IRA/l’auteur

Mauritanie/Droits de l’homme : Une manifestation d’IRA-MAURITANIE réprimée à Nouakchott.

Ce jeudi 20 décembre 2018, les militants et sympathisants d’IRA-MAURITANIE sont sortis pour manifester pour la libération de Mr Biram Dah Abeid. Ce dernier, fondateur de ce mouvement abolitionniste créé en 2008, est un député élu au parlement mauritanien en septembre dernier. Mr Biram Dah Abeid a été récipiendaire de plusieurs prix pour son engagement pacifique pour les droits humains notamment contre les pratiques esclavagistes. En 2013, les Nations unies lui ont décerné le Prix Onusien comme défenseur des droits humains. Depuis le 7 Août 2018 , le leader abolitionniste est derrière les barreaux à cause d’un dossier judiciaire aux contours obscurs selon plusieurs observateurs avisés dans le pays et à l’étranger. Ses soutiens irréductibles s’activent incessamment par des sit in et des manifestations pacifiques à l’intérieur et l’extérieur autour de son cas ayant le parfum d’une affaire politico- judiciaire.

Aujourd’hui lors de la manifestation à Nouakchott , les forces de l’ordre ont durement réprimé les militants et sympathisants pacifiques. Plusieurs blessés sont à déplorer selon des sources proches du mouvement IRA.

Tout notre soutien fraternel et citoyen au leader abolitionniste Biram Dah Abeid et ses partisans qui mènent un engagement pacifique et décisif pour l’événement d’une MAURITANIE JUSTE.

Pour le BLOG par KS

Biram Dah Abeid : Prison civile de Nouakchott.

Chers collègues députés, honorables élus du peuple.

Mon salaire n’égale la souffrance du pays.

Qu’ai-je, donc, appris?

Des députés et des responsables administratifs de l’Assemblée Nationale réfléchissent à entreprendre quelque démarche pour convaincre le pouvoir du moment, de bien vouloir surseoir à appliquer, contre moi, la directive de privation de salaire et d’indemnité. Elles et ils s’alarment ainsi de la violation de mes droits d’élu.

Je les remercie certes mais les invite en même temps, à abandonner l’entreprise, à cause de l’urgence et de la priorité au traitement de celle-ci. Des problèmes de fond et d’une tonalité bien plus tragique requièrent, ailleurs, l’expression de la solidarité parmi les législateurs. Je citerai, ici :

La dépréciation de la monnaie nationale

La hausse vertigineuse des prix

La banqueroute de l’école

Le chômage désespérant des jeunes

La faillite généralisée des établissements publics, en particulier du secteur de la santé

Le détournement des ressources monétaires, minières et halieutiques

La banalisation des mœurs néo-patrimoniale dans le rapport des dirigeants à l’Etat

L’impunité de la torture, du racisme, de son passif humanitaire et des discriminations liées à la naissance

Chers collègues

Je cède mon salaire et autres émoluments, au « Président des pauvres », afin qu’il s’en serve pour épaissir, davantage, la fortune de sa famille et de ses proches. Il y a 10 ans déjà, je renonçais à mon revenu de fonctionnaire du Greffe dont la suspension devait me dissuader de poursuivre la lutte pour l’égalité.

Huit ans après cette mesure d’un présupposé ô combien naïf, Le chef de l’Etat Ould Abdel Aziz pourrait tenter de comprendre que l’argent n’est pas tout, ni même l’essentiel. Je sais combien l’idée lui paraîtrait improbable tant elle déroge à sa socialisation. Chez certaines humanités en dégénérescence, l’appât du lucre finit par embrumer la raison. Plus le sevrage est ancien moins vite se désaltère l’assoiffé.

Chers collègues, honorables députés

Si vous parvenez à relativiser l’intérêt pathologique que Ould Abdel Aziz porte à l’accumulation des biens ici-bas, vous auriez rempli l’essentiel de la mission à vous confiée dans les urnes : modérer le Prince, le guider dans les tourments de l’orgueil, enfin le rappeler à la vergogne quand il menace de n’en plus avoir.

Le 14 novembre 2018.

Crédit source : Réseaux IRA

Nous avons décidé de retirer notre prix le plus prestigieux à l’ancienne Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

Partagez la lettre ouverte que nous lui adressons !

Chère Aung San Suu Kyi,

Il y a neuf ans, Amnesty International vous a décerné sa plus prestigieuse distinction, le prix Ambassadeur de la conscience. Lorsque nous vous avons remis cette récompense, vous étiez « un symbole d’espoir, de courage et de défense inépuisable des droits humains, non seulement pour le peuple du Myanmar, mais aussi pour les citoyens du monde entier ».

En tant qu’Ambassadrice de la conscience d’Amnesty International, nous espérions que vous continueriez d’user de votre autorité morale pour dénoncer l’injustice où qu’elle se manifeste, et pour le moins au Myanmar.

Au lieu de cela, nous sommes à la fois inquiets et déçus par votre trahison manifeste et persistante des valeurs fondamentales que vous avez défendues pendant des décennies. Vous avez choisi d’ignorer et d’excuser la violente répression et les crimes contre l’humanité commis par l’armée contre les Rohingyas et les minorités dans l’État kachin et le nord de l’État chan, et votre bureau s’est employé à soustraire l’armée à un examen international et à l’obligation de rendre des comptes. En outre, nous sommes consternés par les discours de haine qu’a tenus votre gouvernement à l’égard des minorités, encourageant au lieu de freiner la discrimination et l’hostilité. En tant qu’organisation ayant œuvré sans relâche à votre libération – et à la libération de tous les prisonniers d’opinion au Myanmar – nous déplorons vivement que votre gouvernement n’ait pas abrogé ou modifié les lois répressives, mais s’en soit servi pour restreindre la liberté d’expression et arrêter et emprisonner des défenseurs des droits humains, des journalistes et des militants pacifiques.

Aujourd’hui, nous sommes profondément déçus que vous ne soyez plus un symbole d’espoir, de courage et de défense inépuisable des droits humains. Incapables de justifier le maintien de votre statut de lauréate du prix d’Ambassadrice de la conscience, c’est avec une grande tristesse que nous vous le retirons par la présente. Nous l’annoncerons publiquement dans deux jours, le 13 novembre.

Nous restons inébranlables dans notre engagement à garantir que tous les citoyens au Myanmar puissent exercer leurs droits librement, dans la dignité et en toute égalité.

Veuillez agréer l’expression de ma haute considération,

Kumi Naidoo
Secrétaire Général d’Amnesty International

Source crédit : Post Facebook Amnesty international France

Communiqué de Tawassoul sur la répression contre les militants du mouvement anti esclavagiste IRA.

Les forces de l’ordre se sont rendus coupables d’une répression sauvage et sanglante contre des manifestants pacifiques, causant des blessures graves parmi les paisibles citoyens, qui exprimaient pourtant civiquement et dans le respect strict de la loi, leur refus de l’injustice et leur revendication légitime de la libération de l’honorable député Biram Dah Ould Abeyd, afin qu’il puisse bénéficier de son droit de participer à la session ordinaire de l’assemblée nationale ouverte lundi 08 Octobre.

En effet, ces forces de l’ordre commettent ainsi leur énième atteinte aux droits de l’homme, particulièrement au droit à la manifestation garantie par la Constitution. Par conséquence, nous, Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (Tawassoul) exprimons :

1. Notre condamnation énergique de cette agression brutale perpétrée par le régime contre des citoyens, dont le seul tord est d’exprimer pacifiquement leurs opinions et droits légitimes. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux victimes et exprimons notre solidarité avec leurs familles.

Par ailleurs, au lieu de s’adonner à cette pratique sauvage, le régime aurait mieux fait de satisfaire leurs doléances.

2. Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de l’honorable député Biram Dah Ould Abeyde, et le permettre d’exercer sa fonction en tant que député élu par le peuple.

Mais aussi l’arrêt des poursuites injustes contre des sénateurs, syndicalistes, journalistes et hommes d’affaires.

3. Nous lançons un appel à l’ensemble de l’opposition démocratique et toutes les forces du changement de resserrer les rangs afin de faire barrage et d’arrêter le recul dangereux des libertés publiques, et faire face à la menace réelle contre la démocratie dans le pays.

Nouakchott, le 8 octobre 2018

Secrétariat national à l’information et à la communication