✓GUIDIMAGHA : DES CITOYENS SE PLAIGNENT DES REPERCUSSIONS DE L’ESCLAVAGE ET DEMANDENT JUSTICE [VIDÉO]

Un groupe d’habitants du village de Bouanze dans la wilaya du Guidimagha se plaint de ce qu’ils décrivent comme des séquelles de l’esclavage, appelant les plus hautes autorités du pays à leur rendre justice.

Un porte-parole du groupe, Mohamed Biranté Koné, a déclaré à alakhbar.info, que lui et les siens sont victimes de harcèlement raciste de la part des habitants du village.

Il a ajouté qu’ils sont privés d’occuper des postes politiques parce qu’ils sont d’anciens esclaves, soulignant qu’ils souffrent de l’esclavage même au XXIe siècle .

Il a souligné qu’eux et des anciens maitres vivent dans un même village et donc une seule zone géographique, mais aucun d’entre eux ne peut occuper de position de leadership ou de position politique dans le village à cause de cette discrimination.

Koné a appelé les autorités concernées à rendre justice au groupe et à régler ce problème, qui, selon lui, les préoccupe en tant que citoyens de la république.

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=70619

CONFÉRENCE AVEC LE MILITANT GAMBANA SALIF KAMARA : «ESCLAVAGE CONTEMPORAIN, MIGRATION FORCÉE ET ACTIVISME DE LA DIASPORA EN AFRIQUE DE L’OUEST»

Le 10 mai, à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, l’équipe EMiFo basée à Copenhague a organisé une conférence en ligne en partenariat avec le Centre d’études avancées sur les migrations (AMIS), afin d’entendre et de présenter l’expérience et la voix de Salif Kamara, vice-président du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (RMFP) – une organisation de lutte contre l’esclavage par ascendance active en France et au Mali, au niveau national, régional et local. La conférence, intitulée « Esclavage contemporain, déplacement forcé et militantisme de la diaspora en Afrique de l’Ouest », était centrée sur l’implication transnationale de la diaspora malienne dans la lutte contre l’esclavage par ascendance dans le cadre du mouvement «Gambana» (qui signifie égalité en droits et dignité en Soninké). Après deux courtes présentations données par les étudiante en master à AMIS Leah Durst-Lee et Nolwenn Marconnet, M. Salif Kamara a généreusement répondu aux questions des organisateurs et du public et a partagé de précieuses informations sur les origines de Gambana – né dans la diaspora Soninké en France en 2016 – et le travail effectué par les organisations issues de la diaspora comme le RMFP, notamment la sensibilisation sur les groupes WhatsApp et les actions en justice tant en France qu’au Mali. Il a notamment souligné la nécessité de lutter contre les pratiques liées à l’esclavage par ascendance simultanément dans la diaspora et au Mali, car il existe une continuité des pratiques esclavagistes dans la diaspora, qui donnent lieu à des attaques, des agressions verbales, des problèmes de mariage et des conflits autour de la participation aux caisses des villages.

L’événement était bilingue, et nous avons eu le plaisir d’être rejoints par des participants parlant français et anglais, nous joignant d’Afrique de l’Ouest, d’Europe et d’Amérique du Nord.

©️ Crédit source : https://www.slaveryforcedmigration.org/conference-avec-le-militant-gambana-salif-kamara-esclavage-contemporain-migration-forcee-et-activisme-de-la-diaspora-en-afrique-de-louest/

✓ Souffrance et repli sur la communauté soninké | les mirages autour du francinké (l’immigré soninké en France, par Boulaye Diakité.



L’émigration Soninké est un choix dû a une conjoncture particulière. L’agrégation de ces processus constitue une réalité collective qui grâce a un mensonge collectif se perpétue et se développe. Abdelmalek Sayad aborde les multiples contradictions dans les conditions de vie des immigrés. Sayad montre « la double absence » des immigrés : absent de son pays, absent dans sa famille, son village, mais absent aussi dans la société d’accueil qui le rejette et le considère comme une force de travail .

Au foyer, les migrants Soninkés sont confrontés à divers difficultés (papiers, faire un cv, recherche d’emploi, etc.) et vivent dans des conditions très difficiles en France.
Encouragés par leur groupe, les membres de leur communauté… L’immigré peut rester pendant 5 ans, 10 ans ou même plus dans une situation administrative irrégulière, souvent sans travail ou travailler illégalement.

La question de retour n’est jamais soulevée. L’histoire d’un immigré, régularisé après 14 ans. Il dit avoir deux femmes et une fille qui l’attendaient au pays, 14 années d’absence. Il dit n’avoir jamais pensé au retour. Régularisé après 14 ans. Un autre immigré suite à ma question : combien de temps êtes-vous en France ? Il répond : je suis France mais ça ne fait pas longtemps. Mais combien temps. Il me répond 5 ans. Êtes-vous régularisé ? Non. Cinq années d’absence ici et là bas pour l’immigré, ce temps perdu est court. Cinq ans ! Il répond oui, cinq ans ce n’est rien. Cinq ans perdu, sans rien, l’immigré soninké trouve toujours la France meilleure le seul fait qu’il est en France, il est le francinké. Chez les soninkés dire il est francinké (de France) ou les francinkos, ces appellations donnent un sentiment de joie, d’honneur et de fierté à l’immigré.

L’immigré soninké quelque soit sa condition de vie en France pense qu’il n’y a pas d’autres alternative. L’immigration Soninké croit en la France comme un eldorado. L’immigré sans papiers, sans travail et sans logement pense que cette vie est meilleure à celle de son pays.

Pour Sayad, immigration ici et émigration là sont les deux faces indissociables d’une même réalité, elles ne peuvent s’expliquer l’une sans l’autre . L’émigration en France avait pour fonction première de donner aux communautés paysannes, incapables de se suffire à elles-mêmes par leurs activités agricoles, les moyens de se perpétuer en tant que telles.

L’immigré Soninké souffre de sa situation sans s’en rendre compte. Il n’est pas présent dans la société d’accueil et absent de son village d’origine. Il continue de se replier sur lui-même – en cumulant, arrivée du pays : petit boulots, débrouilles et galères. Après un ou deux mois d’aide de la communauté les nouveaux arrivants doivent eux mêmes contribuer à la bonne marche du foyer, souvent il partage une chambre avec un migrant plus ancien parfois issus de sa famille. Plusieurs solutions s’offrent à lui : petits boulots, débrouilles, et galères, petit commerçant, etc.

Le foyer est un quelque sorte un village pour l’immigré soninké. Il considère le foyer comme un village, le lieu le plus sûr. A la différence du village au pays, le village-foyer, il y a des absents (les enfants, les femmes, les vieux, etc.).

L’immigration soninké est une immigration majoritairement patriarcale. Les femmes ne sont pas sollicitées pour l’immigration. Les immigrés pensent qu’il est préférable que les enfants naissent et grandissent au pays. Cela permettrait la continuité de leur mode de vie, qu’ils pensent le meilleur.

Les nouveaux arrivants en France doivent habiter au foyer quelque soit les opportunités qui s’offrent à eux. Le foyer a une fonction essentielle pour les Soninkés. Il permet pour les migrants de garder les attaches avec la famille au pays et leur sociabilité. Plusieurs activités se passent au foyer (cérémonie mariage, recherche d’emploi, démarche pour les papiers, baptême, organisation des soirées, etc.).

Au village, on ne parle que de l’immigré comme un homme heureux. Il est celui qui apporte la joie, à manger. Son nom est scandé partout de places publiques, à la maison, etc. Il s’agit ici d’un discours qui socialise les plus jeunes à l’immigration. L’immigré, il est bon, meilleur, beau. Les caprices de l’immigré sont reçus comme une joie par la famille. Il est colère, cette colère est comme un cadeau même s’il a tort parce que c’est l’immigré. Il a toujours raison. Il peut fait mal mais ce n’est pas grave.

Toute autre forme de réussite si on n’est pas immigré, ne pas une réussite en milieu soninké. La pression sociale ne laisse personne indifférent. Les gens sont forcés à partir à cause de la contrainte sociale qui veut qu’on devient immigré. Le non immigré est inutile, fatiguant, rien de ce qu’il peut dire n’est audible, non travailleur, fainéant. Il faut partir loin du pays, du continent ; voilà il faut partir pour les soninkés. Il est parti égale ; il a réussi pour les soninkés.

Mais avoir un diplôme, être ministre, docteur ; je ne sais quoi d’autre n’intéresse personne chez les soninkés. Il faut être immigré. Le diplômé arrive dans son village, il est content. Au village, Il est à peine félicité. Voilà, il va se sentir inutile. Il oublie qu’il a étudié ; qu’il a des diplômes et se lance à l’aventure. Quelques exceptions restent et même s’ils ont réussi, ne sont pas considérées dans la conscience collective des villageois.

L’immigré peut échouer mais il a plus considération aux yeux des soninkés qu’une personne non immigré, même s’il a réussi ; on ne le voit pas ; on ne veut pas de sa réussite, il faut qu’il part. La conscience collective adopte l’immigration comme la réussite. Ma place de l’immigré est particulière dans la conscience collective. L’immigré arrive en vacance au village ; il peut être endetté sauf que les villageois ne savent pas. Les éloges des villageois, l’immigré est prêt à doute. A cause de ce mensonge collective, il a fini par croire qu’il est riche. il va continuer à s’endetter durant son séjour et augmente ses souffrances parce qu’au retour, il doit payer ses créanciers. La vie de l’immigré est une vie toujours au point de départ.

©️ Source crédit : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10208939667204664&id=1705378100

✓Activités Ganbanaaxu | Quelques images fortes de la finale du Tournoi Foot Uvds- Ganbanaaxu à Nouakchott [Éléments vidéos]

L’édition 1 du tournoi de football intervillages organisé par l’association Uvds-Ganbanaaxu a pris fin hier 19 juin 2021 à Nouakchott. La finale a opposé l’équipe de Sabouciré à celle de Hassi-Chaggar. Cette dernière a été victorieuse à l’issue des tirs au but (3 – 2) car le score final du match était de 1 – 1.

Ci-dessus quelques éléments vidéos de l’événement :

©️ Source éléments : Réseaux Uvds-Ganbanaaxu

– KS pour le BLOG

🔴 Affaire Hassi Chaggar « accords antiesclavagistes » | La réaction d’un cadre régional du parti Tawassoul, Mr DIALLO Waly (Guidimagha)

LETTRE D’INFORMATIONS.

• Un Député pyromane au Guidimagha.

LE RASSEMBLEMENT NATIONAL POUR LA RÉFORME ET LE DEVELOPPEMENT (TAWASSOUL)
a organisé du 11 – 13 Juin 2021 la première session ordinaire 2021 du CONSEIL NATIONAL DE LA CHOURA â Nouakchott.

Au cours de cet important forum regroupant les cadres du parti a Nouakchott, une absence très remarquée du Député du 5eme Arrondissement l’honorable député Idrissa Bilaly Camara se trouvait en  » mission insolite » dans la Commune de Hassi Cheggar, arrondissement de Tachott, département de Selibaby, wilaya du Guidimagha pour  » arranger le problème. d’esclavage qui mine la quietude des autochtones »

L’honorable député, dans sa vile manoeuvre a semé la graine de l’anarchie pour étouffer la lutte des abolitionnistes de Gambanaaxu contre l’apologie de L’ esclavage et ses sequelles.

L’honorable député n’a ménagé aucun effort pour soutenir les Féodaux-esclavagistes dans le systeme de leurs  » eus et traditions de l’esclavage par ascendance et ses sequelles aux guidimagha.

Mr Idrissa Bilaly CAMARA n’a rassemblé autour de lui que ses oncles, pères, et autres parents ainsi que les personnes ayant accepté leurs conditions serviles pour une raison ou une autre.

Aucune personne de Gambanaaxu n’a pris part a cette rencontre qui sera l’occasion de l’escalade des hostilités au guidimagha.

Cette position est loin d’être celle de notre parti qui défend farouchement les droits de l’homme et des citoyens, la lutte contre la criminalité et le banditisme ainsi que la gabegie sous toutes ses formes.

En ma qualité du President du conseil regional de la CHOURA, il est de mon devoir de signaler les manigances de ce parlementaires qui joue a la fois au pompier et au pyromane.

Cette vilaine entreprise est en voie de jeter le discrédit sur notre parti TAWASSOUL au Guidimagha ou personne ne peut plus faire confiance dans les jours â venir.

J’alerte la Direction Nationale que des DOCUMENTS établis pour légaliser l’illégalité sont déjà dans le circuit administratif régional d’où ils doivent être retirés et détruits parce que tissus de mensonge.

Dieu m’est temoin que j’ai RENDU compte à qui de doit fidèlement.

Tachott, le vendredi 17 juin 2021.

Waly Ibrahima Diallo, president du Conseil Regional du parti Tawassoul au Guidimagja

Informer Vrai, c’est Secourir : les dits accords contre l’esclavage par ascendance à Hassi-Chaggar (Guidimagha)

Crédit photo : Post FB du député.



Renseignements pris auprès de membres antiesclavagistes et abolitionnistes affiliés à Ganbanaaxu , le vieux présenté dans l’une de photos illustratives du post FB du député de Tawassoul Idrissa camara, ne serait aucunement un représentant de la communauté Ganbanaaxu de Hassi Chaggar. Ainsi les propos diffusés par ce Député Idrissa Bilaly Camara n’engagent que certaines personnes d’ascendance esclave qui sont toujours sous domination coutumière et féodale de l’ancien ordre villageois. Dans sa publication https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=5685743744800097&id=100000935832977, le député semble nous vendre que Ganbanaaxu est antagoniste avec un autre groupe (democrati islamic) WhatsApp d’apologistes soninkés de l’esclavage dans la communauté. Alors qu’il le sait très bien que ce sont les milieux féodaux communautaristes autour de la chefferie coutumière qui s’affairent depuis 4 ans pour contrer l’expression citoyenne et humaniste du Message Ganbanaaxu dans les villages. Enfin il croit dire ou faire découvrir que des accords locaux seraient signés à son initiative pour interdire les appellations connotées esclavagistes dans ce village chef-lieu de la commune du même nom Hassi Chaggar. Pour rappel la Loi 031 – 2015 en Mauritanie dans son ✓ article 19 dit : Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave ou affilié à des esclaves, est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende de vingt milles (20.000) à deux cent cinquante milles (250.000) ouguiyas. Normalement il suffisait à un parlementaire averti de rappeler les dispositions prévues dans les Lois de la République sur l’ensemble du territoire national. Une précision, notre BLOG a sollicité une interview expresse auprès du député dans la journée d’hier (14/06/21) après les premiers échos remontés sur les manœuvres du terrain avec son nom évoqué, mais il a déclaré de ne pas vouloir s’exprimer à cause des tensions en cours. Subitement il s’est manifesté aujourd’hui avec son post dont le contenu et les contours sont sujet au doute car d’autres sons de cloche émergent depuis sur la même affaire. Vouloir réconcilier des gens , c’est plus que recommandable mais aujourd’hui concernant la crise dans soninkara à cause des coutumes esclavagistes et féodales, on ne peut pas et on ne doit pas se servir des sources de problèmes pour en faire des solutions supposées sérieuses. Il faut nécessairement l’implication d’un acteur régalien tant attendu qui est l’État. L’opinion publique se rappelle d’une sortie médiatique à raison du député qui protestait concernant un traitement inapproprié dont il a été victime de la part d’éléments de la police de transport à Nouakchott… Lire https://www.essadafr.info/archives/1672 . Logiquement un citoyen averti comme lui de ses droits et devoirs en milieu urbain, ne devrait pas entreprendre d’autres mécanismes ne visant pas la consolidation de l’État de Droit ailleurs en milieux ruraux.

✓NB : Le mouvement Ganbanaaxu Fedde est un collectif d’associations militant pour abolition des coutumes esclavagistes et féodales dans les communautés Soninké. Il est porteur d’un éveil citoyen et humaniste pour une réforme sociale et contre les inégalités.

• À découvrir Ganbanaaxu https://www.ganbanaaxufedde.com/

– KS pour le BLOG

TRIBUNE: La société soninké peut-elle s’affranchir des pesanteurs féodales pour réaliser une communauté de destin ? | Par Seyré Sidibé

Crédit Photo illustrative FA

Les mutations et remous que connait la société Soninké, de nos jours est une situation naturelle et normale. Il n’y a pas à se lamenter : c’est dans l’ordre normal des choses. Dans son fondement, la société soninké traditionnelle a longtemps séduit par son mode d’organisation et sa stratification sociale. Ces valeurs vertueuses dans leur esprit étaient perceptibles à travers le comportement de l’individu au sein du groupe et au-delà. Le consensus y était presque acquis notamment autour de la charte qui régissait le vivre-ensemble. Les LAADA (la charte) en cause aujourd‘hui étaient l’expression de la volonté populaire caractéristique d’une société dont le moteur était la solidarité et la complémentarité à travers des rôles sociaux stratifiés, comme des maillons d’une même chaîne où chaque élément est essentiel pour l’harmonie du groupe.

Ces valeurs témoignent du génie d’une société traditionnelle, celui des hommes et des femmes d’une époque et d’un contexte sociopolitique et historique bien déterminé.

Ces éléments historiques ne sont ni reproductibles ni transférables. Dès lors la crise que traverse la société soninké contemporaine exprime l’incapacité des Soninkés à s’adapter, à prendre la mesure du temps pour créer des lois en adéquation avec les nouvelles réalités.

C’est en cela que les ancêtres étaient des références, du fait de leur capacité à avoir réalisé un cadre et des conditions socio-culturel, juridico-institutionnel leur permettant de vivre en s’affranchissant des menaces d’alors dans une société viable.

A l’inverse, les contemporains pêchent par leur manque de lucidité, par ce que obnubilés par la nostalgie et le culte d’un passé glorieux mais dépassé et démodé.

La crise actuelle est le résultat d’un refus et/ou d’une inaptitude à inventer une nouvelle échelle des valeurs consensuelles en conformité avec les réalités du présent.

En effet, la recomposition et la nouvelle reconfiguration qu’impose désormais notre époque se moque parfois de l’ancien ordre dont certains aspects doivent inspirer pour servir de référentiels. Cependant les composantes sources de discorde et de division sont à bannir.

Il reste que les intérêts égoïstes empêchent certains à placer l’intérêt du groupe et de la communauté au-dessus de celui de la famille.

Quel sens peut-on donner à un contenu culturel, religieux ou cultuel qui ne permet pas de mieux-vivre et changer qualitativement le niveau de vie de la communauté ?

Pour quoi doit-on s’accrocher obstinément à des traditions qui fragmentent, délitent notre cohésion et compromettent, notre passé jusque-là glorieux ?

Quelle est la grandeur et la pertinence d’une tradition dès lors qu’elle cesse d’être valorisante, en passant par anachronisme de valeur à anti valeur ?

Autant de questions que doivent se poser les Soninkés pour connaître leur situation dans ce monde et avancer résolument.

Qu’on soit nostalgique, progressiste ou révolutionnaire, une chose est certaine : l’humanité avance dans le sens de l’histoire.

Rien ne sera plus comme avant. On continuera toujours à regretter un certain passé et à fustiger un présent qui nous déclasse et donc peu valorisant.

Telle est la nature humaine.

Mais l’histoire nous enseigne que les grands peuples sont ceux-là qui ont réussi à transformer leur guerre, leur adversité et leur haine en amitié, en acceptant de coopérer avec l’ennemi d’hier pour faire face aux nouveaux défis.

C’est la résilience.

La France et l’Allemagne, les Tutsi et les Hutu au Rwanda sont des exemples patents. Dans ces deux cas, il s’agit de peuples différents alors que chez les soninkés, la brouille concerne la même entité. Ici, la famille se désunit, incapable de s’entendre sur l’essentiel par ce que traversée par des intérêts divergents.

Au finish qu’est-ce que l’esclavage coutumier ou par ascendance objet de la discorde au sein de wagadu remu ?

Qu’en est-il de la noblesse ?

Le contexte sociohistorique d’antan qui légitime et explique la genèse de ces deux composantes de la société féodale étant non reproductible, il ne peut dès lors avoir d’esclaves aujourd’hui dans la société soninké.

Là encore, pour quel intérêt doit-on continuer à stigmatiser un groupe pour un passé dont il n’est pas responsable ? Ce serait injuste.

Chez les Soninkés la noblesse est dans les patronymes et dit-on dans le sang : une référence à la naissance.

Or expliqué de manière scientifique, on peut observer que les membres d’une même famille déplacés dans des territoires différents n’ont plus le même statut. Le changement d’espace de vie a-t-il affecté leur d’ADN ou leur paternité ?

Allez savoir !

Il s’agit d’une déchéance pour certains et une ascension sociale pour d’autres au gré des pérégrinations tant qu’on a la chance de ne pas rencontrer un « vassal » aux ambitions impérialistes.

Ainsi les mêmes noms de familles sont assimilés ici à la noblesse alors que là-bas, sous d’autres cieux, ils sont dits esclaves.

Ce caractère mouvant, versatile voire impertinent est suffisant pour montrer que ces étiquettes ont quelque chose d’arbitraire et sont d’une absurdité insondable. C’est donc une échelle des valeurs caduque, inappropriée et controversée dans une nouvelle société qui redistribue les rôles et les chances.

De nos jours, la société soninké est menacée de déflagration : ses fondements se désagrègent de son corps meurtri alors que sa tête est déchirée, fragmentée par un manque de réalisme qui l’empêche de concilier philosophiquement son passé et son présent dans une approche dialectique et non conflictuelle.

Si gouverner c’est prévoir, c’est également anticiper.

La chefferie traditionnelle n’est-elle pas dépassée ?

S’est-elle posée la question de savoir pourquoi sa parole ne fait plus autorité ?

N’a-t-elle pas entendu ces désirs de changement et de déconnexion d’un passé emprunt de manichéisme et devenu dès lors déshumanisant ?

Le pouvoir temporel a intérêt à comprendre que les relations de servilité ont fait leur temps. Sans vouloir faire le procès de l’histoire. Force est de reconnaître que la féodalité n’a plus de place dans le monde capitaliste où « le chacun pour soi » reste la règle d’or et un leitmotiv pour trouver une place au soleil.

Dès lors l’héritage n’est plus perçu comme un viatique inépuisable et vénérable à tous égard. La valeur a connu une dynamique et un changement de sémantique.

Elle a cessé d’être un legs, transmissible de manière héréditaire : elle signifie désormais rendement et ce que vaut l’individu dans la société.

Ces réalités sont aux antipodes de la société féodale basée sur le « communautarisme » avec le primat du groupe sur l’individu porteur d’une valeur synonyme de rang social acquis souvent de manière contingente.

Chers Messieurs, l’esclave d’hier, c’était un contenu culturel correspondant à un rôle social. Un homme façonné pour servir, se soumettre, incapable de raisonner mais prompt à faire des bouffonneries.

L’esclave, c’était plus qu’un nom de famille. C’était un statut, une « éducation » et des valeurs inculquées par le biais de la société féodale.

Avec le temps, les vents de démocraties et des droits humains ces stratifications sociales sont perçues, à juste titre, comme des inégalités.

En effet, elles relèguent certaines catégories humaines au second plan en les stigmatisant et les confinant dans des rôles mineurs peu enviables, en faisant fi de leurs compétences imposées par le nouvel ordre social auquel, le monde féodal reste sourd.

Ce qui se déroule sous nos yeux aujourd’hui n’est pas une spécificité de la société Soninké. C’est un mouvement inhérent à toutes les sociétés inégalitaires.

Les conséquences de ces remous sociaux vont dépendre de la capacité de l’ordre traditionnel à entendre la volonté de changements exprimée par des composantes issues historiquement, d’entités placées au bas de l’échelle de la pyramide sociale.

Comme des damnés, la société ne prévoit pour elles aucune perspective heureuse : tout les ramène à l’histoire de leur famille.

Cette guéguerre risque d’emporter la société soninké déjà assaillie, fragilisée par l’émigration, l’ignorance et les interactions culturelles multiples parmi lesquelles la mondialisation.

Au regard de ce drame soninké qui est en train de se jouer, un message apparait : l’appartenance à une même langue et à une même communauté n’est plus une raison suffisante pour former un groupe culturellement homogène.

Désormais, la condition sociale est un référentiel et un élément fédérateur de revendications qui crée des passerelles entre des groupes historiquement, géographiquement et linguistiquement différents : la guerre des classes a peut-être commencé.

Sous ce rapport, avec la fragilisation des pays du sahel ayant pour corollaire la négation de certains Etats, nous assisterons à un terrorisme d’un autre paradigme qui plongera nos communautés dans une débandade, un chaos qui profitera à d’autres entités déjà à l’affût.

S. Sidibé

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/tribune-la-societe-soninke-peut-elle-saffranchir-des-pesanteurs-feodales-pour-realiser-une-communaute-de-destin/

✓Communiqué de presse Ganbanaaxu Fedde | Au Guidimagha en Mauritanie , certains responsables du corps administratif et judiciaire toujours inféodés au régime féodal et esclavagiste soninké.



Nous avons appris avec un grand étonnement ces derniers jours, le déroulé scandaleux d’une rencontre entre le préfet du département de Ghabou et un paisible citoyen Mr Diarra Saje accompagné par le responsable régional du mouvement IRA-Mauritanie Mr Ahmed Jiddou. Dans la journée du 10 juin 2021, Mr Diarra Saje issu de couches sociales des descendants d’esclaves Soninkés du village de Coumbadaw , voulait faire sécuriser administrativement sa parcelle de terrain exploitée depuis toujours en se rendant auprès du préfet. Monsieur Diarra Saje comme d’innombrables citoyens descendants d’esclaves Soninkés font face depuis 4 à 5 ans à diverses pressions et tentatives d’expropriation foncière parce qu’ils refusent les coutumes esclavagistes et féodales érigées en mode de vie sociale par le pernicieux régime de Ladalenmaxu Soninké dans les villages.

Dans sa démarche citoyenne et paisible, il comptait passer par les officiels étatiques locaux représentés par le préfet répondant au nom de Mohamed Lemine Ould Khadre. Mais sa grande surprise était de voir ce dernier le traiter comme indésirable avec au passage des comportements inappropriés vis à vis du représentant du mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie.

Comme dans une note d’alerte datant de 2018, nous avions voulu interpeller les différentes autorités sur les problématiques pendantes liées à l’esclavage par ascendance dans les localités villageoises de la région du Guidimagha, lire https://adrar-info.net/?p=51023 .

Aujourd’hui au moment où le principal parti soutien du président de la République Mohamed Ould El-Ghazouani, déclare organiser différentes activités sans tabous auprès du public sur des thématiques notamment l’esclavage et ses séquelles, au Guidimagha, principalement chez les villages soninkés, les coutumes esclavagistes et féodales font la loi contre des paisibles citoyens. Ainsi les représentants issus du Guidimagha dans le parti UPR qui se réunit à Kaédi ces temps ci , doivent être concernés et interpelés sur ces affaires liées aux vestiges de l’esclavage qui sévissent durement dans la communauté soninké.

Par cet élément médiatique, nous apportons notre soutien ferme aux militants anti-esclavagistes du Guidimagha.

Nous dénonçons les comportements agressifs du préfet de Ghabou à l’endroit du citoyen Diarra Saje et du représentant d’IRA Mr Ahmed Jiddou .

Nous alertons solennellement les hautes autorités nationales sur ces tensions liées à l’esclavage par ascendance dans nos villages autour du foncier et dans diverses atteintes aux droits légitimes des descendants d’esclaves Soninkés.

Les coutumes discriminatoires, esclavagistes et féodales ayant comme seule référence rétrograde, le moyen-âge, ne peuvent se substituer à l’ordre étatique moderne dans nos terroirs. À l’État, d’engager sérieusement des initiatives fortes afin d’assurer la quiétude sociale pour tous les citoyens sans aucune forme de discrimination.

Selibaby, 12 juin 2021

Le collectif Ganbanaaxu Fedde et partenaires (Amees, Uvds, Armepes et alliés)

🔴 Au Mali, un lettré apologiste de l’esclavage sort un livre d’appui aux esclavagistes soninkés !



Bon… nous sommes en juin 2021, quelques jours après la vidéo virale d’un individu qui se dit algérien à Cergy (Île-de-France) dans laquelle il a insulté une dame afro en de termes d’une violence inouïe. Termes racistes au ton singulièrement esclavagiste l’encontre des Noirs en général. Il disait en pleine excitation haineuse en substance « On vous a vendus comme du bétail pendant 800 ans » . Là il a vomi au chaud certaines vérités historiques à sa manière qui a le mérite d’être moins hypocrite que le régime d’effacement et de tabou entourant généralement cette problématique d’esclavage dans certain monde idéologique afro-musulman, arabo-africain , tiers-mondiste , panafricaniste ou indigéniste. Il y a quelques temps, le président de la CNDH-Mauritanie avait dit en substance que sur le combat contre l’esclavage et ses séquelles, la RIM s’en sort mieux que d’autres pays voisins. Il n’avait pas nommé le Mali , mais on ne peut s’empêcher à penser que sa comparaison visait implicitement ce pays. Oui, le Mali où depuis 4 ans , on dénombre plusieurs centaines de citoyens déplacés forcés de leurs villages parce qu’ils refusent les coutumes esclavagistes et féodales d’un autre âge, lire https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210510-mali-une-centaine-de-victimes-d-esclavage-chass%C3%A9es-de-leur-village-arrivent-%C3%A0-bamako. Au Mali, le 1 septembre 2020 , 4 militants anti-esclavagistes chefs de famille avaient été lynchés à mort par des extrémistes défenseurs de l’ordre social esclavagiste soninké à Djandjoumé, à lire https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F .



Aujourd’hui au Mali, un dénommé mahamadou diaby , un lettré arabisant de la communauté soninké a diffusé ces dernières heures un vocal accompagné de cette photo illustrative annonçant la sortie de son livre dit sur l’esclavage. Le fond de son audio est une réaffirmation de ses thèses apologétiques de l’esclavage chez les soninkés au nom de sa compréhension religieuse. Il suit l’idéologie fiqhite de l’instrumentalisation des textes dits « islamiques » pour valider et appuyer les coutumes esclavagistes qui mettent du feu et du sang aujourd’hui dans les milieux soninkés en Afrique de l’ouest. Selon ses propres dires, l’esclave reconnu comme tel se doit d’aller racheter sa libération auprès de ses maîtres sinon autrement sa non-soumission par une révolte rend irrecevable sa prière rituelle. D’aucuns diront, rien de nouveau car il y a une quinzaine d’années , une autre voix « religieuse » portante auprès des communautés soninkés avait sorti plusieurs cassettes sur cette problématique d’esclavage en soutenant quasiment les mêmes conclusions. C’est un certain Mohamed Touré qui vivait en Arabie Saoudite mais basé à Bamako depuis quelques moments. Une mobilisation militante par une grande manifestation avait été organisée à son encontre auprès de la représentation diplomatique du royaume saoudien à Paris en novembre 2019, lire https://www.lactuacho.com/manifestation-devant-lambassade-darabie-saoudite-en-france-quand-un-imam-malien-veut-donner-une-legitime-islamique-a-lesclavage/ .
Toutes les violations graves de droits humains liées à cet esclavage statutaire dans les villages soninkés , tirent une certaine caution complice de légitimation à partir de ces compréhensions dites religieuses diffusées par ces lettrés communautaro-esclavagistes. On le notera pour l’Histoire et pour témoignage auprès des juridictions nationales et internationales un Jour.

– KS pour le BLOG

DECLARATION LIMINAIRE DU PRESIDENT DE L’ASSEPS SEYDOU MOYE SIDIBE LORS DE LA CONFERENCE DE BAMAKO.


Les rapports entre humains sont aujourd’hui régis par les textes internationaux, communautaires er nationaux. L’article 1er de la déclaration universelle des droits de l’homme disposent : « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » Ainsi, la déclaration met à égalité tous les hommes sans distinction de race, de sexe, d’appartenance ethnique, de profession, de culture, de religion ou pour tout autre motifs. La civilisation humaine a donc atteint un degré qui doit amener chaque individu à refuser les inégalités quel que soit son origine.
Nous saluons les initiateurs de la conférence de Bamako.

La communauté soninké de la sous-région Ouest africaine garde jalousement des coutumes ancestrales aux antipodes de ces textes novateurs dont les prescriptions ont facilité l’équilibre du monde depuis le début de la deuxième moitié du 20ème siècle. Elles conservent certaines coutumes communément appelés « LAADA » dont l’application aboutit à l’instauration de la suprématie d’une race dite supérieure sur une autre inférieure.

Cette société dite supérieure est composée comme suite :
• Les chefs de village
• «Les maudis» marabouts
• «Les mangous» juges
Ce système rétrograde a marqué le fonctionnement de la société depuis des temps très anciens mais la nouvelle génération la supporte de moins en moins et cette conception féodale de la société favorise régulièrement des tensions. Le refus de cette soumission des classes naguère inférieures et ses conséquences ont poussé des membres issus de plusieurs habitants du villages soninkés à mettre en place «l’Association pour l’Egalité et le progrès des Soninkés » (ASSEPS) qui regroupe les soninkés du Sénégal et ceux de la Diaspora. Ce groupement a intégré un mouvement international appelé «GAMBANAKHOU» qui veut dire EGALITE en langue Soninké. Il réussit des membres de la communauté répartis géographiquement entre les Etats suivants : Mali, Mauritanie, Gambie, Guinée Bissau, Guinée Conakry.

C’est dans le cadre de la recherche de solution que l’ASSEPS, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) et le Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (RMFP) décidé d’agir par la sensibilisation afin de trouver des solutions dans la paix et le respect mutuel. Ce point de presse vise donc à alerter et à informer les autorités, la communauté national et internationale sur l’existence de pratiques aux antipodes des normes élémentaires de respect des droits de l’homme. Le quotidien de certains membres de la communauté soninké catalogués «castes» est rythmé par des brimades, des vexations et de privations de droits. A titre d’exemple, dans plusieurs villages, ces derniers sont même interdits de postes de responsabilités au sein de la Société.

Cette vie en communauté est en déphasage avec le progrès de l’humanité, les engagements internationaux et communautaires du Sénégal ainsi que les textes internes garantissant les droits fondamentaux des citoyens Sénégalais. C’est pourquoi l’ASSEPS, la RADDHO, le MSDH et le RMFP :
✓Mettent en garde contre d’éventuels troubles ethniques
✓Demandent aux communautés d’éviter la stigmatisation
✓Invitent l’Etat et la société civile à travailler dans l’information et la sensibilisation des communautés concernées.

Fait à Bamako le 22 Mai 2021.

©️ Crédit source : https://www.facebook.com/102319477828361/posts/629705068423130/