Dr Boubou Camara : «La situation des malades de la COVID qui nécessitent des soins critiques est délicate»

Initiatives News – Dr Camara Boubou est Mauritanien, né à Ould Yengé dans la région du Guidimagha. Il a fait ses études primaires et secondaires à Sélibabi ou il a obtenu le baccalauréat.

Après ses études de médecine générale, il s’est spécialisé à Toulouse en France en médecine interne avec orientation pneumologique. Dr Camara Boubou est aussi titulaire d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires en maladies infectieuses et tropicales. Depuis 2011, il occupe le poste de responsable médical du centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose du CHU de Grenoble-Alpes.

Dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en partenariat avec l’Union Européenne et l’OMS, avec d’autres collègues, il est revenu en Mauritanie pour prendre part à la riposte nationale contre la COVID-19.

Horizons : Après la première vague, la Mauritanie, comme beaucoup de pays, fait face à la seconde vague du Corona virus. Quelles appréciations portez-vous sur la riposte nationale face à cette pandémie?

Dr Camara : Je suis revenu dans le cadre de la riposte nationale contre la COVID-19 pour prêter main forte à mes collègues, échanger avec eux et lutter avec eux contre cette pandémie.

C’est le programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en collaboration avec l’UE et l’OMS qui nous a permis de revenir travailler dans des conditions décentes en lien avec le ministère de la santé.

Nous sommes progressivement arrivés à partir du mois de juin 2020 avec les autres collègues de la diaspora Mauritanienne que je voudrais citer. Il s’agit du Dr Mohamed Salem Ould Zeine, réanimateur en France, Dr Ba Oumar, gériatre en France, Dr Hady Louly Klein, gastroentérologue, monsieur Hadiatou Ndiaye, directeur d’établissement de santé en France et Madame Aminata Soumaré, infirmière en Ile-de-France.

A notre arrivée, nous avons visité les structures hospitalières et réalisé plusieurs visioconférences avec les collègues de l’intérieur du pays. Nous avons visité toutes les structures dites « Covid », notamment celles accueillant les patients nécessitant des soins lourds, c’est-à-dire nécessitant de la médecine intensive. Nous avons remarqué qu’il y avait un problème de disponibilité en termes d’équipements. Cependant pour cette deuxième vague, il y a un effort important de la part du ministère de la santé avec la disponibilité de respirateurs, même à l’intérieur du pays. Malheureusement, au niveau de la population en général, même au sein de l’élite, les mesures barrières ont été très vite abandonnées, la communication n’a pas suivie. Je pense que cette faute collective est l’un des éléments qui explique l’ampleur de la deuxième vague que nous vivons actuellement.

Horizons : Dans une interview à l’Agence Mauritanienne d’information, le représentant de l’OMS en Mauritanie, Dr Abdou Salam Gueye, a déclaré que la prise en charge des cas graves de COVID n’est pas “parfaite”. Quelles sont les points forts de cette prise en charge, quelles sont ses faiblesses?

Dr Camara : La Mauritanie a la chance d’avoir comme représentant de l’OMS, Dr Gueye, expert en situation médicale d’urgence. Il est reconnu par ses pairs, notamment par rapport à sa gestion de l’épidémie Ebola. Cela dit, il est vrai que la situation des patients qui nécessitent des soins critiques est particulièrement délicate dans notre pays. Ces patients nécessitent la médecine intensive qui connait des problèmes dans nos établissements de santé. Nous manquons de ressources humaines soignantes de façon globale sur tout le territoire. Quelles que soient la spécialité, il y a déficit. Et, dans la spécialité de la médecine intensive, on compte au bout des doigts les professionnels capables de faire ce métier. Ensuite, l’environnement ne se prête pas forcément à la pratique de cette médecine intensive car, en plus des ressources humaines qui manquent, il y a des problèmes de consommables et de médicaments. Même si le gouvernement a fait d’énormes efforts qu’il convient de citer, il reste encore beaucoup à faire en matière d’équipements, de consommables, de logistique, de biomédicale et surtout d’organisation globale des soins… Il s’agit là, à mon avis, des principaux défis de la médecine intensive dans notre pays. Il est capital d’améliorer et d’entretenir l’existant.

C’est en connaissance de cause que l’OMS a recruté des consultants internationaux intensivistes et réanimateurs. Il y a eu l’arrivé, d’abord, d’une première équipe de professionnels (5 espagnols) sur une courte durée, ensuite huit autres consultants espagnols dont trois réanimateurs qui ont séjourné deux mois dans notre pays et les derniers vont retourner le 18 décembre 2020 en Espagne. Ils nous ont été d’un apport majeur. Je voudrais les remercier au nom de tout le peuple Mauritanien.

Horizons : vous avez aussi visité de structures de santé à l’intérieur du pays, comment s’y passe la lutte contre la COVID notamment en matière de prise en charge ?

Dr Camara : Effectivement, j’ai eu à visiter avec d’autres collègues les hôpitaux de l’intérieur de la Mauritanie. J’ai visité personnellement les hôpitaux de Nouadhibou, Kaédi, Boghé, Aleg, Sélibabi ainsi que ceux de Nouakchott. Globalement lorsqu’il s’agit de prendre en charge les patients sans atteintes sévères, nécessitant une adjonction d’un faible débit d’oxygène, il existe un protocole national bien établi par un comité scientifique et ça se passe bien. Il s’agit souvent de patient jeunes ou sans comorbidités et qui ne posent pas de problèmes. La difficulté se situe au niveau des patients nécessitant des soins critiques qui peuvent évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire (lorsque l’atteinte de la maladie fait que les poumons n’arrivent plus à assurer leurs fonctions d’hématose qui consiste à oxygéner les organes vitaux). C’est malheureusement, ce syndrome de détresse respiratoire qui entraine des décès de patients. Même à Nouakchott, la prise en charge de ces patients au stade de détresse respiratoire reste problématique. A l’intérieur du pays, elle l’est encore plus. Cependant les centres comme Nouadhibou, Kaédi et Kiffa sont maintenant équipés d’appareils, de ventilation non invasive et de respirateurs. Mais, encore une fois, il se pose des problèmes de ressources humaines, de sous effectifs compétentes pour le maniement et l’entretien au long court de ces équipements de réanimation.

Horizons : Apres 20 ans d’exercice de la médecine en France, vous êtes revenu dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora ». Vous êtes revenus, vous avez une expérience du terrain dans votre pays. Avez-vous un message à l’endroit de vos collègues mauritaniens exerçant la médecine en France ou ailleurs dans le monde et à l’endroit aussi du gouvernement mauritanien pour un éventuel encouragement d’un retour des compétences ?

Dr Camara : Il est de la responsabilité du gouvernement de notre pays, notre chère patrie, de mettre en place des dispositifs pour faciliter le retour de sa diaspora qui a certainement un rôle à jouer. Je ne parle pas de discours politique ou d’une 100ème réunion sur le sujet, je fais allusion à un vrai dispositif, quelque chose de concret et palpable. Cette diaspora, d’ailleurs, ne demande qu’à revenir pour servir et se mettre à la disposition de la nation.

A tous les membres de la diaspora, la Mauritanie a besoin de vous en cette période critique, quel que soit vos compétences, soignants, logisticiens, organisation des soins et j’en passe. La diaspora a su monter sa solidarité pendant la première vague de la Covid, via le CCME (Collectif des cadres mauritaniens expatriés), le dispositif des médecins et bien d’autres oragnes. Le besoin est pressant, nous avons tous un rôle à jouer.

Propos recueillis par Khalilou Diagana

Source/Le Quotidien National Horizons

©️ Crédit source: http://www.cridem.org/C_Info.php?article=743868

Hommage Diawara Soulé à son frère Gagny

Gagny Diawara

Né en 1939 à Boully en Mauritanie

Décédé le 10 décembre 2020 à Nouakchott

Carrière : Enseignant, diplomate, élu et leader politique et d’opinion.

Mon frère aîné Gagny DIAWARA s’en est parti hier à l’âge de 81 ans à Nouakchott en Mauritanie, emporté par ce satané virus qui est le Covid-19.

Sa vie fût exceptionnelle à travers par son cœur, ses combats pour des causes justes et son parcours.

Instituteur à 17 ans, directeur d’école à Boully (son village natal) à 20 ans, 1958 instituteur à Tékane dans la région du Gorgol, directeur d’école et secrétaire général adjoint de l’UTM (Union des Travailleurs Mauritaniens) à Nouakchott à 25 ans ; consul général de Mauritanie à Paris à 30 ans pendant 10 ans ; ambassadeur de la Mauritanie auprès du Zaïre aujourd’hui (République Démocratique du Congo) à 40 ans ; secrétaire général au ministère des affaires étrangères de Mauritanie ; Ambassadeur auprès de l’URSS ; 1991 – 1994 maire Sélibaby (capitale régionale du Guidimakha) ; 2001 député de la même circonscription ; membre fondateur de l’Union des forces démocratiques-Ere nouvelle (UFD/EN), un parti politique mauritanien créé le 2 octobre 1991 ;  Après les élections municipales de 1994, un groupe de réflexion se constitue sous son leadership avec Tidiane Koïta, sénateur maire de Kaedi, les travaux de réflexions de ce groupe sont présentés en février 1995 « Projet de société pour la Mauritanie – Diagnostic et propositions » une vision de la Mauritanie de demain autour des fondamentaux d’une nation comme l’éducation et les institutions par exemple, le manque de compris sur cette nouvelle ligne avec une frange de l’UEF/EN, conduit leur groupe avec Messaoud Ould Boulkheir avec d’autres mouvements politiques et citoyens, à fonder en août 1995 le parti politique mauritanien, l’Action pour le Changement (AC), dont il devient le deuxième vice-président ; président du REG, l’association d’un groupe de cadres Soninkés relative à la restructuration des Soninkés pour peser sur la politique nationale mauritanienne et j’en passe.

Oui, sa vie fût exceptionnelle sur le plan professionnel et à travers ses combats, comme, à la lumière de ce qui précède. Mais moi, son jeune frère, C’est sur le plan humain et affectif que je le trouve, Gagny encore plus extraordinaire. Il était l’expression de la bonté humaine. Je l’appelais Gagny le généreux. La souffrance humaine le taraudait. Tous ces combats politiques-et Dieu sait qu’il en a fait- avaient pour but d’améliorer la justice sociale, d’instaurer un vrai système démocratique, de combattre les inégalités entre les différentes composantes de la Mauritanie, de dénoncer les conditions d’inégalités inacceptables des negro-mauritaniens. Il me disait toujours, “je suis inquiet pour l’avenir de ce pays, car, il y a trop d’injustices et celles-ci engendrent inéluctablement de la frustration, creuset des conflits futurs”. La Mauritanie a perdu hier un vrai homme d’État, moi, j’ai perdu le meilleur frère du monde, pardon, j’ai perdu le meilleur des pères, j’ai perdu mon confident, mon conseiller, c’est lui qui m’a tout appris tout donné.

Qu’Allah SWT lui accorde une place de choix dans son royaume céleste.

Boully.net

©️ Crédit source: https://www.boully.net/hommage-de-soule-diawara-a-son-frere-gagny/

Nécrologie | Décès de son excellence Diawara Gagny Boudallah

Nous venons d’apprendre avec tristesse le décès de son excellence Gagny Boudallah Diawara, survenu aujourd’hui à Nouakchott en Mauritanie. Nous adressons nos condoléances les plus attristées à la famille et aux proches. Diawara Gagny, natif du village de Boully, ancien consul général de Mauritanie à Paris, ancien Ambassadeur en Russie, ancien Ambassadeur au Zaïre, ancien député et ancien maire de Selibaby, ancien secrétaire général et ancien directeur central au ministère des affaires étrangères, ancien dirigeant de L’Union des Forces Démocratiques (UFD) et de plusieurs mouvements citoyens et politiques, ce grand commis de l’Etat, nous laisse à jamais une trace indélébile dans le sillage de sa vie et de son parcours. Que son âme repose en paix. Amine.

Boully.net

©️ Crédit source: https://www.boully.net/deces-de-son-excellence-diawara-gagny-boudallah/

« Affaire » L’EED qui affole certains milieux soninkés du Guidimagha!

● Mon bref avis en quelques points :

1 – Des gens peuvent reprocher des « choses » à L’EED à raison ou à tort… comme dans la vie, les Humains et leurs manquements inévitablement j’ose croire !

2 – Certains détracteurs audibles et visibles de l’EED aujourd’hui, s’y étaient engagés en troubadours militants anti-Ganbanaaxu au sein de la communauté soninké dans l’arène folklorique, et en croyant que L’EED devrait être ce don du ciel pour prêcher le statu quo sociétal dénoncé par l’éveil abolitionniste et anti-féodalité. Personnellement, j’avais posté un mot signalant qu’un condamné pour apologie d’esclavage en Mauritanie vit une promotion sociale et parasite autour de l’EED en France, et la réponse en privé du président et frère Waly Diawara à mon endroit me laissait dans des réserves embarrassées.

3 – L’EED pourrait être une énième victime de ce que les idéaux portés par GANBANAAXU dénoncent dans la société soninké. Nous le savons, en soninkara, TOUT ce qu’on organise collectivement de « moderne » qui ne se soumet pas à la féodalisation à partir de l’élément Village, créerait forcément des fortes turbulences. Ainsi entre jalousies, intrigues, calomnies, fiertés infectes et mains invisibles politiciennes, chacun va contribuer à l’ébullition de la MARMITE du moment avec croisement et divergence des intérêts des uns et des autres en fonction des circonstances. Les justifications biaisées de certains dévoilent leurs contradictions criantes ici et là-bas.

4 – Par ces temps-ci sur tout ce qu’on entend des différentes obédiences sur le cas l’EED, l’équation me trouble un peu, on peut entendre un type qui déteste viscéralement Ganbanaaxu et vomit l’EED aussi… pas pour les mêmes motivations évidemment. Une autre voix peut jeter des fleurs à flots sur L’EED, mais à l’opposé s’attaque violemment à GANBANAAXU…!

Conclusion : Plusieurs inconnus et différents non-dits chez les uns et chez les autres.

5 – l’idée L’EED portait une vision inédite en matière d’association portant des projets de développement à partir de la diaspora notamment de la France. Les actes posés initialement sur certains volets en particulier sur l’éducation et la santé, sont à saluer amplement. Et espérons que l’élan enclenché continue sur des bases revues et assainies en sortant de logiques structurelles de FÉODALISATION de l’élément Village. Les bénéficiaires dans nos localités doivent être considérés comme des citoyens et des populations à aider et à faire aider par le matériel (Outillages) et l’immatériel (techniques et savoir-faire) mais non comme des villageois catalogués par l’ancien clanisme féodal soninké.

Je mets en lien quelques contributions de témoignages via notre BLOG :

▪︎https://soninkideesjose.wordpress.com/2017/08/14/leed-comme-educatif-la-visite-de-courtoisie-de-notre-blog-aux-ecoliers-et-enseignants-invites-en-vacances-scolaires-en-france/

▪︎https://soninkideesjose.wordpress.com/2017/07/15/un-samedi-foot-de-leed-photos-reportage-de-notre-blog/

– Par KS pour le BLOG

SONINKARA, MA CHÈRE COMMUNAUTÉ, REVOYONS NOTRE LOGICIEL ORGANISATIONNEL !

Une pluie torrentielle s’abat sur mon cœur à l’heure où j’écris ces mots. Et me sens main morte à chaque fois que je spécule sur le sort de ma communauté. Celle qui depuis l’aube de son histoire n’a pas su établir des principes de justice, d’égalité et d’équité en son cœur.

Désarmé que je suis, loin de la renoncer, je n’ai sans fausse modestie qu’une minable force de prendre ma plume, et même s’il le faut la tremper dans l’encre de Chine avec espoir de mettre des mots sur les maux des hommes sans défense traqués depuis belle lurette par des diktats qui refusent de s’avouer de nos jours décadents et révolus.

«… Juste il est des vérités qui valent qu’on meure pour elles, mais aucune qui vaille qu’on tue en leur nom…,» affirme Émile Ajar.

Alors qu’en est-il pour des choses qui ne doivent leur légende d’honneur qu’à l’opprobre ?
De surcroît, quoi de plus honteux et de plus infâme que de voler le droit vie de ses frères !
La peur me ronge, mais elle n’est pas une bonne demeure alors je ne l’habiterai guère, une imminente guerre toque à nos portes, et les bruits de ses vacarmes rebattent nos lobes cependant l’insouciance nous gagne.

D’aucuns attisent le feu et ne se demandent point que la mèche qu’ils allument peut embraser leurs propres demeures. D’aucuns veulent réprimer le mal et s’arrachent les cheveux et les dents pour s’enquérir des résolutions. Et d’aucuns s’autoproclament neutres.
Ceux qui se taisent sont d’autant plus coupables que ceux qui sèment la zizanie.
L’heure de la spéculation et la capitulation, n’a-t-elle pas encore sonné ?

Oui, Capitulation ! Car ce serait malhonnête de ma part de dire que ma communauté n’est pas en guerre fratricide. Il est temps de capituler avant de brûler complétement nos vaisseaux.
Jadis, nos ancêtres faisaient grand cas des traditions ignominieuses. Alors force est de constater que chaque chose à son temps et que les hommes doivent être en sempiternelle transformation.

«Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements,» affirmait Charles Darwin. L’espèce n’est pas une
exception. Donc malheureux sont ceux qui ne tirent pas profit des apports positifs du siècle présent. Il convient pour ne pas vivre à l’insu du temps d’accepter ses perpétuels changements.
La mort dans l’âme, j’assiste à la dégradation de bonnes mœurs, de l’humanité au sein de cette communauté baignant dans un paradoxe inouï.

J’aurais aimé être sous terre pour ne pas voir l’opprobre qui couvre le soleil. À présent que le souffle divin me berce, je n’ai qu’un devoir le refus d’être du côté de l’oppresseur quand bien même qu’il soit mon géniteur.
Pour mieux vivre ensemble, il nous incombe de faire table rase de nos traditions et de ne garder du passé que des valeurs positives surtout celles qui sont relatives à notre identité culturelle.
Il est temps nous pencher ensemble sur le miroir pour mieux regarder nos infirmités afin de les soigner.

Par Salihina Moussa Konate, étudiant en Biologie, Nouakchott – Mauritanie

TOUNKA LEEMOU KEFFO: De leur torchon MÉMORANDUM à leur DÉCLARATION kleenex. Par Souleymane Cissoko

Tout est dans l’intitulé (TOUNKA LEEMOU KAFFO) de leur association foncièrement exclusiviste , ils s’arrogent du titre (suprême) de royauté, pour chapoter et défier tout, y compris les autorités comme s’il s’agirait d’un état d’exception ou l’instauration d’une principauté autonome calquée sur la volonté de nos capricieux féodaux aigris et nostalgiques. Dans certains cas, plusieurs municipalités de ces régions concernées, sont infeodées, acquises à la cause féodale et vouant une allégeance totale à ces autarcies qui discriminent les citoyens à travers les missions de solidarité de l’Etat, des collectivités territoriales ou des ONG humanitaires destinées aux populations des communes. Il peut s’agir de fonds de solidarité ou de prestations sociales destinés aux populations nécessiteuses. Ces aides sociales sont souvent accaparées par les agents locaux souvent complices qui induisent en erreur les prestataires ou les destinataires au profit de gens qui adhérent à leur idéologie en fournissant des listes biaisée et tronquées de nécessiteux ayant-droits droits. Sur le seul critère douteux de suiveurs féodaux et en excluant les insoumis à l’ordre féodal.

Donc ils n’ont que faire de tout le reste des composantes du corps social qui ne sont à leurs yeux que des citoyens de seconde zone du simple fait de ne pas épouser leur idéologie d’ascendance filiale nobiliaire. Ils sont donc perçus comme des vulgaires suiveurs à la merci et en marge de la gestion des affaires sociales des villages et de simples exécutants du  »contrat social » hérité dont les féodaux sont les seuls privilègiés d’une telle structure sociale. Ils veulent ériger en règle absolue ce mode de gestion archaïque et anachronique pour réguler nos rapports sociaux (code social) avec toutes les iniquités qui vont avec.

Toute leur idéologie se drape autour de leur égo mal placé s’articulant foncièrement autour d’une prétendue  »noblesse » héritée à laquelle était soumise passivement et sans condition ni discussion possible de ceux issus des autres couches de la société. Comme il s’agit d’un ordre filial hérité, il n’y a pas de réforme qui soit possible. Cette obsession de vouloir se mettre sur un piédestal et soumettre son prochain à ses caprices de nostalgiques légendaires les rend schizophrénes. Nous, on ne s’est jamais caché qu’on souhaite en finir avec ces pratiques archaïques qui inhibent. Ce  »machin » d’association (TOUNKA lemou kafo) n’est qu’un outil de résistance à ce qu’on combat. Avouez-le comme on le crie partout, vos principes ne s’imposent à personne ou du moins à nous en tout cas. Par contre la citoyenneté et l’égalité qu’on promeut dans la société va être respecté de gré ou de force par la seule force de la loi. Sans quoi, la défiance que vous incarnez ce n’est pas nous que vous défiez mais l’Etat.

D’ailleurs la supposée  »noblesse » que vous revendiquez, cela ne se reflète nullement dans vos faits et gestes. Puisque, ça ment, tronque et maquille les faits aussi bien dans les médias et devant les instances publiques (tribunaux, commissariats…). Ca veut relater la réalité tout en jouant aux fossoyeurs ou gymnastes  »intellos ». Mais les faits sont têtus ainsi que vos motivations réelles sont malveillantes et ça n’échappe à aucun citoyen averti. Vous prétendez relater les violences tout en omettant sciemment d’écrire une ligne sur les événements de Djandjoume qui est le paroxysme de la violence lié à la cause que vous défendez. C’est-à-dire leur seul crime est dû au fait du refus de se soumettre à ce même ordre féodalo-esclavagiste.

Admettons même, que le problème de fond ne soit pas sur l’esclavage ou la servitude comme vous le dites , il faut expliquer aux bonnes consciences auprès de qui vous voulez vous faire du crédit, en défendant votre idéologie féodale méprisante que vous pronez n’est en aucun cas un modèle social qui régule la société qu’aucune société nous envie.

Sachez que vous n’êtes pas les seuls promoteurs de belles valeurs de soninkara. Il y a les valeurs et les privilèges. Et Ce que vous défendez c’est plutôt vos privilèges quand à nos valeurs, les vraies on les connaît.
Que dire du principe de citoyenneté qui ne vous flaire même pas au nez, tant vous voyez vos concitoyens en  »sous-hommes » et que tout doit tourner autour de vous (TOUNKA lemou) « XAR NOLAB SIRI ?  ».

Vous voulez nous faire croire que vous véhiculez des valeurs républicaines en créant un groupuscule faisant la promotion de vos seules familles régnantes ( XAR XA HAXILO LO MINE): avez-vous perdu toute votre lucidité ?

Quand vous écrivez, êtes êtes-vous conscients que vous vous adressez à des esprits consciencieux ?

Je ne vois aucune noblesse sur le fait d’affirmer une chose le matin et infirmer le contraire l’après midi sur convocation d’une quelconque brigande ou devant une audience au tribunal.

La vérité finira toujours par triompher…

©️ Crédit source: reçu de l’auteur.

🔴 Flash info 19-11-2020 : le président Ghazouani arrivé à Selibaby (Guidimagha) cet après-midi.

La capitale régionale du Guidimagha reçoit en visite officielle le président mauritanien Mohamed Cheikh El-Ghazouani. C’est une première dans cette région Sud mauritanien depuis son élection à la tête du pays en juin 2019.

Selon certaines sources médiatiques, il y passera la nuit et s’attelera dans la journée du vendredi à l’inauguration des infrastructures publiques, comme le nouveau bâtiment du tribunal régional et certains logements sociaux nouvellement bâtis.

Dans le public accueillant le cortège présidentiel, nous y constatons la présence des banderoles d’AMEES (Association Mauritanienne pour L’Éradication de l’Esclavage et ses Séquelles) dénonçant les problématiques liées à l’esclavage par ascendance dans la région notamment au sein de la communauté soninké. Les militants abolitionnistes soninkés de la région interpellent régulièrement les autorités publiques sur les agissements discriminatoires et les harcèlements récurrents venant des cercles féodaux s’accrochant aux mentalités esclavagistes d’antan.

Depuis quelques années, ces citoyens parmi la communauté soninké sont mobilisés pacifiquement pour se défaire des coutumes féodalo-esclavagistes et discriminatoires dans les localités villageoises et demandent l’application effective des lois.

KS pour le BLOG

Guidimagha – la question de l’esclavage coutumier : une mobilisation des militants à Selibaby contre les méthodes de l’administration judiciaire.

Lundi 9 novembre 2020 à Selibaby, la capitale régionale du Guidimagha, plusieurs militants abolitionnistes dirigés par de membres de la commission Droits de l’homme d’IRA-Mauritanie, ont manifesté devant l’enceinte de la Justice régionale.

Des responsables Iraouis comme Moussa Bilal et Abdallahi Abou Diop et d’autres militants anti-esclavagistes issus de la communauté soninké, sont venus de Nouakchott pour dénoncer les pratiques administratives et judiciaires injustes qui frappent des citoyens qui refusent l’esclavage statutaire dans les localités villageoises soninkés . Ainsi plusieurs militants anti-esclavagistes sont partis de différents villages pour participer à cette manifestation de Selibaby.

Pour rappel les coutumes esclavagistes et féodales sont vivaces dans les communautés soninkés notamment dans cette région du Sud mauritanien. Avec l’éveil abolitionniste en cours depuis quelques années, les cercles réactionnaires féodaux s’activent à travers des plaintes fallacieuses auprès de la justice pour contrer les militants abolitionnistes. Tous les citoyens qui osent se défaire du système féodalo-esclavagiste soninké incarné le laada ou ladalenmaxu, sont visés et ostracisés socialement et les autorités publiques régionales laissent faire et prennent même la défense des tenants de la féodalité. Depuis quelques mois 3 militants (2 de Bouanze et 1 de Diogountouro) sont abusivement incarcérés à Selibaby à l’issue de procédures troublantes.

Différentes communications ont été adressées par les ONG aux hautes autorités pour signaler une situation sociale devenue de plus en plus tendue. À lire ce communiqué http://rmi-info.com/lettre-ouverte-au-ministere-de-la-justice-a-la-cndh-et-a-lamdh-sur-la-situation-des-droits-humains-au-guidimagha/ .

Cette manifestation marque une phase dans la défense des Droits humains, surtout contre cet esclavage statutaire qui sévit dans la communauté soninké.

Mention spéciale aux militants abolitionnistes IRA Mauritanie ayant parcouru plus de 800 kilometres depuis Nouakchott pour organiser et assister cet événement historique contre des pratiques injustes.

KS pour le BLOG

L’esclavagisme et le féodalisme | Comprendre cette perpétuation sociale en 4 points !

On me demanda pourquoi ce système porteur d’humiliations sociales qui assignent les gens en esclaves et en X ou Y toujours 21ème siècle, a pu tenir si longtemps dans l’espace et dans le temps ? Et qu’il a su se muter en joug sociétal par des symboles hermétiques même dans nos diasporas notamment vivant en Occident.

• Quelques données de réflexion de sur une certaine structuration dans la communauté soninké.

Je dirais que l’affaire tenait/tient relativement à 4 points :

1 – l’ordre faisait une socialisation particulière destinée aux éléments- esclaves conditionnés à s’autocongratuler dans leur statut d’esclave, ainsi maintenir leur soumission sociale comme subalternes partout et en tout. En grands enfants, ces éléments inhibés intellectuellement ont besoin d’un paternalisme coutumier imagé dans la personne de leur maître. Et allant jusqu’à se considérer comme faisant partie de la famille de ce dernier.

2 – la pratique d’un isolement sociétal sur les personnes ou les familles qui osent interroger les choses, généralement cette tâche de garde est confiée aux gens encartés subalternes en mission pour alimenter les divisions au sein de l’ensemble lésé et relégué.

3 – le complexe honteux qui nuit à l’esprit anticonformiste et éveillé qui n’accepte jamais ces humiliations qui affectent sa lignée mais essaie de s’y soustraire de l’intérieur tout en jouant l’effacement un peu maniéré avec ses relations hors de la communauté. Ainsi ne pas pouvoir assumer ouvertement un passé accidentel de descendant des personnes esclavagisées en osant fièrement se lever pour changer les choses et initier une nouvelle page historique, un héritage social honorable pour sa descendance de demain. Et en sortir de ce conflit avec soi, il suffit de penser à un Martin Luther King ou un Malcolm X pour comprendre qu’un passé aussi abject que le vécu de l’esclavage, doit affecter moralement et humainement les descendants des esclavagistes d’hier mais pas toi. L’échelle des valeurs présentables aujourd’hui est en ta faveur en tous lieux.

4 – la fumeuse « religiosité » par du fatalisme, même versé dans les sciences religieuses poussées, ce type se verra inoculer une soumission psychologique et sociale distillée insidieusement par certains tenants lettrés coutumiers apparentés aux dominants. On peut étrangement louer tes comportements et ta moralité partout mais toujours en t’opposant avec une fine fourberie à d’autres personnes appartenant à ton clan social dit inférieur. Une fois que tu commences à questionner la magouille, ceux qui te jetaient les fleurs vont te dire que finalement ils croyaient que tu étais un tel plein de bonté et de valeur mais tu veux te « gâter inutilement ». Malheureusement ce mors invisible tient toujours efficacement certaines âmes pieuses ou en quête sincère de sens transcendant.

Par KS pour le BLOG

Mauritanie | Un nouveau roman : Les faces cachées des terroristes islamistes

ALAKHBAR (Nouakchott) – « Les faces cachées des terroristes islamistes », c’est l’intitulé d’un nouveau roman de 213 pages et 10 chapitres, publié chez Edition saint-honoré à paris France par un jeune mauritanien professeur de Français, Brahim Mamadou korera.

Le roman décortique les méthodes d’enrôlement au djihad pratiquées par les terroristes, et ce à partir de l’histoire atypique de deux frères Moussa et Fousseine ainsi que leur sœur Manānté et leurs deux cousines germaines, Jemilla et Ramatoullah qui vont poursuivre des études supérieures en France.

Trés tôt, Manānté tombe éperdument amoureuse d’un jeune pakistanais du nom Abdoullah Abdoullah. Celui-ci n’était rien qu’en nébuleux terroriste déguisé en mode « Takhiya« . Il va d’ailleurs vite endoctriner Manănte et ses deux freres. ils finiront tous dans le djihad.

De l’autres coté, leur cousine Jemilla se lance dans les élections présidentielles en Mauritanie et devient victime d’un attentat perpétré par son cousin terroriste Fouseinou, rebaptisé « Aboubakr Moslim« .

Moussa quant à lui sera repenti et deviendra un membre actif de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme.

Brahim Mamadou korera, qui publie son premier roman, est originaire du village de Sabouciré à 45 km de selibaby (Sud Mauritanie). Il est diplômé de Sociologie à l’Université de Nouakchott et sortant de l’École Normale Supérieure.

Source : Alakhbar.info (Le 29 octobre 2020)

©️ Crédit source: repris via https://kassataya.com/2020/10/30/mauritanie-un-nouveau-roman-les-faces-cachees-des-terroristes-islamistes/