Le directeur du journal « La Nouvelle Expression » , Monsieur Camara Seydi Moussa a été primé de la deuxième place lors du concours journalistique de Tunis 2020 sur les changements climatiques.
Une plume connue pour sa pertinence dans le paysage médiatique mauritanien , CSM est un fin observateur de la vie politique, sociale, économique et environnementale en Mauritanie depuis plus de 20 ans.
Ismael TRAORE – La traversée de la mer Méditerranée ou Journey of uncertainty (Voyage d’incertitude) est certes devenue meurtrière, mais c’est le dépeuplement graduel de nos territoires qui me fait davantage peur.
C’est terrible et cauchemardesque ! N’avons-nous pas encore pris conscience du péril et de la gravité de la situation ? De même, ne nous rendons-nous pas compte, de nos jours, du départ massif de nos populations vers l’Espagne et la France qui restent les pays les plus convoités de L’Europe ?
Aujourd’hui, dans beaucoup de villages soninkés de la Mauritanie, dont je suis originaire, du Mali, du Sénégal, de la Gambie…, seuls les enfants en bas âge, les jeunes mariées, les vieilles mamans de 65 à 79 ans ainsi que quelques employés de domicile venus d’ailleurs, occupent les demeures.
Le phénomène est alarmant car, même les jeunes scolarisés, en l’occurrence, les collégiens, les lycéens voire les universitaires commencent à abandonner les études pour aller à l’étranger peu importe les risques qu’ils encourent. L’objectif n’est plus d’accroître leurs aptitudes intellectuelles et d’avoir des diplômes, mais plutôt de devenir milliardaires.
Il est bien et attrayant de posséder de belles voitures, de belles concessions et de jolies épouses. Mais comme le dit cet adage populaire : « Qui trop embrasse mal étreint ». La perte est à présent colossale tant humainement, matériellement qu’intellectuellement.
Il y a de cela plusieurs décennies, l’on quittait le cercle familial soit pour aller faire fortune, soit pour poursuivre ses études, et d’y retourner quelques années plus tard pour investir ou travailler, ou encore pour s’occuper des parents fragiles, vulnérables et irremplaçables.
Il était jadis perçu comme une malédiction pour un enfant et un abandon pour un père de partir très loin de sa famille pour une durée démesurée. Il en était de même pour un cadre qui choisissait de vivre à l’extérieur de son pays pour ses convictions philosophiques. Toutefois, les choses ont changé. Les Soninkés, désireux de mieux vivre, n’hésitent plus à risquer leurs vies en empruntant des voies clandestines périlleuses.
C’est ainsi qu’on les retrouve aujourd’hui partout dans le monde. Dès lors, le milieu rural devient synonyme de déguerpissement et/ou de renonciation et c’est à tous les échelons. Ainsi, s’il est avéré qu’au niveau de la diaspora « leur contribution à l’essor des économies nationales des pays d’immigration et d’émigration n’est plus à démontrer », il est tout de même indubitable que le peuple soninké, par le biais de la migration et de l’émigration a tendance à banaliser beaucoup de faits liés à la sécurité, au bonheur et bien-être des populations locales.
Enfin, si comme le dit ce proverbe soninké : « Il vaut mieux travailler à l’étranger que mourir chez soi », que deviendront alors nos villes/villages si tout le monde se sent obligé de partir au loin, en quête d’une vie meilleure ? Aussi, la carence, autrement dit l’absence des membres masculins dans nos foyers ne constitue-t-il pas un danger d’éclatement éducatif et matrimonial pour nos communautés d’origine ?
Ismail Traoré
Étudiant-chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges / France
Ce mardi 20 octobre 2020 a été organisée une manifestation historique par des organisations antiesclavagistes et abolitionnistes à Kayes . Plusieurs militants originaires de différentes localités villageoises notamment soninkés, sont descendus dans la ville de Kayes (La première région du Mali) pour dénoncer les pratiques esclavagistes et féodales. Ces dernières années avec l’éveil antiesclavagiste GANBANAAXU dans la communauté soninké, plusieurs violations graves ont été perpétrées par les milieux extrémistes féodalo-esclavagistes à l’encontre des militants abolitionnistes. Dans différentes localités soninkés, on a pu observer ici et là agressions, lynchage, expulsions, destructions de biens et même assassinat. Comme dans le village de Djandjoumé où dans la soirée du 1 septembre 2020, 4 militants antiesclavagistes avaient été sauvagement assassinés par les miliciens esclavagistes locaux. Monsieur Mountakha Diarrisso qui était le représentant local du mouvement anti-esclavagiste et ses 3 camarades n’avaient eu aucune chance sous la furie criminelle de la meute féodale. Plusieurs membres de leurs familles avaient été grièvement blessés dont des vieilles femmes. À lire : https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F
La marche d’aujourd’hui contre ces pratiques moyenâgeuses vise à interpeler les autorités étatiques du Mali pour arrêter cet engrenage abject contre des paisibles citoyens qui rejettent les violences symboliques d’un esclavage coutumier par ascendance. Les milieux défenseurs de cet esclavage statutaire semblent bénéficier d’une certaine complicité ou même impunité au sein des rouages étatiques, et les activistes droit-de-l’hommistes espèrent faire changer la tendance vers l’instauration d’un véritable état de droit.
● ci-après le post Facebook du Gouvernorat de la Région de Kayes
« KAYES|20 OCTOBRE 2020|ACTUALITÉ…
Les associations anti esclavagistes du Mali ont organisé ce matin à kayes ville ,une grande marche de protestation contre les coutumes esclavagistes dit statut d’esclaves qui sévissent dans les cercles de Kayes,Diema,Nioro,Yelimané, Kita,Nara et Bafoulabé.
Selon les organisateurs, ce phénomène ,à nos jours a fait beaucoup de victimes, voir les populations chassés de leur village, dans certains lieux, et d’autres, ligotés, traînés, humiliés et même tués.
Les marcheurs ont quitté Kayes d’y (quartier l’autre rive du fleuve) et pour être reçu au gouvernorat par le chef de l’exécutif régional inspecteur général de police Mahamadou Z SIDIBE.
Le gouverneur, en recevant la déclaration des associations anti esclavagistes dit avoir pris acte et les rassure que le document sera transmis à qui de droit dès ce jour.«
Tout ce que les dignitaires mecquois reprochèrent à la naissante communauté musulmane en Arabie au 7ème siècle, est reproché aux militants abolitionnistes et antiesclavagistes soninkés aujourd’hui par certains cercles féodalo-esclavagistes dans la communauté. Ce qui est paradoxal dans l’affaire, c’est d’entendre ces réactionnaires féodaux se servir du religieux Muhammadien (islam) afin de vouloir légitimer ce que le Prophète psl aurait banni et repoussé vigoureusement entre croyants. La littérature esclavagiste du Fiqh a été bien accueillie dans nos contrées féodales au détriment de la Philosophie libératrice du Message pour les Humains. Quand les premiers arabes musulmans et leurs opposants arabes polythéistes dans la belligérance avaient évité d’asservir les uns les autres à l’époque déjà, nous après 1400 ans on continue de se chamailler parce qu’une partie d’entre nous refuse l’assignation dans l’esclavage par ascendance.
Le lettré religieux malien d’ethnie soninké MohamedTouré qui est le porte voix principal de cette idéologie religieuse de l’esclavage dans la communauté, vivait chez les arabes (à la mecque jusqu’à récemment) et ne voyait aucune analogie entre le brigandage criminel et esclavagiste qui a frappé des migrants Noirs en Libye (courant 2017) et les agressions razziales qui causèrent les asservissements et les violences sociales dans nos zones sahéliennes. Monsieur Touré a fait l’apologie de l’esclavage dans la communauté soninké, et on voudrait bien comprendre quels sont les motifs de sa sortie incognito définitive d’Arabie chuchotée par ses partisans ces derniers temps pour s’installer au Mali.
Le temps nous édifiera et surtout les nouvelles autorités transitoires maliennes devraient prioritairement prendre en compte cette problématique de l’esclavage par ascendance qui constitue des violations récurrentes des Droits humains.
🔴 À découvrir les liens YouTube de la construction idéologique et sociale de l’esclavage coutumier dans le discours dit « religieux » de monsieur Mohamed Touré https://youtu.be/LcXt1j4Vcl4 , une mise en ligne par ses partisans.
L’ARBITRAIRE est tout ce « qui dépend de la volonté, du bon plaisir de quelqu’un et intervient en violation de la loi ou de la justice ». Est arbitraire TOUT acte :
qui n’est pas fondé en droit,
qui ne respecte pas les procédures légales,
qui n’est pas raisonnable ou approprié compte tenu des circonstances,
qui n’est pas proportionné aux objectifs juridiques visés,
discriminatoire,
imprévisible
sans fondement légitime, solide et justifié,
inutilement intrusif vis-à-vis des autres droits Que dit la constitution sur l’égalité des personnes ?
Au Mali l’article 1 de la constitution du 25 Février 1992 dit que « la personne humaine est sacrée et inviolable. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne »
, l’article 2 de la constitution du 25 Février 1992 dit que « tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée »
L’article 4 de la constitution du 25 Février 1992 dit que « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect de la loi »
Que dit le préambule de la charte des Nations des Unies ? Nous, Peuples des Nations Unies, RÉSOLUS
Deuxième tiret « à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,»
Troisième tiret « à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, »
Quatrième tiret « à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande »
Avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces desseins, En conséquence, nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants, réunis en la ville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, ont adopté la charte des nations Unies et établissent par les présentes une organisation internationale qui prendra le nom des Nations Unies.
La constitution du 25 février 1992, le code des personnes et de la famille et la charte des Nations Unies sont très clairs concernant l’égalité des personnes.
L’efficacité réelle d’un instrument international peut être évaluée en fonction de la mesure dans laquelle les Etats parties appliquent ses dispositions au niveau national. Le mot application dans le cas des instruments juridiques internationaux, désigne à la fois les mesures nationales adoptées par les Etats et les procédures internationales mises en œuvre en vue d’en surveiller la mise en œuvre.
Il n’existe pas de mécanisme chargé de veiller au respect par les Etats de l’obligation d’abolir l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage.
Le droit de tous les individus de ne pas être soumis à l’esclavage est un droit de l’homme fondamental ; or l’absence de procédures adéquates de mise en œuvre n’est pas faite pour encourager les Etats à mettre en place un système de garantie, contre toutes les formes contemporaines d’esclavage.
Contrairement à ce que l’on pense souvent, l’esclavage sous toutes ses formes est encore courant en ce début de millénaire. La notion d’esclavage est restée relativement statique depuis près deux siècles de lutte abolitionniste menée par les gouvernements et les organisations non gouvernementales. Néanmoins un certain nombre de pratiques comme l’esclavage par ascendance ont fait leur apparition dans la région de Kayes en Milieu soninké.
Koundou Soumaré: « les associations qui composent GANBANAAXUN FEDDE évoluent clairement dans la voie droit-de -lhommiste. »
Dans un entretien avec Rmi-info, le chargé de communication de Ganbanaaxun- Feddé, Koundou Soumaré a assuré que le mouvement s’inscrit « clairement dans la voie droit-de-lhommiste ». Il a précisé que le mouvement milite pour la fin de la violence symbolique et l’avènement des réformes sociétales chez les Soninké. Il a également rappelé la mort de 4 militants le 1 septembre dernier dont un responsable de Ganbanaaxun-Feddé dans un violent affrontement communautaire. En effet, il a dénoncé la détention arbitraire de l’un de leurs militants à Bouanzé dans le Guidimakha.
Au sujet des circuits de médiation traditionnelle, Soumaré précise que « de timides rencontres ont eu lieu entre notre mouvement et certaines associations communautaires en France mais sans aboutir à quelque chose de conséquent. » Avant d’ajouter que la présence des réserves au sein des rangs des progressistes qui sont liées aux pressions et pesanteurs sociales dans le milieu Soninké.
Selon le leader, même s’il y a des progrès enregistrés dans la première année du règne de Mohamed Cheikh El Ghazouani, les autorités doivent avoir le courage de libérer les rouages étatiques du prisme tribal et communautaire.
1-RMI-info : Comment se porte aujourd’hui le mouvement Ganbannaxu -Fede après ces quelques années d’existence?
Koundou SOUMARÉ : D’abord mes salutations à toute l’équipe RMI-INFO et à vos lecteurs. Et j’introduis mon propos par une pensée pieuse à nos 4 camarades antiesclavagistes lâchement assassinés par une horde haineuse des miliciens féodalo-esclavagistes le 1er septembre dernier à Djandjoumé au Mali. 4 vaillants pères de famille de 44 ans à 73 ans, dont Monsieur Mountakha Diarrisso qui était le responsable local Ganbanaaxu. Je pense à leurs familles actuellement à Nioro et parmi elles, des blessés à qui je souhaite un prompt rétablissement. Aujourd’hui je dirais que l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste porté par GANBANAAXUN FEDDE, est plus que jamais porteur à travers le monde soninké et même au delà. Le caractère tabou et complexé qui entourait l’esclavage coutumier par ascendance qui fait partie d’une certaine structuration sociale dans nos communautés faites des castes et des hiérarchies, est levé comme jamais. Ainsi Ganbanaaxu FEDDE suit sa dynamique pacifiste de sensibilisation humaniste et citoyenne autour des problématiques liées à cet esclavage statutaire malgré les gesticulations nuisibles des voix réactionnaires nostalgiques d’un temps moyenâgeux.
2- RMI-info: Pouvez-vous rappeler le contexte de sa création, ses orientations et les victoires enregistrées jusqu’ici ?
KS : le mouvement GANBANAAXUN FEDDE avait été créé le 5 octobre 2016, sous son aspect forum Whatsapp de sensibilisation, par Monsieur Gaye Traoré qui occupait à l’époque le poste de secrétaire général d’ARMEPES-France (Association des ressortissants mauritaniens pour L’éradication de pratiques de l’esclavage et ses séquelles). Monsieur Traoré est actuellement le président d’ARMEPES-France qui est la structure mère de ce mouvement devenu aujourd’hui transnational. Par la suite le mouvement GANBANAAXUN FEDDE est déclaré en cadre fédératif regroupant plusieurs associations antiesclavagistes évoluant principalement au sein des communautés soninkés en Mauritanie, au Mali, au Sénégal et dans la diaspora. Aborder les données sur le mouvement GANBANAAXUN FEDDE nous ramène nécessairement à l’association ARMEPES qui a été fondée courant 2010 à l’initiative de ressortissants mauritaniens majoritairement d’ethnie soninké . Dans la communauté soninké, l’esclavage coutumier par ascendance est bien ancré dans la stratification sociale. Et le phénomène couvert d’un certain tabou surgit souvent dans des débats crispés et contradictoires, notamment au niveau de sa légitimation religieuse. Dans les années 2000, un lettré religieux malien d’ethnie soninké du nom de Mohamed Touré (vivant en Arabie Saoudite à l’époque) avait abordé dans plusieurs cassettes la question de cette légitimation de l’ordre coutumier de l’esclavage chez soninkés. Et sa compréhension penchait vers l’affirmatif laissant entendre que les individus castés esclaves statutaires vont le demeurer religieusement s’ils ne vont pas aller quémander leur affranchissement auprès leurs maîtres féodalo-esclavagistes. C’était de ce constat d’une argumentation ouvertement apologiste de l’esclavage entre personnes d’un même groupe sociolinguistique professant une même confession censée être fraternelle et solidaire, que des personnes avaient eu l’inspiration de fonder l’association ARMEPES- France. Parmi les initiateurs, je peux citer l’oncle Ibrahim Cissokho, l’oncle et Ustaz Abdoulaye Traoré, l’oncle Tougué Traoré, l’oncle Dramane Camara entre autres. Une mobilisation militante est axée sur la sensibilisation, les débats , les demandes de réformes sociétales et les actions de développement multidimensionnel au service de la communauté et voire à l’échelle nationale. Je dirais que la phase de la sensibilisation et de l’éveil militant font le succès du mouvement. Et en grande partie, c’est grâce à l’émergence et aux facilités communicationnelles via les réseaux sociaux notamment whatsapp et Facebook.
3- RMI-info: Avant d’aborder le fond, parlons un peu de la forme, en l’occurrence, des vos méthodes souvent décriées par vos détracteurs? Quelle inspiration est Ganbannaxu-Fedde ? Êtes-vous une organisation de défense de droits de l’homme, une congrégation religieuse ou une association caritative?
KS: Effectivement, nous avons tant entendu la fameuse réplique aux relents douteux d’ailleurs dégainée par certains « votre cause est juste mais vos méthodes sont mauvaises ». Je peux comprendre certaines voix extérieures à la communauté et ses réalités, mais d’autres personnes ne sont que dans une posture bien connue consistant à éviter le fond des choses. Ainsi pour certains milieux détracteurs issus de la communauté, aborder publiquement les problèmatiques liées à l’esclavage coutumier par ascendance, serait en soi une « mauvaise méthode ». Indexer les assignations sociétales qui discriminent les gens en fonction d’un passé accidentel de l’esclavage, peut perturber certains parce qu’ils y voient une menace pour leur hégémonie sociale et statutaire.
Les associations qui composent GANBANAAXUN FEDDE évoluent clairement dans la voie droit-de -lhommiste. Dans le volet sensibilisation, certains membres connaisseurs du fait religieux y développent une réflexion discursive de délégitimation de cet esclavage coutumier en convoquant des sources prouvées issues du Coran et de la tradition prophétique. Autrement, nous ne demandons que la primauté de l’égalité citoyenne à travers l’ordre régalien de nos États sur les velléités dominatrices du régime féodalo-esclavagiste intracommunautaire.
4- RMI-info: Vous êtes présents en Europe et en Afrique? Mais où compte-t-on plus adhérents aujourd’hui? Avez-vous des liens avec la diaspora notamment des organisateurs du festival annuel des Soninké de l’Afrique l’Ouest?
KS : j’hésiterais me lancer dans un chiffrage concernant nos adhérents proprement dits entre la France et dans nos pays d’origine. L’éveil GANBANAAXUN FEDDE a eu son envol en France autour de nos activités militantes et la mobilisation a eu ses effets positifs en matière de la prise de conscience dans nos terroirs. Ainsi le régime coutumier foncièrement trompeur a été dévoilé et nos familles s’affirment en citoyens dignes en revoyant les rapports symbolisant la subordination sociétale entre les castés esclaves et leurs maîtres féodaux. Dans plusieurs villages face au refus systématique de milieux féodalo-esclavagistes à se remettre en question sur la nouvelle donne antiesclavagiste, émerge une communauté Ganbanaaxu aspirant à une autogestion sociale sans les humiliations symboliques liées au ladalenmaxu (rapports de domination féodale symbolique qui maintiennent les descendants d’esclaves dans une subordination perpétuelle).
Dans les premières années d’ARMEPES-France, un des responsables avait été dépêché à Kayes lors d’une édition de Fiso (festival international de soninkés). En la personne de Monsieur Brahim Cissokho qui s’y était rendu pour sensibiliser la communauté soninké sur la problématique de l’esclavage coutumier par ascendance. D’après son retour d’expérience, l’accueil au message n’était pas à la hauteur, il avait constaté un certain évitement et de l’indifférence. Nous sommes ouverts et notre appel est destiné à tout Soninkara. Malheureusement certains milieux sont piégés par une légendaire suffisance quasi maladive en considérant que tout est parfait dans la société, chacun a sa place. J’espère que les choses vont évoluer progressivement chez eux afin qu’ils mettent à jour leur logiciel d’approche par rapport aux réalités de notre époque. Quelques timides rencontres ont eu lieu entre notre mouvement et certaines associations communautaires en France mais sans aboutir à quelque chose de conséquent.
5- RMI-info: Ces derniers mois, votre engagement a commencé à avoir des échos retentissants sur la scène internationale. Une note des Nations unies a demandé aux dirigeants maliens de régler définitivement la question de l’esclavage? Pouvez-vous revenir sur cette affaire et le contexte ayant provoqué l’interpellation onusienne de l’État malien?
KS : Dans mon propos introductif, j’ai abordé cette affaire de Djandjoumé, avec l’assassinat de 4 membres Ganbanaaxu par les milieux féodalo-esclavagistes sur place. D’après mes sources tenues de nos partenaires maliens, les familles de victimes de la soirée funeste du 1 septembre 2020 vivaient déjà dans une ostracisation sociale à cause de leur engagement antiesclavagiste. L’une des victimes, feu Mountakha Diarrisso (73 ans) avait été sauvagement attaqué et sa maison saccagée courant 2018. Un jeune homme d’une trentaine d’années l’avait agressé grièvement parce qu’on lui reproche d’oser ouvrir sa maison pour une réunion du mouvement anti-esclavagiste. Et ils étaient fréquemment entre Djandjoumé et Nioro sur des affaires judiciaires liées aux conséquences de leur rejet de cet esclavage par ascendance. Fin août et début septembre, une décision judiciaire de Nioro en faveur des familles antiesclavagistes au détriment des milieux féodalo-esclavagistes, avait intensifié l’acharnement haineux à l’encontre d’elles. La suite , on la connaît, un lynchage à mort de 4 pères de famille par les miliciens féodalo-esclavagistes du village et même certains proches (subalternes et obligés de l’ordre féodal) de victimes avaient pris part au massacre.
C’était dans la suite de cet événement cruel que d’experts Onusiens avaient publié leur note à l’endroit des autorités maliennes. Dans nos pays, un certain lobby politique et intellectuel gesticule en coulisses pour soutenir le déni et distordre les réalités de cet esclavage intra-africain qui persiste pourtant dans nos communautés sahéliennes. Au Mali, l’instabilité sécuritaire et politique n’arrange pas l’engagement Ganbanaaxu, car une fois le régalien étatique faillit dans certaines zones comme dans la région de Kayes, les féodaux sont tombés avec une certaine impunité dans la violence brute contre les militants abolitionnistes. L’interpellation réitérée des autorités sur ce phénomène abject par des voix extérieures comme le cas des experts Onusiens, est une lueur d’espoir afin que ces violations des droits humains soient stoppées en protégeant des citoyens qui n’aspirent qu’à vivre dignement.
6- RMI-info: Dans le Guidimakha, on vous accuse souvent d’être des « fauteurs de troubles » par les notabilités locales. Et souvent même, elles n’hésitent pas à faire intervenir les autorités administratives et sécuritaires.Il n’y a-t-il des voies et moyens pour engager un dialogue interne ? Qu’est-ce qui bloque au de là de la survivance des pratiques et esprit esclavagistes que les Soninké ont en partage les autres communautés nationales du pays?
KS : Nous ne sommes pas des « fauteurs de trouble » , ce sont des accusations fallacieuses utilisées par certains esprits suprématistes dans le but de nous salir et de vaines tentatives à discréditer un engagement pacifique qui a déjà gagné la bataille morale. Ce que vous appelez « notabilités locales » ne représentent qu’une faction de l’ordre féodalo-esclavagiste. Cette faction est dans la belligérance aujourd’hui face à notre engagement d’éveil humaniste et citoyen qui revendique l’application de l’état de droit. Historiquement cette faction qui s’arroge l’exclusivité de positions d’honneurs et de dignités sociales, profitait d’une omerta intracommunautaire et se donnait une légitimité représentative auprès des autorités régionales. Nos dispositions au dialogue sont réelles et sérieuses dès le départ à l’échelle villageoise, mais les facteurs bloquants sont dûs en grande partie au refus de la faction réactionnaire à se remettre en question sur la vie sociétale devenue problématique aujourd’hui . Notamment l’ordre ségrégationniste et discriminatoire qui sévit hermétiquement en considérant qu’un descendant d’esclave ne peut avoir d’héritage social qu’une subordination coutumière de générations en générations. Diverses manœuvres d’intimidations sont ourdies auprès des autorités régionales contre nos familles et militants mais le temps passant avec la détermination et la résilience, notre engagement pour l’avènement d’une communauté soninké harmonieuse sans les violences symboliques de cet esclavage par ascendance. Je pense à un membre de notre mouvement emprisonné à Selibaby depuis quelques semaines. Ressortissant du village de Bouanze, il est une énième victime des pratiques fallacieuses d’intimidations avec une plainte venant de l’ordre réactionnaire local. Nous sommes confiants dans la noblesse de notre engagement et le Temps sera Juge d’ici bas et dans l’au-delà, In sha Allah.
7- RMI-info: D’ailleurs, certains progressistes au sein de la communauté Soninké partagent avec vous la noblesse de votre combat. En revanche, ils expriment des réserves quant à la virulence de vos méthodes. Que répondez-vous à ceux-là?
KS : je crois avoir abordé cette donnée brièvement dans l’une de mes réponses tantôt. Effectivement il y a des voix sincères qui expriment leur bonne volonté mais restent bloquées non par nos supposées « mauvaises méthodes » mais plutôt par les pressions et les pesanteurs sociales exercées par les milieux réactionnaires. Notre discours militant est structuré autour de la demande d’égalité citoyenne entre membres d’un même groupe sociolinguistique. D’ailleurs ce même groupe sociolinguistique peut s’estimer discriminé à une autre échelle (étatique notamment pour la Mauritanie), dans ses spécificités culturelles ou communautaires. Et d’ailleurs un activisme revendicatif est incité dans ce sens par tout le monde mais certains esquivent bizarrement dès qu’il s’agit des inégalités sociales causées par l’ordre féodal en interne . Des paradoxes et contradictions qui sont insupportables et heurtent le bon sens.
8- RMI-info: On a vu qu’au centre du Mali, certains groupes armés ont instrumentalisé la question peule pour rallier des combattants dans leurs rangs. Des chercheurs et spécialistes crédibles craignent une certaine récupération de votre mouvement. Surtout, il a été observé ça et là, une dispute sur la gestion de certaines mosquées sans parler des prêches de certains de vos prédicateurs qui se revendiquent d’obédience wahhabiste?
KS : Je réitère mon propos, notre engagement s’inscrit dans la mouvance droit-de-l’hommiste classique et de demande de réformes sociétales. Nous sommes légalistes et tenons aux lois et dispositions prévues dans les textes fondamentaux de nos pays. Par exemple en Mauritanie, République islamique, nous ne réclamons qu’une gestion égalitaire à notre endroit en corrigeant les discriminations et les humiliations sociales héritées de l’ordre féodalo-esclavagiste d’antan. Les affaires communautaires dans nos villages de 2020 ne doivent pas être gérées comme 1920. Ainsi basant sur la loi nationale relative à la gestion du culte et des mosquées, nous estimons que la communauté devrait être plus visionnaire en réformant l’ordre ancien basé sur une certaine hégémonie exclusiviste. Faute d’avoir un consensus à revoir les choses ensemble, les personnes castées esclaves formées en entité sociale méritent d’avoir une autogestion citoyenne et sociale en bon voisinage avec d’autres. Sur le sujet d’obédience religieuse supposée d’un tel ou tel, je crois que cela a une relation avec ce qui se constate relativement dans toute la communauté soninké. Un certain élan de revivification inspiré de différents courants religieux dans la Oumma. Nous sommes des Humains , cette indignité sociale assignée (esclavage statutaire) sur nous de générations en générations dans la communauté, reste la mobilisation principale afin de se soustraire pacifiquement selon les lois de nos pays et conventions internationales.
9- RMI-info: En Mauritanie, les autorités évoquent toujours l’existence des séquelles d’esclavage. L’actuelle Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) inspire confiance aux yeux de la plupart des défenseurs des droits l’homme. Ses dirigeants communiquent plutôt sur la nécessité d’assurer aux victimes leurs droits fondamentaux notamment accès à l’état civil, le droit foncier, l’éducation et l’accessibilité aux soins de santé . Pensez-vous que cette démarche est apte à régler le problème de l’esclavage en Mauritanie?
KS : Depuis une année, il est indéniable qu’une dynamique communicationnelle est enclenchée sur les problématiques liées à l’esclavage par la CNDH de Maître Bouhoubeïni. Après il faut davantage une redéfinition du langage utilisé pour nommer certaines tares d’aujourd’hui annexes à l’esclavage pratiqué dans le passé chez les soninkés notamment. Aborder d’une manière transversale et transcommunautaire, les séquelles esclavagistes, peut manquer de pertinence et de lisibilité sur les réalités spécifiques à chaque communauté. Chez les soninkés, les violences symboliques perpétuées par le ladalenmaxu (rapports de subordination sociétale entre familles d’anciens maîtres et familles castées esclaves) est à bannir pour de bon. C’est ce cordon coutumier qui structure l’ordre féodalo-esclavagiste soninké et relègue les descendants d’esclaves. Par ce biais on fera accepter les positions de seconde zone aux descendants d’esclaves dans la communauté. Droit d’aînesse non reconnu pour eux et leurs compétences ignorées insidieusement s’il s’agit des honneurs liés aux statuts et autres privilèges . Et à ce niveau, la CNDH peut mieux faire, c’est à dire inviter tous les protagonistes en séminaires citoyens, donner la parole libre à tout le monde sur la thématique. Certainement, on pourrait y avoir beaucoup de surprises sur la question « séquelles de l’esclavage » en Mauritanie, dans toutes les communautés confondues. Pour étudier et proposer des pistes particulières de correction dans chaque communauté concernant les discriminations et droits lésés à cause d’un passé esclavagiste ayant affectant l’ascendance de certains citoyens.
10- RMI-info: le président El Ghazouani a bouclé sa première année à la tête de l’État? Que vous inspire-t-il? Quelles sont vos attentes envers lui et son gouvernement?
KS : De mon avis d’observateur, je dirais que l’année de règne du Président Ghazouani suscite un intérêt à divers degrés. Par rapport à sa méthode et sa personnalité que les mauritaniens découvrent avec une certaine surprise, sa gouvernance fait face à plusieurs défis. On remarque une forme de rupture interne dans le système du pouvoir qui tient le pays depuis juillet 1978 (hormis la brève parenthèse Sidioca). S’il arrive à libérer les rouages étatiques du prisme tribal et communautaire, à garantir une Justice Libre, à investir sérieusement dans l’Éducation Nationale, à permettre l’ouverture d’un débat sans tabous entre tous les mauritaniens (passif humanitaire, l’esclavage, l’unité nationale entre autres) l’Histoire retiendra son nom comme inspirateur consensuel d’une dynamique politique et sociale inédite qui ferait cette Mauritanie réconciliée tant attendue. Concernant les séquelles esclavagistes qui persistent dans la communauté soninké au Guidimagha notamment, je crois qu’une volonté ferme de la force publique régionale peut tout arranger et rapidement. Par la parole officielle, le gouverneur peut réaffirmer le régalien étatique et veiller à l’état de droit dans toutes nos contrées villageoises. Dans la même la lancée, préfets, chefs d’arrondissement , chefs de brigade et maires mobilisés, peuvent constituer des équipes mixtes de citoyens regroupant différents protagonistes, et chaque village verra ses différends pris en compte et solutionnés avec équité et pacifisme à la lumière des droits fondamentaux garantis par la constitution pour les uns et les autres. La Paix ne se refuse jamais si un ordre juste et digne y préside sincèrement . Ainsi une fois le corps social apaisé et réconcilié, les différents projets de développement annoncés ici et là gagneraient plus d’efficience dans nos terroirs au service de TOUS.
Le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme Maitre Ahmed Salem Bouhoubeyni a reçu aujourd’hui mercredi 23 septembre 2020 dans les locaux de la CNDH une délégation de l’Association Mauritanienne pour l’Eradication de l’Esclavage et ses Séquelles (AMEES). Cette délégation était conduite par le député Ladji Traoré et comprenait Monsieur Diarra Sadijou, Président et Monsieur Fousseinou N’diaye, membres ainsi que le secrétaire général. Les discussions ont porté sur la situation de certaines communautés dans la wilaya du Guidimakha, anciens esclaves.
Le Président de la CNDH, quand à lui a exprimé son entière sympathie et la volonté de la CNDH d’œuvrer pour que tous les citoyens mauritaniens puissent vivre en liberté, en égalité et obtenir leurs droits.
Injustice immanente, parfaite; esprit, sentiment d’injustice; monument d’injustice; comble de l’injustice; (histoire) criant(e) d’injustice; combattre, dénoncer, refuser l’injustice; souffrir, subir, supporter l’injustice; ériger l’injustice en système; justifier l’injustice; crier à l’injustice; s’opposer à l’injustice; protester, se révolter contre l’injustice; défendre quelqu’un contre l’injustice; tirer parti de l’injustice; traiter quelqu’un avec injustice.
Etre témoin, victime d’une injustice; endurer une injustice; dénoncer, redresser, réparer, venger une injustice; entériner une injustice.
La cause de ces insurrections est presque toujours la même : les exactions, les extorsions et mille autres injustices commises par les caïds (gouverneurs et élus communaux et autres complices) est de réclamer humblement leurs droits face à l’injustice.
L’injustice sociale est une évidence si familière, elle est d’une constitution si robuste, qu’elle paraît facilement naturelle à ceux mêmes qui en sont victimes.
L’esclavage et ses pratiques sont une réalité et les conséquences sont énormes:
Exations et exécutions sommaires; Disparitions forcées; Des déplacés en interne au Mali; Des spoliations de terres; Des violences basées sur le genre de toute sorte.
Ce n’est pas l’injustice en soi qui nous blesse, c’est d’en être l’objet.
Une vielle femme du Mme Sokhana Diakité âgée de 80 ans évacuée en urgence à l’hôpital du Mali de Bamako depuis le 02 Septembre qui a perdu son fils dans la nuit du 1er Septembre 2020. Elle a perdu aussi un œil déjà.
Le seul péché de leur famille c’est d’avoir gagné un procès pour récupérer leurs terres cultivables contre des gens qui se prennent pour des maîtres, et d’autres sont emprisonnés illégalement.
Cette dame a besoin d’être soutenu financièrement, juridiquement et moralement afin que justice soit faite.
À suivre les éléments médiatiques recueillis par JDX Production à Nioro :
L’âge n’y protège pas quand on décide d’attenter à la vie d’un esclave rebelle !
1 – Tonton Mountakha Diarrisso 73 ans
2 – Tonton Youssou Sissoko 72 ans
3 – Gossi Sissoko 44 ans
4 – Hamet Sissoko 45 ans
Pratiquement tout le village de Djandjoumé y compris certains de leurs proches obligés et courtisans de l’ordre féodalo-esclavagiste, A LAISSÉ FAIRE cet assassinat diaboliquement orchestré sur ces braves gens qui ne voulaient plus des humiliations sociales de cet esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké.
A Lincoln disait : » si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais ».
En fait ce consensus explicite sur un pareil lynchage à mort dans un village de plusieurs centaines habitants en pleine soirée, ne peut être ourdi qu’à l’encontre des personnes déjà considérées comme socialement indignes et humainement dévalorisées parce qu’elles sont encartées et castées esclaves.
«A ceux qui, lorsqu’un malheur les frappe, disent: Nous sommes à Dieu et c’est à Dieu que nous retournerons»
C’est avec une grande affliction que l’association ASEPT présente ses sincères condoléances, suite à la perte des braves et fervents défenseurs des principes et idéaux nobles, à savoir : Mountakha Diarisso, Moïse Cissokho, Hamet Cissokho et Youssouf Cissokho. Nous partageons des sentiments sincères avec compassion aux personnes blessées.
Cette date du 01/09/2020 restera gravée à jamais dans la mémoire. Notre communauté soninkée a été secouée dans ses valeurs par des actes barbares et inhumains.
Notre fermeté face à une telle atrocité est inconditionnelle et sans partage. Les actes sont ignobles, injustifiés et aucune conscience saine ne peut les cautionner. Le mouvement Ganbanaaxu est plus que déterminé à exercer ses droits les plus fondamentaux. Cette douloureuse épreuve contribue à l’éclosion de la lumière jaillissante que nous proposons. Les mentalités malveillantes n’ont de place dans notre société et l’ordre doit régner sans concession.
Nous transmettons toute notre empathie et vous adressons notre attendrissement le plus loyal aux familles des défunts et à l’ensemble du mouvement Ganbanaaxu. Nous prions Dieu Tout Puissant de les assister dans cette triste circonstance, d’accueillir les défunts dans son vaste paradis parmi ses pieux serviteurs et de les accorder sa sainte miséricorde.
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