✓Epilogue de la crise de Feralla : Après 30 ans d’expropriation, Ibn Khaldoum n’est plus. Vive Koylal | Par Chérif Ba

Cherif Ba – Un épineux problème vient de connaître son dénouement, une issue heureuse que l’on doit indéniablement à trois parties : l’État mauritanien, les médiateurs de l’IPAR et les populations concernées, celles de Feralla et environs.

Le problème naît dans les années 1980, quand le régime sanguinaire de Taya, sûr de son fait et non content de mettre fin à des vies tout au long de la vallée, s’est illustré dans une autre forme de provocation contre les populations de la vallée en faisant main basse sur leurs terres.

Ainsi, une colonie avancée fut implantée, sous couvert de la coopérative Ibn Khaldoum dans le sinistre dessein d’exproprier les populations locales, propriétaires légitimes de la plaine de Koylal. Subissant un régime de terreur, les populations, la mort dans l’âme, s’accommodèrent de la situation, sans jamais l’accepter.

A l’occasion d’un nouvel aménagement sur ces mêmes terres, les populations exprimèrent leur ras-le-bol et manifestèrent même sur le site de Koylal joignant à cette action une lettre de protestation contre la Banque Mondiale, complice pour ses fonds injectés soutenant le projet Paris.

L’institution de Bretton Woods fut prompte dans sa réponse et manda illico une mission d’experts pour faire la lumière sur les récriminations des paysans de Koylal portées contre elle. Au terme de sa mission, et exploitant les informations tirées de toutes les parties, la Banque Mondiale décida de suspendre son assistance et de ne poursuivre celle-ci qu’avec une médiation qui garantirait les conditions d’une collaboration franche.

l’État mauritanien, sous la direction du Président Mohamed Cheikh Ghazouani, semble rompre avec les politiques d’expropriation des régimes passés et veut privilégier les populations concernées en discutant avec elles, en les impliquant dans toutes les prises de décision. Il faut saluer ce changement d’ attitude dans la gestion du potentiel foncier. Après Wuro Elimaan Abuu (Darel Barka), c’est la plaine de Koylal qui est restituée, à son tour, à ses propriétaires légitimes confirmant ainsi la nouvelle option des autorités nationales, décidées de s’éloigner de toute forme d’injustice.

Ainsi, le même gouvernement mauritanien lança un appel d’offre de médiation remporté par IPAR, organisme engagé pour une gouvernance foncière juste, seul clé d’un développement inclusif réel.

La délégation de l’IPAR, conduite par son Directeur exécutif, au terme de son séjour dans la zone et après avoir rencontré toutes les parties concernées par le conflit foncier, est parvenue à faire signer aux différents protagonistes un protocole très inspiré qui restitue les terres de la cuvette de Koylal à leurs propriétaires, qui prévoit l’aménagement de nouvelles parcelles à la coopérative Ibn Khaldoum dont les membres, armés par Taya afin de pousser les populations de la vallée à s’enfuir, seront donc réinstallés dans leurs domaines propres, situés entre le Debeya de Boubou Aawdi ( Bouchama) et Doubel (Mbeydiya). Ces deux points sont, à n’en pas douter, les points saillants d’un protocole paraphé par le préfet représentant le gouvernement dont il faut saluer la responsabilité et les vues constructives.

Finalement, sans envisager des solutions radicales et en privilégiant le dialogue, les populations de Feralla et environs ont apporté une éminente contribution au règlement d’un problème qui a cristallisé beaucoup de passions.

Entre mauritaniens, mus par leur grand patriotisme, toutes les parties ont, dans une atmosphère de franchise, privilégié l’intérêt supérieur du pays et donné ainsi une leçon magistrale aux adeptes des confrontations et solutions violentes.

Puisse le protocole de Feralla inspirer tous les coins du pays où le problème foncier divise et nourrit des tensions inopportunes. Des avancées ont été enregistrées à Darel Barka et à Feralla mais elles doivent aussi décupler la vigilance des populations soumises à une pression foncière liée aux grands enjeux mondiaux se déclinant en termes de lutte contre la faim et la pauvreté, de recherche de nouvelles opportunités foncières obsédant les détenteurs des gros moyens, de colonisation de nouvelles terres pour étendre des empires.

Cherif Ba
Cincinnati, Ohio
bamoctar20@gmail.com

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✓Mauritanie | Accord sur la restructuration de la dette koweïtienne et l’annulation de 95% des intérêts accumulés sur plus de trois décennies


« Un accord définitif a été trouvé avec l’Etat du Koweït frère pour le règlement du dossier de sa dette accumulée sur la Mauritanie, à travers la restructuration de la dette. Cet accord est le fruit d’efforts diplomatiques intenses parrainés par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani ».

C’est ce qu’a déclaré, jeudi soir, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, M. Ismaël Ould Cheikh Ahmed, lors d’une conférence de presse avec ses collègues des finances et de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement.

M. Cheikh Ahmed a, par la suite, passé en revue le processus aboutissant à l’accord, les efforts du gouvernement, à travers ses visites au Koweït, en compagnie du ministre des Finances, au mois de juillet, dernier, le message du Président de la République qu’il avait transmis à l’Emir du Koweït et la visite effectuée récemment en Mauritanie par le ministre koweïtien des Affaires étrangères, et le message qu’il a transmis au Président de la République, et tout ce que cela a engendré en termes d’approfondissement des relations entre les deux peuples frères.

Le ministre a, enfin, rappelé que les gouvernements précédents ont entrepris, au cours des dernières décennies, de nombreuses démarches qui ne sont pas parvenues à trouver une solution satisfaisante pour les deux parties.

Pour sa part, le ministre des Finances, M. Mohamed Lemine Ould Dhehbi, a précisé que l’accord signé entre la Mauritanie et l’Etat du Koweït porte sur la restructuration de la dette koweïtienne et l’annulation de 95% des intérêts accumulés sur plus de trois décennies et l’investissement du reste dans des actifs présentant des opportunités d’investissement profitables aux deux pays.

Il a ajouté que le principal de la dette soit 82 707 600 $ sera remboursé sur une période de 20 ans, y compris un délai de grâce de deux ans, et à un taux d’intérêt annuel de 0,5 %.

M. Dhehbi a, également, cité les avantages de l’accord, en comparaison avec d’autres initiatives ; avantages qui résultent dans le fait que la valeur réside d’abord dans le taux d’annulation de 95 % ; taux qui dépasse celui des deux initiatives de restructuration de la dette les plus connues :

a – Initiative d’allègement de la dette des pays les plus pauvres (PPTE) survenue au début du millénaire dont le taux d’annulation était de 67% :

b- L’Initiative d’annulation de la dette multilatérale lancée en 2006, dont le taux d’annulation était de 90 %.

Le ministre des Finances a, également, évoqué les effets engendrés par ce dossier, resté en veilleuse pendant les trois décennies passées, malgré le niveau excellent des relations entre les deux pays.

« Cette dette passive a aussi affecté la confiance dans la capacité du pays à faire face à ses obligations et a affaibli les indicateurs de capacité d’endettement de notre pays », a-t-il fait remarquer.

S’agissant des origines de la créance, le ministre des finances a précisé qu’elle a été contractée dans les années soixante-dix du siècle dernier, et se compose de deux prêts et d’un dépôt auprès de la Banque centrale de Mauritanie :

1- Un prêt de 46 millions de dollars pour l’indemnisation des actionnaires lors de la nationalisation de la Miferma ;

2- Un prêt de 4,5 millions de dollars pour financer la participation de la SNIM dans le capital de la Samia ;

3- Un dépôt auprès de la Banque Centrale de Mauritanie d’un montant de 36 millions de dollars.

« Le montant principal de cette dette s’élève actuellement à 82 707 600 USD. Ce montant dont le paiement a été suspendu il y a environ 30 ans n’a fait l’objet d’aucune restructuration dans le cadre des initiatives d’allègement ou d’annulation passées », a-t-il conclu.

De son côté, le ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, M. Moctar Ould Dahi, a précisé, en réponse à une question relative à la date du commencement du dialogue, et au rôle que le gouvernement compte jouer, qu’il revient à l’opposition et à la majorité présidentielle de déterminer la date du commencement du processus de consultations. » Il s’agit d’une affaire qui concerne les partis politiques. « Certains parlent de quatre semaines. Le président de la République est prêt à recevoir toutes les parties ».

Il a expliqué que le terme « dialogue » convient à la situation politique dans laquelle la tension est vive. Dans des situations d’apaisement comme celle qui règne actuellement, le terme «consultations» est le plus approprié, dans la mesure où les différents acteurs politiques sont devenus des partenaires au lieu des adversaires.

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✓REMISE DES PRIX D’EXCELLENCE JOURNALISTIQUE POUR L’ANNÉE 2021

Sous la supervision de Son Excellence le Ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Mokhtar Ould Dahi, a supervisé Aujourd’hui jeudi à Nouakchott,et en présence du ministre de la Santé, M. Sidi Ould Zahaf, la remise des prix du concours d’excellence journalistique pour l’année 2021.


Ces prix ont été remis lors de la cérémonie organisée par la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), aux lauréats du concours de la presse écrite, de l’audiovisuel et des langues nationales.

Dans son discours qu’il a prononcé à cette occasion, le ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, a expliqué que le Fonds National de Soutien à la Presse est un mécanisme financier, mobilisé par le gouvernement afin d’aider les entreprises médiatiques privées à jouer leur rôle comme l’un des leviers les plus importants de l’action démocratique nationale, soulignant que le secteur cherche à mettre en œuvre d’urgence les directives de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouany relatives à la réforme autocentrée du secteur.

Il a déclaré que les média privés ont besoin de plus de technologie et de promotion, et leur seule arme de salut est la professionnalisation. C’est, a-t-il dit, ce à quoi le département s’attelle sans relâche à réaliser, précisant que les textes réglementant les médias seront mis à jour et améliorés, grâce, notamment à des procédures de programmation financière exceptionnelles. C’est ainsi-a-t-il révélé, que les ressources alloués au Fonds d’appui à la presse seront augmentées de façon significative en particulier en direction de la formation.

Le ministre a remercié le Comité du Fonds public de soutien à la presse et la HAPA pour leur choix de la charte et des modalités du concours et pour avoir choisi un thème d’actualité pour le concours: «la pandémie de Corona: ses causes et les moyens de l’empêcher», appréciant l’association des productions journalistiques en langues nationales au concours.

À son tour, le président du Comité du Fonds public de soutien au journalisme privé, M. Mokhtar Ould Mohameden, a expliqué que ce prix vise à cultiver les talents, à améliorer les traitements journalistiques, à motiver les créateurs et à éclairer l’opinion publique.

Il a ajouté que le concours tire son importance cette fois du choix de son sujet (sensibiliser au danger de Covid 19), qui est devenu une priorité et un sujet principal incontournable dans les bulletins d’information et les titres des journaux.

Il a noté que l’une des caractéristiques les plus importantes du concours pour cette année est de récompenser des œuvres médiatiques dans toutes les langues nationales, notant que la distribution de ces prix est considérée, aujourd’hui, comme le couronnement des travaux du Fonds public de soutien au journalisme privé pour l’année 2020-2021.

Il a salué le sérieux et la transparence du jury et du comité chargé de gérer et de distribuer le fonds public de soutien au journalisme privé lors de la présente édition du concours, et apprécié les efforts des institutions médiatiques œuvrant à la consolidation du droit du citoyen à des médias professionnels et diversifiés

AMI

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✓La cour suprême confirme la décision du juge d’instruction à propos de la détention de l’ancien président Aziz

Sahara Médias – La chambre criminelle de la cour suprême a confirmé ce mardi la décision du juge d’instruction de mettre en prison l’ancien président Mohamed O. Abdel Aziz, après avoir violé les dispositions imposées par le contrôle judiciaire strict.

La chambre criminelle a rejeté la demande du collège chargé de la défense de l’ancien président relative à l’annulation de la décision de mise sous contrôle judiciaire de son client, de le libérer, en plus d’une autorisation de voyager entre les villes et à l’intérieur, en plus de la restitution de certains patrimoines confisqués.

Selon les sources de Sahara Medias la cour suprême a confirmé des décisions du juge d’instruction et rejeté les demandes formulées par la défense de l’ancien président.

Le parquet général près la cour suprême, avait formulé une demande pour la tenue d’une réunion extraordinaire de la chambre criminelle près la cour suprême, afin de statuer sur des demandes formulées par les avocats de l’ancien président, rejetées au niveau du pôle chargé des enquêtes et de la chambre d’accusation.

L’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz est détenu, depuis juin dernier, dans une prison spéciale à Nouakchott, après avoir été accusé par le juge d’instruction de non-respect des dispositions imposées par le contrôle judiciaire strict.

Ould Abdel Aziz est accusé, parmi d’autres personnalités ayant servi avec lui, de corruption, de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite alors qu’il était aux affaires de 2008 à 2019.

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Birame fait le point de sa tournée dans le Sud et souligne la nécessité du dialogue | Par Bakari Gueye

© Crédit photo Al Akhbar

Le président du mouvement IRA et député au parlement mauritanien, Birame Dah Abeid a tenu ce matin à Nouakchott une conférence de presse dans laquelle il a fait un compte rendu de sa dernière visite dans la vallée (Guidimaka et Gorgol).

Au cours de cette visite il s’est particulièrement intéressé à l’esclavage Soninké mais aussi à la situation peu enviable des populations vulnérables.

Des pratiques esclavagistes bien ancrées

Au Guidimaka où la hiérarchie sociale et les mentalités rétrogrades permettent encore aujourd’hui de maintenir des citoyens en esclavage, la situation est d’autant plus révoltante, s’émeut le leader anti-esclavagiste, qu’elle est cautionnée par les autorités administratives, sécuritaires et judiciaires, estime-t-il.

Le pouvoir des potentats locaux est toujours très important dans ces zones de l’intérieur du pays où l’Etat est quasi absent selon Birame qui a rejeté au passage la politique de feu Moktar Ould Dadah qui avait marginalisé les chefs tribaux dont la présence est en porte-à-faux avec l’Etat et la citoyenneté.

Selon Birame en matière d’esclavage la société maure est plus ouverte que les sociétés soninké et poular où on est esclave à vie, sans aucune perspective d’évoluer et de changer de statut.

Dans les deux premières sociétés, l’esclave ne peut devenir ni Imam de mosquée ni propriétaire terrien.

Et aujourd’hui, au Guidimaka suite au vent de révolte des esclaves ceux-ci subissent un embargo économique et sont soumis à des traitements humiliants et dégradants.

Avant l’organisation du travail s’effectuait comme suit : les esclaves travaillent les terres de leurs maitres le matin et le soir ils travaillent pour leur propre compte. Mais suite à leur volonté de s’émanciper on assiste à l’expropriation de leurs champs. Et Birame de donner l’exemple de ces paysans qui cultivent leurs champs et qui à la veille de la récolte sont déboutés sur une curieuse décision du juge qui est toujours du côté des soi-disant maîtres.

De ce fait, la main d’œuvre agricole soninké n’a plus de quoi vivre. Et ces « esclaves » sont parfois torturés à l’instar de leurs frères du Guidimaka malien. Le dernier cas en date, c’est celui de l’homme de Dafort qui a été cruellement torturé et filmé en toute impunité.

L’administration locale (police, justice) tolère ces graves manquements, s’indigne-t-il.

Au cours de cette visite, le député affirme avoir consacré 48 heures d’affilées pour écouter les témoignages poignants des populations victimes de l’injustice, des personnes qui n’ont rien ni aucun droit.

Et les maîtres font recours à l’administration pour sanctionner les esclaves dit-il et ce au grand dam de l’Etat dont le rôle est la protection des citoyens et de la loi.

Birame est revenu sur ce qu’il considère comme la décennie de tous les dangers et où il avait été diabolisé avec son mouvement et présenté comme un suppôt des européens, des juifs et des américains.

Les accusations d’anti-maures et de potentiel partisan de la guerre civile, les pressions de toutes sortes ne l’ont pas poussé à quitter le pays. J’ai dit-il continué à lutter pour la cause que je défends et pour mes principes.

Il a salué au passage le climat de liberté et d’apaisement qui règne dans le pays et qui lui permet aujourd’hui de mener librement ses activités et de lutter contre l’esclavage au sein de toutes les communautés.

« Ghazouani doit s’attaquer à l’esclavaje dans toutes les communautés »

Maintenant il s’attaque à la lutte contre ce phénomène dans la société soninké et après le Covid promet-il, ce sera au sein de la société poular.

L’esclavage est toujours là, assure Birame qui conseille au président Ghazouani de s’attaquer à ce phénomène au sein de toutes les communautés, d’ouvrer pour l’instauration de l’Etat de droit et jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans la Mauritanie profonde.

Tous ces problèmes devraient être posés au dialogue en vue et solutionnés.

« Aucun recul des libertés »

A ce sujet Birame salue l’ouverture du président Ghazouani. Ceux qui disent qu’il y a un recul des libertés cherchent peut-être qu’on revienne à la case départ, une situation qui les arrange dit-il. Pour lui, on doit éviter la confrontation.

Mais poursuit-il tout n’est pas réglé et beaucoup reste à faire. Et le député de donner des exemples frappants, des situations qu’il a observé de visu au cours de cette tournée.

Une absence de l’Etat

Dans un village du Guidimaka on trouve une école de 6 niveaux et qui ne dispose que d’un seul maître et d’une seule salle de classe. Et dans cette école fantôme créée en 1995, il n’y a jamais eu un admis à l’entrée en 6ème (collège).

Dans un autre villaje il y a une école créée en 1993 mais il n’y a jamais eu l’organisation du concours d’entrée en 6ème.

Les élèves arrêtent leur scolarité dès la 2ème année. C’est paraît-il un modèle dans la région.

Dans un autre village, les populations ne peuvent pas boire l’eau d’une ADP (sondage) construit par l’Etat.

Autre anomalie, cette fois-ci dans le village de Kelinkino situé à quelques encablures de Sélibaby où la mosquée financée par la diaspora avec la bagatelle de 80 millions d’ouguiyas. Pour la famille de maîtres de la localité, l’imam ne peut être issu que de ses rangs.

Les bailleurs disent niet et c’est la bagarre générale et la fermeture de la mosquée.

Des histoires à couper le souffle dans une région où la vie sociale est toujours régie en vertu d’une mentalité et de comportements barbares et moyenâgeux.

Au cours de cette conférence de presse, Birame a répondu aux questions des journalistes qui ont abordé entres autres la récente conférence de presse de l’opposition, la situation des orpailleurs les résultats du bac, les prestations de la SOMELEC, les fonds obtenus durant la dernière présidentielle et l’absence remarqué du député anti-esclavagiste à l’occasion des sessions parlementaires.

Bakari Gueye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/birame-fait-le-point-de-sa-tournee-dans-le-sud-et-souligne-la-necessite-du-dialogue/

« Si vous pensez que l’éducation est Chère, essayez l’ignorance » | Par Bakary Tandia

Avec 83% d’échecs et 8% d’ admis sur 46587 candidats au baccalauréat de 2021 en Mauritanie, de tels résultats devaient motiver la tenue immédiate d’un conseil des ministres extraordinaire pour examiner le problème comme une urgence nationale.

Malheureusement à la grande surprise du public, les autorités compétentes ne semblent pas appréhender le degré de la magnitude du séisme qui vient de secouer énergiquement la nation, particulièrement le système éducatif qui est son pilier central.

Autrefois le système éducatif était une priorité nationale, non seulement pour former des cadres compétents, mais aussi forger l’esprit de nation en servant de creuset de brassage social et culturel dans lequel tous les enfants pays se côtoyaient dans une ambiance de fraternité.

Ce système a fait ses preuves en produisant des cadres compétents qui ont brillamment servi le pays malgré ses multiples défis. Mais depuis que le système est devenu politisé pour servir des idéaux qui n’ ont rien á avoir avec les objectifs de développement du pays, nous assistons á une détérioration vertigineuse de la qualité de l’éducation. A cause de cette politisation, contrairement á sa mission de consolider l’unité nationale, le système éducatif est devenu — une source de préjugés et de méfiance qui éloigne les communautés les unes des autres chaque jour qui passe.

Au lieu de développer un système éducatif cohérent qui répond adéquatement aux besoins du pays, et rend nos élèves et étudiants plus compétitifs sur le plan international, l’Etat a laissé — la politisation éroder le tissu éducatif au point qu’il est devenu méconnaissable. Le gouvernement doit comprendre que l’éducation constitue les yeux de la nation. C’est grâce á elle que nous pouvons identifier le chemin qui nous mène vers nos objectifs. Autrement ce serait le tâtonnement interminable dans l’obscurité sans lendemain. Il est également important que l’ Etat comprenne que le futur du pays dépend essentiellement de la qualité de l’éducation qu’il offre á ses enfants.

Car, comme le dit une affiche publicitaire dans le métro de New York City (qui est plein d’enseignement), « la jeunesse représente 50% (cinquante pour cent) de notre population, et 100% (cent pour cent) de notre futur. Il est clair que compromettre la qualité de l’éducations c’ est saper le pilier central de l’Etat. Alors la sagesse nous recommande de ne jamais scier la branche sur laquelle on est assis. En plus il est á rappeler — qu’il n’y a aucun investissement plus rentable que l’éducation. Sinon, « si vous pensez que l’éducations est chère, essayez l’ignorance, » comme l’a fait remarquer Derek Bok, Président de l’Université de Harvard. Je suis convaincu que les conséquences seront incalculables.

C’ est ce que certains pays tels que la Corée du Sud ont compris et mis en pratique. Grâce un leadership éclairé, ils n’ont pas hésité á investir prioritairement dans leur système éducatif pour en faire l’un des top systèmes du monde. C’ est avec fierté qu’ ils le considèrent comme leur joyau national comparativement aux autres professions. Par exemple il est plus difficile d’accéder á l’école des professeurs qu’á la faculté de droit. Ce qui leur a permis d’ entamer leur décollage économique en trombe qui constitue un modèle de développement exemplaire qui fait leur fierté nationale. Une telle réalisation n’aurait jamais été possible sans un système d’éducation compétitif.

Si les dirigeants de la Mauritanie veulent sauver le pays, ils doivent d’abord commencer par restaurer la dignité du système éducatif en mettant fin á sa politisation et la corruption. C’est maintenant ou jamais. Car notre système éducatif est actuellement titubant et au bord du précipice. Nous avons besoin d’ un leader courageux, alerte et éclairé pour prendre le problème á bras le corps car il y va de la survie et de l’honneur du pays.

Par ailleurs les autorités compétentes du pays, à commencer par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef de l’Etat, doivent cesser d’ignorer les problèmes dont elles ont la charge de régler en prétendant qu’il n’y a pas de crise dans le pays. Pour y arriver Elles doivent commencer par les reconnaitre, ensuite adopter des mesures effectives contre l’esclavage et ses séquelles et en prêter une oreille attentive aux appels stridents de justice des veuves, des rescapés et des refugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis une trentaine d’années.

Enfin ces questions doivent être traitées comme une urgence dans le cadre d’un dialogue national inclusif. Compte tenu de leur complexité, leur règlement demande la participation — des victimes et des ayants droit, et de toutes les forces vives du pays — pour une solution juste , satisfaisante et durable.

Comme partout ailleurs, en pareille situation, il relève du leadership du Président de donner au processus l’autorité politique et morale nécessaire pour qu’il puisse atteindre ses objectifs.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

New York

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748284

✓L’EXTRÊME FAIBLESSE DES TAUX DE RÉUSSITE AU BAC INTERPELLE TOUS LES PARENTS D’ÉLÈVES. | Par Bechir Fall


Toute la Toile s’exclame et s’émeut des mauvais résultats du bac. Mais personne ne s’interroge sur les causes de cet échec à la fois retentissant et répétitif. Ces presque 90% de candidats qui mordent la poussière à cet examen symbolique pour une transition vers des études universitaires sont nos enfants, nos neveux et nièces. Par conséquent, nous partageons intimement leurs déboires.

Nous devons admettre aussi que seulement 8% de réussite au bac synonyme de 90% d’échecs d’une classe d’âge, espoir de toute la Nation, constitue un naufrage collectif, une catastrophe nationale. Devant mobiliser toutes les bonnes volontés pour que pareille désillusion ne se renouvelle plus.

Nous sommes responsables de la faillite du système d’enseignement en vigueur. Pourquoi ? Parce que nous soutenons le même système de pouvoir, dont les dirigeants n’ont jamais pu effectuer un cursus exemplaire d’études scolaires ou académiques. Dans ces conditions, l’enseignement public coule et va à une dérive certaine et programmée. Nos pauvres enfants sont sacrifiés à cause de notre inadmissible complicité persistant à soutenir un système politique défaillant. Et les cris d’orfraie, qui seront vite oubliés dans quelques jours, n’y pourraient rien.

Nous préférons enfoncer nos têtes dans des sables mouvants pour ne pas admettre la réalité. Cette politique d’autruche ne résoudra pas le problème. Nous sommes entièrement responsables de ce qui advint à nos enfants à cause de nos soutiens aveugles d’un système qui détruit à petit feu tout ce qui avait été mis en place dans les années succédant à l’indépendance.

Je me souviens de nos classes en dur, peintes chaque année. Des tables bancs quasi neuves avec encrier. Des robinets suffisants pour nous désaltérer. Au lycée, la plupart d’entre-vous étaient pris en charge à l’internat. Et je me rappelle qu’en classe de 3ème avoir reçu 23 livres dont 7 en latin. Puisque j’étais pensionnaire des séries classiques au lycée. Une question me taraude toutefois. Mais pourquoi l’enseignement public a-t-il dégénéré et est tombé dans une si pitoyable décadence ?

Notre pays est en théorie devenu plus riche avec la perspective d’être producteur de gaz dans les deux prochaines années. Pourquoi sommes-nous incapables de mettre en place une politique ambitieuse d’éducation publique digne de ce nom ? Toutes nos élites devraient avoir honte d’être les derniers de la classe en Afrique pour la réussite au bac de nos enfants. À des années-lumière du Mali et du Niger. Des pays considérés parmi les plus pauvres d’Afrique et du monde. Où est notre prétendue fierté ? Perdue dans les abysses de la malgouvernance et d’une corruption sans précédent.

J’en appelle enfin à ces « Zélites » déboussolées de se ressaisir et retrouver un minimum de dignité. Elles devront œuvrer désormais pour un avenir radieux des enfants de la République. Tous les enfants bien sûr. Un tant soit peu de civisme. C’est un minimum que mérite ces pauvres enfants laissés en déshérence. Victimes de non-assistance à enfants en perdition.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4950182424998013&id=100000189140519

✓Le stylo de Prof. Saidou Kane ou le bâton de relais… | Par Mouhamadou SY





Je n’ai rencontré ni Murtuɗo, ni Prof. Saidou Kane. J’ai reçu donc leur enseignement de façon indirecte. De toute façon, moi qui ai grandi dans l’univers du Pulaar écrit et enseigné, grâce à ma merveilleuse grande soeur et au duɗal, je ne pouvais que recevoir l’influence grande de ces deux maîtres et celle des nombreux autres (comme Abuubakri Muusaa Lam, Yero Dooro Jallo, Ibrahiima Moktaar Saar, Njaay Saydu Aamadu -jom falo dow huɓeere- ekn…) qui faisaient le socle de ces écoles clandestines.
C’est bien dans ces écoles qui, dans l’absence de tous moyens, font des lettrés; dans celles-là qui, face à un mépris total, s’affirment et maintiennent leur rythme; celles qui, dans le reniement, déploient leur créativité fulgurante et explorent les alternatives; c’est dans ces écoles-là que l’on voit l’âme du peuple et sa grandeur se révéler, se débattre et ainsi manifester leur instinct de survie. Après qu’on a expérimenté ce monde, quand on a touché du doigt les enjeux monumentaux qui sont impliqués et qu’on a mesuré l’ampleur de la menace qui y pèse, on se débarrasse alors de la légèreté que d’autres peuvent avoir vis-à-vis de la question des langues. Celle-ci apparait comme la plus urgente des politiques et le plus éminent des projets de société.

J’ai eu cinq merveilleux jours avec Djibril Hamet Ly, un autre grand maître du Pulaar. L’homme de l’alphabétisation qui a été, pour le Pulaar, un facteur primordial de diffusion culturelle et de l’enseignement. J’ai l’habitude de dire que les cinq jours passés avec Djibril, de par leur densité, pourraient s’étaler sur cinquante ans. Djibril fut un maître qui arriva dans ma vie à un moment très opportun de mon évolution. Il décédera deux mois seulement après notre rencontre. Un évènement d’une douleur incommensurable, un véritable effondrement…
Puis, on se dit que cela aurait pu en être autrement; on n’aurait pu ne pas se rencontrer du tout, comme d’autres qu’on aurait voulu écouter et auxquels on aurait aimé soumettre des questions sans qu’on n’ait pu le faire. Avec Djibril, je l’avais fait amplement. Donc de cette regrettable perte devait se matérialiser une force capable de mener à terme tous les engagements, qui sont désormais devenus des promesses sacrées, pris avec Djibril. Je contactai donc Seydou Nourou NDiaye, un autre grand nom de la lutte des langues, dont Djibril m’avait donné le contact pour faire paraître très vite mon livre de mathématiques supérieures « Binndanɗe Hiisankooje ». En effet, Djibril m’avait fait remarquer des dimensions de cette lutte que la parution du livre devrait toucher et que je n’envisageais pas.

Après la sortie du livre, je me rendis à Dakar, invité par la fondation de l’université Cheikh Anta Diop pour participer à une table ronde sur le développement de l’Afrique. C’était en mars 2016. Une occasion de rencontrer Seydu Nuuru. La rencontre fut émouvante. Impossible de ne pas voir en premier plan le lien humain qui nous a connectés. Mais la force d’une lutte fait que Djibril, à l’instar des géants, ne meurt que d’une partie. L’autre était plus que jamais présente et vivante, et vive comme l’était le tout. Il était présent à Dakar, comme il l’est partout où le coeur de la lutte des langues continue encore de battre, où les grands esprits de Yero Dooro, de Murtudo, de Saydu Kan et d’autres siègent avec ceux des vivants; où les oeuvres de Bookar Aamadu Bah, d’Abuubakri M. Lam, d’Ibraahiima M. Saar, de Seydu Nuuru -et celles de bien d’autres- trouvent leur sens et portent avec mérite le titre de « révolutionnaire ».
C’est en repartant de Dakar, en avril 2016, que Seydu Nuuru me dit: « Denɗi, j’ai quelque chose de très précieux que je crois te revenir de droit. » Il sortit un turban venant de Djibril et un stylo de Saydu Kan, il me les tendit. Il ajouta: « Il te revient de t’en occuper et d’accomplir ce que leur représentation t’inspirera. » Je compris, qu’en plus des engagements faits avec Djibril, je venais d’en prendre avec un autre grand esprit, avec l’âme du peuple et la lutte des langues.
Donc loin de toute idée de trophée, il s’agit là de symboles à transmettre, que je transmettrai aussi à mon tour.

Voilà un bref aperçu d’une image de notre combat qui est loin de relater les choses en détails; et, comme vous le savez, la force réside dans les détails. Mais à présent j’ose espérer vous avoir fait humer le parfum de notre engagement, vous avoir fourni une perspective sur la profondeur des relations et des symboles qui forgent une détermination; j’espère surtout que vous y trouviez un bout par lequel saisir la nécessité de la lutte.

Mouhamadou Sy dit Pullo Gaynaako

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✓Baccalauréat en Mauritanie | Revoir le système en vigueur, par Toka Diagana

Le baccalauréat Mauritanien, dans sa conception actuelle, est inefficace, injuste, élitiste, etc. Ce qu’il faut dire aussi ; c’est que le Baccalauréat en Mauritanie a toujours été catastrophique. Une solution pour redresser ou corriger le taux de réussite au Bac ; à mon humble avis ; consiste à prendre en compte le contrôle Continu dans la moyenne générale. L’idée consiste à associer un certain coefficient au contrôle continu (je propose : ½) et un autre à l’épreuve du Baccalauréat elle-même (je propose : ½) et puis faire la moyenne générale. Il est tout simplement injuste de constater qu’un élève qui travaille très dur au cours de toute une année scolaire puisse, dans certains cas, se retrouver éliminé du baccalauréat pour des raisons qui, souvent n’ont rien à voir avec ses compétences. Il faut absolument avoir le courage de reformer ce système qui ne marche pas. Le statu quo en la matière est tout simplement suicidaire : la jeunesse de tout un pays que l’on sacrifie — par entêtement à utiliser un système qui ne marche pas !

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✓Note d’édition sur le recueil de poèmes « La Poésie démeurt » | Écrit par Souleymane SIDIBÉ

La Poésie démeurt rassemble des poèmes écrits par Souleymane Sidibé entre 2016, après l’obtention de son baccalauréat français (série scientifique) en Mauritanie, et 2021. Entre cris nocturnes, mélancoliques et réflexions philosophiques, ce recueil s’imprègne d’une écriture rythmée et lamentée par le quotidien. Le recueil de poèmes parle du continent africain, de la patrie, des études de son auteur, de l’amour – ses contradictions, son dévouement et sa belle cruauté-, également de belles choses de la vie, et son épitaphe : la mort. L’auteur a un penchant pour la poésie. En poète amateur, il survole le monde par les mots en pansant les maux. Il est un admirateur des grands noms de la poésie à l’image de Ousmane Moussa Diagana de son pays comme des auteurs de ce qu’il qualifie de poésie-merveille – parlant de la poésie française. Il dessine son monde à dessein des autres calamités.

• En attente de parution dans les prochains jours…

Mes vives félicitations au jeune frère Souleymane, un esprit intellectuellement percutant dont notre BLOG a eu l’honneur de publier ses nombreuses contributions de haute valeur ces dernières années. Courage et bonne continuation.

©️ KS pour le BLOG.