Le premier ministre mauritanien Mohamed O. Bilal a déclaré jeudi que l’administration mauritanienne a été détruite de manière programmée ces dernières années ce qui est de nature à pénaliser la réalisation des engagements du président Mohamed O. CheikhGhazouani.
Le premier ministre qui s’exprimait lors d’une visite au ministère de la justice, a dit que le chef de l’état a attiré l’attention du gouvernement sur la nécessité de mettre l’administration sur la bonne voie.
Il a ajouté que le temps où on ne faisait pas la différence entre l’utilité publique et les intérêts personnels est révolu, ajoutant que l’administration ne doit pas être un adversaire pour le citoyen mais plutôt un outil destiné à répondre à ses exigences et à l’écouter.
Le premier ministre a ensuite affirmé que le programme du président, sur le plan social est très avancé, avant d’ajouter que d’autres volets demandent davantage de temps pour être réalisé sur le terrain.
Mohamed O. Bilal a enfin déclaré que beaucoup de travail les attend encore « le temps passe rapidement et l’urgence des problèmes et les demandes des populations nous pressent ».
Le procès verbal en date du 30 Avril 2021, marquant « le règlement pacifique du différend à travers le dialogue direct, » est un acquis considérable qui mérite d’être salué et célébré. Pour une chose aussi vitale que la paix, les communautés ne doivent compter principalement que sur elles-mêmes pour la réaliser de façon durable. RalphA. Emerson a tout à fait raison, « Personne ne peut vous apporter la paix à part vous-mêmes« . C’est un signe incontestable de bonne volonté et de bonne foi que la communauté Hamalliste vient de démontrer. A travers cet acte combien louable, la communauté a prouvé que, non seulement les liens qui unissent ses fidèles sont incassables, et sa fondation inébranlable — mais aussi et surtout, grâce à l’enseignement de leurs Guides Spirituels, la cohésion et l’intégrité de la communauté sont sacro-saintes. Par conséquent, elles relèvent de la responsabilité de chaque fidèle de les protéger et promouvoir avec dévotion.
Nous disons kudos à la communauté Hamalliste pour cet acte visionnaire qui honore ceux qui ont contribué à sa réalisation. Grâce à la bonne volonté des uns et des autres ils ont sagement décidé de consolider les acquis à la suite de dur labeur, et de considérer de nouvelles perspectives porteuses d’un espoir de plus en plus grand, pour mieux répondre aux aspirations de la communauté.
Je ne saurais conclure sans féliciter l’Honorable Bah Sylla Baba Diakité, le Khalife de la communauté Hamalliste de Kaédi dont la sagesse et le leadership ont facilité ce processus. Pour rendre à César ce qui appartient à César, la communauté a noté avec appréciation–la compréhension et la patience des autorités en facilitant le mécanisme de résolution de cette crise par les concernés eux-mêmes conformément aux principes et à la philosophie de la justice restauratrice.
Bakary Tandia, Human Rights Advocate, May 5, 2021, New York
Après les malheureux événements de ces derniers mois, la communauté Hamalliste de Kaédi se retrouve. A la clé, un compromis qui tire son essence des principes fondamentaux de notre sainte religion l’Islam et qui consacre l’UNITE, Bananaaxu, sur la seule base de la foi. Nous saisissons cette occasion pour adresser nos sincères remerciements à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin au règlement de ce conflit particulièrement les autorités administratives et judiciaires du Gorgol. A nos frères qui ont été blessées suite aux affrontements nous formulons nos meilleurs vœux de santé et de prompt rétablissement suivi d’un retour rapide à leurs activités quotidiennes ; Autant beaucoup d’entre vous ont été à juste raison choqués par l’occurrence inouïe de ces événements autant ils seront aussi surpris par les capacités de renoncement et de dépassement de l’ensemble des membres de cette communauté de destin . La raison et la sagesse ont finalement prévalu. « En Avant, En Avant, En Avant » Baba Nawary
BiramDahAbeid a invité le président Ghazouani, à tendre la main aux déportés mauritaniens du Sénégal et du Mali qui ne sont pas encore retournés en Mauritanie.
Il a lancé cet appel lundi 3 mai à Dakar lors d’une visite à la famille de feu AldioumaCissokho, président de la Coordination des réfugiés mauritaniens au Sénégal, à Diamaguène, dans la banlieue dakaroise.
« Notre engagement avec les déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali est reconduit encore. C’est un engagement pour de bon jusqu’au recouvrement de leurs droits. Leur retour au pays, c’est l’une des grandes obligations de notre engagement », a déclaré BiramDahABEID. « Nous persisterons jusqu’à la victoire finale de la justice pour honorer la mémoire de AldioumaCissokho », a-t-il dit, devant la famille et proches du disparu.
Pour rappel, AldioumaCissokho a été expulsé en 1989 dans le sillage des évènements dramatiques qui ont opposé la Mauritanie et le Sénégal. Il est devenu le coordonnateur des organisations de réfugiés mauritaniens au Sénégal. Il est décédé le 1er février 2021 à Matam, dans le nord du Sénégal.
« Il n’a jamais renié à son combat, ni triché, trompé encore moins faibli. Il n’a jamais utilisé ma relation avec lui pour la vendre pour les bienfaits de ce monde comme l’ont fait beaucoup d’autres, des vice-présidents, des porte-paroles, des membres du bureau exécutif, des compagnons qui, chaque jour, renient leur combat avec nous, nous poignardent dans le dos, insultent tout ce qui nous a unit de bon pour vendre leur âme au diable. Cissokho n’en a jamais fait partie. C’est pour cette raison que nous sommes très fiers de lui », a témoigné Biram Dah Abeid.
Selon le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), plus de 60000 réfugiés mauritaniens vivent au Sénégal et au Mali, depuis 1989, après un différend frontalier entre la Mauritanie et le Sénégal qui avait dégénéré en violences intercommunautaires. En 2007, des opérations de rapatriement pilotées par le HCR et achevées en 2012 ont permis le retour de 24.000 Mauritaniens.
En Mauritanie, tous les regards sont tournés vers la wilaya du Guidimakha, face à la hausse alarmante des cas liés au coronavirus.
« Nous devons conjuguer les efforts pour faire face à la menace de propagation de la pandémie », a déclaré dimanche à Sélibabi, Teyib Ould Mohamed Mahmoud, wali du Guidimakha, lors d’une rencontre avec des imams, des notables, des élus, des travailleurs du secteur de la santé, des représentants de clubs de jeunes et d’associations féminines.
« L’application stricte des mesures de précaution est la meilleure option pour contenir le virus insaisissable », a-t-il ajouté.
Dans ses dernières statistiques sur la situation du coronavirus, en date du 28 avril, le ministère de la santé notait que la wilaya du Guidimakha battait le record du nombre de cas actifs liés au coronavirus.
A l’heure actuelle, aucune explication n’a été fournie sur les raisons de la recrudescence exponentielle de la maladie dans cette partie du pays. Pour le moment, les autorités sanitaires tentent de rassurer.
« Nous avons étudié en détail les besoins des centres et des points de santé afin de faire face à cette phase accélérée de propagation. Nous devons prendre garde contre le danger de sous-estimer le fléau et du respect strict des mesures de précaution », a alerté Mohamed Mahmoud Ould Ely Mahmoud, directeur de la Surveillance épidémiologique au ministère de la Santé.
« Nous allons procéder immédiatement à la correction des lacunes constatées dans la mise à disposition des moyens et équipements appropriés pour faire face à la situation présente », a indiqué M. ould Ely Mahmoud.
La Mauritanie a lancé sa campagne de vaccination depuis le 26 mars dernier.
Elle a déjà acquis 50.000 vaccins de la Chine, 31.000 de la France dans le cadre de l’initiative Covax et 10.000 autres des Emirats arabes unis.
AMI – La Mauritanie célébrera, samedi, 1er mai, la fête internationale du travail dans des conditions particulièrement difficiles, marquées par la pandémie du Corona virus COVID 19.
A cette occasion, le ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration, M. CamaraSaloumMohamed, a prononcé un discours dans lequel il a souligné que le gouvernement a mené et adopté d’importantes mesures pour, non seulement relancer le marché, mais également, soutenir les travailleurs dans la précarité, fortement impactés par la crise, et sauver le maximum d’emplois.
Il a aussi rappelé les réalisations qui traduisent dans les faits le volet social de l’ambitieux programme du Président de la République, Son Excellence M. MohamedOuldCheikhElGhazouani, mis en œuvre par le gouvernement du Premier Ministre, M. MohamedOuldBilal.
Au plan juridique, il a déclaré que la priorité a été accordée à la refonte du système normatif et à la création d’un cadre permanent de concertation pour garantir les droits fondamentaux au travail.
Voici le texte intégral du discours du ministre :
« Chères sœurs travailleuses
Chers frères travailleurs
A l’instar des autres pays du monde, la République Islamique de Mauritanie célèbre la fête internationale du travail dans un contexte marqué par une crise sanitaire, qui est passée d’un stade épidémiologique à une pandémie affectant toutes les économies du monde.
L’esprit du 1er mai, celui de la solidarité entre travailleurs, n’a jamais été aussi puissant qu’en ces années de Covid.
La célébration de la Fête du 1er mai est une occasion singulière de rencontre et de dialogue entre tous les partenaires pour évaluer les acquis et ouvrir les perspectives d’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs.
En réponse à ce contexte, le gouvernement a mené et adopté d’importantes mesures pour, non seulement relancer le marché, mais, également, soutenir les travailleurs fortement impactés par la crise et sauver le maximum d’emplois.
Permettez-moi de citer des réalisations qui traduisent dans les faits le volet social de l’ambitieux programme de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mis en œuvre par le gouvernement du Premier Ministre, M. Mohamed Ould Bilal.
Ces réalisations ont pu être faites grâce à un partenariat constructif avec les employeurs et les travailleurs pour faire valoir l’intérêt supérieur de notre Nation. C’est grâce à l’effort et au travail de nos fonctionnaires, de nos salariés et des indépendants que la vie nous libère des obstacles du temps et de l’espace.
Chères sœurs travailleuses,
Chers frères travailleurs,
La priorité a été accordée à la refonte du système normatif et la création d’un cadre permanent de concertation pour garantir les droits fondamentaux au travail. C’est ainsi que notre Département a :
1) Engagé la révision du régime de la protection sociale dans les deux secteurs public et privé en vue d’améliorer les prestations dont bénéficient les travailleurs surtout en ce qui concerne les pensions. Cette révision a consacré le rehaussement de l’âge de retraite de 60 à 63 ans pour tenir compte de la nécessité d’assurer la relève intergénérationnelle et la pérennisation du régime de sécurité sociale. Comme elle a permis le doublement du niveau des pensions dans le secteur public et aura le même effet dans le secteur privé à travers le rehaussement du plafond des cotisations.
2) Lancé la révision globale de la loi n°67/039 portant création du régime de sécurité sociale pour l’adapter aux évolutions socio-économiques de notre pays ;
3) Soumis aux partenaires sociaux la révision du Code Travail et celle de la Convention collective générale pour renforcer leur efficience ;
4) Lancé la révision de la loi n°93/09 portant statut général des fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat pour tenir compte des évolutions institutionnelles en matière de décentralisation (administration territoriale) et améliorer la gestion des ressources humaines de l’Etat ;
5) Restructuré le Conseil national du dialogue social pour une meilleure gouvernance sociale, en vue de créer des conditions de relations confiantes entre les acteurs et amorcer la mutation qualitative du modèle des relations professionnelles davantage basé sur les négociations collectives en un modèle plus élargi ;
6) Le chronogramme relatif à la représentativité syndicale pour bâtir un système crédible, juste de dialogue social vous sera soumis dans les jours à venir ;
7) L’amélioration des prestations de l’Office National de la Médecine du Travail et la réorientation de ses missions vers davantage de prévention afin de lutter en amont contre les risques professionnels dont les travailleurs peuvent être victimes et ainsi renforcer notre système national de santé et de sécurité au travail ;
8) Le renforcement des capacités des inspecteurs et contrôleurs du travail pour s’assurer de l’application rigoureuse de la législation du travail et de sécurité sociale ;
9) La formalisation de l’économie informelle afin de favoriser les actions de contrôle de l’inspection du travail et contribuer ainsi à l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs vitaux de notre économie.
Chères sœurs travailleuses,
Chers frères travailleurs,
Pour promouvoir et consolider la justice sociale gage d’un travail décent, le gouvernement s’est attelé à renforcer ce partenariat avec les organisations internationales et régionales en charge des questions du travail, de l’emploi et de la protection sociale.
Dans ce cadre, plusieurs chantiers importants ont été réalisés au cours de cette année, qui visent la mise en œuvre des conventions internationales du travail relatives à la garantie des droits fondamentaux au travail et plus spécifiquement ceux relatifs à la protection des droits au profit des travailleurs susceptibles de précarité.
C’est ainsi qu’il a été procédé :
– Au lancement des consultations régionales pour l’élaboration de la liste des travaux dangereux pour les enfants en Mauritanie qui entre dans le cadre de l’exécution du plan d’action pour l’élimination du travail des enfants (PANET RIM).
Cet ambitieux projet vise à protéger les générations futures contre les dangers qui découlent de cet abominable phénomène et à mettre en œuvre les conventions internationales du travail N° 138 et 182 de l’ONT relatives au travail des enfants.
– A la lutte contre le travail forcé avec l’appui du projet communément appelé Bridge, mis en place par le BIT et le département américain chargé du travail (US.DOL) pour mettre en œuvre la convention n°29 de l’OIT sur le travail forcé et son protocole de 2014.
Il s’agit là des principaux acquis réalisés par nos travailleurs que nous allons consolider incha Allah grâce à notre engagement collectif, à notre volonté commune et à notre responsabilité partagée pour une Mauritanie paisible, harmonieuse et développée.
Enfin, en ce jour mémorable, repère de la grande marche des peuples vers la liberté et la justice sociale, je vous adresse mes meilleurs vœux et vous souhaite bonne et joyeuse Fête du Travail.
Vive la fête du 1er Mai
Vive les travailleuses et travailleurs de Mauritanie
RFI Afrique – Plus de 500 personnes ont assisté, jeudi soir, à Nouakchott au meeting commémoratif du 9e anniversaire de la publication du manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines ou descendants d’esclaves.
Cette année, les organisateurs ont choisi de se pencher sur le thème de la réforme foncière pour permettre aux descendants d’esclaves de retrouver les terres que leurs ancêtres exploitaient pour leurs anciens maîtres. Une loi existe dans ce cadre, mais elle n’est pas appliquée selon les auteurs du manifeste.
Les auteurs du manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux se sont succédé à la tribune, dans la soirée jeudi 29 avril, pour appeler à une application de la réforme de la loi foncière dans le pays.
«Notre message aujourd’hui : il y a urgence de mener à bien cette réforme foncière et de l’engager de manière effective pour que les victimes, qui sont les Haratines essentiellement, retrouvent accès à la propriété de leurs terres, pour que cette terre, cette propriété puisse être un élément de promotion sociale et économique de ce pays », estime maître el-AidOuldM’Bareck, avocat au barreau de Nouakchott, président sortant du manifeste, el-Mizar.
La réforme de l’exploitation des terres agricoles, a été adoptée en 1981 à la faveur de l’abolition officielle des pratiques esclavagistes. « Une mesure d’accompagnement de l’abolition de l’esclavage en Mauritanie pour qu’ils garantissent aux anciens esclaves l’accès aux propriétés de la terre, mais malheureusement malgré les règles claires de cette loi, les féodalités ont continué à exercer leur pouvoir sur la terre et sur ceux qui aussi habitent dans ces terres », ajoute maître el-Aid Ould M’Bareck.
Le gouvernement mauritanien ne reconnaît pas l’existence de l’esclavage. Officiellement, les autorités parlent de séquelles qu’elles essayent d’éradiquer.
Avec notre correspondant à Nouakchott, Salem Mejbour
M. OuldAbdelAziz en a tellement dit, pour sa personne et contre les autres, lors de sa dernière conférence de presse, que l’on ne sait pas par où commencer pour lui rétorquer. Sa mémoire, outrancièrement sélective, ne retient que ce qui peut faire vibrer la compassion du public et la sympathie naturelle à l’égard de toute victime. Donc le voilà à fond sur l’autovictimisation. L’idée générale est d’apparaître comme la proie d’une chasse à l’homme implacable de ses adversaires- c’est à dire tout le monde, pouvoir et opposition coalisés. La même fibre que celle qu’il avait cherchée en vain à faire vibrer en se taillant le boubou léger transparent de « Président des pauvres » au dessus de la tenue du pirate qui venait de s’emparer de la Republique. Aujourd’hui, par exemple, sur ce registre victimaire, M. Ould AbdelAziz se plaint de n’avoir pas reçu une seule ouguiya de sa pension de retraite depuis des mois, pour preuve du règlement de comptes dont il serait l’objet. Si c’est vrai il doit les réclamer haut et fort et en justice. Mais lui, qu’a t’il fait des salaires du Président Feu SidiOuldCheikh Abdallah qu’il renversa et tint en otage pendant des mois, et à qui il a interdit jusqu’à son départ, de les percevoir? A t’on entendu une seule fois, l’ancien Président (jusqu’à son décès) ou l’un quelconque des membres de sa famille s’en plaindre ? Cela fait 12 ans que ça dure… Il dit être victime de persécution lui qui n’hésita pas à mettre fin à un match de foot qui l’ennuyait apparemment, au risque de faire rire le monde entier à nos dépens? Se souvient-il de la fameuse conférence de presse à laquelle il mit fin, en direct, à cause des questions gênantes de l’excellent Oudi’a– qu’il mettra en taule d’ailleurs…? Il insiste lourdement sur l’augmentation du « budget de la Présidence » et sur la hausse des émoluments des députés. Certes. Mais il oublie que lui même avait fait de son salaire de President, l’un des 10 plus élevés du monde! Que dire après ça de la bonne foi?
Le dimanche 18 avril 2021, dans la région de Rosso, département de Rkiz, à Gweylidj, localité de Adala, les anciens maîtres et nomades, à bord de 12 véhicules surchargés de nervis, débarquent au village 12/12, que peuplent les hratin, descendants d’esclaves et paysans. Le lendemain, ces derniers découvrent leurs potagers détruits et la motopompe confisquée puis remise à la gendarmerie ; les auteurs du dégât s’étaient assuré la connivence des agents de l’Etat, avant d’entreprendre l’expédition punitive. Ils appartiennent à la féodalité locale de la tribu berbère Idab Lehssen.
Aussitôt, les cultivateurs repartent, à Rkiz, en vue de récupérer le matériel saisi et dénoncer les destructions de plants et de récoltes; les forces de l’ordre s’empressent d’en arrêter 6. Après 3 jours de cachot, voici 4 d’entre eux, déportés à Rosso, chef-lieu de la région où le juge d’instruction leur impose le contrôle judiciaire, avec obligation de se présenter, à intervalle de 24 heures. La plupart n’ont pas de connaissances sur place, de moyens de substance ni d’hébergement, loin de chez eux. Parmi les personnes interpelées, nous avons pu identifier la famille Alioune Ould Mkheitir : El Bou, Tiyib Ahmed, Abdallahi, Yacoub Saleck, Salem Dah, tous en âge de travailler la terre, leur unique source de subsistance.
Ayant exclu de céder les champs, les parents restés dans la localité reprirent l’exploitation des parcelles en contestation. Face à leur détermination, la gendarmerie commit une violente charge, sur les civils, avec usage de grenades lacrymogène et de molestations, sous les ordres de Mohamed Maatalla chef de brigade et de ses adjoints Abdallah et Babah, soldats de 4ème échelon. Le procureur de Rosso continue de répéter, aux anciens esclaves : « je vous invite à rejoindre vos « parents (synonyme pudique de féodal ou suzerain, en dialecte hassaniya) afin de parvenir à un règlement amiable ».
La liste non-exhaustive des auteurs de l’agression tribale et suprématiste comprend Mohamdi Ould El Cheikh, Mokhtar Ould El Cheikh, Mohamedou Ould El Moualla, Mohamed Salem Ould Abdel Kader et Dellahi Ould Ahmedou Haiballa, tous maures arabo-berbères sans expérience de l’agriculture.
Dès le 19 avril, Ira-M maintient une mission d’assistance sous la conduite de la vice-présidente, Kadiata Ba. Ses membres ont élu domicile dans une tente qui abrite les manifestants quotidiens, devant la brigade de gendarmerie, devenue centre de rétention préventive.
II. Lexeiba
Le 03/04/2021, un tracteur appartenant au nommé Abdallahi Ould Saleck débutait les travaux d’aménagement d’un périmètre exploité par des hratin, depuis la colonisation française, à Lexeiba, arrondissement du département de R’kiz, région du Rosso.
Les propriétaires demandent, au chauffeur de l’engin de cesser son activité ; il en informe le commanditaire des travaux de terrassement, lequel arrive pour convaincre, les récalcitrants, que le domaine lui a été vendu par le dénommé Mohamed Yacoub Ould Said.
Le même jour, les propriétaires reçoivent, de la brigade de gendarmerie de Dar Elbarka, une convocation du chef d’arrondissement, au 08/04/2021. Le rendez-vous échu, ce dernier leur précise le motif de l’assignation : « je ne vous parle pas en ma qualité de fonctionnaire ; je suis l’un des vôtres et souhaite trouver un consensus avec Yacoub Ould Moussa Cheikh Sidiya », le maire de la commune de Lexeiba 2. Au constat de la réponse négative à l’offre, l’officier commandant de la brigade de gendarmerie les fait quérir à son bureau et leur apprend la plainte, contre eux, du sieur Abdallahi Ould Saleck, auprès du parquet du tribunal de première instance d’Aleg, région d’Aleg. Le plaignant allègue des dommages, dus à l’arrêt du tracteur, qu’il prétend avoir chèrement loué, grâce à la sueur de son front. Or, Yacoub Ould Moussa Ould Cheikh Sidiya nie toute implication. La requête en justice est libellée aux noms des sieurs Abdallahi Saleck et Yacoub Ould Mohemd Said; néanmoins, les victimes Hratin continuent à clamer devant les juges que la source de leurs déboires n’est autre que le maire Yacoub ould Moussa Cheikh Sidiya.
En conséquence, les agriculteurs se retrouvent devant le magistrat d’Aleg, le 12/04/2021. Après avoir entendu les parties, il soumet, l’affaire, à un examen approfondi et fixe la date de la prochaine audition, 48 heures après. A la suite de l’interrogatoire de 3 d’entre eux, les 4 hratine sont mis aux arrêts.
Les prévenus partagent la cellule de 2 prisonniers de droit commun, parqués dans une pièce exiguë. Ils ne disposent d’aliments à la rupture du jeûne et subissent la privation de visite, des leurs et des organisations de défense des droits de la personne. La délégation de soutien d’Ira- Mauritanie leur offrait, alors, le montant symbolique de 60.000 ouguiyas anciennes, en guise de secours d’urgence.
III. Personnes en cause à Lexeiba
a. Autorités : Taleb, chef de brigade de gendarmerie de Dar Elbarka, région du Brakna, Cheikh Baye, procureur d’Aleg, Said Ould Mohamed Elhacen, juge d’instruction, et Isselkou Ould Med Sghair, préfet de Rkiz, fonctionnaires.
b. Victimes, famille Ehl Mkehitir: El Bou 41 ans, Tiyib 40 ans, Ahmed 36 ans, Abdallahi 27 ans, Yacoub Saleck 27 ans, Salem Dah 27 ans, cultivateurs.
c. Usurpateurs présumés : Mohamdi Ould El Cheikh, Mokhtar Ould El Cheikh, Mohamedou Ould El Moualla, Mohamed Salem Ould Abdel Kader, Dellahi Ould Ahmedou Haiballa, hommes d’affaires.
d. Responsabilités connexes : Abdallahi Ould Salek, propriétaire du tracteur, Mohamed Yacoub Ould Said, conducteur de l’engin, Yacoub Ould Moussa Cheikh Sidiya, maire et plaignant potentiel, sous réserve de confirmation.
IV. Conclusion
Le contentieux foncier court, depuis des années et tend à se généraliser, sur la totalité du territoire. En 2021, le dissentiment oppose plusieurs notabilités maures et les agriculteurs noirs, d’ascendance soudanienne ; les deux groupes sont liés par l’usage commun du dialecte hassaniya, fruit de siècles de servilité, au double motif de la race et de la religion.
Les élites traditionnelles assurent, aux pouvoirs successifs de Nouakchott, la loyauté d’une clientèle achetable, lors des scrutins au suffrage universel direct. Cette circonstance n’a rien de spécifique à Rkiz et Lexeiba. Elle constitue le mode de légitimation privilégié de la domination aussi bien chez les maures qu’au sein des ethnies noires du sud. En retour, le gouvernement central, les forces de sécurité, la justice et l’administration territoriale veillent à maintenir les privilèges de la minorité dominante. Sans discontinuer et peu importe le gouvernement de l’instant, les autorités violent, ainsi, la Constitution et l’ordonnance 83-127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale ; jusqu’ici, le texte est appliqué seulement quand il s’agit d’exproprier le paysannat non arabophone, en l’occurrence les locuteurs du Pulaar, du Soninké, du Wolof et du Bambara. Pourtant, la norme, explicite, ne comporte aucune exception :
Article Premier : La terre appartient à la nation et tout Mauritanien, sans discrimination d’aucune sorte, peut, en se conformant à la loi, en devenir propriétaire, pour partie. Article 2 : L’Etat reconnaît et garantit la propriété foncière privée qui doit, conformément à la Chariâa, contribuer au développement économique et social du pays. Article 3 : Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli. Article 4 : Tout droit de propriété qui ne se rattache pas directement à une personne physique ou morale et qui ne résulte pas d’une mise en valeur juridiquement protégée est inexistante.
appelle les magistrats, les députés et le gouvernement de la Mauritanie, à favoriser, d’urgence, une législation plus en conformité aux droits universels. Le foncier rural continue de privilégier des groupes et castes peu familiers de l’agriculture mais qui détiennent les titres, au nom de leur supériorité de naissance. Les autochtones, en particulier les natifs issus de groupes serviles et/ou les afrodescendants, se retrouvent, de facto, étrangers sur le sol de leurs ancêtres. Dès la moindre protestation, le bloc conservateur leur oppose la violence et la rigueur des prétoires, dont la composition et les arrêts préservent et confortent les tribus, au détriment de l’intérêt général.
propose de confier la gestion neutre des dossiers du genre, à une agence nationale de prévention et de réparation du préjudice raciste, tant les abus de discrimination n’épargnent plus aucun secteur de la société; le retard au traitement équitable des litiges accentue le délitement de la communauté de destin et élargit la faille entre citoyens de première et de seconde zone. Au fil du temps, il devient peu probable que la Mauritanie puisse sortir, indemne, de l’épreuve du moment. Pourtant, 3 décennies d’alarmes et d’avertissements récurrents auraient dû guider les décisions au sommet de l’Etat.
Nouakchott le 26/04/2021 La commission de communication
Mourassiloun – Les persécutions ne réussiront pas à faire taire la vérité, a affirmé l’ancien président MohamedOuldAbdelAziz au cours d’une conférence de presse, organisée le mercredi 28 avril courant dans la soirée à Nouakchott.
Les autorités ont saisi tous mes biens, y compris le bail de mes maisons, de celles de ma famille et de mes proches, a-t-il ajouté, affirmant que son ciblage est même allé plus loin, en coupant sa pension « que je dois percevoir en ma qualité d’ancien président », a-t-il ajouté.
Ould Abdel Aziz a attaqué l’actuel président OuldGhazouani, qualifiant la politique du consensus d’inutile pour le pays et la situation de s’empirer depuis l’accession au pouvoir des actuelles autorités.
L’ancien Chef d’Etat a illustré ses propos par ce qu’il a appelé la recrudescence de l’insécurité et la flambée des prix, exprimant son étonnement vis-à-vis des augmentations du budget de la présidence de la république de 1,2 à plus de 3 milliards.
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