Suite à la diffusion des informations erronées sur les réseaux sociaux concernant mon admission au concours de l’ANARPAM (Agence Nationale des Recherches Géologiques et du Patrimoine Minier) pour occuper le poste de responsable du département de Gestion du Patrimoine Minier, je viens avec rigueur démentir les faits insinués à ce sujet. En effet, une rumeur pour ne pas dire une information » a été partagée sur des réseaux sociaux et relayée par d’autres groupes sociaux, expliquant que mon admission a été effective grâce à l’intervention de Mr Amedi Camara. Je viens faire à ce sujet, un démenti formel. Il ne s’agit là que des allégations non fondées. Le concours a été organisé avec rigueur et professionnalisme, mes compétences et mon expérience ont primé. Contrairement à ce qui a été affirmé, sans vérification préalable, Mr Amedi Camara n’a pas fait d’intervention pour cette admission rendue effective qu’à la suite de l’organisation d’un concours et sur la base des compétences exigées. Je rappelle que le concours a été organisé par un bureau étranger et que tout au long du processus, nous n‘avons eu en aucun moment affaire ou contact avec l’ANARPAM. Et, étant donné que j’étais sur le terrain depuis 6 mois à Tmeimichatt, une zone à peine couverte par le réseau, je n’ai eu, en aucun moment lors de l’organisation de ce concours, des contacts avec qui que ce soit.
mardi 13 Avril 2021 sur appel de la Directrice de Cabinet à la Présidence de la République, Le Président a eu l’amabilité de m’accorder un entretien.
Cet échange a tourné autour de généralités portant sur les visions respectives et nos dispositions d’esprit communes à aborder les problèmes dans l’intérêt bien compris de la Nation. A faire de sorte que ‘’ la diversité ne tourne pas en adversité’’, étant entendu que personne n’avait l’apanage du patriotisme.
Des échanges ou la communication autour des défis nationaux entre acteurs politiques constituait, en soi , déjà une amorce de solution ; un problème débattu est à moitié résolu, dit l’adage …
En tout état de cause nous avons renouvelé les dispositions des FPC à accompagner dans la bonne direction.
Bref, cette rencontre a surtout permis de briser la glace entre Mr Ghazouani et moi-même. Quelque peu timide au début elle s’est achevée sur un climat détendu.
Le conflit est certes un phénomène social « inévitable », mais il est en dehors de la « normalité » (déjà difficile à appréhender). Le conflit est en tous les cas une situation de « crise ». On ne peut pas dire que la fièvre est une « situation normale » pour le corps d’un être vivant. Les meilleurs spécialistes de la sociologie du travail surtout (où conflit et négociation sont au centre de la réflexion sociologique) présentent le conflit comme inhérent à tout système social et à tous les systèmes du vivant. La crise selon les spécialistes de la philosophie est une étape nécessaire à la résolution des contradictions de la matière pour passer à un état qualitatif autre (parfois qualifiée de supérieure…) ; en tout cas à une nouvelle réorganisation de ses structures qualitativement différente de la précédente. Certes, nous devons accompagner la résolution d’un conflit social (crise) mais sans aucune ambiguïté, ça doit être dans le sens de nos convictions intimes (ici dans l’intérêt de la majorité des hommes et femmes considérés comme étant au bas de l’échelle sociale…) Dès lors, dans les pays soninkés, nous devons comme dans la conclusion de ce texte dénoncer les vestiges du système féodalo-esclavagiste mais sans faire croire aux gens que rien ne doit changer après la crise. Il faut que tous ceux qui ne comprennent pas bien les enjeux actuels sachent que si l’Afrique n’apprend pas à mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, nous serons toujours dans le peloton de queue de l’humanité. Les menteurs, les corrompus, ceux qui s’assoient sur nos institutions modernes, les féodaux, les racistes sont en grande partie à l’origine de cette crise profonde des sociétés africaines. Ils sont les alliés subjectifs et objectifs indispensables aux forces extérieures qui viennent nous piller et détruire notre environnement et nous avec… si on reste les bras croisés. Cependant, nous devons toujours rester sur une note positive : nous devons toujours élargir nos rangs mais par la pensée critique sans compromission avec les ennemis de l’Afrique.
En ce premier jour du mois de ramadan ses pensées se tournent vers l’ incident qui a eu lieu à la Zaawiya Mpaly Kaba à Kaédi, le 5 Avril 2021, un incident que nous regrettons profondément. Nous espérons que le mois béni de ramadan va apaiser les cœurs, et ouvrir le chemin qui mène à la paix. Aux blessés, souhaitons un rétablissement rapide et total. Quant à ceux qui sont en détention, il est important que leurs droits soient protégés. Quelque soit la position que nous occupons par rapport à l’épicentre de l’incident nous en sommes tous affectés, soit directement ou indirectement.
Dans ce contexte, il est à rappeler que, le conflit est un phénomène social normal parce que inhérent à la vie sociale. Il est impératif de l’approcher avec sérénité pour le résoudre d’une manière constructive pour ne pas causer de dommages irréparables au tissu social qui est notre abri commun. Nous espérons qu’en dépit du caractère complexe et sensible de cet incident, avec des bonnes volontés de part et d’autre, une solution satisfaisante sera trouvée.
Tout comme le reste de la Mauritanie, la société Soninké a un handicape non négligeable, i.e., la mentalité féodale avec ses corollaires. Ces imperfections méritent d’être dénoncées et corrigées au nom de la justice sociale d’une part, et pour la libération du potentiel de tous ses membres afin de leur permettre de se réaliser pleinement. Ceci est également valable pour toutes les communautés.
Enfin, tout le monde doit–équitablement jouir des valeurs démocratiques que nous chérissons sans aucune forme de distinction.
Demander un traitement égal est un droit reconnu par la constitution et consacré par la déclaration universelle des droits de l’homme dont l’article 1 qui stipule que « tous les hommes naissent égaux en liberté et en dignité, » etc. En d’autres termes, les valeurs démocratiques sont indivisibles, elles sont à la fois théoriques et pratiques, c’est à dire que nous ne pouvons pas seulement les chanter, sans les mettre en pratique.
Bon ramadan a tous.
Bakary Tandia, Human Rights Advocates, New York, April 13, 2021.
Le député et président du parti RAG, M. BiramDahAbeid a animé aujourd’hui (mardi 13 avril 2021), une conférence de presse dans les locaux de son siège à Riyadh.
Au cours de cette conférence de presse, il a exhorté les populations à continuer l’application des mesures préventives contre le coronavirus qui sévit encore. Et sur ce point, il a demandé aux équipes médicales mobilisées par le ministère de la santé à vacciner les franges de la population les plus fragiles afin de les prémunir.
Biram a aussi rappelé aux autorités de lutter scrupuleusement contre la prévarication qui est héritée des pouvoirs précédents. De ce fait, il a attiré l’attention des mauritaniens sur l’exemple du président sortant qui est poursuivi par la justice.
« Nous devons tous accompagner le pouvoir en place à éradiquer tous les fléaux et crises (injustice, exclusion, clientélisme, esclavage, …) que le président Aziz a semé dans nos rangs », a-t-il dit. Toutes les libertés dit-il doivent être respectées par les autorités.
A cette occasion, il a exprimé son soutien à El Kory Brahim Sneiba qui a été limogé de son poste de conseiller chargé de la communication du ministre de l’Education nationale après avoir participé à une conférence de presse de l’ONG SOS Exclaves dont il est membre.
Il a appelé les autorités à renforcer les qualités de tous les services et secteurs de l’Etat devant le citoyen surtout en ce qui concerne les pièces d’état-civil, l’emploi des jeunes, l’octroi des terrains à titre d’habitation, les soins, la justice.
Selon Biram, grâce aux démarches qu’il a entreprises et les rencontres avec le président et les différents responsables, plus d’une trentaine de jeunes militants du mouvement IRA et du parti RAG ont été recrutés, nommés et promus dans certains départements. Ces derniers gardent toujours leur position de militant et de sympathisant tout en respectant le règlement du travail.
Devant l’assistance, le député Biram entouré des membres de son parti, a insisté sur l’emploi des jeunes surtout ceux issus des couches vulnérables. « J’ai soumis au président et à plusieurs responsables des dossiers sur les questions de l’emploi, des soins médicaux, d’acquisition de parcelles, de règlement de litiges fonciers parce que je dois voyager à l’étranger », a-t-il signifié.
Au passage, il a noté le cas des habitants de Daffor qui sont victimes d’expropriation des terres qu’ils exploitaient depuis 1905 et celui d’un paysan à N’Diago qui s’est vu son périmètre agricole de plusieurs hectares confisqué par un homme influent.
Nos audiences et concertations avec le président Mohamed Cheikh ElGhazouani nous ont donné l’espoir qu’il est capable de réaliser d’importants projets pour les citoyens. Et nos conseils et points de vue sont pris en considération, raconte le leader du parti RAG.
Et il a souligné qu’il est de l’opposition participative qui œuvre dans l’intérêt des citoyens et le dénouement des problèmes. « J’ai toujours mis l’intérêt des populations en premier lieu parce que je suis un élu du peuple », conclut Biram.
La culture est la somme des savoirs accumulés par l’homme. Elle est le propre de l’homme. Quelque soit la forme de l’esclavage, séquelles ou pas ne doit pas faire parti d’une culture elle doit être combattue.
La culture est au delà de toute distinction des peuples et des classes. Le mot culture qui est proche civilisation qui signifie ; arraché l’humanité de l’ignorance et l’irrationalité. Ce processus est encore loin d’être achevé chez nous. Tous les peuples ont vocation à être dans ce mouvement, malheureusement notre société reste immobile sur cette question qu’elle mêle toujours à la culture.
Bien qu’il existe une certaine opposition entre la culture et la civilisation qui est qu’on peut être civilisé sans avoir la culture. La noblesse est généralement civilisé (bien habillé, bien parfumé, etc.) me manque de culture. L’ascension progressive de certaines couches sociales qu’on assiste aujourd’hui n’est permise que par l’accumulation de la culture, symbole de savoir et de progrès.
Avant ce qu’on appelle la culture n’existe plus et ne doit plus exister, il y a d’abord la culture humaine. La culture est ce tout complexe (Edward Tylor), une définition qui se veut objective et non normative. Il y a une dimension collective. La culture ne peut pas être biologique. Le mot culture est neutre, elle permet de penser à l’humanité et de rompre avec l’approche des primitifs. Je tiens à souligner que les primitifs ne sont pas des sauvages, ils ont une culture. Tous les humains sont des êtres de culture. Il n’y a pas de rupture entre l’homme sauvage et païen et l’homme civilisé et monothéiste. Il y a seulement une différence de degré d’avancement dans la voie de la culture. Si notre culture se réduise à des hiérarchies des castes, des éloges, quelque chose ne va pas.
Franz Boaz, Race, Language and Culture à l’inverse de Tylor, nous explique la différence entre les humains est d’ordre culturel et non racial.
On rejette les cultures dans le domaine de la nature et on les disqualifie. Le fait qu’un individu né esclave, noble, griot ou je ne sais quoi d’autre n’est ni d’ordre culturel ni même d’ordre naturel mais de l’ordre imaginaire collectif. Dans la déclaration universelle des droits « les hommes naissent libres et égaux ». Si on regarde le vocabulaire formuler pour qualifier tel est esclave, descendant d’esclave, noble, griot, imam, il y a référence à l’animalité et à la barbarie. C’est une façon de garder sa légitimité et en délégitimant les autres.
Des sociétés fondées sur le sentimentalisme et le faire plaisir sont vouées à l’échec tôt ou tard. Des sociétés qui se morcellent en plusieurs entités. L’État garant ne peut pas faire respecter les lois et la dignité humaine. Le désordre s’installe partout puisque les individus sont en perte de repère. Les chefs locaux feront régner la terreur et une justice sans base juridique. L’esclavage quelque soit sa forme est la condition de priver un individu de toutes ses libertés. Il devient la propriété de son maître comme ses autres biens. Du moment qu’il devient le bien de son maître, il peut faire de lui ce qu’il veut. Il réduit l’humain a une chose donc les choses ne sont pas culturelles mais de l’imagination culturelle de l’homme.
Le féodal, le vantard qui pense qu’il est de race supérieure et les autres sont ces choses. Imposé sa volonté et décidé qui doit chanter, mentir, danser, diriger, etc. Parlé à son nom, être présent dans ses assemblées.
L’ordre social actuel repose sur la violence verbale. L’individu est constamment sur la menace à cause d’une forte pression sociale qui pèse sur lui. On distingue plus le réel de l’imaginaire. Notre sentimentalisme nous rend aveugle. D. Schnapper « dans la société démocratique moderne le lien entre les hommes n’est plus religieux ou dynastique, il est politique. Vivre ensemble, ce n’est plus partager la même religion ou être sujets du même monarque, c’est être citoyens de la même organisation politique ». Nous sommes tous des citoyens mauritaniens. L’égalité en droit et en dignité n’est plus quelque chose de négociable mais obligatoire. Qui le mérite !
J’ai lu des commentaires sur ces faits et leurs conséquences. J’avoue avoir été déçu par les positions de certains intellectuels de la communauté mise en cause que j’ai scrutées avec beaucoup d’attention. Pratiquement, la plupart des amis sur la Toile que j’ai lus se cramponnent chacun à une aile des protagonistes. Et surtout l’aile dite féodale. Je ne suis pas du tout à l’aise de citer les féodaux et leurs inévitables et prétendus esclaves. Un langage encore vivace dans cette communauté. Où les débats que j’ai vus ne semblent pas prendre de distance avec ces idées rétrogrades. Et mon sentiment culmine à une exaspérante gêne à l’idée que la féodalité a de beaux jours dans cette communauté où l’on semble vénérer les chefs auxquels nos amis intellos s’adressent avec beaucoup de déférence. Aucune communauté, y compris surtout celle de mes parents bidhans, ne se comporte selon moi de cette façon.
Je n’ai pas non plus remarqué que les références à l’esclavage soient condamnées et combattues avec toute la véhémence que la persistance de ce fléau requiert sans ambiguïté.
À mon avis et sans vouloir prétendre donner des leçons je considère que l’élite de ce pays, toutes communautés confondues, doit se démarquer des considérations régressives d’un autre âge et s’en désolidariser très clairement au lieu de contribuer à leur infame persistance.
La Coalition Vivre Ensemble a appris avec tristesse les affrontements entre deux groupes de la Zaawiya Mpaly Kaba de Kaédi, le 05 Avril 2021.
La CVE est d’autant plus préoccupée que ces affrontements ont occasionné de sérieux préjudices dont des blessés graves.
Ces évènements malheureux qui ont mis aux prises des personnes de la même communauté, de la même obédience religieuse, reposent la problématique du vivre ensemble chez nous et fait obligation à tout un chacun de jeter un regard critique sur les facteurs de discorde qui sont de nature à accentuer le ressentiment entre mauritaniens.
S’il est vrai que la position des protagonistes diverge sur l’origine du conflit, le danger que fait courir la crispation des positions interpelle sur la nécessité, l’impératif de prendre en compte, de façon sérieuse et objective, les problèmes relationnels entre éléments de même segment communautaire ; lesquels problèmes plongent leurs racines dans un passé où l’égalité, l’équité et l’égale dignité entre les composantes n’étaient (et ne sont toujours) ni réelles, ni prises en compte par la société qui, elle-même, reposait sur des fondements inégalitaires.
Cet héritage (commun à toutes les communautés mauritaniennes), qu’on l’appelle esclavage, séquelles de l’esclavage ou discriminations liées à la caste ou à la classe, qui engendre des frustrations – et on l’a vu des affrontements sanglants – nécessite qu’il fasse l’objet d’un large débat national pour refonder la société et la République sur des bases pérennes ; pour que les problèmes récurrents liés à cette problématique sociale ne viennent plus handicaper la marche du pays.
Autant les évènements de Kaédi, par leur gravité, interpellent, autant celui de Ouadane où une femme haratine (supposée esclave), aurait été donnée ou citée comme dot pour un mariage, ne peut être passé sous silence. Là aussi, les versions restant contradictoires sur le bienfondé ou non de l’affaire dénoncée.
Quoiqu’il en soit, devant des situations de nature à saper l’unité nationale et la cohésion sociale, la Coalition Vivre Ensemble :
– Rappelle l’impérieuse nécessité de mener une enquête indépendante et de portée nationale sur le phénomène de l’esclavage et ses pratiques associées dans notre pays;
– Invite les autorités nationales à faire la lumière, de manière impartiale, sur ces deux évènements ;
– Condamne la violence d’où qu’elle vienne ;
– Demande un large débat national autour de la problématique de l’esclavage, et de ses séquelles de l’esclavage, ainsi que toutes les discriminations liées à la caste ou à la classe sociale.
Une des erreurs, si ce n’est des malhonnêtetés, courantes chez nous est le fait de juger les conséquences sans pour autant toucher aux causes qui les ont induites ou les mettre, les unes et les autres, au même plan dans une analyse qui se réclame pourtant objective. C’est alors que l’on passe très souvent à côté des problèmes de fond pour ne disserter que sur des conduites ou actes qui ne font que voguer à la surface, au gré des grands courants qui les sous-tendent et déterminent leur mouvement. Deux erreurs sont à éviter si l’on veut rester un tant soit peu objectif. La première est celle qui consiste à oublier les grands courants régisseurs de la dynamique pour ne considérer que le comportement guidé des éléments qui y sont suspendus. La seconde consiste à établir une égalité de statut entre les courants et le comportement des éléments qu’ils transportent. Ainsi, plus d’une fois on entend des gens prendre les quelques droits à la demande de dons ou cadeaux accordés aux groupes hiérarchiquement défavorisés pour des privilèges au même titre que ceux que détiennent le ou les groupes favorisés. Ils s’en servent alors afin de faire valoir une « condition atténuante », et souvent même comme une contrepartie équivalente. Le moins qu’on puisse dire est qu’il s’agit d’un argument fallacieux que d’affirmer de telles positions. Le fait est que selon notre provenance sociale, il y a des chemins plus ou moins déterminés qui se déploient devant nous dans la lutte quotidienne pour notre survie. Ces chemins forment le potentiel qui nous est offert par notre milieu pour résoudre nos problèmes quotidiens ou construire une forme de réussite sociale. Il est clair que si un groupe dominé n’a droit que trop peu aux terres cultivables, ses chemins de survie vont être plus souvent ceux des travailleurs pour les propriétaires ; et ce, même si ses membres sont libres de faire autrement. La question n’est pas d’avoir libre choix d’accepter ou de refuser, il s’agit de prendre la meilleure des possibilités qui se présentent à un moment donné pour un but donné. Ainsi, si on décidait de juger le choix de travailler pour des prunes (c’est le cas de le dire) plutôt que de refuser de travailler, on passerait alors sous silence le partage inéquitable et totalement déraisonné des terres cultivables qui est un problème de fond. On pourrait alors arriver à conclure, de façon superficielle, que le travailleur n’avait pas à se plaindre car il a signé de plein gré son contrat. Au fait, cela n’est pas un exemple fortuit, il constitue un problème majeur dans nos localités où quelques familles ont la part du lion sur les terres là où d’autres peinent à trouver où habiter ; voyez-vous le combat contre l’accaparement des terres par des venants est une chose honorable. Mais qu’en est-il du partage rationnel des terres avec les groupes sous domination ? Mais plus proche du sujet encore, les cadeaux et autres dons que demandent les membres des groupes dominés ne constituent aucunement des chemins de premier choix pour acquérir des biens. Si aujourd’hui on acceptait de réorganiser la société, ils ne seront pas plus que nous intéressés à occuper une telle place dans la société. Ceux parmi eux qui accepteraient cette place ne seront pas plus nombreux que les nôtres qui en voudraient. Il faudra que l’on comprenne que le fait que certains groupes adoptent les pratiques citées a plus à avoir avec le résultat d’une construction sociale qui tend à spécialiser les gens suivant leur provenance. Le fait que les toorobbe, dans le milieu Pulaar, soient comparativement plus versés dans les études religieuses ne témoignent aucunement d’une aptitude intellectuelle particulière dont ils seraient les détenteurs. Cela n’est essentiellement que fruit d’une construction sociale. La construction joue donc le rôle de ces grands courants qui distribuent des trajectoires aux uns et aux autres assez fidèlement suivant leurs provenances respectives. Dévier de ces canaux est aussi difficile que ramer à contre-courant, c’est s’opposer au courant social qui ne manquera pas de tenter de réorienter les chemins selon son bon vouloir au moment où il encouragera ceux qui s’en conformeront. Il est ainsi d’une grande erreur que de penser que l’ensemble des dominants d’aujourd’hui auraient dévié de certaines conduites observées chez les dominés si jamais les rôles s’étaient inversés. La vérité est que, comme eux, ils se seraient adaptés à leur grande majorité au rôle qui leur est offert ; et comme vous pouvez alors le comprendre, ce n’est donc pas par choix du rôle mais par défaut et par contrainte sociale. Vous ne manquerez pas alors à me dire qu’eux aussi allaient agir, en majorité, si les rôles avaient été inversés, comme la nôtre est entrain de le faire -faudrait-il encore le reconnaître. Je vous dirai oui, qu’il y a en effet beaucoup de chances que cela soit vrai. Mais qu’évidement en le faisant ils auraient autant tort. Le tout est donc de refuser de jouer le rôle suprémaciste injuste auquel la société nous assigne; il est en effet plus aisé de le faire que de se défaire d’un rôle de subordination dans lequel on ne dispose d’aucun levier conséquent. Donc à la question de savoir si les dominants sont aussi conditionnés par la société que les dominés, la réponse est non. Les dominants, bien que fortement influencés par les règles sociales, ont tous les moyens d’y mettre un terme, ce qui est moins le cas chez les dominés.
Dans beaucoup de nos villages, des crises ont été occasionnées par le seul fait que des membres du groupe dominé aient refusé de faire la cuisine lors d’un mariage. Notre société trouve ce refus révoltant ! Mais quand ces mêmes individus viennent cuisiner en chantant et dansant, en demandant des cadeaux, on trouve qu’ils sont complices du système. Attendez les amis, que voulez-vous vraiment ? Qu’ils viennent cuisiner mais sans demander de cadeaux ? Peu d’entre vous me diront qu’ils sont contre qu’ils viennent cuisiner tout court. D’accord, mais dans ce cas vous conviendrez que leur reprocher d’accepter ou de demander les cadeaux est une belle façon de se tromper de coupables, vu qu’ils sont socialement enjoints à jouer leur rôle assigné. Allez donc dire à la société, aux dominants je veux dire, de lever ces charges sociales sur eux, d’accepter de renoncer à leurs privilèges de princes et de princesses injustement acquis, les vrais privilèges je veux dire, qui, pour exister, forcent les dominés à jouer le rôle critiqué. Pour s’en convaincre, imaginez un mariage au Fuuta dans lequel aucun des membres de ces groupes ne vient accomplir « son prétendu privilège », alors vous verrez que quoi que ces derniers puissent regretter un gain économique, les dominants quant à eux éprouveront une crise existentielle majeure. Car ces pratiques-là c’est bien les dominants qui les ont mises en place pour se délecter de leur propre position bien que les temps durs que nous vivons puissent occasionnellement leur faire subir quelques « effets secondaires ».
Pour conclure, j’appelle encore à ne pas vouloir ruser avec nos problèmes profonds ou les esquiver. Nous devons être objectifs. Mais l’objectivité n’est pas synonyme d’équilibrisme. Aspirer à être objectif c’est faire tout son possible pour attribuer aux différents éléments de son propos la place qui est la leur. Cela n’implique pas une nécessité de partager les fautes. La hiérarchisation dans notre société est un problème dont on connait le coupable qui est le système qui régit sa structure. Il profite aux uns et lèse les autres voire les asservit, il nous incombe de nous dresser contre, peu importe ce qu’il nous réserve personnellement ou de quel côté notre naissance hasardeuse nous a placés.
Nonobstant, une éducation émotionnelle aguerrie face à la mauvaise foi. On en perd le contrôle face à l’inadminissible ignominie de l’ignorance, de ceux qui approuvent l’existence d’une supériorité subjective d’un être humain à un autre, dûment liée à la naissance. Il est primordial, d’admettre, sans équivoque que l’esclavage est un concept abominable. Qui ne doit son existence qu’à la vacuité et à l’avidité d’individus venaux, mus par la seule volonté de s’ enrichir sans effort ; D’une part en déshumanisant l’homme, vendu comme du bétail et d’autre part pour la gratuité du travail. Ce phénomène est exécrable et nul ne doit l’avaliser ou le glorifier, mais plutôt faire blemir de honte tout homme digne et pourvu de raison. Il est opportun de rappeler, que l’innovation sociale est plus importante, son rythme plus intense, sa portée plus étendue. N’eut été, en outre, cette pensée nouvelle, de l’émancipation et de la justice entre les hommes, partir sur des bases saines pour l’humanité plusieurs personnalités afro américains de lignage servile n’auraient pas atteint à priori certaines positions stratégiques dans la vie publique des US (Armée, Première Dame, haute administration et autres). En réalité , sauf un hasard malheureux, on soit atteint de cécité et de surdité ou que l’on soit en marge de la société, l’esclavage, demeure un crime contre l’humanité. Il doit y avoir dans les temples du savoir le temps de l’observation nécessaire pour se faire une idée objective d’un conflit fratricide basé autour de la sempiternelle question de l’esclavage et ces séquelles. Nous avons vécu, ces dernières semaines de manière sporadique, l’infâme histoire de la dot de Ouadane , la théâtrale et scabreuse de kaedi. En somme, cela n’a fait qu’affirmer, que le mal se trouve dans les us et coutumes, qui loisiblement veulent nous faire croire qu’une femme hartani peut être chosifiee, que l’imamat s’acquiert par dévolution famialle. Cela dit, au-delà, de la multitude des faits que l’on pourrait égrener à l’infini à ce sujet, il ne s’agit plus cependant de pointer les causes où d’en Indexér les coupables, connu de tous . Il s’agit plutôt de s’ériger avec détermination face à ce relief hideux, imsipide enrobé dans un corps malade et un esprit impie. Au regard des faits, oui, à l’introspection collective pour améliorer notre vivre ensemble, aussi figuasse soit-elle, par un effort collectif et collégial En se dressant tous ensemble sans distinction aucune, en deconstruisant ce narratif cousu d’un fil de mensonge. , pas pour un exutoire, mais pour éradiquer sa propagation. En abhorrant , sans compromission aucune,individuellement ou collectivement, toute tradition et rituel permettant de par leur vassalité, de maintenir ces survivance. Du reste, la légitimité de combattre pour recouvrir sa dignité humaine, ces lettres de noblesse , ne fera que des émules et sa durée aussi longtemps que les faits. Une fois encore , œuvrons tous à l’altérité et à la tolérance. Voilà ce qui pourrait être utile.
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