● Amir Abdou en pourparlers avec l’Espérance de Tunis


Actuel sélectionneur de la Mauritanie en instance de départ, Amir Abdou discute avec l’Espérance Sportive de Tunis qui s’est tout juste séparée de son entraîneur portugais Miguel Cardoso. Il n’est toutefois pas le seul coach pisté.

~ Par Romain Molina

Prolongé deux ans en février dernier suite à une CAN 2023 réussie avec une victoire épique face à l’Algérie en phase de poules, Amir Abdou sait que son destin est pratiquement scellé.

Dernière de son groupe de qualifications à la Coupe du monde avec un point en quatre matchs, la Mauritanie est également dernière dans sa poule d’éliminatoires à la prochaine Coupe d’Afrique avec une victoire en quatre rencontres, en attendant les deux derniers matchs face au Botswana, puis face au Cap-Vert.

Mécontente des performances, et également d’une relation tendue en interne, la Fédération mauritanienne de football ne cache pas en privé son envie de tourner la page si l’équipe nationale ne parvient pas à se qualifier pour la CAN 2025. Une situation connue par Amir Abdou qui déplore des retards de salaire (malgré sa revalorisation salariale au moment de sa prolongation) et qui prospecte depuis un moment à travers le continent.

L’Espérance veut se donner du temps

Si plusieurs équipes ont tenté des approches timides depuis la CAN, l’Espérance est aujourd’hui la piste la plus sérieuse pour l’ancien sélectionneur des Comores qui s’est même déplacé à Tunis cette semaine.

Après un début de saison raté en championnat (sixième du classement) et une défaite à Zarzis, l’EST a limogé Miguel Cardoso qui avait pourtant ramené le club en finale de Ligue des champions il y a quelques mois.

Si le président Hamdi Medded assure en coulisses vouloir se « donner du temps » pour faire le bon choix, les candidatures se précipitent sur son bureau. D’autres entraîneurs ont déjà entamé des pourparlers avec des agents ou intermédiaires proches de la direction.

Dans l’attente d’une solution, l’intérim sera assuré par Skander Kasri.

Romain MOLINA

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● Si le Pastefien Sonko était mauritanien, quel camp antisystème l’accepterait en son sein ?

L’actuel premier sénégalais âgé de 50 ans, est un porteur iconique « game changeur » dans la vie politique de son pays au cours de la décennie 2014 – 2024. Sans cet humble inspecteur des impôts, libre d’esprit, pieux patriote et déterminé panafricain, un certain système étatique se serait recyclé dans une continuité menée par le camp idéologique dit libéral (Wade – Sall 2000 – 2024). Fondateur et inspirateur disruptif du parti « Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité » (PASTEF), l’homme de confiance de l’actuel président Diomaye Diakhar Faye (élu le 24 mars 2024) est un cas de matière pour les études politiques. En observateur « simpliste », j’ose l’encarter comme suit : néo afro musulmanité assumée au parfum révolutionnaire, panafricanisme réfléchi et pragmatique, anticonformisme politique et visionnaire, anti impérialisme idéologique, souverainisme économique et anti intrusif, diplomatie d’ouverture, de non ingérence et d’intérêts stratégiques…

Dans quelle assiette idéologique en matière politique peut-on correspondre relativement ces données chez nous?

Ces dernières années, avant l’arrivée au pouvoir de son camp politique par un grand succès électoral avec 54,28% contre 35,79% pour un ancien Premier ministre du régime finissant, l’acharnement répressif sur lui et ses partisans n’a pas fait cas d’un écho mémorable en terme de dénonciation par l’arène politique en Mauritanie. Oppositions comme les gens du pouvoir, il y a eu une étonnante indifférence chez les uns et les autres, on dirait une suspecte neutralité de complaisance pour le régime de Macky Sall. Et évidemment, les uns et les autres ont de profondes motivations dans leurs diverses postures. Ainsi, la politique de gouvernance mauritanienne dispose d’un État profond structurellement systémique qui ne peut que se méfier de toute dynamique « subversive » et anti systémique à l’extérieur chez un pays voisin si proche. Aussi, cet État profond préférerait avoir affaire à un personnel politique prévisible issu d’un certain héritage élitiste de l’ancienne école relativement docile et françafricaniste (De Senghor à Macky). Côté des oppositions, ça peut se décliner diversement, certains vont suivre la posture très lisible citée pour le cas de l’Etat profond. D’autres opposants encartés antisystèmes à la « sauce mauritanienne » vont privilégier un agenda de l’intérieur bien circonstanciel pour contenir leurs contrastes et contradictions. Ainsi, lors de la dernière présidentielle (29 juin 2024), la coalition antisystème qui a porté la candidature du leader abolitionniste Biram Dah Abeid, se serait difficilement entendue d’une voix politique s’il fallait communiquer sur les agissements d’atteinte aux droits humains du régime de Macky Sall. Pour cause, un antisystèmisme Pastefien outre fleuve Sénégal gênerait probablement certains coalisés antisystème côté mauritanien. Comme le cas du doyen M. Samba Thiam (FPC) qui a exprimé récemment dans un post Facebook « je suis généralement en désaccord avec Ousmane Sonko » https://www.facebook.com/share/p/gfxHetMeNz4xiMgC/. Est-il en désaccord avec l’homme Sonko ou avec ce qu’il a incarné d’antisystèmique contre le régime de Macky Sall ? Une clarification est bien nécessaire pour l’opinion publique militante. Un certain ethno-communautarisme est une facette de la mosaïque de l’identité politique dans nos sables mouvants, notre engagement antisystèmique aura ses lourdes limites si on ose schématiser réellement les contours sociaux et politiques d’un système quelconque. Il y a lieu de savoir de quoi il s’agit, vouloir changer le système ou bien compter remplacer ceux qui tiennent le système ?

KS

● Mauritanie – Parlement INSAF : Et si on choisissait nos élus par tirage au sort ? | Par Aboubacry Lam

Kassataya – Notre jeune République en quête de stabilité fait face à des défis majeurs qui mettent à l’épreuve le fonctionnement démocratique de ses institutions. Au cœur de ces tensions se trouve la dynamique complexe entre les oppositions et le gouvernement. L’absence d’un véritable contre-pouvoir parlementaire soulève des inquiétudes quant à la transparence, la responsabilité et la représentation des intérêts des citoyens.

Dans un cadre où le Parlement devrait jouer un rôle fondamental de contrôle et de délibération, la prédominance d’une majorité alignée sur l’exécutif questionne la capacité de cette institution à exercer une surveillance efficace des actions gouvernementales.

Les enjeux liés à la gouvernance, en particulier dans des secteurs stratégiques tels que la gestion des ressources naturelles, les infrastructures ou encore l’éducation, requièrent une attention soutenue et un débat public constructif.

Toutefois, la tendance à marginaliser les voix dissidentes souligne les risques d’une démocratie affaiblie. Les tensions autour des mécanismes de contrôle parlementaire révèlent une nécessité pressante de renforcer les institutions démocratiques afin d’assurer une représentation équitable et une transparence dans le processus décisionnel.

Une Assemblée nationale à l’épreuve

Le pouvoir législatif, censé être le garant des intérêts du peuple, se trouve aujourd’hui au cœur d’une tension significative entre les oppositions et le gouvernement, notamment concernant la création de commissions d’enquêtes parlementaires.

Cette initiative, soutenu par certains groupes parlementaires de l’opposition, vise à examiner des questions cruciales liées à la gestion des ressources et de l’avenir en commun, mais il fait face à des résistances politiques notables.

Le rejet de ces initiatives par le président de l’Assemblée nationale lui-même, membre du même parti que le gouvernement, illustre les difficultés rencontrées par une assemblée soumise à l’emprise d’une majorité favorable à l’exécutif. Ce type de majorité, plutôt que de jouer son rôle de contre-pouvoir, devient souvent une simple chambre d’enregistrement, entérinant les décisions du gouvernement sans véritable débat.

Cela révèle une limite structurelle des systèmes démocratiques actuels que nous allons développer à la fin de cette contribution.

Parallèlement, ce même Parlement est parfois en décalage, pour ne pas dire en opposition, avec les aspirations populaires. Des événements récents, comme les manifestations contre l’adoption de la loi d’orientation dans les écoles privées, mettent en évidence un fossé entre les revendications de la population et les prises de position des élus ou du moins leur temporalité.

Une telle dissonance affaiblit l’efficacité de l’institution législative et compromet sa capacité à représenter véritablement les intérêts de la société.

Le Rôle crucial des oppositions

Les oppositions, composées d’une pluralité de partis politiques et de mouvements sociaux, jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement démocratique. Elles incarnent la diversité des idées et des aspirations de la population.

Dans un régime démocratique, les oppositions sont appelées à apprécier les décisions du gouvernement et à formuler des alternatives concrètes. L’absence d’une opposition efficace peut conduire à des dérives autoritaires, où le gouvernement exerce un contrôle total sur les institutions.

Le refus du président de l’Assemblée de donner suite à la requête de création d’une commission d’enquête, justifié par la prétendue prérogative du bureau institutionnel à déterminer les priorités, constitue une entrave au bon fonctionnement du travail parlementaire. Cette posture alimente la perception que les initiatives des oppositions sont systématiquement étouffées. En matière de droit parlementaire, il est essentiel de rappeler que le principe d’accessibilité aux procédures parlementaires est fondamental.

Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, chaque député a le droit de demander la création de commissions d’enquête par l’intermédiaire de son groupe, et le rejet de ces demandes sans justification valable soulève des interrogations sur le respect des droits des parlementaires.

Les Défis à relever

Dans ce contexte, les oppositions se trouvent confrontées à plusieurs défis Mauritanie – Parlement INSAF : Et si on choisissait nos élus par tirage au sort ?. La nécessité de forger des alliances politiques solides devient impérieuse. Face à une majorité consolidée, la formation d’un front commun est essentielle, impliquant la collaboration de partis divers, malgré leurs divergences idéologiques. À cet égard, les coalitions d’opposition observées dans d’autres pays de la sous-région pourraient servir de modèle inspirant pour la Mauritanie.

Un autre défi majeur réside dans la capacité à mobiliser l’opinion publique. En s’associant à des organisations de la société civile, à des syndicats et à des mouvements citoyens, les oppositions peuvent renforcer leur légitimité et exercer une pression significative sur le gouvernement. Une communication efficace, par des campagnes de sensibilisation et des plateformes médiatiques, est essentielle pour faire entendre les préoccupations et les attentes des citoyens.

L’exploitation des outils institutionnels disponibles représente également un levier important. Même dans un Parlement dominé par le parti au pouvoir, des mécanismes tels que les interpellations, les motions et les demandes de commissions d’enquête peuvent être utilisés pour mettre en lumière les carences de la gestion gouvernementale.

En s’inspirant des pratiques de démocraties consolidées, l’opposition peut recourir à des séances de questions au gouvernement pour obtenir des clarifications sur des sujets d’actualité.

Garantir un cadre démocratique

Les gouvernants, partout à travers le monde, cherchent presque toujours à s’assurer une majorité parlementaire qui leur est acquise, rendant difficile l’émergence d’un contrôle institutionnel fort. Cette dynamique freine le bon fonctionnement du pouvoir législatif, en neutralisant les débats nécessaires à une gestion transparente et équilibrée.

Par ailleurs, il est peu probable qu’un exécutif et une majorité de couleurs politiques différentes soient élus simultanément, ce qui aurait pourtant l’avantage d’imposer une cohabitation productive.

Dans l’idéal, un peuple exercé à la démocratie pourrait choisir un exécutif d’une couleur politique différente de celle de l’Assemblée, favorisant ainsi un parlement fort et indépendant, capable de servir de contrepoids.

Mais cet équilibre est difficilement réalisable dans la pratique. En pratique, les dynamiques partisanes, l’obsession pour le maintien au pouvoir et les intérêts électoraux empêchent souvent une telle cohabitation.

Cette réflexion pousse à se demander si le système démocratique tel qu’il existe aujourd’hui ne devrait pas être réformé, afin de corriger ces déséquilibres structurels. L’introduction d’une plus forte dose de proportionnelle pourrait constituer une piste pour mieux représenter les minorités et favoriser le pluralisme au sein du Parlement. Une autre alternative, plus audacieuse, serait d’envisager des mécanismes de tirage au sort pour sélectionner une partie des représentants.

Cette méthode, inspirée de pratiques antiques et d’expériences contemporaines, garantirait une diversité des opinions et limiterait l’influence des partis dominants sur les décisions parlementaires. Il s’agit d’une pratique largement documentée qui a déjà cours dans certains pays occidentaux.

Il devient donc indispensable de repenser certains aspects du modèle représentatif, en introduisant volontairement des correctifs au système majoritaire afin de réduire l’emprise de l’exécutif sur le législatif.

Pour assurer l’existence d’un cadre démocratique sain, il est impératif de disposer d’institutions fortes et indépendantes. Cela passe par une justice impartiale, capable de protéger les élus de l’opposition contre toute forme de répression ou d’intimidation. La protection des droits des parlementaires, en vertu du droit international, notamment la résolution 54/182 des Nations Unies, souligne l’importance de garantir l’intégrité des élus dans l’exercice de leurs fonctions.

Enfin, le soutien de partenaires internationaux comme les groupes d’amitié parlementaires avec des pays partenaires, vigilants face aux dérives politiques, peut jouer un rôle clé dans la consolidation de l’État de droit en Mauritanie. Des organisations régionales pourraient apporter une aide précieuse pour surveiller le respect des engagements démocratiques par le gouvernement, contribuant ainsi à renforcer la légitimité des institutions mauritaniennes.

Aboubacry Lam

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● Une Note de Soutien aux localités inondées au Guidimagha et ailleurs | Par l’association Ganbanaaxu Fedde Mauritanie et Armepes-France

Ces derniers jours, nous avons été surpris par l’ampleur de la remontée des eaux du fleuve Sénégal dans différentes localités riveraines. De ce qu’on a vu des images des inondations causées par les crues, les dégâts sont d’une extrême gravité (plusieurs maisons et infrastructures sous les eaux). Ainsi, nous tenons à exprimer notre soutien fraternel et moral aux populations impactées par ce sinistre. Et nous demandons que les hautes autorités prennent toutes les dispositions nécessaires pour porter secours à ces localités et de mener une enquête sérieuse sur d’éventuels dysfonctionnements techniques et décisionnels au niveau de la régulation des flux par le barrage Manantali . Il est urgent également qu’un véritable programme de sensibilisation et d’alerte soit initié par les instances étatiques concernant la réalité du dérèglement climatique et les conséquences prévisionnelles qui en découlent globalement pour l’environnement et les espaces.

Le 18 octobre 2024

● La promotion des langues nationales : ce qu’il convient de faire en attendant leur officialisation

Le débat actuel sur la promotion des langues nationales oublie un aspect essentiel, qui ne nécessite pas de sit-in, marche, manifestation, en bravant les grenades lacrymogènes, et s’exposant à la violence policière.

Promouvoir, les langues nationales, ce n’est pas seulement se battre pour leur officialisation, pour qu’ elles intègrent le système éducatif, qu’ elles soient utilisées dans l’administration au même titre que l’Arabe et le Français.

Ce combat est certes légitime, cependant il est loin d’être à portée de main dans le contexte actuel. En effet, la volonté politique déterminera toujours l’avenir des langues nationales, en Mauritanie où personne ne peut se douter que le cœur des décideurs politiques bat fort pour une arabisation à outrance : un impérialisme linguistique.
Il y a ce que veut l’Etat, ce que peut l’Etat, ce qu’ envisage l’Etat pour l’avenir des langues nationales.

Or, il est évident que ce qui relève des autorités, de l’Etat qui n’est pas facile à conquérir ; le chemin est fastidieux et semé d’embûches.

Il y a maintenant quelque chose de simple, qui ne demande rien, si nous avions une vision globale, systémique, et nourrissons un projet holistique pour la promotion des langues nationales.

Cet aspect de la promotion des langues nationales consistera à travailler pour enrichir le lexique du Pulaar, du Soninké et du Wolof, en intégrant de nouveaux concepts qui traduisent et expriment le respect de la dignité humaine.

Ce qui implique, la suppression progressive des termes stigmatisants, dégradants voire insultants dans l’usage quotidien de nos langues. Ce qui nous amènera à corriger, à changer une bonne partie du vocabulaire pour parler des enfants, des femmes, des franges vulnérables, des démunis, des personnes vivant avec un handicap, ou d’origine servile etc.
Voilà quelques pistes à explorer pour aller dans le sens de ma réflexion.

En clair, il s’agit d’adapter notre façon de désigner, de nommer les choses avec des concepts nouveaux, en phase avec notre époque et en harmonie avec les problématiques du genre, des droits humains, etc. C’est une question de dignité et une volonté de « réhabilitation sociale », de tordre le cou aux idées reçues, héritées d’un ordre social révolu.

Cet aspect de la promotion des langues nationales ne semble intéresser personne. Or, c’est par là que tout doit commencer pour débarrasser nos langues des dogmes porteurs d’inégalités. Ce travail doit être porté par les associations et organisations pour la promotion des langues nationales, les linguistes et les intellectuels.

Seyré SIDIBE

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● Mauritanie : plusieurs villages dans le Guidimakha envahis par les eaux du fleuve Sénégal

EN BREF | #Cridem – Plusieurs villages dans le Guidimagha en Mauritanie situés au bord du fleuve Sénégal ont été envahis par des eaux débordantes de ces cours d’eau. Les populations, dans la tourmente, appellent les autorités à l’aide…

« Diaguili, Diogountouro, Ghabou, Solou…On a subi des inondations : cela fait maintenant 72 heures. Beaucoup de familles ont quitté leurs maisons pour sauver leur vie. On a besoin d’aide. On ne sait pas où aller. On est tous dans la merde », indique un ressortant du village de Diaguili qui a contacté CRIDEM.

« Depuis hier, personne n’arrive à dormir tranquillement. Impossible de dormir, impossible d’être tranquille », a-t-il indiqué.

De fortes pluies ont été enregistrées dans le haut bassin du fleuve Sénégal depuis le mois d’août 2024, augmentant fortement le niveau des eaux.

L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a mis en garde, à plusieurs reprises, les habitants qui vivent au bord du fleuve Sénégal de prendre les dispositions nécessaires pour faire face aux éventuels débordements des eaux.

Par La rédaction de
CRIDEM

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● Migration scolaire des familles mauritaniennes : le Sénégal destination de nombreux parents à la recherche d’une offre éducationnelle de qualité

Depuis la mise en application de loi sur l’éducation (Loi 2022-023 portant loi d’orientation du Système Éducatif National) dont les contours restent très ambigus, – une reforme éducative qui est contestée, aujourd’hui encore -, de nombreux parents mauritaniens ont trouvé comme alternative, la migration scolaire au Sénégal pour assurer à leurs enfants une bonne éducation.

Le phénomène n’est pas nouveau, des familles mauritaniennes dégoûtées par la léthargie que traverse notre système éducatif, choisissent d’envoyer leurs enfants au Sénégal pour leur garantir, l’accès à de meilleures écoles et une éducation de qualité.

Seulement, depuis la mise en application de la Loi d’orientation (l’école républicain), la pratique a explosé : le Sénégal est devenu la destination scolaire des parents nantis ou tout simplement, ceux avertis et désirant contourner les contraintes de la nouvelle Loi d’Orientation pour assurer à leurs enfants une bonne éducation. L’objectif étant de fuir le chaos scolaire et le désastreux éducatif créés par les pouvoirs successifs du pays, depuis l’indépendance, dans volonté hégémonique identitaire. 

Désormais, le Sénégal, en plus, d’être l’une des destinations privilégiées pour de nombreux malades, en quête de meilleurs soins, ce pays voisin fait face à l’arrivée de vagues d’élèves et de familles – Dakar, Richard Toll, Saint-Louis-, Thiès, pour ne citer que ces villes, enregistre une forte présence de Mauritaniens, qui n’hésitent pas à louer des appartements ou maisons pour être aux côtés de leurs enfants pendant l’année scolaire. 

Si certains ont de la famille sur place – un oncle, un cousin etc., d’autres n’ont pas cette chance. Cependant, ils peuvent compter sur leur porte-monnaie. L’argent semble ouvrir toutes les portes. Quant aux plus démunis, et les moins stratèges, ceux-là se résignent à envoyer leurs enfants à l’école publique, avec la garantie de leur ouvrir le boulevard de l’échec et même de l’incivisme.

Les parents qui ont décidé de traverser le fleuve ont compris que l’éducation n’a pas de prix.  C’est un sacrifice, un investissement. C’est pourquoi, certains parents ne pouvant pas se déplacer envoient leurs enfants avec des « domestiques » attachés à la famille depuis longtemps, une manière de combler leur absence et reproduire l’atmosphère familiale du pays.

L’autre alternative, c’est la mère qui accepte de se déplacer pour être auprès de ses enfants au Sénégal pendant toute l’année scolaire.  Le papa, généralement maintenu à Nouakchott pour des raisons professionnelles, sera obligé de faire des va-et-vient entre la Mauritanie et le Sénégal. 

On a beau vanter l’école publique mauritanienne, la réalité est qu’elle est devenue le carrefour des plus déshérités de la république. Même si une poignée de personnes de la haute sphère sociale continue d’y croire. Cependant, elle prend toujours la précaution d’assurer derrière des cours à domicile à ses enfants. Des cours dispensés souvent par d’éminents professeurs, et ce dans toutes les disciplines. Ce sont ces rares enfants qui arrivent à s’extirper de la médiocrité ambiante de nos établissements publics ; faisant office d’arbre qui cache la forêt.

Cette migration scolaire n’est pas sans désagrément pour les familles. A-t-on pensé aux traumatismes, à la séparation, au coût et autres conséquences que crée cette situation, soit la conséquence des choix politiques néfastes et idéologiques à répétition de nos gouvernants ayant conduit à la mise à mort de notre système éducatif ? Quel est le sens de la souveraineté, si un pays est incapable d’assurer une bonne éducation à sa jeunesse ?

Si le Sénégal peut, pourquoi pas la Mauritanie. Tout est question de volonté politique. Il suffit de laisser s’exprimer notre identité naturelle dans notre environnement naturel, en y intégrant les contraintes de la mondialisation, la globalisation pour que s’impose l’école qui sied à la Mauritanie. Mais nous préférons continuer à persévérer dans notre entêtement, oscillant entre option idéologique et émotionnelle. 

Seyré SIDIBE

● Mohamed Ould Maouloud et Birame Dah Abeid remettent à zéro le compteur de leur coopération politique

Le président de l’Union des Forces du Progrès (UFP), Mohamed Ould Maouloud et une forte délégation de son parti ont rendu ce jour, samedi 5 octobre 2024, une visite de courtoisie au président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et président de la Coalition qui l’avait soutenu lors de la présidentielle de 2024, Birame Dah Abeid, à son siège de l’Ilot K à Nouakchott.

Réponse du berger à la bergère, le président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud accompagné d’une forte délégation de son parti, a tenu à rendre la politesse au président Birame Dah Abeid et à sa coalition, qui avaient entamé le premier pas en se rendant au siège de l’UFP il y a quelques semaines pour recoller les morceaux d’une dissension politique qui avait failli se terminer devant les tribunaux.

L’évènement de ses retrouvailles a eu lieu samedi 5 octobre 2024 dans les locaux du mouvement IRA qui servent également de siège pour le député à l’Assemblée Nationale et non moins dauphin suite à la présidentielle de 2024, Birame Dah Abeid.

Après une rencontre à mi-clos entre les deux délégations, l’impatience de la presse et des militants restés en masse dans la salle de conférence a été assouvie par les discours qui leur ont adressés par les deux dirigeants.

Dans son intervention, Ould Maouloud a tenu à saluer le courage et le sens de la responsabilité qui ont animé la démarche de Birame Dah Abeid, lorsque ce dernier, accompagné des membres de sa coalition se sont rendus au siège de l’UFP pour présenter ses excuses suite au différend qui les avait opposés. Ould Maouloud a appelé à dépasser ce triste épisode dans les relations entre les deux camps et a appelé à une union sacrée de l’opposition autour des questions essentielles auxquelles la Mauritanie est aujourd’hui confrontée.

A son tour, Birame Dah Abeid a remercié le président de l’UFP et sa délégation pour leur démarche amicale et fraternelle, louant le sens de patriotisme et d’engagement du président Ould Maouloud qui fut, rappelle-t-il, son professeur à l’Université de Nouakchott.

Il a salué en lui le formateur qui a accompagné aussi bien dans leur formation universitaire que politique plusieurs générations.

Il a enfin déclaré que la Coalition qu’il présidait et qui l’avait accompagné tout au long de son combat pour son accès à la Magistrature suprême devient la Coalition des forces politiques de l’opposition.

Situation inédite, Birame Dah Abeid considère que le Pacte républicain qu’il avait lui-même rejeté ainsi qu’un large pan de l’opposition, pourrait bien devenir le terreau d’une nouvelle plateforme de dialogue avec le pouvoir. Une équipe multipartite serait selon lui à pied d’œuvre pour son réaménagement.

Cheikh Aïdara

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● L’institut pédagogique national annonce la disponibilité du livre scolaire en version numérique

L’Institut pédagogique national (IPN) a annoncé que les manuels scolaires seront disponibles au début de la prochaine année scolaire en format numérique grâce à l’application KOUTOUBI« Mes livres » qui permet de télécharger les livres.

Cette information est contenue dans un Tweet du directeur de l’institut, Cheikh Ould Sidi Abdallah, qui précise que cette mesure intervient en préparation de l’année scolaire 2024/2025.

« L’application ‘Koutoubi’ n’est qu’un mécanisme parallèle et une aide au processus de distribution du livre papier, pour ceux qui souhaitent acheter les copies numériques », a-t-il précisé.

Pour rappel l’année scolaire 2024-2025 commencera lundi prochain, 7 octobre, selon le ministère de l’éducation et de la réforme du système éducatif.

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● Non à l’impunité, justice pour Lamine Mangane – Lettre ouverte TPMN

Monsieur Le Président,

Le 27 septembre 2011, à Maghama, la gendarmerie a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques de Touche pas à ma nationalité qui ne demandaient rien d’autre que la citoyenneté pleine et entière pour tous les Mauritaniens au delà de leur appartenance raciale, ethnique ou tribale.

Le bilan est particulièrement lourd : Lamine Mangane, adolescent de seize ans est tué sur le coup, tandis que 8 autres enfants sont grièvement blessés et marqués à vie. Treize ans après cette tragédie, aucune enquête n’a été diligentée pour situer les responsabilités et les coupables courent toujours, s’ils n’ont été promus pour leur forfait.

Une plainte a pourtant bien été introduite par la famille du jeune homme assassiné, mais elle n’a été suivie d’aucun effet, bloquée par une justice aux ordres d’un système étatique fondé sur le racisme et l’esclavagisme.

La tragédie de Maghama est en effet une suite logique du permis de tuer du noir délivré aux représentants les plus zélés du système raciste et esclavagiste à travers la promulgation de la loi d’amnistie protégeant les auteurs des crimes contre la communauté noire pendant les années de braise.

Touche pas à ma nationalité ose espérer que vous vous ressaisirez, après un premier mandat qui n’a fait que creuser davantage le fossé entre les Mauritaniens, et que vous aurez le courage d’affronter les vrais problèmes qui minent l’existence de notre pays. Nous vous rappelons que l’unité nationale ne peut se construire sur le déni de justice et exigeons :

– L’ouverture d’une enquête interne visant à situer les responsabilités de la tragédie de Maghama

– L’indemnisation de l’ensemble des victimes

– La levée des obstructions empêchant le traitement de la plainte introduite par la famille Mangane ;

– L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993, cadre légal de toutes les exactions à l’endroit des Noirs de Mauritanie.

En espérant que vous mettrez les intérêts de la Mauritanie au-dessus de toutes les autres considérations, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Nouakchott le 27 septembre 2024

Pour le Bureau Exécutif,

Le Président Alassane DIA

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