Sahel-Intelligence – Quatre policiers mauritaniens, dont un commissaire, ont été condamnés à la réclusion à perpétuité pour avoir causé la mort d’un militant des droits de l’homme sous la torture l’année dernière dans un poste de police de Nouakchott, selon des sources judiciaires.
Les condamnés ont été reconnus coupables de « crimes de torture ayant entraîné la mort » d’une personne, « utilisation de la torture sans justification légale » et « altération de preuves pour entraver la justice ». De plus, un cinquième policier a été condamné à deux ans de prison, avec six mois avec sursis, pour avoir tenté de couvrir les auteurs du crime.
Mardi dernier, le procureur mauritanien a requis la peine de mort contre le commissaire Moctar Salem Ould Sidoua et deux de ses subordonnés pour être directement responsables de l’homicide.
Le militant des droits de l’homme Souvi Ould Cheine est décédé sous la torture dans un poste de police du nord de Nouakchott à la mi-février 2023, après avoir été convoqué pour une plainte de non-paiement de dette.
Sa mort a suscité l’émoi dans l’opinion publique mauritanienne et a déclenché des troubles violents pendant plusieurs jours près du poste de police concerné, qui a finalement été fermé en raison de la pression exercée par les manifestants. Il s’agit de l’un des rares cas où un haut fonctionnaire en poste en Mauritanie est publiquement jugé pour des actes commis dans l’exercice de ses fonctions.
Le scandale de la manipulation informatique des résultats des élections de 2023 n’est pas une banale affaire.
Si une telle manoeuvre est possible, et venait à être confirmée, c’est un scandale d’État qui montre jusqu’où notre système électoral, démocratique est biaisé, corrompu etc.
Ainsi tout est à refaire. On peut dés lors penser que la plupart des hommes et des femmes qui nous ont dirigés des années durant, sont certainement élus par des méthodes déloyales et anti-démocratiques : mal élus
Les enquêtes, j’en doute si elles ont lieu, démontreront, nous l’espérons, depuis quand, ces pratiques sont en vigueur à la CENI.
D’où la nécessité de s’interroger sur la légitimité de tous ceux qui ont occupé des postes ou mandats électifs dans notre pays, depuis plusieurs décennies. Ne sont-ils pas élus par ces mêmes techniques où pratiques similaires ?
Une affaire aussi sérieuse que cette fraude informatique à la CENI a été, bizarrement, négligée par les autorités . Jusqu’ici aucune enquête n’est ouverte . Elles sont restées atones et aphones sur ce sujet.
Chose quand-même curieuse, surtout quand on voit l’empressement avec lequel, ces mêmes autorités traitent d’autres dossiers moins importants.
Vrai ou faux, toute la lumière doit être faite sur cette fraude informatique. La CENI doit plus que communiquer sur cette affaire. Et l’informaticien qui a révélé l’existence de la fraude informatique doit être entendu ou auditionné. C’est une accusation grave qui porte atteinte à l’image de l’Etat mauritanien et à celle ses institutions.
D’autre part, au plus haut niveau de l’Etat, ce scandale doit être pris au sérieux. Ce n’est pas seulement, une victoire volée à certains partis politiques, mais c’est un État discrédité et une démocratie écornée.
Autre incompréhension, pour quoi attendre à quelques mois seulement de la présidentielle, soit 3 mois pour ramener au devant de la scène politique ce scandale ?
A qui profite, le retour de cette question de fraude informatique dans le debat national, au moment où les députés, peut être en cause ont déjà voté plus d’une loi à l’assemblée nationale en participant au jeu démocratique ?
Refaire les élections, c’est me semble-t-il, la volonté des certains perdants. Dans cette logique qu’ en sera-t-il des lois votées par ces mêmes députés dont l’élection, la légitimité est entachée ? Le gouvernement est-il disposé à reprendre les mêmes textes jusqu’ ici votés, pour les soumettre une nouvelle fois aux députés « élus normalement » à la faveur d’une élection plus transparente et juste ? Et que dire des maires et conseillers régionaux ?
Dans cette affaire, l’Etat a laissé faire pour des raisons qu’il est le seul à savoir. Or, en politique chacun comprend que rien n’est laissé au hasard, tout est question d’intérêt et de positionnement.
Autre extravagance, cette même CENI accusée d’un tel scandale est toujours en place. Comme si de rien n’était, elle se prépare avec assurance à organiser la présidentielle de juin, alors qu’elle n’est pas lavée de tout soupçon de fraude informatique lors des élections municipales, régionales et législatives de 2023.
Tunisie Numérique – Jusqu’ici le Niger est le seul pays ouest-africain qui produit de l’uranium (il est le deuxième plus gros producteur en Afrique et le septième mondial). Il faudra bientôt compter avec la Mauritanie, une manne minière qui viendra s’ajouter aux recettes du gaz et du pétrole dès cette année.
Le FMI avait prédit que Nouakchott afficherait le meilleur taux de croissance sur le continent en 2025, avec 14,3%, l’affaire commence à sentir très bon… Le marché très juteux de l’uranium d’ici 2026, c’est ce qui agite l’australien Aura Energy, propriétaire du projet mauritanien Tiris.
La compagnie a fait savoir ce lundi 18 mars qu’elle a levé 16,2 millions de dollars australiens (10,6 millions $) pour financer les projets précédant construction de la mine. Prochaine étape : Le bouclage de l’investissement cette année pour lancer la production dès 2026.
Pour atteindre ce palier Aura Energy devra collecter 230 millions $, c’est le capital initial déterminé par l’étude d’ingénierie de base (FEED) publiée en février 2024. Le même rapport table sur des recettes de 2,25 milliards de dollars sur 16 ans à Tiris, pour un prix de vente de l’uranium à 80 dollars la livre avec quelque 30,1 millions de livres d’uranium produites durant cette période.
Tous les regards sont tournés vers la demande mondiale, qui enfle déjà et atteindra des sommets dans les prochaines années.
En effet de nombreux pays ont manifesté leur intention de doubler ou tripler leur production d’énergie nucléaire pour fermer progressivement l’ère des énergies fossiles, très polluantes. C’est déjà le cas de la France, depuis des décennies, des pays tels que le Maroc ont fait des annonces dans ce sens…
Pour la Mauritanie l’uranium est une belle à carte à jouer pour gonfler les recettes minières. Le secteur minier est porté par l’exploitation du minerai de fer et de l’or, qui pèsent plus de 70% dans les exportations de la Mauritanie en 2022 et 24% de son PIB.
A noter que le premier producteur africain d’uranium, la Namibie, est le troisième dans le monde (après le Kazakhstan et le Canada). Nouakchott peut rêver du même destin. Tiris est peut-être le début d’une grande histoire dans un pays dont le sol est sous-exploité.
Le Conseil de la langue arabe de Mauritanie a organisé, jeudi soir à son siège à Nouakchott, un séminaire préparatoire au projet de dictionnaire arabo-africain que le conseil compte publier.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le président du Conseil, M. El Khalil Ennahwi, a indiqué que le Conseil cherche à travers ce dictionnaire à faciliter l’apprentissage des langues locales récemment introduites dans le système éducatif national, car il leur permettra d’utiliser la langue de communication quotidienne pour faciliter la communication des étudiants entre eux.
Il a ajouté que l’idée de ce dictionnaire est venue pour préserver la relation historique entre la langue arabe et les langues locales, ainsi que pour bénéficier de leur histoire écrite, que ce soit en arabe ou dans les langues africaines qui ont toujours eu de larges interactions avec la langue arabe.
Le séminaire s’est déroulé en présence du doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines et de plusieurs professeurs linguistes et hommes de culture.
Une affaire des coups et blessures…après une enquête préliminaire…le juge d’instruction ( JI) est saisi… Le JI est le magistrat du siège désigné dans le cas d’affaires pénales graves ou complexes pour instruire. Il est doté de larges pouvoirs lui permettant d’oeuvrer à la manifestation de la vérité…jusqu’ici rien d’étonnant…
Au cours de l’instruction la victime est décédée…le juge a requalifié les faits en meutre et a délivré une commission rogatoire à la brigade de la gendarmerie chargée des infractions électroniques ( commission d’expertise à Nouakchott) afin de procéder à une expertise sur le téléphone de la victime et ceux de présumés inoncents saisis et mis sous scellés par les enquêteurs lors de l’enquête préliminaire…jusqu’ici rien d’étonnant…
Dans son rapport d’expertise, la commission, a precisé en application de l’article 106 de la loi du 15 juillet 2013 qu’elle n’a reçu que les téléphones des mis en cause, celui de la victime a disparu dans la nature ; qui d’ailleurs constitue un élément essentiel pour la manifestation de la vérité…fait grave et gravissime…
Ainsi les experts concluent qu’ils n’ont trouvé aucun fait dans les téléphones des mis en cause de près ou de loin qui laisse supposer qu’ils ont participé à la commission de l’infraction…
Surprise, à l’issue de conclusions du commission d’expertise téléphonique, le juge d’instruction à rendu deux ordonnances :
1- une ordonnance de non lieu pour la personne à qui on l’a accusé d’être le commanditaire ( en un mot, il est blanchi de tout fait lui concernant ),
2- une ordonnance de renvoi devant la cour pour les personnes accusées d’être les complices ( en un mot pour y être juger)…
Le procureur et la partie civile ont fait appel de l’ordonnance de non lieu du JI à l’égard du présumé commanditaire devant la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Kiffa…la Cour d’appel a confirmé l’ ordonnance du juge d’instruction…Par la suite le procureur fait à nouveau un pouvoir en cassation devant la cour suprême…ainsi la cour suprême a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel de kiffa…
En consequence, je laisse a chacun d’entre vous de faire un syllogisme judiciaire et de faire une critique de la raison pure sur cette affaire rocambolesque…
NB : Sous d’autres cieux, on déclare l’irrecevabilité de la procédure…c’est toute la procédure qui tombe dans l’eau pour cause, la disparition du téléphone de la victime…
Que la justice soit faite au nom de l’état de droit !!!
Ces dernières semaines plusieurs familles subsahariennes, notamment mauritaniennes, maliennes et sénégalaise, pour ne citer que ces nationalités des candidats à l’émigration irrégulière, sont traumatisées, endeuillées par les mauvaises nouvelles qui circulent sur le sort de bateaux de migrants à destination de l’Europe.
Les réseaux sociaux ont largement diffusé des corps sans vie de subsahariens pêchés ou repêchés par des gardes côtés, ou encore des pêcheurs.
Des images terrifiantes et abominables qui interpellent la conscience humaine, nos gouvernants en premier lieu, nos sociétés entières dans tous leurs segments.
Des dizaines de personnes sont encore portées disparues. Leurs proches sont rongés, accablés et terrifiés par les informations qui circulent concernant le naufrage de bateaux sur l’Atlantique.
Pour certaines familles l’angoisse est totale, bientôt un mois ou plus, qu’elles n’ont pas eu le moindre signe de vie de leur fils, d’un cousin, un frère, un oncle ou une tante etc. qui s’est lancé dans cette aventure périlleuse.
Les plus chanceux sont ceux dont l’embarcation a été interceptée par les gardes-côtes mauritanien ou marocain, généralement sur le point de s’échouer à cause du mauvais temps, à cause de la fatigue des capitaines qui se sont probablement égarés.
Ces infortunés, selon un rescapé, ont parfois passé plusieurs jours cherchant vainement la terre ferme, sans vivres, sans moyens de communication mais surtout d’orientation.
Ils se lancent au gré des vagues sans possibilité de lancer un sos pour être entendu et secouru: ils cherchent désespérément un campement, une bourgade, peu importe.
Et lorsqu’ils rencontrent les gardes-côtes même de l’enfer, c’est la délivrance. Et chacun réalise sa bêtise et qu’il est passé à côté du trépas, du suicide. Si certains jurent par tous les saints de ne plus recommencer, d’autres sont hantés par le syndrome de l’Atlantique. Ils sont prêts à récidiver. Notre rescapé est de ceux-là. Nous l’appellerons Sidi, c’est un nom d’emprunt. Il totalise cinq tentatives pour rejoindre le vieux continent, toutes se sont soldées par un échec cuisant, une prise de risque maximale, des économies dilapidées doublé de traumatisme.
Cette fois-ci, Sidi le multi-récidiviste de l’Atlantique, nous confie qu’il a la poisse. Loin de renoncer à son projet de voyage, désormais, il est à la cherche d’un autre moyen moins risqué, selon ces mots pour aller en Europe.
Nous assistons à un suicide collectif et notre complicité est établie à tous les échelons. Il est clair, que cet exode mortel de la jeunesse africaine est un revers pour nos dirigeants. Un échec patent de leurs politiques de développement et de la gouvernance à tous égards. Mais ce drame interpelle aussi nos leaders d’opinions, de ce qui reste de la chefferie traditionnelle, les marabouts, les intellectuels, la société civile et les médias.
Une mort stupide, insensée et absurde.Un suicide pour une cause indéfendable. Or, cette jeunesse pouvait mourir en martyr, si elle acceptait de se dresser devant nos dictateurs, devant les balles des forces anti émeutes, les coups de ceinturons et en essuyant les gaz lacrymogènes pour réclamer : justice, égalité, meilleures conditions économiques, sociales, sanitaires, et un partage équitable et juste des richesses .
Cette témérité à affronter les démons de l’océan, en défiant l’inconnu, l’invisible aurait servi à changer de gouvernance dans nos États. En effet, ce courage jusqu’à l’inconscience, l’insouciance, au renoncement à la vie peut déloger plus d’une dictature. Au moins, ces jeunes seraient morts pour une cause juste, mort en héros, et ils auraient eu des funérailles dignes, une sépulture.
Senalioune – Le collectif de défense de feu et activiste des droits de l’homme, Soufi Ould Cheine a réclamé au tribunal pénal près de la Wilaya de Nouakchott Nord, de faire tout ce qui est nécessaire pour mettre au grand jour toute la lumière sur le présumé meurtre du défunt dans l’un des commissariats de police de la capitale mauritanienne.
Le Collectif a appelé, s’il le faut pour connaitre toute la vérité sur cet horrible crime qui a enfoncé l’image de la police, entendre l’ancien directeur général de la sureté nationale (DGSN), le Général de division à la retraite Mesgharou Ghoueizi.
Le tribunal doit également écouter le médecin qui a préparé le premier PV sur l’assassinat de Ould Cheine, a affirmé le coordonnateur dudit collectif de défense, Me Ahmed Ould Ely dans son intervention devant le tribunal.
Nous sommes surpris de l’extraction de l’un des inculpés, à savoir Hamza Mohamedou, accusé par le parquet général de «non-dénonciation du crime », a ajouté l’avocat.
L’uniforme de Hamza est toujours saisi par le tribunal, en raison de la présence de sang du défunt sur la tenue, a indiqué l’avocat.
Le tribunal pénal de Nouakchott Nord a entendu le lundi 11 mars courant, les arguments et demandes du parquet général, ainsi que ceux de la défense de l’accusé et les demandes de sa famille.
D’horribles révélations avaient été faites dernièrement au procès des auteurs accusés du meurtre de Soufi Ould Cheibani, impliquant huit policiers, rappelle-t-on.
La mort du militant des droits de l’Homme Souvi Ould Cheine, survenue exactement, il y a un an (11 février 2023), dans des circonstances inconnues sur fond de présumées violences policières infligées à l’activiste, avaient déclenché plusieurs manifestations à Dar-Naim, à Nouakchott.
La police anti-émeute avait dispersé les manifestants venus protester aux portes du Commissariat numéro 2 de Dar-Naim, où Souvi Ould Cheine avait été arrêté et où il avait rendu l’âme à la suite de tortures policières. Le procureur général avait qualifié le drame de crime consécutif à des actes de violence infligés par les flics au défunt.
La séquence 1 de l’année du démarchage UE s’est déroulée lors d’un déplacement remarqué du premier espagnol, le socialiste M. Pedro Sanchez et la présidente de la Commission européenne Mme Ursula Von der Leyen à Nouakchott début février. Une rencontre avait eu lieu avec les hauts officiels mauritaniens conduits par le président M. Mohamed CheikhEl-Ghazouani. Selon une communication diffusée via euronews, un montant 210 millions d’euros est annoncé pour la Mauritanie en vue de la lutte contre l’immigration illégale vers le territoire européen. Lire davantage https://fr.euronews.com/2024/02/09/lue-va-verser-210-millions-deuros-a-la-mauritanie-pour-la-lutte-contre-limmigration-illega . Ainsi, on a constaté une levée de boucliers contestataire par une certaine opinion publique avisée et alerte (mouvements politiques, porteurs d’opinions, blogueurs) principalement du milieu arabophone (ou hassanophone), contre ce qui semble être un mécanisme de sous-traitance du phénomène de l’immigration clandestine. L’UE est coutumière de la sorte pour se barricader, on peut noter comme cas d’exemple, ses accords avec la Turquie d’Erdogan au cours de la décennie. L’instance politique européenne arrose en fric et le pays accepte d’être une arrière-cour tenue comme une terre de chute des vagues migratoires. Dans cette affaire aux causes profondes très complexes, tout pays de transit ne peut supporter socialement, économiquement et sécuritairement ce que la Turquie se permet. Et surtout pas le nôtre disons-le clairement.
Acte 2, l’arrivée à Nouakchott (la capitale mauritanienne) d’une délégation européenne et la signature d’une déclaration commune avec des ministres mauritaniens dans la journée du 7 mars 2024, lire https://ami.mr/fr/archives/241653 . Côté mauritanien, la communication officielle laisse entendre que l’accord ne revêt rien de contraignant. Alors que la tonalité est tout autre du côté européen, il s’agirait bien un accord pour contrôler et contenir les vagues migratoires vers les îles espagnoles par les côtes mauritaniennes. On peut implicitement comprendre que la Mauritanie comme pays de transit et de départ également (il faut le noter) par ces accords signés, serait un espace verrou partiel pour les frontières Sud de l’UE. Et si on portait une attention particulière sur un élément médiatique du site Al akhbar repris par la plateforme francophone d’information Cridem . Il y est titré « l’UE et la Mauritanie d’accord pour rapatrier les mauritaniens en situation irrégulière en Europe » , lire https://cridem.org/C_Info.php?article=773108 . Est-elle une clause dans le package contractuel signé entre les 2 parties ? Ce qu’il faut savoir à propos, ce sont d’autres mauritaniens en quête d’existence de vie normale (économiquement, socialement et politiquement) qui pourront subir une réplique grave provoquée par ces accords aux contours flous selon l’angle d’appréciation de l’un ou de l’autre contractant. Un sans-papier mauritanien appréhendé par X motifs à Bruxelles, à Almeria (en Espagne) ou à la Gare du Nord (Paris) peut être facilement expulsable vers son pays. Une grave éventualité qu’il faut dénoncer, un citoyen contraint d’affronter certaines précarités loin de ses terres originelles pour subvenir aux besoins vitaux de ses proches ne mérite pas d’être fragilisé davantage. Avant d’être sans-papier dans cette Europe aux feux clignotant xénophobie et extrême droite toute, ce citoyen mauritanien a quitté cette Mauritanie généralement via des canaux extrêmement dangereux, ici on n’oserait pas croire d’être exhaustif sur les causes profondes qui poussent cet exode qui vide nos terroirs de sa force vive (la jeunesse). Cependant, il faut bien noter et relever les carences béantes de la gouvernance publique en matière de développement multidimensionnel. Un système de gouvernance boutiquier où le népotisme est érigé en traitement à différentes strates. D’une aide sociale à l’accession d’un emploi, il faut être « relationné » par affinités parentales, clientèlisme électoral, griotisme social et d’autres mécanismes bien nébuleux…
La situation est comme telle dans certaines zones desquelles viennent des vagues candidates à quitter (Guidimagha Sud mauritanien) : la démographie croît, les services (l’école principalement…) faillent, la vie sociale imbibée plus que jamais dans un suivisme folklorique et un court-termisme affreux. Les pouvoirs publics doivent revoir profondément leurs pratiques de traitement à tous les niveaux. Savoir occuper la jeunesse par des politiques efficientes en matière d’éducation, de formation et d’employabilité. Le marchandage contractuel fait sur la situation administrative irrégulière de quelques nationaux dans l’UE est une faute morale et mollement stratégique. Et également très marginal pour régler nos problèmes de développement socio-économique.
Le Calame – La coordination des associations mauritaniennes des victimes des événements 1986 – 1993 (CAMIVE) a convié ses membres mercredi 6 mars, dans l’après-midi, à son siège d’Elmina. L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur l’avancement du règlement en cours du dossier dit « passif humanitaire ».
A cette occasion, le secrétaire général du collectif qui rassemble 9 associations vivant en Mauritanie, au Sénégal, dans la diaspora et au Mali, le sergent Sall Abdallahi Moussa a dévoilé le contenu d’un mémorandum que le collectif a réalisé pour les autorités.
Le mémorandum liste les victimes à 58 officiers, 260 sous-officiers, 970 hommes de troupes, 4600 familles restées au Sénégal et 6000 familles au Mali, 487 portés disparus, 470 porteurs de séquelles, sans compter les 4182 de toutes catégories confondues.
C’est le fruit d’un travail de collecte et de tri trois ans durant, des victimes, des ayants droit, des rescapés civils, policiers et gendarmes, a- t- il indiqué, devant un auditoire qui attend depuis plus de trente ans un règlement consensuel et définitif.
Tous sont répondent à la main tendue du président de la république, suite aux appels de Ouadane et Djéol. N’a Nous espérons que notre travail contribuera à faciliter et à accélérer le travail des autorités’’, a souhaité Sergent Sall.
Les hommes et les femmes aux visages marqués par l’épreuve du temps, de l’injustice et de la douleur, sont venus aux nouvelles, parce que des informations qui circulent laissent croire que le dossier pourrait trouver un dénouement d’ici quelques jours, les autorités souhaitent le boucler avant la présidentielle.
Des commissions thématiques travaillent d’arrache-pied afin de mettre la dernière main sur les listes des personnes concernées.
Selon le secrétaire général de CAMIVE, le mémorandum sera déposé auprès des autorités compétentes : la présidence et le commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile…
La Mauritanie et l’Union Européenne, ont signé, jeudi à Nouakchott, une déclaration conjointe relative à la migration.
Le texte a été signé, côté mauritanien, par le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, et côté européen, par la commissaire aux affaires intérieures de l’UE, Mme Ylva Johansson.
Le document, bien que non contraignant, fait office de cadre de référence en la matière, selon les signataires.
Dans son mot introductif à la session de travail précédent la signature de l’accord, le ministre de l’intérieur a souligné que la présence, en Mauritanie, de cette délégation de haut niveau de l’Union européenne, s’inscrit dans le cadre de la dynamique croissante qui caractérise les relations entre elle et l’Union Européenne.
Le ministre a indiqué qu’en amont, plusieurs rencontres fructueuses, dont celle ayant réuni le Président de la République, le Premier ministre Espagnol et la Présidente de la Commission de l’Union Européenne (UE), ont eu lieu afin de faciliter les travaux ayant permis la conception d’une déclaration commune sur la gestion de la question migratoire.
Il a souligné que le partenariat stratégique, est constitué de plusieurs volets : économique, diplomatique, sécuritaire, la migration régulière de mauritaniens vers l’Europe, la lutte contre la migration clandestine et les réfugiés.
De son côté, la commissaire européenne chargée des affaires intérieures, a déclaré être à Nouakchott, afin de renforcer la coopération avec la Mauritanie, qui est un partenaire stratégique important.
Selon elle, ce partenariat comprend un appui au financement sur la problématique de la migration. A ce propos, elle a estimé que la migration est un défi mondial qui préoccupe tous les pays, affirmant que des liens de confiance ont été tissés avec la Mauritanie, permettant ainsi d’aboutir à des accords et politiques de gestion des flux migratoires.
La commissaire européenne a, en outre, indiqué que le fléau requiert qu’on agisse au niveau global, mais aussi au niveau local, saluant le travail remarquable fait par la Mauritanie, qui accueille beaucoup de réfugiés.
Le document signé entre les deux parties, vise à accentuer la coopération entre les deux parties, notamment, en s’attaquant aux causes profondes du fléau. Il s’agira d’offrir des opportunités d’emploi, de formation et d’accès aux financements aux jeunes, d’une part, de lutter activement contre le crime organisé et le trafic d’être humains, d’autre part. Il sera question ici du renforcement de la surveillance des côtes, entre autres.
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence des ministres de l’Économie et du Développement Durable, M. Abdessalam Mohamed Saleh, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, M. Niang Mamoudou, du ministre de l’Intérieur de l’Espagne, M. Fernando Grande-Marlaska, de la secrétaire d’État Belge à l’Asile et à l’Aide à la Migration, Mme Nicole de Moor, au côté d’autres personnalités mauritaniennes et européennes.
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