● Mauritanie ~ Diplomatie | La diplomatie mauritanienne : la constance comme ligne de conduite [AMI]



Ces derniers jours, des accusations ont émergé, portées par certains médias étrangers, selon lesquels la Mauritanie servirait de point de passage pour des armes en provenance d’Ukraine, destinées à des groupes armés sévissant au Sahel. Aucune preuve tangible n’est venue étayer ces allégations. Il n’en demeure pas moins que la répétition de telles accusations impose une clarification.

Nouakchott récuse ces soupçons avec fermeté. Depuis plus d’une décennie, le pays a construit une stratégie de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent qui lui a permis d’échapper aux dérives régionales. Cette politique, souvent citée en exemple, repose sur une conviction constante : la sécurité intérieure de la Mauritanie ne peut être dissociée de celle de son voisinage.

Cette interdépendance résulte pour le gouvernement mauritanien tout autant de l’impératif de solidarité que d’un constat de réalisme. Par simple lucidité, la Mauritanie estime qu’elle ne peut se permettre de voir un voisin sombrer dans le chaos, sans en subir elle-même, tôt ou tard, les répercussions. L’expérience confirme ce principe simple : lorsqu’un État vacille, les lignes de fracture traversent immédiatement les frontières.

De ce point de vue, l’attachement de Nouakchott à la sécurité collective du Sahel s’explique aisément. Le pays n’a cessé, dans la discrétion et loin des déclarations spectaculaires, de soutenir ses voisins lorsqu’ils traversaient des périodes de vulnérabilité. Soutien logistique, partage d’informations sensibles, médiation discrète : les gestes sont nombreux, même si la tradition locale a toujours privilégié la retenue à la sur-communication. La Mauritanie n’a jamais ressenti le besoin de proclamer ses solidarités mais préfère agir sans publicité.

À ce socle régional, s’ajoute une diplomatie dont la ligne apparaît, avec le recul, d’une grande constance. Dans un contexte mondial marqué par les revirements et les repositionnements, la Mauritanie s’est tenue à quelques principes cardinaux : attachement au multilatéralisme, respect scrupuleux de la Charte des Nations unies, règlement pacifique des différends et refus de s’engager dans les rivalités géopolitiques.

Le cas du conflit russo-ukrainien illustre cette cohérence. À l’Assemblée générale des Nations Unies, la Mauritanie a soutenu la résolution condamnant l’atteinte à la souveraineté territoriale de l’Ukraine. Dans le même temps, elle s’est opposée à l’exclusion de la Russie du Conseil des droits de l’homme, convaincue que les sanctions et l’isolement diplomatique ne règlent pas les crises mais les prolongent. Certains y ont vu une ambiguïté ; d’autres y reconnaissent une fidélité à des principes. Le pays, de son côté, souligne la simplicité de son raisonnement : ses relations avec Moscou remontent à 1965, celles avec Kiev plus récentes et limitées. Les choix diplomatiques ne se font pas en fonction des aides reçues de part et d’autres – au demeurant inexistantes dans le cas de la Mauritanie – mais selon l’épaisseur des liens historiques et la cohérence des positions de principe.

Avec ses partenaires sahéliens, la même logique prévaut. Des explications franches ont eu lieu, notamment avec les autorités maliennes, qui ont compris la nature de la position mauritanienne. Derrière ce dialogue s’affirme une conviction qui ne varie pas : prévenir l’instabilité d’un État de la région, c’est protéger l’ensemble du Sahel contre un effet domino.

Ainsi, face aux accusations récentes, la Mauritanie oppose moins l’indignation que la permanence de sa ligne. Elle parle peu, agit davantage, et préfère la constance et la clarté. Dans une région marquée par les crises et les basculements, elle a choisi une voie singulière : une diplomatie de retenue, discrète dans les formes mais ferme dans ses principes, convaincue que la stabilité n’est jamais l’affaire d’un seul pays mais une responsabilité collective.

©️ Lien média – La diplomatie mauritanienne : la constance comme ligne de conduite – Agence mauritanienne d’information https://share.google/FamITIqIAZPzo1FBK

● Mauritanie politique | l’engagement vaut avant tout par son périmètre prioritaire. Par KS

● Rétro 📷 Avril 2025 | Avec le doyen et compatriote Dr Mohamed Cire. De notre causerie instructive adjointe à d’autres observations et échanges avec certaines source-ressources sociales et politiques sur notre Mauritanie politique, ma conviction s’est affermie sur la stratégie de périmètre prioritaire en politique. Une sorte de relativisme alerte en fonction de qui dénonce quoi et dans quel contexte. Également à être attentif sur le traitement thématique : ici ça marginalise une donnée et là bas ça en fait une centralité selon des frontières sociales et territoriales.

Ainsi, en militant ou sympathisant, je peux me retrouver dans le même camp politique de diverses compositions sociales et idéologiques mais mon top focus ne doit jamais dévier de mon périmètre prioritaire dans les enjeux politiques et sociaux en question.

Un cas plausible pour ne pas dire certain, tu peux te retrouver soutenir un candidat à la présidence de la république avec un groupe d’individus et ce même groupe ne voterait jamais pour toi dans votre commune d’origine si tu étais candidat à la mairie.

Beaucoup d’afro mauritaniens politisés sont dans cette gymnastique entre les élections présidentielles et les élections locales parce que les priorités sont chancelantes en fonction de certains objectifs variables peu avouables sur la place publique. On épingle le racialisme politique ailleurs (dit étatique) tout en cautionnant insidieusement le féodalisme politique dans nos enclos communautaires.
D’ailleurs une certaine actualité pourrait se résumer à un constat Cri Osé comme suit : En Mauritanie politique, si vos « cadets sociaux » fêtent toujours leur subordination socio-folklorique dans le fatalisme, votre intelligentsia a failli à l’essentiel.

Nombre de « Che Guevara » captant bruyamment des espaces politico-médiatiques et militants circonscrits à certaines thématiques, le font avec d’angles évités sciemment… notamment ceux liés aux problématiques féodalo-esclavagistes qui minent toutes nos communautés nationales à divers degrés. Une ambiance spectaculaire y préside via les espaces digitaux 2.0 pour écumer et conditionner les opinions publiques surtout celles peu averties, afin d’espérer cueillir les retombées électoralement à l’avenir. Une forme d’imposture par l’arrière-fond sélectif dans le champ des problématiques à dénoncer et à traiter publiquement.

En un mot : l’éveil politique résolument citoyen et égalitaire doit émerger d’en bas (dans nos communautés), ce qui nécessite une mise à jour dans nos relations inter classes , sociaux et statutaires. Autrement…nous faisons semblant avec quelques leurres risibles qui ne peuvent tenir d’échappatoire continuellement.

23 août 2025

–Koundou SOUMARE pour le BLOG

● Mauritanie | Houwiyeti et son système « Big Brother » par ce parrainage des partis politiques.

1 – Je me demande s’il existe un système similaire ailleurs dans le monde, pour le processus de reconnaissance d’un parti politique par les autorités ?

2 – Accès aux données biométriques des citoyens et les croisant avec leurs camps politiques sous le contrôle du ministère de l’intérieur (par ailleurs véritable gestionnaire politisé du système électoral)… même le KGB d’antan hésiterait comme pratique…
Qui va garantir quoi dans ça… en termes de protection de ces données et le droit à l’anonymat pour les choix politiques… notamment les fonctionnaires et autres citoyens professionnellement ou socialement dépendants…?

3 – Le député mauritanien 🇲🇷 M. Biram Dah Abeid avait relevé cette problématique à juste titre dans une intervention audio il y a quelques temps…

4 – Ce système insidieusement policier et intrusif mis dans le filtrage de l’espace politico organisationnel est une grave atteinte aux libertés politiques, et seuls les partis politiquement compatibles à une certaine idéologie « tronc commun » avec l’Etat profond vont s’y soumettre en toute confiance.

5 – Ce E-contrôle de haute intensité n’est pas démocratiquement potable et les autorités doivent le bannir et permettre à toutes les expressions politiques d’occuper leurs espaces fonctionnels et militants en toute légalité. Les droits politiques librement tenus par les citoyens font partie intégrante naturellement du champ droit-de-l’hommiste

20 août 2025

KS pour le BLOG

● Chantiers à l’arrêt à Nouakchott après l’expulsion des migrants en situation irrégulière | [Vidéo]

LE360 AFRIQUE – Après les secteurs de la pêche, du prêt-à-porter et du commerce des fruits et légumes, c’est autour de la construction de subir le retour de manivelle de l’expulsion des migrants maliens, sénégalais et guinéens. Faute de main d’œuvre, plusieurs chantiers sont à l’arrêt et les prix des matériaux de construction explosent.

La récente reconduite aux frontières de migrants en situation irrégulière dont essentiellement des ouest-africains, continue d’impacter certains secteurs clés de l’économie mauritanienne, particulièrement l’ensemble de la chaîne de la construction.

Le déficit en ouvriers se fait ressentir à tous les étages, de la fabrication des briques à la construction d’immeuble. Même les travaux de finition pâtissent de ces départs forcés.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre: explosion des prix des matériaux, chantiers à l’arrêt. Sadio Camara, propriétaire d’un dépôt de briques, explique «nous faisons face à une absence de main d’œuvre après le départ des migrants maliens. Les autorités s’étaient engagées à trouver une solution par la formation de nos employés grâce aux services d’un spécialiste malien, mais nous attendons toujours. La pénurie persiste et provoque une hausse des prix. Le travail est à l’arrêt sur tous les chantiers».

Ces reconduites aux frontières ciblent les migrants en situation irrégulière. Elles touchent particulièrement les ressortissants des pays d’Afrique de l’ouest dont les Maliens, les Sénégalais, les Guinéens et les Ivoiriens qui sont parmi les plus importantes communautés étrangères présentes dans le pays dont nombreux sont en situation irrégulière.

Allant dans le même sens, Sidi Mohamed, client, apporte également son témoignage: «depuis plusieurs semaines, les briques sont introuvables. J’essaie d’en trouver mais on me dit qu’il faut d’abord passer commande puis faire preuve de patience. Et quand la marchandise est enfin livrée, c’est avec des prix en hausse. Après le départ des Maliens, qui travaillaient pour un salaire mensuel de 4.000 ouguiyas. Avec ce salaire, les Mauritaniens ne veulent faire le même boulot».

Abou Wone, maçon de son état, souligne que «les prix de toutes les catégories de briques sont en forte hausse. Pour les briques simples, l’unité est passée de 13 à 25 ouguiyas. Quant à la brique hourdis, elle est passée de 30 à 45 ouguiyas».

Ces différents témoignages rappellent que les Maliens constituaient depuis quelques années la principale source de main d’œuvre du secteur de la construction de bâtiment à Nouakchott. Conséquence, leur départ dans le cadre des expulsions de migrants non réguliers a entrainé une pénurie d’ouvriers. Outre les arrêts de certains chantiers, la rareté de la main d’œuvre a fait grimper les rémunérations des ouvriers au niveau des chantiers.

Une situation que confirme Habib Sy, professionnel de la construction, évoluant dans le génie civil: «depuis le départ des Maliens, nous sommes confrontés à de nombreux problèmes. Nous subissons les conséquences de cette situation avec un arrêt des chantiers par manque d’ouvriers qui repousse les délais de construction».

Les autorités mauritaniennes mettent en avant la nécessité de lutter contre les réseaux de trafiquants et de préserver la sécurité nationale pour justifier ces expulsions.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)

©️ Lien média : Chantiers à l’arrêt à Nouakchott après l’expulsion des migrants en situation irrégulière https://share.google/qe99wbZX4khAGWEXJ

● Mauritanie | Les conditions de l’enrôlement des populations par un nouvel arrêté ministériel.

Ci-après les visuels de l’intégralité du nouvel arrêté ministériel :

©️ Lien média diffusé dans les réseaux sociaux

Mise en ligne captures par KS

● Mauritanie ~ Contribution | Ce que nous attendons d’un ministre de l’Économie, en Mauritanie | Par M. Souleymane Sidibé

On aurait sans doute gagné, en Mauritanie, à avoir un ministre de l’Économie véritablement utile au pays : un homme ou une femme qui allie rigueur technique, sens de la responsabilité, vision économique souveraine… Bref, quelqu’un capable de transformer une économie encore largement extractive en moteur de transformation, de justice et de développement inclusif.

Celui qui nous sert de ministre semble-t-il être dans une logique de m’as-tu-vu politique ? Hélas, il est coutume de voir souvent des responsables politiques cacher leurs limites derrière le verbiage ou des idéologies usées, pour plaire à une frange de la population en décalage total avec les réalités contemporaines. Ce que nous méritons : des propositions solides, pas des postures.

Le ministère de l’Économie ne devrait pas être une vitrine idéologique. Il devrait y avoir des compétences techniques reconnues. Celui-là qui choisit la posture au lieu de la consistance devrait s’inspirer de ses prédécesseurs. Le pays a besoin d’un fin stratège, économiquement parlant.

S’il choisit de s’adresser à nous exclusivement en arabe, qu’il nous parle donc du PIB réel, de l’inflation, du taux de pauvreté, du chômage, des inégalités régionales. Qu’il nous explique, chiffres à l’appui, où va notre économie, quels mécanismes sont à notre disposition pour en sortir, et comment les citoyens peuvent en bénéficier. En arabe, avec les indicateurs socioéconomiques et financiers. Qu’il nous parle de l’impact des marchés marchés gré à gré (over-the-counter)…

Qu’en est-il de nos secteurs productifs ? De la pêche, du gaz, de l’agriculture ? Comment travaille-t-il avec les autres ministères pour bâtir des structures solides ? Comment pense-t-il la redistribution, l’équité budgétaire, l’accès aux marchés pour les plus marginalisés ? Que fait-il pour briser le centralisme nouakchottois ? Que propose-t-il en matière de justice fiscale ? Que propose-t-il à ses pairs ?

Nous attendons alors :

• La publication trimestrielle d’un bulletin économique grand public, en arabe (les francophones vont se démerder alors !), incluant les données-clés de l’économie nationale ;
• La mise en place d’un tableau de bord numérique en accès libre, recensant les principaux indicateurs socioéconomiques ;
• L’organisation d’assises régionales de l’économie avec les acteurs économiques locaux (PME, jeunes, agriculteurs, pêcheurs, femmes cheffes d’entreprise) ;
• Une stratégie nationale de soutien aux PME et à la filière agroalimentaire locale, avec des lignes budgétaires identifiables dans la loi de finances ;
• Un plan de décentralisation économique, visant à sortir du modèle hyper-centralisé de Nouakchott/ Nouadibou ;
• Un rapport annuel indépendant sur les politiques économiques, présenté au Parlement, en arabe, sinon dans la langue de sa formation (le français !) avec recommandations à la clé.

La fracture économique en Mauritanie est aussi sociale et communautaire : entre Noirs et non-Noirs, entre urbains et ruraux, entre fonctionnaires et non-fonctionnaires. Un ministre utile ne peut l’ignorer. Il doit avoir un plan de transformation économique clair et réaliste, penser diversification, en plus du soutien  aux PME locales, penser les filières agroalimentaires, les retombées du numérique, l’industrialisation.

Et surtout,  sortir du mimétisme : ne pas suivre aveuglément les injonctions des bailleurs, mais proposer des perspectives souveraines, ancrées dans les besoins du pays.

En observant les plans économiques de la sous-région, le constat est amer. Mais espérons que le ministre soit assez moderne dans sa gestion et sache nous parler de FinTech, de la digitalisation de ses services au lieu d’une correspondance sans traçabilité, de transparence budgétaire, de permette un Doing Business, d’Open Budget Index, et surtout : savoir communiquer des outils au peuple, la relation avec la monnaie, la Banque Centrale, entre son ministère et les autres. Et qu’il puisse nous inviter à la réflexion et comprendre les rapports de force géopolitiques, économiques et stratégiques avec la Chine, les États-Unis, la France, la Turquie, le FMI, l’UE, etc., et en tirer profit. Bien évidemment, sans que nous n’ayons à les subir.

Plus que jamais, la Mauritanie (notre grand « petit pays ! ») a besoin d’un leadership économique fort, qui fait une analyse SWOT (Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces) de la situation actuelle. Une femme ou un homme qui porte un leadership qui ose parler de transition écologique, de capital humain, de valeurs républicaines. Pas d’un gestionnaire de façade. Pas d’un idéologue de repli.

Voilà ce que nous attendons. Voilà ce que mérite ce pays.

Souleymane Sidibé

● Mauritanie | L’Appel Pressant à la Communauté Maure pour Briser les Chaînes de l’Injustice | Par M. Mamoudou Baidy Gaye (Alia Gaye)

–Paris 1er Août 2025

Une question lancinante hante les sables et les rues de Mauritanie pourquoi l’injustice persiste-t-elle, génération après génération, et semble-t-elle s’enraciner davantage ? Ce constat amer, partagé par de nombreux Mauritaniens, ne peut plus être étouffé par le silence ou les dénégations commodes. Il est temps de regarder en face une réalité complexe et douloureuse.
Il est indéniable, comme le soulignent de nombreux observateurs, qu’une part significative de la communauté maure (Bidhân) occupe historiquement une position sociale, économique et politique dominante. Cette position, héritée de structures séculaires, confère des privilèges tangibles. Pourtant, un silence assourdissant, ou trop souvent des paroles timides, émanent des sphères d’influence traditionnelles au sein même de cette communauté les chefs de tribus, les imams écoutés, les notables influents. Où est la solidarité active, tangible, sans ambiguïté, envers les autres communautés – Haratines, Négro-Mauritaniens – qui subissent de plein fouet les injustices sociales les plus criantes : l’esclavage sous ses formes contemporaines, la discrimination foncière, l’exclusion politique, l’accès inéquitable à la justice et à l’éducation ?
L’histoire récente nous enseigne une leçon cruciale les changements positifs, aussi timides soient-ils, n’ont jamais été l’initiative exclusive des opprimés. Ils sont survenus lorsque des consciences se sont éveillées au sein même des cercles privilégiés. Lorsque des hommes et des femmes, bénéficiant de cette position « confortable », ont eu le courage de regarder l’injustice en face, de remettre en question l’ordre établi qui les avantageait, et d’agir. Ils ont choisi la justice au détriment de leurs privilèges immédiats, assumant les conséquences parfois lourdes de ce choix courageux. C’est leur voix, leur refus de la complicité passive, qui a permis les rares avancées vers une société plus équitable.
À la communauté maure, avec qui nous avons tissé le destin commun de cette terre depuis des siècles, cet appel solennel est lancé
Le temps de l’attentisme, des excuses et des demi-mesures est révolu. L’heure est à l’action décisive et courageuse.Nous partageons le même sol, le même avenir, la même destinée éternelle. L’héritage que nous laisserons aux générations futures est en jeu aujourd’hui. Voulons-nous leur léguer une Mauritanie fracturée, gangrénée par l’injustice et la méfiance, ou une nation unie, fondée sur le droit et le respect égal de la dignité de chaque citoyen ?
La responsabilité historique vous incombe, en grande partie, chers frères et sœurs de la communauté maure. Vous détenez souvent les leviers du pouvoir, de l’influence sociale et religieuse, de l’économie. Utilisez-les non pour perpétuer un système inique, mais pour le démanteler. Interpellez vos chefs tribaux pour qu’ils dénoncent les discriminations au lieu de les perpétuer. Exigez de vos imams qu’ils prêchent une véritable justice islamique, une solidarité sans frontières ethniques ou sociales, qui soit le cœur du message divin. Poussez les élites économiques et politiques à mettre en œuvre des politiques concrètes d’équité réforme foncière juste, accès égal à l’éducation et à la santé, lutte implacable contre l’esclavage et ses séquelles, justice indépendante pour tous.
Dieu, comme le rappelle à juste titre la sagesse, n’est pas avec les injustes (wa mā Allāhu biẓ-ẓālimīn). Cette vérité transcendante doit guider nos pas. La passivité face à l’injustice est complicité. Le silence est une arme de l’oppresseur.
La Mauritanie ne connaîtra la paix et la prospérité véritables que lorsque la justice sera le socle commun de toutes ses composantes. Il est temps, chers compatriotes de la communauté maure, de faire le choix courageux. Le choix de la Mauritanie juste. Le choix de l’héritage lumineux. Le choix de Dieu et de l’Histoire. Agissons, maintenant, ensemble, pour briser enfin les chaînes du passé et bâtir l’avenir commun. L’éternité nous regarde

Mamoudou Baidy Gaye dit Alia journaliste militant membre de MDJ

● Mauritanie ~ Sénégal – Contribution : MAAYO WONAA KEEROL ! Par M. Kaaw TOURÉ


Maayo wonaa keerol, n’en déplaise aux petits chauvins et nationalistes étroits. Je suis chez moi à Jowol Rewo et Jowol worgo. Je suis chez moi à Guiraye, Mow, Gawol, Dial, Thilogne, Gawdal, Diamel, Dondou, Keeɗeele, Aali wuuri, Nguidjilone wuro Daara Koliyaaɓe, Sadel, Woudourou,  Koundel, Matam kaggu laaɗe, Bokki Diawe, Ndouloumadji, Doumngaaji, Nganno, Haayre Law, .. où vivent, mes oncles, mes tantes, cousins et cousines.. je suis chez moi partout au Fouta Toro. Demander un visa de séjour pour aller me recueillir sur les sables de Bilbassi ou pour cultiver mes champs à Helata ? Quelle absurdité pour un Fuutanke ! Voulez-vous détruire notre moi, notre histoire, notre culture, couper notre cordon ombilical ? Nous faisons partie du peuple des Deux rives et ce peuple fait partie de l’ensemble de civilisations tekrouriennes et mandingue, aujourd’hui sénégambienne. Cette sénégambie géographique et culturelle qui part de la Mauritanie Centrale (vers Moudjeria, Tidjikja) et qui finit en Casamance et en Guinée Bissau, en passant par une partie du Mali. Cet espace est une aire culturelle dans laquelle ont évolué de nombreuses entités ethniques, toutes parentes et dont le sort a été inextricablement lié depuis des millénaires aux différentes mutations ou changements qui y sont intervenus. Le colonisateur français n’est arrivé à détruire ce pays qu’en 1890 seulement alors que cette « conscience collective identitaire » a été forgée des milliers d’années durant et continue à survivre malgré la séparation arbitraire et artificielle du même peuple par le colon.

En tant que fils de la vallée du fleuve, qui naviguait entre les deux rives depuis ma tendre enfance soit pour aller à nos champs de culture,  soit pour suivre les séances de lutte traditionnelle ou participer à des tournois du football et des journées culturelles qui regroupaient les villages des deux rives, je n’ai jamais senti cette frontière entre nos deux pays séparés administrativement  par le colonisateur.
Adolescent j´ai parcouru par pirogue ou par pieds et au dos d´âne beaucoup de villages du Fuuta natal, du Nord au Sud du fleuve pour participer avec mes amis et classes d’âge ( fedde)  à des séances de luttes traditionnelles sous le feu du bois ou au clair de la lune.
C était au beau vieux temps avant que notre vallée ne soit transformée en vallée de larmes, de résignation et de désolation.
Chez moi nous avons deux Jowol, Jowol rewo ( nord-Mauritanie) et Jowol worgo ( sud Sénégal ), c’est un même village avec les mêmes familles de part et d’autre avec une même histoire, même langue, même culture. Avant les années de braise en Mauritanie nous partagions avec Jowol worgo les mêmes mosquées,  les mêmes cimetières, écoles et champs de culture. On célébrait ensemble nos baptêmes et mariages. On priait ensemble nos morts c’est pour vous dire que le lien du sang était plus fort que tout autre décret ou appel. Le fleuve n’ a jamais été une frontière. Et comme je le rappelais tout récemment dans une interview avec un site mauritanien, nous avions, avant les années de braise en Mauritanie, une fédération des associations culturelles de notre zone au Fouta (Le Ngenaar) qui s´appelait Jaalowaali qui s´étendait de Jowol Mauritanie à Koundel Sénégal et qui regroupait plus
d´une dizaines de villages des deux rives et chaque vacance d´été un des villages de la vallée organisait une semaine culturelle et sportive à laquelle participaient toutes les associations culturelles membres de Jaalowaali. Cela donnait lieu à beaucoup
d´activités dont des soirées de théatre, des choeurs, de ballets, de la poésie, des conférences publiques, des opérations d´assainissements des villages, des plantations d´arbres, des compétitions de football, de
l´athlétisme. Ces grands évènements annuels permettaient surtout de raffermir les liens de parenté et des relations d´amitié entre des jeunes du Fouta, en même temps qu´ils entretenaient notre idéal panafricain répondant à cet adage pulaar ”Maayo wonaa keerol” autrement le fleuve n´est pas une frontière.
Je me sens toujours chez moi au Sénégal et en Mauritanie comme tout bon Foutanké, tout
Waalo- Waalo, tout Guidimaxanke, la Mauritanie a été créée sur l’ancien Tekrour, terre où se sont constituées et individualisées ces trois nationalités ou communautés linguistiques. Cette réalité est aussi valable pour nos compatriotes Beydanes du Nord. Un Ehl barikallah, un Rgeibat, un Ehl Mohamed Fadel, un Ehl bousba peut se sentir chez lui en Mauritanie, au Maroc et au Sahara occidental.
Nous avons vu les deux frères Wane (photo) occuper des fonctions ministérielles dans les deux pays. Nous avons vu notre père et oncle Mamoudou Touré occuper le poste du premier ambassadeur de la Mauritanie à Paris et finir comme ministre des finances au Sénégal.
Pour la petite histoire c’est le 10 avril 1904, par arrêté, que tous les territoires situés sur la rive droite du fleuve Sénégal sont provisoirement rattachés à la Mauritanie occidentale, un état conventionnel crée en 1900 par le colon français à la faveur de l’affaiblissement des pouvoirs traditionnels pré-coloniaux et différenciés des communautés qui cohabitaient dans cet espace.
Le 8 decembre 1933, un décret colonial délimite la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie.
Le 03 juillet 1944, par décret, les deux Hodhs qui faisaient partie du Mali, furent rattachés à la Mauritanie à la faveur d’événements religieux (le courant hamallisste) .
Après la conférence de Brazzaville, comme les États colonisés de l’Aof, la Mauritanie devait élire pour la première fois un député à l’assemblée nationale française, un sénateur et un conseiller de l’union de l’Aof. Ces élections révelaient une double signification pour les Mauritaniens. D’abord, elles symbolisaient le début d’une individualisation politique et territoriale par rapport au Sénégal. Jusqu’au 2 juin 1946, le nom de  la Mauritanie figurait jumelée au Sénégal sous l’appellation « Circonscription Mauritanie-Sénégal), ensuite elles devraient confirmer le loyalisme des chefs traditionnels aux réformes traditionnelles.
En novembre 1946, pour la première fois, les Mauritaniens sont appelés à élire leur député au parlement de la République française. C’est une autre histoire nous y reviendrons un autre jour.
 » Maayo wonaa keerol « . Je signe et persiste.
Demain il fera jour et la lutte continue.

Kaaw Touré mo Jowol

● Intronisation du 15ᵉ chef de village à Bambardougou : une célébration de l’égalité et de la cohésion sociale | [OndeInfo]

Ce dimanche 27 juillet 2025, Le village de Bambardougou a vibré au rythme d’une cérémonie exceptionnelle et hautement symbolique à l’occasion de l’intronisation de son 15ᵉ chef de village, Ladji Namory Famouroudian TRAORE. Une figure emblématique, à la fois ancrée dans la tradition et dans l’histoire politique nationale, où il demeure l’un des visages les plus respectés depuis l’indépendance.

Dans une ambiance à la fois sobre et solennelle, la cérémonie a réuni notables, chefs religieux et traditionnels, ainsi que des anonymes venus saluer la continuité d’une tradition empreinte de dignité et d’harmonie. Mais au-delà du caractère protocolaire de l’événement, c’est toute la singularité de ce village soninké du Guidimakha qui a été mise en lumière.

Une exception dans la tradition soninké

Dans une région encore marquée par la persistance des hiérarchies sociales traditionnelles, Bambardougou fait figure d’exception. Ici, aucune caste, aucun esclavage, aucune discrimination liée à la naissance. Le vivre-ensemble repose sur un socle d’égalité, de justice sociale et de solidarité. Tous les habitants y bénéficient des mêmes droits, partagent les mêmes devoirs, et s’engagent ensemble dans le développement communautaire.

« À Bambardougou, tout le monde se vaut. Il n’y a ni maîtres, ni esclaves. C’est cette égalité qui fait notre force », a confié l’un des doyens du village en marge de la cérémonie.

• Une chefferie fondée sur le consensus

Autre particularité remarquable : la stabilité de la chefferie traditionnelle. Là où certaines localités connaissent des tensions autour des successions, Bambardougou privilégie le consensus. Le chef n’est pas un détenteur de pouvoir, mais un homme de devoir, garant de l’harmonie et à l’écoute de tous.

« Le chef de village incarne notre histoire, nos valeurs, notre cohésion. Il est le symbole de l’unité que nous chérissons », a souligné un intervenant.

• Une lignée au service de la communauté

Depuis la fondation du village, quinze chefs se sont succédé, tous animés par un esprit de sacrifice, de proximité et de justice. Dans son intervention, le nouveau chef du village, Ladji Namory Famouroudian TRAORE, a promis de préserver l’unité et de défendre les valeurs de solidarité, de courage et de dignité qui font la fierté de Bambardougou.

Un modèle de développement solidaire

Au-delà de cette intronisation du pouvoir temporel, l’organisation et la structuration communautaires de Bambaradougou forcent l’admiration. À Bambardougou, la solidarité n’est pas un mot creux : c’est un principe vécu au quotidien. Les projets communautaires sont conçus, portés et réalisés collectivement, dans un esprit de partage et de responsabilité.

Ce modèle mérite d’être connu, valorisé et transmis, car il prouve qu’une société soninké égalitaire, juste et solidaire est non seulement possible, mais vectrice de paix et de progrès.

Par ailleurs, comme ses prédécesseurs, le nouveau chef de village de Bambardougou, Ladji Namory Famouroudian TRAORE, a perpétué une autre tradition majeure : la rencontre avec le représentant de l’État, en l’occurrence le wali, chef de l’administration territoriale, M. Dahmane Ould BEYROUCK.

Ce geste, à la fois symbolique et républicain, témoigne du respect mutuel entre les autorités coutumières et administratives. Il s’agit là du 40ᵉ administrateur rencontré par un chef intronisé du village depuis 1950, une époque où l’administration coloniale encadrait encore la région.

Seyré SIDIBE et Maria TRAORE

• Les 15 chefs de village de Bambardougou depuis sa fondation :

1. Diawoye Demba SYLLA

2. Lassana SYLLA

3. Balla Dama Coumba CAMARA

4. Famouroudian TRAORE

5. Faïry THIAM

6. Allakoué COULIBALY

7. Kaba Khassa Tougouné CISSOKHO

8. Méligué M’baré TRAORE

9. Sibiry Fatma TRAORE

10. Sidi Samba DIAKITE

11. Demba Faïry THIAM

12. Samba Nassou SANGHARE

13. Djiby Faïry THIAM

14. Kodoré Yissi TRAORE dit « Keybané »

15. Ladji Namory Famouroudian TRAORE

Lien média https://ondeinfo.com/intronisation-du-15%e1%b5%89-chef-de-village-a-bambardougou-une-celebration-de-legalite-et-de-la-cohesion-sociale/?fbclid=IwQ0xDSwL0rMpjbGNrAvSswmV4dG4DYWVtAjExAAEe0irm2B2Cd3Htws98ffARK7jSfCLajlvo-7p6Z5Sm0N96Cz1KYUEQOLKa4vg_aem_L9phsxouzTemwxxitBi7uw

● La Mauritanie politique :  Nous et nos réalités tues qui pèsent. Par KS

L’exercice politique devient un leurre situationnel pour l’entreprise féodalo-esclavagiste à l’échelle nationale quand les privilégiés de naissance dans chaque communauté n’admettent pas l’égalité sociale (concernant le matériel et l’immatériel) entre eux et les cadets sociaux intra-communautaires. Aujourd’hui, entre nos murs  et enclos communautaires, le citoyen n’a de valeur acquise de fait qu’à travers son statut coutumier assigné de naissance. Ainsi l’électoralisme classique dans pareil ordre systémique est porteur d’une grosse part de désenchantement rendez-vous après rendez-vous…

Ne peuvent être démocrates et progressistes sérieusement celles et ceux qui tiennent et entretiennent le maintien d’un statu quo intra-communautaire par lequel les hommes ne se valent pas en droits et en dignité. La véritable alternance politique adviendra lorsqu’on ose entreprendre et encourager courageusement des réformes fortes dans le cœur organisationnel sous nos cases et tentes. Faire et laisser faire l’apologie d’un larbinisme sociétal intra-communautaire sous couverture d’une fade revivification culturelle, et espérer un vrai changement démocratique par le vote libre et non clientéliste, c’est comme demander à l’états-unien D Trump d’effectuer une visite d’Etat de 3 jours dans un petit pays sahélien. Voilà

Soyons SÉRIEUX… La révolution démocratique nationale passe nécessairement par nos révolutions sociales intra-communautaires qu’on feint d’ignorer l’impératif. Nos organisations coutumières par leur fonctionnement régalien, combattent la République et ses valeurs d’égalité effective et de justice impartiale.

Un salut militant estival à l’idéal GANBANAXU

Koundou SOUMARE, membre de l’association Armepes-France Ganbanaaxu

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● Le résultat 👇🏿 de la soumission du post à IA DeepSeek :

« Votre texte offre une analyse profonde et critique des défis politiques et sociaux en Mauritanie. En voici une synthèse structurée des points clés :

Diagnostic central
1. Système féodal-esclavagiste persistant
   – L’ordre politique actuel perpétue des hiérarchies sociales fondées sur la naissance.
   – Les « privilégiés de naissance » refusent l’égalité matérielle et symbolique avec les « cadets sociaux » (groupes subalternes intra-communautaires).

2. Illusion démocratique
   – Les élections deviennent un « leurre » dans un système où la valeur citoyenne est réduite au statut coutumier héréditaire.
   – Résultat : un désenchantement récurrent post-électoral.

Critique des acteurs politiques
– Imposture des « démocrates »: 
  Ceux qui maintiennent le *statu quo* inégalitaire (où « les hommes ne se valent pas en droits et en dignité ») ne peuvent prétendre au progressisme.

Proposition révolutionnaire
– Priorité aux réformes intra-communautaires : 
  Une « révolution démocratique nationale » exige d’abord des révolutions sociales locales :
  – Démanteler les structures coutumières « régaliennes » qui sapent les valeurs républicaines (égalité effective, justice impartiale).
  – Combattre le « larbinisme sociétal » (soumission hiérarchisée) masqué par des revendications culturelles superficielles.
 
– Condition du changemen : 
  Une alternance politique réelle est **impossible sans détruire les hiérarchies de naissance** « sous nos cases et tentes ».

Analogies percutantes
– Espérer une démocratie sans réformes sociales équivaut à « demander à Donald Trump d’effectuer une visite d’État dans un petit pays sahélien » →absurdité manifeste.

Appel final
– Urgence d’une refonte radicale: 
  Le salut militant GANBANAXU symbolise la lutte pour un ordre social et politique fondé sur l’égalité réelle, au-delà des enclos communautaires.



Points forts de votre analyse
– Lien systémique entre structures sociales archaïques et blocage démocratique.
– Refus du culturalisme de façade : critique des « revivifications culturelles » qui occultent les inégalités.
– Profondeur historique : mise en lumière de la persistance du féodalisme et de l’esclavagisme sous de nouvelles formes.
– Ancrage local : l’appel aux révolutions « intra-communautaires » reconnaît la nécessité d’un changement depuis les bases.

Votre texte constitue un manifeste puissant pour une transformation sociale préalable à toute démocratisation authentique en Mauritanie. Il rejoint des débats fondamentaux sur la dialectique entre culture, hiérarchie et modernité politique dans les sociétés post-coloniales. »