Note d’alerte d’IRA Mauritanie : un opposant privé de soins au cœur

1. Arrêté il y a un peu moins de 4 mois au titre d’une plainte déposée par un journaliste sous influence des services de la sûreté de l’Etat, le député Biram Dah Abeid, Président de IRA – Mauritanie, subissait un malaise cardiaque, le dimanche 26 novembre, en début de soirée.

2. Après examen du patient, l’infirmier de garde réclamait son évacuation, d’urgence, pour une consultation en cardiologie, à l’hôpital-mouroir de Nouakchott. Or, l’administration pénitentiaire se sentait obligée de requérir une telle « faveur » à la Présidence de la République, laquelle gère les détails du dossier judiciaire. Finalement, l’accord est obtenu, le lendemain, lundi, en fin de matinée.

3. L’autorisation, conçue au sommet de l’Etat, se trouve assortie d’une mesure toute insolite, au regard d’une situation de détresse médicale: Biram Dah Abeid doit quitter la prison, dans une ambulance, les menottes de métal aux poignets et flanqué de plusieurs gardes lourdement armés.

4. De nombreux mauritaniens, déjà présents ou accourus à l’hôpital pour exprimer leur sympathie à l’élu du peuple, furent choqués devant la sévérité des mesures contre un bénéficiaire de l’immunité, de surcroît sous la présomption d’innocence.

5. Le médecin, loyal à la déontologie de son métier, déploya des réserves de raison et de patience, afin de convaincre, les gardes, de retirer les fers, au moins le temps de l’examen physique. Très nerveux et sous pression des consignes de la hiérarchie, ils s’obstinèrent à ramener le détenu dans la prison, avant l’achèvement des analyses, notamment la prise de sang et l’échographie.

6. Sous traitement depuis décembre 2017, Biram Dah Abeid a été reconduit, de force, en cellule, malgré l’échéance du rendez-vous avec son référent bruxellois, le Docteur Steven Vercaurteren.

7. A titre de comparaison, il convient de rappeler, ici, le cas de Rivaa Mint Hamady, inculpée, en 2011, pour pratique de l’esclavage et condamnée, à 10 ans de réclusion, dès 2018 et ses complices, à 20 ans du même régime. Non, seulement, la présumée auteur d’un « crime contre l’humanité » comparaissait libre avec ses complices – Saleck Ould Amar et son fils Hamoudi Ould Saleck– mais elle ne purgea, au total, que trois 3 mois ; le Chef de l’Etat, décideur de sa libération, n’a pas jugé nécessaire de faire casser le jugement. L’autre comparse encore en vie n’a toujours pas été écroué, en dépit de la peine, double.

8. Ainsi, se présente, au monde civilisé, la République islamique de Mauritanie : ses lois protègent les prosélytes du jihadisme et les tortionnaires, surtout quand ces derniers sévissent en la circonstance aggravante de racisme anti-noir. Sur sa seconde face de Janus où l’avenir se lit au passé, elle s’offre le luxe de la rigueur envers les défenseurs – désarmés – de l’égalité, de la tolérance et de la paix dans l’équité.

Nouakchott le 27/11/2018
La commission de communication

Source crédit : Réseaux IRA

Tribune/Soninkara : Dépassons ce régime féodal pour VIVRE en communauté !

Dans le cadre de la sensibilisation et de la conscientisation de la masse contre les tares de la société soninke (régime féodalo-esclavagiste ségrégationniste et discriminatoire), conscients qu’une civilisation et un mode de vie doivent et peuvent être réformés, le mouvement ganbanaaxu et ses différents partenaires associatifs mènent depuis plus de deux ans une lutte pacifique à travers les réseaux sociaux, le terrain et envers les organisations nationales et internationales.

Ces acteurs bénévoles de tout âge se sont vus marginalisés, caricaturés, maltraités et insultés dans leurs villages natals. Leur engagement perce au travers des conflits qui ne manquent pas de les opposer aux descendants des anciens maîtres. Plusieurs des leurs ont été incarcérés arbitrairement avec la complicité tacite des certains segments corrompus dans les administrations publiques. Cet engagement citoyen et humaniste a coûté aux membres porteurs de la CAUSE, des mises à l’écart sociétal ( exclusions arbitraires des institutions communautaires, lieux de culte disputés et d’autres accusations fantaisistes).

L’attitude des descendants d’anciens maîtres est moins bien connue car basée sur la tromperie et la corruption. Les membres du mouvement ont vigoureusement dénoncé la passivité, voire la complicité des gouvernements sur la question de l’esclavage. Il importe en définitif de situer chronologiquement les prises de position et de cerner leurs spécificités. Rompant avec une vision centrée sur un territoire en particulier, cette étude tentera d’appréhender ensemble des solutions équivoques.
Par ce combat abolitionniste, ce silence reflète celui des gouvernements des pays concernés dans leur ensemble. L’influence fortement liée aux régimes en place ne saurait adhérer à une lutte conduite par des gens jugés par descendance. Le souvenir de ce passé douloureux et conventionnel, indispose bien des catalyseurs de ce phénomène de l’esclavage à l’égard des abolitionnistes. D’ailleurs dans leur soif de faire perdurer ce phénomène, certains marabouts coutumiers dans leurs prêches montrent l’esclavage comme un fait établi par l’ordre divin, certains de nôtres par ignorance et naïveté n’ont pas l’occasion de discerner le vrai du faux et se sont vus sceller l’avenir de leur descendance. L’idée d’un soulèvement organisé par les descendants d’esclaves, libres de leur mouvement suscite un effroi particulier du côté des conservateurs à l’égard de la liberté en général. Le combat pour l’émancipation est appréhendé comme un ferment de désordre qui pourrait nuire à la soi disante bonne administration des institutions. Ces idées d’émancipation générale que prônent le mouvement ne viennent rien troubler, en évoquant les difficultés qui s’abattent sur le monde soninkara d’aujourd’hui. Il ne faut pas en déduire que les gouvernements participent, soutiennent activement les conservateurs, peut être que des interlocuteurs féodaux déforment le discours et le centre d’intérêt du mouvement. Il convient toutefois de remarquer que les régimes en place nous donnent une image réellement pessimiste sur la question de la lutte contre les séquelles de l’esclavage en milieu soninke.
Pour une bonne cohésion sociale et sociétale, nous avons besoin d’interroger nos institutions, les réformer qui à mon avis, sont des institutions à géométrie variable. Pour valoriser une société, sa jeunesse, son politicien, son intellectuel et son citoyen modèle se doivent d’être jaloux pour sa communauté afin de la porter à bras le corps.

Diallo Cheikh, acteur social et SG adjoint ARMEPES-France

MAURITANIE: 28 novembre, horrible anniversaire!

Il y a quelques jours les Mauritaniens en choeur ont dansé, chanté et fêté ensemble la belle victoire de notre équipe nationale du football qui vient de se qualifier pour la 1ère fois à la 32ème édition de la CAN prévue au Cameroun en 2019.
Mauritaniens en couleurs et sans couleurs ont vibré ensemble pour le triomphe de la couleur nationale. Nous avons dansé et chanté avec tous nos rythmes, des vagues mélodieuses et sublimes du fleuve aux envolées lyriques des orfèvres des mots des awlad de Chinguitti. Nous avons sauté aux rythmes et aux sons du yakkaa, du rippo, du mbalax, du thierthioura, du veghou. Nous avons sorti nos tbela, djembé et tambours dans la joie et l´allégresse parce que le peuple uni de cette vieille patrie du Tekrour et du Ghana, vibrait avec nos jeunes conquérants, dignes héritiers des almoravides. Cette Mauritanie plurielle, arc en ciel, métissée, unie et fière nous l´aimons, elle est notre rêve de toujours et pour toujours. Ce jeunes joueurs ont écrit une belle et une nouvelle page de notre histoire. L´histoire de la Mauritanie.
Malheureusement l´histoire de notre pays n´est pas aussi belle que cette magnifique victoire du 18 novembre.
Nous avons encore en mémoire cette nuit horrible du 28 novembre de l´année 1990 à Inal, anniversaire de notre indépendance jour qui symbolisait la renaissance à la dignité et à la liberté pour le peuple mauritanien.
Depuis cette sombre et terrible nuit du 28 novembre 1990, ce qui aurait dû rester un grand jour symbole de notre libération du colonialisme français s’est transformé en un jour de douleur et de grande souffrance, un jour de larmes, un jour de deuil, de tristesse pour toute la communauté négro-africaine et plus particulièrement pour toutes celles et tous ceux qui ont perdu des êtres chers.

En effet, dans la seule nuit du 27 au 28 novembre comme si dans le 28 novembre fête de l´indépendance, il fallait faire offrandre à l´Etat chauvin de cadavres de négro-mauritaniens. 28 militaires noirs sont pendus. Des citoyens qui ont servi loyalement leur patrie , des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Négro-africains et c´était suffisant, comme crime aux yeux du Système d´Apartheïd. Arrêtés à Nouadhibou et ailleurs et conduits à Inal. On en pendit 28 ni plus ni moins. Et quand le dernier pendu cessa à gigoter au bout de sa corde on reconduisit les autres prisonniers dans leurs cellules. Vingt huit pendus, c´était le bon chiffre du soir à la gloire de la divinité indépendance et pour rassasier les démons de l´intolérance et de la haine.

Ainsi de sinistre anniversaire en sinistre anniversaire, les négro-mauritaniens détenus dans la période de septembre 1990 à février 1991, seront sacrifiés par dizaines comme des moutons à la gloire de Taya et du Système d´Apatheïd mauritanien. Les organisateurs de ces inqualifiables sacrifices de ces boucheries d´un anniversaire à l´autre, sont toujours là et continuent à diriger notre armée raciale à commandement monocolore et restent toujours protégés par l´Etat raciste. Les morts furent nombreux au moins 530 personnes sont mortes dans les camps de détention mais sans compter les assassinats repétés, perpétrés tout au long de la vallée du fleuve Sénégal depuis le début du conflit sénégalo-mauritanien.
Il faut chiffrer toutes les victimes négro-africaines à plusieurs milliers de personnes.
Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes…
Par devoir de mémoire et par exigence morale, nous demandons encore à toutes celles et à tous ceux qui aspirent à l’unité de notre pays, notre peuple – la Mauritanie – à ceux qui croient au respect des droits humains, d’avoir, en ce jour, une pensée pieuse de recueillement pour ces victimes du racisme , du chauvinisme et de la barbarie humaine.
Nous exigeons du gouvernement mauritanien actuel qui tente par des artifices de solder ce dossier:
– La restitution des dépouilles des anciens prisonniers pendusou morts sous la torture à leurs familles,
– L’ application du devoir de vérité , du devoir de justice , du devoir de mémoire, des réparations matérielles et morales pleines et entières ; au bout du processus la nécessité du pardon . La Paix des cœurs et des esprits, pour une véritable réconciliation nationale, passe nécessairement par là.
Ceux qui sont morts, ceux qui ont souffert
Ceux qui sont diminués, Ceux qui sont humiliés,
Ceux qui pleurent leurs fils, pères, cousins, oncles, leurs maris nous interpellent.
Nous n´avons pas le droit d´oublier.
La Mauritanie confondue n´oubliera jamais.
Et la lutte continue!

Kaaw Elimane Bilbassi Touré

Source crédit : Post Facebook de Kaaw TOURÉ

Nansa Hamet Coulibaly de Kherewane, une voix pacifiste d’appel citoyen pour la LIBERTÉ et la DIGNITÉ en milieux soninkés, menacé de mort !?

Ces derniers temps par d’appels réitérés clairement et allusifs émanant de milieux féodalo-esclavagistes via Whatsapp, il est débat d’attenter à la vie de ce grand militant du mouvement GANBANAAXU FEDDE* au Mali. Son message lumineux d’éveil et de conscientisation pour l’émancipation des descendants d’anciens esclaves en milieux soninkés, irrite les milieux extrémistes féodaux aux mentalités foncièrement esclavagistes. Armé d’un grand courageux, Mr Coulibaly ne fait que rappeler les Droits et les Devoirs reconnus à TOUS les citoyens maliens par la constitution du pays. Son message déconstruit les velléités dominatrices intracommunautaires via un régime féodalo-esclavagiste soninké qui sévit par des chantages, des humiliations, des attaques psychologiques et physiques, et des accusations mensongères pour salir la CAUSE pour l’émergence d’une société soninké en phase avec son époque.

Encore, ces menaces clairement exprimées lors d’un conclave secret entre féodalo-esclavagistes à Bamako, doivent interpeller les hautes autorités maliennes qui tergiversent toujours et encore face au lobbying malsain des milieux féodaux et réactionnaires.

Nous prenons à TÉMOINS nos partenaires ONG au Mali et à l’extérieur sur toute éventuelle atteinte à Monsieur Nansa Hamet de Kherewane.

*Mouvement pacifique pour l’émancipation des descendants d’anciens esclaves en milieux soninkés.

21 novembre 2018

✅Pour la communication GANBANAAXU FEDDE.

À Paris, élus locaux et ongs débattent de la situation d’esclavage en Mauritanie et au Soudan.

Ce mardi 20 novembre 2018, à l’invitation de :
Collectif Urgence Darfour – UPTP (Un passé trop présent), AHME (Association des Harratines de Mauritanie en Europe), Comité Soudan – MPCT (Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme), IRA FRANCE-MAURITANIE, se sont réunis lors de la projection du film-documentaire de la cinéaste et humaniste franco-senegalaise Diagne CHANEL et son collègue Rishi BOODOO; un film-documentaire centré sur l’esclavage des hratin et l’oppression des personnes d’ascendence africaine en Mauritanie: « MÊME SI TU PRIES TU N’IRAS PAS AU PARADIS ».
Ibrahima Diallo, un mauritanien réfugié en France suite à la tentative de génocide, témoigne dans le film, un réfugié du Darfour qui traite de l’enfer subit en Libye par ceux qui fuient le Soudan et Brahim Ould Ali, membre dirigeant d’IRA-France-Mauritanie, Elhadj Fall porte parole de Biram Dah Abeid (Président des réseaux IRA de par le monde, député Mauritanien) et des élus et dirigeants associatifs français, ont pris la parole.

Il a été question de rappeler qu’en 2018, en Mauritanie l’esclavage peine encore à briser ses chaines.

La communauté Mauritanienne était représentée par diverses personnalités reconnues pour leur implication dans la dénonciation des injustices perpétrées en Mauritanie
C’est aussi grâce à l’implication de la municipalité de Fontenay-sous-Bois, représentée en nombre important, qui les a reçu à la Maison du Citoyen et de la vie associative.
Ces derniers étaient accompagné d’une partie du conseil municipal impliqué dans le rayonnement international de leur ville.

La rencontre a débuté avec Huguette CHOMSKI MAGNIS qui a représenté le MPCT et URGENCE DARFOUR, expliquant l’intérêt de la rencontre qui traite de deux pays Africains que sont la Mauritanie et le Soudan où l’esclavage perdure.
Puis Eymeric GOMES, du collectif « Un Passé Trop Présent » de faire un rappel sur la loi TAUBIRA d’il y’a treize ans commémorant l’abolition de l’esclavage et l’intérêt particulier qu’il porte sur la situation actuelle d’un éminent abolitionniste, Biram Dah ABEID

Après la projection du film de Diane CHANEL et de Rishi BOODOO, s’en est suivi un débat autour de la question de l’esclavage en Afrique.
Diagne a expliqué les conditions dans lesquelles elle a réalisé le film et l’implication d’Ibrahima DIALLO qui a rappelé l’oppression systématique que subissent et qu’ont subit les populations afro-descendante autochtone en Mauritanie.

Ensuite, Elhadj FALL, porte parole de Biram Dah ABEID (Président des réseaux IRA de par le monde, député Mauritanien, incarcéré) a remercié les participants, les organisateurs et la mairie de Fontenay-sous-Bois pour cette initiative.
Il a regretté que sa présence soit liée à l’arrestation arbitraire et l’emprisonnement que subit pour la quatrième fois en sept ans, son leader, Biram Dah ABEID, abolitionniste, pacifiste, pour des raisons fallacieuses montées par le régime Mauritanien.
Il a rappelé que cet arrestation est due tout d’abord l’impact réel de l’engagement et des idées de Biram sur la majorité des mauritaniens, victimes d’esclavage et de discrimination raciale. Donc l’intransigeance du président d’Ira-M sur la question de l’esclavage et marginalisation des hratin et celle de la tentative de génocide et d’exclusion des afro-mauritaniens, ajouté au fait de la dynamique de rassemblement autour de Biram Dah ABEID de toutes les communautés Mauritaniennes suite à l’accord entre le pôle politique RAG émanant d’IRA et le parti politique SAWAB, sont une source de véritables inquiétudes pour le pouvoir anti-democratique, raciste et esclavagiste de Mohamed ould Abdelaziz. Pour Elhaj et Brahim ould Aly, l’arrestation et l’emprisonnement arbitraires de Biram sont dus uniquement à des motivations suscitées uniquement par sa défense des droits de l’Homme et et l’enthousiasme populaire pour son projet politique. Les deux hommes ont aussi précisé que le leader abolitionniste n’est toujours pas jugé alors qu’il est en prison depuis 113 jours et malgré son immunité parlementaire.
Elhaj Fall, a également, informé sur l’état de santé de M ABEID.

Après le cocktail, l’assemblée c’est installée en cercle pour débattre sur les sujets ayant trait à la mobilisation de la mairie de Fontenay-sous-Bois pour cette cause, le mécanisme que l’esclavage subit en Mauritanie comme au Soudan ou ailleurs, l’attitude de la france et des Etats Africains, des institutions des droits de l’homme.

Un moment de partage, de rencontre et d’engagements sur l’avenir.

Au nom des réseaux IRA, le porte-parole du président à Paris,
Elhaj Fall.
21 octobre 2018.

Soucre crédit : Réseaux IRA-France

IRA-MAURITANIE : Communiqué de presse

IRA – Mauritanie fait remarquer que le rassemblement de protestation organisé le 15 novembre 2018 devant le ministère de la justice de la République Islamique de Mauritanie à Nouakchott n’a pas connu les attaques et la violence indicible des unités de police envers les militantes et militants pacifiques, comme c’était le cas dans les précédents rassemblements de notre organisation.

Pour rappel, IRA – Mauritanie est interdite de rassemblement pacifique depuis sa naissance en 2008 et ses manifestations, depuis le début du deuxième mandat présidentiel du chef de l’État mauritanien Mohamed ould Abdelaziz, sont réprimées dans le sang et aboutissent très souvent à des arrestations, torture et condamnations des militants abolitionnistes à de lourdes peines de prison au cours de procès inéquitables. Les deux derniers rassemblements des militants des droits humains de l’ONG IRA – Mauritanie, les 8 et 29 octobre 2018, pour exiger la libération du président du mouvement et député du peuple Biram Dah Abeid, ont été matés par des unités de police armées jusqu’aux dents, ce qui a occasionné plusieurs blessés très graves parmi les femmes et les jeunes.

Notons qu’en prélude à cette troisième sortie (du 15 novembre 2018) en un mois de l’ONG anti-esclavagiste réclamant la libération de son président, les responsables abolitionnistes ont pris le soin de solliciter la présence d’observateurs notamment des délégués de missions diplomatiques et d’organismes internationaux accrédités à Nouakchott. Donc nous pensons sans risque de nous tromper, que les autorités mauritaniennes, racistes, esclavagistes et répressives, n’ont pas réussi une prise de conscience subite de la nécessité d’octroyer le droit aux rassemblements et manifestations pacifiques à IRA – Mauritanie mais c’est bel et bien l’esprit de sacrifice et la persévérance des militantes et militants mais aussi et surtout à cause de la mesure d’exclure la Mauritanie des privilèges financiers et commerciaux de l’Agoa et la présence d’observateurs de missions diplomatiques et d’organismes internationaux, surtout ceux de la représentation du Haut Commissaire des Nations-Unies pour les droits de l’homme. Les représentants du HCDNUH se sont postés pas loin du lieu du rassemblement, quelques minutes avant son début.

IRA – Mauritanie convie ses militantes et militants, ainsi que tous les compartiments du peuple mauritanien, sans distinction d’appartenance ethnique, raciale, politique ou idéologique, à s’unir et à se mobiliser pour vaincre les divisions et la peur qui font le lit pour la perpétuation du régime dévastateur du dictateur Mohamed ould Abdelaziz, son entourage familial, son clan de délinquants économiques et criminels des droits humains.

IRA – Mauritanie remercie les États-Unis d’Amérique, le Canada, le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les droits de l’Homme, ainsi que toutes les Ongs internationales des droits humains, et leur lance un appel ainsi qu’à tous les partenaires de la Mauritanie, à multiplier le travail et les missions d’observation en Mauritanie, dans les moments de frottement des forces de police et de sécurité avec les militants pacifiques, et dans les lieux de détention et tribunaux.

Nous attirons aussi davantage l’attention des mauritaniens qu’il devient indispensable d’unir toutes les ethnies et groupes sociaux mauritaniens, divisés par quatre décennies de monarchie dictatoriale militaire. Cette union dans laquelle les différences sont respectées et toutes les communautés sont dignement représentées, à l’image des braves joueurs de notre équipe nationale de football, qui viennent de nous honorer par une qualification historique à la coupe d’Afrique des nations.

Nouakchott le 18/11/2018
La commission de communication

Source crédit : Réseaux IRA

ALERTE #18NOVEMBRE : DÉNONÇONS L’ESCLAVAGISME STATUTAIRE EN MILIEUX SONINKÉS EN AFRIQUE DE L’OUEST !

✅📣 Journée internationale en mémoire des victimes de l’esclavage, de la colonisation et la migration. Initiée par le journaliste Claudy SIAR .

■Notre contribution

Aujourd’hui dans certaines communautés noires africaines en l’occurrence soninké, sévit un régime féodalo-esclavagiste qui humilie, exproprie, discrimine , ostracise et agresse des paisibles citoyens qui osent refuser le statut social d’esclave en intracommunautaire.

Le mouvement d’éveil citoyen et humaniste, GANBANAAXU FEDDE* regroupant plusieurs associations dans certains pays d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal, Mauritanie, Gambie et d’autres) et parmi la diaspora soninké de part le monde, mène un combat depuis quelques années contre ces tares sociétales obsolètes d’une autre époque .

Ce système ségrégationniste et discriminatoire érigé en mode de vie « culturel » chez les soninkés, est défendu par des milieux féodaux et réactionnaires qui s’estiment dignes d’une noblesse filiale très particulière, en rabaissant leurs semblables dans le même groupe sociolinguistique.
Ces derniers mois, nos membres engagés pour l’instauration des réformes sociétales en phase avec notre ère, pour dépasser ces considérations anachroniques et mesquines, subissent d’innombrables CHANTAGES , INTIMIDATIONS , AGRESSIONS et RESTRICTIONS dans nos contrées africaines. Ici nous comptons sensibiliser toutes les consciences progressistes éprises de justice et sensibles à la DIGNITÉ HUMAINE à travers le monde entier, pour soutenir cette CAUSE GANBANAAXU qui pose un véritable questionnement sur l’espèce Afro- africaine par rapport à L’ESCLAVAGE. Aujourd’hui des Noirs qui agressent d’autres Noirs sur les problématiques liées aux mentalités esclavagistes et féodales au coeur de l’Afrique, est une ABERRATION SOCIALE INNOMMABLE qui salit la Condition Noire.

Voir ci-dessous en liens médias sur divers incidents gravissimes survenus à cause de ces pratiques ces derniers mois en milieux soninkés :

https://www.notrenation.com/Esclavage-par-ascendance-en-pays-Sarakole-IBK-interpele

http://bamada.net/recul-moyenageux-au-pays-soninke-la-revolte-des-esclaves-reprimee-dans-le-sang-et-la-privation?fbclid=IwAR3UOMT-_QvIbRYIlKOIuLaX7Lb3-Ahv_T3FBBG9hDpnfzk4j1phKXS4Vv0

http://www.rfi.fr/afrique/20180614-mauritanie-anciens-esclaves-denoncent-accaparement-terres

https://www.chezvlane.com/Les-mentalites-feodales-agressives-a-Nahali_a6128.html

https://www.chezvlane.com/Guidimakha-Selibabi-Cooptation-d-heritage-sur-fond-de-l-esclavage-a-Dafort_a8371.html

https://www.chezvlane.com/Guidimakha-le-doyen-Demba-Diarra-convoque-a-la-brigade-de-gendarmerie-a-Ghabou_a6295.html

https://www.google.fr/amp/s/kassataya.com/2018/07/11/les-tentatives-dexpropriation-dheritage-a-dafort-des-incomprehensions-autour-de-la-decision-du-cadi-de-ould-yenge/amp/

https://www.google.fr/amp/s/soninkideesjose.wordpress.com/2018/02/08/alerte-des-membres-de-la-communaute-ganbanaaxu-violemment-attaques-a-modibougou/amp

https://soninkideesjose.wordpress.com/2018/11/04/droits-humains-retour-sur-la-manifestation-contre-les-agressions-feodalo-esclavagistes-en-milieux-soninkes-en-afrique-de-louest/

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2173931636164145&id=1473902619500387

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2172355016321807&id=1473902619500387

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2168056586751650&id=1473902619500387

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2167204170170225&id=1473902619500387

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2164506267106682&id=1473902619500387

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2162682843955691&id=1473902619500387

https://soninkideesjose.wordpress.com/2018/10/13/communique-de-presse-des-extremistes-feodaux-agressent-sauvagement-des-paisibles-citoyens-dans-des-localites-soninkes-au-mali/

http://www.rfi.fr/afrique/20180614-mauritanie-anciens-esclaves-denoncent-accaparement-terres

http://bamada.net/recul-moyenageux-au-pays-soninke-la-revolte-des-esclaves-reprimee-dans-le-sang-et-la-privation?fbclid=IwAR3UOMT-_QvIbRYIlKOIuLaX7Lb3-Ahv_T3FBBG9hDpnfzk4j1phKXS4Vv0

Notre actualité sur cette page officielle : https://www.facebook.com/ARMEPES/

Pour la communication GANBANAAXU FEDDE

Correspondance de Biram Dah Abeid lue aujourd’hui devant la CNCDH( COMMISSION NATIONALE CONSULTATIVE DES DROITS DE L’HOMME ) DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Lettre de l’absent-présent

Correspondance de Biram Dah à la séance de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme
Paris, 16 novembre 2018

J’exprime d’abord ma reconnaissance à vous, Madame la Présidente Christine Lazerges et vous prie d’en transmettre toute l’intensité à vos collègues. Je salue l’honorable assistance.

Aujourd’hui, je m’adresse à vous, de ce siège vide, alors que je me trouve dans une cellule de la prison civile de Nouakchott, d’où j’ai fus élu député, le 1er septembre 2018. Mon compagnon de lutte Abdellahi Houssein Messoud et moi, y séjournons, en détention préventive et coupés du monde, situation à laquelle nous habitue, hélas, la récurrence des persécutions, procès et condamnations.

Depuis la naissance de notre mouvement en 2008, nous menons une lutte non-violente pour assurer aux Noirs de Mauritanie, l’égalité des droits, en somme tourner la page des siècles d’esclavage, de racisme et de déni de droits élémentaires. Sur le chemin ardu de l’émancipation, nous endurons surtout la torture, comme l’attestent divers témoignages de rapporteurs spéciaux des Nations unies.

Notre combat ne vise qu’à accélérer l’avènement d’une Mauritanie de la paix dans l’équité, pas celle qui reproduit le statu-quo de la supériorité raciale. Nous voulons, pour nos enfants, petits enfants et les générations à venir, un avenir de dignité reconquise par l’exercice plein de la qualité de citoyen. Notre dessein comporte l’application effective des lois devant mettre un terme à l’impunité, l’accès à l’éducation de base, le partage des ressources et le respect du suffrage universel. Par le poids démographique des multitudes opprimés, nous entendons faire entendre la réclamation de justice, grâce à l’expression des suffrages.

Nous sommes des passeurs d’espérance, qui voulons permettre, à nos compatriotes, d’écrire une nouvelle page de relations humaines, dans ce désert dont l’hostilité n’a d’égal que l’intransigeance de ses puissants. Aux mauritaniens qui naissent diminués et grandissent, sans état-civil, ni la conscience du droit à vivre heureux, nous offrons l’alternative d’une fierté, d’un projet et d’un relèvement, contre la fatalité d’un passage sur terre, aussi bref qu’absurde : à rebours de la faim, de la soif, de la maladie et du sentiment de sa propre infériorité, nous propageons le message de la révolte, oui, parce que notre humanité nous l’enjoint.

En Mauritanie, il ne s’agit plus seulement de servitude et de contrainte justifiées au nom de la religion et de la naissance ; si l’émasculation, le travail forcé, les sévices sexuels et la vente à l’encan tendent à disparaître, le mépris et l’exclusion demeurent. Les discriminations à l’emploi, le défaut de scolarisation et la banalisation des tâches indécentes recréent le statut de paria, sur la base invariable de la couleur. Le peuple noir de Mauritanie, en particulier les descendants de serviteurs captifs ou achetés, constitue la majorité laborieuse sur le dos de laquelle s’agrippe la minorité des exploiteurs. Les maitres d’hier le restent mais sous le vernis de la modernité et les faux semblants de la loi.

Nous préoccupe, entre autres sujets de rupture dans la communauté de destin, le sort des fillettes et femmes nées du mauvais côté de la barrière sociale. Elles subissent l’exploitation domestique, le viol et une prévalence spécifique des maladies sexuellement transmissibles (Mst) ; tout comme leurs congénères masculins, elles ne peuvent prétendre aux soins qu’en revenant sous la coupe de la famille ou de la tribu du maître. A cause de l’extrême pauvreté et de la mainmise de la minorité arabo-berbère sur 95% des centres de pouvoir et de décision, le Noir mauritanien ne peut survivre sans participer à reconduire sa domination. Des cas de récidive indirecte se déroulent sous nos yeux : des esclaves, déçus et frustrés de ne pouvoir aspirer à mieux, retombent sous la « servitude volontaire », pour reprendre l’admirable expression de Monsieur De La Boétie.

Le défi s’avère d’autant moins surmontable que le système d’hégémonie tribale privatise l’Etat et le fige dans une vocation néo-patrimoniale, aux fins de perpétuer l’inégalité, qui est sa vocation, sa sève et son oxygène. Ainsi, recrute—t-il, en son sein, le commandement des milices en armes que sont les forces de sécurité et de défense mais aussi les magistrats, les directeurs de conscience religieuse, les banquiers, les industriels, les marchands de biens et services, les détenteurs de terres arables et les bénéficiaires de licences de pêches. En Mauritanie, le racisme est avant tout une prédation, une entreprise de rapine dont les arguments moraux ne cachent plus l’avidité brutale. Depuis toujours, les maîtres nous subjuguaient par leur religion, c’est-à-dire celle qu’ils ont façonnée sur mesure ; aujourd’hui, certains d’entre eux prétendent nous libérer avec le même outil. Faut-il en rire ou pleurer ?

Les juges, officiers de police judiciaire et membres du gouvernement, sont formés à répéter et régurgiter les prescriptions les plus archaïques de l’école sunnite, de rite malékite : les programmes enseignent, légitiment et sacralisent l’esclavage et lui attribuent de fait le statut de 6ème pilier de la foi. Dans ce que la république islamique de Mauritanie considère comme le corpus inviolable de son noyau, se dresse une inhumanité essentielle : le dogme d’une hiérarchie des corps et des vies. Et gare à d’éventuelles dissidences ! L’article 306 du code pénal, révisé à l’initiative du gouvernement et adopté en avril 2018, élargit la peine de mort, sans aucune faculté d’atténuation : « Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou Son Messager (Mahomet) – Paix et Salut sur Lui – ses anges, ses livres ou l’un de ses Prophètes est passible de la peine de mort, sans être appelé à se repentir. Il encourt la peine capitale même en cas de repentir.

A présent, il suffit, à un magistrat passablement zélé, de décréter que la dénonciation de l’esclavage tient d’une rébellion contre Dieu…Depuis 2014, un jeune bloggeur, Mohamed Cheikh Ould Mkheitir croupit en prison, pour avoir contesté le système de castes selon sa propre version ; ainsi, essuyait-il trois condamnations à mort consécutives. Il ne passe d’année, non plus sans qu’une « bavure » de la police ou de justice privée, n’occasionne le trépas d’un noir, fût-il descendant d’esclave ou natif autochtone du Sud. Selon une jurisprudence établie, l’auteur de l’homicide échappe à la sanction.

Mesdames et messieurs, chers amis dans la promotion de l’universalisme, telle se présente la Mauritanie, alliée de l’Occident démocratique, dans la fameuse lutte contre le terrorisme. Mon pays, où le fanatisme religieux organise la société, l’Etat, le statut personnel et encadre l’esprit du législateur, s’apprête à lancer ses forces, sur les traces des islamistes armées, au-delà de nos frontières. Or, la Mauritanie, membre du G5 Sahel applique le programme juridique des prosélytes du Califat terroriste. Comment peut-on combattre ce que l’on enseigne à ses enfants ?

Sur cette note d’interrogation volontairement embarrassante, je conclus mon laïus d’outre-cachot. La bataille pour la restauration de notre intégrité vous concerne. Nous avons besoin de vous, au nom de l’espèce à laquelle nous appartenons tous, si vulnérable devant le déchainement de la force brute mais magnifique et triomphante quand elle se dresse en travers ! Robert Antelme échoua en prison parce que Français avide de liberté pour son pays mais il apprit, de l’épreuve des camps, combien il était, d’abord, membre de la famille humaine. Mes camarades et moi nous revendiquons de l’héritage noble et en entretenons la mémoire. Sans vouloir être plus long, les IRA qui ont essaimé en Europe, Amérique du Nord et Afrique, à l’image des membres et dirigeants d’IRA-France-Mauritanie, illustre notre modèle rêvé, pour la symbiose universaliste des justes, face à l’interpellation du défi.

Nous comptons sur vous !

Crédit source : Réseaux IRA via Facebook.

Biram Dah Abeid : Prison civile de Nouakchott.

Chers collègues députés, honorables élus du peuple.

Mon salaire n’égale la souffrance du pays.

Qu’ai-je, donc, appris?

Des députés et des responsables administratifs de l’Assemblée Nationale réfléchissent à entreprendre quelque démarche pour convaincre le pouvoir du moment, de bien vouloir surseoir à appliquer, contre moi, la directive de privation de salaire et d’indemnité. Elles et ils s’alarment ainsi de la violation de mes droits d’élu.

Je les remercie certes mais les invite en même temps, à abandonner l’entreprise, à cause de l’urgence et de la priorité au traitement de celle-ci. Des problèmes de fond et d’une tonalité bien plus tragique requièrent, ailleurs, l’expression de la solidarité parmi les législateurs. Je citerai, ici :

La dépréciation de la monnaie nationale

La hausse vertigineuse des prix

La banqueroute de l’école

Le chômage désespérant des jeunes

La faillite généralisée des établissements publics, en particulier du secteur de la santé

Le détournement des ressources monétaires, minières et halieutiques

La banalisation des mœurs néo-patrimoniale dans le rapport des dirigeants à l’Etat

L’impunité de la torture, du racisme, de son passif humanitaire et des discriminations liées à la naissance

Chers collègues

Je cède mon salaire et autres émoluments, au « Président des pauvres », afin qu’il s’en serve pour épaissir, davantage, la fortune de sa famille et de ses proches. Il y a 10 ans déjà, je renonçais à mon revenu de fonctionnaire du Greffe dont la suspension devait me dissuader de poursuivre la lutte pour l’égalité.

Huit ans après cette mesure d’un présupposé ô combien naïf, Le chef de l’Etat Ould Abdel Aziz pourrait tenter de comprendre que l’argent n’est pas tout, ni même l’essentiel. Je sais combien l’idée lui paraîtrait improbable tant elle déroge à sa socialisation. Chez certaines humanités en dégénérescence, l’appât du lucre finit par embrumer la raison. Plus le sevrage est ancien moins vite se désaltère l’assoiffé.

Chers collègues, honorables députés

Si vous parvenez à relativiser l’intérêt pathologique que Ould Abdel Aziz porte à l’accumulation des biens ici-bas, vous auriez rempli l’essentiel de la mission à vous confiée dans les urnes : modérer le Prince, le guider dans les tourments de l’orgueil, enfin le rappeler à la vergogne quand il menace de n’en plus avoir.

Le 14 novembre 2018.

Crédit source : Réseaux IRA

Nous avons décidé de retirer notre prix le plus prestigieux à l’ancienne Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

Partagez la lettre ouverte que nous lui adressons !

Chère Aung San Suu Kyi,

Il y a neuf ans, Amnesty International vous a décerné sa plus prestigieuse distinction, le prix Ambassadeur de la conscience. Lorsque nous vous avons remis cette récompense, vous étiez « un symbole d’espoir, de courage et de défense inépuisable des droits humains, non seulement pour le peuple du Myanmar, mais aussi pour les citoyens du monde entier ».

En tant qu’Ambassadrice de la conscience d’Amnesty International, nous espérions que vous continueriez d’user de votre autorité morale pour dénoncer l’injustice où qu’elle se manifeste, et pour le moins au Myanmar.

Au lieu de cela, nous sommes à la fois inquiets et déçus par votre trahison manifeste et persistante des valeurs fondamentales que vous avez défendues pendant des décennies. Vous avez choisi d’ignorer et d’excuser la violente répression et les crimes contre l’humanité commis par l’armée contre les Rohingyas et les minorités dans l’État kachin et le nord de l’État chan, et votre bureau s’est employé à soustraire l’armée à un examen international et à l’obligation de rendre des comptes. En outre, nous sommes consternés par les discours de haine qu’a tenus votre gouvernement à l’égard des minorités, encourageant au lieu de freiner la discrimination et l’hostilité. En tant qu’organisation ayant œuvré sans relâche à votre libération – et à la libération de tous les prisonniers d’opinion au Myanmar – nous déplorons vivement que votre gouvernement n’ait pas abrogé ou modifié les lois répressives, mais s’en soit servi pour restreindre la liberté d’expression et arrêter et emprisonner des défenseurs des droits humains, des journalistes et des militants pacifiques.

Aujourd’hui, nous sommes profondément déçus que vous ne soyez plus un symbole d’espoir, de courage et de défense inépuisable des droits humains. Incapables de justifier le maintien de votre statut de lauréate du prix d’Ambassadrice de la conscience, c’est avec une grande tristesse que nous vous le retirons par la présente. Nous l’annoncerons publiquement dans deux jours, le 13 novembre.

Nous restons inébranlables dans notre engagement à garantir que tous les citoyens au Myanmar puissent exercer leurs droits librement, dans la dignité et en toute égalité.

Veuillez agréer l’expression de ma haute considération,

Kumi Naidoo
Secrétaire Général d’Amnesty International

Source crédit : Post Facebook Amnesty international France