Procès de Biram Dah Abeid : le journaliste Deddah Abdallah retire sa plainte

Le journaliste Deddah Abdallah qui avait porté plainte contre Biram Dah ABEID a retiré sa plainte, a appris en début de soirée Cridem auprès de plusieurs sources proches du mouvement abolitionniste, IRA-Mauritanie.

Une information confirmée par Mme Coumba Dado Kane, député à l’assemblée nationale mauritanienne et proche de Biram Dah ABEID, président d’IRA-Mauritanie. « Oui, il (Deddah Abdallahi, NDLR) a retiré sa plainte. Il l’a signée devant nous, avant de quitter le tribunal », a affirmé à Cridem Mme Coumba Dado Kane.

Le procès s’est ouvert ce lundi matin vers 12 heures, sous forte surveillance policière dans un tribunal correctionnel de la capitale, à Arafat, où des centaines de sympathisants de M. Ould Abeid et des militants de son ONG antiesclavagiste s’étaient regroupés pour réclamer sa libération.

A l’ouverture du procès, Biram Dah ABEID a demandé à porter son écharpe de député, ce qui a provoqué un « blocage ». Un autre incident est venu par la suite se greffer à ce procès. Après avoir eu gain de cause pour porter son écharpe de député, Biram Dah ABEID a refusé de parler à la Cour, arguant que celle-ci n’était pas compétente pour le juger, une situation qui va provoquer un autre « blocage ».

A 20h (GMT), le procès était suspendu. « On est toujours là. On est très fatigués. C’est du cinéma qui est là. C’est un jugement qu’on n’a jamais vu dans le monde. Moi, je n’ai jamais vu ça. Depuis, ce matin, on est là », a déclaré à Cridem Mme Kane.

Plusieurs figures politiques, syndicales, comme de la société civile et des droits de l’Homme sont venues exprimer au leader abolitionniste leur soutien, a constaté un journaliste de Cridem.

©CRIDEM / (31 Décembre 2018)

✅Source crédit : Repris sur cridem.org

✅TROP, C’EST TROP : LETTRE OUVERTE AUX CORPS ADMINISTRATIFS, SÉCURITAIRES, POLITIQUES ET JUDICIAIRES DU GUIDIMAGHA.

Nous sommes en fin d’année 2018, la région du Guidimagha en Mauritanie connaît des turbulences critiques en matière de droits humains. En effet la communauté soninké ayant un vécu traditionnellement esclavagiste et féodale est en ébullition perpétuelle à cause d’un ordre coutumier foncièrement ségrégationniste et discriminatoire qui défie les lois de la république islamique de Mauritanie. Aujourd’hui des paisibles citoyens conscients de leurs droits légitimes subissent un acharnement inadmissible de la part de certains extrémistes féodalo-esclavagistes dans plusieurs localités soninkés de la région. Ces nostalgiques d’un régime moyenâgeux s’estiment être des citoyens bénéficiant de Sur-droits au détriment d’une composante d’ascendance sociale considérée comme servile statutairement parlant. En mission obsessionnelle, ces groupes féodalo-esclavagistes semblent bénéficier d’une certaine connivence tacite auprès d’autres cercles écrans bien introduits dans les services étatiques. C’est ainsi depuis plusieurs mois, certains éléments extrémistes féodaux et leurs suppôts financiers de la Diaspora sillonnent les milieux soninkés en provoquant les membres du mouvement d’éveil citoyen GANBANAAXU FEDDE*. Depuis plus d’une année, plusieurs cas litigieux liés aux séquelles d’un esclavagisme statutaire dans la communauté, sont signalés dans différentes localités. Nous pouvons noter, Bouanze, Dafor, Mbeydia, Artoumo, Tachott, Diogountoro, Toulel, Modibogou et Coumba Daw entre autres. Entre les tentatives d’expropriation foncière ou d’héritage, les mises en quarantaine sociale, l’usurpation provocatrice de lieu de culte et d’autres manoeuvres fallacieuses, provocatrices et mensongères, tout y est pour SALIR ET DIFFAMER des citoyens paisibles qui ne veulent VIVRE qu’en Hommes Libres et Dignes selon les dispositions légales contenues dans la constitution de l’État Mauritanien . Ce qui est plus que troublant, c’est la passivité complice de l’administration régionale à divers niveaux par rapport à ces pratiques injustes bafouant les droits éléments d’une partie des administrés. Nous soupçonnons un parfum de corruption qui serait organisé à en croire les éléments de communication de certains extrémistes féodalo-esclavagistes de la Diaspora soninké en France à travers leurs cotisations de 100 € par participant pour financer leurs basses oeuvres (fausses plaintes, accusations fallacieuses et d’autres manigances) . Le 4 décembre dernier, à Selibaby, ces extrémistes réactionnaires se sont réunis sur un seul mot d’ordre, comment se servir de l’administration étatique pour intimider et harceler ceux qui ne veulent plus vivre sous leur joug féodal (incarné par certains LADINI*) qui humilie et hiérarchise les Droits et la DIGNITÉ dans les affaires publiques . D’ailleurs, c’est à travers leurs plateformes virtuelles où l’apologie de l’esclavage se fait avec un certain zèle en exploitant certains esprits faibles à l’occasion de mariages ou d’autres rencontres coutumières pour provoquer en défiant l’article 19 de la LOI anti-esclavagiste 2015 – 031.
Par cette lettre ouverte , nous interpellons en TÉMOINS solennellement et nommément les différents corps administratifs, sécuritaires, politiques, judiciaires et civils de la région ou ayant trait à elle. Car cette situation de non droit et de traitement partial entre de citoyens, a atteint son paroxysme avec une certaine imprévisibilité sur la paix civile. Il est urgent que les autorités compétentes garantissent les libertés individuelles et collectives des uns et des autres dans nos contrées villageoises.

■Notre alerte citoyenne et fraternelle s’adresse aux personnalités suivantes :

Monsieur Diallo Oumar Amadou , le gouverneur de la région Guidimagha

Monsieur le directeur régional de la sûreté

Messieurs les préfets et les sous-préfets de la région

Messieurs les commandants de Brigade de la région

Monsieur le procureur de la république à Selibaby

Messieurs les cadis de la région Guidimagha

Monsieur Coulibaly Issa, le président du conseil général Guidimagha

Monsieur Amedi Camara originaire de la région (Dafor), ministre de l’environnement et du développement durable

Monsieur Camara Ali Galadio, député Département de Ould-Yengé

Monsieur Djiguily Moctar, député Département de Ould yenge

Monsieur Sidney Sokhona, député Selibaby

Monsieur Amadou yero Barry, député de Selibaby

Monsieur Mohamed Lemine Lakhwaf, député de Selibaby

Monsieur Ogo Coulibaly, député Département Ghabou

Monsieur El khou Seydina Ali, député Département Ghabou

Monsieur Koréra Mamedi Wagui , le fédéral régional Parti UPR (au pouvoir)

Messieurs les Maires et élus locaux de la région

Monsieur Diawara Issa Mansega originaire de la région (Boulli), député des Mauritaniens de la Diaspora/Europe

Monsieur Idrissa Camara, député Parti Tawassoul, originaire de la région (Hassi Chaggar)

Monsieur AKA Soumare, Maire de Sebkha (Nouakchott), issu de la communauté.

Monsieur Maroufa Diabira, homme politique et avocat, originaire de la région (Diaguilly)

Monsieur Bakary Diabira, en service à la présidence de la république, originaire de la région ( Diaguilly)

Monsieur Camara Seydi Moussa, journaliste et sympathisant abolitionniste, originaire de la région (Dafor)

Monsieur Moussa SOUMARE, cadre IRA-FRANCE, originaire de la région (Selibaby)

Monsieur Ba Amadou, coordinateur régional de l’AMDH

*Mouvement pacifique d’éveil citoyen pour l’égalité en Droits et en DIGNITÉ en milieux soninkés.

*Ladani : rapports coutumiers de subordination, ségrégationnistes et discriminatoires sur le matériel et l’immatériel en milieux soninkés.

27 décembre 2018

Pour la communication GANBANAAXU FEDDE, AILE MAURITANIE (AMEES, UVDS ET ARMEPES-FRANCE)

Torture publique et violence ciblée : L’Etat Mauritanien face à la demande de justice.

La première vidéo que je vous propose ici, dure quelques secondes, la deuxième un peu plus, mais le contenu est suffisant pour heurter la sensibilité de tout celui qui dispose d’une once d’humanité.

Ces images sont épouvantables. Elles sont d’une dureté crue et d’une barbarie grégaire. On se croirait dans la jungle.

Même une armée d’occupation se réserverait de cette sale besogne.

Nous sommes en République islamique de Mauritanie, un Etat membre des Nations Unies et signataire de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Sa loi fondamentale consacre l’effectivité des libertés individuelles et collectives et le droit de manifester ou encore celui d’exprimer librement ses opinions.

Quel paradoxe ! C’est juste un écran de fumée.

Les manifestants d’IRA – Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste – sont quotidiennement traqués et matés dans le sang en Mauritanie.

La dernière escalade était contre la manifestation du Mouvement abolitionniste(d’où sont issues les deux vidéos) remonte au jeudi 20 décembre 2018 : militants et sympathisants avaient battu le pavé pour demander la libération de leur Leader, le député Biram Dah Abeid incarcéré depuis 138 jours prétendument à cause d’une plainte déposée contre lui par un journaliste. C’est la partie visible de l’iceberg. En réalité c’est juste un prétexte pour le pouvoir, le maitre d’œuvre de l’arrestation du leader abolitionniste.

En réalité, le pouvoir de Nouakchott a utilisé le journaliste comme taupe et faux témoin pour envoyer Biram Dah Abeid en prison.

Les autorités mauritaniennes n’ont pas fini d’étonner la communauté internationale par leurs agissements obscènes et insidieux.

Après avoir planifié et orchestré ce plan machiavélique et pour se dédouaner, elles soutiennent que l’homme est un détenu de droit commun.

Dans cette opération de répression, tout est calculé et programmé pour pouvoir atteindre le moral de Biram Dah Abeid et l’humilier.

En effet, sa fille Aicha Biram a été prise délibérément pour cible.

Sur la vidéo, c’est bien elle qui est passée à tabac par des policiers complètement déchainés et plus que jamais déterminés à l’achever. Après avoir essuyé cette avalanche de coup de matraques et de gourdins, l’infortunée n’a eu droit à la sauve que par la grâce de dieu : elle a été victime d’une double fracture au bras gauche, sans compter le traumatisme causé par cette agression.

Le bilan des blessés au cours de cette manifestation est lourd : 27 blessés au total, 2 fractures et plusieurs entorses.

Parmi ces victimes de la violence policière, Leila, la femme de Biram Dah ABEID une cible pas comme les autres. Le seul crime de cette femme, c’est d’être l’épouse de Biram.

Elle est dans la ligne de mire des autorités. En effet, tous les moyens sont bons pour fragiliser le leader du mouvement IRA.

Leila et Aicha paient le prix de l’engagement politique de Biram : pour la première, il s’agit du courage politique de son mari et pour la seconde l’opiniâtreté d’un père qui se bat vaille que vaille pour une Mauritanie débarrassée des pratiques esclavagistes où tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit, tel que stipulé par la convention Universelle des droits de l’homme.

Si du côté des manifestants on pleure, on se soigne et on panse les plaies. On ne comprend pas cet acharnement ! On est estomaqué.

Pour les autorités, la mission est bien remplie, les ordres ont été exécutés à la lettre.

Les images de la répression ont été visualisées par les commanditaires. Ils sont satisfaits de la correction infligée aux manifestants.

En effet, les policiers qui ont fait preuve d’un excès de zèle dans cette mission éhontée ont été félicités par la hiérarchie : parmi ces tortionnaires cet homme. Il est prêt à recommencer.

En effet, la déclaration du ministre français Jean Yves le DRIAN qui a soutenu malencontreusement que le président d’IRA, Biram Dah Abeid est un détenu de droit commun et non un détenu politique a été entendu et interprété par Nouakchott comme un feu vert. Ces propos sont donc pour quelque chose dans la manière forte utilisée pour réprimer les manifestants qui demandaient la libération de leur leader.

D’ailleurs, pouvait-on entendre l’officier de police qui dirigeait, ce jour-là les opérations dire sans ambages « frappez les fort, sans pitié ! La France par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères a déclaré que le chef de cette bande du mouvement IRA est un criminel. Et l’officier de police d’ajouter que l’Occident a enfin compris que les gens de IRA sont des voyous »

Moussa SOUMARÉ Vice-président IRA-France et porte-parole .

Source crédit : Source IRA/l’auteur

Par Coumba Dada Kane, vice-présidente d’IRA-MAURITANIE

Pour commencer mon propos, permettez-moi de vous faire une confession.
Ce n’est point une digression. Vous allez comprendre pourquoi ?
Pour rédiger cette intervention sur la problématique des droits de l’homme dans notre pays, laissez-moi vous dire que j’ai passé des heures et des heures devant mon ordinateur sans pouvoir écrire une phrase.
En effet, il y a beaucoup de choses à dire : la nomenclature des violations des droits de l’homme est extensible, les formes diverses et variées.
Si bien qu’on en vient à se demander si le Mauritanien pour ne pas dire « le citoyen mauritanien »,- vous percevez la nuance, a des droits garantis par la Constitution.
La Mauritanie est devenue ces dix dernières années un Etat policier où donner son avis, exprimer ce qu’on pense vous expose à la sanction suprême : intimidation, menace, gardes à vue, torture, privation des droits civiques (passeport, carte d’identité, acte de naissance, acte de mariage par l’Agence Nationale des populations et des titres sécurisés) jusqu’à la prison.
Finalement, en Mauritanie c’est la pensée unique qui a droit de cité. La contradiction est un délit voire un crime.
Le citoyen est muselé. La presse est réduite au silence ou la faction émergeant chez la politique: la propagande et l’apologie du régime sont les seules voix audibles.
On assiste au déni total de la citoyenneté et au saccage des piètres acquis dans le domaine des droits humains, l’unité et de la concorde nationales, et la destruction des symboles ayant valeurs de patrimoine et de consensus nationaux.
Vous suivez mon regard ! Je ne saurais être plus claire.

Vous conviendrez avec moi que le fondement de la démocratie, de l’Etat de droit et de la citoyenneté, c’est la justice.
Or en l’absence de pluralité politique, d’opinion et d’idées, on ne peut pas parler de droit de l’homme.
Le respect des droits de l’homme ne doit pas être une injonction dictée de l’extérieur, il ne doit pas être mesuré sur la base de la création d’une pléthore d’institutions dans le seul dessein de capter des financements et pour faire plaisir aux institutions de BRETTON WOODS.
Le respect des droits de l’homme, c’est une culture, une philosophie, une conviction et une pratique : il sous-tend des valeurs et des principes chers à notre religion, l’islam.
En effet, il s’agit de respecter l’homme, la personne humaine, la créature la plus respectée d’ALLAH SOUB HA WE TAALAH.
Voilà qui m’amène à parler du député Biram Dah Ould Abeid.
L’homme est un prisonnier d’opinion. Un prisonnier politique.
Ses interventions dérangent au sommet de l’Etat par ce qu’il est porteur d’un discours nouveau non pas par la thématique, mais par son style.
Il met à nu les tabous sociaux et les injustices des classes dominantes et les obscurantistes.
Vous me parlez des droits de l’homme en Mauritanie, de quel droit et de quel citoyen mauritanien ?
La persistance des pratiques esclavagistes est la seule réponse que j’oppose à ceux qui soutiennent qu’en Mauritanie, les droits de l’homme sont respectés.
Il existe encore dans notre pays des citoyens de seconde zone : un tour dans les quartiers El Mina et Sebkha, pour ne citer que ces deux exemples où les citoyens sont astreints dans leurs maisons parfois à partir de 19 h, presque tous les jours à cause des patrouilles des forces de l’ordre, et ce au nom d’une dérive sécuritaire.
Dans ces territoires de la ville de Nouakchott, ce ne sont pas les bandits qui font la terreur mais paradoxalement, ceux qui représentent les autorités.
Allez dans les commissariats de police, dans les tribunaux, les prisons!
Que d’abus ! Que d’injustice ! Que de violations !
Le citoyen est livré à lui-même : malheureux et dégouté par des institutions prédatrices.

Cette situation a fini par crée un désamour, une désaffection entre le citoyen et l’Etat.
Plus de confiance à la justice, l’Etat n’est plus impersonnel et impartial. C’est un Etat sélectif dont les principes ne sont pas valables pour tout le monde.
Les manifestations des organisations des droits de l’homme et des opposants sont réprimées, les veuves des douloureux évènements de la fin des années 80 sont humiliées, l’espoir de voir les bourreaux de leur mari traduits devant les tribunaux s’envole chaque jour, le passif humanitaire reste entier malgré quelques tentatives de rafistolage sans conviction, juste pour soigner l’image du pays.

En Mauritanie toute tentative de promouvoir les droits de l’homme doit avoir pour socle la réduction de la fracture sociale, communautaire ou ethnique, elle-même aggravée par la posture de l’Etat : un Etat injuste et partial, ouvertement raciste.

Les droits de l’homme en Mauritanie, ce n’est pas pour demain. L’école publique pouvait un jour réussir cette mission mais hélas, il n’ya plus d’espoir.

Les écoles d’excellences et militaires nouvellement crées réservées presque exclusivement à une catégorie d’enfants d’une seule communauté nationale parmi les autres, savamment sélectionnés sont l’expression délibérée de bâtir le projet machiavélique d’une Mauritanie, laissez moi dire, exclusionniste où les citoyens continuent de vivre la discrimination, la séparation et la stratification.

Tant que l’élément racial, tribal, régional et la naissance continuent de régner en maitre absolu, la république et les droits de l’homme restent une chimère.

Madame Coumba Dada KANE

Vice-presidente IRA-Mauritanie

Députée à l’Assemblée Nationale.

Mauritanie/Droits de l’homme : Une manifestation d’IRA-MAURITANIE réprimée à Nouakchott.

Ce jeudi 20 décembre 2018, les militants et sympathisants d’IRA-MAURITANIE sont sortis pour manifester pour la libération de Mr Biram Dah Abeid. Ce dernier, fondateur de ce mouvement abolitionniste créé en 2008, est un député élu au parlement mauritanien en septembre dernier. Mr Biram Dah Abeid a été récipiendaire de plusieurs prix pour son engagement pacifique pour les droits humains notamment contre les pratiques esclavagistes. En 2013, les Nations unies lui ont décerné le Prix Onusien comme défenseur des droits humains. Depuis le 7 Août 2018 , le leader abolitionniste est derrière les barreaux à cause d’un dossier judiciaire aux contours obscurs selon plusieurs observateurs avisés dans le pays et à l’étranger. Ses soutiens irréductibles s’activent incessamment par des sit in et des manifestations pacifiques à l’intérieur et l’extérieur autour de son cas ayant le parfum d’une affaire politico- judiciaire.

Aujourd’hui lors de la manifestation à Nouakchott , les forces de l’ordre ont durement réprimé les militants et sympathisants pacifiques. Plusieurs blessés sont à déplorer selon des sources proches du mouvement IRA.

Tout notre soutien fraternel et citoyen au leader abolitionniste Biram Dah Abeid et ses partisans qui mènent un engagement pacifique et décisif pour l’événement d’une MAURITANIE JUSTE.

Pour le BLOG par KS

Le Collectif des avocats de la Défense du Député Biram Dah Abeid et de Abdallahi Houssein Messoud.

✅Déclaration

Le 7 août 2018, la police mauritanienne procède procède à l’arrestation de Biram Dah Abeid à l’aube dans sa maison au moment où il préparait sa campagne électorale pour les législatives dont le lancement était prévu le 15 août 2018.

Il fut déféré le13/8/2018 devant le procureur de la république de Nouakchott-Sud sud qui l’a inculpé avec Abdallah Houssein Messeoud d’atteinte volontaire à la vie et la dignité des individus dans l’intention de leurs porter préjudice, l’incitation à celà et menaces de violence. Notons que toute cette panoplie de chefs d’inculpation a pour base une plainte déposée par un journaliste Dedde Abdallah; et nos deux clients ont été transférés au premier cabinet d’instruction.
Malgré l’absence de motifs justifiant la détention préventive le juge d’instruction décerne contre les deux un mandat de dépôt en violation flagrante des dispositions de l’article 138 du code de procédure pénale.
Par ailleurs le juge d’instruction étant tenu par la loi à accélérer la procédure d’instruction, ce dernier a deliberement opté pour la lenteur et les blocages ce qui est apparue clairement quand le dossier a été retenu par le juge d’instruction pendant quatre mois sans aucun motif et bien que l’instruction était terminée. En plus de tous ces manquements à la loi procédurale et aux droits des détenus, nous avons été surpris par une ordonnance rendue par le juge d’instruction le 03 décembre 2018, renvoyant le dossier devant la cour criminelle en conformité au réquisitoire du Ministére public qui a requis dans une première phase le renvoi du dossier devant la cour correctinnelle,ce qui constitue une violation grave aux règles et principes de la compétence d’attribution relevant de l’ordre public

De ces faits, il s’avère maintenant et aux yeux de tout le monde, à travers les différentes étapes de cette procédure, que cette affaire n’est rien d’autre que l’expression claire de la volonté du pouvoir politique de faire obstruction aux activités politiques et des droits de l’Homme du député Biram Dah Abeid à travers l’entrave à sa liberté. Pour ce faire, l’appareil judiciaire est instrumentalisé à cette fin dans la perspective des élections legislatives qui se sont finalement terminées par l’élection de Biram Dah Abeid du fonds de sa cellule comme député du peuple, et des élections présidentielles auxquelles il a déjà déclaré sa candidature.
Vu cette situation, le Collectif des Avocats du Député Biram Dah Abeid et Abdallahi Houssein Messoud déclare:
– à l’adresse des autorités judiciaire, de traiter cette affaire en toute neutralité et impartialité et ne se soumettre qu’au pouvoir de la loi.

Lance un appel solonel aux autorités politiques d’oeuvrer pour garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire
vis à viis des pouvoirs législatif et exécutif.

Nouakchott le 13 décembre 2018.

Le Collectif des Avocats de la Défense du Député Biram Dah Abeid et Abdallahi Houssein Messoud.

Que dit la fréquence de détentions de Biram Abeïd ? Par l’écrivain Oumar Diagne.


J’ai beaucoup réfléchi avant d’écrire cet article. Mais certaines questions trottaient dans mon esprit depuis un certain temps: pourquoi, parmi tous les acteurs de la scène publique mauritanienne, Biram Dah Abeïd est la personne ou, en tout cas, l’une des personnes les plus fréquemment emprisonnées? D’autre part, à chaque fois qu’il a été écroué, c’est surtout, grâce à une pression internationale qu’il a été libéré. Jamais il n’y a eu un engouement de masse de la part de tous ceux dont il défend la cause pour demander sa libération. Même si je ne néglige pas le cas de certains qui s’activent de toutes parts en vue de sa défense. Cette situation est problématique et doit nous pousser à nous interroger.
Je tenterai, d’abord, de répondre à ma première interrogation relative à l’acharnement du pouvoir sur la personne de Biram Dah Abeïd.
Je crois que s’il y a une personnalité qui fait vraiment peur à celui-ci, c’est Biram Dah Abeïd et l’explication est très simple à identifier. Biram Dah Abeïd est Harratin et les Harratine, jusqu’à récemment et globalement, ont été aux côtés des détenteurs du pouvoir arabo-berbère dans leur politique hégémonique visant à réduire au silence les autres communautés mauritaniennes. Le travail que fait Biram Dah Abeïd, s’il aboutit, signerait la fin de cette alliance et par conséquent mettrait ainsi terme à la domination arabo-berbère sur le pays.
Il ne faut pas oublier que les Harratine constituent la grande majorité de la population mauritanienne. Ils sont, au moins, quarante pour cent des habitants du pays.
L’autre élément à retenir est que Biram, dans ses propos au moins, ne plaide pas seulement la cause des Harratine mais aussi celle des Noirs-africains qui sont opprimés du fait de leur appartenance ethnique ou je dirai de leur couleur de peau et des arabo-berbères exclus du système pour des raisons tenant à leur caste ou à leurs relations éloignées des cercles du pouvoir. Tous les Arabo-berbères ne bénéficient pas du système même si, culturellement, la majorité d’entre eux partage l‘idée de leur supériorité par rapport aux Noirs de manière générale et approuve la politique d’exclusion et de domination de ceux-ci. Or arriver à unir tous les opprimés est un vrai danger pour tout pouvoir. En Mauritanie, comme dans beaucoup de pays africains, les dirigeants se maintiennent, souvent, grâce à un manque d’unité des dominés. Comme ceux-ci sont peu éduqués, ils arrivent à les détourner des vrais sujets que sont le développement, la justice pour tous, l’égalité des citoyens, etc. Aussi, puisque ces États sont les fruits d’un découpage arbitraire, il s’y pose le problème de l’émergence de la nation, celui du vivre ensemble. Ceux qui détiennent le pouvoir mobilisent ainsi les ressources relevant des appartenances ethniques dans le but de diviser les populations et les affaiblir par ce biais.
Ma seconde interrogation est relative à pourquoi la détention de Biram Dah Abeïd ne soulève-t-elle pas des vents et des marées.
Il me semble que ceux-là mêmes, pour qui il lutte, sacrifie sa vie, n’ont pas, tous, compris l’importance et la portée de son combat de militant des droits de l’Homme [Son action politique relève, pour moi, d’un autre domaine]. Ce qui veut dire que, pour les victimes de la domination et d’injustices, il y a encore un grand travail de conscientisation à faire à leur destination. Mandela n’a pas changé tout seul le destin de l’Afrique du Sud. Il n’a pu le faire qu’avec le soutien de ceux pour qui il se battait. Quand Mandela était en prison, ce sont des milliers, voire des millions d’hommes, de femmes et de jeunes qui se sont, d’une manière ou autre, levés pour dire non à l’injustice et à la domination.
L’autre problème de Biram Dah Abeïd tient à ses origines. Le fait qu’il soit Harratine fait que beaucoup de Noirs-africains ne souhaitent pas le voir devenir un leader dans ce pays et sont, ainsi, indifférents à son sort. Beaucoup de membres de cette communauté le rejettent pour ce simple mobile. Or, le problème ne devait pas être posé en ces termes. Il s’agit, avant tout, d’une question de droits de l’Homme. Être d’accord avec Biram Dah Abeïd, l’aimer ou ne pas l’aimer n’est pas, ici, la question. Il s’agit simplement de la défense des droits de chaque citoyen à exprimer ses opinions.
L’idéal serait que les Mauritaniens et surtout ceux qui militent s’attachent aux principes de justice. Ainsi, les questions de subjectivité doivent être laissées de côté quand les droits d’une personne sont violés.
En dehors du cas de Biram Dah Abeïd, ce dont cette situation témoigne est, qu’en Mauritanie, il n’y a pas encore une culture d’attachement aux valeurs de justice, de démocratie. C’est là où le bât blesse. Une société qui n’est pas en quête de justice ne peut qu’être violente. Lorsque je parle de violence, il ne s’agit pas seulement de violence physique mais surtout aussi de violence morale.
La recherche de la justice nous humanise. Sa traduction à travers des lois d’un pays témoigne de son institutionnalisation. Et cette institutionnalisation n’a de réelle portée que si ces lois sont appliquées. Mais pour que des lois tendant à nous pousser vers plus de justice soient efficientes, il faudrait des hommes et des femmes qui veillent car tout pouvoir a une propension à la déviance, aux excès.
Lutter, selon ses moyens, pour la libération de Biram Dah Abeïd ou toute autre personne détenue injustement est simplement un devoir de citoyen. Rousseau l’avait bien vu : la différence entre L’Homme et l’Animal est la part de liberté humaine, sa capacité à se perfectionner. Ainsi, le travail urgent à faire en Mauritanie est d’œuvrer en vue de l’intériorisation collective des valeurs d’équité. Cela peut passer par l’école et par un travail d’éducation des masses réalisé par les organisations non étatiques.

Oumar Diagne écrivain

Appel Pour Une Plus Grande Pression Internationale


Alors que le monde célèbre la Journée Internationale des Droits de l’Homme le 10 Décembre et le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, « Abolition Institute » demeure sérieusement préoccupé par la recrudescence de la répression contre les activistes anti-esclavagistes en Mauritanie. Cette préoccupation est aggravée par la manière avec laquelle les forces de sécurité ont escorté le député nouvellement élu, Biram Dah Abeid (Président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) aux services des urgences du Centre National de cardiologie de Nouakchott (Mauritanie). Au moment de l’escorte, M. Abeid avait besoin d’une assistance médicale urgente pour des troubles cardiaques. Il est inconcevable, vu la gravité de son état de santé, qu’ il soit resté menotté alors qu’il était sous escorte de haute sécurité. « Abolition Institute » estime que la communauté internationale ne devrait pas tolérer un tel traitement inhumain et dégradant.

Il est à noter que M. Abeid a été arrêté et maintenu arbitrairement en détention depuis le 7 Août 2018. Malgré tout il est élu succès étant en détention et devenu dès lors membre de l’Assemblée Nationale le 1er Septembre 2018, M. Abeid aurait pu, dans un état de droit, bénéficier de la protection de l’immunité parlementaire. Mais tel n’est pas le cas.

Selon l’honorable Coumba Dada (également membre de l’Assemblée Nationale et Vice Présidente de IRA), malgré la détérioration de sa santé, M. Abeid s’est vu refuser une assistance médicale adéquate. Lors de la séance plénière de l’Assemblée Nationale le 3 Décembre 2018, elle a vivement critiqué les députés pour avoir ignoré le sort de l’honorable Biram Dah Abeid et a lancé un SOS pour protéger sa santé et sauver sa vie. Dès lors, une réponse ferme, incluant une action rapide de la communauté internationale devient nécessaire.

C’est maintenant le Moment!

Rappelons également qu’il y a cinq ans, le 10 Décembre 2013, M. Abeid avait reçu le Prix des Droits de l’Homme des Nations Unies en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la lutte contre l’esclavage et à la défense des droits de l’homme en Mauritanie. Compte tenu du caractère arbitraire de sa détention actuelle et de la détérioration de l’état de santé de M. Abeid, nous exhortons S.E.M. Antónió Gutierres, Secrétaire Général des Nations Unies et la communauté internationale à user de leur influence pour exiger la libération immédiate de l’honorable Biram Dah Abeid, ainsi que de son collègue Abdallahi Houssein Messaoud. Par la même occasion, nous appelons à la libération de Sénateur Mohamed Ould Ghadda et de blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir le blogueur mauritanien dont la libération a été ordonnée après avoir été condamné á tort pour apostasie

Tout en nous félicitant de la décision récente du gouvernement des États-Unis de suspendre la Mauritanie de l’ AGOA (Africa Growth and Opportunity Act), en raison de la persistance de l’esclavage et des violations des droits de l’homme, nous l’exhortons à exercer d’avantage de pression sur la Mauritanie pour qu’elle libère tous les prisonniers politiques et d’opinions.

Organisations signataires: Abolition Institute, Trinity United Church of Christ – Chicago, Masjid Al-Taqwa – Chicago and Zakat Foundation.

4802 N. Broadway, Suite 200
Chicago, IL 60640
Phone: (312) 576-8822
Website: http://www.StoppingSlavery.org

Source crédit : Post Facebook Bakary Tandia

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie.

Mauritanie : Quels droits de l’Homme avec quels partenaires ?

■Note de synthèse.

Le 10 décembre, la célébration, en Mauritanie, de la journée internationale des droits humains, équivaut à une comptabilité du sordide. 13 années après la chute de la dictature de Ould Taya, le passif reste un contentieux toujours en suspens. Même si la société sécrète, à présent, les ressources de sa propre immunité envers l’arbitraire et le silence, elle traine, encore, le fardeau des discriminations, de l’impunité et du déni. Les aspects retentissants de la faillite méritent, en cette date lourde de symbole, un rappel.

1. La loi numéro 93-23 du 14 juin 1993 portant « amnistie » couvre les agents de l’Etat, auteurs de crimes à caractère raciste, du 1er janvier 1989 au 18 avril 1992. Certes, des milliers de déportés ont pu regagner le bercail durant la parenthèse de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi mais la plupart peinent à recouvrer leurs terres. Dans l’ensemble, les mauritaniens d’extraction subsaharienne ne croient plus à l’égalité de droits sur le sol des ancêtres. Le sentiment de cohésion nationale s’en trouve durablement abimé.

2. Quasiment en sens inverse, les pouvoirs successifs multiplient l’adoption de normes visant à éradiquer la servitude de naissance ; or, ils s’abstiennent d’en garantir la prééminence sur les usages de mépris et de ségrégation. Parmi les plus récents repères en la matière, il importe de souligner la législation sur les discriminations, votée le 18 janvier 2018. Le texte s’emploie plutôt à museler le discours de contestation de l’ordre dominant, qu’il associe à la surenchère du particularisme et de la haine. Au même moment, les comportements esclavagistes et le racisme anti-noir échappent à la rigueur des tribunaux ; le droit étant dit, interprété et appliqué par des descendants d’esclavagistes, souvent solidaires à cause d’une crainte commune devant l’essor des demandes d’équité, l’arsenal juridique évite de constater le crime, pour que la domination historique survive et se perpétue.

3. Le code pénal, sous dictée d’une lecture conservatrice et antihumaniste de la Chariaa, continue de sanctionner, par l’amputation, la torture et l’élimination physique, des infractions relevant des libertés de conscience, de culte, d’association et d’expression, de la sexualité (lapidation) ou du délit de vol avec effraction. Alors que de nombreux gouvernements en terre d’Islam abrogent ou abandonnent de telles prescriptions, la Mauritanie va à rebours. Ainsi, sur la base d’une rédaction conçue en Conseil des ministres du 16 novembre 2017, donc hors de la moindre exigence sociale, les députés adoptaient-ils, le 27 avril 2018, la révision de l’article 306, aux fins d’abolir la faculté atténuante du repentir ; la nouvelle version étend la peine de mort à toute personne qui « outrage Allah ou Son Messager (Mahomet) – Paix et Salut sur Lui – ses anges, ses livres ou l’un de ses Prophètes ». Un mauritanien qui en tue un autre, à cause de l’opinion ou de la race, risque bien moins que le blasphémateur ou l’apostat. Ainsi se présente la hiérarchie des valeurs dans un Etat si prompt à endosser le programme des jihadistes, tandis qu’il prétend les combattre au sein de la coalition G5 Sahel.

4. Malgré la loi du 30 septembre 2015, contre la torture et les traitements inhumains, suivie, dès avril 2012 par l’installation du mécanisme éponyme, des anonymes et des activistes d’associations concordent à rapporter le recours aux sévices, lors des arrestations et de la garde-à-vue. A ce jour, aucun policier ni militaire n’est poursuivi, à ce titre. Naturellement, l’alinéa assurant la « protection et l’assistance aux victimes…des témoins et personnes chargées de l’enquête ainsi que leurs familles » reste sans objet, caduc, vide de portée pratique. Le gouvernement mauritanien adhère aux standards de protection de la dignité de l’individu mais se garde bien de les mettre en œuvre.

Conclusion

Le réflexe de la dissimulation diplomatique, qui explique le soin à la façade légale de l’Etat, commande de complaire aux démocraties, sans jamais leur consentir une concession en actes. Entre « programmes d’appui », « renforcement de capacités et autres « séminaire de formation », la plupart des partenaires crédibles de la Mauritanie – Union européenne et France en tête – continuent à financer et entretenir la fabrique de la fraude sur les principes universels qui fondent, pourtant, leur propre singularité dans la civilisation. Le jeu de dupes se poursuit, depuis le milieu des années 1980, d’ailleurs partout en Afrique. En retour sur le Continent, l’Occident récolte, à ses dépens, le scepticisme, la détestation et les théories du complot. La paresse, le défaut d’imagination et surtout le chantage à la colonisation expliquent, pour beaucoup, le malentendu tragique, dans la conduite des politiques dites de « coopération ». Le système des Nations unies, à son tour contaminé par les pudeurs du relativisme culturel, tend, de plus en plus, à reproduire le discours d’une culpabilité à sens unique où viennent se légitimer les régimes de prébende et de coercition, la violence du sacré et le populisme antiparlementaire.

Ira-M, Nouakchott, le 10 décembre 2018

Source crédit : Réseaux IRA

Biram Dah Abeid ,la Mauvaise conscience de l’Afrique noire

Biram Dah Abeid est un militant de l’abolition de l’esclavage, partisan de la lutte par la non-violence.Son combat sera distingué, à maintes reprises, notamment, en 2013, par le « Prix des Nations-Unies pour les droits de l’homme », délivré tous les cinq ans ; Martin Luther King et Nelson Mandela le précèdent sur la liste des récipiendaires.Aujourd’hui, à l’anniversaire des 100 ans de Mandela, Biram Dah Abeid se trouve en prison,à cause de son combat pour l’égalité de droits et contre le racisme. Biram Dah Abeid dirige l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionnisme enMauritanie (IRA – Mauritanie), une association qui s’efforce d’accélérer l’éradication del’esclavage et des pratiques dérivées. Son organisation n’a jamais été reconnue par le ministère de l’intérieur depuis sa création, en 2008. L’obstacle administratif n’a pas empêché,le charismatique défenseur des droits de l’homme et lanceur d’alerte, de fonder et mobiliser,partout dans le monde libre, des sections dont l’inventivité et le dynamisme étonnent. Ainsi,l’IRA se trouve-t-elle implantée, un peu en Afrique et beaucoup dans l’hémisphère Nord :France, Italie, Usa, Canada, Belgique, Hollande, Allemagne, Sénégal, Côte-d’Ivoire, Mali.Oui, notre Continent, sujet de la présente apostrophe, représente le maillon faible de la solidarité avec les descendants d’esclaves et les victimes de discrimination raciale en Mauritanie .Hors d’Afrique, Biram Dah Abeid et ses compagnons de route bénéficient de l’écoute et de l’empathie, comme en témoigne une couverture multilingue, par la presse des nations démocratiques. A rebours, les parlements nationaux d’Afrique et leurs déclinaisons sous-régionales, les ambassades et les lieux de pouvoir africains restent des forteresses hermétiquesaux derniers chevaliers de la détermination anti-esclavagiste. Pourtant, les aspirations de l’IRA à l’équité en Mauritanie touchent l’être humain dans sa globalité mais surtout la singularité de l’homme noir; il est bien paradoxal de constater la vigueur de cet humanisme,relayée sous d’autres cieux, pendant que les voisins, par la géographie, la culture et la communauté historique, s’en détachent, avec indifférence ou embarras. L’histoire de Biram Dah Abeid, à vous relatée en ce début décembre 2018, vous permettra un aperçu ponctuel des épreuves, endurées par son mouvement depuis 2008, elles-mêmes fruit de quelques siècles de domination et d’exploitation où la barbarie le dispute au déni. Nous avons eu connaissance que, le 03 décembre 2018, le juge d’instruction, supposé «indépendant », montrait l’ordonnance de renvoi devant la cour correctionnelle, à l’un des avocats membres du collectif de la défense de Biram Dah Abeid et de son codétenu Abdallahi Houssein Messoud. Deux jours après, se produit un coup de théâtre, digne de la réputation dela Mauritanie. En effet, le ministère public refuse la décision du magistrat instructeur et exige de saisir, plutôt, la Cour criminelle. Il convient de rappeler, ici, que le motif de la poursuite réside dans une plainte, déposée par un journaliste proche des services de renseignements généraux, lequel accuse Biram Dah Abeid, de l’avoir traité d’agent de la police politique.Depuis quand et en vertu de quelle théorie générale du droit, une parole, au demeurant provoquée dans un contexte de dissentiment personnel, constitue-t-elle un crime ? Surtout qu’il n’est un secret pour personne en Mauritanie que la personne en question s’est érigée en insulteur public contre le président Biram Dah Abeid alors qu’il était sensé l’interviewer.Derrière l’absurdité apparente, perce une rationalité obscure : la condamnation de Biram Dah Abeid invaliderait sa candidature à l’élection présidentielle d’avril 2019, échéance à laquelle l’actuel Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, ne se présente, en vertu de la limitation constitutionnelle des mandats. Mais s’est il engagé nonobstant à faire élire un candidat de son camp pour poursuivre son programme politique. Biram Dah Abeid demeure, à ce jour, le premier mauritanien élu député, en prison ; le 1er septembre, du fonds de sa cellule, il recevait le nombre suffisants de suffrages, pour accéder, à l’Assemblée nationale, dès le premier tour de scrutin. Cependant, le voici toujours en détention préventive, au mépris de l’immunité de son état. Dans la nuit du 4 décembre 2018, au prétexte de «prélèvement sanguin», sans doute aux fins inavouées lui injecter une dose d’un produit létal dans le corps, les gardes pénitentiaires de la prison civile de Nouakchott, le somment d’obtempérer à l’examen médical. Le prévenu refuse au motif que tout acte de cette nature s’effectue dans un lieu agréé, en présence d’avocats et de témoins, point à l’intérieur d’une cellule insalubre. Les différentes déclarations de soutien, notamment de l’écrivain djiboutien Abdarahmane Waberi du leader de «La France Insoumise» Jean Luc Mélenchon mais également de l’opposition de Mauritanie dans le Parlement, en l’occurrence la députée Coumba Dada Kane et son collègue Leid Mohameden, démontrent le degré de notoriété et l’ampleur del’indignation que cette de affaire de règlement de compte par l’instrumentalisation de la justice, suscite en Mauritanie et au delà. Dans le concert croissant des promoteurs de la liberté et de la dignité de l’homme noir,l’Afrique est encore inaudible….

Elhadj Fall membre du staff du candidat Biram Dah Abeid aux élections présidentielles de 2019 et porte-parole.

Paris, France, le 7 décembre

Source crédit : Réseaux IRA