✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec la sociologue et militante Dieynaba NDIOM

À la fin de cette année 2021, la rubrique Le Grand Entretien du Blog (le GEB) reçoit l’interview d’une dynamique militante mauritanienne, Madame Dieynaba NDIOM. Engagée féministe et membre active du parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de Samba Thiam, la sociologue a répondu favorablement à notre sollicitation d’entretien. Nos vifs remerciements à son endroit. Retrouvez ci-dessous le contenu de cet entretien.

✓Question 1 : Bonjour Madame Dieynaba N’diom, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dieynaba NDIOM : Je m’appelle Dieynaba NDIOM, Féministe, Femme politique et Sociologue de formation.


✓Question 2 : Quels sont vos engagements militants (associatifs et politiques) en Mauritanie ?

• DN : Je suis engagée dans deux associations mauritaniennes :
Voix des Femmes, qui est un collectif de jeunes féministes mauritaniennes
Initiative pour la Santé de le Reproduction, qui est une association qui travaille sur toutes les questions liées à la santé de la reproduction, comme son nom l’indique.
Sur le plan politique, je suis engagée au sein du parti FPC (Forces Progressistes du Changement), dont je dirige la fédération de Nouakchott.

✓Question 3 : En étant une femme engagée publiquement, rencontrez-vous des écueils sociaux et discriminants liés au genre? Et également quelle analyse faites-vous autour de la condition féminine en Mauritanie aujourd’hui en 2021 ?

DN : Pas spécialement dans les organisations où j’évolue, cependant les organisations associatives comme politiques sont à l’image de notre société, toutes les pesanteurs socioculturelles y sont palpables. Les conditions des femmes en Mauritanie sont de plus en plus difficiles sur quasiment tous les plans : Niveau juridique, toujours pas de loi sur les violences que subissent les femmes, dans le milieu familial, professionnel, dans l’espace public etc. Niveau politique, avec l’actuel régime ; c’est plutôt la régression sur le nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Niveau social, nous sommes restés cette société très conservatrice avec un système social très hiérarchisant et discriminatoire, d’où les relations de pouvoirs sont omniprésentes.

✓Question 4 : Ce 28 novembre 2021, jour du 61ème anniversaire de l’indépendance nationale, une manifestation a été réprimée dans la ville de Bababé, pouvez-vous nous donner quelques éclaircissements sur ces événements en tant que militante politique ?


• DN : Comme chaque 28 novembre, depuis 30 ans actuellement, une partie de la Mauritanie demande justice sur les crimes commis, c’est également l’occasion de revenir sur tous les épisodes sombres de la Mauritanie à l’égard de sa composante noire, qui continue d’ailleurs de plus belle sous d’autres formes. Ainsi, différents événements (sit-in ; marche ; conférence de presse…) se font chaque 28 novembre à Nouakchott et/ou à l’intérieur du pays. Cette année à Bababé s’est tenue une manifestation, comme les années précédentes, mais violemment réprimée. Plusieurs jeunes blessés, ce qui a valu leur évacuation sur Dakar pour des soins. La lecture que j’en fais, connaissant bien ces jeunes, le pouvoir n’a fait que renforcer leur détermination. La répression atteint rarement les esprits déjà éclairés.

✓Question 5 : En Mauritanie, les problématiques liées à l’esclavage font partie de l’actualité d’une manière sporadique, selon vous pourquoi arrive-t-on pas à éradiquer ce phénomène pour de bon ?

DN : Comme je disais plus haut, notre société est conservatrice et surtout très discriminatoire. Nous avons beaucoup de tares, beaucoup de soi-disant valeurs qui ne sied plus à notre époque. L’esclavage est l’une des pires pratiques qui existe dans notre société. Nous devons faire face à cette réalité et la combattre avec toutes nos forces, même si nous savons que des murs se dresseront, car entre les privilégiés de cette pratique et notre Etat si frêle, le chemin est encore très long.

✓Question 6 : Autour de ce même phénomène (l’esclavage ou ses conséquences sociétales) , historiquement un certain tabou couve en milieux negro-mauritaniens (hors haratines), réellement qu’en est-il dans la société Peul? Le construit culturel qui tient à une certaine hiérarchisation sociale ne constitue-t-il pas un écueil pour l’émergence d’une mobilisation militante d’envergure cohérente et transversale dans le champ revendicatif à l’échelle nationale?

DN : La société peul, comme les autres communautés est définie par une hiérarchisation sociale, qui même si jadis répondait à des métiers socio-professionnels, aujourd’hui n’a plus sa raison d’être et elle constitue un frein à ce que nous pouvons construire ensemble. L’intersectionnalité entre nos différents combats est notre seule issue vers une Mauritanie juste et fière de sa diversité.

Fin

~ 18 décembre 2021

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓MON HUMBLE AVIS SUR LES LANGUES NATIONALES EN MAURITANIE | Par Cissé Ibrahima DIALLO


Selon mon humble remarque et ma position de la même nature que la remarque en terme de langues nationales, je me dois de dire que toute chose a une première . Les langues scientifiques qui servent de véhicules entre les habitants de la planète aujourd’hui ne se sont pas transformées en un seul jour par un coup de baguette magique en langues scientifiques . Elles ont certainement transité par plusieurs mutations évolutives avant d’atteindre le degré de performance et d’efficiences qu’elles ont atteint jusqu’ici. Aussi, pour éviter des erreurs fatales, je pense qu’il faut étudier en profondeur les buts que l’on veut s’assigner pour la mise en place de ces langues : Est-ce par la volonté de mettre en valeur chaque langue afin que les citoyens du pays ne soient pas lésés de l’ignorance d’une de ces langues ? Est-ce uniquement par chauvinisme égocentrique ? Est-ce pour servir de véhicules communicatifs pour l’administration? De véhicules de développement économique et, ceci dès leur éventuelle adoption technique par l’Etat etc…? Donc impérativement scientifiques, dans ce dernier cas!
En effet, quel que soit le but, elles doivent emboîter progressivement le pas scientifique impératif pour être opérationnelles et répondre totalement à l’exigence de la cohésion sociale absolument nécessaire en terme de relation économique internationale. C’est pour quoi selon une certaine vision, vouloir à tout prix se séparer de la langue scientifique en l’occurrence le français pour la faire remplacer par nos langues loin d’être prêtes à un usage technique et scientifique conséquent, équivaut à se hasarder dans une approche difficilement fructueuse à court et même à long terme.

Par ailleurs, OUI, il faut les conserver et préserver, nos langues mais cette volonté passe nécessairement par une programmation ambitieuse bien réfléchie. La chance nous sourirait en cela puisque des caractères graphologiques latino arabe existent déjà chez nous. Mais compte tenu de la ferme volonté de certaine couches de notre société à vouloir bannir la langue française scientifique de nos institutions, ce serait plus logique de créer nos propres caractères graphologiques à l’instar de certains peuples de la planète qui sont en la matière totalement indépendants. Une telle décision épouserait mieux cette volonté farouche de chercher à bannir une langue scientifique aussi opérationnelle la balayant d’un revers de la main. Langue que l’on utilise partiellement en interne et, à un haut degré de pourcentage en mode relation internationale.

Il serait à retenir que le premier outil de développement est bien la langue; de ce fait, il est plus que nécessaire qu’une langue qui a vocation d’être outil sur la scène internationale s’arme d’être scientifique, ce qui est très loin d’être le cas de nos langues aujourd’hui. Il serait judicieux de conserver la langue scientifique de communication comme didacticiel pour transcrire ses progrès dans nos langues chemin faisant. Le processus sera très long mais moins compliqué que celui qu’ont connu ces langues usage scientifiques opérationnelles qui n’ont profité d’aucunes précédentes mais tout de même ont pu atteindre aujourd’hui le degré performance que l’on connaît tous. C’est pourquoi, il y’a grand espoir que le processus de l’indépendance linguistique que prônent une frange des citoyens est légitime et réalisable. Cependant, si l’on veut labourer son champ l’on ne met pas la charrue avant les bœufs! Alors, il serait plus sage de commencer par le commencement : bien enseigner nos langues, OUI, mais parallèlement à l’enseignement de la langue scientifique de communication quasi-internationale qu’est le français en guise de didacticiel.
Donnons un petit exemple comme réflexion : avec le progrès scientifique, l’arrivée de l’informatique et la téléphonie beaucoup de nouveaux mots sont venus enrichir notre espace linguistique des mots qui n’existaient pas car nous n’avons jamais été ou très peu inventifs, nous devrions d’ores et déjà savoir transcrire dans nos langues ces mêmes mots au lieu de les altérer quant à leur prononciation originelle par exemple : coura pour courant; telfo pour téléphone; resso pour réseaux etc…pour être plus sage au lieu de déformer il faut tenter de créer les équivalents linguistiques quand bien même ces langues également ont des emprunts étrangers parfois. Tel serait l’indépendance totale dans l’avenir. Le chemin sera certes très loin mais l’altruisme voudrait que l’on omette pas de semer le grain d’une plante de nature grande parce que l’on ne serait pas là pour profiter de son ombrage, mais plutôt le faire en pensant que les générations suivantes pourront en profiter de la même manière que l’on profite actuellement des investissements des générations précédentes. Après tout, si l’on veut aller loin, il faut ménager sa monture; autrement dit garder la langue scientifique de communication que l’on dispose en l’occurrence le français, en tirer plus de bénéfice en terme de didacticiel pour au moins transcrire le langage de ses inventions en attendant que l’on puisse peut-être un jour savoir créer nous aussi. Vouloir aller plus vite que nos facultés cognitives et pratiques en l’occurrence c’est quelque part accepter des gros risques de fourvoiement répétitif et de perte de temps; Dieu sait que je ne suis pas défaitiste ni déraisonnablement fataliste mais tout simplement réaliste.
Merci

Nouakchott, le 17 décembre 2021

Cissé Ibrahima DIALLO

✓Mauritanie : Que dire au messie de la transcription des langues ou l’aliène en quête de reconnaissance ? | Par Souleymane Sidibé



C’est quand même étrange de faire une conférence en français et dire que la langue arabe est celle avec qui nous avons eu le premier contact en Mauritanie. Pourquoi ne pas faire cette conférence en arabe, et véhiculer aussi bien sa « pensée » si tel est le cas ? Mieux pourquoi ne pas la faire en pulaar puisqu’il s’agit de parler de transcription d’une langue vers une autre ? Ne faut-il pas avoir les rudiments nécessaires ? Et qu’en est-il des travaux de centaines de personnes au fil du temps?

De même, c’est aberrant de dire que « tous les mauritaniens font leur premier contact avec la langue arabe à travers le Coran ». C’est archi-faux. Le premier contact est bien évidemment avec nos langues : Sooninké, Pulaar, Olof, Hassanya.

Jean Piaget( épistémologue et psychopédagogue suisse) disait de l’acte à la parole. Cela sous entend -peut-être- que l’enfant matérialise l’idée pour ensuite parler. Alors, la parole n’est possible que si cet acte est posé, de façon immatérielle.

De ce fait, la parole n’est possible que si l’individu n’est pas né sourd d’où le « nom » sourd-muet dans le cas contraire. La parole n’est possible que si l’on entend des proches autour de nous véhiculer un ensemble de messages. Ces mots sont dits dans nos langues respectives : aucun autre contact en dehors du sphère « familiale ».

Ne parlons même pas de la théorie de l’esprit(theory of mind) et acquisition du langage chez le jeune enfant de Edy Veneziano dans Spirale 2015/3 (N° 75), pages 119 à 136. Elle martèle que le développement du langage chez l’enfant n’est possible que par une « bonne utilisation communicative du langage en interaction ».

Cela dit, ce contact dont parle M. Sakho est de faible « débit ». C’est un apprentissage qui ne rentre pas ou ne tient pas compte de l’aspect culturel. D’où tire t-il cette « force » d’avancer des arguments si illogiques ?Nonobstant, les télévisions des idéologues lui ouvrent leurs portes. Les « articles » fusent de partout sur les pages de ceux qui n’ont-ils finis leurs querelles internes.

In fine, il est quand même étonnant pour ne pas idiot ou prétentieux de vouloir gober des années de travail avec des arguments peu fournis, qui frôlent le ridicule.
Qu’aurais dit Mourtodo Diop s’il était vivant ?
Un désastre. – Ne faites pas attention aux clameurs.

Des millions de personnes parlent Sooninké, Pulaar, Olof,etc., dans notre continent. Le caractère latin de l’écriture de nos langues reste une richesse et un moyen immense de partage. Que les « aliénés » ne distraient pas celles et ceux qui militent pour la survie de nos identités plurielles même si elles sont étriquées vues d’un autre référentiel.

©️ Crédit source : Post FB reçu de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4991798597506453&id=100000290871124

✓Les signaux de la France politique en 2022 | Un cas d’extrême droite appelé Zemmour !

Crédit Page officielle EZ

Dimanche 5 décembre 2021 à Villepinte, ville de la région parisienne (département de la Seine-Saint-Denis), ils se disent 15 000 participants autour de lui pour lancer leur reconquête de la France. Lui , il s’appelle Éric Zemmour, né le 31 août 1958 à Montreuil, journaliste et chroniqueur politique encarté tribun dans l’extrême droite avec une fixation obsessionnelle à l’endroit de TOUT ce qui a trait à l’extra-européen. Il assume une ascendance de berbère juif du côté d’Algérie. Il est recommandé de lire la dernière contribution de Mr Dominique SOPO président de SOS Racisme (France) dans Jeune Afrique, qui donne un portrait feuilleté psychologiquement de Zemmour… Le lien https://www.jeuneafrique.com/1275993/politique/eric-zemmour-une-nevrose-algerienne/ .

On dirait que ce Zemmour tient ses inspirations d’un ancien temps où les croisades constituaient un carburant idéologique et sociale par du fanatisme religieux du clergé qui rameutait les royautés européennes pour aller en martyrs se faire du Sarrazin (musulman) en Orient. Il profite des temps politiques populistes du moment en faisant du racisme et de l’islamophobie, un programme électoral. Une obsession à une « Francité » originelle est marquante chez lui, jusqu’à laisser apparaître qu’il vivrait des complexes incrustés dans son psyché concernant ses propres origines. Il aurait aimé avoir une filiation géographique avec Charles Martel, car tout ce qui le perturbe avec certaine aigreur maladive semble être lié à ses origines lointaines d’extra-européen physiquement et nominativement . La stratégie caractérielle pleine de ressentiments à vouloir se justifier en indexant sans cesse ceux qu’il considère comme « impurs » dans la « Nationalité française » dont il a bénéficié historiquement. Secoué d’être assimilé à une composante du peuple français ayant des ascendants qui vécurent le statut d’indigènes dans l’empire français d’antan, car il s’y voit minoritaire dans cette minorité . Ainsi il va se visibiliser par un certain populisme trompeur et manipulateur. Il ne dénonce pas au fond un risque de déclin de la France mais plutôt il transpose ses propres craintes d’être rejoint dans la classe d’une certaine catégorie de citoyens français d’aujourd’hui. Son parti s’appelle la « reconquête » dit-on, peut être un clin d’œil à l’histoire avec la reconquista, et les mois prochains vont nous édifier davantage. D’ici là il se déclare hypocritement anti-système politico-médiatique qui l’a construit pourtant en grande partie. Une stratégie à la Trump moins la richesse, il espère par les surenchères discursives exacerber les tensions pour arriver au pouvoir en France. Comme la photo illustrative ici, que Tout reste sombre autour de lui et sa vision. À suivre….!

D’ici là les principaux candidat.e.s qu’on peut citer pour la présidentielle de 2022, sont plus du président Macron (pas déclaré officiellement), mesdames Hidalgo (PS), Pécresse (LR) et Lepen (RN), monsieur Mélenchon (Les Insoumis).

-KS pour le BLOG.

✓A propos de l’accaparement des terres | Par Ba Aliou Coulibaly



— Nous tenons à clarifier si besoin il y a que nous sommes contre toute forme d’accaparement des terres au détriment des véritables populations rurales dont la terre constitue l’unique ressource. Autant nous condamnons avec la dernière énergie l’accaparement opéré par les lobbies affairistes autant nous dénonçons également l’accaparement des terres par les lobbies féodaux . Au Fouta , dans beaucoup de localité , quand il s’agit de se mobiliser pour défendre les terres se sont tous les habitants du village qui se mobilisent mais quand il s’agit d’ en bénéficier , ou de les exploiter seule une petite minorité en profite. Cet état de fait existe malheureusement dans plusieurs villages et fait que des surfaces énormes sont maintenues en jachère ou sont sous exploitées, pris en otage pendant que d’autres populations en ont besoin . Cela est difficilement défendable . Dans notre contexte de sous-développement dans lequel les ressources deviennent de plus en plus rares , la terre est si précieuse et nécessaire que nul n’a le droit de la maintenir morte. Il n’est donc ni équitable ni juste de défendre l’un et de couvrir l’autre , ils sont tous les deux à dénoncer et à condamner.
Je saisis cette occasion pour me joindre aux populations de Ngawlé afin qu’elles puissent bénéficier de leur droit légitime à bénéficier en priorité de leur ressources naturelles.

Ba Aliou Coulibaly
Propriétaire Terrien

✓Au sujet du « Passif humanitaire », de quoi on parle ? | L’opinion de Monsieur Mohamed El Mounir

S’il est un concept qui a perdu en sens ce qu’il a gagné en extension, c’est bien celui du « passif humanitaire ». Tout le monde en parle, mais beaucoup ne savent pas exactement de quoi il s’agit, mélangeant tout et son contraire. Lectures partisanes et interprétations approximatives ont fini par noyer ce concept dans un océan d’amalgames. Le récent débat sur la question a démontré l’ampleur des confusions liée à cette question mais aussi un regain d’intérêt des Mauritaniens, qui veulent tourner définitivement cette page sombre de notre histoire contemporaine. De manière simplifiée, le passif humanitaire comprend deux volets :

Le premier est relatif aux déportés, ces mauritaniens expulsés ou ayant fui les persécutions du régime de Ould Taya vers le Sénégal et le Mali, en 1989 et durant les années suivantes. Le dossier réouvert, sous la pression insistante de l’opposition et des organisations des droits de l’Homme pendant la première transition, en 2006. Sur cette base, un accord tripartite est signé le 12 novembre 2007 sous la présidence Sidi Ould Cheikh Abdallahi avec les pays de refuge et le HCR pour le rapatriement des réfugiés. Ce processus est poursuivi et parachevé par la junte militaire fin décembre 2009, à travers un programme, qui inclut la réintégration des bénéficiaires, sous la houlette d’une Agence nationale pour la réinsertion des réfugiés (ANAIR). Ce dossier a donc été traité dans les règles de l’art, selon une approche associant l’ensemble des acteurs et sous la supervision d’un organisme international.

Le second volet porte sur les exécutions extra-judiciaires (en droit, on parle plutôt de « disparitions » tant qu’il n’a pas été établi formellement que les victimes ont été tuées) ayant eu lieu au sein des forces armées entre septembre 1990 et février 1991. Certains y ajoutent encore la répression de la tentative de putsch de 1987, même si celle-ci a eu lieu dans des conditions différentes. Ce volet n’a jamais été traité, compte tenu de la loi d’amnistie, qui avait pour objet de clôturer le dossier, au nom d’obscures considérations tenant à la préservation de la paix civile. Hormis une « prière » symbolique organisée à Kaédi le 25 mars 2009 par Ould Abdel Aziz à la mémoire des victimes, rien n’a été fait pour reconnaitre ou rendre justice aux victimes et à leurs ayants droit.

Ce volet est le plus difficile à traiter, car il suscite bien des crispations et polarise encore une partie de l’opinion publique. Le problème est que la vérité n’a jamais été connue ou établie ni la justice rendue, faute de volonté politique. Les régimes successifs ont toujours cherché à couvrir ce qui s’est passé au nom d’un soi-disant souci de préservation de la paix sociale.

Or, la réconciliation nationale et la paix civile passent précisément par faire la lumière sur ces événements tragiques et rendre justice, afin d’en éviter la répétition à l’avenir. Il faudrait donc trouver une solution juste, équitable et conforme aux standards internationaux. Mais celle-ci ne saurait être réduite à une simple indemnisation, aussi généreuse soit-elle. La réparation est une partie de la solution mais elle reste symbolique, car l’argent n’indemnise pas une vie humaine. Le règlement escompté devrait aussi permettre de retrouver les sépultures des victimes et de les enterrer proprement. Les familles des victimes doivent pouvoir faire leur deuil dans la dignité, conformément à la tradition islamique.

Auparavant, il faudrait lever certaines confusions fréquemment entretenues, souvent de mauvaise foi, entre ces tragiques événements et le conflit avec le Sénégal en 1989. Certains ne comprennent en effet pas pourquoi notre pays devrait réparer et rendre justice pour les victimes d’évènements qui seraient, d’une manière ou d’une autre, liés, voire seraient une réaction à des violations ayant eu lieu au Sénégal à l’encontre de citoyens mauritaniens? Or, non seulement il n’existe aucune relation directe entre ces deux événements, mais encore un tel raisonnement tordu suppose que l’on doive se « venger » au détriment d’une partie de nos propres concitoyens pour des faits commis dans un pays voisin. Cette logique est évidemment absurde et devrait être écartée en tant que telle.

Par ailleurs, certains groupuscules politiques voudraient, à force d’amalgame, rendre des mouvements politiques responsables du « passif humanitaire », voire une communauté dans son ensemble, ce qui relève, là aussi, d’un raisonnement tout aussi abusif et injuste. En réalité, très peu, au sein de l’inion nationale, étaient au courant de ces exactions, qui ont eu lieu dans le plus grand secret au niveau de quelques unités de l’armée, dans 3 ou 4 bases militaires. Les mouvements politiques n’étaient pas davantage au courant de ces crimes, même si certains parmi les plus extrémistes les ont défendus, implicitement, a posteriori. D’ailleurs, à l’époque, la plupart des mouvements politiques étaient poursuivis et pourchassés par un régime qui ne tolérait aucune critique ou forme de dissidence.

Aujourd’hui, il est vraiment temps de faire triompher la vérité et la justice, afin de tourner définitivement cette page sombre de notre histoire et se consacrer aux priorités de développement.

©️ Crédit source : Post FB (20/11/2022) de l’auteur https://www.facebook.com/100000327634741/posts/4776401392380735/

✓Mauritanie | L’opposition se retire des discussions en commission sur la loi relative à la protection des symboles de l’État



Le député El Id Ould Mohameden a déclaré que les députés de l’opposition se sont retirés de la réunion consacrée à la discussion du projet de loi sur la protection des symboles nationaux, « en raison d’une violation des procédures législatives en vigueur. »

Dans une déclaration faite à Sahara Medias, le député de l’opposition a dit que les députés de l’opposition se sont retirés de la réunion, après avoir constaté une volonté manifeste d’ignorer le point de vue des députés de l’opposition, ajoutant que les dispositions du règlement intérieur permettent à chaque député d’avancer ses propositions qu’il considère appropriées à l’amélioration de tout projet de loi.

Le député a expliqué le retrait des députés de l’opposition par leur volonté de respecter le règlement intérieur et refuser la participation à des mesures juridiques invalides qui n’ont aucun lien avec la loi.

« Nous avons voulu éclairer l’opinion publique au niveau de notre opposition sur notre rejet de cette loi contraire aux acquis démocratiques et à la liberté d’expression » a encore dit le député.

Ould Mohameden a ajouté que le projet de loi en question s’oppose au principe de la censure, de la responsabilité et de la critique des fonctionnaires, « surtout que le pays est encore plein de corruption, d’abus, d’injustice et de marginalisation. »

Pour le député cette loi est incompatible avec l’esprit de la concertation nationale attendue entre la majorité et l’opposition.

Les députés de l’opposition s’étaient retirés hier de la réunion de la commission de la justice et de la défense issue de l’assemblée nationale consacrée à la discussion du projet de loi pour la protection des symboles nationaux de l’état, la criminalisation de toute atteinte au prestige de l’état et à l’honneur du citoyen

Sahara Media

©️ Crédit source : https://www.facebook.com/297319407063485/posts/4278898528905533/

✓L’entretien du blog | Avec Mr Boubacar N’djim du MSDH – Mali

—Nous vous proposons l’entretien avec Monsieur Boubacar N’djim du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits Humains. Le coordinateur national de ce mouvement dans le paysage droit-de-lhommiste malien, est une voix vive par son activisme agissant transversal pour la défense des droits humains.

À suivre :



Question 1 : Bonjour Mr Ndjim, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Boubacar N’djim : je me nomme N’Djim Boubacar. Je suis de nationalité malienne, originaire de la région de Mopti et je réside au Mali plus précisément à Bamako. je suis le Coordinateur National du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H)


Question 2 : Vous êtes actif pour la défense des droits à travers l’organisation MSDH, pouvez-vous la présenter succintement (genèse de sa création et principaux objectifs) ?

BN : Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une jeune organisation qui fait de la lutte contre toutes les formes d’injustice son credo. Au MSDH, nous n’avons pas la prétention de tout connaitre, mais nous relaterons certains faits dont nous avons été témoins ou même souvent victimes indirectes avec justesse et objectivité.

Son siège social est situé à : Hamdallaye, près de d’ANAM MALI  Elle dispose des coordinations dans les localités suivantes ;Kayes, Diéma, Kita, Kati, Mopti, Ségou, Bougouni, Sikasso, Koutiala, Tombouctou. Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une organisation indépendante à but non lucratif créée officiellement en janvier 2019. Le MSDH intervient partout où les droits de l’homme sont bafoués, assure la veille citoyenne et n’hésite pas à prendre position quand il s’agit de restaurer la dignité humaine.

• Les objectifs du MSDH sont les suivants :   

Réduire au minimum la violation des droits de l’Homme sur toute l’étendue du territoire Malien ;

Contribuer à la promotion et au respect des droits de l’Homme ;

Examiner toutes les situations d’atteintes au droit de l’Homme constatées ou portées à notre connaissance ;

Entreprendre des actions appropriées en la matière auprès des autorités compétentes ;

Formuler des recommandations sur toutes les questions relatives aux droits de l’homme dans le cadre réglementaire, législatif et judiciaire ;

Collaborer avec tous les organismes nationaux et internationaux de défense des droits de l’homme ;

Veuillez avec attention sur toutes décisions ou actions du gouvernement susceptibles de porter atteinte au respect des droits de l’Homme ;

Informer et dénoncer tout acte d’injustice en mobilisant l’opinion publique ;

Mener des activités d’information, de communication, d’éducation et surtout de sensibilisation sur la promotion et le respect des droits de l’homme ;

Lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes;

Lutter contre l’excision, les violences domestiques contre femmes et enfants.

Avec le président Gaye Traoré et Mr N’Djim dans les locaux de son ONG à Bamako.

Question 3 : Quelles sont vos réalisations (activités) phares depuis sa création ?


BN : Depuis la création de notre mouvement nous avons mené plusieurs activités de sensibilisation, de communication, d’information, et d’éducation sur le domaine des violations des droits humains.
Mais l’activité phare qu’on a eu à réaliser en partenariat avec le Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès est l’organisation de la Conférence débat de Bamako sur le phénomène de l’esclavagisme qui a regroupé plus 500 participants avec les toutes les composantes de la société civile malienne qui s’est tenue le 22 Mai 2021 à Bamako.

Question 4 : Quelles difficultés rencontrez-vous dans le cadre de votre engagement droit-de-lhommiste sur le terrain ?


BN : Il faut reconnaitre que le métier de défenseur des droits humains est un métier à risque car au mali l’Etat tarde à mettre en place une carte des défenseurs des droits humains mais la loi existe néanmoins.
Concernant ma lutte contre l’esclavage par ascendance surtout dans la région de Kayes j’ai rencontré pas mal difficultés, j’ai échappé à plusieurs tentatives d’enlèvement, j’ai répondu à plusieurs plaintes de la part des féodaux pour diffamation ou encore incitation à la haine ou encore trouble à l’ordre public. Les risques sont inhérents à la vie humaine donc sans risques et difficultés pas de résultats


Question 5 : Sur la problématique de l’esclavage par ascendance au Mali, selon vous pourquoi il n’y a toujours pas une loi spécifique criminalisant cette tare honteuse d’un autre âge ?


BN : Je suis consterné et surpris de voir dans un pays comme le Mali signataire des traités internationaux et sous régionaux sur les droits fondamentaux de l’homme qui considèrent l’esclavage comme un crime contre l’humanité.
Partout où on est allé les populations victimes fustigent le manque d’équité, le manque d’impartialité ou le manque d’intégrité de l’appareil judiciaire dans la région de Kayes et soutiennent que ces pratiques sont entretenues et soutenues par le Gouvernement.
Le droit de tous les individus de ne pas être soumis à l’esclavage est un droit de l’homme fondamental ; or l’absence de procédures adéquates de mise en œuvre n’est pas faite pour encourager les Etats à mettre en place un système de garantie, contre toutes les formes contemporaines d’esclavage.
L’efficacité réelle d’un instrument international peut être évaluée en fonction de la mesure dans laquelle les Etats parties appliquent ses dispositions au niveau national. Le mot application dans le cas des instruments juridiques internationaux, désigne à la fois les mesures nationales adoptées par les Etats et les procédures internationales mises en œuvre en vue d’en surveiller la mise en œuvre.
Il n’existe pas de mécanisme chargé de veiller au respect par les Etats de l’obligation d’abolir l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage.
Le manque d’arsenal juridique relève juste d’un manque de volonté politique de la part de nos dirigeants.

Fin

© Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓ L’entretien du blog | Avec le SG de l’association Donkosira – Mali

À lire un entretien succint avec le secrétaire général de l’association Donkosira, monsieur Mamadou Sène CISSÉ. Un archiviste en numérisation de métier rencontré lors de notre quinzaine au Mali à l’occasion de l’évènement-programme EMifo Atelier de formation au plaidoyer à l’université USJPB (Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako) dont sa structure associative a été partenaire activement.


Question 1 : Bonjour monsieur Cissé, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mamadou Sène CISSÉ : Je suis archiviste en numérisation , secrétaire général de l’association Donkosira , partenaire du projet EMiFo (esclavage et migrations forcées dans l’Ouest du Mali) , je suis membre du réseau AKN (antislavery knowledge network) et assistant de recherche du Docteur Marie Rodet.

✓Question 2 : Vous êtes le secrétaire général de l’association Dokonsira, vous pouvez la présenter succintement (genèse de sa création et principaux objectifs) ?

MSC : l’association Donkosira : C’est la recherche et la diffusion des savoirs locaux par la nouvelle technologie de l’information et de la communication pour sensibiliser les générations futures contre toutes formes d’exploitations y compris l’esclavage par ascendance.

Question 3 : Quelles sont vos réalisations phares depuis sa création ?

MSC : 1- Demarginaliser les frontières Ouest africaine des communautés descendants d’esclaves , le projet s’étendait , du Mali , le Sénégal et la Guinée.

2- Visualising liberté : la visibilité de liberté et des luttes historiques liées à l’esclavage.3-Enfin SlaFMig/EMiFo , programme de recherche action esclavage et migrations forcées.

3- Enfin SlaFMig/EMiFo , programme de recherche action esclavage et migrations forcées.




Question 4 : Quelles difficultés avez vous rencontrées dans le cadre de votre engagement associatif sur le terrain ?

MSC : – Absence des autorités pour soutenir nos actions.
– Dificultés d’accès à certaines personnes ressources pour mener nos recherches.
– Manque de fonds pour financer plus largement nos activités.

• Site internet dédié : https://www.donkosira.org/

Entretien réalisé par KS

« La France doit rompre avec cette tendance à prendre les peuples Africains comme sujets à fantasmes » | Par Lô Gourmo

Comment oser qualifier de « sommet » franco-africain la rencontre conçue, financée et organisée par Paris, entre le président de la République Française et des citoyens africains même de renom ou de grande pertinence oratoire? Le plus inacceptable est l’accueil jubilatoire fait dans beaucoup de milieux surtout des jeunes africains, éblouis par la scène d’un Macron sommé de répondre à de graves questions posées parfois avec audace par ces derniers. Tellement éblouis que l’essentiel dans l’exercice les a sans aucun doute échappé: une nouvelle mise en cause de la souveraineté formelle des Etats africains. Au nom de quoi et de qui ces africains parlent-ils ? Questions essentielles qui déterminent précisément la qualité de « sommet » de cette rencontre informelle, au propre comme au figuré. La France est libre d’inviter qui elle veut, chez elle. Mais elle ne choisit pas ses interlocuteurs africains. Et voilà en quoi, par là même, l’objectif affiché de cette rencontre est dementi par la rencontre elle même, s’il est vrai qu’il s’agissait d’une rupture avec le neocolonialisme traditionnel, c’est à dire le choix des dirigeants africains et de leurs options ailleurs qu’en Afrique. En chambardant les règles élémentaires de la représentation diplomatique par le recours à une représentation d’interlocuteurs africains tirés on ne sait comment d’ une « société civile » africaine fumeuse, se rajoute au chaos politique un chaos diplomatique bien pire. La France doit rompre avec cette tendance à prendre les peuples Africains comme sujets à fantasmes. Ce qu’ils veulent c’est tout juste un traitement normal des rapports franco-africains, la fin de l’infantilisation et des cris de cœur hypocrites portés à leur paroxysme par N. Sarkozy (« Discours de Dakar ») et poursuivis et theâtralisés dans la même veine par M. Macron ( Discours de Ouagadougou et maintenant à Paris). Il faut arrêter ces simagrées pour changer pour de vrai.

©️ Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=382772670244277&id=100055346415293