La récidive d’un obsédé de l’arabité exclusive / Par Boubacar Diagana et Ciré Ba

Dans un long article paru dans l’AMI et Cridem, M. Mohamed Yeslem Yarba Beihatt délivre un carton rouge au ministre de la fonction publique qu’il menace au passage d’éviction. Rien de moins. L’intéressé a, à l’occasion du 1er mai, osé prononcer un discours en français. Infamie suprême ! Pour solde de tous comptes, le ministre est en outre gratifié de gentillesses du genre «illettré», « incompétent » dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Lisons plutôt M. Beihatt : « Dites-vous que si vous persistiez à continuer pour tenir vos discours dans une langue autre que l’Arabe, celle officielle de notre pays, vous n’aurez plus droit à rester dans votre poste. Oui, et de la manière la plus simple au monde. Pour motif d’incapacité. C’est-à-dire que, si vous ne pouvez pas prononcer un discours en Arabe, cela veut dire, que, vous êtes incompétent. C’est que vous n’êtes pas digne de la confiance placée en vous. Parce que, en ce moment, la meilleure excuse qu’on peut vous donner, est que vous êtes « illettré ». Et nous qui croyions que les ministres étaient nommés par le Chef de l’Etat sur proposition du 1er ministre ! Le meilleur ou le pire, c’est qu’à suivre le raisonnement de M. Beihatt, le pauvre ministre n’aurait pas non plus le droit de prononcer son discours en Sooninke, sa langue maternelle reconnue pourtant comme une des langues nationales du pays de par une constitution qu’il invoque à tort et à travers. En dehors de l’arabe, point de salut. Qu’on se le tienne pour dit. Grand seigneur, le censeur laisse tout de même une seconde chance au ministre. Celui-ci est sommé fissa d’aller suivre des cours intensifs d’arabe auprès de son excellence, l’ambassadeur France en Mauritanie. Autrement dit, l’ambassadeur français devrait, avec grand plaisir, former en arabe des responsables mauritaniens dans le but de leur permettre de ne plus s’exprimer en français. Logique. Toujours très cohérent, l’inspiré M. Beihatt, n’hésitait pourtant pas, dans un article publié sur Cridem le 23 décembre 2019, en guise de cadeau de Noël sans doute, à étriller le diplomate français. Pour lui, le diplomate ne devrait pas aborder le problème de la langue en Mauritanie au risque de compromettre les intérêts de son pays et de voir l’anglais encouragé à prendre la place de langue de Molière en Mauritanie par représailles. Car, « si vous n’êtes pas encore au courant, dans quel cas, je le regretterais fort – ; je vous le fais savoir : le rapport entre la langue du colon, le français, pour bien nommer les choses, et celle officielle de la République Islamique de Mauritanie, l’arabe ; ce rapport-là, était la cause malheureuse des événements regrettables de 1966 » affirme M.Behatt. Qu’était-il donc reproché à l’ambassadeur ? En réponse à la question suivante d’un média local : « Que pensez-vous du recul de la langue française en Mauritanie ?, le diplomate avait répondu : «Voici une question que l’on me pose en français et à laquelle je répondrais donc avec plaisir en français. Avec la langue arabe et les langues nationales, la Mauritanie possède un patrimoine linguistique de grande valeur, dont elle peut légitimement être fière…». Rien de plus. C’est donc l’ennemi juré d’il y a peu qui est recommandé pour combler les lacunes en arabe du ministre « francophone ». Il serait intéressant au passage de recenser les établissements et pays de formation des membres du gouvernement, académies militaires comprises. Passons. Rappelons également que le nouvel ami ambassadeur était également accusé, en décembre 2019, de chercher à attiser le feu en Mauritanie et était invité à s’occuper de ses patois en Métropole. C’est dire si notre « procureur » excelle dans les raccourcis et les inversions de rôles. Rien n’est trop beau pour faire accepter l’inacceptable. Une constante émerge de ses écrits malgré les ruses et les ficelles plus ou moins grosses : la volonté affichée d’asseoir l’hégémonie d’une composante nationale sur et au détriment des autres. En un mot comme en mille, l’objectif est celui-là. Car au-delà de la langue, c’est bien de domination, d’exclusion économique et de disqualification des autres composantes nationales qu’il s’agit. L’association de diffusion et de défense de la langue arabe en Mauritanie n’en fait pas mystère qui, le 9 septembre 2019, en appelait à stopper l’usage de la langue française dans les documents officiels du pays, qualifiant au passage les autres langues nationales, pourtant reconnues comme telles à savoir le Pulaar, le Sooninke et le Wolof de « dialectes des communautés négro-africaines ». Au mépris des compatriotes de la Vallée, l’association enfonçait le clou : «s’adresser délibérément aux gens avec ce qu’ils ne comprennent pas constitue une préméditation qui ressemble à un défi». Ces chantres affichés et déraisonnables d’une Mauritanie exclusivement arabe font mine d’oublier que depuis des décennies, les représentants de l’Etat, de son administration et des services déconcentrés ne s’embarrassent plus guère de soucis d’équilibre puisqu’ils ne communiquent qu’en arabe et bien souvent en se passant allègrement de traduction. Dans le double souci du respect du Vivre ensemble et de la volonté d’ouverture au monde, ils gagneraient à méditer les initiatives positives à l’exemple de celle du Maroc qui vient de mettre en place un Conseil national des langues et de la culture marocaine visant également à la facilitation de l’apprentissage des langues étrangères les plus parlées dans le monde dont le français. Le Maroc dont la population berbère, estimée entre 15 et 20 millions de personnes, vit souvent dans l’Atlas ou en campagne et n’apprend l’arabe qu’à l’école comme les populations de notre vallée, a officialisé la langue amazighe (berbère) en 2011. Une loi généralisant l’usage de cette langue dans les administrations et à l’école a été votée à l’unanimité par les députés marocains le 10 juin 2019. Cette loi permettra la délivrance de cartes d’identité, de passeports ou d’actes de mariages en langue amazighe. Il serait enfin temps de comprendre que les postures idéologiques, les pétitions de principe du genre « Ici c’est la Mauritanie… Ce n’est pas l’Occitanie… Le pays des plus grands savants, « érudits » de la langue Arabe…Ici, c’est la langue arabe qui est la langue officielle…» tiennent plus du coup d’épée dans l’eau. Cela peut faire plaisir mais d’un plaisir sans lendemain. Il suffit d’un sérieux problème de santé-(que nous ne souhaitons évidemment à personne) appelant une évacuation sanitaire pour s’en rendre compte. A propos de la promotion du Tamazigh au Maroc, cf France info Afrique du 13 juin 2019. Une chaîne de télévision, Tamazight TV, est consacrée à la culture berbère. En savoir plus sur la mise en place de ce Conseil http://aujourdhui.ma/culture/conseil-national-des-langues-et-de-la-culture-marocaine-cest-fait-les-attributions-et-missions-publiees-au-bo?fbclid=IwAR05juN3kkZmoH4sPqWQrf3ubbYobEw0Za31h3i2lMlPW9OJMpaXLehUxRM

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 03/05/2020

©️ Source : http://www.kassataya.com

Contribution : « l’esclavage statutaire en milieu soninké » l’étudiant – chercheur Ismail Traoré

En écoutant les uns et les autres, notamment sur la question de l’esclavage statutaire ou coutumier, donc par ascendance, je me suis aperçu que de nos jours, beaucoup d’intellectuels et cadres soninkés se rangent du côté des masses populaires analphabètes.

Les paroles le plus couramment proférées sont, entre autres : «L’esclavage est révolu »; «Nul ne doit être exploité, légué et/ou cédé»; «Tout le monde doit être traité sur un pied d’égalité ». Ces propos sont certes augustes et fédérateurs. Ils sont tout de même ironiques. Car étant issus de l’horde féodal, ces derniers ne peuvent ni tenir des discours prolifiques ni ériger des lois fiables, encore moins trouver des compromis sur des sujets à caractère litigieux.

Il est à déceler aussi chez ces personnes un sentiment d’indifférence voire un comportement d’apathie et de passivité. Loin de prendre une position perfide, je réagis en tant qu’individu appartenant à la même société dont à présent indigné face à des pratiques d’antan rétrogrades.
Je suis écœuré d’entendre encore par des témoins oculaires que chez nous, des maisons sont saccagées, des champs sont défrichés, des hommes sont chassés de leurs villages, certains ont été ligotés et battus avec des machettes et des gourdins parce qu’ils ont dit qu’ils ne veulent plus l’esclavage coutumier ou par ascendance.

Ces actes exclusivement odieux et vraisemblablement insensés sont répréhensibles. S’agissant des auteurs des crimes, ils doivent comparaitre devant les cours pénales. Ces chauvins et les soi-disant ténors se laissent guider par un instinct animal, puisqu’ils réagissent sans moindre scrupules. Leurs assauts ne se bâtissent sur aucun plan stratégique.

Ce qui s’est passé le 05 avril 2020 au Mali, plus précisément à Lani Tounka dans la circonscription de Kayes est inadmissible. En effet, un groupe majoritaire pour ne pas dire aristocrate garni de toute sorte d’armes blanches s’est levé contre les familles prises pour inferieures, puisqu’elles sont minoritaires afin de les lyncher et d’incendier leurs foyers y compris leurs magasins de stockage.

À noter également que les membres de cette communauté sont écartés des affaires villageoises telles que les cérémonies funéraires, nuptiales… De même, ils sont dépossédés de leurs terres agricoles, les filles et les garçons ne sont plus scolarisés parce qu’ils ont été interdits à l’école de la ville. Pareil, leurs défunts ne sont plus enterrés dans le même espace que les autres. Ces problèmes ne concernent pas seulement cette localité.

Environ 70% des villages soninkés du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, où de nombreuses personnes ont été tuées, se retrouvent dans cette posture. Quelle horreur !
C’en est trop ! Il est temps de tourner la page de l’Histoire. Le soninkara entier doit se lever pour dire non à l’esclavage statutaire ou par lignage; non à la violence physique; non à l’outrance verbale; non à la scission ethnique ! Le célèbre écrivain malien Seydou BADIAN ne dit-il pas que « La maison n’est belle que lorsque chacun y reconnaît sa part de labeur ». Et moi je dirai le jamaane (nation), le debbe (village) et le kunda (quartier) ne sont admirables que quand tout le monde s’y sent utile et ragaillardi.

L’éclatement étatique, clanique et communautaire m’étouffe. Je dois arrêter de me voir en cordonnier, en noble, en forgeron, en griot ou encore en esclave. De même, je dois cesser de me voir en maure, en soninké, en peul, en wolof, en bambara, en malinké. Je dois juste me voir en citoyen du monde, en être civilisé.
Je ne pourrais conclure sans me rappeler le théoricien de la “non-violence” Mahatma Gandhi à travers Robert Deliège Gandhi sa vie et sa pensée : « La non-violence n’est jamais un acte de faiblesse, une démission et encore moins l’expression d’une peur. La non-violence est le moyen d’arriver aux buts que l’on s’est fixé ; elle est à la fois un moyen et une fin en soi ». Que tout se fasse sans la violence !

Ismail Traoré

Étudiant-chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges / France

ismael172017@yahoo.com

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/contribution-lesclavage-statutaire-en-milieu-soninke/

Mauritanie – Droits Humains : Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre (IRA-France)

IRA-France – Monsieur le Premier Ministre, c’est avec un très grand plaisir que nous saluons aujourd’hui la libération de Mariam Mint Cheikh par le Tribunal de Nouakchott mardi 21 avril. Il est vrai que l’on ne voit pas très bien comment la justice mauritanienne et un gouvernement qui se fait fort d’améliorer la situation des droits humains pouvaient laisser perdurer un tel déni de droit. Et ils ont été nombreux ceux qui l’ont fait savoir ! L’arrestation de Mariam Mint Cheikh à son domicile par des agents de la Direction Générale de la Sûreté Nationale lundi 13 la séparant du bébé qu’elle allaitait pour la conduire dans un lieu secret relève de l’illégalité la plus flagrante. Il en est de même pour l’interdiction qui lui a été faite de rencontrer immédiatement un avocat et pour la non communication du motif de ce kidnapping. La forte désapprobation suscitée par cette situation a conduit des militants des droits humains à manifester lundi 20 avril autour du Ministère de la Justice. Le déchaînement de violence sur des manifestants pacifiques par des forces de l’ordre suréquipées a été documenté par des vidéos et des certificats d’hospitalisation : c’est une nouvelle entorse grave à l’État de droit auquel aspire légitimement la population. Mariam Mint Cheikh a souvent des propos durs contre le pouvoir et de façon plus générale contre l’organisation de la société profondément inégalitaire structurée par l’appartenance communautaire que votre gouvernement semble vouloir maintenir tout en cherchant à la rendre plus présentable. Elle utilise la liberté d’expression garantie par les conventions internationales qui engagent son pays. Comme elle, d’autres opposants, mais aussi des militants des droits humains tels que nous, suivent attentivement l’action de votre gouvernement en faveur des droits humains et d’une plus grande justice sociale. En effet, le programme électoral du Président Ghazouani évoquait « un élan sincère de concorde, de fraternité et d’acceptation de l’autre nécessaire pour assurer une cohésion nationale où l’apport de chacun sera un enrichissement collectif. » Vous-même, Monsieur le Premier Ministre, dans votre Discours de politique générale du gouvernement en septembre 2019, avez dit : «Pour renforcer la cohésion nationale, promouvoir le respect et la défense des droits de l’homme, et pour éradiquer les inégalités liées à la discrimination sociale, notre Gouvernement accordera une importance extrême à la lutte contre les séquelles de l’esclavage et travaillera pour le changement des mentalités qui handicapent l’émancipation des différentes catégories de notre société. » L’envie est grande de vous suivre dans cette direction tant le retard pris est important et les besoins sont grands. Vous pouvez porter au crédit de l’opposition, de la société civile mauritanienne, des différentes associations de défense des droits humains et de la communauté internationale dans son ensemble le regard bienveillant qu’elles ont porté sur les premiers mois de l’action de votre gouvernement. Pourtant, ils étaient nombreux avec nous à penser déjà que certaines erreurs de diagnostic hypothéquaient lourdement les chances de réussite. Ne parler que de « discrimination sociale » dans un pays où la discrimination raciale est si présente. Ne concéder que la présence de « séquelles de l’esclavage » alors que l’esclavage par ascendance structure encore une partie des relations sociales et que se développent de nouvelles formes d’esclavage. Voilà des désaccords importants. Des signes forts envoyés par votre gouvernement manquent toujours en vue d’une participation de toutes les communautés nationales à la hauteur de leurs compétences et de leurs aspirations. Des signes inverses ont même été envoyés lors de trop nombreuses nominations privilégiant une seule communauté. L’absence d’autorisation pour le moment de l’association IRA et du parti RAG, le ton menaçant du Ministre de l’Intérieur en désaccord avec des analyses du député Biram Dah Abeid, les conditions de l’arrestation de Mariam Mint Cheikh et la répression de la manifestation pacifique de lundi dernier semblent témoigner d’une volonté d’une partie des membres de votre gouvernement de faire taire certaines formes d’opposition plutôt que d’engager avec elles un discours constructif. Monsieur le Premier Ministre, nous pensons qu’il est encore temps de profiter de la diversité et de la richesse de la société mauritanienne pour « construire un Etat fort et moderne, où tous les citoyens jouissent de l’équité et de la justice, dans la paix et la stabilité ». Ce sont vos paroles : les Mauritaniens vous le demandent aujourd’hui avec insistance, toutes les associations de défense des droits humains, soutenues par la communauté internationale, les accompagneront avec détermination. Engageons-nous tous ensemble dans cette direction !

Soyez assuré, Monsieur le Premier Ministre, de notre respectueuse considération

Le Bureau d’IRA-France-Mauritanie, le 23/04/2020

©️ Crédit source: http://www.cridem.org

Tribune : « un gant de velours serait plus approprié » Par l’honorable député Ogo Coulibaly

Ogo Bakari Coulibaly – Il est toujours périlleux d’aborder des sujets qui fâchent, mais il serait beaucoup plus désastreux d’adopter la posture du mutisme, à mon sens irresponsable quand il s’agit des sujets qui ont trait à la paix sociale. Je n’irai pas avec le dos de la cuillère pour condamner, repousser sans aucune réserve le discours de la haine, du séparatisme, ou qui vise une conposante de notre nation, qu’il y ait loi ou pas. Je reste persuadé que l’ordre et l’unité peuvent s’acquérir hors du cycle de la violence. Le besoin de justice dans toute ses formes reste l’un des défis majeurs, et l’équation non résolus par les gouvernants. La justice est une obligation sans équivoque et une voie à suivre. Nous devrons être perspicaces lorsqu’une affaire nous est soumise, car il ne sert à rien de dire la vérité, sans la mettre en application. Soyons impartiaux vis-à-vis des gens. Dans nos assises et notre regard, afin que le fort n’espère pas de nous une conduite injuste et que le faible ne désespère pas dans notre équité. Évitons le malaise, l’angoisse, et le préjudice que nous pouvons causer au peuple dans les moments de vérité. Pour dissiper tout malentendu : Le président de la République, son Excellence Mohamed Ould Cheikh Ghazwani lui-même a proclamé haut et fort que son programme s’articule autour de la modération et du rejet de toute forme d’excès et de discrimination. Il vise l’instauration d’une justice sociale pour un mieux-être des citoyens.

Ceci dit, Pour résoudre les conflits sociaux, il faut impérativement éradiquer toute forme d’injustice; et cela passe nécessairement par la mise en place d’un climat politique apaisé. Notre pays a besoin de toute ses forces vives, et chacun peut et doit apporter sa contribution à l’œuvre de construction nationale. Alors, le caractère pressant et intangible de la reconnaissance de l’ONG IRA, du parti RAG, et du FPC, sera perçu comme un signal fort d’inclusion, et une volonté immuable de rupture avec la gestion unilatérale, qui nous a fait tant défaut.

Cependant, Une fois ce préalable acquis, quelques barrières se trouvant au sein de notre arsenal juridique doivent être revues. La loi 2018-23 du 18 juin 2018, qui punit les délits liés aux discours raciaux et haineux. À l’instar de la loi criminalisant le chèque sans provision, dont le ministère de la justice a présenté une communication relative à sa dépénalisation, et à la suppression de la contrainte par corps en matière civile et commerciale, qui a eu un écho favorable auprès de l’opinion publique. Par contre, la loi d’amnestie de 1993 doit être abrogée, car sa simple existence est un affront aux préjudices subis par les victimes dans leur profonde et intime douleur, leur dignité, et un frein au règlement du passif humanitaire, dans la mesure où le préalable à toute paix sociale demeurera toujours la justice. Un dépassement de cette « justice de transition » est plus que nécessaire pour que la réconciliation fondée sur le consensus soit faite. Cela est possible, si les volontés politiques se concertent pour ériger, à l’instar de la commission d’enquête parlementaire sur la décade de gabegie du régime passé, une commission de vérité et réconciliation sur la période du passif humanitaire, afin que les coeurs de cette nation puissent enfin faire le deuil de ces événements, et se retrouver avec eux-mêmes.

● Par Ogo Coulibaly

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Guidimakha : Appel au désenclavement

L’Authentique – Plus que tout autre région de la Mauritanie, le Guidimakha se trouve être le plus exposé à la pandémie du COVID-19, en raison de sa position transfrontalière et de sa vocation migratoire, principalement orientée en Europe, épicentre de la pandémie. Les OSC du Guidimakha souscrivent entièrement au plan de préparation et de riposte en cas d’épidémie du nouveau coronavirus publié le 20 février 2020 par les pouvoirs publics, et selon lequel « Les relais communautaires (santé animale et humaine) et des associations à base communautaire participent à la surveillance, à la prévention, la sensibilisation et à la prise en charge des cas qui relèvent de leurs compétences et sont impliqués dans la mise en œuvre du présent plan ». Dans cette optique, il est attendu que ce plan de réponse soit coordonné avec les acteurs de la société civile afin de maximiser l’efficacité de la portée des messages diffusés par le Ministère de la Santé. Soutenons également les pouvoirs publics d’avoir pris des décisions courageuses, telles que : – Interdiction des rassemblements publics (prières à la mosquée, cérémonies ou évènements sociaux) ; – Instauration du couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national ; – Fermeture des frontières avec les pays limitrophes… Autant de mesures quoique utiles pour le bien-être et la santé des populations ont néanmoins des répercussions négatives sur les activités économiques qui se sont fortement ralenties et provoqué ainsi des pertes de revenus, surtout au sein des populations les plus vulnérables (restaurateurs, boulangers, transformatrices de céréales …). Pour contribuer à ce sursaut national, les OSC du Guidimakha communiqueront régulièrement des informations utiles et actualisées à la plateforme mise en place afin d’amener les populations à prendre des décisions conséquentes pour se protéger et adopter des comportements positifs pour éviter les risques de contagion liés à la pandémie du Covid-19. Il s’agit là d’un appel à l’action pour accompagner ce plan de riposte, en vue d’enrayer la propagation du COVID-19 et atténuer son impact. La responsabilité de protéger les populations à travers la mise en chantier d’une communauté virtuelle composée de relais communautaires, de points focaux des coopératives féminines, des associations des jeunes et le groupe des pasteurs. Cette plateforme en ligne est le principal moyen d’Information pour Informer, Éduquer et Communiquer pour l’adoption de nouveaux comportements positifs. Nous apprécions les efforts déployés par les pouvoirs publics à ce jour en particulier le lancement du Programme Spécial Elevage et les efforts entrepris par TAAZOUR pour appuyer les ménages vulnérables. Nous lançons un vibrant appel au Gouvernement pour la réhabilitation des axes : Selibaby– Noukchott, Selibaby– Gouraye, et les ponts. Nous rappelons que lors des inondations survenues en août 2019 ont provoqué la dévastation de plusieurs infrastructures qui ont coupés la Wilaya des villages de l’intérieur et des grandes villes, Kaedi et Nouakchott. Depuis lors à ce jour aucune réhabilitation n’a été faite pour les restaurer. A la veille de l’hivernage, il est à craindre que cette situation n’aggrave davantage l’enclavement de la région, les pertes de vies humaines causées par le mauvais état des routes.

Liste des OSC signataires :

•Union des Coopératives des femmes du Guidimakha (UCFG)

•Association pour le Développement Intégré du Guidimakha (ADIG)

•Association pour une Initiative de Développement de l’Environnement (AIDE)

•Action pour la Santé et le Développement (ACSADE)

•Association Mauritanienne pour le Développement et l’Alphabétisation (AMDA)

•Association pour la Prospérité des Femmes du Guidimakha (APFG)

•Association Towvigh

•Association Mauritanienne pour la Promotion des Adolescents (AMPA)

•Association Les Amis de la Santé Avagh

•Association Elwava Groupe Recherche Action pour le Développement Durable (GRADD)

•Association des Jeunes pour la Protection de l’Environnement et du Développement ( AJPED)

•Association Pour l’Education et Promotion Sociale (APEPS)

•Association Djalaw

•Association Nationale pour le Développement et la Biodiversité (ANDB)

Selibaby, le 13 Avril 2020

©️ Crédit source: www.cridem.org

Tribune : Nous avons résisté à Aziz,Nous vaincrons Ghazouani ! Par Abdou Babou

Au moment où tout une certaine opinion commence à déméler l’écheveau du complot ourdi par des complices qui se connaissent, à partir du tribunal de Zouérate, nous jeunesse d’Ira-M, réiterons notre totale mobilsation pour défendre notre héroine Mariem Cheikh. Voilà que Ghazouani s’est fabriqué un pretexte ( application d’une pseudo-loi qu’Ira-M a trés tot et toujours dénoncé) pour déclarer la guerre au mouvement abolitionniste; nous déclarons à Ghazouani que nous sommes fidéles à notre rôle de résistants, comme au temps de son mentor Aziz.
Mariem Cheikh a été arrêtée pour avoir dit que le système beydan est pire que le corona virus.
Nous ne demandons pas sa libération mais plutôt l’élargissement des prisons afin de nous accueillir tous puisque nous partageons copieusement son opinion.

Nous disons haut et fort que l’Etat maure, le système qui a deporter, violer, assassiner ses confrères musulmans reduit en esclavage ses concitoyens, est pire que le virus corona.

Au lendemain des élèctions présidentielles, tous maures honnêtes, intègres ont reconnus la grandeur de Biram Dah Abeid. Ils ont compris qu’il n’est ni raciste ni pyromane vu qu’il avait la possibilité de gagner mais qu’il a mis de côté son ego, son désire d’accèder à la magistrature suprême pour l’interêt suprême du peuple mauritanien dans son ensemble. Il a refusé le principe 《marcher sur les cadavres pour le fauteil présidentiel 》.
Devant ce geste d’altruisme, ceux qui tirent les ficelles de ce système devraient en principe assouplir leurs rapports avec lui tout en cherchant avec tous les leaders politiques a asseoir une Mauritanie juste et égalitaire. Mais malheureusement comme le dit un proverbre Africain 《 le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir》.

L’une des débacles de Mohamed Ould Abdel Aziz en onze ans est de ne pas reussir a déconstruire IRA-M lui qui a usé de toutes ses forces en vain. Nous avons été affamés, privés d’emploi, reprimés, emprisonnés torturés. Certaines de nos militantes ont avorté sous la repression, sous la torture. En parlant de torture, nous donnons à titre d’exemple le cas de Moussa Bilal Biram qui a été torturé en juiller 2016 pendant dix nuits par le commissaire M’rabeutt ould M’del Mami et le chef du laboratoire de torture Didi ould Mbareck sous les ordres de Ould Abdel Aziz ainsi que le général tortionnaire le directeur de la surété Mohamed ould Maguêtt. Ils sont allés jusqu’à lui mettre du beure dans son anus puis brancher un supplesseur. Cela n’a pas suffit Didi en personne lui a arraché son testicule gauche. Et pourtant tous ces calvaires n’ont dissuadés aucun militant d’Ira-M. Cela repond au principe qu’il n’ya pas plus grand que la conviction et la determination.

Il est donc permis de se demander aujourd’hui dans le cadre du musellement de IRA-Mauritanie, qu’est ce que Gazouani peut faire de plus que son ami le mécano ?
Nous avons été constants et nous le resterons dans nos discours. Les mêmes discours se tiennent sur la scène internationale, face aux médias, dans les tribunaux, dans la rue ainsi que dans les laboratoires de tortures.

Nous sommes tous Mariem Cheikh, l’Etat maure, le système beydan est pire que toutes les pandemies qui se sont succedées au fil de l’évolution de l’humanité. Nous le disons haut et fort!
Nous attirons l’attention de tous les militants et sympathisants que le confiniment a été brisé pour nous dès l’instant ou Mariem a été arrêtée. Par conséquent, une sortie est prévue dans les jours a venir. La date et l’heure vous sera communiqué.

Nous sommes tous Mariem Cheikh!
Nous sommes tous Biram Dah Abeid!
Vive IRA, Vive le RAG
Vive une Mauritanie juste et égalitaire!

Abdou Babou
Membre du Conseil Exécutif
D’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-M).


Nouakchott, 17 avril 2020

Tribune : Médecine « bienveillante » et retour de la raison coloniale, Par Sidi N’diaye

Il est des temps exceptionnels qui rendent possible la libération de racismes faussement habillés de bienveillance. Quand arrivent ces temps, les digues de la décence et de la retenue entretenues par les règles implicites et explicites de la vie en communauté se fissurent par endroits, laissant suinter la boue et les excréments. 2 avril 2020, le Covid-19 continue d’arracher des vies, et alors que le monde est frappé de stupeur, des effluves pestilentiels remontent à la surface :Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin, propose sur le mode interrogatif de tester un vaccin en Afrique « où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation. Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le sida…». Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale acquiesce: « Vous avez raison, on est d’ailleurs en train de réfléchir à une étude en parallèle en Afrique ».

Bienveillance ? Non,déchets, ignorance et arrogance rassemblés dans l’esprit et les mots d’hommes de science. Une surprise ? Une nouveauté ? Non, pas pour les Africains qui ont appris dans la douleur que le statut d’homme de science (souvent ce mâle de type caucasien prétendant tout savoir) ou d’homme éclairé n’est en rien synonyme d’intelligence sociale, encore moins d’humanité, de générosité, de respect et de bienveillance.
Depuis que des hommes éclairés ont prétendu avoir « découvert » un continent exotique abritant d’innombrables richesses et des peuples barbares aux mœurs étranges, depuis que d’autres hommes éclairés ont prétendu dire cet ailleurs à la place des gens qui y vivent, qu’ils ont dans le même geste légitimé l’esclavage et la colonisation, l’Afrique est devenue le lieu de tous les fantasmes et projections lugubres. Même lorsque le regard se tourne vers quelques figures progressistes, il finit par se heurter à une condescendance, un paternalisme et des appétits prédateurs. N’est-ce pas par exemple Victor Hugo, anti-esclavagiste répondant à un Victor Schœlcher pressé de « porter la lumière à des populations encore dans l’enfance » qui s’exclamera : « Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre (…). Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la » ? N’est-ce pas Jules Ferry, artisan de loi portant sur l’instruction obligatoire, laïque et gratuite qui soutiendra en 1885 devant des députés français, dont beaucoup ont été désarçonnés, « qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles de civiliser les races inférieures », et de conclure avec assurance : « est-ce que vous pouvez nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? ». Les exemples sont légion, et il serait malvenu de justifier pareils propos en les adossant à leur contexte et à leur temps.
Ce n’est donc pas par pur hasard que des médecins occidentaux, en ce XXIe siècle, jugent intelligent de sauver l’Afrique en lui « proposant» de tester des vaccins sur ses gens. Bien au contraire. C’est non seulement parce que subsistent dans les mémoires des traces d’une idéologie raciste (même celle qui s’ignore), mais aussi parce que l’Afrique a longtemps été le terrain privilégié de la médecine coloniale et de ses expériences. Associée à l’anthropologie physique qui a conduit à des dérives macabres, cette médecine, quoi qu’en disent ses défenseurs (ils sont nombreux), a semé la désolation et la mort en Afrique. Il en est ainsi du vaccin contre trypanosomiase humaine ou maladie du sommeil. Dans Le médicament qui devait sauver l’Afrique, pour ne citer que les rares travaux en langue française, Guillaume Lachenal revient sur la découverte de ce vaccin et son administration aux populations africaines. « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Lomidine est découverte. Dans l’enthousiasme, de grandes campagnes de ‘lomidinisation préventive’ sont organisées dans toute l’Afrique. La molécule se révèle inefficace et dangereuse, mais ceci ne freine pas les médecins ». Cet acharnement s’expliquait non seulement par des considérations économiques, à savoir l’entretien de la force de travail et de production des colonies, mais aussi par le souci qui était celui des médecins de ne pas faire reposer le coût élevé des pertes humaines liées à l’administration du vaccin sur les Européens, en particulier ceux qui étaient installés en Afrique et qui n’ont jamais été vaccinés.
On sait aujourd’hui que la Lomidine n’a pas été la seule tueuse d’Africains. De nombreuses campagnes de vaccination censées prévenir ou lutter contre des maladies comme la bilharziose, la syphilis, le pian…ont aussi, paradoxalement, engendré la propagation rapide de d’infections meurtrières. Ce fut par exemple le cas de l’hépatite C au Cameroun, en République centrafricaine ou en Egypte, et dont des recherches ont montré qu’elle s’était généralisée du fait d’une entreprise massive et forcée de vaccination (« Quand la médecine coloniale laisse des traces », Les Tribunes de la santé, 2011). On ne peut donc que se réjouir que les Africains, conscients de ce que des générations de malades et de vies perdues doivent aux entêtements d’apprentis sorciers soutenus par des politiques scélérates, se mobilisent aujourd’hui pour dénoncer d’une seule voix, y compris par les voies légales, la médecine raciale « bienveillante » et la raison coloniale.

Sidi N’Diaye, Politiste, pour ADN

©️ Crédit source: https://africadiaspora.news/2020/04/medecine-bienveillante-et-retour-de-la-raison-coloniale/

Tribune : « Aider les pauvres en respectant leur dignité… », Par Baba Ould Jiddou (APP – Europe)

■ AIDER LES PAUVRES EN RESPECTANT LEUR DIGNITÉ , VIA LES GUICHETS DE TRANSFERT D’ARGENT, COMME AILLEURS DANS LE MONDE…ET LIBERER L’ARMÉE À SON ROLE

Cette campagne de distribution de produits alimentaires à nos populations démunies et confinées est sans effet conséquent sur le quotidien de ces familles à l’échelle du pays. Le nombre des démunis dans ce vaste territoire est incalculable, d’autant que la majorité des mauritaniens vivent d’activités informelles. Le plus judicieux aurait été de procéder autrement, comme le font les pays respectueux de la dignité et de l’humanité de ses citoyens… Le gouvernement mauritanien aurait fait mieux de verser des sommes d’argent conséquentes de plusieurs milliers d’ouguiyas aux nécessiteux par l’intermédiaire des guichets de la poste et ou des officines de transferts d’argent agrées pour cet effet sur l’étendue de la Mauritanie. À rappeler que dans chaque famille Mauritanienne, il y a un individu qui est titulaire d’une pièce d’identité avec un numéro d’identifiant (NI) et d’un téléphone portable. Les agences de transfert d’argent habituées à ce genre d’opérations, rappelleront par téléphone et vérifieront l’identité de chaque bénéficiaire pour percevoir les sommes allouées anonymement par les instances administratives de l’Etat. Cette procédure et autres méthodes sont réalisées dans plusieurs pays aidant ses citoyens en difficulté…, d’autant que peu de personne sont titulaire d’un compte bancaire… En d’autres termes, l’on évite, à l’avenir, d’infantiliser nos compatriotes et en respectant leur dignité et leur humanité…avec les sommes ainsi perçues, les familles auront le libre arbitre (le loisir) d’acheter ce dont elles ont besoin au marché ou chez le commerçant du quartier. De là, le gouvernement mauritanien aura la visibilité et la traçabilité des montants de milliards d’ouguiyas alloués par lui et par les autres milliards donnés gracieusement par des personnes physiques et morales… En cette période trouble, l’on déchargea nos forces de l’ordre et de sécurité de la tâche de distribution de ces denrées de première nécessité pour que nos unités des corps constitués soient orientées pour assurer la défense du territoire, des biens et des personnes,… Et en fin, le gouvernement mauritaniens mettra fin, par ce procédé, a » couper » l’herbe sous les pieds des « tiebtiab », des spéculateurs, des officines occultes, d’autres vermines profitant des marchés de gré à gré et des copinages pour engranger des subsides destinés à nos populations démunies et très souvent exclues… c’est-à-dire, tout ce petit monde tapis dans la partie molle du système corrompu…qui n’a cessé de profiter des finances publiques de l’Etat mauritanien, depuis des décennies Ces corrompus et leurs acolytes propulsés qui sont confondus dans ce système sans foi ni loi et dans nos élites politiques (certaines), de certains fonctionnaires, de certains dirigeants de nos sociétés…et dans le subconscient de nos populations encadrées par des idéologues sans vergogne…

Baba Ould Jiddou. APP, Section France

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur, lien : http://adrar-info.net/?p=61848

La pandémie du COVID 19 : Un accélérateur de conscience citoyenne et démocratique, par Pr Abdoulaye Doro Sow

Une pandémie n’est jamais souhaitable mais elle ouvre les yeux. Personne n’est à l’abri et nul ne peut aller se soigner à l’étranger. Cet obstacle met à nu les prétendus pouvoirs des charlatans ayant une solution à tous les problèmes. Le registre de la mystification ne fonctionne plus et un noyau d’esprit critique prend forme et se structure. Le COVID 19 n’est ni chinois et ni une construction des hommes.

Cette pandémie renforce le sentiment d’appartenance et la cohésion sociale. Elle met en lumière l’hypothèse de Durkheim selon laquelle qu’en période de crise, le tissu social se sentant menacé, les individus faisant aux dangers font tout pour cimenter la société. La vie de tout un chacun dépend de celle des autres.

On observe dans tous les pays africains une exigence de solidarité et de transparence due à une tres forte demande sociale qui va au delà des clivages communautaires et idéologiques. Cette exigence a fait naitre de multiples interrogations citoyennes parmi lesquelles, le déficit des infrastructures sanitaires, les inégalités sociales et les critères de sélection des ayant droit à l’aide publique. La culture de l’obligation de résultat et de rendre compte commence à s’installer en Afrique.

Il reste que c’est plutôt la prise de conscience des manques révélateurs des profondes inégalités sociales qui fait que tous les regards sont tournés vers les hommes politiques bien que la responsabilité de tous soit de mise. Quand les dirigeants politiques se sentent observés et surveillés, ils font très attention à la gestion des affaires de la cité.

La pandémie du COVID 19 est non seulement un accélérateur de la conscience citoyenne et démocratique mais a surtout amplifié la quête de la connaissance et l’exercice de la pensée dans tous les domaines y compris le domaine religieux. Cette réflexion qui bouscule les dogmes risque de rendre le climat social anxiogène. En effet, certains religieux à revisiter le passé très lointain des musulmans pour essayer de trouver des réponses par rapport aux restrictions des libertés et des pratiques religieuses.

Tous les segments de la société bougent et chacun apporte sa contribution en fonction de son domaine de compétence. Les régulateurs sociaux que sont les marabouts ainsi que les dépositaires des savoir faire et de la pharmacopée traditionnelle mettent leurs compétences au serve de leurs collectivités.

Par ailleurs, la mobilisation des journalistes pour répondre à la curiosité publique met en lumière l’importance des langues nationales. Un baromètre permettant de faire une distinction entre les discours officiels et les propos dénués de tout fondement.

Les communautés au-delà du confinement et du respect des gestes barrières veillent au mouvement des individus entre les frontières. C’est dire que les communautés se sont appropriées les stratégies destinées à lutter contre cette pandémie.

Cette très forte interpellation des dirigeants politiques qui traduit une forte aspiration à la bonne gouvernance est une opportunité pour les acteurs de la société civile. Ils doivent se mobiliser pour maintenir au quotidien cette tension afin qu’au sortir du COVID 19, les vieilles mauvaises habitudes qui sont très têtus ne refassent surface.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (10/04/2020)

Réflexion – Tribune : La fraternité dans le mensonge est-ce de l’hypocrisie ou une peur déguisée ? Par Souleymane Sidibé

Aujourd’hui, le lynchage de personnes dans la région de Kayes (Mali) précisément dans le village Lany de Gadiaga montre comment la culture de l’ignorance crée des monstres animés de fantasmes sanguinaires et féodaux. Les personnes disent ne plus respecter un ordre de caste établi, et ils subissent le lynchage par des coups et l’animosité flagrante . Les autorités maliennes ne sont pas dans les lieux pour y mettre un terme. Dans un vocal lu et vu sur Facebook, un des tenants de la barbarie ici en France disait que les autorités ne les tueraient point mais les mettraient juste en prison après cette haine déversée! Il est urgent de porter plainte contre cet individu.

L’indignation doit être primordiale dans cette situation écoeurante. Les intellectuels Soninkés sont divisés. Tous remarquent bien les faits mais certains ne réagissent pas, sûrement pour se recroqueviller encore dans leurs nids d’illusions. Il y’a urgence de créer la citoyenneté, et de se débarrasser de ces statuts de chefs de village à famille de marabouts par ascendance et « esclaves » en Afrique de l’Ouest.
Le rôle de tout État est de protéger sa population. L’Etat doit garantir ces trois choses que sont la sécurité, l’ordre et la paix, s’il le faut par l’usage de la force. Machiavel dit de la force qu’elle est l’essentiel du pouvoir politique. L’expression raisonnable et légitime de la force nationale malienne est plus que nécessaire face à ces barbares et sadiques qui osent déshabiller une femme, une maman au vu et au su du monde (avec les internautes sans mot). Sans oublier les coups et blessures très graves infligés à une multitude de personnes. Les fondements sociaux de cette bêtise humaine étaient les laada(s). Ce sont des accords culturels hégémoniques de certains vis-à-vis d’autres. Cela explicite le rôle social minimisant pour certaines franges dans les cérémonies comme dans toute autre activité sociale même dans l’exercice de la foi . Il faut noter par ailleurs que c’est là le socle de l’inégalité et de l’injustice. C’est le rappel des réflexes de subordinations. Les castes sont la matérialisation de la culture et l’identité culturelle. C’est odieux!
Avec Gambanaxu ou le réveil de Soni kara (la communauté des Soninko), les esprits même les plus faibles ont compris comment sont régis les mécanismes culturels. De nos jours, ce mouvement citoyen a déclenché l’émancipation des mentalités, et surtout le détachement de l’ignominie et de l’ignorance. Le « noble » n’est en rien supérieur à celui appelé « esclave », le soi-disant «marabout» par ascendance est un faux arc social (faux fondement), les dits griots et forgerons ne sont pas des sous humains dont l’essence de la vie serait de faire des éloges ou des bijoux continuellement jusqu’à la fin des temps.
Allah dans le saint coran nous dit: « Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. » Coran 49.13
Le messager de Dieu, Mohamed (Saws) dit : « Dieu ne regarde ni vos formes ni vos corps mais Il regarde vos coeurs et vos actions. »

« N’est pas des nôtres celui qui prône le racisme, ni celui qui se bat ni celui qui meurt pour une cause raciste »

Il a réaffirmé ces principes lors de son discours d’adieu :

« Ô gens votre Dieu est Un et votre ancêtre est un. L’Arabe n’a aucun mérite sur le non Arabe, ni le blanc sur le noir, sauf par la piété… « Ô gens, vos sangs, vos biens, vos honneurs sont inviolables jusqu’à la rencontre de votre Seigneur, aussi inviolables que ce jour-ci, en ce mois-ci dans ce lieu-ci. ».
Il est important de rappeler que la religion est le ciment de nos sociétés. Elle est dans la main de parfait manipulateur, si l’on ne se trompe. Ils ont fait fi de la parole d’Allah et son message et de la raison (lumière naturelle) comme du bon sens.
Les textes des droits humains nous rétorquent: « Tous les Hommes naissent libres et égaux ».
Quand un individu dit qu’il est supérieur socialement et humainement mieux élaboré, c’est de l’ignorance. Les dits intellectuels de certaines couchent Soninkés ont inoculé le vaccin anti traitement de tares. Les individus de sens communs quant à eux ont en tête le mode de vie nostalgique érigé en outil de valorisation et de survie. Une chose est sûre, il faut retenir que la bêtise humaine n’a pas de limite. « Elle insiste toujours» comme affirmait Albert Camus. Ainsi, tout ce qui est appelé à disparaître n’insistera plus.
Face à la reconnaissance des droits élémentaires qui émanent de la dignité et la revendication, certains esprits enchaînés se sont déchaînés par la haine sur les pauvres villageois comme eux. À l’Etat malien de faire son travail actuellement, aux associations de la société civile libre d’agir, aux radios internationales de parler, et à l’humanité de se ressaisir.
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots
Martin Luther-King

#je_suis_soninke_et_contre_la_bêtise

©️ Crédit source: Post FB de l’auteur