✓Débat autour de la transcription des langues nationales en Mauritanie | « Let’s be real, Mister Sakho ! » Par Mahamadou SY



Ainsi donc rouvre le débat sur la transcription des langues non arabes de Mauritanie. Un débat conclu et clos depuis bientôt soixante ans, mais qu’une classe d’idéologues, en Mauritanie, continue de soulever pour la simple raison que la conclusion, pourtant basée sur une expertise bien solide, ne satisfait pas son idéologie conquérante.

Il y a moins de deux ans, Pr Ely Moustapha soulevait la même question et prônait, avec beaucoup de méprises sur l’histoire récente de ces langues et leur lutte, et surtout du mépris, volontaire ou par mégarde, à l’égard des communautés concernées et les acteurs de cette lutte, la transcription des dites langues en caractères arabes plutôt que les caractères latins adoptés à la conférence de Bamako. Il y a quelques jours l’on a appris qu’une commission gouvernementale a été mise en place pour veiller à l’application de l’article 6 de la constitution. Le contenu de cet article définit les langues Arabe, Pulaar, Soninké et Wolof comme nationales et promeut l’Arabe à un statut officiel exclusif. À la tête de cette commission se trouve Monsieur Abou Sow, ancien ministre et fervent défenseur de la transcription des langues nationales en caractères arabes. Ce qui frappe dans cette commission c’est déjà l’absence des acteurs reconnus, pour leur compétence et leur dévouement, de la promotion des langues nationales, à commencer par ceux liés de près ou de loin au défunt institut des langues nationales. Comment pourrait cela s’expliquer si ce n’est par un souci de faire passer sans résistance aucune un projet d’empoisonnement de la lutte des langues non arabes du pays ? Il y a plusieurs choses à dire sur cette commission et sur l’article 6 lui-même et son injustice primordiale de laquelle découlent toutes les autres, mais nous y reviendrons une autre fois.
La question de la transcription a ainsi inévitablement refait surface à la suite de l’annonce de cette commission et de son programme. Et cette fois, c’est Monsieur Moctar Sakho, dont je viens d’entendre le nom – et je ne le précise que par souci d’exactitude – qui dit nous appeler au « pragmatisme », à la « franchise » et au « réalisme », notamment par la formule « Let’s be real » martelée en point final de son texte. S’il n’y voit pas d’inconvénient, je me permets de la réutiliser. Car en effet, il faut bien être tout cela et regarder la question en face. Sur ce point, Monsieur Sakho, nous sommes vraiment d’accord. Et, il faut surtout analyser les données du problème de façon objective et méticuleuse et non se limiter aux impressions impulsives.

Le texte de Monsieur Sakho recycle principalement le fameux argument coranique, dans une saveur qui se veut nouvelle.

Tout d’abord, il prétend que l’apprentissage du coran est le point de départ de l’expérience scolaire des enfants mauritaniens, et donc cela peut servir de justification à la décision de changer de transcription en faveur des caractères arabes.
En réalité, Monsieur Sakho, il n’en est rien ! les enfants mauritaniens ne commencent pas leur aventure scolaire par l’apprentissage du coran. Que faites-vous de la matrice culturelle et linguistique qui a accueilli ces enfants, à leur naissance, qui les a vu grandir, et qui a forgé les bases d’un certain nombre de leurs fonctions cognitives fondamentales ? Vous allez à l’encontre d’un nombre considérable de résultats scientifiques sur le développement cognitif de l’enfant et son apprentissage en tenant de tels propos. L’école, dans son sens qui sied à ce contexte, commence donc bien avant le coran ; c’est d’ailleurs ainsi que l’apprentissage même du coran utilise les acquis de cette école primordiale dans sa méthode mnémotechnique bien connue chez nous. Par conséquent, ce sont des enfants qui ont déjà expérimenté les vestiges d’une école traditionnelle et ayant subi l’encadrement de diverses institutions sociales, incluant des notions dans divers métiers, qui arrivent chez le maître coranique.
En omettant cette réalité qui est loin d’être anodine, vous répliquez les erreurs du système qui a produit les échecs scolaires qui semblent vous préoccuper.

Ensuite, vous affirmez, toujours dans le but de défendre une transcription arabe, que ‘notre culture quotidienne est largement arabo-musulmane’. Il faut avouer qu’il y a une certaine ambigüité dans cette affirmation. Mais comme l’on parle des langues non arabes de la Mauritanie, il est logique de considérer qu’elle se rapporte aux communautés non arabes du pays. Elle devient alors tout à fait erronée.
Ce qui fait le socle de leur culture quotidienne n’est en aucun cas d’essence arabo-musulmane, ni linguistiquement, ni sociologiquement. Et dire ceci n’est pas nier les influences bien réelles que la culture islamique a sur ces communautés, mais c’est uniquement le faire avec mesure. Affirmer avec aisance une telle contre-vérité scientifique dont le contraire est vérifiable, autant à l’observation de la société en question qu’à la consultation de la vaste littérature de recherche qui lui est consacrée, est tout juste indigne de quelqu’un qui prétend faire une proposition d’une certaine clairvoyance scientifique.
Vous nous avez appelés à la raison, en utilisant la malencontreuse formule de Senghor. Ce que, personnellement, je trouve très irrespectueux et mal placé. Tout de même, j’apprécie beaucoup l’invitation en tant que telle. Nous sommes ici précisément sur un terrain strictement rationnel. Vous ne serez certainement pas contre que nous adoptions une attitude logique vis-à-vis de la question, vu que vous l’avez vous-même demandé. Donc je suppose que vous êtes à l’aise.

Vous dites avoir basé votre réflexion sur votre propre expérience. Expliquez nous alors comment votre expérience de praticien des langues vous a mené à la conclusion qu’en Mauritanie, toutes les langues devraient utiliser les caractères arabes. Avez-vous déjà été confronté à ces problématiques ? Mieux, avez-vous mené des études dont les résultats l’ont suggérée ? Si de l’expertise il y est, il ne suffirait tout de même pas de réclamer une profession pour la faire s’exprimer ; il faudrait, à la place, fournir des arguments solides qui relient vos observations à la théorie que vous en faites. Tout ceci en gardant à l’esprit que, sans une étude à grande échelle, ces observations personnelles n’auront que la valeur épistémique très limitée qu’un témoignage peut avoir. En tout cas, ce serait ainsi ; si jamais l’on décidait de faire les choses avec raison, comme vous le réclamez.

Maintenant que nous avons discuté de la faiblesse des arguments principaux du texte de Monsieur Sakho, il convient d’exposer ceux qui sous-tendent la position opposée. Contrairement à ce que laisse penser un passage du texte de Sakho, l’argument des partisans de la continuation des caractères latins n’est pas basé sur le seul fait que l’UNESCO les reconnaît. Il y a des raisons de nature scientifique qui font qu’ils sont préférables aux caractères arabes, en plus des raisons culturelles, géographiques et programmatiques bien solides. Il y a deux ans, dans le contexte du même débat, il a été exposé le fait vérifiable, basé sur une analyse comparative des sons fondamentaux du Pulaar et ceux du Français et de l’Arabe, que le Pulaar partageait avec le Français 70,97% de ses sons fondamentaux contre 51,61% de sons partagés avec l’Arabe. Un an plus tard, dans une étude statistique sur l’utilisation relative des lettres Pulaar dans sa production écrite, j’ai pu calculer les fréquences d’utilisation de chaque lettre. Je tiens à préciser que l’étude n’était en aucune manière motivée par ce débat. D’ailleurs, qui l’a déjà lu peut, tout au plus, témoigner des motivations cryptanalytiques. C’est bien plus tard que j’ai fait la remarque évidente que ces données peuvent, en fait, raffiner l’observation basique faite ci-haut sur le rapport des sons. On trouve en fait que les sons du Pulaar extra-latins ne sont utilisés qu’à hauteur de 4,34%, ce qui veut dire que les 70,97% des sons que le Pulaar partage avec le Français expriment déjà 95,66% de la production écrite du Pulaar. La même observation montre que 72,65% de cette production est exprimée par les sons arabes. La différence est donc de 23,01% en faveur du Français, et des caractères latins donc ! Vous vouliez de la raison ? Elle est là exprimée par les chiffres et par la méthode dépourvue des sentiments. Reste à savoir ce que vous voudrez rationnellement qu’on en fasse !
Rien qu’à ce niveau, on voit donc l’avantage phénoménal que les caractères latins ont sur ceux arabes dans le contexte de la transcription du Pulaar. La même conclusion devrait s’appliquer aux autres langues concernées vu leur parenté avec le Pulaar.
Les autres arguments qu’il ne faudrait pas négliger non plus comprennent la standardisation : on ne peut pas sérieusement soutenir que des langues transfrontalières comme celles dont on parle adoptent une transcription différente selon la géographie. Cela constituerait un frein sérieux à leur développement qu’aucune solution nationale ne pourra résorber. Là aussi, let’s be real et pensons convenablement la question. La nature transfrontalière de ces langues et les peuples qui les parlent est un fait qui se passe de toute discussion et vouloir la tronquer pour satisfaire les caprices d’une idéologie est un manque de sérieux inouï qui, dans de conditions normales, ne mériterait qu’un petit sourire.

Je crois que les penseurs africains auront toujours tort de vouloir confiner les réalités de leurs peuples dans les aléas géographiques des frontières insoucieuses de toute réalité culturelle ou économique des populations. Surtout, pas au moment où une nécessité pressante fait que même des frontières construites de façon progressive et reflétant une certaine logique historique sont en train de se fléchir au profit du contact des peuples plutôt que de poursuivre les rigidités nationalistes. La véritable Afrique est celle des peuples et non celle des états dessinés à la va-vite. Notre salut passera par le fait que les états finissent par le comprendre, et qu’ils arrêtent de céder au jeu dangereux qui est celui d’assister sans réagir à la mort des peuples (de leurs langues et cultures) quand ils ne l’accélèrent pas par diverses manipulations et mises en opposition génocidaires de leurs communautés constitutives. Ils ont tout intérêt à mettre l’accent sur ces ponts qui les relient de façon si profonde, et de mener des politiques de développement adaptées.

La vocation de la Mauritanie, comme celle de tout état africain typique, n’est pas de se matérialiser en un terrain où une culture promue au sommet de l’état assimile -voire assassine – les autres. Il n’est pas question de requérir les mêmes traits culturels, linguistiques ou ‘transcriptifs’ pour garantir la paix dans un pays, surtout pas de le faire en sommant les défavorisés de l’état à rejoindre l’élu. Il est plutôt question d’admettre sa diversité et d’en faire une identité, une force ; d’accueillir l’éventail culturel, linguistique et historique ; d’incuber ces imaginaires dans le plus profond des programmes éducatifs et culturels pour espérer cueillir des créativités diverses. Cela nécessite une dimension dans nos réflexions qui va au-delà des frontières et qui permet de renouer avec notre trajectoire historique authentique.

Mouhamadou Sy

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=878506806406908&id=100027427912973 – 3 septembre 2021

✓Entretien de RMI avec Chebih CHEIKH-MELAININE

• Pour suivre l’émission via la chaîne Youtube RMI-info :

On ne présente plus Chebih CHEIKH-MELAININE dans le paysage politique mauritanien. À la fois penseur, homme politique et écrivain, Chebih est une personne ressource. Dans cet entretien, il apparaît, comme à l’accoutoumé, en tant qu’ un homme de gauche toujours proche du peuple. Il fut ministre à trois reprises et mène toujours une grande influence sur la vie politique mauritanienne.

Chebih CHEIKH-MELAININE vient de publier “Confession d’un esclave”. À cette occasion, il accordé à cette occasion une interview exclusive à RMI-info.com.

Dans cette première de la saison de votre émission l’Entretien de RMI, Chebih CHEIKH-MELAININE revient, à la fois sur son livre, et son parcours professionnel. Enfin, à travers ses analyses toujours percutantes, il revient sur certains aspects de la vie et l’actualité politique mauritanienne .

©️ Crédit source : https://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-chebih-cheikh-melainine/

✓Mauritanie | La publication du décret modificatif de la Loi sur la double nationalité.

Le décret de la Loi adoptant la double nationalité en Mauritanie, est publié dans le Journal Officiel paru ce lundi 30 août 2021. Ainsi les citoyens mauritaniens qui prennent une ou d’autres nationalités ne perdent plus la mauritanienne sauf quelques incompatibilités exceptionnelles lire pour plus de précisions https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/07/25/un-compromis-a-propos-de-la-nouvelle-disposition-relative-a-la-double-nationalite-par-lo-gourmo/ .

• KS pour le BLOG

✓LE GOUVERNEMENT S’APPRÊTE À ADOPTER «L’UNIFORME SCOLAIRE» OBLIGATOIRE

Le ministre de l’Éducation, Maa El-ainine Ould Eyih, a déclaré que le secteur s’emploie à adopter une nouvelle gouvernance dans le domaine de l’éducation, qui comprend les uniformes scolaires obligatoires, la rationalisation de la cartographie scolaire, le développement des infrastructures, la fourniture de manuels et le lancement d’un projet visant à valoriser la profession de l’enseignant aux fins de résoudre les problèmes soulevés par les enseignants, notamment le problème des prestataires de services éducatifs, en organisant un concours conforme à la loi sur la fonction publique.

Le ministre a fait cette déclaration hier en commentant un projet qu’il a soumis au Conseil des ministres concernant les préparatifs de l’ouverture de l’année scolaire.

Le ministre a énuméré ce qui avait été accompli dans le domaine des infrastructures, indiquant que 2 000 classes scolaires avaient été construites, dont 1 000 avaient été réceptionnées à ce jour, en plus de la modernisation d’un système d’information pour la gestion du secteur.

Il a indiqué que le ministère est en train de lancer une consultation pour un nouveau système d’éducation après son élaboration.

Le ministre a reconnu qu’il existe des lacunes – malgré ce qui a été réalisé – résultant d’accumulations antérieures, telles que l’absence d’une politique scolaire et la nécessité de restaurer et de réhabiliter de nombreuses écoles, soulignant que des travaux sont en cours pour résoudre ces problèmes dès que possible.



Source :https://mourassiloun.com/node/19925

Traduit par adrar info

©️ Crédit source : https://adrar-info.net/?p=71368

✓Le président Ghazouani invite la coordination des partis politiques représentés au Parlement

Sahara Médias – La présidence mauritanienne a adressé une invitation aux partis politiques membres de la coordination des partis représentés au parlement afin d’assister à une réunion avec le président de la république Mohamed O. Cheikh Ghazouani ce mardi au palais présidentiel, selon les sources de Sahara Medias.

Selon nos sources l’invitation a été adressée aux responsables des partis politiques de la coordination : l’UPR, union des forces populaires, (UFP), union pour la démocratie et le progrès, APP, alliance nationale pour la démocratie, RFD, Tewassoul, Al Qarama, le parti du mouvement des jeunes, parti du dialogue, Sawab, et le parti avant-garde des forces de changement démocratique.

Il n’a pas été adressé d’invitation ni au parti rassemblement national pour la réforme et le développement (Tewassoul) ni au parti alliance pour la justice et la démocratie/MR qui se s’étaient retirés auparavant de la coordination.

Les mêmes sources croient savoir qu’au cours de cette rencontre, le président Ghazouani appellera au lancement de la concertation nationale, conformément à la feuille de route approuvée par la coordination des partis politiques représentés au gouvernement en mars dernier.

Le président de l’UFP, Mohamed O. Maouloud, dans une précédente déclaration à Sahara Medias, avait révélé que le président de la république appellera, dans quelques jours, à une concertation nationale à laquelle prendront part tous les acteurs politiques.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748072

✓ Mauritanie | Déclaration des sept Partis d’opposition

L’arrivée au pouvoir de Mohamed Cheikh Ghazouani en 2019 avait suscité un espoir de renouveau au sein de larges couches populaires comme au sein de la classe politique et de la société civile, éprouvées par dix ans d’une politique de pillage systématique, de répression et de chasse aux sorcières contre les opposants. Les déclarations d’intention généreuses et l’atmosphère propice créée suite au climat d’apaisement politique entre pouvoir et opposition avaient fait espérer un changement dans le traitement des problèmes structurels et d’autres conjoncturels, qui menacent dangereusement l’existence même de la Mauritanie.
Après deux ans d’exercice du pouvoir, force est de reconnaitre que les espoirs sont déçus, que la rupture souhaitée n’est pas au rendez-vous, et que la crise multidimensionnelle dans laquelle se débat le pays reste entière.
En effet, le Pays demeure confronté à des défis majeurs, au premier rang desquels se situe celui de l’unité nationale qui reste un vœu pieux ; unité nationale mise à mal par des politiques étatiques de discrimination et d’exclusion sur la base de l’appartenance ethnique et raciale. L’exclusion de la composante négro-africaine prend des proportions d’une telle ampleur que la diversité ethnique et culturelle du pays s’en trouve quasiment remise en cause. L’esclavage et ses séquelles, malgré la batterie de lois criminalisant cette pratique d’un autre âge, continuent de gangréner l’ensemble des composantes de la société mauritanienne. La composante haratine, qui n’en est que la face la plus visible, est massivement maintenue dans l’ignorance la plus totale et continue d’être exploitée comme masse laborieuse. Enfin, les couches les plus démunies de la communauté beydane rejoignent peu à peu les exclus du système. De fait, le reflexe du repli identitaire, engendré par les politiques publiques, qui s’est particulièrement illustré avec les dernières élections, est plus exacerbé que jamais, minant ainsi profondément les fondements mêmes du pays.
D’autres problèmes, non moins aigus, continuent de freiner le progrès de notre pays. Il en est ainsi du clientélisme et du tribalisme, érigés en mode de gouvernance, de la gabegie et de la corruption dans toute leur ampleur. Les prix des denrées de première nécessité flambent au point que beaucoup de mauritaniens souffrent terriblement et n’arrivent même plus à assurer leur pitance quotidienne. Le système éducatif, en totale déliquescence, attend toujours la réforme devant réhabiliter l’école publique et républicaine. Les rues de nos centres urbains sont devenues des terreaux de la délinquance et du banditisme, livrant le citoyen à l’insécurité la plus totale. Le secteur de la justice, -fléau du pays et symbole par excellence de l’injustice, dans sa composition comme dans son fonctionnement – demeure plus que jamais inféodée à l’exécutif. La gestion de la pandémie de la Covid-19 engloutit des ressources financières énormes dans l’opacité la plus totale. Les experts en matière de changement climatique alertent, en vain, sur les dangers encourus par Nouakchott avec la montée du niveau de la mer. La capitale, qui ploie sous le poids des ordures, souffre également de l’absence d’un réseau d’assainissement digne de ce nom. On assiste, par ailleurs, depuis quelques temps, comme par glissement, à la restriction des libertés publiques et l’étouffement de toute forme de protestation par la répression. Enfin, l’espoir de tenir un véritable dialogue, pour résoudre durablement les questions d’intérêt national, s’envole au vu des déclarations récentes du Président de la République à l’hebdomadaire Jeune Afrique.
Face à la gravité de la situation, Nous, coalitions et partis politiques de l’opposition démocratique, nous sommes retrouvés, dans un élan patriotique, pour en faire une appréciation commune en vue d’alerter sur les dangers qui planent sur notre pays.
En conséquence de quoi, Nous :

1 – Tirons la sonnette d’alarme et appelons le gouvernement du Président Mohamed Cheikh Ghazouani à prendre conscience des dérives et dangers qui nous guettent ;


2 – Insistons quant à la prise de mesures urgentes et immédiates pour l’élimination de toutes les formes de discrimination et d’exclusion dans les politiques étatiques ;


3 – Exigeons l’application rigoureuse de la loi dans la lutte contre l’esclavage et ses pratiques associées ;


4 – Invitons le Gouvernement à s’engager dans une lutte volontariste contre la gabegie et la corruption;


5 – Demandons au Gouvernement d’alléger les souffrances des populations en exerçant un contrôle rigoureux sur les prix des denrées de première nécessité;


6 – Appelons le Gouvernement à lutter efficacement contre l’insécurité, neutraliser les réseaux de la drogue et apporter la quiétude aux populations.


Enfin, les Coalitions et partis d’opposition signataires de la présente déclaration, soucieux de l’édification d’un état de droit et attachés à l’ancrage de la démocratie, en appellent à un sursaut patriotique et à la responsabilité de tous pour l’organisation d’un dialogue national inclusif, serein et sérieux permettant de dépasser cette situation porteuse de tous les dangers, en vue de la refondation du contrat national sur la base de l’équité et d’une véritable justice sociale.

Nouakchott le 16/08/2021

✓ Les Signataires :
Al Moustaqbel
APP
CVE
CVE/VR
Parti Mauritanien pour la Défense de l’Environnement
RAG
RNRD – Tawassoul

©️ Crédit source : https://news-rim.com/2021/08/16/declaration-des-sept-partis-dopposition/

✓Afghanistan | Le retour éclair des Talibans au pouvoir.

© Élément média – Page FB Al Jazeera english

Ce 15 août 2021, tous les médias internationaux et les réseaux sociaux assistent avec une certaine surprise à l’écroulement du pouvoir du président Ashraf Ghani. Ce dernier est annoncé en fuite et les forces du mouvement politico-religieux « Les talibans » ont cerné la capitale Kaboul et se sont emparées rapidement du palais présidentiel.

Les partisans de Mollah Umar décédé en 2013 avaient été chassés de la direction du pays en 2001. Dans la foulée guerrière de l’Amérique de George Bush fils frappée par les attentats du 11/09/2001, l’Afghanistan a été occupé et remis à un régime politique dit démocratique très laborieux et boiteux. Beaucoup de temps, d’argent, de matériel et d’humain ont été mobilisés pour contenir en vain les résistances afghanes notamment talibanes opposées à la domination étrangère. Ainsi 20 ans après , on peut interpréter la substance d’un proverbe attribué aux Afghans qui dit « Vous avez la montre, nous avons le Temps« . La montre a eu une heure qui s’écoulait d’octobre 2001 à août 2021. Durant cette Heure de 20 ans, il y a eu 2 mandats du messianique Bush fils (8 ans), 2 mandats du normalien Obama (8 ans), un mandat du turbulent Trump (4 ans) et quelques mois du vieux Biden (8 mois). Et le Temps afghan au sens de l’esprit du proverbe suit son naturel cheminement dans l’Histoire de ce pays. Avant les américains et leurs alliés (l’OTAN) de notre époque, il y a eu les impérialistes anglais au 19 ème siècle et les soviétiques courant 20 ème, les résistances tenaient vaillamment et finissent toujours par se libérer de l’emprise de la domination étrangère. Le nouvel ordre étatique taliban serait-il une continuation de ce qu’ils faisaient à partir de 1996… jusqu’à 2001 ou plutôt une autre dynamique pour instaurer un État responsable et pragmatique en étant flexible idéologiquement dans la géopolitique internationale..!? À suivre…

© KS pour le BLOG

« ✓Quelques moments forts de la visite du député #Biram #Dah #Abeid au #Guidimagha (Août 2021) » [Vidéo] sur YouTube

Le député mauritanien Biram Dah Abeid et sa délégation composée de cadres du mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie et du parti RAG effectuent une visite de prise de contact dans 2 régions du Sud mauritanien (Gorgol et Guidimagha). Ces dernières heures , quelques rencontres chaleureuses ont eu lieu de Tachott à Selibaby. Séances d’accueil du public en liesse , de rencontres d’explications et d’écoute, et prise en charge des doléances à l’occasion. Ce matin du 10 août 2021, il a rendu visite à Selibaby au militant anti-esclavagiste soninké Samba Moussa Koné lâchement lynché et assommé par des extrémistes féodaux dans le village de Dafort le 31 juillet 2021, lire https://cridem.org/C_Info.php?article=747569 .

Pour rappel, le leader abolitionniste avait été empêché par l’ancien pouvoir mauritanien en mai 2017 d’entamer une visite similaire dans la région du Guidimagha où couvent d’innombrables problématiques criantes liées à l’esclavage par ascendance dans les villages soninkés.

✓ Suivre quelques photos de la visite :

Mauritanie | Un décret accordant aux ministres 60 000 MRO par jour pendant leur mission à l’intérieur du pays


Alakhbar – Le Premier ministre Mohamed Ould Bilal a signé un décret accordant aux ministres ou ceux qui ont rang de ministre, une indemnité quotidienne pouvant aller jusqu’à 60.000 ouguiyas anciennes, pendant leur mission à l’intérieur du pays.

Les secrétaires généraux bénéficieront en vertu dudit décret de 30 000 ouguiyas anciennes, tandis la rémunération quotidienne des chargés de mission, des conseillers, des inspecteurs généraux, des directeurs généraux et des directeurs généraux adjoints, a été fixée à 25 000 ouguiyas anciennes.

Les directeurs, directeurs adjoints, inspecteurs ou assimilés percevaient quant à eux une indemnité journalière de 20 000 ouguiyas anciennes.

Le montant de 15 000 par jour est le plancher de cette prime et revient selon le décret aux chefs de service, aux attachés au cabinet des ministres, aux chefs de départements, ou assimilés, aux cadres au niveau sectoriel, et aux travailleurs de soutien.

Les missions des fonctionnaires et agents de l’État dans lesquelles ils se trouvent à l’intérieur du pays sont justifiées par le besoin de service, indique ledit décret, selon lequel, le séjour maximal par mission est de 15 jours.

Il stipule également que toute mission devait être autorisée par le Premier ministre aux ministres et leurs semblables, et par le ministre compétent ou son équivalent aux fonctionnaires et agents subordonnés à son autorité.

L’article 5 du décret précité prévoit également que les frais de mission ne seront pas versés aux fonctionnaires qui bénéficient d’une tierce prise en charge.

Traduit de l’Arabe par Cridem

alakhbar info

©️ Source crédit : Post FB https://www.facebook.com/297319407063485/posts/3993725827422806/

Le porte-parole du gouvernement : La vaccination sera obligatoire pour les fonctionnaires de l’État

Nouakchott, 04/08/2021

Le ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Moktar Ould Dahi, a commenté, mercredi après-midi, les résultats du conseil des ministres, tenu plus tôt dans la matinée.



Le porte-parole du gouvernement a indiqué que le conseil a examiné et adopté plusieurs projets de loi, de décret et des communications. Il a ajouté que l’accent a été mis sur la situation épidémiologique du pays. Au vu de l’augmentation constante des nouveaux cas de contamination, le Président de la République a instruit le comité interministériel chargé du suivi de l’évolution du covid-19, de se réunir d’urgence afin de prendre les mesures qui s’imposent, a précisé le porte-parole du gouvernement.

Au cours de la réunion du comité interministériel, il a été constaté que le nombre de nouveaux cas positifs est en hausse. Le nombre de cas positifs enregistrés est passé de 1420 la semaine dernière à 2206, cette semaine.

A cela s’ajoutent un pic de cas graves, 99 au total et le faible taux de vaccination, a déclaré le porte-parole. Pour toutes ses raisons, des mesures ont été prises par le comité interministériel, a-t-il précisé.

Ainsi, il a été décidé de démarrer une campagne intensive de vaccination pour préserver au maximum les citoyens, a souligné le porte-parole. Des centres de vaccination de proximité seront installés dans les quartiers périphériques ainsi que dans les zones où une augmentation de nouveaux cas est constatée. Au niveau, des entrées et sorties des grandes villes, des centres de vaccination seront également installés afin que les voyageurs, entrants ou sortants puissent prendre leur première ou seconde dose, selon leur situation, a-t-il précisé.

En outre, un train de mesures draconiennes a été annoncé, afin d’augmenter le nombre de personnes vaccinées. Le porte-parole a souligné que la vaccination sera rendue obligatoire pour tous les fonctionnaires et pour toutes les personnes qui travaillent dans des établissements publics. Les personnes réfractaires s’exposent à des sanctions, a affirmé le porte-parole, qui n’a pas cependant précisé leur nature.

Par la suite, M. Ould Dahi a annoncé que le port du masque sera obligatoire dans tous les lieux publics.

Interpellé sur la légalité de certaines mesures, le porte-parole du gouvernement a indiqué que la Mauritanie est un État de droit et qu’une circulaire du ministère de l’Intérieur est déjà en vigueur; il a précise que le nécessaire sera fait, afin de mettre en œuvre les nouvelles mesures, dans le respect strict de la loi et pour l’intérêt général.

Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement a indiqué que des instructions ont été données pour renforcer les contrôles, notamment en ce qui concerne le port du masque, le respect du couvre-feu et l’interdiction des rassemblements.

Poursuivant son intervention, le porte-parole a attiré l’attention sur la dégradation de la situation épidémiologique des pays voisins. Pour lui, il est important qu’il y ait une synergie des efforts, pour se prémunir contre le coronavirus.

Répondant aux questions des journalistes, le porte-parole du gouvernement a tenu à rassurer sur l’état de préparation du pays. Dans ce sens, il a indiqué que des centaines de milliers de doses de vaccins sont disponibles en ce moment.

A propos de la pénurie du vaccin AstraZenca, M. Ould Dahi a déclaré que plus de cent mille doses seront disponibles avant le 16 septembre, avant d’ajouter que le délai pour une seconde dose est de deux mois au minimum et de quatre mois au maximum. Comme les premières doses d’AstraZeneca ont été injectées pour la première fois en Mauritanie, en avril dernier, avec l’assurance que le vaccin sera livré avant le 16 septembre, on reste dans les temps, en a-t-il déduit.

Il a tenu à remercier les États-Unis d’Amérique pour l’octroi de 300 mille doses du vaccin Johnson and Johnson, à travers le dispositif Covax.

Pour ceux qui s’interrogent sur la fiabilité de ce vaccin ainsi que des précédents, le ministre a indiqué que tous les vaccins parviennent à la Mauritanie via le dispositif Covax piloté par l’Organisation mondiale de la Santé, qui assure la qualité des vaccins. Selon lui, il n’y a donc pas de craintes à avoir à ce niveau.

©️ Crédit source : https://fr.ami.mr/Depeche-59739.html