● Le Grand Entretien du Blog | Notre invité est Coulibaby Papa Hamady alias Yimbi kumma

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) de votre Blog vous propose une interview spéciale avec l’artiste mauritanien originaire de la ville de Selibaby (Guidimagha). Il s’agit de monsieur Coulibaby Papa Hamady connu sous le surnom Rappeur Yimbi kumma . Très investi dans l’environnement musical, il nous livre gentiment son portrait d’acteur multidimensionnel. Nos remerciements à lui pour sa disponibilité pour cet entretien.

Vous pouvez découvrir et suivre ses activités à travers son site internet https://www.yimbikumma.com .

Ci-dessous ses réponses à nos 6 questions de l’entretien :



● Question 1 : Bonjour monsieur Coulibaby Papa Hamady, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Papa Hamady Coulibaby : je m’identifie comme un homme aux multiples casquettes. Sur le plan professionnel, je suis un artiste, producteur, manager et consultant en musique business et marketing numérique. Mon parcours m’a permis d’explorer divers aspects de l’industrie musicale, que ce soit en créant de la musique, en la produisant, ou en aidant d’autres artistes à naviguer dans ce domaine en constante évolution.

Ma passion pour la musique s’est toujours accompagnée d’un engagement profond envers les droits de l’homme et les questions sociales. En tant qu’activiste, je m’efforce de promouvoir l’égalité, la justice et le respect des droits fondamentaux pour tous les individus. Je crois fermement que la musique peut être un moyen puissant pour sensibiliser et inspirer le changement social.

Mon parcours professionnel et mon engagement personnel se rejoignent dans mon travail en tant que consultant, où j’aide les artistes et les professionnels de l’industrie musicale à développer leurs carrières et à utiliser les outils numériques pour atteindre un public plus large.


● Question 2 : Vous êtes connu dans le paysage Rap mauritanien sous le surnom Yimbi kumma, originellement quel fut l’élément inspirateur qui vous a mené à ce mouvement musical ?

PHC : En effet, je suis connu sous le surnom de Yimbi Kumma, ce qui signifie en français « feu et flamme. » Cette appellation a une signification profonde pour moi, et elle est étroitement liée à l’élément qui m’a inspiré à m’engager dans le mouvement musical rap en Mauritanie.

Mon inspiration est née de l’obscurantisme qui caractérise parfois notre communauté. J’ai observé que nous vivons dans un environnement où de nombreuses réalités sont occultées, où les problèmes et les injustices restent souvent invisibles. Je me suis dit que nous vivions dans un endroit « noir » au sens figuré, où les gens ne parvenaient pas à voir devant eux, à percevoir les problèmes qui les entourent.

Le nom « Yimbi Kumma » est né de cette idée. Mon objectif était d’apporter de la lumière, de la clarté, et de faire en sorte que les gens puissent enfin « voir » la réalité de leur situation. Je voulais qu’ils prennent conscience des erreurs et des inégalités qui existent dans notre communauté, et je croyais fermement en la puissance de la musique, en particulier du rap, pour transmettre ce message de manière forte et percutante.

En somme, mon nom artistique, Yimbi Kumma, symbolise mon désir de briser l’obscurité, de révéler la vérité, et d’inspirer le changement au sein de notre société mauritanienne en éclairant les esprits grâce à ma musique.

● Question 3 : si vous deviez faire un bilan de votre carrière, quels sont les moments forts et les thématiques clés abordées que vous citerez en priorité ?

PHC : Si je devais faire un bilan de ma carrière, il y a eu de nombreux moments forts, chacun avec sa signification particulière. Cependant, je vais mettre en avant trois moments clés qui ont marqué ma trajectoire artistique.

Le premier moment fort qui me vient à l’esprit est l’arrivée de la radio jeunesse, où la communauté soninké a eu l’occasion de me découvrir. C’était une période cruciale où ma musique a commencé à toucher un public plus large, et cela a été une expérience très gratifiante.

Le deuxième moment fort a été lorsque j’ai réussi à me faire une place au niveau national. À l’époque, c’était un défi de taille, car je venais de la région de Guidimakha, et les rappeurs des régions n’étaient pas toujours reconnus à Nouakchott. Cela a exigé beaucoup de courage et de détermination pour m’imposer dans le paysage musical mauritanien. Je tiens à exprimer ma gratitude à mon ami Monza, qui m’a toujours soutenu et tendu la main quand j’en avais besoin. Son soutien a été essentiel.

Le troisième moment fort que je souhaite mettre en avant a été la rencontre avec mon public lors de la tournée des vacances de 2009. Cette tournée a été inoubliable pour moi, car elle m’a permis de connecter directement avec mes fans et de ressentir leur enthousiasme et leur soutien de manière tangible.

Ces moments forts ont contribué à façonner ma carrière et à renforcer ma détermination à poursuivre ma passion pour la musique. Chacun d’entre eux représente une étape importante de mon parcours, et je suis reconnaissant envers tous ceux qui m’ont soutenu tout au long de cette aventure musicale. »

● Question 4 : le Rap rime souvent avec éveil de consciences sur des problématiques sociales ou politiques, en Mauritanie et dans la communauté soninké, ce rôle est-il suffisamment porté ?

PHC : Le Rap a toujours été associé à un rôle d’éveil des consciences, que ce soit sur des problématiques sociales ou politiques. Cependant, il est indéniable que l’évolution du Rap au fil des années a conduit à des changements dans la manière dont ces messages sont véhiculés.

Aujourd’hui, il est difficile de prétendre que le Rap rime fréquemment avec un éveil des consciences sur des problématiques sociales ou politiques, tant au niveau mondial que dans nos propres communautés. De nombreux rappeurs qui connaissent un succès commercial se concentrent davantage sur l’aspect divertissant de la musique, répondant ainsi à la demande d’un public qui recherche principalement de l’ambiance et de l’entertainment. Cette tendance peut parfois reléguer les messages sociaux et politiques au second plan.

Cependant, il est important de noter que certains artistes, y compris moi-même, demeurent attachés à la tradition du Rap conscient, porteur de messages forts. Nous croyons en la capacité du Rap à influencer positivement la société en abordant des questions importantes et en éveillant les consciences. Bien que cela puisse parfois signifier nager à contre-courant de la tendance générale, nous restons fidèles à notre engagement envers un Rap révolutionnaire et porteur de sens.

Il est essentiel de maintenir un équilibre entre l’art et le divertissement dans la musique Rap, et de reconnaître la diversité des voix et des approches au sein de cette communauté. Mon espoir est que le Rap continue d’évoluer en tant que moyen puissant d’expression et d’éveil des consciences, même dans un paysage musical en constante évolution. »

● Question 5 : Quel retour pouvez-vous faire sur votre engagement politique lors des élections générales en Mauritanie cette année ?

PHC : Mon engagement politique lors des élections générales en Mauritanie cette année a été plutôt inattendu et motivé par des circonstances particulières. En réalité, je n’ai pas envisagé une carrière politique à proprement parler. Pour être honnête, j’ai simplement choisi de mettre un pied dans l’arène politique pour mieux comprendre ce monde et sentir l’odeur de la politique, comme on dit.

Ma participation s’est concrétisée lorsque j’ai apporté mon soutien à mon grand frère, l’honorable député Balla Touré. Cependant, lorsque le moment est venu de désigner un candidat pour représenter la coalition Espoir Mauritanie dans la diaspora, la situation s’est complexifiée. Conformément à la législation électorale, il était convenu que si le candidat était de la communauté peulh, son suppléant devait être de la communauté soninké ou wolof, voire hassania, de préférence une femme. Par conséquent, la décision a été prise en faveur d’un candidat soninké.

Face à l’absence de femmes soninkés pour occuper cette position, et devant la difficulté de trouver un homme soninké disponible, l’équipe a finalement porté son attention sur moi. C’était une situation à laquelle nous étions confrontés, et il n’y avait pas d’autre alternative que d’accepter cette responsabilité.

Mon engagement politique, bien que survenu par défaut, m’a permis de voir de plus près les enjeux et les défis du processus électoral en Mauritanie. Cela a été une expérience instructive, et je reste ouvert à de nouvelles opportunités pour contribuer positivement à la vie politique et sociale de mon pays à l’avenir.

● Question 6 : dans la communauté soninké, une certaine jeunesse est très attirée par le champ du Rap, étant expérimenté du milieu, quels conseils et alertes pouvez-vous émettre à propos ?

PHC : Il est vrai que le Rap peut être une source d’attraction puissante pour la jeunesse, y compris au sein de la communauté soninké. Ayant moi-même une expérience dans ce domaine, j’aimerais partager quelques conseils et mises en garde à l’attention des jeunes qui souhaitent se lancer dans le Rap.

Tout d’abord, il est important de comprendre que le Rap a des racines historiques qui peuvent être associées à des contextes urbains difficiles et à la culture « gangster ». Cependant, le Rap est avant tout un moyen d’expression artistique, et il ne faut pas confondre le style musical avec des comportements délictueux. Le succès dans le Rap repose souvent sur la discipline, la créativité et le travail acharné.

✍️🏿Entretien réalisé par KS pour le BLOG

● Décès de Djime Mamadou Coulibaly – Préfet de Bababé – Natif de Boully [Boully.net]

Les administrateurs du site internet de Boully ont appris avec tristesse le rappel à Dieu, du jeune Hakem de la Moughataa de Bababé dans la région du Brakna, Monsieur Djime Mamadou Coulibaly, natif de Boully.

Ce décès survenu ce matin à Tunis n’a pas manqué de plonger tout Boully dans une profonde affliction.

Au-delà du chagrin provoqué par sa disparition physique, c’est le fait de voir le destin de ce jeune préfet promis à une carrière exceptionnelle, crashé en plein vol comme une fleur qui se fane, qui est le plus difficile à surmonter.

En effet Djimé Mamadou Coulibaly est né dans le village de Boully en 1982 où il a fait ses études élémentaires, avant de poursuivre sa scolarité au collège puis au lycée de Selibaby.

Après l’obtention du Baccalauréat, il entreprend des études supérieures de droit à la faculté de droit de Nouakchott où il décroche un diplôme de maîtrise en droit.

Persévérant et ambitieux il intègre l’ENA de Nouakchott par voie de concours où il en sort administrateur.

Dès lors sa carrière dans l’administration territoriale est toute tracée.

C’est ainsi que son parcours professionnel dans l’administration publique Mauritanienne commence en sa qualité de sous-préfet de Tichitt dans la région du Tagant d’abord, puis de Mederdra et Boutilimit dans la région du Trarza.

Suite a une promotion intervenue en octobre 2022, il est nommé Hakem de la moughataa de Bababe dans la région du Brakna.

Il y officiait jusqu’à ce que la grande et immanquable faucheuse ne vienne l’arracher à notre affection ce matin, rendant tout Boully inconsolable dans sa douleur.

Ce grand commis de l’Etat nous laisse à jamais ses empreintes derrière lui, car toute sa carrière durant il est resté disponible et au service des populations Mauritaniennes.

Tout cela manquera à jamais à la Mauritanie et la jeunesse promotteuse de Boully qui perd un compagnon de valeur en sera éternellement marquée.

Face à cette disparition qui restera un drame inoubliable pour tout Boully, les administrateurs du site de Boully formulent leur douleur et leur compassion à la famille de l’illustre disparu.

Aussi adressent-ils leurs condoléances les plus attristées à son épouse, ses enfants et proches tout en priant le tout puissant de l’accueillir dans son saint paradis.

Que son âme repose en paix. Amine.

Boully.net

©️ Source en lien https://www.boully.net/deces-de-djime-mamadou-coulibaly-prefet-de-bababe-natif-de-boully/?fbclid=IwAR1kysecxQqyiL125UdkGocXCBvnz6Qe-YvMjgfFceRtPiNW4qpClMPHgbo

● Fousseynou Coulibaly au Conseil du prix Chinguitt : le choix de la pertinence et de l’excellence [OndeInfo]

Fousseynou Coulibaly, natif de Wompou (Guidimakha), Ingénieur en Électronique de l’Université de Nantes (Septembre 2010), Master en Business et Administration (septembre 2011) de l’Institut d’Administration et d’Économie (IAE) de Nantes, septembre 2011, vient d’être nommé membre du Conseil du prix Chinguitt, avec huit (8) autres membres par décret présidentiel le mercredi 6 septembre 2023.

Agé d’à peine 36 ans, ce nouveau membre du Conseil du prix Chinguitt est salarié depuis 2014 chez le Britannique Rolls-Royce, spécialisé dans la conception et la fabrication de turboréacteurs pour avions civils et militaires, de turbines pour hélicoptères et de réacteurs pour sous-marins nucléaires.

Membre de l’Association d’Ingénieurs (IET – Institution of Engineering and Technology) en Angleterre, le jeune ingénieur avait fait honneur à la Mauritanie et à son village natal Wompou, le 02 novembre 2022, journée nationale des Ingénieurs au Royaume-Uni, créée par la Royal Academy of Engineering.

A 4500 km de la Mauritanie, notre compatriote avait présenté devant des écoliers et étudiants, venus des quatre coins de l’Angleterre, l’Embraer ERJ-175 immatriculé 5T-CLO, baptisé Wompou de la compagnie Mauritania Airlines International. Le choix d’une telle présentation est suffisamment éloquent quant à l’attachement de notre compatriote à la mère patrie.

Sa nomination comme membre du Conseil du prix Chinguitt est à saluer, en effet suscitant de l’espoir au sein de l’élite de la diaspora Mauritanienne, dont le rêve est de rentrer un jour pour servir le pays. L’ingénieur nous a déjà convaincus, en créant TABATOO, une startup Mauritanienne de technologie spécialisée dans le développement de solutions complètes de suivi GPS, diagnostic électronique à distance, télémétrie et de gestion de flotte en Mauritanie.

Une solution technologique qui a non seulement un impact social, en plus d’être adaptée aux réalités nationales dans un pays de plus d’un million de km² avec de vastes étendues non peuplées. Elle permet notamment, la transmission de données opérationnelles sur les véhicules qui peuvent tout améliorer, de la sécurité à la productivité. Cette technologie innovante, qui combine télécommunications et informatique, révolutionne la façon dont les gestionnaires de flotte surveillent et gèrent leurs véhicules, conduisant à une efficacité, une sécurité et des économies accrues.

En l’air, il s’agit d’une invention qui contribue par la traçabilité à la lutte contre la piraterie et le vol dans un Sahel en proie au terrorisme et à une insécurité devenue quasi endémique.

Il faut noter que les prix Chinguitt ont été créés en 1999, en reconnaissance à des institutions, de Mauritaniens ou étrangers ayant contribué de manière significative ou exceptionnelle au rayonnement, littéraire, artistique, scientifique et culturel de la Mauritanie. Le conseil du Prix Chinguitt, la plus haute distinction culturelle et scientifique en Mauritanie, récompense les travaux dans les domaines des sciences et techniques, de la littérature et des Arts et des études islamiques.

Seyré SIDIBE

©️ Source en lien https://ondeinfo.com/fousseynou-coulibaly-au-conseil-du-prix-chinguitt-le-choix-de-la-pertinence-et-de-lexcellence/

● Le Grand Entretien du Blog | Avec l’honorable député Khally Mamadou Diallo

La rubrique Le Grand Entretien du Blog (Le GEB) vous propose une interview exclusive avec un jeune mauritanien très connu dans dans l’écosystème médiatico-humanitaro-politique dans son pays. Élu à l’assemblée nationale sous les couleurs de la Coalition Espoir Mauritanie lors des élections générales passées (Mai 2023), l’honorable député Khally Mamadou Diallo répond à nos questions soumises dans cet entretien. Le « lanceur d’alertes » dispose d’une voix de réseautage quasiment viral en prenant partie publiquement pour dénoncer, révéler et interpeller les pouvoirs publics sur différents manquements et dysfonctionnements constatés dans tels ou tels domaines.



Question 1 : Bonjour l’honorable député monsieur Diallo, nos remerciements pour votre disponibilité, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Khally Mamadou Diallo : Merci à vous et votre organe de m’avoir choisi pour cet entretien. Je suis khally Mamadou Diallo, le député que le peuple mauritanien a porté à l’assemblée nationale pour défendre son intérêt.

Question 2 : vous étiez une figure connue à travers le champ humanitaire notamment au sein de La Marmite du Partage, qu’est-elle devenue cette institution à ce jour ?

KMD : Cette institution est devenue beaucoup plus efficace car réorientée dans le développement. Nous venons de clôturer un projet de 35 robinets pour 35 familles à dar El beyda dans le quartier « sans fiche ».
Cependant nous avons aussi changé de stratégie, moins de bruit et plus d’actions sur le terrain. L’humanitaire c’est mon ADN.

Question 3 : Lors de la présidentielle de 2019, vous avez soutenu la candidature de l’ancien premier Ould Boubacar (classé 3ème), aux élections générales de cette année (Mai 2023) vous devenez député sous les couleurs Espoir Mauritanie avec le parti Frud , que pouvez-vous nous dire sur cette expérience politique jusqu’alors?

KMD : Sidi Mohamed Ould Boubacar a été mon candidat aux élections de 2019, il était là en tant que candidat indépendant, aujourd’hui qu’il n’a plus continué le projet politique qu’il nous avait proposé. Ainsi j’ai décidé de continuer mon chemin afin de gagner davantage d’expérience politique, et c’est fascinant.

Question 4 : régulièrement vous relevez et portez devant l’opinion publique certains cas de violations des droits humains et divers dysfonctionnements, quel bilan faites-vous sommairement des différents traitements apportés par les services étatiques (administratifs, judiciaires et autres) en la matière ? Et des manquements également ?

KMD : Effectivement, car je suis quelqu’un qui est dans le camp de l’opposition au système d’exclusion mis en place. Et je reste quelqu’un de sincère dans ce combat, je pense qu’il est important de relever et poser des problèmes afin de trouver des solutions, car en réalité le peuple nous a portés à l’hémicycle pour cela.
Certains problèmes posés ont trouvé des solutions et d’autres sont sans suite.
L’essentiel est que tous les problèmes que nous avons posés sont irréfutables et sont surtout pour l’intérêt général.

Question 5 : ces derniers temps, différents indices avancent qu’il y aurait un projet d’accord politique entre les partis Rfd et Ufp (issus de l’opposition) et le principal parti du pouvoir Insaf, quelle analyse faites-vous de cette éventualité ?

KMD : J’ai appris cela comme ça dans les réseaux sociaux mais j’ai aucune information claire à propos et de toutes les façons cela ne m’engage en rien puisque je suis de la Coalition Espoir Mauritanie. Ainsi dire seuls les membres du Rfd et Ufp pourront clarifier l’opinion sur cette affaire.

Question 6 : sur les problématiques liées à l’esclavage et au féodalisme en Mauritanie, selon vous quelles seraient les stratégies nécessaires pour éradiquer efficacement ces phénomènes présents diversement dans toutes nos communautés ?

KMD : Le féodalisme et l’esclavage sont des phénomènes à combattre et la seule stratégie c’est l’application des lois, hélas nous sommes un pays spécial et fort dans la conception des lois mais jamais nous ne les appliquons et c’est regrettable.
Il faut aussi combattre ces phénomènes sans verser dans la haine et la rancune mais plutôt mettre en place une approche où toutes nos communautés participeront à l’éveil des consciences. C’est très difficile mais c’est possible d’y arriver.

Question 7 : à l’international notamment dans notre sous-région ouest-africaine, différents théâtres de crises multidimensionnelles (politiques, coups d’État, sécuritaires, migrations…) existent, quels commentaires pourriez-vous en nous faire ?

KMD : Tout cela n’est que le résultat des dictatures africaines. Le manque de considération de la jeunesse, l’absence des libertés d’expression, l’absence de perspectives concrètes, sont autant de facteurs qui font que l’Afrique bouge dans des sens interdits.
De principe je suis contre toute forme de coups d’État, nos pays ont besoin de stabilité et cela ne peut être obtenu que dans la paix et la démocratie.

Question 8 : un grand nombre de la jeunesse mauritanienne quitte ou ambitionne à quitter le pays vers les États-Unis, quelle analyse faites-vous sur ce phénomène migratoire ?

KMD : C’est une preuve de l’échec de notre gouvernement.
Notre jeunesse fuit notre pays car elle est marginalisée, malmenée et sans considération. Par conséquent cela crée des frustrations et donc pousse la jeunesse à quitter, ce qui est déplorable.

Question 9 : l’élection présidentielle est prévue l’année prochaine en Mauritanie, quelles perspectives en termes de possibilités d’alternance ? Quelle formule serait idéale pour le camp de l’opposition face au pouvoir en place ?

KMD : Pour la présidentielle de 2024, je soutiens l’honorable député Maître Elid Mohameden Mbareck. Je vous remercie.

• Réalisé par KS pour le BLOG

● Fousseynou N’DIAYE : une vie bien remplie au service de la culture Soninké | Par Seyré SIDIBE [OndeInfo]

Fousseynou N’DIAYE est originaire de Artoumou dans le Guidimakha Mauritanien. Il est né en 1956 et est diplômé (1984) de la vénérable université Cheikh Anta DIOP de Dakar d’où il sortira avec le diplôme d’ingénieur technologue, spécialisé en Génie mécanique : Conception et Fabrication.

De retour au pays, Fousseynou a enseigné comme professeur dans plusieurs disciplines
au Centre Supérieur de l’Enseignement Technique de Nouakchott où il a vu passer plusieurs générations d’élèves.

A côté de ce portrait d’universitaire et de fonctionnaire, Fousseynou était un défenseur de la première heure de la culture Soninké : toute sa vie durant, il s’est engagé en faveur de la promotion de la langue et la culture Soninké.

Foussenou a participé à la création de la troupe artistique YILLENKARE ( 1975) porte étendard de la culture Soninké au niveau national et hors des frontières Mauritaniennes dans les années 80.

Quelques années plus tard, trouvera un cadre idéal et propice pour apporter sa pierre à l’oeuvre de revitalisation de la culture Soninké.
Et pour ce faire, il ne pouvait trouver meilleur cadre que l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la langue et de la culture Soninké, dont il sera membre actif, depuis sa création le 03 Mars 1978.
Au sein de cette structure, il occupa le prestigieux poste de trésorier, poste qu’il occupa pendant 20 ans.

Par ailleurs, Fousseynou a été de tous les rendez-vous de Soninkara : il a eu le privilège d’être présent lors de la mise en place du premier bureau de l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la langue et de la culture Soninké, une séance présidée par l’illustre et grand rassembleur, Elhadj waly SOUMARE.

Et plus récemment, Fousseynou avait participé activement aux préparatifs des différents festivals organisés ou parrainés par Wagadou Sané

Fousseynou était également présent dans le champ des droits humains: il a milité au sein de plusieurs associations et ONGs de lutte contre les discriminations sociales, y compris la lutte contre les séquelles de l’esclavage en milieu Soninké du Guidimakha.

L’autre image de Fousseynou N’DIAYE, c’est sans conteste celle d’un homme de dieu. Il était pieux et pêchait la parole d’Allah en toute circonstance avec mesure et humilité.
Cette dimension spirituelle de l’homme a fini par s’imposer au point d’être l’élément constitutif et caractéristique principal dans la définition de son portrait: il dégageait l’image d’un guide spirituel.
Une spiritualité qui l’a emmené à accomplir le cinquième pilier de l’islam ( le haj) en 1995.

Sa disparition en Tunisie, le samedi 05 août 2023 est une grande perte pour la communauté SONINKÉ et particulièrement l’Association Wagadou Sané.

L’annonce de son décès a tout de suite été relayée par les réseaux sociaux ( Facebook et groupes watshpp ). Pendant plusieurs jours, des témoignages ont fusé de toute part sur fond de prières, implorant Allah le tout-puissant de lui accorder une place à Firdaws.

Dans la nuit du mardi 08 au mercredi 09 août 2023, sa famille, ses amis, ses collègues, des militants et sympathisants des associations des droits de l’homme, en plus du président de Wagadou Sané, Aly Boubou Gandéga accompagné d’une importante délégation étaient à l’Aéroport International Oumtounsi de Nouakchott pour accueillir la dépouille mortelle.

A la mosquée IBN Abass pour la prière mortuaire le Mercredi 09/08/2023, il y avait du monde.
Une foule immense représentative de toutes les communautés nationales et de ce qu’aura été l’homme : calme, discret, serviable et pieux jusque dans la voix était venue l’accompagner et lui exprimer sa reconnaissance.

Parmi l’assistance, il y avait ses amis, ses connaissances, sa famille, ses collègues, ses voisins, des anonymes et les Soninké de Nouakchott et d’ailleurs étaient venus lui rendre un dernier hommage et témoigner de ses qualités d’homme exceptionnel.

Qu’Allah l’enveloppe de sa miséricorde et l’accueille en son saint paradis !

Seyré SIDIBE

©️ Source en lien https://ondeinfo.com/fousseynou-ndiaye-une-vie-bien-remplie-au-service-de-la-culture-soninke/

● Rencontre littéraire avec l’éminent poète, Ethmane Sall. | Par Salihina Moussa KONATE

Ce samedi, 15 juillet 2023, s’est tenue une rencontre littéraire avec l’éminent poète et essayiste mauritanien, Ethmane Sall alias KaÏlcédrat Sall, à la maison Assalam aleykum sise à cité plage. Celle-ci a été organisée par l’inlassable barde et enseignant, Kiiɗe Suleymaani qui ne ménage aucun effort pour faire entrer les mots de ses frères de plume en résonance avec l’esprit et l’intellect de ses élèves. Nous lui devons amitié et reconnaissance !

L’objectif de ce rendez-vous avec Monsieur Ethmane Sall était la présentation de son essai critique intitulé « La transatlanticité francophone » et comme sous-titre : Résilience, solidarité et déterritorialisation chez E. Glissant, M. Condé, D. Laferrière et A. Mabanckou publié chez Harmattan France en avril 2023.

Dans la quatrième de couverture, Ethmane Sall nous rappelle que « si l’espace atlantique est le lieu des souvenirs de la violence de l’esclavage et du bouillonnement du colonialisme, il est aussi un objet d’élaboration théorique et conceptuelle qui met en valeur des cultures politiques transnationales et extracontinentales. »
Pour sa part, la transatlanticité se définit comme l’expression d’une identité résiliente…
Malgré les exactions de l’époque du commerce triangulaire, les abus dans les sordides cales négrières qui étaient alors des geôles à ciel ouvert, malgré toutes ces blessures qu’évoque l’Atlantique, il argumente le fait qu’il y a eu tout de même des résistances culturelles. Ces pratiques spirituelles, congréganistes et autres relatives à la culture des deportés ont survécu au temps et aux douleurs.
Ce sont celles-là qu’il met en évidence en créant ce néologisme “transatlanticité” afin de la conceptualiser, selon ses dires, et la valoriser dans le cadre universitaire.
« La transatlanticité m’a permis d’exprimer à quel point les apports de Senghor, de Césaire et de Damas ont été déterminants sur les questions liées à l’Atlantique », a-t-il déclaré.

Après la présentation brillantissime de chaque point essentiel de l’essai, la discussion portait sur l’œuvre d’E. Glissant.
Sous la croûte épaisse des propos de l’auteur de « Les promesses de folie »nous pouvons en déduire des idées fulgurantes exhortant l’établissement, du point de vue de la Mauritanie, un récit, je dirais même un miroir dans lequel toutes les entités pourront s’y reconnaître ; ainsi nous engage-t-il à œuvrer pour la mise en œuvre d’une « philosophie de la relation », pour reprendre un des titres de Glissant ; et une volonté pure qui sera accompagnée voire propulsée par un pragmatisme qui nous permettra de joindre la parole à l’acte.

Il a démonté par la force de son verbe, ô combien la lecture d’E. Glissant est plus qu’essentielle pour une agglomération aussi plurielle telle que la nôtre dont les politiques s’escriment inutilement à métamorphoser la diversité culturelle en une culture monolithique ; et se battent les flancs pour la démolition de sa forteresse culturelle ! Or Glissant nous met en garde contre ce procédé visant à phagocyter toute différence et en invitant les “ minorités ” à s’intégrer, à se fondre comme glace au soleil dans l’humus d’une quelconque culture qui n’est point la leur ou tout simplement de se dissoudre dans celle du dominant.
Il nous avertit également du danger de l’enfermement identitaire auquel il oppose la créolité, le métissage ; et attire notre attention sur la menace de la “la racine unique”. En ce sens, l’auteur du « Tout-monde », affirme que « la racine unique tue tout ce qu’il y a autour d’elle… et encourage à “remplacer l’idée de racine unique par l’idée de l’identité-relation ou rhizome. ” Nous pouvons en déduire par là à quel point l’arabisation de notre système éducatif et de nos institutions constitue une perdition incommensurable pour notre Patrie. Celle-ci ne peut survivre que grâce à la « politique de la relation », c’est dans cette perspective que le modérateur, le professeur Ndiaye Kane Sarr, grand admirateur d’Edouard, avançait que la cohabitation ne peut pas s’opérer sans « Relation ».

Parler du vivre-ensemble tout en méprisant la culture de l’autre suppose une ignorance absolue. Sans ouverture, aucune cohésion sociale n’est possible. Voilà pourquoi, dans la page 56 de La transatlanticité francophone, Ethmane Sall écrit ce qui suit à propos de la quête d’une nouvelle individuation : « […] il ne s’agira plus de s’enfermer dans les frontières de l’identité substantielle mais de se constituer une identité relationnelle qui s’accomplira dans l’ouverture au monde et dans la relation à l’autre ». Ce sont toutes les sociétés multiculturelles qui en ont besoin pour la maintenance d’un climat fraternel et convivial.

Le poète et essayiste, Ethmane Sall alias Kaïlcedrat Sall, appelle aussi la société mauritanienne à la mise en évidence de la créolisation au sens glissantien du mot.
Si nous prenons en compte la définition du théoricien de ce concept selon lequel « […] la creolisation est le métissage des cultures qui produit de l’inattendu… » compte tenu de notre contexte cela constituerait un rehaut de l’âme de cette patrie qui courbe l’échine sous le faix des morgues identitaires. Oui, triste est de constater que l’écrasante majorité des mauritaniens vivotent dans leur propre patrie tels d’éternels exilés.

Pour finir, je tiens à vous dire sincèrement que la lecture de La transatlanticité francophone est plus qu’absolue pour ceux qui aspirent à un monde sérieux surtout pour les Kumbien.e.s afin de faire renaître Kumbi de ses cendres.
Je vous remercie !

©️ Crédit source – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=6224821927637793&id=100003301423838

● Ghamou Mint Achour Ould Salek, de la « Gazra d’Arafat » à la chambre des députés

Elue pour le compte de la coalition RAG/SAWAB, à l’issue des élections législatives, communales et régionales de mai 2023, Ghamou Mint Achour est un député atypique, car elle ne répond pas au profil-type du député mauritanien, grande famille, forte tribu, richesse et influence. Epouse d’un manœuvre, sans travail, avec une instruction moyenne, Ghamou Mint Achour habite dans une « Gazra » (squat) fraichement lotie. Elle est issue du bas-peuple et d’une famille très pauvre. Seul son combat de militante chevronnée du mouvement IRA pouvait la hisser au sommet de la République. Portait.

Députée Ghamou Mint Achour – Crédit IRA (avec son autorisation)

La taille frêle, les yeux enfoncés mais pleins d’énergie, Ghamou Mint Achour est une femme endurcie de la communauté Harratine, avec les stigmates de bucheuse qui s’est forgée à contrecoups, face aux vicissitudes de la vie. C’est une mauritanienne porteuse de toutes les valeurs de la société, de ses rêves et de ses ambitions légitimes. Elle est décrite par son entourage comme pas très caractérielle, calme habituellement, mais vindicative quand il le faut, colérique parfois. Elle est membre active et engagée dans le combat de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA).

Son élection comme députée, son écharpe frappée aux couleurs nationales, tout cela ne lui est pas monté à la tête. Elle ressent cependant une immense fierté. « Mes impressions sont indescriptibles aujourd’hui ; c’est presque un rêve car sans moyen financier, issue d’une famille très pauvre, je me voyais mal accéder au Parlement » témoigne-t-elle.

Tout cela, selon elle, est l’œuvre de son leader, Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA. « Je remercie mon leader Birame Dah Abeid qui a permis une telle révolution, car d’habitude n’accèdent au parlement que les gens riches ou issus de familles riches, soutenues par une force tribale ou des forces de pression très fortes. Devenir parlementaire, sans un sou, et être choisie parmi des centaines de militants, ne peut que me rendre fière de mon combat au sein de IRA et rendre grâce à Allah puis à mon président Birame » a-t-elle soutenu.

Des ruelles de Satara à la « Gazra d’Arafat »

Ghamou Mint Achour est née en 1979 à Satara, quartier populaire de Rosso dans la région du Trarza. Son père, Achour Ould Saleck, gère une petite boutique. A l’âge de 8 ans, Ghamou assiste au divorce de ses parents. Sa mère, Selemha Mint Mahmoud, s’installe à la « Kebba » de Nouakchott (bidonville) et se lance dans le commerce de légumes et de poissons au marché marocain. La petite Ghamou reste avec sa tante et sa grand-mère à Rosso, puis rejoint en 1990 sa maman à Nouakchott. La famille squatte plus tard un espace à la « Gazra d’Arafat » au milieu d’autres familles pauvres qui n’ont pas les moyens de s’acheter un terrain ou de louer une maison. Leur demeure est faite de plaques de bois et de zincs.

Ghamou entre à l’école à l’âge de 11 ans, fréquente le collège des Jeunes Filles, elle et sa grande- sœur, Jemal Mint Achour. En 3ème année, elle rate le brevet et ne peut plus poursuivre ses études. Sa mère s’était remariée et il fallait quelqu’un à la maison pour s’occuper des enfants, de la cuisine et des travaux domestiques. Pour renforcer les revenus de la famille, sa grande sœur interrompt elle aussi ses études et se lance dans le commerce de légumes et de poissons comme sa mère.

En 1999, Ghamou se marie avec un manœuvre, le père de ses huit enfants. Sa fille aînée est aujourd’hui mariée et les autres sont encore enfants. Pour s’occuper, elle coud des habits et les vend. Puis, elle est embauchée par la société Pizzorno, société française chargée de la collecte et du traitement des déchets solides à Nouakchott. Elle perçoit un salaire mensuel de 28.500 UM (anciennes). En 2014, le contrat de Pizzorno est rompu par le gouvernement mauritanien. Ghamou Achour se rend alors en Arabie Saoudite pour un travail de domestique. Elle n’y reste que 3 mois avant de revenir au pays. Les Saoudiens la traitaient comme une esclave avec un travail dur et sans répit.

IRA, un combat pour les droits humains

« J’ai rejoints le mouvement IRA en 2011, mais mon véritable engagement date de 2012, lorsque Birame a brûlé les livres qui justifient les pratiques esclavagistes et qui régentent la pratique religieuse dans le pays » explique-t-elle.

La première fois qu’elle a pris contact avec Birame et le mouvement IRA, c’est lorsqu’elle était encore employée à Pizzorno. Toute une famille l’avait bastonnée quand elle leur a demandé de ne pas jeter des ordures alors qu’elle venait juste de nettoyer. L’affaire est portée à la police et la famille agresseur ameute toute la tribu. Ghamou allait perdre la bataille à cause de la forte influence de ses adversaires. Mais l’intervention des activistes d’IRA va faire tout basculer. La justice condamne ses agresseurs. Elle emporte le procès. Cette affaire va bouleverser toute sa vie. Elle et sa famille intègrent le mouvement IRA et participent depuis, à tous ses combats. Quelques mois plus tard, c’est l’autodafé de Riadh (département de Nouakchott appelé aussi PK) et l’incinération des livres de référence islamiques en Mauritanie.

Ghamou, un symbole pour les droits humains

Ghamou Mint Achour s’est forgé un nom au fil des manifestations. Son courage devient le symbole de la lutte pour les droits humains au sein du mouvement IRA. Elle gagne des galons dans la hiérarchie des combattants de la liberté. C’est surtout cette image virale d’elle, le bras sous un plâtre qui en fera l’icône de la lutte IRA. Ghamou et sa sœur ont eu en effet le bras cassé suite à une charge violente des forces de police lors d’une manifestation.

« J’ai subi beaucoup de violences policières et plusieurs arrestations, la dernière, c’était à Kiffa, il n’y a pas longtemps ; je suis restée six jours à la brigade de gendarmerie » témoigne-t-elle.

Ghamou et les ambitions d’une Mauritanie réconciliée

Ghamou estime que le peuple mauritanien aspire à être dirigé par un gouvernement civil et républicain. « Ce changement-là, c’est l’objectif de notre mouvement. Nous œuvrons pour l’égalité entre les Mauritaniens, que tous les enfants puissent jouir des mêmes opportunités d’études et qu’ils puissent également accéder à des emplois d’une manière équitable. Nous luttons pour l’égalité et la justice pour que tous les citoyens mauritaniens soient soumis aux mêmes règles de droit » explique-t-elle.

A propos de la trêve entre Birame et Ghazouani

Suite à la forte campagne menée contre Birame Dah Abeid, après le deal qu’il aurait passé avec Ghazouani et qui a provoqué le départ de plusieurs cadres du mouvement IRA, Ghamou assène sans ambages : « ils ont menti ».

Selon elle, la plupart des départs a été suscité par les Renseignements Généraux (RG) à travers le pouvoir de la corruption et l’appât du gain. « Ce qui s’est passé, souligne-t-elle, c’est un apaisement voulu par le président Ghazouani qui a invité Birame, et d’autres leaders de l’opposition, à discuter des problèmes du pays pour leur trouver des solutions ».

Cette négociation ne s’est pas faite sous la table, d’après Ghamou, qui ajoute que Birame a été très transparent dans sa démarche. Elle précise qu’il a consulté tous les militants du mouvement IRA et du parti Refondation pour une Action Globale (RAG) en gestation, pour leur demander leur avis sur cette trêve souhaitée par le régime de Ghazouani qui venait d’être élu suite à la présidentielle de 2019.

Ce que Ghazouani a mis sur la table, avance Ghamou, personne ne pouvait être contre, améliorer les conditions de vie des populations, engager de grandes réformes de développement, lever l’interdiction contre la reconnaissance des associations et des partis politiques.

Elle explique que malgré tout, Ghazouani a son projet de société comme Birame a le sien, en plus de ses ambitions présidentielles. Selon elle, ils ne pouvaient converger que dans le cadre d’une vision basée sur la justice, l’équité et l’égalité entre tous les Mauritaniens, sur la jouissance des droits fondamentaux, la fin des emprisonnements abusifs, entre autres. « C’est sur cette base que Birame, comme d’ailleurs tous les leaders de l’opposition, se sont entendu avec Ghazouani. » ajoute-t-elle précisant que cela ne doit pas être avancé comme raison pour quitter le mouvement IRA. « Nous ne sommes pas dupes et nous savons les raisons de tant de dissidence » susurre-t-elle.

Membre de la Commission Affaires Islamiques

Au sein du Parlement, Ghamou est membre de la commission des affaires islamiques où elle compte jouer un rôle par rapport à tous les avis qui seront portés sur les textes de loi qui passeront devant cette commission. Elle s’engage ainsi à faire ressusciter tous ces projets de loi qui dorment dans les tiroirs, à contribuer à la réforme du système éducatif et de santé, ainsi qu’à consolider la place de la société civile.

Cheikh Aïdara

©️ Crédit source : https://aidara.mondoblog.org/2023/07/10/ghamou-mint-achour-ould-salek-de-la-gazra-darafat-a-la-chambre-des-deputes/?fbclid=IwAR2sxTytfoM5eg3jYvKbByr1H3ISYnIRQmB94bP7Yh3wWWO_qToTBxv_Zfg

● Le Grand Entretien du Blog | Avec l’étudiant en philosophie Bacary Cissé

~~~La rubrique Le Grand Entretien du Blog vous propose une interview avec notre jeune compatriote Monsieur Bacary Cissé. Actuellement étudiant en philosophie en Algérie, il nous expose ses analyses en réponse à nos questions. Membre actif de l’association Mohamed Askia Touré, monsieur Cissé est originaire du Guidimagha mauritanien, du village de Hassi Baghra. Notre reconnaissance à lui pour la disponibilité.

Ci-dessous l’intégralité de l’entretien :

● Question 1 : Bonjour monsieur Cissé, nos remerciements pour votre disponibilité, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?


Bacary Cissé : D’emblée, je vous remercie de m’avoir honoré en me donnant l’occasion pour exprimer mes avis sur certaines de vos questions.
Pour faire simple, je suis Muhamad Bacary Cissé ou Bacary Cissé les deux noms sont valables, mauritanien originaire de Guidimagha, village Hasse Baghra, étudiant en études supérieures, en Algérie, spécialité : philosophie.

● Question 2 : Vous êtes un membre actif de l’association Mohamed Askia Touré en Mauritanie, quelle a été la genèse de cette structure? Et aussi quels sont ses objectifs fondamentaux ?

BC : Muhamad Askia Touré est une association des jeunes, créée à partir de plusieurs facteurs, mais la principale motivation était la veille sur la société car nous appartenons à d’autres organismes actifs et nous avons des connaissances et des amis issus d’autres segments membres des associations qui sont au service de leurs sociétés, et nous avons pensé : pourquoi ne pas en faire autant pour la nôtre !
Le but principal de cette association est d’agir à travers trois volets essentiels : la « prédication » compte tenu du fait que la réforme religieuse est l’une des réformes sociales les plus importantes, car si notre religion se porte bien, le reste sera bien.
Le volet « culture » parce que la culture est la figure saillante de chaque société et c’est par la culture que les sociétés se distinguent les unes des autres, raison pour laquelle nous travaillons à faire connaître notre culture qu’est le symbole d’unité sociale mais également à y veiller sans pour autant renfermer sur nous-mêmes vis-à-vis des autres culture, loin de là, nous en prenons ce qui nous sert.
Et enfin le volet « action caritative » c’est-à-dire faire office de médiation entre d’une part, ceux qui sont privilégiés, et d’autre part, ceux qui sont défavorisés.


● Question 3 : La Mauritanie vient de clore une échéance des élections générales (municipales, régionales et législatives), quel commentaire-bilan faites-vous en tant qu’observateur et acteur indirect ?

BC : C’est vrai malgré la nette amélioration que l’on pourrait compter parmi les points positifs de ces dernières élections, sauf que ça a créé une grande polémique chez l’opinion nationale à cause de violations qui ont eu lieu au cours du scrutin et les opérations de falsification dont les résultats ont été contestés. En effet, nous avons suivi la marche de l’opposition pour contester ces résultats, de la même manière que le scrutin a été refait dans six bureaux dans le département de Mbout au niveau de la région Gorgol. Tous ces éléments montrent la non transparence de ces élections. En outre, il n’y a pas un grand espoir de changement dans cette situation, c’est une réalité que j’avais espéré et sur laquelle j’ai écrit un article publié sur le site « akhbar info » dans la foulée de ces élections.

● Question 4 : Ces dernières années, la communauté sooninké vit beaucoup de frictions sociales liées à l’organisation intra-communautaire (féodalisme, discriminations…) et au phénomène de l’esclavage statutaire, comme jeune sooninké lettré en phase universitaire, quelles sont vos réflexions à propos ? Et éventuellement vos visions et solutions d’avenir pour plus d’entente sociale ?

BC : La situation actuelle ou telle que j’appelle « la crise sociale soninké » est une question très complexe qui exige de nous une certaine précaution et de la profondeur. Avec tous mes respects pour toutes les tentatives entreprises jusqu’ici pour y mettre fin, à mon avis, elles ne sont pas suffisantes, que ça soit pour celui qui regarde sous l’angle de la religion seulement. Parce que c’est une question qui contient plusieurs domaines « religieux, social, historique et même économique »
Ni celui qui se révolte contre le social traditionnel avec des moyens inappropriés tels que l’insulte, le dénigrement et souvent avec la violence physique, ni les défenseurs du système ne peuvent résoudre la crise. Ensuite, ma claire position telle que j’ai l’ai écrite est que le changement est inévitable car il s’impose de lui-même, mais est-ce que cela est positif ou négatif ? C’est là que réside le problème et nous ne sommes que devant options : négative parce qu’on a imposé sur la société un changement dans l’anarchie sans une préparation et cela peut faire la victoire de l’une des parties au détriment de l’autre « les conservateurs et révolutionnaires » ensuite on crée un nouveau modèle selon l’intérêt de la partie vainqueur.
L’autre option qui est positive, est qu’il ait un accord social pour moderniser le système social, de telle sorte que, la réalité montre l’incompatibilité de l’ancien système avec le temps, imagine que ce monde qui est perpétuel changement, et que la société demeure cramponnée sur modèle social remonte aux siècles, si tu lis par exemple certains écrits sur l’histoire ancienne de notre société depuis le Royaume de Wagadou jusqu’à aujourd’hui, tu saura que c’est le système aristocratique, et j’avais comparé les deux systèmes, l’ancien et le nouveau, en m’appuyant sur les travaux du professeur Ali Cissé sur la société soninké, mes analyses en sont arrivées en une conclusion : c’est que la différence entre l’aristocratie du Wagadou et celui en vigueur actuellement est seulement historique et social, mais l’architecture est la même. Par conséquent, la solution telle que je la conçoit, consiste à ce que les différentes forces fassent de concertations intensives pour mettre en place un nouveau pacte en vue de moderniser le système de la société. Et le temps cette interview ne me permet pas de parler de tous les détails que j’aurais voulu détailler.

Question 5 : Concernant l’éducation, beaucoup d’initiatives sont prises au sein de communautés villageoises sooninké du Guidimagha (système hybride Mahadra- école) en dehors du cadre de l’enseignement étatique, vous y voyez quoi en terme d’inconvénients et d’avantages ? Et quel regard portez-vous sur l’éducation des jeunes filles dans nos communautés ? Et vos préconisations éventuelles en la matière ?

BC : Nul doute que les écoles religieuses jouent un rôle très important dans la revivication de l’enseignement dans la région en comblant la faible prestation de l’école publique, et grâce à ces écoles le niveau de beaucoup jeunes apprenants filles comme garçons s’est amélioré au moins sur le plan religieux, mais elles souffrent de défauts qui se situent tant au niveau pédagogique qu’au niveau de d’enseignement, de telle sorte que, certaines d’entre elles pour ne pas dire beaucoup, ne s’intéressent beaucoup pas au programme officiel que le ministre en charge de l’enseignement donne aux sciences appliquées et les langues vivantes tel le français et l’anglais. Ceci constitue un obstacle à l’avancement des élèves, de telle sorte, qu’il leur sera difficile d’être performants dans les examens nationaux en particulier l’examen de fin d’études moyennes sans parler du baccalauréat, car la plupart de ces écoles viennent à peine d’être créés dont les salles n’atteignent le niveau du secondaire.
Au niveau du volet de l’enseignement le problème est qu’il est rare de trouver parmi les enseignants celui qui a subit une formation ou qui a une expérience dans le domaine de l’enseignement, il est de trouver faible le niveau de certains académiquement parlant. Telles sont les défaillances des écoles religieuses.
Il est regrettable que la scolarisation des filles est faible comparativement avec les autres sociétés avec qui nous partageons le pays, cela est lié au fait que la femme soninké n’a pas évolué dans le domaine des études et de la culture et s’y ajoute la non évolution de la société de façon complète parce que « la mère est une école » la femme est la moitié de la société comme on le dit. Et il y a un autre problème en ce sens que la plupart des filles soninké scolarisée ne sont pas sérieuses en ce concerne les études, c’est-à-dire qu’elles ne regardent pas les études comme un sauvetage et une garantie noble pour l’homme, mais comme une étape transitoire ou comme une mode, de telle sorte, la majorité d’entre elles croient que le mariage est la garantie de leur avenir et non les études, c’est raison pour laquelle beaucoup font des efforts pour trouver un homme aisé pour construire avec lui un avenir radieux.

Concernant les recommandations : c’est que nous tous, hommes et femmes, Si on ne croit pas aux études et n’y accorde pas attention, on ne peut espérer un changement pour notre situation et trouver une solution à nos crises, on peut être riches mais cela ne peut résoudre nos problèmes et changer nos situations en rien. L’argent peut te construire un château mais non un esprit qui réfléchit.

En conclusion : je vous renouvelle mes remerciements et à la prochaine.

Réalisé par KS pour le BLOG

● Note de lecture d’un ouvrage éducatif | « Concepts religieux et sociaux » de l’écrivain monsieur Malle Ibrahim Soukouna

Ce livre paru (sa version française) en fin d’année 2022 chez l’éditeur Albouraq, est un joyau intellectuel très accessible par son exposé succint et l’agencement intelligible des concepts développés. L’auteur s’appelle Malle Ibrahim Soukouna, natif du Mali et issu de la communauté sooninké. Ayant effectué ses études primaires et secondaires à Bamako, il a obtenu un diplôme universitaire en France (faculté de Jean Monnet à Paris Sud) et y travaille comme guide religieux. Influent intervenant sur diverses thématiques d’intérêt public pour la communauté africaine, et particulièrement pour son groupe sociolinguistique, les sooninkés, il anime régulièrement ses plateformes numériques (Facebook, TikTok…) avec beaucoup de pédagogie. Ainsi dans ce présent ouvrage que j’ai eu la chance de lire, il nous propose avec aisance un concentré valeureux qui englobe divers volets de notre vie contemporaine (la religion, la politique, la famille, l’école, l’immigration, le travail, l’économie, la vie communautaire, l’utilisation des réseaux sociaux…).

Un livre-Message qui appelle à une certaine élévation sociale et intellectuelle pour la jeunesse de notre temps afin de porter le flambeau de la renaissance civilisationnelle parmi les nations. Ce travail instructif de monsieur Soukouna (auteur d’autres ouvrages) est une preuve idoine du potentiel intellectuel existant dans nos milieux dans divers domaines. J’ose croire que « Concepts religieux et sociaux » peut être classé comme un manuel initiatique pour l’éveil social et intellectuel nécessaire à nos cursus d’enseignements (au lycée par exemple) en Afrique et surtout dans nos communautés afro-musulmanes. Et également un imam qui serait à jour de son environnement contemporain peut en tirer facilement 52 sermons (prêches éducatifs) de vendredis durant une année pour éveiller et former les fidèles.

En définitive, l’ouvrage est un stimulant social et pédagogique qui sert et servira tout lecteur attentif .
Ici je réitère mes fraternelles félicitations au frère Malle et recommande vivement ce livre. Lui souhaitant une bonne continuation dans ses projets.

Avec l’auteur , le 13 mars 2023 à Paris

28 juin 2023

✍️🏿KS pour le BLOG

● Biram Dah Abeid | Un flash portrait de sa personnalité politique : Un pacifiste convaincu !

● Leader abolitionniste, président d’IRA-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste fondée en 2008).

● Humaniste et universaliste dans les idées défendues

● Emprisonné plusieurs fois injustement à cause de son vaillant engagement anti-esclavagiste et droit-de-lhommiste.

● Prix Onusien 2013 pour son engagement droit-de-lhommiste pacifique en Mauritanie.

● Son parti politique RAG (Refondation pour une Action Globale) privé de reconnaissance depuis une décennie par le régime politique au pouvoir.

● Candidat aux élections présidentielles de 2014 et 2019 (arrivé 2ème à chaque fois) face aux représentants du système militaro-politique en Mauritanie depuis juillet 1978.

● Candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2024.

● Député national élu (en étant en prison) en 2018 et réélu ce 13 mai 2023.

● Il est récipiendaire de plusieurs autres distinctions à travers le monde pour son courage et son engagement droit-de-lhommiste.

● Arrêté ce mercredi 24 mai 2023 par les autorités mauritaniennes alors qu’il bénéficie d’une immunité comme parlementaire du peuple. Il venait de dénoncer la fraude électorale du 13 mai et indexait le régime politique en place qui étouffe les aspirations légitimes du peuple. Une situation oppressive qui pourrait pousser le peuple libre à utiliser d’autres méthodes pour se libérer.

● Relâché dans la nuit du jeudi 25/05 au vendredi 26/05/2023.

#TopSoutien_Biram

✍️🏿KS pour le BLOG