Comme d’habitude, ça se sent scandalisés dans tous les sens avec un certain sentimentalisme aux relents hypocrites. L’expression d’un certain racisme n’est pas une poussée expresse d’une bêtise venant d’un pan isolé de l’environnement de la société à majorité blanche. Il s’insère « logiquement » et inévitablement dans un cheminement racialiste au cœur de sociétés blanches à l’endroit de l’élément Noir. Un supporter fan de football en Espagne, un suprémaciste américain soutien de D Trump et le touareg politisé du nord malien peuvent se retrouver sur une même donnée-source inspirant leurs idéologies socialisées d’un racisme évident anti Noir. Le livre de Charles W.Mills, LeContrat Racial explicite et donne de pertinentes notions fouillées de compréhension sur le cadre paradigmatique de fond. Ce fond systémique qui assoie et motive toute l’affaire du racisme anti Noir. Ainsi des restes venant de bulles papales d’antan, des théories et idéologies concoctées par de penseurs sociologues et philosophes d’hier dans la sphère blanche (principalement occidentale), tiennent et persistent dans une certaine conscience collective de l’environnement « blanc ».
Parmi les solutions possibles contre ce racisme, il faut une reconnaissance claire et nette qu’il est motivé et généré par un système politique historiquement racialiste. Le monument du Christ rédempteur en veille (durant quelques minutes) à Sao polo au Brésil pour soutenir l’attaquant Noir du Real, n’est qu’un symbolisme puéril pour un bref remède de conscience pour les esprits distraits.
Il en faut beaucoup de SÉRIEUX pour changer la donne, pour l’instant l’environnement Afro à l’échelle mondiale fuit ici, subit là et se complaît là-bas !
Une jeune et convaincue démocrate mauritanienne a livré dans un message plein d’enseignements une véritable leçon de morale aux politiques mauritaniens épris de chamailleries et d’égocentrisme, les appelant à se hisser aux querelles intestines et à nourrir l’espoir d’organiser des élections meilleures à l’avenir.
Ci-après l’intégralité de son message :
« Chers concitoyens,
Je m’adresse à vous aujourd’hui avec un mélange de gratitude et de tristesse, car je tiens à vous informer que notre campagne électorale n’a pas abouti aux résultats escomptés.
Je souhaite vous exprimer ma sincère reconnaissance pour le soutien inébranlable que vous nous avez accordé tout au long de cette aventure politique. Les élections sont un processus démocratique complexe et imprévisible, où les aspirations et les choix des électeurs façonnent le paysage politique. Bien que nous n’ayons pas remporté cette élection, je crois fermement en la force de notre démocratie et je respecte le verdict des urnes.
Ma conviction envers les idéaux qui nous ont guidés pendant cette campagne reste intacte. J’ai toujours défendue avec passion les valeurs de justice, d’égalité et de progrès pour tous nos concitoyens. Bien que cette défaite puisse être difficile à accepter, elle ne doit pas nous décourager de poursuivre notre engagement pour un avenir meilleur. Je félicite chaleureusement les candidats qui ont remportés ces élections; Je leurs souhaite tout le succès possible dans la tâche importante qui les attends. Je leurs rappelle également la responsabilité qui accompagne ces fonctions, celle de servir l’intérêt général et de travailler pour le bien-être de tous les citoyens. Cependant je m’engage à continuer à œuvrer pour notre communauté, même en dehors du cadre politique formel. Je demeure déterminée à faire avancer les causes qui nous sont chères, à soutenir les projets qui favorisent le développement de notre société et à promouvoir l’inclusion de tous les membres de notre communauté.
Je continuerai à travailler pour le bien de notre communauté et de notre pays, même si cela se fera en dehors de la fonction élective, je reste convaincue que nous avons besoin de leaders dévoués et engagés pour faire avancer notre société, et je continuerai à soutenir ceux qui partagent ces valeurs.
Enfin, je tiens à remercier mes collègues de campagne, ma famille, mes ami(e)s nos bénévoles dévoués et tous ceux qui ont contribué à notre cause. Votre énergie, votre enthousiasme et votre dévouement ont été une source d’inspiration et de motivation pour nous tous.
Aujourd’hui, je regarde vers l’avenir avec optimisme, en sachant que nos idées continueront à trouver écho dans le cœur de nombreux citoyens. Je reste convaincue que le véritable progrès ne se mesure pas seulement par les résultats électoraux, mais par notre capacité à unir nos forces pour créer une société meilleure.
Merci encore pour votre soutien indéfectible. Ensemble, nous pouvons continuer à travailler pour un avenir meilleur, en construisant un pays qui reflète nos valeurs les plus profondes.
Depuis de nombreuses années, la Mauritanie est confrontée à des défis politiques et économiques majeurs. L’opposition politique a joué un rôle important dans la promotion de la démocratie et de la transparence dans le pays. Avec les élections législatives et municipales prévues en mai 2023 et les élections présidentielles de 2024, l’opposition politique se prépare à relever un nouveau défi.
L’opposition politique en Mauritanie est constituée de plusieurs partis politiques et de deux blocs d’opposition un bloc composé de RAG-SAWAB, CVE – CVE-VR (AJD/MR) , UFP, FRUD, APP entre autres et le second bloc plus proche du pouvoir ( majorité présidentiel) composé de UDP, Tawassoul, Hiwar, RDF, RAVAH pour n’est sité qu’eux, chacun ayant sa propre vision et ses propres priorités pour le pays. Certains partis sont plus anciens et mieux établis, tandis que d’autres sont plus récents et cherchent à se faire une place sur la scène politique comme la CVE, CVE-VR et le RAG même s’ils ne sont à ce jour toujours pas reconnu officiellement par l’État Mauritanien mais grâce à des Coalitions avec d’autres partis ils arrivent à faire parti de l’echéquier politique.
Lors des élections législatives et municipales de mai 2023, l’opposition politique aura une chance importante de remporter des sièges dans les assemblées locales et nationales malgré les querelle interne au seins même de l’opposition sur fond communautaire (peulh, soninké et haratine) les Olof eux étant quasiment exclus du jeux politique. Les partis d’opposition ont une forte présence dans certaines régions du pays, en particulier dans les zones urbaines. Ils ont également travaillé dur pour renforcer leur base électorale et pour attirer de nouveaux électeurs notamment au niveau de la diaspora.
Cependant, l’opposition politique doit faire face à des défis importants. Le parti au pouvoir, el Insaf enciennement UPR, a une forte présence dans les zones rurales et dispose de ressources importantes pour mener une campagne électorale comme nous avons puis constaté depuis le vendredi 28avril 2023 à 00h l’ouverture officiel de la campagne; pendantque le député sortant Issa Diawara faisais sont meeting dans une grande et luxueuse salle drapeau et lumière digne des campagnes américaine en compagnie des stars de la chanson mauritanienne comme Demba Tandia ; l’opposition elle se retrouvait dans de petites salle municipaux d’a peine une capacité de 250 personnes, mal éclairé ; certains candidats n’ayant même pas les moyens de tenir un meeting, cela montre la disparité financière entre le parti au pouvoir et certains des partis comme UDP proche du pouvoir, qui bénéfice de moyen financière gigantesque, des voix de l’opposition commence à dénoncer comme étant des moyens de l’État mis à disposition d’un parti et ses alliés.
De plus, l’opposition politique doit faire face à des restrictions importantes en matière de financement et de diffusion de ses messages sur les radios et chaînes publiques , ce qui peut affecter leur capacité à mobiliser les électeurs.
Les élections présidentielles de 2024, étant en ligne de mir l’opposition politique devra se préparer à un défi encore plus grand. Le président actuel, Mohamed Ould Ghazouani, a été élu en 2019 avec plus de 50% des voix, et il est probable qu’il se présentera à nouveau en 2024.
L’opposition politique devra travailler dur pour présenter un candidat fort et pour mobiliser les électeurs pour celà la seule opportunité qui semble s’ouvrir à l’opposition est une opposition avec une coalition élargi pour avoir un(e) seul(e) candidat(e) pour espérer remporter la victoire.
Je vais tenter de répondre en simple militant à certains questionnements ponctuels qui surgissent en coulisses et j’en ai été saisi par moments surtout par les temps électoraux qui courent. Moi, je dirais que comme le mouvement El-hor dans le passé et d’autres par la suite, le mouvement Gambanaxu (éveil social anti-féodal ou régime associatif) n’est aucunement une instance politique organique d’une telle ou telle obédience. En revanche, en citoyen.ne.s avertis et « wokés », les militant.e.s et sympathisant.e.s Gambanaaxu peuvent être politiques ou politicien.nes à toutes les échelles (communale, départementale, régionale ou nationale) à travers différentes structures politiques selon leurs convictions et leurs affinités programmatiques. Ainsi, je crois que toutes gesticulations et activisme initiés personnellement ou collectivement allant dans le sens d’une exploitation politicienne du mouvement, ne peuvent être fructueux ni hier ni aujourd’hui ni demain non plus.
Sans se tromper, je suis et reste convaincu que Gambanaaxu a une émanation dans le sillage des OSC (organisations de la société civile), les politiques ou politicien.nes peuvent s’approcher d’elles ou les consulter en toute transparence. Et le mouvement comme entité revendicative et droit-de-lhommiste, peut soumettre des doléances, saisir et interpeller des mouvements ou des personnalités politiques sur des problématiques particulières ou globales d’intérêt public.
Lors de la présidentielle de 2019 en Mauritanie, un mémorandum avait été formalisé et destiné aux différents candidats en lice, lire https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2304865596404081&id=1473902619500387 S’il y aurait un électorat encarté Gambanaaxu à convoiter ici et là, ce serait aux partis politiques de le faire ou pas avec clarté et responsabilité , et aucun.e membre, cadre ou doyen Gambanaaxu ne doit aller « s’engraisser » en crédit ou en légitimité personnelle pour de velléités carrièristes de plus très hypothétiques. Nos partis politiques ou sympathies politiciennes sont des espaces ou des voix (voies) adéquats et aérés pour faire valoir nos ambitions politiques collectivement ou individuellement.
La Cause Ganbanaaxu et ses idéaux dépassent en terme de vision, nos petits agendas politiciens et d’autres suspectes motivations irruptives aux relents individualistes.
Voilà, ici mes brefs éléments de réponse, en mon propre nom de simple militant.
Dans le contexte démocratique, une élection est un moment critique, un instant d’une rare gravité quant à la vie publique. L’enjeu est d’une telle tragédie que l’acte du vote, emblème populaire de l’occasion, en devient une formalité quelque puisse être fondamentale l’importance de son rôle dans la délibération. Ce qui doit occuper le devant de la scène publique, c’est bien un débat actif, libre et généralisé, qui puisse faire exprimer le peuple dans ses structures les plus touchées par l’action politique, de sorte à situer le plus clairement possible chaque candidat, chaque programme et chaque parti. Cette condition semble être nécessaire en ceci qu’elle aide à éclairer le chemin qui mène le citoyen à l’urne, mais aussi dans son aspect de lutte contre les tares électorales telles que l’achat de conscience ou, plus exactement, le détournement de conscience – qui, je le rappelle, est un autre type de détournement qui jouit d’une grande impunité. Ainsi, il n’est de meilleure occasion pour discuter des préoccupations du peuple ; non seulement de ses rapports avec le système gouvernant, ou de l’allocation et de la qualité des institutions et des services, mais aussi des inégalités et des injustices qui affectent sa vie quotidienne et la condition des citoyens. Dans cette contribution au débat, je me propose de faire une brève discussion de quelques sujets qui me paraissent intimement concernés. Je vais exposer donc trois dignités de base quotidiennement bafouées dans le pays : la dignité sociale, la dignité culturelle, la dignité humaine. • La dignité sociale : Elle est essentiellement la proie du système féodal et des réflexes patriarcaux multi-échelles. La caste est encore une réalité vive en Mauritanie dans la mesure où elle est prise en compte comme condition d’une transaction sociale fondamentale : le mariage. Le système social que nous avons hérité, et dont nous avons tant de difficultés à révolutionner vers un régime égalitaire, met en action une vie sociale dans laquelle une noblesse détient un pouvoir multiforme face à des castes assignées à des rôles subalternes et un groupe spécial voué à la servitude. Ce régime de vie sociale est un générateur permanent d’inégalités et d’injustices. Mais, contrairement à ce que l’on peut croire, ces inégalités ne portent pas que sur des paramètres symboliques, elles sont aussi économiques et politiques. Les terres héritées de l’ancien système sont, en général, détenues par les descendants de cette noblesse. Le pouvoir religieux est concentré dans des familles de la noblesse qui, par le biais des liens du mariage, assurent à la fois son partage et sa restriction au sein de la caste. Or, et le pouvoir religieux et la détention des terres constituent des facteurs économiques et politiques. Il est indéniable qu’ils participent, loin de tout système de mérite et de toute approche de redistribution, à alimenter les inégalités. Pour ce qui est des terres, le sens égalitariste peut remercier la course vers l’émigration, accentuée par l’avancée de la sécheresse, qui avait participé, à une mesure appréciable, à la libération de ceux qui, sans terres, étaient voués à de misérables conditions de dépendance. Malheureusement, comme l’on peut le comprendre sans peine, ce relâchement est de portée très limitée ; l’émigration, n’ayant pas de convictions politiques en soi, n’a été qu’une condition positive pour cette problématique, mais aucunement elle n’a été une mesure pour la résoudre. Les concernés trimbalent encore leurs lots de souffrance. Le phénomène abolitionniste, bien qu’ayant reçu le soutien et la sympathie de plusieurs figures dont celles issues de ladite noblesse, est cependant contré, et souvent avec violence, par le féodalisme. Donc le féodalisme, en tant que système, est réfractaire à l’idée de capituler même si quelques rares individus issus du milieu féodal actent contre ce système. On est là typiquement face à un phénomène, quasi-universel dans les luttes, où le comportement de quelques individus se retrouve à l’opposé de celui de la structure dans laquelle ils sont rattachés. Une subtilité souvent broyée sur le ring des luttes. Je le souligne parce que ces membres en question souffrent de leur achronie au sein des archaïsmes qui les entourent. Pour ceux parmi eux qui sont de caractère à aller au bout de leurs idées, la peine inévitable à essuyer est leur répudiation pure et simple par leur milieu social. Toujours est-il qu’il faut rappeler que la cellule unitaire qui fait la base de notre société est la famille, et qu’au noyau de celle-ci agit une interaction fondamentale qu’est le lien du mariage ; c’est ce dernier qui assure la liaison du sang et des fortes prérogatives qui y sont rattachées. Or ce lien est interdit entre castes ; nous sommes ainsi en droit de dire que nous vivons dans des apartheids sociaux qui ont toutes les clés pour ouvrir d’autres. L’autre figure sociale atteinte dans sa condition est la femme. Au moins pour ceux sédentaires parmi les anciens États, où la taille des cités faisait florir les marchés et des commerces de toutes sortes, les femmes avaient un pouvoir et une place qui ne demandaient qu’à s’étendre. La parité, quelque furent ses défauts notamment en politique, était de loin plus convaincante que ce qui est vécu aujourd’hui ; j’en veux pour preuve la place culturelle plutôt égalitaire dont les vestiges sont très éloquents et l’absence de contraintes vestimentaires et de déplacement pour n’en citer que celles-ci. Dans la transaction qui s’est opérée entre l’ancien et le nouveau cadre de vie, la place de la femme semble régresser dans plusieurs de ses aspects. Le système moderne implanté par des hommes à leur image (les administrateurs coloniaux étaient tous des hommes), calibré pour interagir avec de correspondants masculins, les systèmes postcoloniaux bâtis dans le mimétisme dans leur géniteur colonial… Tout ceci a concouru à établir une culture d’éloignement des femmes des positions de pouvoir, encore plus que ne le faisaient les anciens États précoloniaux où le pouvoir politique était englouti dans sa dimension militaire, et où l’administration et les institutions civiles n’avaient pas d’existence véritable, contribuant à retreindre le pouvoir effectif aux mains des combattants les plus belliqueux. Ceci explique le peu d’action qu’avait le pouvoir de l’époque sur la vie quotidienne des citoyens. Celle-ci était plus régie par l’organisation sociale et les pratiques culturelles que par une administration politique. Ainsi par le rôle qu’occupait la femme dans la chaine économique et dans le lieu culturel et social, sa place a été de plusieurs dimensions supérieure à celle qu’elle a dans un système où l’administration, de par sa construction, donne à l’homme la part essentielle tout en reléguant le champ traditionnel au second plan. Deux problématiques se posent notamment : 1) Les nouveaux chemins d’acquisition aux tuyaux économiques (salaires) sont ouverts aux sortants de la nouvelle école dans laquelle les femmes ont moultes difficultés à prospérer. Un conflit existe bel et bien entre les exigences sociales et les exigences de l’école. Ce conflit est plus contraignant pour la femme que pour l’homme, qui le subit aussi au fur et à mesure qu’il avance dans les études. Dans l’absence d’ingéniosité à transformer et l’école et la société pour l’avènement d’une formule salutaire qui résoudrait ce conflit, l’éducation moderne de la femme est globalement sacrifiée, son champ de perspectives d’épanouissement rétréci ;
2) Au niveau du droit, nous vivons dans un pays où la protection de la femme n’est pas assurée. La jeune femme victime de viol risque une sanction pénale, du fait de la loi contre le péché de la chair, en plus de ne jamais pouvoir échapper à la sanction sociale et au harcèlement généralisé. Elle est ainsi réduite au silence. Par ailleurs, la femme est de plus en plus assignée sous un ‘voile’ qui continue ronger expression publique. Un phénomène de harcèlement consistant à la ramener à «sa place » s’est accentuée avec l’avènement des réseaux sociaux où, à chaque altercation, elle voit sa vie privée, réelle ou fantasmée, profanée devant la foule.
• La dignité culturelle : La discrimination culturelle est un problème fondamental qui a surgi dès les premières heures de l’État mauritanien. Nous sommes là typiquement devant un fait d’État en cela que ce problème est purement le fruit d’une idéologie fondatrice de l’État et sur la base de laquelle s’érigent ses institutions, instruments de sa mise en œuvre. La Mauritanie est un pays multilingue, multiculturel. Et comme tout pays multiculturel, une question essentielle se pose quant à son affirmation identitaire : opte-t-elle pour l’affirmation de sa multiculturalité ? Et dans ce cas une gestion culturelle basée sur un principe égalitaire lui incombe. Ou choisit-elle de promouvoir une culture à développer au détriment des autres ? Dans ce cas, sous l’action de l’inégalité des moyens, les autres cultures verront leur présence décliner jusqu’au néant. Les deux types de modèles sont expérimentés dans le monde. Le premier est celui de la Suisse pour ne citer que ce pays, le second c’est celui de la France. Quant aux effets de chacun de ces modèles, le constat est simple : quand des langues comme le normand, le gascon, l’occitan, que rien ne semblait menacer, se sont retrouvés en voie de disparition en France jacobine sous l’action d’un français armé, une langue comme le romanche, que tout menaçait, s’est vue se maintenir et se développer sur les montagnes d’une Suisse multiculturelle. Pour ce qui est de la Mauritanie, de la constitution à l’administration, des canaux audiovisuels de l’État à l’école républicaine, le choix de l’unilinguisme ne fait pas de doute. Seulement, une fois que l’on dit que l’unilinguisme a été choisi, faudrait-il encore avoir la suite dans les idées à poursuivre la réflexion sur ce que cela implique, à court, moyen et long terme. Tous les exemples d’expérimentation d’une telle politique sont unanimes sur l’issue : la disparition des cultures non choisies. Là-dessus même les mécanismes par lesquels cette disparition procède sont bien compris. L’État mauritanien, dans une loi qui a fait couler beaucoup d’encre, a proposé en 2022 une réforme contenant un article qui traite de la politique linguistique. Un article qui rappelle dans sa substance le décret de 1979 sur l’expérimentation des langues pulaar, wolof et sooninke. Seulement, l’article ne laisse aucun doute sur le choix de l’arabe comme langue de la Mauritanie sur tous les plans. L’absence de décision juridique concernant l’usage des langues pulaar, sooninke et wolof, en particulier dans l’administration, qui donnerait ainsi des perspectives d’employabilité, met en lumière l’absence d’une politique égalitaire. Tout montre que le modèle proposé par cette loi est un modèle de transition vers l’unilinguisme arabisant plutôt qu’une étape vers le multilinguisme institutionnalisé. De plus, l’école, les médias, les espaces de pouvoirs et de services sont des lieux culturellement discriminants qui n’ont aucune autre exigence que le fait de parler l’arabe, ou disons le hassaniya.
La pulwolsooninkité n’apparait dans l’image officielle de la Mauritanie que dans de rares manifestations folkloriques, ou pour teindre les longues queues dans les centres d’État civil où la même frange de la population quémande une nationalité qui lui est pourtant due.
• La dignité humaine : Nous en avons déjà parlé dans le cadre social et culturel ; la dignité humaine est en effet atteinte dans l’oppression sociale et culturelle. Mais au-delà de ces deux processus identifiables et attribuables à des systèmes bien cernés, le peuple, dans sa globalité, souffre des conditions de vie dignes d’un autre temps. Un service de santé extrêmement défaillant, en particulier dans le monde rural. Les citoyens obligés de traverser les frontières pour trouver soins et soulagement à leurs souffrances. Ceux qui n’en ont pas les moyens sont impitoyablement abandonnés à leur sort. Des citoyens régulièrement réprimés pour avoir consommé un droit fondamental de manifester, d’autres tués à coup de bavures policières dans les cellules de commissariats. L’éducation périclite ; des collégiens qui ne savent ni lire ni écrire du fait du manque de rigueur d’un système idéologisé et négligé. Les diplômés qui s’entassent dans le chômage, en même temps que des milliers de milliards sont empochés des recettes de ressources vendues. Un pays où l’âge médian tourne autour de 20 ans (la moitié des mauritaniens a moins de 20 ans), muni des ressources aussi diversifiées que les mines, l’océan, un fleuve à la bordure duquel s’étendent de vastes terres cultivables, est incompatible avec le portrait de paupérisation continue qu’il ne cesse de renvoyer. Les deux supports de base d’une économie productive sont réunis. La corruption omniprésente est à combattre avec vigueur, elle constitue la plus grande embuche à la gestion rationnelle et intelligente des forces productives, des ressources naturelles et la mise en place des conditions matérielles d’un développement économique. Pour ne pas étirer la discussion, je conclus ce panorama de quelques problématiques parmi d’autres qui se posent à la Mauritanie. Je n’ai pas axé ma discussion sur les procédures défectueuses des institutions de l’État même si j’y fais allusion par endroit. J’ai privilégié m’appesantir, pour ce qui est de l’État, sur ses fondations inégalitaires. Par ailleurs, comme dans toutes mes analyses, le centre de mon référentiel est le peuple. Les concepts d’État, de république et de nation n’ont d’importance à mes yeux que dans la mesure où ils s’emploient au service du peuple. Car oui, ces conceptions, quelque pugnace que puisse être leur nature, resteront éphémères face à la longévité des peuples. Le génie du peuple c’est de savoir conserver son facteur humain tout en étant une si grande structure. La folie des États c’est de s’échiner à vouloir l’effacer au sein des cadres rigides qui n’ont jamais prévu la souplesse de s’infléchir pour amortir l’effet des vents de sa destruction. Dans un tel État, la sagesse millénaire des peuples, du fond de ses plus grandes trouvailles culturelles, doit s’exprimer. Et nous devons l’écouter. Nous devons refuser cette façon sournoise de tuer les débats par la fuite, cette façon d’envoyer une médiocre image de notre pays où tout se règle entre le boutiquier et le client, où tout s’achète et a un prix. Cette attitude n’est pas moins une corruption quand elle est usitée pour faire sauter une contravention que pour expier un crime. Elle est encore plus ignoble quand elle est employée comme procédure privilégiée d’adhésion électorale.
Et si l’on s’inspirait de l’école du Ramadan. Le ramadan est une école. C’est également, une opportunité pour absoudre nos péchés, une perche tendue aux croyants, un rattrapage spirituel. Ainsi le ramadan, permet de consolider notre foi par la dévotion et le recueillement.
Ce sont là les fonctions classiques que partagent tous les musulmans, par ce que peut-être, les prêcheurs ont voulu qu’elles soient connues de tous.
A côté de ces fondamentaux, si l’on observe le profil de ceux qui dirigent les prières dans nos mosquées pendant le mois béni, propulsés pour certains à la faveur du ramadan pour leur érudition, leurs aptitudes à réciter, mémoriser, le coran, en plus de la clarté et la justesse de leur diction et phonétique, on constate aisément qu’on est loin de l’échelle des valeurs hégémoniques, établies par les hommes qui a pour référence l’ascendance familiale, tribale ou raciale.
Finalement, le seul paramètre de classification des hommes reste la foi, le niveau d’instruction, de culture et d’éducation.
• Tout le reste n’est que fantaisie, arnaque et supercherie.
« Le plus noble d’entre vous, pour Allah, est le plus pieux » dit le Coran. Dixit le hadith du prophète, Mohamed Paix et Salut sur lui : « O hommes ! Votre créateur est unique et votre aïeul est un. L’Arabe et le non-arabe; le Rouge et le Noir, n’ont de suprématie l’un par rapport à l’autre, que par la piété ».
Les musulmans seraient-ils dans un dérèglement de moeurs pour s’écarter de ces paroles divines qui appellent à la fraternité et à l’unité. L’esprit raciste , féodal, esclavagiste sont donc contraires aux préceptes de l’islam.
Nous nous mettons, à la place du créateur, en cherchant à classer les hommes en nobles et esclaves. Cela n’est pas de notre prérogative. Et nous nous éloignons de l’islam à chaque fois qu’on blâme un homme pour la couleur de sa peau ou de ses origines.
Allah, le tout-puissant, le très miséricordieux est le seul capable de nous « classer » sur la base de critères immuables, justes et impartiaux, ayant pour référence foi et la piété.
Mais malheureusement, l’ignorance, l’arrogance, et l’orgueil conduisent les hommes vers l’égarement. Ainsi, ils n’hésitent pas à s’écarter volontairement du référentiel coranique pour dresser eux-mêmes leurs propres critères de noblesses qui se fondent sur l’origine sociale ou la couleur de la peau. Des idées préconçues et sans fondement sérieux : du genre le Noir est un nigaud, l’Arabe est méchant…
• Revenons à notre école du Ramadan
Pendant ce mois béni, dans plusieurs de nos mosquées, ce sont des hommes de conditions sociales modestes , parfois issus de « Khaima Skhayir » qui officient.
Ceux-là ont réussi à s’imposer par leur savoir, par ce qu’ils valent. Une valeur acquise voire conquise au bout de l’effort aux antipodes d’un titre généalogique encombrant par sa passivité et souvent trop honorable pour ceux qui s’y identifient. Un hiatus, une dysharmonie voire un divorce entre le titre et celui qui l’incarne. On dirait une médaille usurpée.
En revanche, pas de doute sur la noblesse de l’imam de la mosquée de mon quartier, celui qui ne veut même pas être appelé marabout, force respect et estime pour sa maîtrise du coran et son comportement vertueux.
Il n’est pourtant pas issu de la grande « Khaima » mais pourtant, chaque soir, c’est lui la vedette , le martyr. Chacun d’entre nous, journaliste, officier de l’armée, de police, ingénieur, ancien ministre, cadre supérieur et de gens sans qualification se placent respectueusement derrière lui, en reconnaissance de son savoir.
Dans nos discussions en aparté, chacun exprime sa fascination, jusqu’à vouloir ressembler à ce jeune homme pourtant d’une »petite naissance » comme le diraient certains.
Ailleurs, on nourrit la haine, on s’entre-déchirent pour l’imamat. Une fonction prestigieuse dévoyée, devenue un legs, une propriété privée est désormais source de conflits.
Or, la force de toute religion est la foi, qui a pour vocation de rassembler, de fraterniser les croyants autour des mêmes valeurs. Et en cela l’islam est une religion qui prêche la paix, l’altruisme et l’humilité.
Elle ne peut être source de différend entre les croyants au point de faire de la mosquée un espace de confrontation et de guéguerre. Et paradoxalement, les deux camps, les frères ennemis citent et se réfèrent au même livre Saint. Ils prononcent les paroles d’Allah sans les entendre et les comprendre.
En effet, un musulman ne peut-être sourd jusqu’à ce point à la parole divine au point de justifier le crime de son frère par la même religion.
Le Ramadan est une belle occasion pour les musulmans de refaire une « santé spirituelle ». A ceux qui sont en conflit, à ceux qui se détestent et à ceux qui sont au bord de la rupture, profitez-en pour solder vos comptes.
Le jeûne ne saurait se réduire en une épreuve physique: la privation du corps. Le Ramadan est multidimensionnelle et multifonctionnelle. S’inscrire dans cette école, c’est accepter tous les compromis au nom de la foi. C’est accepter de pardonner, de partager, de fraterniser…
C’est reconnaitre ses fautes pour aller de l’avant. C’est penser à l’intérêt de la collectivité d’abord avant de penser à ses propres intérêts.
Dès que la mosquée devient un lieu de contradiction et de confrontation, pas de doute, la foi, va mal. On a laissé la voie d’Allah. C’est le début du déraillement, le recul de la foi.
Au cœur de la capitale française, dans les bâtiments de la mairie du 6ème arrondissement, s’est tenu le Salon du livre Africain de l’édition 2023. Et c’était du 17 au 19 mars, un événement livresque important consacré à la littérature afro-africaine.
Ce dimanche 19 mars, nous avons été de passage comme apprenti « philoso-littéraire » en visitant plusieurs stands d’auteurs et d’éditeurs qui exposent dans différentes salles très spacieuses. Une affiche de l’événement annonce que la Guinée Conakry est le Pays invité d’honneur de cette édition.
À noter la présence remarquée de l’influent universitaire et penseur sénégalais Souleymane Bachir Diagne. Nous avons eu la chance d’assister dans le public à 2 rencontres en salle avec ses brillantes contributions. L’une lors de la Conversation autour du Contrat Racial du philosophe Charles W. Mills . Le commentaire de M Diagne en live sur cet ouvrage, suivi de la prise de parole de l’éditeur Haïtien-canadien , a été une belle découverte pour moi, et je l’ai acheté dans la foulée. La seconde rencontre a été une mini conférence de haute volée intellectuelle qui est titrée « La philosophie en toutes lettres« . Les auteurs qui ont pris part aux discussions sont en plus de Souleymane B Diagne, Jean-Luc Aka-Evy et Daniel Dauvois. Ce dernier est l’auteur d’un ouvrage sur une figure intellectuelle du 18ème siècle très peu connue comme a été relevé dans les discussions à son propos. Il s’agit de Anton Wilhelm AMO (Africain originaire de l’actuel Ghana et devenu allemand) professeur d’université à son époque. Arrivé en Europe adolescent par les griffes de l’esclavage, bénéficiant d’un cadre intellectuel aisé, il serait le premier africain ayant fait des études supérieures à ce niveau en europe occidentale et accèda au corps professoral par la suite.
Bakary Coulibaly – Le système éducatif mauritanien, concerne l’ensemble des institutions publiques et privées de la république islamique de Mauritanie ayant pour but d’assurer et de développer le système éducatif sur l’ensemble du territoire national .Les deux langues principales d’enseignement sont l’arabe et le français
En effet, la création de l’institut pour la promotion et de l’enseignement des langues nationale [IPELAN] par l’état est une décision salutaire dans la mesure où cet institut permet de promouvoir et de préparer l’introduction des langues nationales [soninké, pulaar, wolof] dans le système éducatif.
L’introduction des langues nationales dans le système éducatif peut être considéré comme étant un déclic ou un facteur déterminant pour rehausser le niveau chaotique des élèves car, l’expérience a montré dans le passé que les élèves issus des écoles des langues nationales avaient un très bon niveau.
A cet effet, les langues nationales doivent jouer le même rôle que le français et l’arabe c’est à dire être considérées comme des langues d’enseignement et de travail pour une meilleure école républicaine.
Le système éducatif mauritanien va de mal en pis. Malgré les différentes reformes opérées par les autorités compétentes le mal persiste. A qui doit on incomber la responsabilité de ce mal qui gangrène nos écoles par la baisse du niveau des élèves qui se traduit par des taux d’admission très faible voire trop faible au niveau des examens nationaux.
Les responsabilités sont partagées entre état, enseignants, parents d’élèves et élèves Certes l’état s’est beaucoup investi dans le système éducatif par la construction des infrastructures scolaires partout dans toutes les régions du pays et d’autre part par le recrutement des enseignants.
C’est dans la même perspective qu’un test de niveau a été organisé par le ministére au profit des instituteurs dans le but de peaufiner leur niveau et les méthodes d’enseignement. C’est ainsi que des formations continues ont lieu dans toutes les écoles des ENIs à l’intention des enseignants ayant subit le test depuis l’année dernière.
Nonobstant, tous ces efforts déployés par l’état, nous constatons toujours un dysfonctionnement dans différentes écoles de certaines régions ce dysfonctionnement s’explique par une gestion irrationnelle du personnel enseignant
Pour rappel, le ministère de l’éducation nationale a mis en place depuis quelques années un système d’information appelé SIGE [Système d’information de gestion de l’éducation] dont le but est de gérer les écoles fondamentales et secondaires par un système informatisé. Il s’agit au préalable de créer une base de données relative au personnel enseignant, élèves et infrastructures scolaires pour mieux les gérer.
En effet, grâce à ce système , toutes les écoles fondamentales ont été classées par type [ type A, type B, Type C] .Rappelons que c’est ce classement des écoles qui était à l’origine d’un grand mouvement général des affectations des enseignants et directeurs d’écoles et qui a créée un grand tollé chez les enseignants et certains directeurs d’écoles qui se sont sentis lésés par les critères attribués au classement des écoles en type.
Il est à noter que TAGANT était l’une des régions où le mouvement des enseignants et directeurs d’écoles a été fait sans levée de boucliers grâce à l’expertise de l’inspecteur départemental de la Moughataa de Tidjika en l’occurrence Khalil Mamadou Sow qui a su mener à bien d’une main de maitre ce mouvement en appliquant à la lettre les critères établis au préalable par le SIGE .
Au regard de cette kyrielle d’efforts consentie par le ministère, il urge également de focaliser les efforts sur une ressource humaine de qualité c’est-à-dire le recrutement des enseignants animés d’une volonté inlassable de mener à bien la mission qui leur est confiée qu’est de vulgariser des connaissances aux enfants de la nation. Surtout de faire de cette mission un sacerdoce.
Le proverbe tunisien dit. « Allez, embrasse ton frère, et ce sera comme si rien ne s’était passé. »
M. Le président, J’ai vécu des jours très difficiles suite à votre déclaration du 21 févier 2023 autour de la présence des migrants d’Afrique Subsaharienne. Un discours d’une telle violence, venant de la plus haute autorité du pays, m’a profondément heurtée en tant que Citoyenne noire qui ai toujours subi le racisme dans mon pays, qui y ai résisté et qui l’ai dénoncé haut et fort. Aujourd’hui les migrants Subsahariens noirs ont réussi à dévoiler cette réalité toujours occultée. Et je leur dis MERCI. Votre discours a permis à ceux qui avaient des dispositions à la xénophobie et au racisme de les cultiver et de les traduire en actes, se permettant de lyncher, insulter et tabasser des migrants Subsahariens noirs, publiquement et sans aucune gêne. Les nombreux mouvements de contestation qui se sont opposés à votre discours et qui représentent l’opinion de nombreux Tunisiens vous ont contraint à prendre finalement des mesures en faveur des étudiants et migrants subsahariens en Tunisie. C’est un grand pas vers la paix sociale, la sagesse et la diplomatie MAIS
Monsieur le Président, tout d’abord, l’atteinte à la dignité et à l’humanité des Africains subsahariens a occasionné une profonde blessure. En effet, c’est l’institution législative tunisienne qui a promulgué des décrets qui punissent les propriétaires de logements loués à des migrants sans papiers ainsi que leurs employeurs. En conséquence ces personnes se sont retrouvées du jour au lendemain à la rue, alors que certaines ont des enfants, sont enceintes, malades ou encore fragiles psychologiquement…
Les atteintes des institutions aux droits des migrants ne se sont pas limitées à ces mesures visant à les expulser de leurs lieux de travail et à les laisser sans ressources. Un des départements du ministère des Transports, une institution nationale, a affiché un communiqué avec un tampon officiel interdisant aux agents de vendre des titres de transport aux migrants subsahariens ; en témoigne une photo prise dans une station de métro. Il s’agit d’une privation d’un des droits les plus élémentaires, SE DEPLACER. Et la liste est encore longue… Par ailleurs, des bénévoles qui se sont mobilisés pour venir en aide aux personnes renvoyées et rejetées ont été arrêtés par la police pour avoir participé à des campagnes d’aide humanitaire – livraisons de denrées de base, vitales, à savoir de la nourriture, des médicaments et de l’eau. Ils ont même été accusés de trahison par les adeptes du parti nationaliste Tunisien. S’agit-il de racisme institutionnel ? Bien évidemment, OUI. Et si ce n’est pas du racisme, qu’on nous donne une meilleure caractérisation ! Les migrants noirs, après votre déclaration, Monsieur le président, ont été battus, blessés et insultés ; certains d’entre eux se sont fait cambrioler leurs lieux d’habitat, voler leur argent durement gagné pour quitter notre pays, car nous savons bien que beaucoup d’entre eux souhaiteraient continuer vers l’Europe et ne pas rester sur le territoire Tunisien.
Monsieur le Président, tout simplement, les migrants subsahariens ont été touchés dans leur corps et leur dignité. On les a humiliés et intimidés, ils ont subi le sentiment d’être étrangers sur leur continent, comme ce sentiment est violent ! C’est à cause de nous, Tunisiens, combien j’ai honte ! Ce peuple Tunisien qui a appelé haut et fort lors de sa révolution contre la dictature et l’injustice à « la liberté, la justice, la dignité ». Comment peut-on réclamer notre liberté, la justice et notre dignité et en priver les autres ? Une partie du peuple tunisien, ce peuple connu pour sa générosité et son accueil, qui appelle au vivre ensemble, s’est rendue responsable des actes que j’ai cités plus haut : s’ils n’ont pas toujours commis directement des actes physiques et proféré des injures verbales envers les migrants, leurs écrits et les vidéos qu’ils ont publiées ont incité à la haine, à la xénophobie et au racisme contre nos frères et sœurs Africains subsahariens, je pense notamment au Parti nationaliste Tunisien.
Ce mal n’a pas seulement affecté les immigrés de l’Afrique subsaharienne, mais aussi le peuple tunisien dans son ensemble, et plus particulièrement les Tunisiens noirs qui sont nombreux à avoir été arrêtés dans le cadre de contrôles au faciès. Des conducteurs de taxis se sont permis de prendre le rôle de la police en demandant leurs pièces d’identité. Nous Tunisiens noirs, particulièrement à Tunis, la capitale, avons dû prouver que nous sommes Tunisiens parce que nous ne ressemblons pas à une « structure démographique » nationale fantasmée, me semble-il.
Une mauvaise image du peuple tunisien a fait le tour du monde ces derniers temps ; notre peuple a été qualifié de raciste et de barbare, et nous nous sommes retrouvés face à des situations dans lesquelles nous nous trouvions sur la défensive, à devoir justifier que la Tunisie n’est pas raciste, ou du moins qu’elle n’est pas raciste à ce point. Et ceci, même si nous connaissons très bien la réalité et si, en tant que Tunisiens noirs, nous avons toujours témoigné de ce racisme, ce que nous pourrions toujours argumenter. Je me demande, M. le président, si la démarche que vous avez entamée pourrait être en mesure de réparer ce que ces actes et ces propos ont gâché ! Personnellement, je l’espère. Mais il n’est pas possible de passer à ces mesures en faveur des immigrés d’Afrique subsaharienne sans avoir réalisé au préalable deux actes indispensables pour entamer un vrai processus de réparation.
Tout d’abord, s’excuser officiellement auprès du peuple tunisien pour avoir provoqué de telles agressions sur nos hôtes, qui ont affecté son image et sa réputation auprès des sociétés d’Afrique Subsaharienne et un peu partout dans le monde. S’excuser en particulier auprès des Tunisiens Noirs, dont l’appartenance nationale et la tunisianité ont été remises en question. Bien évidemment, nous demandons également des excuses solennelles aux migrants subsahariens et à leurs concitoyens qui ont aussi mal vécu cet épisode. Deuxièmement, dissoudre le Parti nationaliste tunisien qui a été à l’origine de la crise, en raison de la mobilisation qu’il a menée depuis plus de quatre ans, en portant un discours raciste, xénophobe, d’incitation à la haine et en influençant, avec un certain succès, l’opinion publique. Ce parti politique basé sur une idéologie raciste, qui diffuse des idées xénophobes, racistes et une idéologie fasciste Inédite dans l’histoire de la Tunisie et de son peuple ouvert, aimable et instruit, ne devrait pas exister dans notre Tunisie. Vive la République Tunisienne civilisée et humaine, vive le peule tunisien libre et digne ! Vive le continent Africain ! Merci.
Notre force est dans notre capacité à nous unir, le FISO l’a démontré. Combien sont-ils, parmi nous à comprendre l’impérieuse nécessité de dépasser nos contradictions et différends.
La force et le respect d’une communauté résultent dans sa capacité à se remettre en cause; à rassembler lorsque la graine de la division est semée par quelques oiseaux de mauvaises augures.
La société Soninké a visiblement manqué de résilience et de ressort pour juguler les revendications d’une partie de son être, une partie non négligeable d’elle-même. Qu’elle ne peut abandonner, troquer ou trahir, et dont elle ne peut se passer.
La crise qui traverse la société Soninké est aggravée par le succès fulgurant des « grandes gueules », de nouveaux troubadours et courtisans qui ont investi l’espace public virtuel, les réseaux sociaux et qui se donnent à coeur joie à l’injure publique, proférant sans retenue et sans conscience, ni état d’âme des propos grotesques et haineux.
Ceux-là entendent se substituer aux sages du village, aux facilitateurs assermentés d’antan de la communauté. Ceux qui n’étaient ni récipiendaires d’un Master ou d’un doctorat mais avaient le bon sens en alerte, le flair « aiguisé » et ultra sensible, capable d’anticiper et d’annihiler, toute chose qui peut sonner le glas de l’harmonie du groupe. Harmonie au sens de consensus et de compromis pour préserver l’équilibre du groupe.
On nous raconte ( source tradition orale et histoires récentes qu’au Guidimakha ) qu’il est arrivé à plus d’une fois, qu’un chef de village en vient à prendre une décision impopulaire, sous le mode de la colère ou de l’émotion. Mais les sages intervenaient ou parfois même son épouse pour l’en dissuader.
Une fois raisonné, le chef perçoit l’impertinence et l’imprudence de sa décision et cède à la volonté populaire exprimée à travers les sages. Ce faisant, il n’hésitait guère de présenter ses excuses. Ce sont ce genre notabilités qui manque aujourd’hui dans le Soninkara. Notre crise est celle des valeurs, de la gouvernance et même des hommes. Reconnaissons-le pour avancer !
Cette façon de régler les différends du village était, plus portée sur la recherche de la cohésion et l’équilibre de la communauté que la « vérité ».
Le grand peuple Soninké est en train de se ridiculiser par son refus de s’adapter aux injonctions d’une ère nouvelle. Il doit se surpasser et se poser les bonnes questions. Une partie de nos intellectuels et la jeunesse censées être les porte- étendards d’une nouvelle configuration sociale, en vue de garantir l’égalité et la fraternité réelle, se sont laissés influencés pour défendre des postures indéfendables.
Les Soninké ont visiblement opté pour le pourrissement. Une stratégie qui n’arrange personne, si ce n’est le mal qui ronge et désagrège notre communauté: le temps joue en faveur du mal et nous fragilise davantage.
Et pourtant, à observer de près, les Soninké n’ont jamais été des va-t-en guerre, les peuples qui ont cohabité avec eux, leur reconnaissent cette qualité: ils ont toujours mis en place des forces dissuasives, disposées à défendre plutôt qu’à envahir ou conquérir.
Quelle « vérité » ou valeur peut-elle se prétendre plus noble, et au dessus de la paix sociale ? Je n’en connais point !
Faut-il sacrifier une société née à la suite de sacrifices et de pérégrinations périlleuses de nos aïeux, qui ont enduré les affres de l’existence pour exister ? Quelle société allons-nous, léguer à nos enfants, aux futures générations ?
La responsabilité de chacun et de tous est engagée .Tous ceux qui ont une influence, une audience, une tribune si minime soit elle, et ce quel qu’en soit sa nature doivent l’exploiter à bon escient, au service de la paix, pour rapprocher les deux parties d’un même corps en conflit.
La 7ème édition du Festival International Soninké (FISO) a été incontestablement un succès, au regard de la mobilisation, et la démonstration culturelle et artistique. Cependant, chacun d’entre nous dans son for intérieur, et loin de tout orgueilleux a dû regretter l’absence d’une partie de la communauté.
Et pourtant, l’histoire serait belle à écrire si la réconciliation entre les Soninké avait été scellée depuis Nouakchott à l’occasion du FISO.
Mais, nous avons préféré éviter ce sujet, ou disons ne pas en faire une priorité, pour sa complexité de crainte que ça ne dégénère ou encore de gâcher la fête.
Il n’y a pas échappatoire, de subterfuge, la réconciliation des Soninké est devenue » l’outre de l’éléphant » pour reprendre l’un de nos proverbes . Si tu la portes, tu risques d’être à la traine du peloton, et si tu décides de ne pas le porter, tu risques la mort certaine due à la soif. « Tuure sumalle Ji ndande angana wutu an kunke na xose angana wara daqu na ankari »
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