Enfin le divorce ! Ce mercredi 29 janvier 2025, le divorce est enfin acté entre l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans une annonce fracassante le 28 janvier 2024, les trois pays de l’AES : Mali, Burkina Faso et Niger ont affirmé leur volonté de quitter l’organisation sous régionale. Mais il a fallu un an pour que ce retrait soit effectif conformément aux textes de la CEDEAO. Au cours de ces douze derniers mois, on l’a assisté à une série d’actions de part et d’autre. On pourrait ainsi qualifier la relation entre l’AES et la CEDEAO de Je t’aime, moi non plus ! Sans revenir sur les faits qui ont conduit à la rupture entre l’AES et la CEDEAO, sur lesquels nous nous sommes exprimés dans des écrits par le passé, nous nous focalisons sur les conséquences de cette rupture en mettant en exergue les perspectives sur les plans politique et économique.
● Sur le plan politique
Force est de constater que la création de l’AES en septembre 2023 a permis de rééquilibrer les rapports de force avec la CEDEAO. En effet, avant la création de cette entité, la CEDEAO avait une posture très hostile envers les pays en transition. Les sanctions contre le Mali et le Niger et surtout la menace d’intervention militaire dans ce pays en sont des parfaites illustrations. Depuis la création de l’AES, il faut dire que le ton a changé. Les discours au ton belliqueux ont laissé place au langage diplomatique. Les dirigeants de l’AES, s’appuyant sur une volonté souverainiste, ont su avoir l’adhésion d’une bonne partie de l’opinion publique ouest africaine. Cette posture souverainiste contraste avec celle de la CEDEAO jugée à tort ou à raison d’être un syndicat des chefs d’Etat. Il y a donc là une véritable différence sur le plan politique et surtout idéologique. D’un côté, les dirigeants de la CEDEAO, du moins dans les textes, estiment que la « démocratie » doit être la seule mode de gouvernance et que toute prise de pouvoir hors cadre constitutionnel est illégale. De l’autre côté, les dirigeants de l’AES pensent que la défense de la « souveraineté » doit être la boussole dans la conduite des affaires publiques. A terme, cette situation pourrait conduire à une redéfinition de nos grilles d’évaluation en matière de gouvernance. Néanmoins, il faudrait observer la situation politique dans l’espace AES. La défense de la « souveraineté » sera-t-elle une manière de se maintenir au pouvoir ? L’autre question sur laquelle les deux entités seront jugées est la suivante : le développement précède-t-il la démocratie ? Ce qui nous conduit au volet économique.
● Sur le plan économique
Sur le plan économique, il faut dire que l’incertitude demeure. Si la confédération de l’AES a annoncé dans un communiqué début décembre qu’il n’y aura pas de visas avec la CEDEAO, cette dernière reste pour l’instant silencieuse sur ses intentions. En effet, les conséquences économiques ne peuvent être évaluées que lorsque la CEDEAO affichera sa position. Il y a donc lieu de s’interroger sur ce silence diplomatique. Est-ce le signe que le sujet ne fait pas consensus parmi les pays membres ? Le prochain sommet ordinaire de l’organisation sous régionale est prévu en juillet prochain lors duquel la décision des chefs d’Etat pourrait être connue. Mais il n’est pas exclu qu’un sommet extraordinaire soit convoqué d’ici là. En tout état de cause, en prenant la décision d’assurer la libre circulation des personnes et des biens, l’AES espère la réciprocité. De notre point de vue, c’est l’hypothèse la plus probable. Cela pour deux raisons. Primo, il n’est pas assuré que les dirigeants de la CDEAO puissent décider à l’unanimité d’imposer le visa aux ressortissants de l’AES et d’augmenter les tarifs douaniers sur les marchandises. Il suffit de constater la posture du Togo et celle toute récente du Ghana pour s’en convaincre. Secundo, une telle décision aura inévitablement des répercussions sur l’économie dans différents pays de la CEDEAO eu égard aux volumes d’échanges entre ces deux entités. C’est ainsi que certains reprochent à l’AES de vouloir une CEDEAO à la carte, en se débarrassant des contraintes politiques tout en maintenant les avantages économiques. En somme, nous pouvons dire que cette rupture entre l’AES et la CEDEAO est avant tout idéologique.
Brehima SIDIBE Doctorant à CY Cergy Paris Université.
Habibatou Thiam est entrée dans l’histoire en devenant la première femme à atteindre le grade de colonel en Mauritanie. Médecin colonel de profession, elle incarne un modèle de détermination, de compétence et de leadership pour les jeunes femmes du pays.
Son parcours est un témoignage de résilience et de mérite, dans un domaine souvent dominé par les hommes. En plus de ses responsabilités militaires, Habibatou Thiam a contribué de manière significative à la médecine et à la santé publique au pays mettant ses compétences au service de la nation.
Ce grade, jamais attribué à une femme en Mauritanie, représente une avancée majeure pour l’inclusion des femmes dans les hautes sphères des institutions militaires.
Habibatou Thiam devient ainsi un symbole d’émancipation et une source d’inspiration pour les générations futures.
En brisant ce plafond de verre, elle ouvre la voie à davantage de femmes pour qu’elles s’affirment dans des rôles de leadership, que ce soit dans l’armée ou dans d’autres secteurs clés du pays.
RIMNOW /// Les forces de sécurité en Guinée-Conakry ont arrêté le partenaire des miniers et des pétroliers actifs au Sahel, le patron de MSS Security et de Global Aviation, l’homme d’affaires mauritanien Yacoub Ould Sidiya, à la suite de la disparition de quantités d’or.
Ils ont lancé également une enquête sur ce qu’elles suspectent être un présumé trafic de l’or au profit de l’ancien Président guinéen Apha Condé.
Sidiya avait formellement démenti en aout dernier voir des liens avec un quelconque blanchiment de l’or ou de réseaux opérant dans ce domaine, se décrivant comme étant « l’un des entrepreneurs régionaux exerçant une activité modeste dans le domaine du transport de l’or ».
J’ai des contrats avec les banques centrales dont la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), avait-il déclaré.
Yacoub investit dans le domaine de la vente et du transport de l’or en Afrique de l’Ouest et dispose de contrats dans ce domaine avec plusieurs sociétés internationales, rappelle-t-on.
Depuis Février 2022, 4 ressortissant du village de Diougoutouro sont arbitrairement arrêtés et séquestrés à la prison de Seilibaby suite à une nébuleuse affaire de coups et blessures survenue nuitamment sur la personne de Balla Gandéga représentant du chef de village. Cette regrettable attaque contre la personne du maire a intervenu suite à la réception par ce dernier en tant que représentant du chef de village d’un lot de matériel et de médicaments offert par des ressortissants du village proches du Mouvement abolitionniste Ganbanaxu en présence du Hakem. Déjà quand le lot est arrivé certains membres du village se réclamant de la notabilité s’étaient opposés à sa réception pour signifier leurs différents avec le mouvement Abolitionniste. Monsieur Balla Gandega connu pour son esprit de paix et de concorde a lui décidé contre l’avis de plusieurs de ses parents de recevoir le lot de matériel et de médicaments en présence du Hakem. A cette occasion Balla Gandega prononcera un discours de remerciement à l’endroit des généreux donateurs. Deux jours plus tard, Monsieur Balla Gandega sera retrouvé battu et abandonné hors du village. Depuis cet incident malheureux et regrettable qui a finalement couté la vie à notre magnanime frère Balla Gandega , les autorités ont procédé à l’arrestation de 4 ressortissants du village tous membres du mouvement abolitionniste Ganbanaaxu. Suite à cette affaire aux relents de règlement de compte sur base d’une fausse et honteuse accusation contre des citoyens innocents, le collectif des associations de lutte contre l’esclavage qui s’est réuni ce Jeudi 14 Novembre à l’hôtel AZALAI sous l’impulsion de SOS Esclaves, dénoncent avec fermeté ces arrestations arbitraires et totalement absurdes de ces jeunes innocents dont le seul tort c’est d’avoir osé remettre en cause le système d’esclavage par ascendance qui prévaut dans l’ensemble des communautés negro africaines et particulièrement dans la communauté Soninké. A cet effet, le collectif des organisations de lutte contre l’esclavage en Mauritanie exige : La libération immédiate et sans conditions de l’ensemble des détenus ainsi que La conduite d’une enquête indépendante et juste pour déterminer les véritables assassins qui ont lâchement ôté la vie à notre honnête compatriote Gandega Fait à Nouakchott, le 14 Novembre 2024 Les Organisations Signataires : SOS-Esclaves AMCM AMP AFCF AMEES USD Sana For Development and Human Rights Fondation Sahel IRA CLODH Forum NKTT Nord Armepes-France
Senalioune – La nouvelle loi réglementant l’immigration en Mauritanie est entrée en vigueur après sa publication au Journal officiel, avec une loi créant un tribunal spécialisé dans la lutte contre l’esclavage, la traite des êtres humains et le trafic de migrants.
La nouvelle loi numéro : 038 – 2024, qui a été publiée dans le numéro du JO 1568, prévoit des peines allant de six mois à deux ans de prison pour quiconque utilise des documents avérés faux ou falsifiés, ou obtient ces documents avec un fausse identité ou utilisant des données d’état civil falsifiées, ainsi que toute personne ayant falsifié un visa consulaire, une fausse garantie de retour au pays, une dispense de sûreté, un faux contrat de travail ou une fausse carte d’identité étrangère.
La loi punit également de la même peine quiconque contrefait l’un de ces documents authentiques, ou utilise l’un des documents ci-dessus artificiels ou falsifiés.
Ladite loi prévoit que tout étranger qui commet une des violations de la législation mauritanienne réglementant l’immigration et le séjour sera automatiquement expulsé du territoire national, et interdit d’entrée pour une durée allant d’un (1) à (10) ans, sur la base du pouvoir discrétionnaire de l’autorité administrative compétente.
La loi punit également d’une amende de 500 mille anciens ouguiyas à 5 millions, et d’un emprisonnement de deux (2) à six (6) mois, ou de l’une de ces deux peines, quiconque entre sur le territoire national sans passer par l’un des passages officiels spécifiés par les autorités compétentes, ou réside dans le pays d’une manière violant les dispositions de la réglementation sur l’immigration, en particulier celles liées à la résidence.
Cette loi incrimine et punit de la peine précédente toute personne qui prête aide et assistance à toute personne en vue d’entrer ou de séjourner dans le pays de manière frauduleuse, en sa connaissance.
Cette mesure s’applique également à toute personne qui ne respecte pas les exigences sanitaires stipulées dans les dispositions en vigueur, en plus des étrangers qui ont violé l’interdiction d’entrée ou de séjour dans des zones ou des lieux déterminés, ou qui ont statué sur l’expulsion des mêmes zones ou lieux, sans préjudice des procédures d’expulsion qui peuvent être prises à l’encontre de tout étranger dont la présence ou l’activité est susceptible d’entraîner un trouble à l’ordre public.
La loi punit aussi des mêmes sanctions les étrangers qui enfreignent l’une des dispositions de la réglementation sur l’immigration liées à l’exercice d’une activité professionnelle.
La loi relative à la création d’un tribunal spécialisé dans la lutte contre l’esclavage, la traite des êtres humains et le trafic de migrants prévoit quant à elle la création d’un tribunal de première instance à compétence nationale basé dans la wilaya de Nouakchott Ouest, composée de deux formations dont une collective de trois juges, et la seconde est individuelle, comprenant le président du tribunal ou son délégué.
Cette loi stipule dans son article : 11 que les tribunaux de première instance abandonnent les affaires en cours portées devant eux et qui relèvent de la compétence de ce tribunal, dès l’entrée en vigueur de la loi, et que les affaires sont déférées au nouveau tribunal par le ministère public compétent.
La première loi a été signée par le président Mohamed Ould Ghazouani, son Premier ministre Mokhtar Ould Diay et le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, tandis que la seconde a été signée par le Président, son Premier ministre et son ministre de la Justice Mohamed Mahmoud Ould Boya.
NB : Traduction non officielle des parties du texte relative à la loi non encore accessible dans sa version française
Plusieurs militaires tchadiens ont été tués et d’autres blessés lors d’un « accrochage » samedi entre l’armée et des miliciens du mouvement islamiste Boko Haram.
Fin octobre, une attaque du groupe djihadiste Boko Haram contre une base militaire de la région du lac Tchad avait fait une quarantaine de morts parmi les militaires tchadiens. En riposte, le président Déby avait « personnellement » lancé une opération baptisée « Haskanite », qu’il a dirigée depuis la province du lac Tchad pendant deux semaines.
Samedi, lors d’un accrochage et après quelques heures de combat, « plusieurs éléments terroristes ont été neutralisés » selon l’état-major tchadien.
« Plusieurs haut gradés sont tombés » Mais l’accrochage qui a eu lieu vers 15 h locales sur l’île de Karia, au nord-ouest de Kaigakindjiria, dans la province du lac Tchad, a tourné à l’avantage des djihadistes qui ont infligé des pertes aux forces gouvernementales.
Samedi dans la soirée, plusieurs médias locaux ont relayé des listes de noms de militaires tchadiens, pour certains de haut gradés tués (dont deux généraux) ou blessés (dont deux autres généraux).
Ce dimanche, des pages Facebook liées à l’ethnie zaghawa – à laquelle appartient le président Déby – ont annoncé la mort d’une dizaine d’officiers de leur communauté dans ces combats. « Plusieurs haut gradés sont tombés. D’autres ont été blessés et évacués à la garnison militaire de N’Djamena », a indiqué un officier de l’état-major sous couvert d’anonymat.
Pour sa part, dans un communiqué diffusé samedi avant son départ pour l’Arabie saoudite, le chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a rendu hommage aux « martyrs » tombés samedi, sans donner des précisions.
Malijet – L’afflux en Mauritanie de réfugiés fuyant l’insécurité au Sahel a atteint « un seuil critique » et intensifie la migration clandestine vers l’Espagne et l’Europe, a déclaré lundi le ministre mauritanien de la Défense Hanena Ould Sidi.
Selon un récent rapport de l’agence dédiée de l’ONU (UNHCR), 275.000 réfugiés et demandeurs d’asile se trouvent actuellement en Mauritanie, pays d’environ 4,9 millions d’habitants.
Ils sont concentrés principalement dans le sud-est à la frontière avec le Mali, dont 112.000 enregistrés dans le seul camp de Mbera, saturé, dit l’agence. La majorité viennent du Mali, où ils ont fui l’insécurité et la faim, dit-elle.
La Mauritanie s’est signalée ces dernières années par sa stabilité par rapport au Mali, au Burkina Faso et au Niger, où prospèrent des jihadistes et autres groupes armés.
« Le flux des réfugiés sur le territoire mauritanien a atteint un seuil critique » en raison de la situation sécuritaire au Sahel qui « continue de se détériorer », a déclaré le ministre mauritanien de la Défense, qui recevait à Nouakchott son homologue espagnole Margarita Robles.
« La détérioration des conditions sécuritaires dans la région entraîne une intensification du flux de migrants irréguliers traversant la Mauritanie vers l’Espagne », a-t-il ajouté.
La Mauritanie est située sur la route maritime empruntée par des dizaines de milliers d’Africains pour tenter de gagner l’Europe via l’Atlantique. L’archipel espagnol des Canaries représente sur cette route la première porte sur l’Europe.
Au 15 octobre, 32.878 migrants irréguliers étaient arrivés aux Canaries par la mer, contre 23.537 au cours de la même période l’année dernière, selon le ministère espagnol de l’Intérieur. Le gouvernement espagnol s’emploie auprès des pays ouest-africains à endiguer le flux.
L’afflux de réfugiés « constitue une forte pression économique, sociale et sécuritaire sur les régions d’accueil » de la Mauritanie, a dit le ministre mauritanien. Face à cette situation, Nouakchott « souhaite renforcer ses programmes de coopération avec l’Espagne et l’Europe en général, en matière de migration sûre, ordonnée et régulière », a-t-il ajouté.
Nouakchott et Madrid se sont engagés fin août à coopérer pour lutter contre les passeurs de migrants illégaux vers l’Europe et favoriser la migration légale, lors d’une visite dans la capitale mauritanienne du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.
Le 27 septembre 2011, à Maghama, la gendarmerie a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques de Touche pas à ma nationalité qui ne demandaient rien d’autre que la citoyenneté pleine et entière pour tous les Mauritaniens au delà de leur appartenance raciale, ethnique ou tribale.
Le bilan est particulièrement lourd : Lamine Mangane, adolescent de seize ans est tué sur le coup, tandis que 8 autres enfants sont grièvement blessés et marqués à vie. Treize ans après cette tragédie, aucune enquête n’a été diligentée pour situer les responsabilités et les coupables courent toujours, s’ils n’ont été promus pour leur forfait.
Une plainte a pourtant bien été introduite par la famille du jeune homme assassiné, mais elle n’a été suivie d’aucun effet, bloquée par une justice aux ordres d’un système étatique fondé sur le racisme et l’esclavagisme.
La tragédie de Maghama est en effet une suite logique du permis de tuer du noir délivré aux représentants les plus zélés du système raciste et esclavagiste à travers la promulgation de la loi d’amnistie protégeant les auteurs des crimes contre la communauté noire pendant les années de braise.
Touche pas à ma nationalité ose espérer que vous vous ressaisirez, après un premier mandat qui n’a fait que creuser davantage le fossé entre les Mauritaniens, et que vous aurez le courage d’affronter les vrais problèmes qui minent l’existence de notre pays. Nous vous rappelons que l’unité nationale ne peut se construire sur le déni de justice et exigeons :
– L’ouverture d’une enquête interne visant à situer les responsabilités de la tragédie de Maghama
– L’indemnisation de l’ensemble des victimes
– La levée des obstructions empêchant le traitement de la plainte introduite par la famille Mangane ;
– L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993, cadre légal de toutes les exactions à l’endroit des Noirs de Mauritanie.
En espérant que vous mettrez les intérêts de la Mauritanie au-dessus de toutes les autres considérations, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations distinguées.
L’attaque spectaculaire (bipeurs et talkie-walkie explosés) que subit le hezbollah libanais ces derniers jours, nous montre la fragilité de certains milieux dans ce monde cybernétique. Si hier une certaine hégémonie technique a joué un rôle pour assoir la domination coloniale, aujourd’hui certaines nations disposent d’une haute technologie cybernétique pouvant leur permettre de déshabiller à distance un État dépendant et faiblard en technologie de pointe. À imaginer qu’on puisse faire exploser à distance tous les équipements informatiques militaires et civils d’un clic… et le bazar organisationnel et la panique générale qui vont en être provoqués. Un dénuement matériel propice à une autre domination…coloniale ou de grande dépendance. Il faut avoir les moyens matériels de sa souveraineté politique et militaire… sinon on se la joue avec moins d’arrogance.
L’Authentique – La toile s’affole depuis quelques jours face à l’ampleur du trafic de drogue en Mauritanie que d’aucuns qualifient déjà de plaque tournante de stupéfiants et de paradis pour le blanchiment de l’argent sale au Sahel.
Si l’impunité semble couvrir les cartels qui se sont développés d’une manière spectaculaire ces dernières années, le couperet des autorités s’abat souvent sur les lanceurs d’alerte, journalistes, blogueurs et activistes des réseaux sociaux qui dénoncent l’ampleur du mal plutôt que sur les barons.
Depuis quelques jours, il n’est question que du journaliste, blogueur et lanceur d’alerte, Abderrahmane Ould Wedadi. Au cours d’un live sur les réseaux sociaux, largement partagés et suivis par près d’un million de followers, il a fait une analyse jugée pertinente sur l’origine de la fortune soudaine et suspecte d’une famille soufiste.
Il s’agit d’une famille, dépositaire d’un ordre religieux dont les adeptes à travers l’Afrique de l’Ouest se comptent par millions.
On musèle les lanceurs d’alerte
Abderrahmane Ould Wedadi n’est certes pas le seul à se poser des questions sur cette soudaine émergence de cette famille qui en l’espace de deux ou trois ans est devenue la plus riche en Mauritanie. Ce sont des milliards d’ouguiyas qui ont été en effet dilapidés par cette famille en dépenses de privilèges au cours de cette courte période. Des centaines de voitures de haute marque, des dizaines de villas, des cadeaux à coups de millions, ont été en effet distribués comme de petits bonbons à des artistes, des journalistes, des troubadours, des poètes courtisans, des hommes politiques, à leurs épouses et à leurs progénitures.
Mieux, et contrairement à la tradition puritaine de cette respectable famille religieuse, la famille dont il est question a brisé un tabou en s’impliquant avec force dans le jeu politique, à coups de centaines de millions, voir un milliard versé lors de la dernière campagne présidentielle.
D’aucuns, dont Abderrahmane Ould Wedadi, soutiennent que cette générosité excessive envers les tenants du pouvoir n’a pour objet que l’achat du silence des autorités.
En aucun moment en effet, les autorités mauritaniennes n’ont levé le plus petit doigt pour s’interroger sur ces milliards subitement sortis du néant, bien que ces fonds colossaux transitent pour la plupart par la Banque centrale et effeuillent le marché noir des devises.
C’est pour avoir lié l’origine de la fortune colossale et subite de la famille religieuse au trafic de cocaïne, qu’Abderrahmane Wedadi a été interpellé par la gendarmerie le samedi 14 août 2024 sur une plainte déposée contre lui par l’un des fils de la famille.
L’impunité face aux milliards de la drogue
Il faut dire que l’histoire de la drogue en Mauritanie défraie la chronique depuis plusieurs années, sans que le sort des dizaines de tonnes de stupéfiants saisis n’ait jamais été élucidé, et sans que les nombreux suspects soient restés longtemps en prison ou inquiétés. Entre des coups d’éclats entourant les saisies de quantités énormes de stupéfiants et les centaines d’arrestations opérées par la police ou la gendarmerie et l’impunité des auteurs qui s’en suivent, la question de la drogue en Mauritanie se perd entre des procès sans issus, des évasions spectaculaires de présumés auteurs et des libérations suivis de classement des dossiers sans raison juridique valable.
La Mauritanie n’est pas certes le seul pays au monde où la maffia de la drogue tisse ses toiles, inondant de ses tentacules le monde politique, celui des affaires et de la haute finance.
Quelqu’un a affirmé que certaines grandes familles mafieuses mauritaniennes ont leurs propres banques pour faire circuler leur argent, pour le blanchir er le réinvestir dans l’économie. Il suffit de voir comment les villas et les hôtels poussent comme des champignons dans les grandes villes, comme à Sahraoui à Nouakchott ou le quartier Dubaï à Nouadhibou. Combien fleurissent les usines frigos dans la zone industrielle de la Baie de Repos, les banques sur l’Avenue Médian et sur l’Avenue Mokhtar Ould Daddah. Maintenant, les cartels de la drogue mauritaniens investissent dans l’immobilier aux Iles Canaries, au Maroc, en France, etc. Il suffit juste de se promener sur l’Avenue Mesa Y Lopez en Espagne pour voir où est passé l’argent de la drogue. La lutte contre l’argent du crime organisé en Mauritanie ne peut se faire tant que certains responsables continuent de faire le jeu des gros barons de la drogue.
Une longue histoire entre la Mauritanie et la drogue
Le 12 août 2024. La police arrête 5 personnes dont 3 étrangers pour détention de cocaïne et plus de 6 tonnes d’alcool. Un officier de police connu pour son engagement, parmi ceux qui ont été à l’origine de cette saisie, est interpellé pour avoir dénoncé dans une vidéo l’implication de policiers dans la protection des trafiquants.
Le 10 octobre 2023. Une importante quantité de drogue, 15,5 kilogrammes de drogue, est saisie par la police à Bababé dans la Wilaya du Brakna.
14 août 2023. Le chef du bureau national chargé de la lutte contre le trafic de drogue et les produits psychotropes, l’officier El Hacen Ould Samba a déclaré au cours d’un entretien avec l’Agence mauritanienne d’information (AMI), que l’approche sécuritaire mise en place a permis, au cours des 6 premiers mois de cette année, à démanteler quatre cellules de vente de drogue et l’élaboration de 101 procès-verbaux pour le déferment devant la justice de 156 suspects dont 133 mauritaniens, la saisie de 12.023 grammes de haschisch et 7089,48 g de résine de cannabis.
23 juin 2023. Le procureur de la République de Nouakchott-Ouest, M.Ahmed Abdallahi El Moustapha, a annoncé que la marine nationale a pu, après des opérations de repérage, de suivi et de surveillance de quelques jours, détecter, intercepter et arrêter un navire dans les eaux territoriales mauritaniennes transportant une cargaison de drogues à haut risque de 1 218 kilogrammes de cocaïne.
12 avril 2020. L’armée mauritanienne annonce avoir intercepté une bande de trafiquants d’armes et de drogue qui se déplaçait sur la frontière avec le Mali. L’opération avait permis la destruction de deux voitures Toyota Land Cruiser, l’arrestation de sept trafiquants, la confiscation d’une Toyota Land Cruiser, d’une arme Kalachnikov, de quatre chargeurs Kalachnikov munis de munitions, un Téléphone Thuraya, trois téléphones portables et 700 kg de drogue.
1er avril 2019. Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la grande délinquance financière (OCRGDF) avaient démantelé à Paris, un nouveau réseau de collecteurs, maliens et mauritaniens, qui blanchissait l’argent de la drogue en écoulant des médicaments en Mauritanie.
25 février 2016. Alakhbar rapporte que durant la période 2014-2015, des Mauritaniens et un Vénézuélien ont été arrêtés en Mauritanie. Le réseau disposait de bateaux, de pirogues et d’avions pour transporter la drogue de la Colombie ou du Venezuela, en Amérique latine, vers la Mauritanie, la Guinée Bissau et le Nord du Mali, en Afrique de l’Ouest. Carlos, un vénézuélien de 72 ans, interpelé en Mauritanie à la veille de la célébration de l’indépendance du pays, serait l’une des principales figures du réseau. Il avait déjà effectué un premier séjour de deux mois en Mauritanie, en mars 2014, sur invitation d’un membre du réseau, un Mauritanien du nom de Maloum Ould Ahmed. Ce dernier se rendait en Colombie pour préparer des cargaisons de drogue à acheminer vers la Mauritanie. Carlos, ce pilote vénézuélien à la retraite coordonnait l’acheminement de la drogue de la Colombie vers la Mauritanie et touchait jusqu’à 200 Mille Euros de commission. Parmi les autres figures du réseau on note, Amar Al-Azwadi, accusé par Sidi Mohamed Ould Haidalla de vouloir l’impliquer dans la récente affaire de trafic de drogue dont l’éclatement a abouti à une dizaine d’arrestations. Il y avait aussi, parmi les membres du réseau, Mohamed Yedali, Mohamed Bouya Ould Ledhem, et un deuxième Vénézuélien du nom de Lotcher. Et on compte dans le réseau Barkall Ould Ikrimeckh qui a été gracié, en 2011, par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
28 décembre 2016. La Sûreté régionale du Brakna démantèle un réseau menant des opérations d’infiltration et de trafic de drogue auprès des populations carcérales au niveau de Nouadhibou et du Brakna. Neuf personnes sont arrêtées à Bogué et à Nouakchott.
16 septembre 2011. Le président de la Cour d’appel de Nouakchott a été radié et quatre magistrats ont été sanctionnés, après avoir fait libérer des personnes condamnées pour un très important trafic de cocaïne. La Cour suprême a annulé cette décision et ordonné la remise en prison de prévenus. Mais entretemps, trois d’entre eux ont fui : deux Mauritaniens, l’homme d’affaires Mini Ould Soudani et le commissaire de police Sid’Ahmed Ould Taya, ancien correspondant d’Interpol en Mauritanie et un franco-africain, Eric Walter Amegan, au parcours pour le moins surprenant. Ces personnes ont été arrêtées après la découverte d’un minibus contenant 760 Kilos de cocaïne en août 2007. Pourtant, à l’issue de leur procès en 2010, Eric Walter écope de 15 ans de prison puis est acquitté en juillet 2011 par la Chambre criminelle de la Cour d’Appel de Nouakchott.
Janvier 2009. La brigade maritime de gendarmerie de Nouadhibou trouve à bord d’un bateau de pêche 9,6 kilos de cocaïne destinée à une personne résidant en Espagne.
Le 31 mai 2007. Saisie de 630 kilos de cocaïne d’une valeur de 20 millions de dollars dans la nuit du 1er au 2 mai 2007 déchargés d’un avion de tourisme en provenance de Venezuela sur le tarmac de l’aéroport de Nouadhibou. L’équipage est parvenu à s’enfuir délaissant leur marchandise qui devait être stocké dans une villa à Nouadhibou avant son transbordement vers l’Europe. Sept personnes, des Mauritaniens, deux Français et un Marocain avaient été arrêtés mais pas le cerveau du groupe, Mohamed Ould Haidalla qui a été mis en cause par les enquêteurs, dont des membres d’Interpol. Dans cette affaire, un éminent homme politique avait été longtemps interrogé puis relâché, tandis qu’on évoquait l’implication du président du patronat mauritanien de l’époque. Un directeur de journal qui avait parlé de l’affaire a été poursuivi pour diffamation.
19 mai 2007. Les autorités judiciaires ont annoncé le démantèlement d’un réseau de trafic de drogue et la saisie de 1,5 tonne de stupéfiants. La quantité saisie est du chanvre indien, introduite en Mauritanie à l’aide d’une pirogue, depuis l’Océan Atlantique. Ont été arrêtées 6 personnes, y compris le cerveau du réseau, de nationalité étrangère.
En 2006, un groupe de jeunes Mauritaniens a détourné en pleine mer un cargo colombien contenant plus de huit tonnes de cocaïne. Personne n’a jamais été condamné dans ces affaires.
En 2002, partie de Nouadhibou, son port d’attache, une puissante vedette était interceptée par une patrouille franco-espagnole, alors qu’elle s’apprêtait à récupérer deux tonnes de cocaïne d’un navire en provenance d’Amérique latine.
En 1996, signalé par Interpol, un navire danois transportant près de 7 tonnes d’héroïne, pour un montant de 500 millions de dollars, avait été arraisonné dans le port de Nouakchott, la capitale.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.