● Le mot d’ouverture du président d’IRA-France | Par M. Mohamedhine DAH ZAHAF

Bonjour en 2024, année de notre succès !

Au nom de l’ensemble des militants et sympathisants de la section d’IRA Mauritanie en France, je souhaite la bienvenue aux personnalités, camarades et à nos partisans d’obédience diverse et de toute nationalité, en particulier les animateurs de la société civile. Je vous sais gré d’avoir honoré notre invitation et, ainsi, bravé les rigueurs du frimas parisien.

Votre affluence nous honore et atteste de votre sensibilité et de l’intérêt que vous portez à notre cause commune : nous célébrons la liberté et l’égalité des humains partout dans notre monde mais aussi la fraternité, troisième mot d’une si belle devise.
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Notre sujet d’aujourd’hui revêt une importance particulière pour les populations de l’Afrique de l’Ouest, région où persistent les pratiques esclavagistes les plus abjectes. Le sujet nous interroge sur les origines, l’état des lieux et les éventuelles solutions afin de venir à bout d’une injustice encore tenace au 21ème siècle. J’ai nommé l’esclavage traditionnel, si différent de la traite atlantique, si semblable à la traite orientale.

Le cœur saturé d’espérance et de fierté, je vois, ici, autour de la projection-conférence, mes aînés et guides sur le chemin ardu de l’émancipation. Je suis confiant qu’ils vous édifieront bien mieux que je ne saurais y parvenir.

Je suis enfin très honoré par la participation, aujourd’hui, de ma chère sœur, la vaillante combattante, Laila Ahmed Khalifa, épouse de notre leader abolitionniste Biram Dah Abeid, En Mauritanie, certains, malgré sa jeunesse, la surnomment « la Maman des Esclaves », tant elle a consenti du temps, de l’énergie et de la bienveillance, à accueillir, soutenir, secourir, encadrer et suivre nombre de nos sœurs et frères, soustraits aux griffes de leurs maîtres, parfois en bas âge.

Je la félicite surtout du succès scolaire récent des deux jeunes frères Yarg et Saïd qui ont embrassé leur destin d’enfants libres comme nombreux d’autres, grâce aux efforts et luttes des braves du mouvement IRA. Leila les a pris en charge, du début de la scolarité jusqu’à leur réussite. Qu’elle accepte, je la prie, de recevoir l’expression de notre gratitude !

Je vous souhaite, à toutes et à tous, un débat agréable et fructueux, toujours empreint de franchise. Ici, nous discutons sous l’égide protectrice de la République, loin de nos tyrannies tropicales. Alors, ni crainte ni autocensure !

Je vous remercie !

Mohamedhine DAH ZAHAF

Président d’IRA France Mauritanie

Paris 6 janvier 2024

● Non à l’immigration clandestine | Par Korera Brahim, écrivain

La jeunesse mauritanienne est au bord du gouffre. En effet, 2023 était considéré comme une année de l’immigration pour elle.

Plus de 10.000 Mauritaniens sont partis aux États-Unis, dans des conditions inimaginables, si l’on en croit certaines sources. C’est vraiment regrettable, car parmi ces jeunes, il y avait des étudiants qui auraient pu être des cadres pour ce pays , malheureusement pour eux et pour la Mauritanie.

Même si aujourd’hui, l’appétit de partir aux États-Unis a considérablement diminué chez nos jeunes, toutefois ils partent quand même au compte gouttes. Pour voyager de manière illégale au pays de l’Oncle Sam, il faut avoir plus de 7000 dollars américains. Et cette somme astronomique n’est pas facile à trouver pour tout le monde.

C’est pourquoi, les jeunes Mauritaniens ont opté aujourd’hui pleinement pour un voyage moins coûteux sur le plan financier ( 60.000 mru) mais très coûteux en vie humaine. Dès 15 décembre 2023 au 02 janvier 2024, beaucoup de jeunes Mauritaniens ont perdu la vie en voulant traverser la mer méditerranée par les pirogues.

Les larmes de leurs mamans ne sont pas encore sèches, cependant ils continuent toujours de prendre tranquillement cette route du cimetière à ciel ouvert. En me basant sur les publications quotidiennes d’une seule semaine: 26/ 12/2023 au 02 /01 / 2024 de Madame Hélèna Maleno Garzôn, une journaliste, chercheuse et spécialiste en immigration, hispano-marocaine, j’ai pu comptabiliser 1571 personnes qui ont pris les pirogues en Mauritanie et elles sont arrivées dans les différentes villes espagnoles.

Parmi ces 1571 personnes, il y a 110 mineurs et 44 femmes. D’une part, je n’ai pas le moyen matériel pour empêcher cette jeunesse d’aller mourir en mer. D’autre part, je demande quand-même respectueusement au Ministre de l’intérieur de chercher des solutions efficaces pour freiner cette jeunesse inconsciente d’aller affronter directement et volontairement la mort. Je demande respectueusement aussi aux imams de sensibiliser les jeunes sur le danger de l’immigration clandestine.

Enfin, pour ceux qui pensent que l’Europe est synonyme de paradis ,détrompez-vous car aujourd’hui, il y a le chômage partout dans le monde. Soyez des hommes, croyez en vous et croyez à votre pays. Certains jeunes justifient l’immigration massive par le mal gouvernance. Ce n’est pas le cas puisque l’immigration est d’abord un phénomène psychologique car comment comprendre une personne qui possède plus de 300 .000 mru dans son compte bancaire prennent des risques inutiles ?

Brahim Mamadou Korera
Écrivain

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● L’institution de l’opposition accusée de détournement de l’argent public

Madar – Au cours d’un débat avec la presse organisé mercredi soir à Nouakchott par l’Union des Forces de progrès (UFP), Me Lô Gourmo Abdoul vive-président du parti a affirmé que l’institution de l’opposition démocratique n’a jamais eu d’existence réelle et l’UFP à qui devait revenir à l’époque le Secrétariat Général et le RFD avaient été sciemment exclus.

Selon le professeur Lô, les dirigeants de cette institution avaient détourné de l’argent public. Et il a invité l’Inspection Générale de l’Etat d’ouvrir un audit à ce sujet. Une plainte a déjà été déposé au Conseil Constitutionnel, a-t-il révélé.

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● Appel à l’ouverture d’un centre culturel mauritanien à Paris pour la promotion des arts et des cultures

Senalioune – De nombreux Etats d’Afrique et d’Asie ont généreusement bénéficié d’espaces accordés par la France pour ouvrir des centres culturels dont l’objectif est de renforcer les liens culturels entre cette métropole et ces pays d’outremer.

Un pont culturel qui s’est avéré d’une extrême importance pour les citoyens de ces différentes contrées pour mieux se connaitre, se rapprocher et prospecter les terrains communs de culture et de communication pour promouvoir leurs relations culturelles et humaines.

Bien que lié à la France par des liens de très longue date et le français constitue pour la Mauritanie une seconde langue d’expression au niveau de l’administration, des arts, de l’éducation, de l’éducation, cette dernière ne dispose malheureusement pas encore d’un centre culturel dans la capitale française Paris, dont elle pourrait généreusement bénéficier si elle en exprime le besoin et que ce dernier atterrit dans Les Champs Elysées, comme cela a été la règle pour tous les centres culturels qui ont pignon sur rue à Paris.

Il urge par conséquent pour les autorités mauritaniennes habilitées, Son Excellence le Président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Culture de combler ce vide.

C’est d’autant plus vrai que la Mauritanie à une vaste et riche patrimoine et culture à faire connaitre, à promouvoir et à communiquer au monde pour présenter cette belle image qu’elle incarne et qui se trouve déformée, en raison de l’absence de cette vitrine culturelle, de ce miroir brisé de la terre de l’hospitalité, de la stabilité, de l’économie florissante, du Paradis fiscal et culturel, de la diversité culturel, de trait d’union entre l’Afrique et l’Europe et dont les élites parlent le français avec éloquence et passion.

Contexte

Le Conseil des ministres avait adopté le mercredi 27 décembre 2023, un Projet de décret portant statut des professionnels de l’Art en Mauritanie.

Ce projet de décret vise, selon le communiqué ministériel à établir un cadre juridique et organisationnel favorable à l’encouragement des artistes, en vue de créer les conditions adéquates pour l’épanouissement de l’Art, en harmonie avec la vision du Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour le développement culturel du pays.

Il définit par ailleurs la notion d’art et d’artiste et crée une structure organisationnelle appelée «Conseil des professionnels de l’art en Mauritanie».

Ledit projet de décret, qui prévoit la création du conseil des professionnels de l’Art en Mauritanie, permettra, selon le ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, M. Ahmed Sid Ahmed Ould Dié, de combler le vide relatif à l’absence d’un cadre organisationnel des professionnels de l’Art, favorable à l’encouragement des artistes, en vue de créer les conditions adéquates pour l’épanouissement de l’Art.

Il est également destiné à favoriser le rôle des artistes traditionnels dans la valorisation et la protection du patrimoine culturel national.

Un projet de décret qui vient à point nommé

L’adoption par le gouvernement du Projet de décret portant statut des professionnels de l’Art en Mauritanie a été largement saluée par les milieux de la culture en général et du patrimoine et l’Art en particulier.

Ce projet de décret vient à point nommé, reconnait l’artiste plasticien mauritanien Mael Ainine Sidi Ethmane, qui mené depuis des années une lutte de longue haleine pour vulgariser l’art mauritanien et la culture en plein cœur de la capitale française Paris.

C’est un projet qui permettra de saisir l’opportunité d’or pour la Mauritanie pour rayonner par ses arts et cultures en France, en sollicitant au Président français un espace pour y ériger un centre culturel, qui servira de cadre approprié réunissant toutes les conditions adéquates pour ’épanouissement de l’Art, conformément à l’esprit dudit projet de loi.

Projecteurs sur l’artiste plasticien mauritanien Mael Ainine Sidi Ethmane

Mael Ainine connait Paris comme sa poche. Cette capitale française, réputée par son caractère unique et particulier d’être le plus grand centre culturel artistique et historique du monde et vers laquelle, tous les amoureux et passionnés de l’art de la mode affluent au quotidien.

Mael Ainine, ce surdoué de la peinture dont les tableaux passionnent les visiteurs de tout bord et dont certaines toiles se trouvent accrochées aux sièges de l’Ambassade de Mauritanie et de l’UNESCO à Paris, a dédié depuis des années son art pour vulgariser la culture et les artistes de son pays.

Son plus cher vœu qui le hante depuis des années est de renforcer son art charmeur, sa dextérité de communicateur et sa renommée d’artiste ouvert à toutes les cultures au service de la Mauritanie.

Mon pays a un grand et génial intérêt à être activement présent dans cet exceptionnel environnement culturel issu de plusieurs pays du monde qu’offre Paris, pour promouvoir leurs cultures, leurs arts et leur tourisme, parvenant à capitaliser ce « paradis » culturel inestimable, confie-t-il.

Des pays de tous les horizons qui se bousculent pour s’installer dans cette métropole où la vie du savoir et de la connaissance est dense, conférant à Paris, le premier rang mondial de l’attractivité culturelle et artistique, ajoute Mael Ainine.

Sans encore arriver à l’objectif principal à travers lequel, il pense propulser à succès l’art, la culture et le tourisme à l’international, l’artiste manifeste une conviction dans ses ambitions dans ce projet dont la Mauritanie a grand besoin.

« C’est dans cet environnement prometteur à plus d’un titre que la Mauritanie، pays arabo-africain، avec de riches atouts historiques classés comme patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO entre autres، devrait installer un centre culturel، pour vulgariser nos arts, notre culture et montre au monde la capacité compétitive de notre belle offre touristique, toujours sous-exploitée, afin d’y installer un espace convergent pour la promotion de nos us et coutumes, de notre culture arabo-africaine, de nos arts et de notre tourisme, à l’instar d’autres Etats de la sous-région tels que le Maroc et la Tunisie au Nord et le Sénégal au Sud.

Ainsi pour dire et partant de cet projet de loi et sa vocation d’’épanouir l’Art, en harmonie avec la vision du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, je prie Son Excellence, par le biais de l’Ambassadeur à Paris et la Déléguée permanente à L’UNESCO dans la capitale françaises de concrétiser ce vœu sur le terrain de la réalité, en sollicitant au Président Emmanuel Macron un espace culturellement stratégique, à Paris avec la perspective d’avoir sans aucun doute un excellent impact pour la promotion de notre image à tous les niveaux

La Mauritanie n’a pas seulement à promouvoir ses arts, mais également son potentiel minier, pétrolier, aurifère, touristique, archéologique, ses cités du patrimoine, ses musées, ses plages, ses vastes déserts et ses monts.

Le pays dispose du plus long train minéralier dans le monde, de l’énigmatique dôme de Richat, ou « œil de l’Afrique », de près de 750 km de plage sur l’océan atlantique sans mur en béton de plus, de ses vastes déserts et ses monts.

Pour la seule région de l’Adrar, le célèbre Journal français « Le Monde » lui témoigne ce qu’il appelle « cinq sites naturels à couper le souffle dans le désert de l’Adrar », citant à ce propos, la passe d’Amogjar, un décor de cinéma, Zarga, le relief multicolore, la passe de N’Tourvine, un air de western saharien, la Vallée Blanche, paradis de la démesure et l’Amatlich, une mer de dunes à perte de vue.

Une chance sacrée pour la Mauritanie pour ériger un centre culturel en plein cœur de cette métropole des cultures et des civilisations.

Un centre qui permettra de déconstruire par ailleurs, cette fausse image que certains étrangers ont de la Mauritanie, perçue par certains Etats occidentaux de pays de l’obscurantisme, du terrorisme, de la violence, …

Le projet du centre culturel en question sera également le miroir des activités culturelles organisées dans le pays dont les festivals des cités du patrimoine, les veillées du Medih, les journées du fleuve, le festival de la culture Soninké…etc.

Il sera aussi le reflet du tourisme florissant dans le Nord du pays, avec l’opportunité d’intéresser la Mauritanie à d’autres citoyens du monde à cette destination convoitée et pour laquelle, l’Etat s’investit afin d’attirer les touristes et de faire décoller ce secteur qui n’a pas encore atteint son apogée en termes de rendement, pour contribuer à l’essor de l’économie nationale.

Mohamed Ould Mohamed Lemine
mdhademine@yahoo.fr

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=771331&fbclid=IwAR2FiFTDdC8HlKTRkdXO8bmTlNA_lnZWU0EK3WBHSb7vJOSeX7AXFX7HOGQ

● Qui est Ousmane SAO ? Nous n’avons plus à le présenter ! [Rmi-info]

Qui est Ousmane SAO ?

Nous n’avons plus a le présenter !

Un résumé de c’est réalisations et engagements :

Identité et origines :

Il s’appelle Sao Ousmane et de nationalité mauritanienne.

Originaire de la vallée du Fleuve dans la région de Gorgol (Kaédi).

Engagement associatif :

Il est un membre actif de l’association Fedde Hirnangue Bossoya, qui regroupe plusieurs villages autour de Kaédi.

Il est le coordinateur général de l’association des jeunes du village de Jooke en Europe.

Un sympathisant actif de plusieurs autres associations humanitaires nationales et internationales
en France.

Il préside l’association Cadre de Concertation et de Dialogue des Mauritaniens de la Diaspora
(CCDMD), une association basée en Europe qui vise à renforcer les liens entre tous les Mauritaniens
de la Diaspora, avec des membres disséminés sur tous les continents.

Parcours académique :

Ousmane SAO a fait ces années de primaires, secondaires et universitaires à Nouakchott.

Réside en France pour des études doctorales.

Il est depuis quelques années basé en France, titulaire de deux doctorats :

Le premier en Géologie du quaternaire, avec un double focus sur la reconstitution des paléoenvironnements et la protection du patrimoine culturel mauritanien.

Le second en sociologie politique et relations internationales, intitulé Organisation des Unités sociopolitiques, culturelles et juridiques de la population mauritanienne et relations internationales.

C’est un parcours très riche et diversifié, mêlant engagement associatif, recherche académique et promotion de la culture mauritanienne. Bravo pour tout ce que tu as accompli docteur Ousmane SAO.

Oui, je le dis haut et fort Monsieur Sao Ousmane, avec son profil, son expérience et ses diplômes, pourrait potentiellement représenter la Mauritanie à l’UNESCO en tant que cadre.

Doté d’un impressionnant bagage académique, serait un candidat idéal pour occuper le poste de conseiller culturel à l’UNESCO. Ses multiples diplômes et son expertise
lui confèrent les qualifications nécessaires pour contribuer de manière significative à la promotion et à la préservation de la diversité culturelle au sein de cette organisation internationale.

Ousmane SAO fut en 2019 conseiller chargé de communication auprès du directeur national de campagne du président de la campagne de Mohamed ould cheikh Ghazouani en France et en Mauritanie.

N’oublions pas l’appel du président Mohamed ould cheikh Ghazouani qui a déclaré sa flamme à la diaspora dans son programme.

Sa solide formation académique, ses multiples diplômes et son expertise
font de lui un candidat idéal pour contribuer de manière significative à la promotion et à la préservation de la diversité culturelle au sein de cette organisation internationale.

Abdoulaziz DEME

Paris le 14 décembre 2023

● Lien média https://rmi-info.com/qui-est-ousmane-sao-nous-navons-plus-a-le-presenter/?fbclid=IwAR1RpJPjulSP0atibPY_Y5KLHh0U46vMVN0IptqfiTWE8y3He87Ij3nu36w

● France Afro-diaspora | « Tu serais mort ou en prison » : pourquoi mon père m’a envoyé en Mauritanie à 12 ans [StreetPress]

Par Matthieu Bidan , Samuel Alerte

À 12 ans, Boubou a été envoyé en Mauritanie par son père. Le voyage qui ne devait durer que deux semaines s’est transformé en séjour de dix ans. Aujourd’hui CPE en Seine-et-Marne, Boubou raconte ce qu’il a vécu comme un arrachement.

« Récemment, j’ai appris qu’un ancien élève a été envoyé au pays, je l’ai vécu comme un échec. » Boubou, 38 ans, est conseiller principal d’éducation (CPE) dans un établissement de Seine-et-Marne. En plus des absences en cours et du comportement des élèves, il doit gérer d’autres cas, plus inattendus : l’envoi d’élèves dans le pays d’origine de leurs parents.

Au début des années 2000, Boubou croit partir en vacances deux semaines avec son grand frère. « Mais les vacances sont devenues dix ans », rembobine-t-il aujourd’hui devant la caméra de StreetPress. Là-bas, il est pris en charge par un ami de son père, un ancien ministre, qui devient son tuteur. Boubou se rappelle des premiers coups donnés par des instituteurs, de la « gamelle » partagée à plusieurs dans une maison où son tuteur accueille de nombreux candidats à l’émigration en France. Son histoire, c’est aussi celle d’un dialogue impossible avec son père sur les raisons de ce voyage.

« Je reçois encore des parents qui me disent : “S’il ne travaille pas, on va l’envoyer en Afrique. Et j’explique aux élèves mon parcours de vie. Je l’ai vécu, je sais ce que c’est. »

Envoyés au bled est une série de témoignages de StreetPress. De la banlieue parisienne au Mali, à la Côte d’Ivoire et à la Mauritanie, elle raconte le parcours de trois jeunes envoyés dans le pays d’origine de leurs parents au début des années 2000.

● Lien média https://www.streetpress.com/sujet/1703167333-serie-envoyes-bled-cpe-mort-prison-mauritanie-seine-marne

● Victime du Qatargate s’exprime sur les allégations selon lesquelles il a été empêché d’obtenir le plus grand prix des droits de l’homme [POLITICO]



Un militant anti-esclavagiste se dit « choqué » par les révélations de POLITICO sur l’influence présumée de la corruption sur le prix Sakharov de l’UE.



BRUXELLES – Un militant anti-esclavagiste s’est exprimé après que des politiciens soupçonnés de corruption aient prétendument conspiré pour l’empêcher d’être nommé pour le prix des droits de l’homme le plus prestigieux de l’Union européenne.

Biram Dah Abeid, qui fait campagne contre les violations des droits de l’homme en Mauritanie, était considéré comme un candidat potentiel au prix Sakharov en 2020. Parmi les anciens lauréats figurent le peuple ukrainien et Nelson Mandela.

Mais POLITICO a vu un document qui affirme qu’Abeid a été empêché de progresser dans le processus de nomination dans le cadre d’une campagne d’influence présumée menée par l’ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri et son ex-aide Francesco Giorgi.

Giorgi et Panzeri ont tous deux fait l’objet de poursuites préliminaires dans l’affaire dite du « Qatargate », le plus grand scandale de corruption qui ait touché les institutions européennes depuis des décennies.

Des fichiers divulgués de l’enquête de police, vus par POLITICO, suggèrent qu’Abeid a été exclu de la liste des candidats que le groupe des eurodéputés socialistes et démocrates allait proposer pour le prix, après que Panzeri et Giorgi soient intervenus.

Dans un onglet du tableur intitulé « Mauritanie », une entrée datée du 9 septembre 2020 mentionne un « Birame » – une orthographe alternative du nom d’Abeid – en référence au prix Sakharov. C’est à cette même date que le groupe S&D a annoncé sa liste finale de candidats, qui ne l’incluait pas.

« Birame est écarté des trois finalistes du groupe S&D », peut-on lire dans le document.

Des personnes ayant connaissance du processus en 2020 ont confirmé que M. Giorgi lui-même et des eurodéputés, y compris du groupe S&D, ont fait pression pour que M. Abeid reçoive le prix Sakharov cette année-là.

Choqué
Abeid, fondateur de l’Initiative anti-esclavagiste pour la résurgence du mouvement abolitionniste, a souvent été pris pour cible par le gouvernement du pays d’Afrique de l’Ouest, et a même été emprisonné en 2015 et 2018. Il a déclaré à POLITICO qu’il avait été « choqué et abattu » en apprenant les affirmations contenues dans les fichiers divulgués selon lesquelles il avait été empêché de concourir pour le prix.


« L’image du prix Sakharov a été très durement touchée », a déclaré M. Abeid à POLITICO. « Maintenant, nous savons tous que le prix Sakharov peut faire l’objet de négociations entre des acteurs puissants qui peuvent influencer la manière dont il est décerné.

Abeid s’est souvenu avoir rencontré Panzeri à plusieurs reprises entre 2013 et 2019.

« Il était extrêmement gentil, extrêmement sensible. Il m’a fait croire qu’il essayait de transmettre tout l’esprit humanitaire de l’Union européenne », a déclaré M. Abeid. « L’argent peut influencer ce prix. Et surtout l’argent corrompu. »

En 2020, M. Giorgi était l’assistant de l’eurodéputé Andrea Cozzolino, qui a également été inculpé dans l’affaire du Qatargate et qui nie toute implication.

Abeid avait déjà été présélectionné par le groupe socialiste en 2018. En 2020, le prix – qui est largement décidé par les trois plus grands groupes politiques du Parlement européen – a finalement été décerné à l’opposition démocratique de la Biélorussie. Des personnes familières avec les discussions en 2020 ont laissé entendre que M. Abeid n’était pas un favori cette année-là.

« Je savais que j’avais une chance de remporter le prix », a déclaré M. Abeid. « J’étais en très bonne position en tant que membre d’un mouvement de résistance et de dissidence. Je suis très étonné, très choqué ».

M. Abeid a déclaré que les autorités mauritaniennes l’avaient empêché de revendiquer ce qu’il pense être sa victoire légitime lors des élections présidentielles du pays – en 2014 et en 2019. Il a établi un parallèle avec Giorgi et Panzeri. « Les amis [de la Mauritanie] au sein de l’Union européenne, comme Panzeri, m’empêchent toujours de gagner », a déclaré M. Abeid. « Même si je représente la majorité des personnes qui souffrent encore de l’esclavage en Mauritanie. Il se présente à nouveau à la présidence en 2024.

M. Panzeri a déclaré à la police que lui et M. Giorgi avaient reçu chacun 100 000 euros de la Mauritanie entre 2019 et 2022. Cette affirmation est contestée par M. Giorgi, qui a déclaré aux enquêteurs qu’il ne recevait que 1 800 euros par mois de l’ambassadeur mauritanien à Bruxelles, officiellement à titre de loyer pour un appartement qu’il sous-louait à d’autres personnes.

Les documents de la police montrent que l’accord de Panzeri et Giorgi avec la Mauritanie a été conclu fin 2018 lors d’une réunion avec le président du pays de l’époque, Mohamed Ould Abdel Aziz. Le président, s’est souvenu Panzeri, a proposé que le duo travaille pour s’assurer que l’UE ne « parle pas mal » de la Mauritanie. Cela, a dit M. Panzeri aux enquêteurs, « pourrait être échangé contre de l’argent ».

Un porte-parole de la S&D a déclaré : « Nous ne commentons pas l’enquête judiciaire en cours, si ce n’est pour dire que nous sommes prêts à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires. Notre enquête interne n’a révélé aucun fait ou cas qui aurait dû être porté à l’attention de l’enquête. »

Les avocats de Giorgi et Panzeri et le gouvernement mauritanien n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

● Lien média https://www.politico.eu/article/qatargate-biram-dah-abeid-mauritania-giorgi-panzeri-european-parliament/

● Mauritanie 2023 : Les 10 plaies du 10 décembre [IRA-Mauritanie]

A l’instar des multitudes éprises de liberté, l’Ira célèbre, ce 10 décembre 2023, la journée mondiale des droits de l’homme. L’occasion de partager, avec l’opinion, le passif mauritanien en la matière, justifie une commémoration à la hauteur du défi. La lourdeur et l’ancienneté du contentieux requièrent un constat dénué de complaisance. Si l’on doit se réjouir de l’arsenal juridique et des tribunaux mis en place aux fins de pénaliser les crimes d’esclavage, l’on constate, cependant, qu’aucun criminel n’a été emprisonné ; le blanchiment d’infractions aussi graves et anachroniques reste l’unique option des autorités. D’ailleurs, les commanditaires et auteurs de tueries, de déportations à visée ethnique continuent à jouir de l’immunité, tandis que le nombre des préposées à la torture ne cesse de croître, d’une année à la suivante.

1. Pour ne citer que les exemples récents, l’on se souviendra de Souvi Jibril Soumaré, dit Ould Cheïne, assassiné le 09 février 2023 au commissariat de police de Dar Naim (Nouakchott sud). Les tortionnaires ont d’abord essayé de s’exonérer du forfait létal, avant de se rétracter sous la pression de la rue. L’officier de police judiciaire et les exécutants sous son commandement furent arrêtés et soumis à une instruction de justice ; néanmoins, les résultats tardent. Quelques mois après, survint, le 29 mai 2023, à Sebkha (Nouakchott ouest), à l’intérieur d’un bâtiment de la police et dans des circonstances de facture identique, le décès de Oumar Diop, natif de MBagne (sud). Devant la flagrance de l’abus, la colère s’est emparée d’une partie de la jeunesse urbaine, fragilisant davantage la cohésion de la société. Des centaines d’adolescents, d’ascendance subsaharienne, seront traqués et suppliciés, parfois à domicile, puis détenus durant 72 heures. Là aussi, la version officielle concluait à une mort, par arrêt cardiaque, à l’Hôpital national. Or, le personnel médical certifie avoir accueilli, aux urgences, un corps sans vie. Une sombre autopsie, effectuée au Maroc, viendra corroborer le récit tronqué. D’ailleurs et jusqu’à ce jour, le site Facebook de la direction de la sûreté continue d’afficher la thèse de deux accidents, alors même que le Parquet reconnaissait le caractère violent du premier homicide et ordonnait la mise à l’écrou des persécuteurs. A cause du poids de l’impunité et des réflexes grégaires de la médiocratie, la communication des organes en charge du maintien de la paix suit un cours spécifique, que caractérise l’autonomie envers les autres segments de l’Etat. A l’Etat de droit qui s’affiche, s’oppose l’Etat d’exception qui prévaut ; sous la façade des slogans et du zèle factice à signer et ratifier les conventions internationales, veille et se reproduit le monstre familier de la fraude, du double langage et des faux semblants. Le vernis est si mince. Si Janus devait se choisir un passeport, il s’enrôlerait en Mauritanie.

2. A la suite de la révolte devant la récurrence et la banalisation des brutalités racistes, le gouvernement, pris de court, s’empressa de suspendre, pendant quelques jours, l’accès à l’internet. Il s’agit, ici, d’un manquement délibéré à l’intégrité élémentaire de la personne, derrière lequel se profile, toujours, la volonté de réprimer en silence, loin des regards. Pire, lors
des protestations à Boghé (sud), Mohamed Lemine Alioune N’Daiye, né en 1996, a été abattu, d’un tir ciblé. Suivant une jurisprudence bien établie en République islamique de Mauritanie, le tireur et le donneur d’ordre demeurent à l’abri de la moindre sanction. Leur identité relève du secret.

3. Quasiment l’ensemble des démonstrations non-violentes de l’Ira suscitent, de la part des unités anti-émeute, un déchainement de coups et blessures, d’une intensité disproportionnée. Beaucoup de nos militants gardent les stigmates et les séquelles de la maltraitance ; ils en
témoignent sans répit ni exagération, photos et vidéo à l’appui.

4. Les atteintes à la dignité de l’individu et à la jouissance de ses droits civiques, n’ont épargné les députés, tel l’honorable Biram Dah Abeid, plusieurs fois séquestré, maintenu en détention préventive ou condamné des peines relevant du délit d’opinion.

5. La promulgation des normes sur la cybercriminalité ou des restrictions relatives à la préservation des « symboles » rétrécit l’espace, fort exigu des libertés d’expression et d’association. Aussi l’on retiendra, à titre d’illustration, l’extradition – de Dakar – et l’emprisonnement de Youba Siby, un sympathisant de l’Ira, pourtant de nationalité sénégalaise. Jugé en comparution expresse, il écopera de 4 années de réclusion. Le tribunal expéditif lui reprochait des propos de réprobation du racisme et des inégalités de naissance. L’audience se déroulait, en catimini, sans avocat même commis d’office, ni présence de la famille. La pseudo-commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), tenta de faire avaliser la régularité de la procédure, par le représentant accrédité à Nouakchott du Haut-commissariat des nations-unies.

6. En cette fin d’année 2023, les partis les plus représentatifs des peuples autochtones de Mauritanie réclament la participation à la démocratie dont le statu quo les prive. Il convient de souligner, en particulier, le cas des partis Radical pour une action globale (Rag) et Forces progressistes du changement (Fpc).

7. Les populations dominées et discriminées aux motifs inavoués de la couleur, de la langue, de la culture et de la généalogie, ne parviennent à obtenir les pièces d’état-civil biométrique, point d’accès à l’exercice du vote.

8. Les rescapés et les héritiers des milliers de concitoyens déportés ou exécutés, de 1986 à 1991, ne peuvent plus dénoncer, en réunion publique, la loi d’amnistie qui absout les responsables de telles cruautés. Une multitude d’entre eux, réfugiée aux Sénégal et Mali voisins, continue à survivre dans la précarité et la morsure de l’exil. Les ministères en charge du litige et de son règlement leur refusent le rapatriement organisé. Apatrides, de parents en progéniture, ils écument des contrées hostiles, en quête de gîte et de couvert. Quiconque s’insurge ou proclame sa solidarité avec eux se retrouve suspecté de racisme. En Mauritanie, le raciste n’est jamais le tueur.

9. Malgré la disponibilité rhétorique du pouvoir à protéger, les femmes et les filles, contre les excès séculaires du patriarcat, l’habitude de la duplicité face aux partenaires extérieurs, rappelle cette manie de la dictature des militaires, qui consiste à servir un discours et son contraire, selon la capacité financière de l’interlocuteur. Mieux encore, le projet de texte, passé sous la censure du Haut-conseil de la fatwa et des recours gracieux, s’est perdu dans les méandres de la bureaucratie. La fameuse instance de contrôle de conformité religieuse se place au-dessus du Conseil constitutionnel et des titulaires de la souveraineté populaire. Ironie du sort, ses membres ne sont pas élus. Enfin, depuis des semaines, le Parlement, quoique sous influence des cercles obscurantistes, attend la première lecture du document.

10. Comble de l’horreur, l’article 306 du code pénal, dans sa mouture de 2018, étend la liquidation physique à des infractions morales, comme le refus de prier, le blasphème, et l’apostasie. Quand il supprime la faculté du repentir, il fait, de la Mauritanie, le seul pays d’Afrique dont le dispositif légal consacre l’imitation de Daesh ; bien plus que l’Arabie saoudite, l’Afghanistan, l’Iran, Brunei et les Maldives, réunis, nous nous sommes piégés, en toute préméditation. Certes, l’Etat n’applique pas les prescriptions ainsi revendiquées mais, en les maintenant dans le corpus des lois, il accorde, aux apprentis illuminés de demain, un formidable outil de sauvagerie et de sexisme. « Gouverner, c’est prévoir et ne rien prévoir c’est courir à sa perte », avertissait, dès 1852, le journaliste français Emile Girardin….

Nouakchott, le 10 décembre 2023

● Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage: le Secrétaire général appelle à réparer les erreurs de l’histoire et à bâtir un monde débarrassé de cette « abomination »

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, à l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, célébrée le 2 décembre:

L’esclavage est à la fois une horreur historique et un scandale contemporain.

À l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, nous nous souvenons des victimes du passé, en particulier des millions d’Africaines et d’Africains qui ont été arrachés à leur terre, exploités, brutalisés ou tués pendant la traite transatlantique des esclaves. Nos pensées vont également aux 50 millions de personnes qui sont aujourd’hui prises au piège de l’esclavage moderne.

Les appels lancés pour s’attaquer aux effets persistants de l’esclavage et du colonialisme s’amplifient. Le monde doit y répondre. Quand il y a lieu, les pays doivent reconnaître la vérité, éduquer, présenter des excuses, verser des réparations. Les entreprises et autres acteurs devraient faire de même, en interrogeant leurs propres liens avec l’esclavage et en envisageant des réparations.

Il nous faut également agir beaucoup plus rapidement pour mettre fin à ce terrible crime aujourd’hui. Les pays doivent légiférer, protéger les droits des victimes, éliminer les pratiques et les conditions qui permettent à l’esclavage moderne de prospérer, qu’il s’agisse de la traite, de la servitude pour dettes ou de la marginalisation économique. Les entreprises doivent là aussi jouer leur rôle, en veillant à ce que leurs pratiques commerciales respectent les droits humains de toutes et tous.

Ensemble, réparons les erreurs de l’histoire et bâtissons un monde débarrassé de cette abomination qu’est l’esclavage.

●Lien média https://press.un.org/fr/2023/sgsm22059.doc.htm

● Communiqué de remerciement de l’ARDJE

Paris le 27 novembre 2023

L’association des ressortissants de diogountouro pour la justice et l’égalité (ARDJE), domiciliée à Epinay-sur-Seine en France, remercie les militantes et militants des droits de l’Homme d’être venus massivement ce dimanche 26 novembre 2023 à la Place de République pour dénoncer l’immixtion du député mauritanien Sidiney Sokhana (le féodal et l’esclavagiste soninké) dans l’arrestation et la détention arbitraire de nos frères et amis à la maison d’arrêt de Selibaby. Monsieur le député Sidiney Sokhana, a été cité nommément par Issa Komé Dramé de Diogountouro dans un audio accidentel ; le contenu de cet audio est entre les mains de la justice.
Nous remercions également le député français de la Seine-Saint-Denis, Eric COQUEREL et sa coordinatrice d’être venus joindre à nous à ce sit-in à la place de la République. L’ARDJE a exposé le cas de Sidiney Sokhana aux députés français de l’opposition. Comme en témoigne la présence de Monsieur COQUEREL, député de la France-insoumise lors de notre sit-in du 26 novembre 2023.
Par ailleurs, l’ARDJE réaffirme son attachement au principe de la séparation des pouvoirs en République islamique de Mauritanie et au respect de l’indépendance de la justice, à l’impartialité des magistrats et à la présomption d’innocence. La présomption d’innocence est un principe directeur de la procédure pénale en droit mauritanien. Enfin, l’ARDJE remercie tous les militants et sympathisants de GAMBANAXU d’être venus massivement à ce sit-in du 26 novembre 2023. Le combat pour la justice et l’égalité continue pour toujours.

Bureau exécutif de l’ARDJE