S’est ouvert à Nouakchott ce mercredi 16 mars 2022, la capitale mauritanienne, un colloque sous-régional regroupant plusieurs ONG anti-esclavagistes originaires des pays du G5 Sahel. Sous le thème « Faire de la lutte contre l’esclavage un combat commun et consensuel entre la société civile et les gouvernements des pays du Sahel » , l’événement se tient sur 2 jours 16 et 17 mars.
Aujourd’hui J 1 , plusieurs délégations étrangères, la société civile mauritanienne mobilisée dans la lutte abolitonniste sous le leadership du mouvement IRA Mauritanie, et des officiels de l’État mauritanien, se sont retrouvés au sein de l’imposante salle du palais des congrès. Discours et différentes prises de parole ont marqué cette journée. L’occasion a été pour le président d’IRA Mauritanie et député national, monsieur Biram Dah Abeid de saluer l’ouverture dynamique constatée avec l’actuel pouvoir mauritanien sous la direction du président Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani. Pour rappel les milieux antiesclavagistes notamment IRA Mauritanie, ont été violemment réprimés lors de la décennie passée. Ainsi la tenue de ce colloque sous-régional sous le patronage officiel du président de la république, est un évènement symbolique qu’il faut noter aujourd’hui.
Si certains disent non, d’autres, ayant des convictions et des objectifs concrets, affirment que l’esclavage existe bel et bien. Dès lors, ces derniers renoncent à toute pratique complaisante. Ce qui se passe au Mali, en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie et dans d’autres pays du Sahel est abject. Pendant que les autres ethnies sont en train de tourner le dos à l’histoire de l’esclavage, ces peuples, à l’instar des peuls, des wolofs, des maures, des khassonkés… continuent de valoriser l’esclavage par ascendance ne reposant que sur des supposés accords verbaux. Parmi ceux-ci, il y a notamment le laadalemaxu, c’est-à-dire le pacte ou le contrat social qui, comme le souligne Soumaré Zakaria dans son «Traditions sociales et politiques en milieu soninké : soubresauts actuels et perspectives » : « met […] chaque individu, chaque famille, chaque groupe social dans une place bien déterminée où l’évolution vers une autre structure semble relever de l’utopie ». Pour le camp adverse, l’esclavage est fini. Il ne reste que les séquelles. Ce serait donc vain de déclencher la guerre ou d’inciter les gens à la haine, encore moins mener une lutte de libération physique et morale. Les membres de ce clan, conformistes et à l’esprit peu régalien, en raisonnant de cette manière, donnent le sentiment d’être indifférents à l’égard des risques matériels et humains qu’encourent leurs consœurs et leurs confrères. Il n’est pas sans rappeler que de nos jours, des biens continuent d’être pillés, incendiés, des villages continuent d’être détruits des champs d’arachide et de mil continuent d’être débroussaillés, des hommes et des femmes continuent d’être exhibés, lynchés et assassinés, parce qu’ils refusent d’être esclaves. Ces actes socialement et moralement répréhensibles représentent une injure pour la société soninké. Ainsi, dans son « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes », le philosophe des Lumières Jean-JacquesRousseau ne disait-il pas : « Tous les hommes sont libres et égaux par nature » ? Ailleurs, n’écrivait-il pas que « L’inégalité n’est pas naturelle mais dépend en fait de la culture humaine et de la sociabilité » ? Au XXIe siècle, il est incongru voire absurde de penser qu’on est supérieur aux autres. De même, il est insensé de prendre pour cible, un individu, une « sœur » ou un « frère » avec lesquels on a grandi et avec qui on a construit un village. N’est-il pas venu le moment, au-delà de toute initiative, de toute mobilisation et de tout effort individuel ou collectif, de se mettre autour de la table afin de discuter ouvertement de nos problèmes tant sociaux que politiques ? Les insultes et les imprécations proférées contre les uns et les autres doivent être bannies. Le recours aux armes, blanches ou à feu n’est aussi guère une solution. On doit davantage prôner le dialogue en collaborant avec les gouvernements, les acteurs des droits de l’homme, les élus municipaux, ceux du conseil régional et départemental, les intellectuels de tous bords… une résolution amorcée par les membres du mouvement Ganbanaaxu depuis quelque temps.
Ismail TRAORE Doctorant en Langues, Littératures et Sciences Humaines Université Stendhal-Grenoble ismael172017@yahoo.com
Extrait de la conférence de presse organisée par le président du mouvement anti-esclavagiste IRA Mauritanie. Le député Biram Dah Abeid fait cette sortie médiatique pour présenter le colloque international sur la lutte contre l’esclavage qui va se tenir à Nouakchott à partir du mercredi 16 mars 2022. Plusieurs ONG et entités associatives sous-régionales qui portent l’engagement abolitionniste dans différents notamment la zone sahélienne G5, vont se retrouver lors de cet événement inédit en Mauritanie. une nette évolution à signaler chez les hautes autorités mauritaniennes sur cette question liée à l’esclavage depuis l’ouverture voulue par le chef de l’État actuel Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani. La culture d’antan du déni et de l’écrasement des militants anti-esclavagistes, a laissé place à une mutuelle compréhension propice au dialogue.
Les problématiques liées à l’esclavage représentent une donnée grave au niveau sécuritaire dans plusieurs pays ouest-africains. Dans sa prise de parole, le président d’IRA Mauritanie, Biram Dah Abeid (Prix Onusien 2013 pour sa lutte pacifique pour les droits humains) a indexé clairement en substance « L’esclavage est ancré dans les sociétés africaines »
La rubrique du GEB (Grand Entretien du BLOG) vous revient avec l’interview qu’un jeune pépite ingénieur visionnaire nous a gentiment accordée. Il s’appelle Sidi Camara, jeune mauritanien du Guidimagha (Tachott) qui est le concepteur d’un support numérique facilement exploitable et accessible dédié aux contenus pédagogiques et d’enseignement en langue maternelle. Son dispositif numérique est appelé Khrankompé (en vocable soninké) qui veut dire « salle des cours », vient d’être promu parmi les 10 finalistes de la sixième édition du Challenge App Afrique sponsorisé par l’influent duo organe médiatique français à l’international RFI et France24 . À nos questions, l’ancien boursier mathématicien diplômé en Algérie et par la suite en France à l’université de la Sorbonne Université Paris 6, explique succinctement les objectifs de son outil innovant porteur d’espoirs en matière d’accès aux contenus d’enseignement. Et il nous distille quelques prompts conseils pour l’intérêt que doit avoir la promotion de l’éducation dans notre communauté.
À Lire ci-après :
✓Question 1 : Bonjour Monsieur Camara Sidi Moussa, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Parcours éducatif et professionnel…
SC :Je suis Sidi CAMARA, je suis de Tachott, Mauritanie. J’ai eu le bac Mathématique en 2013 suite à quoi l’État m’a offert une bourse en Algérie pour une licence en Mathématique Informatique que j’ai obtenue en 2016. De 2016 à 2018 j’ai fait mon master en informatique à l’université Paris 6 (Sorbonne université, ex UPMC)
Depuis 2018 j’ai travaillé pour plusieurs entreprises de la région Lyonnaise et Parisienne en tant que Data engineer (ingénieur de données) et ingénieur machine learning.
✓Question 2 : Selon des sources médiatiques, vous êtes finaliste au Challenge App Afrique avec votre projet Khrankompé, nos vives félicitations à vous. Pouvez-vous présenter la nature de ce dispositif Challenge et votre projet Khrankompé ?
SC : L’objectif de Challenge App Afrique est d’imaginer le service numérique qui contribuera à l’éducation des enfants. L’objectif du concours est de prendre un lauréat parmi les entrepreneurs (en Afrique) dont les projets contribuent à l’éducation des enfants. Le lauréat bénéficiera d’un prix de 15 000 € et un accompagnement personnalisé.
Khrankompé: L’objectif de Khrankompé est de produire tous les cours du primaire expliqués en langue locale et accessibles en offline sur smartphone et support USB tout en conservant la langue d’écriture de l’enseignement.
~L’élément média : Facebook Challenge App Afrique
✓Question 3 : En quoi les contenus pédagogiques sur supports numériques peuvent convenir avec pertinence aux besoins en matière de politique globale d’instruction dans nos pays, en particulier en Mauritanie dans les zones rurales ?
SC : En Mauritanie le système éducatif est en français et arabe ce qui pose beaucoup de problèmes aux enfants dont la langue maternelle est autre que ces deux langues. Les contenus pédagogiques sur support numérique permettent de déployer la solution à large échelle et à moindre coût tout en permettant à chaque enfant des cours de qualité et dans sa langue natale.
✓Question 4 : Quels conseils pouvez-vous donner pour l’émergence d’une grande mobilisation autour de l’école en milieux soninkés ?
SC : Que ceux qui ont eu un parcours scolaire exemplaire soient des exemples pour les plus jeunes en leur parlant :
~ de leurs parcours,
~ des opportunités offertes par l’éducation,
~ la différence entre un ingénieur et un manœuvre.
• Que l’éducation devienne prioritaire sur l’emigration.
• La mise en place des événements mettant en avant le succès scolaire
✓Question 5 : Votre avis sur le régime éducatif hybride (semi privé et madrassas) qui existe en parallèle des écoles publiques dans nos localités villageoises ? Inconvénients et avantages pour l’avenir de nos enfants ?
SC : Pour moi ces madrassas ne devront jamais se substituer à l’école nationale et qu’elles devront plutôt être mises en place sous forme de soutien scolaire. Car ces madrassas n’assurent pas un parcours scolaire pérenne (pas de bac, pas de collège, ..etc). En général, les enfants deviennent déscolarisés après un certain temps et en sortent sans profession et aucun bagage scientifique.
Maeava Palace de Bamako a servi de cadre, le jeudi 3 mars 2022, à la tenue de la cérémonie de lancement du centre d’appel juridique et de l’application mobile d’accès à la justice.
L’inauguration de ces infrastructures est le fruit de la collaboration entre le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme et son Partenaire «Mali Justice Project» (USAID/MJP). 80 00 22 46, c’est le numéro vert mis à la disposition des usagers pour la prise en charge de leurs préoccupations.
Cette cérémonie de lancement était présidée par le ministre de la justice et des droits de l’Homme, MamoudouKassogué, en présence des autres membres du gouvernement comme Amadou Keïta, Mme Fatoumata SékouDicko, des partenaires techniques et financiers comme Me Jean Lavoie de MJP, du président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), Aguibou Bouaré et d’autres personnalités. Dans ses mots de bienvenue, le directeur de ADKontact, Sinaly Diarra, a remercié le Projet MJP pour la confiance portée en leur structure. «Nous accueillons dans nos locaux, une équipe dynamique d’agents juridiques qui bénéficient de tous les moyens techniques (matériel et logiciel) pour prendre en charge efficacement tous les contacts téléphoniques entrant et sortant des personnes ayant besoin d’informations juridiques ou faisant face à une situation nécessitant un conseil ou une assistance. Le centre d’appel Hakew Kounafoni sera joignable du lundi au dimanche de 8h à 20h pour assurer une couverture de service optimale. Adkontact mettra tout en oeuvre pour la bonne conduite quotidienne de ce projet que nous portons désormais tous », a-t-il dit. A sa suite, la directrice d’HERA CONSEILS, Me Tall Nadia Biouele, a indiqué que la société civile professionnelle d’Avocats HERA CONSEILS, a été sélectionnée pour recruter et former des juristes téléconseillers qui seront mis à la disposition du centre d’appel AdKontact pour fournir à travers un plateau technique, opérationnel depuis le 11 février 2022, des informations juridiques, judicaires et des renseignements administratifs aux usagers. Selon elle, ce projet comblera sans aucun doute le besoin de diffusion du droit et d’accès à l’information juridique, judiciaire et administrative. A l’en croire, le projet du centre d’appel juridique est une solution adaptée pour pallier le déficit d’accès à l’information juridique et judiciaire, gage d’une meilleure distribution de la justice. « A travers un numéro vert gratuit pour les usagers, 20 jeunes juristes installés au centre d’appel HAKEW KUNAFONI logé dans les locaux de ADKontact, fourniront instantanément, en langues officielles et locales, les informations nécessaires à la compréhension de la demande posée par l’usager. Qu’il s’agisse des actes d’état civil, des modes de saisine de la justice, des demandes formulées à l’administration en matière foncière, de la dénonciation d’un abus de droit, de la réclamation des droits et indemnités de travail, ou encore de la dénonciation d’une violence basée sur le genre », a conclu Me Tall Nadia Biouélé.
Quant au directeur du Mali Justice Project de l’USAID, Me Jean Lavoie, il a souligné que ce centre d’appel permettra a des milliers d’individus de bénéficier des précieux conseils, références et orientations pratiques d’opérateurs bien formés et ultimement informés des modalités d’accès a l’aide juridique, dans les cas ou les justiciables concernés sont des femmes, enfants et personnes indigentes. « Nous sommes également fiers que cette initiative soit créatrice d’emplois pour le personnel du centre qui acquerront à la fois expérience et expertise, ainsi qu’un revenu, dans un contexte économique souvent précaire pour les jeunes », a conclu Me Jean Lavoie.
Pour sa part, le ministre de la justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a fait savoir que ce dispositif contribuera à résoudre certains des problèmes récurrents auxquels sont confrontés les justiciables maliens parmi lesquels l’éloignement géographique, le coût d’accès à la justice et la langue dans laquelle la justice est rendue.
« Un centre d’appel juridique dédié à l’accès à la justice et au droit vient compléter les efforts de l’Etat, non seulement dans le sens d’une bonne distribution de la justice à travers l’assistance juridique et judiciaire, mais aussi, dans la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. A travers les conseils et l’orientation des usagers, le centre « Hakew Kunafoni » offrira désormais aux populations les informations juridiques et administratives dont elles ont besoin pour valoir leurs droits. Ce projet ayant démarré avec une phase expérimentale de 12 mois, il revient à l’Etat d’assurer la pérennité du centre à travers le financement de ses activités », a conclu le ministre.
Au cours de cette cérémonie, une projection vidéo sur le fonctionnement du centre d’appel juridique a été faite aussi que le sketch sur l’accès à la justice à travers le centre d’appel.
Instabilité conjugale, la Fédération mauritanienne de foot s’acoquine un amant franco-comorien.
Décidément, la fédération mauritanienne de football est à la recherche éperdue d’un étalon capable de lui faire oublier Corentin Martins, l’amant français le plus stable qu’elle ait connu. Sept ans d’un heureux ménage, 2014-2021. Un bilan peu élogieux certes, 22 victoires, 15 nuls et 28 défaites, mais quand même deux qualifications historiques à la CAN (coupe d’Afrique des nations), en 2019 et en 2021, sans compter un CHAN (championnat africain des locaux) en 2018 au Maroc. Aujourd’hui, la Fédé vient de répudier un amant éphémère, Didier Gomes DaRosa, un franco-portugais, qui n’a pas fait long feu, puisque son partenaire vient de le virer en moins de quatre mois de vie en commun pour manque de performance. Finalement, la FFRIM a décidé d’épouser un nouveau partenaire, mi- français mi- africain puisque Comorien, en l’occurrence Amir Abdou, dont la virilité durant la dernière CAN au Cameroun a séduit le monde. Et comme il y a dans l’air du temps partout en Afrique, un attrait pour les sélectionneurs africains, la fédération mauritanienne qui a toujours un petit faible pour les Français s’africanise avec prudence. Espérons seulement que les performances du nouvel amant soient à la hauteur des ambitions nourries à son égard par la nouvelle mariée.
Chaque sortie médiatique du leader de gauche et militant des droits de l’Homme, Jemal Ould Yessa, provoque un vif débat au sein de l’opinion publique.
En cause, ses avis et positions politiques qui sortent de l’ordinaire et de la pensée communément partagée en Mauritanie.
Positions que certains qualifient de radicales voire extrêmes, tandis que d’autres estiment que ce sont des idées ambitieuses et progressistes de la part d’une personnalité dont le dernier souci serait de plaire à tout le monde et de chercher le consensus.
Ould Yessaa, fils de la classe aristocratique et de l’ « Émirat » traditionnel, qui s’est révolté contre le système social et politique du pays, dirigeant pendant longtemps le mouvement » Conscience et résistance » , mouvement connu pour son opposition radicale au système d’Ould Taya.
Ould Yessa soutient toujours les mêmes positions “révolutionnaires”
concernant le racisme, l’héritage passif) humanitaire, la lutte ou l’ inégalités des classes, de l’arabisation et autres questions soulevées, lors de son interview pour ce deuxiéme numéro du journal Mejabat.
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• Majabat : En tant qu’observateur vigilant des affaires nationales, avez-vous identifié le principal obstacle à un changement, en rupture d’avec les époques de répression, de corruption et de prise du pouvoir par la force ?
– Oui, bien entendu, des progrès partiels retiennent l’attention. Depuis la chute de la dictature de Ould Taya, les niveaux de coercition politique ont nettement diminué et la corruption, à l’époque banalisée dans le cadre du clientélisme PRDS, est redevenue une faveur ; elle se restreint désormais à un groupe de prédateurs, quasiment tous de l’ethnie arabo-berbère. Pour se convaincre de la mainmise ethnique sur l’économie, il convient de consulter la liste des chefs de fédérations du patronat. Le quasi-monopole s’étend, d’ailleurs, à deux domaines où la masse laborieuse est issue de la majorité noire du pays. Je cite la pêche artisanale et l’agriculture, deux secteurs d’activité auxquels le maure d’extraction nomade répugne, en général, en vertu de la dévalorisation de l’effort physique.
Vous connaissez la genèse du capital privé national, à partir des accointances et des réseaux de relations tribales, entre les juntes au pouvoir depuis 1978 et leurs relais parmi les chefferies et les commerçants bidhane. Des milliards de prêts bancaires complaisants ont été dépensés et l’ardoise effacée, en vue d’asseoir le fondation matérielle de la domination. A cause de la prédation directe sur les ressources de l’Etat, du bénéfice de privilèges indus, en passant par les conflits d’intérêt, les faux diplômes, l’immunité fiscale et la spoliation des terres de culture au sud, une minorité de hassanophones s’est emparée du pays, au point de lier l’avenir collectif, à sa propre conservation. C’est dans cette prise d’otage que se débat la Mauritanie, depuis bientôt 40 ans…L’expression « République islamique des maures » (Rim) ne me semble pas si excessive quand il s’agit de qualifier la géographie et la démographie réelles des privilèges de naissance et de statut social dont il sera question durant les journées consultatives nationales, autrement appelées « dialogue »…enfin, si le rendez-vous est respecté. Concernant la dévolution et la régulation violente du pouvoir d’Etat et les ruptures de légitimité, nous ne sommes pas encore immunisés d’une énième « putscherie », même si, à l’instant, la probabilité me paraît, plutôt, minime. Je puis me tromper.
Comment sortir du cycle de la faute et de l’échec ? Le principal obstacle, de nature à retarder le discernement et les bonnes pratiques en matière de cohésion et de restauration de la confiance, entre les populations et l’autorité centrale, demeure le déficit de concertation et d’audace. Au niveau de l’évaluation comparée des performances en démocratie et droits humains, la Mauritanie devance, et de loin, la majorité de l’aire arabo-islamique mais je ne vois pas, là, un exploit, tant cet univers abrite, entretient et exporte les pires atteintes à la dignité de l’individu.
• Majabat : Nous sommes aux portes d’un dialogue qui « n’exclut personne ni question ». Doit-on s’attendre à une exception dans ce genre d’exercice, contournant les préoccupations habituelles de la classe politique, pour insister davantage sur les thèmes plus larges, corrélés à l’amélioration de la gouvernance et à la résolution des attentes chez les exclus ?
– Le dialogue serait couronné de succès, si toutes les parties y vont avec sincérité et conscience de devoir sacrifier des concessions, aux fins d’obtenir un consensus, une formule de dépassement des contradictions structurelles : il importe de souligner, ici, le sexisme ambiant, les entraves à la citoyenneté en termes d’égalité d’accès aux droits, la résorption de l’impunité des crimes de masse à visée raciste, l’occultation de l’esclavage et l’usurpation du foncier rural, notamment aux dépens des autochtones travailleurs des champs. Le problème concerne, non seulement les natifs de la Vallée du fleuve Sénégal mais, également, les descendants d’esclaves au centre et à l’Est de la Mauritanie. Beaucoup continuent à entretenir des parcelles arables dont les anciens maîtres détiennent les titres. Malgré l’ordonnance nº 83-127 portant réorganisation foncière et domaniale et en dépit de ses clauses de préemption au profit de ceux qui « font vivre » le sol, le texte, de facto, n’est pas appliqué à tous.
Sur la majorité de l’espace hassanophone, la tenure traditionnelle est en vigueur. Les Hratine restent des ouvriers agricoles sans acte de propriété ; les conflits subséquents ne cessent de croître ; il subsiste, là, un risque de clivage belligène et le présage d’un effondrement de la communauté de destin, déjà en lambeaux, depuis 1978. Il faudrait aussi régler – disons vider – le potentiel des contentieux liés à l’exploitation de la terra mortuis, ces espaces laissés à l’abandon que ne délimite aucune marque de colonisation ou de mise en valeur. Aujourd’hui, il est ardu d’aller s’installer sur un périmètre vacant et vierge de labour, sans obtenir l’autorisation préalable de la tribu qui en revendique la possession. Certaines vendent le visa d’installation, d’autres l’accordent par générosité ou nécessités de prestige. Néanmoins, à la moindre querelle avec les nouveaux venus, les voici sommés de quitter les lieux…
Est-il normal de tolérer une telle concurrence au droit, un tel mépris envers l’autorité publique ? Voici un autre défi que le dialogue devrait désamorcer, sous peine de provoquer le regain de l’anarchie précoloniale, la fameuse Seyba ou raison du plus fort…Cependant, gage de réussite oblige, les participants au dialogue, dans leur diversité, influenceraient le rapport des forces en participant au débat, sans poser de condition ni s’en faire dicter. Le principe – réitéré par le Président de la République – de ne pas censurer ni évincer – me semble le signe de prémices prometteuses. Le moment est venu de s’asseoir, tout déballer, discuter, s’écouter et de ne s’interdire nul compromis dès lors que le règlement proposé se réfère à la triple exigence : liberté-égalité-fraternité. Certes, la devise appartient à une autre nation mais elle résume bien, par sa prétention à l’universalité, le besoin d’équité et d’épanouissement qui habite l’espèce humaine, peu importent les frontières et le legs de la mémoire.
• Majabat : Quels sont les conditions et les résultats les plus importants qui, s’ils étaient atteints, vous permettraient de constater le succès du dialogue ?
– Si le succès du dialogue devait requérir une attestation, celle-ci résiderait, par exemple, dans l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 et de l’article 306 du code pénal. Les deux infamies représentent un motif de honte pour la Mauritanie et reproduisent la violation la plus spectaculaire de ses engagements auprès du reste du monde, dûment signés, ratifiés et intégrés au préambule de la Constitution. Il ne faut pas oublier, non plus, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que notre gouvernance viole si souvent, après son adhésion en novembre 2004. Le texte et bien d’autres de facture similaire impliquent l’interdiction, aux civils de détenir des armes d’assaut ; nous pouvons comprendre qu’une communauté garde, dans son folklore, un rapport sentimental aux symboles – en l’occurrence les festivités – mais l’expression du patrimoine mémoriel exclut la détention de fusils à rafales ; en réalité, l’on assiste, ici, à une forme de discrimination dangereuse parce qu’elle consacre l’attribution d’un moyen de contrainte aux seuls maures ; l’autorisation implicite de milices à vocation militaire compromet les assises du pacte à l’origine de la création de la Mauritanie, pendant le congrès d’Aleg, en mai 1958.
• Majabat : Le problème de la marginalisation et des exclus devient une préoccupation des pouvoirs publics. Quelle est votre lecture de la nature et de l’ampleur de ce problème et de ses relations avec l’histoire et les politiques de développement en Mauritanie?
-Je dois juste vous rappeler qu’à force de s’obstiner à négliger les enjeux de coexistence pacifique, ils vous reviennent à la figure ; vous avez beau dépenser de l’argent et des discours lénifiants dans l’espoir d’acheter le silence des victimes, vous ne parviendriez jamais à étancher leur soif de réparation. Dieu merci, il existe un minimum de justice internationale sur quoi nos gouvernants n’ont pas de prise ; le procès de Ely Ould Dah au sud de la France en 2005 et le renvoi récent de l’un de nos généraux, à peine nommé par les Nations unies au titre d’une mission de maintien de la paix, soulignent les limites du déni. Pourvu que le désaveu diplomatique serve à ouvrir les yeux, de nos dirigeants, quant à l’urgence de l’introspection et de l’autocritique. Apprendre de ses erreurs relève de la salubrité mentale. Déjà, publier la vérité à propos de la tentative d’épuration, exécutée de 1986 à 1991, constituerait, à la fois, une thérapie et une prophylaxie, pour se prémunir du ressentiment et de la récidive. Nombre de hassanophones le croient encore, en 1989, Israël, le Maroc et le Sénégal se seraient ligués contre la Mauritanie, laquelle n’aurait dû sa survie qu’au soutien de Saddam Hussein (le bourreau des kurdes et des chiites). Cette légende tarde à s’éteindre car aucune autre version ne la concurrence.
• Majabat : Parfois, surgit une polémique sur la marginalisation culturelle de composantes de la nation. Le sujet comporte-t-il une réflexion sur la coexistence entre ces composantes ? Quelle est sa relation avec la réticence à résoudre les choix linguistiques ?
– Surgir n’est pas l’adjectif approprié, il s’agit davantage d’une latence d’abus cumulés, sédimentés. L’arabisation idéologique -certains diraient « au rabais » -des années 1980, a été conçue pour écarter de la fonction publique et des forces armées et de sécurité, les groupes non-hassanophones (pulaar, soninké, wolof, bambara) afin de « faire de la place » ; à qui, donc ? Le calcul initial consistait à privilégier l’entrisme, dans l’appareil d’Etat, de générations émergentes d’étudiants et de cadres maures, formés à la hâte, aux confins du monde arabe ou allaités à la source d’un imaginaire hanté et saturé par les mythes du moyen Orient. Le plan ayant tardé à produire un effet radical en matière de remplacement – ou de substitution – des élites, les incidents frontaliers de 1989 avec le Sénégal, offraient l’opportunité d’accélérer la réalisation intégrale du dessein. J’insiste, ici, sur le lien causal entre l’arabisation bas de gamme, la violence suprématiste, le règne de la corruption et de la fraude et l’avènement de l’extrémisme religieux dont la Mauritanie incarne, aujourd’hui, le principal vecteur d’expansion en Afrique de l’Ouest et plus loin.
Je ne puis vous dire exactement combien d’apprentis-terroristes, y compris d’Afrique et d’Europe, viennent s’abreuver aux sources du fanatisme dans les nouvelles Mahadhras où l’enseignement de la poésie, de la généalogie et de la musique s’efface, désormais, derrière les cours de fiqh aljihad, l’étude des lois de la guerre sainte. Ces établissements, irrigués de pétrodollars depuis 4 décennies, participent à la radicalisation et maintiennent un racisme tacite envers les noirs d’ascendance subsaharienne. Pire, les autorités ne disposent d’une base de données fiable sur le nombre de pensionnaires étrangers, leurs provenance et durée de leur séjour en Mauritanie. Les élèves, venus des 4 coins du monde, y apprennent, toujours, comment jouir de ses esclaves, se les partager en temps de travail selon la répartition de l’héritage ou soumettre les servantes au droit de cuissage. Oui, la Mauritanie actuelle n’est pas la destination rêvée pour un noir et le constat dépasse bien les questions de langue ou de culture.
Vous savez, si l’affaire de l’arabisation n’avait pas été instrumentalisée pour récompenser la médiocrité, diffamer le mérite et ralentir la dynamique de modernisation du pays, elle serait bien moins contestée aujourd’hui ; un entretien de presse ne saurait satisfaire à l’étude d’un enjeu aussi vaste. Nous en reparlerions, à l’occasion d’un ouvrage documentaire. Les témoins du déclin national sont légion, Dieu merci et la plupart gardent le souvenir de la descente aux enfers, enclenchée dès l’avènement du régime militaire. Je forme le souhait qu’ils écrivent, nombreux et se prêtent aux moyens de l’audiovisuel ; ainsi, ils nous épargneraient la perte de mémoire si propice aux braqueurs et contrefacteurs de l’histoire. Cette bataille du sens est en passe d’être gagnée par les révisionnistes ; s’ils remportent la partie, c’en serait fini du projet Mauritanie et de notre avenir commun. Si ces questions passionnelles ne sont pas résolues, notre ambition de développement ne dépasserait le stade de l’intention et nous perdrions du temps et de l’énergie en discordes, à l’infini.
Dans un contexte de diversité raciale et de polarisation identitaire, la tentation du monolinguisme mauritanien représente un piège. Plus vous y tendez, moins vous préservez la cohésion sociale de long terme. S’agissant de l’hystérie anti-Français, je souhaite bon vent à ses initiateurs. Qu’ils commencent à arabiser les contrats des mines et de l’énergie, les écoles de médecine et de pharmacie, le libellé des opérations bancaires, les documents de transit et les offres d’emploi dans le secteur privé…
• Majabat : Le conflit social est perçu, maintenant comme ayant atteint un niveau de tension sans précédent. Considérez-vous, avec confiance, sa gestion par les autorités actuelles ? Avez-vous des espoirs ou des craintes à propos des possibilités de son développement conflictuel, dans le futur ?
– Le pouvoir du moment, sans le savoir ou s’en rendre compte, ploie sous le fardeau d’une psychologie spécifique que singularisent la superstition (baraka, tazabout, fétiches et amulettes, intercession, propitiation, culpabilité, rétribution post-mortem). La décision politique est, tributaire de considérations relevant tantôt de l’administration de l’invisible, tantôt de l’indulgence due aux notabilités, quelle qu’en soit l’ethnie. A titre d’exemple, l’on a vu, par deux fois, à la commune de Dafort, dans le Guidimakha, des agents de la municipalité en train d’humilier et d’entraver de présumés fauteurs de dissidence, à la manière d’un bœuf promis à l’égorgement. L’Etat n’a engagé aucune poursuite contre les auteurs, pourtant filmés et audibles. Les critères de rationalité et de lucidité ne président pas toujours à la gouvernance actuelle en Mauritanie. Les nominations en conseil des ministres témoignent de la dérive. Seulement voilà, partout sur terre, une loi immuable cristallise le rapport des humains à la paix : la paix est une plante qui réclame sa rançon ; sa rançon est l’équité, c’est ainsi qu’elle s’arrose, jour et nuit ; sans équité, pas de stabilité.
Vous ne pouvez exiger, longtemps, de quelqu’un qu’il renonce à la révolte légitime et endure sa propre aliénation, en attendant le moment où vous lui consentiriez un peu de justice. Votre patience ne peut compenser sa frustration ; pire, elle l’exacerbe. Pour revenir à votre question, je crains, hélas, que les autorités en place n’aient pas assez compris le sens de la politique moderne : gouverner, à l’heure des théories complotistes et de la démocratisation des gadgets de la communication, réclame de la compétence, beaucoup de technicité, le sens de l’innovation, la réactivité et un sens élevé de la morale au service de tous, sans distinction ni préférence d’ordre privé. Un pouvoir qui ignore ce genre d’hypothèque, le minimise, mise sur la lassitude des gens ou escompte leur adaptation à l’injustice, finit piétiné sous les bottes de la soldatesque ou victime de lynchage par la populace. Le pire, dans le domaine du contrat social n’est pas d’en résilier les termes d’un commun accord. Le danger procède, surtout, de la faculté de susciter une surcharge d’espoir et de la décevoir, en vulgarisant des actes de triche, de dol et de mauvaise foi.
Personne ne se réjouit de se faire tromper et les Mauritaniens n’échappent à la règle, d’où que le ressentiment multidimensionnel plane, maintenant, sur la totalité du pays : il draine de l’amertume et le sentiment anxiogène d’avoir été floué et de subir le tâtonnement des dilettantes. Des révolutions engendrent la revanche sanglante et élèvent, au sommet de l’autorité, des populistes et des illuminés qui excellent à aggraver et canaliser l’aigreur et la hargne des multitudes, avant d’ériger une autre tyrannie. Un dirigeant instruit de ce genre de péril est appelé à l’éviter, pour sa propre sécurité d’abord, ensuite au nom de l’intérêt général.
A titre d’intuition, non de preuve empirique, j’accorde le bénéfice du doute au Chef de l’Etat et à quelques-uns de ses ministres. En revanche, je mets en cause la disponibilité d’une fraction de son entourage, à favoriser une refondation ambitieuse de la Mauritanie, sur des bases de distinction par le rendement, l’intégrité et la « redevabilité », au sens anglo-saxon du mot. Certes, la cour d’un prince, fût-il élu, évolue et se renouvelle et c’est dans cette perspective que je place le vœu d’un sursaut de scrupules, à l’abri de la pression de la rue et des menaces de sédition. Les femmes et hommes de qualité ne manquent pas, à l’intérieur du pays. Gouverner, n’est-ce pas prévoir ? Or, prévenir suppose la conscience des afflictions à quoi votre mode de gouvernement vous expose, vous et le peuple dont vous avez recueilli les suffrages et nourri la crédulité. Si vous parvenez à affiner le sens de l’observation sociale et le goût de la vérité, au sein de vos collaborateurs, alors, vous êtes sauvés et l’imminence du salut mobiliserait vos compatriotes, avec l’intensité d’un élan collectif, d’un souffle de volontarisme qui annonce des lendemains enchanteurs. Je veux y croire. Contrairement aux apparences, le renouveau s’avère à portée des Mauritaniens, s’ils acceptent d’en payer le prix ; il n’est pas trop tard.
• Majabat : Le Président de la République a récemment fait part de son mécontentement face au retard pris dans la mise en œuvre de son programme des nouvelles mesures de lutte contre la corruption. Comment voyez-vous ce « réveil tardif » ?
-Le Président exprime son mécontentement et nous devrions plutôt lui reconnaître le mérite de la sincérité mais l’intention, même charitable, ne change rien à la réalité du postulat : l’appareil d’Etat est tenu par les résidus recyclés du Prds. Tant qu’ils sont là, la plus ambitieuse des réformes tournerait toujours à la farce, entre leurs mains. Vous savez, à la longue, les meilleures fantaisies peuvent lasser.
• Majabat : La Mauritanie compte une grande diaspora dans les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), et d’énormes intérêts économiques au sein de cet espace ; pourtant ses relations avec cette organisation restent volatiles et en deçà du niveau requis ; Comment la situation affecte-t-elle les Mauritaniens, là-bas ?
-Vous oubliez de souligner que la Cedeao n’a pas chassé la Mauritanie. Nous en sommes sortis au motif de mieux nous arrimer à un l’Union du Maghreb arabe (Uma), un ensemble encore mythique. A présent, nos ressortissants en Afrique subsaharienne, principalement dans le Golfe de Guinée, endurent les conséquences du retrait : impossibilité d’ouvrir un compte bancaire, d’obtenir un permis de conduire, de se plaindre du racket, importations taxées, carte de séjour à 300 000 francs, à quoi s’ajoute une amende d’établissement illégal de 60 000 francs. Certains accords bilatéraux avec des pays membres nous assuraient les mêmes avantages que les nationaux ; hélas, la plupart de ces clauses n’ont pas été renouvelées. Le droit communautaire a pris le dessus. Nos compatriotes lésés se plaignent auprès de leurs ambassades et consulats. Or, ceux-ci tardent à recevoir les consignes appropriées et naviguent à vue. Le moment est plus que venu de se montrer enfin adulte, pour revenir au point de départ, en somme une adhésion pleine et entière, à la Cedeao. Le fameux accord d’association ne semble pas produire une incidence réparatrice sur le sort de dizaines de milliers de mauritaniens expatriés. Persévérer dans l’erreur n’est pas signe d’intelligence….
source @majabatmedia · Société de médias/d’actualités
La ville d’Atar a abrité, vendredi, une rencontre destinée à évaluer, sélectionner et former des conciliateurs sociaux dans la wilaya de l’Adrar.
La rencontre s’est déroulée au palais de la Justice d’Atar, sous la supervision d’une mission du ministère de la Justice, conduite par le chargé de mission, le magistrat Adou Ould Bebana, et comprenant, notamment M. Cheikh Ould Abdat Ould Mohamed Mahmoud Ould Saleh, directeur des affaires civiles et des sceaux au même ministère.
Contacté par le bureau régional de l’AMI, le chef de la mission a expliqué que cette visite a pour but d’évaluer localement le niveau de compétences des prévisibles conciliateurs sociaux, et de s’assurer qu’ils possèdent les exigences scientifiques et sociales nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches.
« Après l’identification de leur niveau de connaissance, les conciliateurs seront formés sur les notions essentielles du travail, à travers la clarification de leurs rapports avec les tribunaux et les parties en conflit, la rédaction des procès-verbaux, leur attestation et la délimitation de la zone d’exercice et la nature des contentieux de chaque conciliateur », a-t-expliqué.
M. Babana a, enfin, souligné que les conciliateurs ont été récemment organisés par le décret n° 0088/2021, qui comprenait une série de caractéristiques qui amélioreraient et protégeraient ce service.
D’autre part, les conciliateurs sociaux ont exprimé leurs sincères remerciements et gratitude à Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh Al-Ghazwani, Président de la République,
pour le soin que l’État leur a apporté en termes d’organisation, de reconnaissance, de composition et de soutien matériel.
Il est à noter que les conciliateurs sociaux contribuent à la protection de la paix civile en résolvant et en réglant les différends interpersonnels sans faire recours aux tribunaux.
Etre ignorant en ignorant qu’on est ignorant et dans l’ignorance qu’on nous perçoit comme un ignorant est la pire des caractéristiques grandement partagée, hélas, par la quasi totalité des Mauritaniens. C’est le Mauritanien dans son quotidien, c’est l’exercice du saut de sa propre ombre.
Le ridicule et la honte comportementale ; on s’y plait ; c’est notre moi : l’inadmissible admis comme mode d’emploi, de conduite ou de vie. Le mensonge comme règle ou un art de vivre. Un art qui gouverne notre intelligence ou vision pour verser dans le sectarisme et la cécité du commun communautaire.
C’est cette façon de faire qui grippe la Mauritanie, qui la fait souffrir. Ce pauvre pays qui nous a tout donné et que nous continuons de mutiler jusqu’aux fondamentaux. Plus d’un demi siècle d’existence dans la culture de l’incivisme et de la navigation à vue. Alors, il faut repenser ce sempiternel projet de pays dans ses attributs et ses fondamentaux pour les devoirs et droits des citoyens. Ces hommes et femmes qui peuplent cette zone géographique qu’est la Mauritanie ont besoin d’être éduqués à l’école du civisme. Une école de la promotion et de la vulgarisation des règles de vie en communauté, les règles de l’honnêteté, de l’humanisme ; de partage et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’école du bannissement de l’opprobre, du mensonge et de l’individualisme narcissique.
Dans l’invention de cette nouvelle Mauritanie, on optera pour une journée de civisme, de partage et de la connaissance de l’autre. Durant cette journée, on nettoiera ensemble nos rues, on mangera ensemble et on se contera notre histoire récente, même celle des atrocités. On chantera « Je jure de ne plus mentir, de ne plus tricher, de ne plus voler, de ne plus trahir. Je donne ma vie à la Mauritanie et à son unité ».
On l’inscrira dans notre loi fondamentale et servira comme règle d’enquête de moralité à toute personne désirant briguer un poste électif, en premier lieu le fauteuil présidentiel. Et cette règle s’appliquera tout au long du mandat électif ; son manquement conduira à l’éviction du fauteur.
La Mauritanie ainsi repensée nous évitera de continuer à être les damnés de cette partie de la planète. Et on méritera la Mauritanie : l’Afrique en miniature
Future Afrique – La présidente de l’Association des femmes de cheffes de famille (AFCF) Madame Aminetou ElyMoctar, a été victime d’une tentative de meurtre, ce lundi 14 février 2022, dans les locaux du commissariat de police Arafat 2 (Nouakchott-Sud) de la part de Mohamed Ould Mahjoub qui est détenu dans ledit commissariat. La scène s’est déroulée en présence des responsables de police du commissariat au moment, où, Me Aminetou Mint ElyOuld Moctar signait le procès-verbal sur une enquête relative à une plainte déposée contre elle par Ould Mahjoub dans « l’affaire de la fille Somma et ses frères ».
Ce dernier qui se promenait dans les couloirs du commissariat a voulu fracasser sa tête avec une pierre taillée utilisée pour la prière en la jetant vers elle. Et c’est par coïncidence, qu’elle s’est levée que la pierre est venue tomber sur sa cuisse et y laissa une tache.
Pour rappel, ce fait révoltant, a eu lieu, alors qu’il est placé en détention dans le commissariat de police pour la période de confinement.
A cette occasion, l’Association des femmes cheffes de famille dénonce cet acte ignoble qu’elle juge une violation flagrante de la loi et non respect et considération des institutions de l’Etat et des forces de sécurité.
Face à ce comportement, l’AFCF compte aller jusqu’au bout dans cette affaire tout en réclamant justice d’une part et d’autre part, elle exhorte les autorités de l’Etat à créer une loi pour protéger les défenseurs et activistes des droits humains, et surtout les femmes qui luttent pour la défense des droits des filles et des femmes qui sont le plus exposées à toute sorte d’agressions physiques et verbales.
La Présidente de l’AFCF Madame Aminetou Mint Ely Ould Moctar
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