La CVE/VR suit avec beaucoup d’inquiétude le développement de la situation à Boghé et à Bababé. Des manifestations pacifiques organisées, dans ces deux villes, pour réclamer justice pour les 28 militaires négro-africains pendus à Inal en 1990, ont été sauvagement réprimées. A Bababé, ce sont cinq jeunes manifestants qui ont été arrêtés dont deux aux moins ont été délibérément et grièvement blessés par les forces de l’ordre au moment de leur arrestation. Les séances de torture se poursuivraient encore dans les locaux du commissariat de la ville. A Boghé, deux personnes au moins ont été arrêtées. La CVE/VR, tout en exprimant sa solidarité pleine et entière à l’endroit des manifestants, exige : – la libération immédiate et sans conditions des personnes arrêtées et tient les forces de l’ordre responsables de toute atteinte à leur intégrité physique ; – l’abrogation de la loi 93 – 23 du 14 juin 1993 portant amnistie des crimes imprescriptibles de génocide commis contre la communauté négro-africaine entre janvier 1989 et avril 1992 – La CVE/VR rappelle au régime de Mohamed Cheikh Ghazouani que la répression, l’intimidation et la fuite en avent dans le refus du règlement de ces actes de génocide ne feront que creuser davantage le fossé entre nos différentes composantes nationales et mettre en péril l’existence même de notre pays Seul un règlement définitif de la question prenant en compte les devoirs de vérité, de justice, de réparation et de mémoire est à même d’apaiser les souffrances des victimes rescapées et ayant droit et de réconcilier les cœurs.
— Ci-après l’élément média TV Tooba lors la journée culturelle organisée par A.R.D.J.E , l’aile associative Ganbanaaxu Diogountourou en France. Une séance de conférence-débat animée par Messieurs Dr Boubou BA et Dr Djibril DIALLO avec comme modérateur Ibrahim DIALLO (TV Tooba) :
✓ Campagne pour l’abolition de l’esclavage – JOUR 1
🔴 Saviez-vous qu’en 2021 au Mali, des citoyens de certaines localités sont traités d’esclaves parce qu’ils ont eu des ascendants qui étaient « esclaves » suivant des conditions peu connues ? Nous vous informons du cas de l’esclavage par ascendance au Mali !
#msdh #endesclavage #2decembre
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• Campagne pour l’abolition de l’esclavage – Jour 1 M.Salif KAMARA du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (RMFP) contribue au partage d’informations sur l’esclavage par ascendance au Mali. #msdh #endesclavage #2decembre.
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✓Campagne pour l’abolition de l’esclavage – JOUR 2
🔴 Nous rappelons que le Mali a ratifié la majorité des instruments juridiques (traités et conventions) régionaux, sous régionaux et internationaux relatifs aux droits humains, qui condamnent fermement l’esclavage et qu’il ne peut y avoir de paix tant qu’ils ne sont pas appliqués dans les normes afin de mettre fin à cette pratique. #msdh #endesclavage #2decembre
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• Campagne pour l’abolition de l’esclavage – Jour 2 « Il faut des lois qui considèrent l’esclavage comme un crime contre l’humanité »: M.Alioune TINE, fondateur de AfrikaJom Center s’exprime sur cette pratique. #msdh #endesclavage #2decembre
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✓Campagne pour l’abolition de l’esclavage – JOUR 3
🔴Il est plus que nécessaire de prôner la paix, la cohésion sociale et le droit à la liberté pour que chaque malien ainsi que chaque être humain partout dans le monde puissent vivre ensemble et librement.
#msdh #endesclavage #2decembre
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Campagne pour l’abolition de l’esclavage – Jour 3 Notre troisième intervenant est le président de l’association des ressortissants Mauritaniens pour l’éradication de la pratique d’esclavage et ses séquelles, il nous expose son point de vue et passe un message pour l’abandon de cette pratique. Mr Gaye Traoré #msdh #endesclavage #2decembre
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✓Campagne pour l’abolition de l’esclavage – JOUR 4
🔴Selon ces statistiques, la pratique de l’esclavage est devenue un fléau, elle constitue un frein à l’épanouissement de ceux qui en sont victimes. Nous devons y mettre fin !
#msdh #endesclavage #2decembre
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Campagne pour l’abolition de l’esclavage – Jour 4 M. Hanoune DIKO, secrétaire général de l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe sollicite la campagne et intervient pour partager son parcours dans la lutte contre la pratique de l’esclavage par ascendance. #msdh #endesclavage #2decembre
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✓Campagne pour l’abolition de l’esclavage – JOUR 5
🔴 Les 3 premiers articles du titre premier de la constitution du Mali stipulent tous l’importance de la vie humaine et les mesures à prendre si elle est soumise à des actes qui puissent porter atteinte à son intégrité. Le 19 juillet 2021, des experts des droits de l’homme de l’ONU ont appelé le Mali à prévenir les attaques contre les soi-disant esclaves, affirmant que ces incidents sont en augmentation, avec deux fois plus de personnes blessées cette année qu’en 2020. #msdh #endesclavage #2decembre
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Campagne pour l’abolition de l’esclavage – Jour 5 Nous passons aux témoignages des victimes. Cheikna Diarra est le porte-parole des personnes déplacées internes de la cité des enfants. Il nous raconte comment ils se sont retrouvés dans cette situation et insiste sur leur envie de retourner chez eux. #msdh #endesclavage #2decembre
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Campagne pour l’abolition de l’esclavage – Jour 5 Tountou Coulibaly témoigne ! Elle confirme avoir été chassée de sa maison et de son village, elle et sa famille de force. Elle finit par formuler un message d’appel à l’aide, à l’endroit des autorités et de toute la population malienne, pour sortir enfin de cette situation. #msdh #endesclavage #2decembre
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✓Campagne pour l’abolition de l’esclavage – JOUR 6
🔴 Face à cette situation, nous formulons des recommandations. Cette pratique doit prendre fin !
#msdh #endesclavage #2decembre
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Jour 6 – Témoignage Fily Diarra est également victime de l’esclavage par ascendance et réside désormais à cité des enfants. Dans son intervention il précise que le statut de leurs parents ne doit pas projeter sur eux tel un châtiment, et que nul ne doit se servir de la culture pour faire du mal à son prochain. #msdh #endesclavage #2decembre
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Jour 6 – Interview Écoutons ensemble l’avis de M.AboubacarSow, blogueur et prêcheur inter religieux, membre du CCGT ( Comité culturel de la génération des trois testaments) sur la pratique de l’esclavage par ascendance. #msdh #endesclavage #2decembre
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✓ JOUR 7
🔴 Nous arrivons à terme de cette campagne, l’une de nos dernières recommandations est en faveur des victimes, leur prise en charge est primordiale et cela doit être une priorité majeure.
#msdh #endesclavage #2decembre
🔴 À l’endroit des autorités, nous demandons une adoption des lois et une stricte application pour que justice soit enfin faite, pour que les individus traités d’esclaves puissent rentrer dans leurs droits les plus légitimes. #msdh #endesclavage #2decembre
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Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’homme depuis sa création mène des actions de lutte contre l’esclavage et s’assure de la médiatisation de ses actions. Nous vous invitons à visionner un récapitulatif de quelques interventions du Coordinateur National, Mr Boubacar N’djim #msdh #endesclavage #2decembre
— Nous tenons à clarifier si besoin il y a que nous sommes contre toute forme d’accaparement des terres au détriment des véritables populations rurales dont la terre constitue l’unique ressource. Autant nous condamnons avec la dernière énergie l’accaparement opéré par les lobbies affairistes autant nous dénonçons également l’accaparement des terres par les lobbies féodaux . Au Fouta , dans beaucoup de localité , quand il s’agit de se mobiliser pour défendre les terres se sont tous les habitants du village qui se mobilisent mais quand il s’agit d’ en bénéficier , ou de les exploiter seule une petite minorité en profite. Cet état de fait existe malheureusement dans plusieurs villages et fait que des surfaces énormes sont maintenues en jachère ou sont sous exploitées, pris en otage pendant que d’autres populations en ont besoin . Cela est difficilement défendable . Dans notre contexte de sous-développement dans lequel les ressources deviennent de plus en plus rares , la terre est si précieuse et nécessaire que nul n’a le droit de la maintenir morte. Il n’est donc ni équitable ni juste de défendre l’un et de couvrir l’autre , ils sont tous les deux à dénoncer et à condamner. Je saisis cette occasion pour me joindre aux populations de Ngawlé afin qu’elles puissent bénéficier de leur droit légitime à bénéficier en priorité de leur ressources naturelles.
Je ne peux qu’exprimer mon désaccord avec le rapport de synthèse générale publiée à la suite des concertations sur la prochaine réforme du système éducatif. S’il faut féliciter une démarche consistant à discuter avec les mouvements des luttes linguistiques du pays, de reconsidérer la question des langues longtemps négligée et étouffée par des gouvernements successifs, il est tout aussi nécessaire de rester vigilent sur la bonne tenue de ces concertations et à veiller sur l’établissement et le maintien d’un équilibre linguistique dans tous les aspects des solutions proposées. Bâtir un système basé sur les langues que les populations mauritaniennes parlent est un impératif de développement pour des raisons évidentes : notamment, l’élimination de l’obstacle linguistique dans la pénétration des sciences, qui pourra s’opérer plus tôt dans l’âge, plus vite et dans une mesure plus large dans la population. Les bénéfices transversaux au niveau du développement « culturel » de la société sont également nombreux et ont une vertu considérable. Dans le contexte mauritanien, une dimension importante du problème est celle de la justice linguistique, mère de toutes les autres. Aucun mauritanien épris de justice, et ayant un peu de suite dans les idées, ne peut observer sans réagir la construction d’un système dans lequel les matières scientifiques ne seront apprises qu’en Arabe. Il est évident qu’un tel système occasionnera inévitablement une sélection fortement biaisée des futures générations en faveur des locuteurs du Hassaniya, qui est un dialecte de l’Arabe. Cette sélection anormale, contrairement à celles -tout aussi anormales- auxquelles on est habitué jusque-là, aurait cette fois une base légitimée et elle serait donc inattaquable en tant que telle. En ce sens, nous serions en face d’une programmation, calculée ou fortuite, d’un logiciel discriminatoire qui, même si à l’entrée accepte les mauritaniens de toutes origines culturelles, aura des tendances naturelles à sélectionner les Hassanophones à la sortie. Et ce rapport dont il est question mentionne de façon peu complexée cette recommandation dangereuse. Même s’il y est écrit ça-et-là, de façon contradictoire et peu convaincante, qu’il faut que tout enfant mauritanien puisse apprendre dans sa langue. J’attire donc l’attention des mauritaniens sur cette injustice inquiétante que ce rapport laisse entrevoir. Le système qu’il faut aux mauritaniens, pour le bien de sa cohésion et de son vivre-ensemble, est un système juste, qui donne aux filles et fils du pays les mêmes chances de développement culturel et de réussite éducative. Cela passe par une justice linguistique au niveau de nos moyens d’acquisitions des connaissances. Il est une grave erreur de penser qu’une uniformisation linguistique, qui occasionnera de façon structurelle un si grand déséquilibre dans la sélection des nouvelles générations, serait la clé de notre entente nationale. On peut tout au plus espérer parler la même langue lorsque l’on s’entretuera à cause d’une telle idée naïve. Seule la justice linguistique, garantissant les mêmes moyens éducatifs et d’accès aux sciences et à la culture, de façon générale, peut annihiler les frustrations et éliminer tous les biais sélectifs à conséquences discriminatoires. Ainsi, il est non négociable de fournir aux langues Pulaar, Soninké et Wolof les mêmes moyens que ceux attribués à l’Arabe : les matières scientifiques peuvent et doivent être apprises dans ces langues aussi.
La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S) a été alertée par un communiqué de l’organisation IRA-Mauritanie sur un possible blanchiment d’un cas avéré d’esclavage en cours, à Aïn Varba, une localité de la région du Hodh El-Gharbi, qui est à 800 km de Nouakchott, la capitale Mauritanienne. Nous exprimons vos vives inquiétudes d’une éventuelle complicité de certains magistrats, qui auraient tendance à couvrir des actes odieux de l’esclavage.
Nous vous citons ses passages de la déclaration IRA-Mauritanie, qui date le 10 novembre 2021 : « Le magistrat en question, Mohamed Abdallahi Ould Ahmedou écouta les parties présentes, en l’occurrence le présumé fauteur Cheikhna Ould Chehlawi, la victime Mariem Mint Cheibani et ses deux rejetons. La cadette Salka, encore mineure selon une vidéo fameuse qui circule sur internet, a été donnée en guise de cadeau de mariage, par Cheikhna Ould Chehlawi, à sa propre fille Selemhe; la mère de Salka confirma les faits et griefs, y compris face au parquet. Depuis des années, la dame, bénéficiaire du présent humain, fait travailler l’enfant, chez elle, à Nouakchott.
Or, le Procureur de la république, en vertu des réflexes habituels qui consistent à octroyer l’impunité aux groupes dominants, fit ramener la petite Salka, de Nouakchott à Aïoun mais ignora sa maîtresse, Selma Mint Chehlawi. Pire, il entérina les allégations mensongères selon lesquelles l’ainée des deux esclaves – de son prénom Cheikhna, suivant le vœu du maître – serait majeure, ce qui expliquerait sa présence au service de ce dernier. Il importe de noter, ici, que les filles et leur maman ne possèdent aucune pièce d’état civil ; cependant, la mère aurait été enrôlée mais ne jouirait de ses papiers d’identité que par la volonté de son bourreau : elle en userait les jours de scrutin ou lors du retrait des vivres, au titre de la prévention des risques de famine. Bien entendu, Cheikhna Ould Chehlawi veille à récupérer le fruit puisque Mariem Mint Cheibani lui appartient.
En effet, faisant fi de toutes les lois incriminant l’esclavage en Mauritanie, il continue d’assujettir les femmes et hommes, de couches vulnérables, en les faisant travailler sans rémunération ; il en offre l’usage, plus ou moins occasionnel, à sa progéniture. Le notable Cheikhna Ould Chehlawi possède plusieurs serviteurs et les exhibe, fièrement au tribunal, pour qu’ils témoignent en sa faveur et le protègent des rigueurs de l’égalité et de la citoyenneté. »
Il est inacceptable pour nous en tant qu’organisations de la société civile africaine, panafricaine, Européenne, des défenseurs de droits humains, d’apprendre qu’en 2021, des êtres humains sont offerts comme des objets en cadeau de mariage corvéable à merci du maitre. Voila une situation qui nous ramène au moyen-âge malgré l’existence d’un arsenal juridique en Mauritanie. Nous apportons notre soutien sans faille à l’organisation IRA-Mauritanie dans son noble combat contre l’esclavage, qui est un crime contre l’humanité.
Nous recommandons à l’exécutif et au système judiciaire Mauritanien : –Que les magistrats appliquent strictement la loi incriminant l’esclavage et ses séquelles en vigueur dans le pays sur les esclavagistes et les apologistes de toute forme de l’esclavage ; –De mettre en place des structures d’accueil pour les victimes du phénomène d’esclavage, les assurer une formation afin qu’elles s’intègrent dans la société dans le long terme. Construire des écoles et centres médicaux dans les villages des victimes de l’esclavage ; –L’indemnisation les victimes de l’esclavage qui les permettra de s’intégrer dignement dans la vie de citoyens libres. Des terres irrigables et habitables pour toutes les victimes de l’esclavage et du racisme.
Le 20 Novembre 2021
Liste des organisations signataires Waraba d’Afrique IRA-France Kane d’Afrique MSDH ARMEPES-France RMFP-Mali A.H.M.E ASEPT-Sénégal A.C.D.E Ganbana-International Collectif Un Passé Trop Présent
Initiatives News – La Mauritanie a été admise en tant que pays candidat à l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives ITIE en septembre 2007 et a été désignée conforme aux Règles de l’ITIE en février 2012.
La première Validation de la Mauritanie en vertu de la Norme ITIE (2016) a démarré le 1er juillet 2016. Suite à cet examen, le Conseil d’administration a déterminé qu’elle avait accompli des progrès significatifs.
En 2019, la Mauritanie subira une deuxième Validation qui a conclu que le pays avait réalisé des progrès significatifs avec cette fois ci des améliorations considérables dans la mise en œuvre de la Norme ITIE.
C’est dans ce deuxième processus de validation que le Conseil d’administration a identifié quatre mesures correctives dont l’exécution sera déterminante pour une prochaine validation
Présentement, la Mauritanie est en cours de validation pour son 3éme examen de passage.
En effet, l’ adhésion à l’initiative de Transparence dans les Industries Extractives, consiste essentiellement à produire chaque année un rapport de conciliation des chiffres et les volumes sur l’ensemble des entreprises pétrolières et minières opérant dans notre pays y compris les entreprises d’état.
A ce jour, la Mauritanie a publié 15 rapports ITIE et à fait l’objet de plusieurs examens de validation qui consiste à s’assurer de l’efficacité et de la durabilité de la mise en œuvre.
Malgré les nombreux efforts consentis par les pouvoirs publics , les entreprises multinationales et la société civile au sein du comité national ITIE , nombreux sont des Mauritaniens qui s’interrogent encore sur l’importance et même de l’utilité de la mise en œuvre de l’ITIE pour notre pays.
Avant l’avènement de l’ITIE , il était pratiquement difficile voire impossible d’avoir accès aux informations sur les entreprises pétrolières et minières. Les compagnies extractives étaient des enclaves opaques et puissantes qui échappaient même au contrôle des états hôtes. Aujourd’hui , grâce à l’ITIE, ces entreprises autrefois réfractaires à toute forme de communication acceptent désormais de publier leurs informations pour les mettre à la disposition du public .
Sur la question de l’utilité de l’ITIE , nombreux sont les observateurs qui ne vont prendre en compte que cet aspect relativement visible qui concerne désormais la disponibilité et l’accessibilité des données à travers la publication régulière des rapports. Mais en réalité , la publication des données ne constitue elle pas que la face visible de l’iceberg.
Au-delà de la disponibilité des données à travers la publication annuelle des rapports qui a permis d’améliorer l’accès aux données extractives , de rassurer les investisseurs sur l’existence d’un cadre compétitif et désormais transparent et fiable , l’initiative de transparence dans les industries extractives a surtout permis à notre pays de renforcer plusieurs mécanismes de gouvernance dans le domaine fiscal, social et environnemental à travers des reformes et des améliorations dans les politiques et les pratiques
L’utilité de l’ITIE se manifeste donc à travers l’impact que ce mécanisme d’apprentissage à la gouvernance de nos ressources et de revenus qui en résultent a pu susciter pour enclencher une dynamique de clarification et de consolidation des différents outils de contrôle en matière de transparence dans le secteur extractif. Parmi les mesures concrètes que la mise en œuvre de l’ITIE a pu créer on peut citer notamment :
La publication d’une note de clarification de la procédure de divulgation des contrats pétroliers La conduite d’une étude sur la question de la propriété réelle
L’élaboration de formulaires destinés à la déclarations de propriété réelle
La publication des états financiers de la SNIM
La publication des tétas financiers de la Fondation SNIM
La publication de la convention du prêt SNIM à la société Najah
La conduite d’un audit du Fond National du Revenus des Hydrocarbures FNRH
La publication de la dernière convention minière de la SNIM
L’élaborations et publication d’un décret portant sur la divulgation systématique des données des entreprises extractives
L’élaboration d’une nouvelle loi, et d’un décret d’application sur la propriété réelle
L’élaboration et publication d’une note clarifiant les relations entre l’état et les entreprises nationales ( SNIM et SMH
La création d’un data warehouse , un entrepôt qui reçoit les données des entreprises extractives en temps réels et les rend disponible au public
La mise en œuvre de l’ITIE a fortement contribué à la réalisation effective de l’ensemble de ces réformes qui dans la plupart des cas sont la conséquence directe de la satisfaction des mesures correctives que la Mauritanie devait entreprendre pour se conformer aux nouvelles exigence de la normes ITIE à travers un processus de validation et conserver son statut de pays conforme.
Compte tenu de tous ces apports qui ont améliorer la transparence et renforcer la qualité du label Mauritanie aux yeux des investisseurs et de ses principaux partenaires au développement nous pouvons considérer que l’ITIE a considérablement contribuer dans l’amélioration de la gouvernance des ressources et de la gestion des revenus qui en résultent.
Cela a été possible grâce à la volonté exprimée du gouvernement Mauritanien qui a volontairement adhéré à cette initiative , à la collaboration des entreprises multinationales et à l’engagement citoyen des acteurs de la société civile au sein d’un groupe multipartite communément appelé Comité National
Malgré les énormes efforts que les pouvoirs publics ont entrepris ces dernières années pour redorer le blason de cette institution, l’ITIE en Mauritanie reste encore peu connu non seulement du grand public mais surtout d’une grande partie des décideurs.
Dans le contexte Mauritanien où les ressources extractives constituent la principales sources de revenus, ces actions de soutien stratégique et d’appui technique méritent d’être renforcées et soutenues dans l’intérêt d’une utilisation et d’une gestion responsable, durable et socialement inclusive de nos ressources naturelles.
Ba Aliou Coulibaly Coordinateur National de PCQVP Membre du Comité National ITIE
S’il est un concept qui a perdu en sens ce qu’il a gagné en extension, c’est bien celui du « passif humanitaire ». Tout le monde en parle, mais beaucoup ne savent pas exactement de quoi il s’agit, mélangeant tout et son contraire. Lectures partisanes et interprétations approximatives ont fini par noyer ce concept dans un océan d’amalgames. Le récent débat sur la question a démontré l’ampleur des confusions liée à cette question mais aussi un regain d’intérêt des Mauritaniens, qui veulent tourner définitivement cette page sombre de notre histoire contemporaine. De manière simplifiée, le passif humanitaire comprend deux volets :
Le premier est relatif aux déportés, ces mauritaniens expulsés ou ayant fui les persécutions du régime de Ould Taya vers le Sénégal et le Mali, en 1989 et durant les années suivantes. Le dossier réouvert, sous la pression insistante de l’opposition et des organisations des droits de l’Homme pendant la première transition, en 2006. Sur cette base, un accord tripartite est signé le 12 novembre 2007 sous la présidence Sidi Ould Cheikh Abdallahi avec les pays de refuge et le HCR pour le rapatriement des réfugiés. Ce processus est poursuivi et parachevé par la junte militaire fin décembre 2009, à travers un programme, qui inclut la réintégration des bénéficiaires, sous la houlette d’une Agence nationale pour la réinsertion des réfugiés (ANAIR). Ce dossier a donc été traité dans les règles de l’art, selon une approche associant l’ensemble des acteurs et sous la supervision d’un organisme international.
Le second volet porte sur les exécutions extra-judiciaires (en droit, on parle plutôt de « disparitions » tant qu’il n’a pas été établi formellement que les victimes ont été tuées) ayant eu lieu au sein des forces armées entre septembre 1990 et février 1991. Certains y ajoutent encore la répression de la tentative de putsch de 1987, même si celle-ci a eu lieu dans des conditions différentes. Ce volet n’a jamais été traité, compte tenu de la loi d’amnistie, qui avait pour objet de clôturer le dossier, au nom d’obscures considérations tenant à la préservation de la paix civile. Hormis une « prière » symbolique organisée à Kaédi le 25 mars 2009 par Ould Abdel Aziz à la mémoire des victimes, rien n’a été fait pour reconnaitre ou rendre justice aux victimes et à leurs ayants droit.
Ce volet est le plus difficile à traiter, car il suscite bien des crispations et polarise encore une partie de l’opinion publique. Le problème est que la vérité n’a jamais été connue ou établie ni la justice rendue, faute de volonté politique. Les régimes successifs ont toujours cherché à couvrir ce qui s’est passé au nom d’un soi-disant souci de préservation de la paix sociale.
Or, la réconciliation nationale et la paix civile passent précisément par faire la lumière sur ces événements tragiques et rendre justice, afin d’en éviter la répétition à l’avenir. Il faudrait donc trouver une solution juste, équitable et conforme aux standards internationaux. Mais celle-ci ne saurait être réduite à une simple indemnisation, aussi généreuse soit-elle. La réparation est une partie de la solution mais elle reste symbolique, car l’argent n’indemnise pas une vie humaine. Le règlement escompté devrait aussi permettre de retrouver les sépultures des victimes et de les enterrer proprement. Les familles des victimes doivent pouvoir faire leur deuil dans la dignité, conformément à la tradition islamique.
Auparavant, il faudrait lever certaines confusions fréquemment entretenues, souvent de mauvaise foi, entre ces tragiques événements et le conflit avec le Sénégal en 1989. Certains ne comprennent en effet pas pourquoi notre pays devrait réparer et rendre justice pour les victimes d’évènements qui seraient, d’une manière ou d’une autre, liés, voire seraient une réaction à des violations ayant eu lieu au Sénégal à l’encontre de citoyens mauritaniens? Or, non seulement il n’existe aucune relation directe entre ces deux événements, mais encore un tel raisonnement tordu suppose que l’on doive se « venger » au détriment d’une partie de nos propres concitoyens pour des faits commis dans un pays voisin. Cette logique est évidemment absurde et devrait être écartée en tant que telle.
Par ailleurs, certains groupuscules politiques voudraient, à force d’amalgame, rendre des mouvements politiques responsables du « passif humanitaire », voire une communauté dans son ensemble, ce qui relève, là aussi, d’un raisonnement tout aussi abusif et injuste. En réalité, très peu, au sein de l’inion nationale, étaient au courant de ces exactions, qui ont eu lieu dans le plus grand secret au niveau de quelques unités de l’armée, dans 3 ou 4 bases militaires. Les mouvements politiques n’étaient pas davantage au courant de ces crimes, même si certains parmi les plus extrémistes les ont défendus, implicitement, a posteriori. D’ailleurs, à l’époque, la plupart des mouvements politiques étaient poursuivis et pourchassés par un régime qui ne tolérait aucune critique ou forme de dissidence.
Aujourd’hui, il est vraiment temps de faire triompher la vérité et la justice, afin de tourner définitivement cette page sombre de notre histoire et se consacrer aux priorités de développement.
AFRIFF ou Festival International du Film Afticsin, a déroulé sa 10eme édition à Lagos au Nigeria du 8 au 14 novembre 2021. La République Islamique de Mauritanie était présente au cours de cette édition grâce au film réalisé par le cinéaste italien Marco Piantoni et la Federation Italienne des droits de l’Homme, dirigée par Antonio Stango. Piantoni et Stango sont tous les deux adeptes de La défense de la dignité humaine et des engagements non-violents. Une équipe constituée par le cinéaste et la ligue, avait suivi le candidat Biram Dah Abeid durant son périple de campagne en juin 2019. Les discours enflammés, galvanisateurs, du leaders abolitionniste, comme ses prises de positions stratégiques ou spontanées, ont été étroitement et longuement scrutés et analysés ses accompagnateurs. Ces derniers étaient présents à côté du candidat très largement assuré de l’inéluctabilité d’un deuxième tour dans les élections présidentielles mauritaniennes le mettant en face à face avec le candidat du pouvoir Mohamedould Cheikh El Ghazouani. Ils étaient aussi témoins de la déclaration unilatérale et prématurée du président sortant et homme fort du pays à l’époque, Mohamed ould Abdel Aziz, de la victoire de son candidat. Ce fait accompli provocateur et arbitraire, a été précédé par une descente massive des unités de l’armée avec ses chars et blindées dans toutes les circonscriptions ou agglomérations dans lesquelles le candidat du pouvoir était battu par Biram Dah Abeid. Marco Piantoni a immortalisé le premier réflexe du dirigeant d’IRA-Mauritanie, voyant sa très possible victoire confisquée par la révocation du deuxième tour par décision arbitraire et par la force militaire. Biram Dah Abeid a pensé aux vies humaines, aux vies des jeunes mauritaniens et mauritaniennes, il a pensé aux vies des soldats mauritaniens, il a pensé aux biens et infrastructures des mauritaniens et de la Mauritanie, à la pérennité du pays… Marco Piantoni et Antonio Stango on sublimé l’attitude et l’idéologie non-violentes du Prix des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et ont réalisé le documentaire “L’asino che vola” qui retrace le parcours militant ardue de Biram Dah Abeid et de son organisation non gouvernementale, un parcours néanmoins moralement et stratégiquement sécurisé de toute violence physique ou idéologique. À travers la projection de ce film au cours de cette dixième édition de AFRIFF, les réalisateurs du film on gagné un pas en avant vers leur but ultime : couronner Biram Dah Abeid du Prix Nobel de la Paix.
L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 (Loi numéro 93-23 du 14 juin 1993 portant Amnistie) n’est pas une menace, ni pour l’Etat, ni pour une communauté bien précise. Elle ne peut être une menace que pour les criminels qui ont commis des atrocités à l’encontre d’une frange de notre population. Nous ne devons pas nous identifier aux criminels.
Nous devons TOUS demander l’abrogation de cette loi, comme point de départ pour une approche consensuelle, basée sur la justice et la réconciliation. C’est une cause juste et une cause de tous les mauritaniens, ce n’est pas la cause de certaines organisations ni la cause d’une communauté. Son abrogation va faciliter la réconciliation, en permettant de clôturer définitivement ce dossier qu’on traîne comme un boulet. Un véritable serpent de mer.
L’abrogation de cette loi scélérate et l’engagement d’un processus de justice transitionnelle ne signifie pas nécessairement un règlement de comptes, mais une juste reconnaissance des fautes et des crimes commis et une réparation équitable et surtout des mesures de non répétition.
Il revient à l’Etat de dégager sa responsabilité, en demandant pardon, parce que le régime incarnait l’Etat à un certain moment et en dédommageant les victimes, en créant les conditions d’un dialogue qui permet de tirer au clair ce qui s’est passé, de situer les responsabilités et de prendre des mesures destinées à éviter la répétition de tels actes.
Il existe deux niveaux de responsabilité, un niveau politique qui relève du chef de l’Etat de l’époque, qui n’a pas nécessairement donné les ordres, mais qui créé le contexte propice aux exactions et surtout n’a pas agi pour en punir les coupables ; et un niveau de responsabilité personnelle, qui incombe aux exécutants et aux donneurs d’ordre, qu sont plus ou moins connus.
Un tel processus ne signifie nullement de s’attaquer à l’armée nationale. Si l’Etat doit être tenu pour responsable, à titre politique, il serait faux et abusif de considérer que l’institution militaire serait responsable en tant que corps. Les exactions commises ont été très localisées (essentiellement dans trois bases militaires) et n’ont impliqué qu’un nombre limité de donneurs d’ordre et d’exécutants, à telle enseigne que longtemps durant la très grande majorité des militaires ignorait complètement ce qui s’était passé. Ce serait aussi un abus de penser que l’armée nationale est solidaire d’une petite poignée de tortionnaires.
Toutefois, certaines acteurs cultivent délibérément la confusion et l’amalgame. Ils devraient pourtant savoir que ce processus ne passe pas par la justice ordinaire. Il s’agit d’une problématique politique qui ne peut être résolue à travers un processus judiciaire ordinaire, encore moins au niveau des instances internationales. L’activisme dans les sphères internationales, même s’il peut accélérer la prise de conscience de la nécessité d’une solution, parasite fortement un tel processus et empêche l’émergence d’un consensus national sur la question. C’est pourquoi il serait recommandé d’avoir recours à la justice transitionnelle qui met en place des mécanismes adaptés pour prendre en compte la dimension politique du problème.
Pour autant, la gravité des actes commis est telle qu’elle continue de miner la cohésion nationale. Le pays ne pouvant s’accommoder de la persistance d’un contentieux non résolu ni d’approches partielles qui ont prévalu depuis ces tristes événements, seul un processus associant l’ensemble des parties prenantes, y compris les ayants droits des victimes, l’armée, les partis politiques, la société civile…permettrait de faire lumière sur ce qui s’est réellement passé et de jeter les bases d’une réconciliation durable. Le processus de dialogue qui va s’ouvrir incessamment est l’opportunité idéale pour clore définitivement ce dossier.
NB : Ce texte, en cours de traduction, sera publié en arabe, incha Allah.
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