Mauritanie – les terribles non- dits autour de viols : « Quand l’horreur se banalise c’est que l’humain se meurt. » Par Bocar Oumar Ba

Une petite fille de 5 ans violée à Nouakchott. Encore une. La mienne, la vôtre, celle du voisin. Je me souviens de l’année 1997 où ma vie de journaliste fût happée des semaines durant par une série de viols, quelques fois suivis de meurtres de petites filles de 2 à 8 ans, par celui que j’avais décidé d’appeler « le monstre de Nouakchott ». A chaque fois qu’il avait fait son forfait, il déposait les pauvres petits corps toujours au même endroit: aux alentours de la Foire. Le crime, tant par son ampleur que par son caractère innommable, était inédit dans notre capitale et bouleversait la vie des nouakchottois. La presse avait délaissé sa passion pour l’actualité politique pour ne titrer que sur le monstre. C’est dire combien l’opinion était scandalisée par cette série de crimes.
Dès les premières découvertes de corps de petites filles, j’avais pu écrire dans un article que je trouvais troublant qu’alors que les alentours de la foire étaient surveillés par les forces de l’ordre, le monstre puisse quand même y déposer des corps sans être appréhendé. J’avais émis l’hypothèse (qui a beaucoup déplu d’ailleurs) que le monstre fût peut-être un homme de loi, pour pouvoir ainsi se rendre « invisible » dans un endroit en principe truffé de policiers. Le scandale du coup n’était presque plus la série de crimes, mais mes « sordides accusations contre les forces de l’ordre ». Quand au bout de deux mois le monstre fut arrêté, on découvrit que c’est un ancien homme de loi qui se promenait en tenue pour faire sa sale besogne…
J’avais été particulièrement bouleversé par la rencontre d’avec l’une de ses toutes dernières victimes. Elle avait 3 ans. Je m’étais rendu à l’hôpital national pour interviewer sa mère, et dans la discussion que nous avions, je réalisai que la victime est en fait la fille d’un de mes voisins à Kaëdi. Il n’y a guère qu’une maison entre nos deux concessions familiales. Autant dire un frère.
J’ai quitté mon pays un an plus tard étant loin d’imaginer que ce que je croyais n’être qu’un horrible cas isolé, révèle en fait une terrible tare de notre société si encline à se parer de vertus quand elle se raconte. C’est l’hypocrisie et la mesquine pudibonderie dans une société où la sexualité la plus ordinaire ne se parle pas, qui nous empêchent de dénoncer les milliers de viols de case et de tente que nous taisons par lâcheté. Combien de filles sont violées au quotidien dans nos villes, dans nos villages, dans nos maisons?
Combien de jeunes filles et de jeunes femmes sont victimes chez nous de ce viol encouragé que nous préférons appeler par euphémisme « mariage forcé » pour les plus courageux d’entre nous, et « arrangé » pour les autres? Combien de filles et de femmes « esclaves » sont chez nous violées par « droit de cuissage »? Rien que l’expression suffit à sa bâtardise!

Nous préférons dénoncer par épisodes de crimes odieux, parce que nous sommes d’éternels intermittents de l’indignation. Nous avons du mal, moi le premier, à entendre le cri quotidien de toutes ses courageuses femmes qui nous disent que notre société est en dérive. Quand elles évoquent leur envie de liberté dans notre société ostracisée, au mieux les plus intelligents parmi nous gèrent leur gène par l’esprit de dérision.
Bientôt, le ramadan aidant, nos doctes se draperont de leurs grands boubous blancs pour nous apporter la bonne parole. A chaque fois qu’ils parleront des femmes, ce sera pour leur rappeler leurs devoirs vis à vis des hommes. J’ai coutume de dire que l’islam chez nous, en tous cas celui qui se raconte au quotidien par nos doctes, c’est l’islam des hommes, qui parlent uniquement aux hommes obsessionnellement des femmes!
C’est peut-être déjà là où le bât blesse…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur du 21/04/2020

Mauritanie/Économie : La dette souveraine Mauritanienne impactée par la gestion de la crise du Covid-19 ?, Par Pr Ibrahima Dioum

A la suite de la récession engendrée par la gestion de la pandémie du Covid-19, les représentants du groupe G20, en réunion par visioconférence ce mercredi, ont accordé aux pays pauvres un moratoire sur leur dette pendant les 12 mois à venir. Cela devrait les aider à faire face au repli l’activité économique en cours et à la crise économique mondiale qui se profile à l’horizon. En effet, le remboursement de la dette publique affecte considérablement la richesse créée par les économies concernées.

L’économie mauritanienne n’est pas en reste. La dette du pays représentait 76,9% de son PIB en 2017. Elle avait atteint vertigineusement 83,9% du PIB en 2018 avant d’être réduite à 80,6% en 2019. Ces ratios sont au dessus de la moyenne du niveau d’endettement de l’Afrique Subsaharienne 50,2% en 2019. Alors cette dette inquiète bien qu’elle soit en recul de 3 points sur les deux dernières années. Le contexte économique actuel pousse ainsi à se questionner sur l’évolution future de la dette de La Mauritanie. L’analyse de différents secteurs économiques économique du pays donnerait une première réponse.

Depuis la privatisation à outrance dictée par les politiques d’ajustement structurelles des années 90, la Mauritanie finance son budget par des dettes, des recettes non fiscales mais en grande partie par des recettes fiscales 67% du budget 2019. Cependant, l’économie du pays basée essentiellement sur les ressources naturelles, est plus tournée vers l’exportation (la Mauritanie n’étant pas industrialisée). Les exportations du pays ont atteint 1400,7 millions USD en 2016, 1766,8 millions USD en 2017 et 1895 millions USD en 2018. Cette manne financière venant de la pèche, du pétrole et de l’exploitation du minerai de fer, de l’or et du cuivre est fortement dépendante du cours des matières premières et de la demande internationale.
Dans une période de contraction de la production des pays industrialisés, elle risque de connaitre une baisse drastique.

Un autre secteur important de l’économie mauritanienne est celui du tertiaire : 36,5% du PIB en 2017 et 1 point de plus en 2018. En effet, ces dernières années, les services des banques et des assurances est en plein expansion dans le pays. En outre, les activités liées aux transports et aux télécommunications connaissent une certaine dynamique ces dernières années. Selon la BCM, le PIB de ce sous secteur a connu une hausse de 19,1% entre 2017 et 2018 portant ainsi le poids de la branche à 6,2% du PIB nominal global en 2018 contre 5,6% enregistré sur les deux années précédentes.
Le poids du commerce quant à lui, bien qu’important reste difficile à évaluer puisqu’il se trouve en partie dans l’informel.
Malgré son élan, le secteur tertiaire est lui aussi fragilisé par les mesures prises par le gouvernement mauritanien dans sa lutte contre le Covid-19. La fermeture des frontières du pays et des activités non essentiels sont un véritable coup de frein à l’économe du pays.

L’élevage et l’agriculture sont également importants dans l’économie mauritanienne mais ce secteur étant peu modernisé, sa production est tributaire aux aléas du climat. Cette configuration rend le pays dépendant de l’extérieur. Les importations mauritaniennes en produits alimentaires n’ont cessé d’augmenter ces dernières années (334, 4 millions USD en 2016, 391,5 millions USD en 2017). En 2018, elles ont atteint 494,7 millions USD soit 19% des produits importés.
Et pourtant l’activité productive fait partie de la solution car contrairement à la crise financière de l’année 2008, cette fois-ci c’est le secteur réel qui est touché. Tous les consommateurs du monde ont peur de manquer des biens de première nécessité demain car la chaine de valeur des entreprises subit à l’heure actuelle une grande désorganisation par défaut de main-d’œuvre ou de transports. Cette situation peut si elle n’est pas contrôlée à temps entraîner une inflation considérable.

Le tissu économique mauritanien est soumis à rude épreuve avec la gestion de la crise du Covid-19. L’économie du pays, du fait de son intégration et de sa structure, n’échappe pas à la recession en cours ; une recession qui risque d’être profonde et durable. Des mesures s’imposent alors pour limiter la crise économique et ses effets sociaux dans le pays. Parmi les différentes options envisageables, un endettement au niveau intérieur et extérieur reste possible pour sauvegarder et plus tard relancer l’économie de la nation.

Par Professeur Ibrahima Dioum, Enseignant d’ Économie – Gestion (Académie de Paris)

Tribune : Nous avons résisté à Aziz,Nous vaincrons Ghazouani ! Par Abdou Babou

Au moment où tout une certaine opinion commence à déméler l’écheveau du complot ourdi par des complices qui se connaissent, à partir du tribunal de Zouérate, nous jeunesse d’Ira-M, réiterons notre totale mobilsation pour défendre notre héroine Mariem Cheikh. Voilà que Ghazouani s’est fabriqué un pretexte ( application d’une pseudo-loi qu’Ira-M a trés tot et toujours dénoncé) pour déclarer la guerre au mouvement abolitionniste; nous déclarons à Ghazouani que nous sommes fidéles à notre rôle de résistants, comme au temps de son mentor Aziz.
Mariem Cheikh a été arrêtée pour avoir dit que le système beydan est pire que le corona virus.
Nous ne demandons pas sa libération mais plutôt l’élargissement des prisons afin de nous accueillir tous puisque nous partageons copieusement son opinion.

Nous disons haut et fort que l’Etat maure, le système qui a deporter, violer, assassiner ses confrères musulmans reduit en esclavage ses concitoyens, est pire que le virus corona.

Au lendemain des élèctions présidentielles, tous maures honnêtes, intègres ont reconnus la grandeur de Biram Dah Abeid. Ils ont compris qu’il n’est ni raciste ni pyromane vu qu’il avait la possibilité de gagner mais qu’il a mis de côté son ego, son désire d’accèder à la magistrature suprême pour l’interêt suprême du peuple mauritanien dans son ensemble. Il a refusé le principe 《marcher sur les cadavres pour le fauteil présidentiel 》.
Devant ce geste d’altruisme, ceux qui tirent les ficelles de ce système devraient en principe assouplir leurs rapports avec lui tout en cherchant avec tous les leaders politiques a asseoir une Mauritanie juste et égalitaire. Mais malheureusement comme le dit un proverbre Africain 《 le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir》.

L’une des débacles de Mohamed Ould Abdel Aziz en onze ans est de ne pas reussir a déconstruire IRA-M lui qui a usé de toutes ses forces en vain. Nous avons été affamés, privés d’emploi, reprimés, emprisonnés torturés. Certaines de nos militantes ont avorté sous la repression, sous la torture. En parlant de torture, nous donnons à titre d’exemple le cas de Moussa Bilal Biram qui a été torturé en juiller 2016 pendant dix nuits par le commissaire M’rabeutt ould M’del Mami et le chef du laboratoire de torture Didi ould Mbareck sous les ordres de Ould Abdel Aziz ainsi que le général tortionnaire le directeur de la surété Mohamed ould Maguêtt. Ils sont allés jusqu’à lui mettre du beure dans son anus puis brancher un supplesseur. Cela n’a pas suffit Didi en personne lui a arraché son testicule gauche. Et pourtant tous ces calvaires n’ont dissuadés aucun militant d’Ira-M. Cela repond au principe qu’il n’ya pas plus grand que la conviction et la determination.

Il est donc permis de se demander aujourd’hui dans le cadre du musellement de IRA-Mauritanie, qu’est ce que Gazouani peut faire de plus que son ami le mécano ?
Nous avons été constants et nous le resterons dans nos discours. Les mêmes discours se tiennent sur la scène internationale, face aux médias, dans les tribunaux, dans la rue ainsi que dans les laboratoires de tortures.

Nous sommes tous Mariem Cheikh, l’Etat maure, le système beydan est pire que toutes les pandemies qui se sont succedées au fil de l’évolution de l’humanité. Nous le disons haut et fort!
Nous attirons l’attention de tous les militants et sympathisants que le confiniment a été brisé pour nous dès l’instant ou Mariem a été arrêtée. Par conséquent, une sortie est prévue dans les jours a venir. La date et l’heure vous sera communiqué.

Nous sommes tous Mariem Cheikh!
Nous sommes tous Biram Dah Abeid!
Vive IRA, Vive le RAG
Vive une Mauritanie juste et égalitaire!

Abdou Babou
Membre du Conseil Exécutif
D’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-M).


Nouakchott, 17 avril 2020

Questions sociales et explosion de la violence en pays soninké, Par Aliou Kissima Tandia

🔹️Par Aliou Kissima Tandia

Les soninkés ont la réputation d’être un peuple paisible mais les explosions de violences qui traversent cette communauté depuis quelques temps sont en train de lui donner une face hideuse. Les derniers affrontements intracommunautaires à Laani au Mali, Moodibugu en Mauritanie, Koyina en Gambie, dans le Kingui et ailleurs que nous avons suivi de loin interpellent la conscience de tous et de toutes. Ils sont la suite logique et l’expression d’une accumulation de rancœurs et de frustrations, d’un manque de dialogue et de communication entre membres d’une même communauté. La nature ayant horreur du vite, l’avènement des réseaux sociaux a brusquement libéré la parole et établi le contact entre acteurs dont la plupart n’étaient ni intellectuellement ni psychologiquement préparés et prêts pour un débat d’idées. Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans la société soninké, il serait important d’apporter quelques éclairages historiques.

● Éclairages historiques

Comme toutes les sociétés qui vivent dans la bande sahélo-saharienne, la société soninké est une société très hiérarchisée composées de groupes qui se subdivisent à leur tour en sous-groupes.
Les structures sociales et politiques donnent la prééminence à certains clans (tunkanlenmu) pour l’exercice du pouvoir à l’échelle d’un village (debe) ou pays (jamaane). C’est un droit de commandement qui se base sur le droit du premier occupant du sol ou l’usurpation du pouvoir qu’on acquiert par la naissance.
C’est ainsi que suivant les régions ou pays, on peut rencontrer des patronymes qui jouent un rôle prépondérant dans la vie politique et sociale (Traore au Xanaaga, Baccili Gajaaga, Jaawara dans le Kingi etc.
Les différents groupes entretenaient et entretiennent encore des relations complexes marquées par le maarenmaaxu (parenté), le jonganlemaaxu (alliance codifiées par des serments comportant une séries d’obligations réciproques engageant les parties contractantes et leurs descendants), le laadanlemaaxu (alliances codifiées par les coutumes aux termes desquelles les différents groupes se rendent mutuellement services contre des gratifications symboliques et le kalungooraxu (cousinage à plaisanterie). Tous ces niveaux d’alliance ont pendant longtemps permis et permettent encore de cimenter le vivre ensemble dans la solidarité et ont créé les conditions d’une résilience sociale et économique.

● Contestations de l’ordre ancien

Aujourd’hui même si la taxinomie employée pour désigner les différents groupes sociaux existe toujours, la société soninké n’a pas été épargnée par l’évolution en cours dans toutes les sociétés africaines.
L’ordre ancien qui a commencé à être contesté depuis les premières années de nos indépendances par des intellectuels et anciens combattants d’extraction servile a trouvé aujourd’hui un terreau fertile à travers notamment le combat d’Elhor, de SOS esclaves et tout récemment du mouvement IRA Mauritanie et de l’ARMEPES-France : (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication des Pratiques Esclavagistes et ses Séquelles). Si les premières organisations citées plus haut ont réussi à faire bouger les lignes concernant la lutte pour l’émancipation des harratines et pour plus de justice et d’équité en Mauritanie qui fait de leur leaders des acteurs clés sur l’échiquier politique et social en Mauritanie, le second fondé essentiellement pour ne pas dire exclusivement par des ressortissants du Guidimakha mauritanien a pour ambition d’opérer des transformations sociales profondes dans la société soninké en ayant comme objectif premier « de débarrasser notre Soni Karaa de toutes ses tares liées à la féodalité, au système de castes, à la hiérarchisation statutaire entre personnes ayant vécu ensemble depuis de tant d’années »[i]
Le succès ARMEPES-France Ganbanaaxu Fedde, a favorisé le lancement d’un mouvement transnational couvrant non seulement la Mauritanie mais aussi le Mali, la Gambie, le Sénégal et toute la diaspora soninké à travers le monde et avec comme devise l’égalité en dignité et en droits dans les communautés soninkés respectives.
L’utilisation de Whatsapp pour redynamiser et faciliter la communication entre les membres du mouvement et la vulgarisation de ses idéaux a non seulement permis de tisser et de renforcer des liens entre ses sympathisants mais aussi favorisé l’éclosion de courants supposés opposés à toute transformation sociales en pays soninké ou à la démarche utilisée par Ganbaaxu Fedde. Ainsi démocratie islamique, Hooron da in baana, Kingui contre Ganbaana, TGV contre Ganbaana ont été créés et sont vite allés en guerre contre Ganbaana feddé. Suivant les camps, les deux courants ont utilisé les réseaux sociaux pour légitimer ou condamner le combat de Ganbanaaxu ou questionner ses méthodes de lutte en puisant très souvent leurs arguments du coran et de sunna du prophète.
La virulence de certains propos et la manière de tourner l’adversaire en dérision étaient souvent d’une rare violence et manquaient de décence.
Cette liberté d’expression offerte par les réseaux sociaux s’est révélée être à la fois une opportunité et un piège pour notre communauté car la plupart des personnes qui s’invitaient dans ces débats d’idées et de société n’étaient pas toutes intellectuellement et psychologiquement à la hauteur. Ils ont plutôt créé une cacophonie qui a brouillé le message authentique de Ganbaanaaxu et rendu inaudible la voix des progressistes de toutes extractions sociales, exacerbant ainsi la résurgence du phénomène de l’esclavage dans beaucoup de contrées.
Par leurs capacités de filmer, d’enregistrer, de transférer des audios et images en temps réel, d’archiver et même de manipuler des faits, les nouvelles technologies de la communication ont, dans le cadre de ce combat intracommunautaire, contribué à exacerber les tensions entre familles et clans en faisant émerger beaucoup plus de faucons que de colombes.
Face à cette situation, des bonnes volontés ont tenté des médiations qui se sont soldées par des échecs. Quant aux états, ils ont brillé par leur inaction qui peut se traduire par une manière subtile de laisser la situation pourrir.

Explosions de violences

Les conflits latents et la guerre fratricide qui en a résulté a déjà fait couler beaucoup de sang, endeuillé des familles et augmenté la vulnérabilité d’autres, les rapports de forces n’étant pas toujours les mêmes partout. La violence dans les rapports humains est tout simplement inacceptable, particulièrement entre personnes unies par des liens historiques et multiformes, c’est pourquoi nous sommes tous interpellés par les cris de détresse et les sanglots des blessés et des victimes des différentes explosions de violences. Nous le sommes autant que nos états qui doivent se doter d’institutions fortes et impartiales qui créent les conditions d’une paix sociale et la garantissent.
Il faut condamner la violence et les injustices d’où qu’elles puissent venir et les corriger après une analyse froide de ces évènements douloureux. Cela permettra d’éviter l’amalgame et les conclusions hâtives sous l’effet de l’émotion.

● Conclusions

À l’image de ce qui se passe chez les peuples voisins, les transformations sociales sont, en milieu soninké déjà là, elles sont à la fois visibles, subtiles et complexes. Il faut les ancrer dans notre vécu au quotidien, les accompagner et sachant que les protagonistes considèrent qu’ils sont d’égale dignité et le sont conformément aux différentes lois fondamentales des pays concernés. Cette période que nous vivons est une transition vers une nouvelle ère. C’est une tendance irréversible. Il nous faut une intelligence situationnelle pour sauvegarder l’essentiel et chacun dans son contexte local et son vécu connait l’essentiel. Il faut orienter les radios mille collines vers la promotion de la paix et la réconciliation par le respect des aspirations légitimes de tous ceux qui, dans notre cohabitation se sentent lésés.
Ce conflit est appelé à être dépassé avec ses souvenirs douloureux d’où la nécessité de dialoguer dès maintenant, de dialoguer sincèrement et sans tabous pour ne pas mettre en péril notre vivre ensemble qui doit être au-dessus de tout. Ce malaise profond doit être traité à l’échelle globale mais surtout au niveau local, chaque jamaane et debe ayant ses spécificités héritées du passé qui ne sont pas forcément celles des autres.
En sachant qu’ils seront interpellés devant les tribunaux de l’histoire sur leur gestion de notre patrimoine commun qu’est le soninkara, la diaspora, les cadres vivant dans nos différentes capitales et autres grandes villes, les oulémas, les élus et tous qui constituent les éminences grises et des références incontournables pour leurs Co-villageois ou contrées sont appelés inventer des mécanismes pour ramener la paix des cœurs et des esprits de façon durable.

Aliou Kissima Tandia
Ndjamena, le 11Avril 2020

[i] Gaye Traore, interview accordée à Calame le 29 Mars 2018.

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/questions-sociales-et-explosion-de-la-violence-en-pays-soninke/

Tribune : « Aider les pauvres en respectant leur dignité… », Par Baba Ould Jiddou (APP – Europe)

■ AIDER LES PAUVRES EN RESPECTANT LEUR DIGNITÉ , VIA LES GUICHETS DE TRANSFERT D’ARGENT, COMME AILLEURS DANS LE MONDE…ET LIBERER L’ARMÉE À SON ROLE

Cette campagne de distribution de produits alimentaires à nos populations démunies et confinées est sans effet conséquent sur le quotidien de ces familles à l’échelle du pays. Le nombre des démunis dans ce vaste territoire est incalculable, d’autant que la majorité des mauritaniens vivent d’activités informelles. Le plus judicieux aurait été de procéder autrement, comme le font les pays respectueux de la dignité et de l’humanité de ses citoyens… Le gouvernement mauritanien aurait fait mieux de verser des sommes d’argent conséquentes de plusieurs milliers d’ouguiyas aux nécessiteux par l’intermédiaire des guichets de la poste et ou des officines de transferts d’argent agrées pour cet effet sur l’étendue de la Mauritanie. À rappeler que dans chaque famille Mauritanienne, il y a un individu qui est titulaire d’une pièce d’identité avec un numéro d’identifiant (NI) et d’un téléphone portable. Les agences de transfert d’argent habituées à ce genre d’opérations, rappelleront par téléphone et vérifieront l’identité de chaque bénéficiaire pour percevoir les sommes allouées anonymement par les instances administratives de l’Etat. Cette procédure et autres méthodes sont réalisées dans plusieurs pays aidant ses citoyens en difficulté…, d’autant que peu de personne sont titulaire d’un compte bancaire… En d’autres termes, l’on évite, à l’avenir, d’infantiliser nos compatriotes et en respectant leur dignité et leur humanité…avec les sommes ainsi perçues, les familles auront le libre arbitre (le loisir) d’acheter ce dont elles ont besoin au marché ou chez le commerçant du quartier. De là, le gouvernement mauritanien aura la visibilité et la traçabilité des montants de milliards d’ouguiyas alloués par lui et par les autres milliards donnés gracieusement par des personnes physiques et morales… En cette période trouble, l’on déchargea nos forces de l’ordre et de sécurité de la tâche de distribution de ces denrées de première nécessité pour que nos unités des corps constitués soient orientées pour assurer la défense du territoire, des biens et des personnes,… Et en fin, le gouvernement mauritaniens mettra fin, par ce procédé, a » couper » l’herbe sous les pieds des « tiebtiab », des spéculateurs, des officines occultes, d’autres vermines profitant des marchés de gré à gré et des copinages pour engranger des subsides destinés à nos populations démunies et très souvent exclues… c’est-à-dire, tout ce petit monde tapis dans la partie molle du système corrompu…qui n’a cessé de profiter des finances publiques de l’Etat mauritanien, depuis des décennies Ces corrompus et leurs acolytes propulsés qui sont confondus dans ce système sans foi ni loi et dans nos élites politiques (certaines), de certains fonctionnaires, de certains dirigeants de nos sociétés…et dans le subconscient de nos populations encadrées par des idéologues sans vergogne…

Baba Ould Jiddou. APP, Section France

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur, lien : http://adrar-info.net/?p=61848

La pandémie du COVID 19 : Un accélérateur de conscience citoyenne et démocratique, par Pr Abdoulaye Doro Sow

Une pandémie n’est jamais souhaitable mais elle ouvre les yeux. Personne n’est à l’abri et nul ne peut aller se soigner à l’étranger. Cet obstacle met à nu les prétendus pouvoirs des charlatans ayant une solution à tous les problèmes. Le registre de la mystification ne fonctionne plus et un noyau d’esprit critique prend forme et se structure. Le COVID 19 n’est ni chinois et ni une construction des hommes.

Cette pandémie renforce le sentiment d’appartenance et la cohésion sociale. Elle met en lumière l’hypothèse de Durkheim selon laquelle qu’en période de crise, le tissu social se sentant menacé, les individus faisant aux dangers font tout pour cimenter la société. La vie de tout un chacun dépend de celle des autres.

On observe dans tous les pays africains une exigence de solidarité et de transparence due à une tres forte demande sociale qui va au delà des clivages communautaires et idéologiques. Cette exigence a fait naitre de multiples interrogations citoyennes parmi lesquelles, le déficit des infrastructures sanitaires, les inégalités sociales et les critères de sélection des ayant droit à l’aide publique. La culture de l’obligation de résultat et de rendre compte commence à s’installer en Afrique.

Il reste que c’est plutôt la prise de conscience des manques révélateurs des profondes inégalités sociales qui fait que tous les regards sont tournés vers les hommes politiques bien que la responsabilité de tous soit de mise. Quand les dirigeants politiques se sentent observés et surveillés, ils font très attention à la gestion des affaires de la cité.

La pandémie du COVID 19 est non seulement un accélérateur de la conscience citoyenne et démocratique mais a surtout amplifié la quête de la connaissance et l’exercice de la pensée dans tous les domaines y compris le domaine religieux. Cette réflexion qui bouscule les dogmes risque de rendre le climat social anxiogène. En effet, certains religieux à revisiter le passé très lointain des musulmans pour essayer de trouver des réponses par rapport aux restrictions des libertés et des pratiques religieuses.

Tous les segments de la société bougent et chacun apporte sa contribution en fonction de son domaine de compétence. Les régulateurs sociaux que sont les marabouts ainsi que les dépositaires des savoir faire et de la pharmacopée traditionnelle mettent leurs compétences au serve de leurs collectivités.

Par ailleurs, la mobilisation des journalistes pour répondre à la curiosité publique met en lumière l’importance des langues nationales. Un baromètre permettant de faire une distinction entre les discours officiels et les propos dénués de tout fondement.

Les communautés au-delà du confinement et du respect des gestes barrières veillent au mouvement des individus entre les frontières. C’est dire que les communautés se sont appropriées les stratégies destinées à lutter contre cette pandémie.

Cette très forte interpellation des dirigeants politiques qui traduit une forte aspiration à la bonne gouvernance est une opportunité pour les acteurs de la société civile. Ils doivent se mobiliser pour maintenir au quotidien cette tension afin qu’au sortir du COVID 19, les vieilles mauvaises habitudes qui sont très têtus ne refassent surface.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (10/04/2020)

Réflexion – Tribune : La fraternité dans le mensonge est-ce de l’hypocrisie ou une peur déguisée ? Par Souleymane Sidibé

Aujourd’hui, le lynchage de personnes dans la région de Kayes (Mali) précisément dans le village Lany de Gadiaga montre comment la culture de l’ignorance crée des monstres animés de fantasmes sanguinaires et féodaux. Les personnes disent ne plus respecter un ordre de caste établi, et ils subissent le lynchage par des coups et l’animosité flagrante . Les autorités maliennes ne sont pas dans les lieux pour y mettre un terme. Dans un vocal lu et vu sur Facebook, un des tenants de la barbarie ici en France disait que les autorités ne les tueraient point mais les mettraient juste en prison après cette haine déversée! Il est urgent de porter plainte contre cet individu.

L’indignation doit être primordiale dans cette situation écoeurante. Les intellectuels Soninkés sont divisés. Tous remarquent bien les faits mais certains ne réagissent pas, sûrement pour se recroqueviller encore dans leurs nids d’illusions. Il y’a urgence de créer la citoyenneté, et de se débarrasser de ces statuts de chefs de village à famille de marabouts par ascendance et « esclaves » en Afrique de l’Ouest.
Le rôle de tout État est de protéger sa population. L’Etat doit garantir ces trois choses que sont la sécurité, l’ordre et la paix, s’il le faut par l’usage de la force. Machiavel dit de la force qu’elle est l’essentiel du pouvoir politique. L’expression raisonnable et légitime de la force nationale malienne est plus que nécessaire face à ces barbares et sadiques qui osent déshabiller une femme, une maman au vu et au su du monde (avec les internautes sans mot). Sans oublier les coups et blessures très graves infligés à une multitude de personnes. Les fondements sociaux de cette bêtise humaine étaient les laada(s). Ce sont des accords culturels hégémoniques de certains vis-à-vis d’autres. Cela explicite le rôle social minimisant pour certaines franges dans les cérémonies comme dans toute autre activité sociale même dans l’exercice de la foi . Il faut noter par ailleurs que c’est là le socle de l’inégalité et de l’injustice. C’est le rappel des réflexes de subordinations. Les castes sont la matérialisation de la culture et l’identité culturelle. C’est odieux!
Avec Gambanaxu ou le réveil de Soni kara (la communauté des Soninko), les esprits même les plus faibles ont compris comment sont régis les mécanismes culturels. De nos jours, ce mouvement citoyen a déclenché l’émancipation des mentalités, et surtout le détachement de l’ignominie et de l’ignorance. Le « noble » n’est en rien supérieur à celui appelé « esclave », le soi-disant «marabout» par ascendance est un faux arc social (faux fondement), les dits griots et forgerons ne sont pas des sous humains dont l’essence de la vie serait de faire des éloges ou des bijoux continuellement jusqu’à la fin des temps.
Allah dans le saint coran nous dit: « Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. » Coran 49.13
Le messager de Dieu, Mohamed (Saws) dit : « Dieu ne regarde ni vos formes ni vos corps mais Il regarde vos coeurs et vos actions. »

« N’est pas des nôtres celui qui prône le racisme, ni celui qui se bat ni celui qui meurt pour une cause raciste »

Il a réaffirmé ces principes lors de son discours d’adieu :

« Ô gens votre Dieu est Un et votre ancêtre est un. L’Arabe n’a aucun mérite sur le non Arabe, ni le blanc sur le noir, sauf par la piété… « Ô gens, vos sangs, vos biens, vos honneurs sont inviolables jusqu’à la rencontre de votre Seigneur, aussi inviolables que ce jour-ci, en ce mois-ci dans ce lieu-ci. ».
Il est important de rappeler que la religion est le ciment de nos sociétés. Elle est dans la main de parfait manipulateur, si l’on ne se trompe. Ils ont fait fi de la parole d’Allah et son message et de la raison (lumière naturelle) comme du bon sens.
Les textes des droits humains nous rétorquent: « Tous les Hommes naissent libres et égaux ».
Quand un individu dit qu’il est supérieur socialement et humainement mieux élaboré, c’est de l’ignorance. Les dits intellectuels de certaines couchent Soninkés ont inoculé le vaccin anti traitement de tares. Les individus de sens communs quant à eux ont en tête le mode de vie nostalgique érigé en outil de valorisation et de survie. Une chose est sûre, il faut retenir que la bêtise humaine n’a pas de limite. « Elle insiste toujours» comme affirmait Albert Camus. Ainsi, tout ce qui est appelé à disparaître n’insistera plus.
Face à la reconnaissance des droits élémentaires qui émanent de la dignité et la revendication, certains esprits enchaînés se sont déchaînés par la haine sur les pauvres villageois comme eux. À l’Etat malien de faire son travail actuellement, aux associations de la société civile libre d’agir, aux radios internationales de parler, et à l’humanité de se ressaisir.
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots
Martin Luther-King

#je_suis_soninke_et_contre_la_bêtise

©️ Crédit source: Post FB de l’auteur

Mauritanie/Politique : le président du parti RAG indexe les contradictions pratiquées dans le pays.

Par cette brève réflexion, je voudrais simplement attirer l’attention de certains hauts cadres de notre pays et à travers eux l’attention de ceux qui nous gouvernent, sur des formes de contradictions pratiquées chez nous, contradictions on ne peut plus flagrantes et qui dénotent une politique de sélection grave à tous les niveaux de la vie nationale. À ce propos, l’exemple le plus éloquent, le plus récent, le plus frappant et qui atteste cette assertion est celui que nous enseigne l’émission Tada’iyate où l’invité Biram Dah Abeid, Parlementaire de la République, en même temps leader de l’association Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie, choisi par la chaîne de télévision privée Alwataniya après dures négociations, devrait se prononcer sur la situation du pays et surtout sur les voies et moyens pour vaincre, chez nous, la pandémie du Covid-19 qui fait des ravages sans précédents dans le monde.
À la dernière minute, voilà que la télévision Alwataniya n’était pas au rendez-vous pour l’émission retenue en commun accord avec le député Biram Dah Abeid. Ce recul de la télévision Alwataniya, dans une conjoncture où la contribution de tous en général et particulièrement de voies représentatives telles que celle de Biram Dah Abeid qui, à l’issue des dernières élections présidentielles a obtenu, malgré les obstacles nombreux et variés, des résultats le plaçant en deuxième position, ce recul donc est inexplicable compte tenu de l’enjeu circonstanciel, des difficultés rencontrées par la chaîne pour obtenir l’accord de BDA et de la contribution que celui-ci peut apporter à la lutte nationale contre le Coronavirus.
Ce recul révèle une contradiction fondamentale. En effet, hier seulement, des voies autorisées se sont levées pour reprocher au Président BDA d’avoir tenu certains propos en dehors du pays, et , aujourd’hui, ce même BDA est catégoriquement empêché de se prononcer sur les voies et moyens qui pourraient être les mieux pour mener une lutte efficace contre le Coronavirus.
Cette énigme ne signifie-t-elle pas une volonté manifeste de museler complètement le Président, député de la République Biram Dah Abeid ?


Oumar Yali,
Ancien Ministre
Président du parti Radical pour une Action Globale (le RAG).
Nouakchott le 06/04/2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE et RAG (Parti Radical pour une Action Globale)

Vaccin Covid-19 : Pour une Afrique ni victimaire ni complotiste mais alerte!

Depuis l’avènement de la pandémie du Covid-19, le continent africain, le moins atteint à l’heure actuelle, est scruté par le reste du monde et plus particulièrement par l’Europe et la France.

Ce regard souvent teinté de condescendance, de misérabilisme et surtout de mépris fait ressurgir des discours d’un autre âge, porté par des hommes de science sans aucune gêne.
Telle a été l’œuvre du Pr Jean Paul Mira qui tranquillement, se fondant sur une vérité -la défaillance des systèmes de santé en Afrique- proposa sans sourciller et de façon abjecte, que des essais cliniques y soient menés comme cela se faisait pour le sida avec les prostitués vulnérables et pauvres.
Cette proposition honteuse ne traduit ni la générosité désintéressée de l’Occident et encore moins un besoin primaire de l’Afrique, au moins actuellement, vu le nombre de cas enregistrés sur le Continent.
Cette fausse bienveillance réveille dans nos souvenirs une autre réalité. Celle de l’abondance d’une littérature raciste (allant du 17ème au milieu 19ème siècle) sous couvert d’une onction scientifique, celle de la stérilisation des femmes (à leur insu) en Asie et en Afrique par le truchement de Fondations, celle des essais d’antiviraux au Nigeria ou enfin le scandale des cobayes de Big Pharma.

L’ensemble de ces éléments historiques factuels, nous imposent au moins d’être vigilant et au mieux d’être sur la défensive.
Oui il nous faut une réelle vigilance citoyenne tout en ne tombant pas sur des raccourcis faciles et simplistes.
Les propos scandaleux de ces chercheurs conjugués avec l’histoire des scandales des essais cliniques sauvages font le lit des conspirationnistes de tous bords.
Car à l’heure actuel, il n’existe aucun essais clinique sur le Continent africain et encore moins un essai de vaccin.
Les différents essais cliniques existants se font en Occident pour le moment.
Il y a plus de 8 protocoles d’essais dans des pays d’Europe, aux Etats-Unis et en Asie -là ou il y a le plus de victimes- et aucun sur le continent africain.

Cela dit, on se doit d’être vigilant en n’acceptant sur notre continent que des protocoles déjà entérinés en Occident et validés par nos propres scientifiques.
Mieux, notre exigence post-Covid-19 doit se tourner vers nos dirigeants qui doivent encore une fois investir, dans l’éducation, la recherche scientifique et la santé.

Diallo Saidou dit Thierno

Ainsi nous n’attendrons plus la générosité de l’Occident pour nous soigner.

©️ Crédit source: https://kassataya.com/2020/04/05/vaccin-covid-19-pour-une-afrique-ni-victimaire-ni-complotiste-mais-alerte/

Mauritanie : La coronacensure, souche mutante du Covid-19

Oumar Ould Yali, ancien ministre, Président du parti Radical pour une action globale (Rag)

Biram Dah Abeid, parlementaire et leader de l’association non-autorisée Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) a été choisi, par la chaîne de télévision privée Alwataniya, pour animer le 2 avril 2020 à 22h30 mn, l’émission de débat, Tada’iyate. Auparavant, bien au fait des manipulations d’usage dans le milieu, l’invité réitéra, à mainte reprise, ses conditions ; à cet égard, il reçut, en réponse, quelques assurances, des plus explicites.  Or, 3 heures avant le début de la diffusion, prévue en direct grâce à la messagerie Skype, le journaliste se démenait à la convocation de mille prétextes ; il s’échinait, alors, à justifier l’annulation du rendez-vous. Devant l’évidence de la dérobade de dernière minute, Biram Dah Abeid suggérait, à Alwataniya, de produire un message d’explication à l’endroit de son public. Là aussi, l’engagement fut pris, sans suite, comme de bien entendu. Il s’agit d’une entorse supplémentaire au pluralisme, laquelle vient confirmer nos multiples alarmes sur la concentration ethnique des pouvoirs. Il en résulte la partialité intrinsèque de l’audiovisuel de Mauritanie, d’ailleurs produit des ententes exclusives que confère la consanguinité. A l’image de tous les leviers d’influence, y compris l’Etat, l’ensemble des radio et télévisions privées appartient à la communauté des Bidhanes, soudée par la défense d’une hégémonie de quelques siècles. In fine, dans un tel univers, priver, de parole, le détracteur du système, s’avère aussi aisé que prévisible. Ainsi, l’objet de la présente communication tient-il moins de l’étonnement que de l’indignation. Biram Dah Abeid, député et candidat au scrutin présidentiel de juin 2019, représente, par le nombre des suffrages issu des chiffres du tripatouillage, l’unique alternative à la médiocratie des tribus. Il fallait donc le faire taire, encore et toujours, sans donner l’impression de lui appliquer le musellement frontal. Il convient de le souligner, ici, Biram Dah Abeid, en visite à Bruxelles où il suivait des soins, y a été surpris par la pandémie du Cocid-19, sujet de l’entretien avec Alwataniya. Retenu donc malgré lui hors du pays, il acceptait, néanmoins, de se prononcer sur le degré d’efficience de la riposte du gouvernement, ses dysfonctionnements éventuels et la pertinence de la mieux adapter aux enjeux multidimensionnels de la crise. Le propos attendu de Biram Dah Abeid s’inscrit en droite ligne des deux notes d’alertes de l’Ira-M, dont les liens s’affichent dessous. Chacune, au moment où les autorités cédaient à l’improvisation, portait des propositions, pressentait les failles et avertissait contre le laxisme ambiant. Peu de jours après, le gouvernement démontrait l’ampleur de son incompétence, ponctuée de fraude et de désinformation. Si l’on devait se souvenir des précédents toujours impunis, les mesures d’exception humanitaire en faveur des pauvres, risquent de se dissoudre entre détournement, surfacturation et revente parallèle. Depuis des décennies, l’histoire de la corruption en Mauritanie renseigne, assez, quant au désastre d’une gouvernance de la prédation. L’occasion nous commande d’inviter le gouvernement mauritanien à protéger la liberté d’expression et la diversité des opinions ; l’exhortation s’adresse, d’abord à la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (Hapa), que nous saisissons, ici, d’une requête, pour obtenir, de Alwataniya, la reprise du programme différé. D’autres médias violent, allègrement, la déontologie et l’éthique, souvent aux motifs inavoués de racisme. Enfin, l’Ira-M réitère son appel à raffermir le front intérieur, la solidarité et la concorde des mauritaniens, face à une vague de mort sans thérapie probante, qui défie le privilège de naissance, la préséance linguistique, la nationalité, les frontières et la religiosité.

🔹️Liens médias d’alerte :

– 18 mars 2020 http://biramdahabeid.org/archives/6532

– 23 mars 2020 https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Coronavirus-En-attendant-la-therapie-Note-de-mise-en-garde_a18517.html

Nouakchott, le 04 avril 2020

©️ Crédit source : https://www.chezvlane.com/Mauritanie-la-Coronacensure-souche-mutante-du-Covid-19_a18773.html