Le Conseil des Ministres s’est réuni le mercredi 08 septembre 2021 sous la Présidence de Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, Président de la République.
Le Conseil a examiné et adopté les projets de décrets suivants :
– Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Adel Begrou dans la Wilaya du Hodh Echragui.
– Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Touil dans la Wilaya du Hodh Gharbi.
-Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa Lexeiba dans la Wilaya du Gorgol.
-Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Maal dans la Wilaya du Brakna.
-projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Tekane dans la Wilaya du Trarza.
-Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Wompou dans la Wilaya du Guidimagha.
Le Conseil a également adopté un projet de décret modifiant certaines dispositions du décret n° 2017-132 du 20 novembre 2017 accordant le permis d’exploitation n° 2480 C2 pour les substances du groupe 2 dans la zone de Tijirit (Wilaya de l’Inchiri) au profit de la Société Tijirit Recherche Exploration (TIREX).
Le Conseil a, en outre, adopté des projets de décrets accordant des permis de recherche pour les substances des groupes 1 et 2 au profit de la SNIM-SEM au niveau des Wilayas de l’Adrar et de l’Inchiri.
Il a, enfin, adopté des projets de décrets accordant certains permis de recherche pour les substances du groupe 2 au niveau de la Wilaya de Tiris-Zemour à la Société EMIRAL MINING-SARL.
Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.
Le Ministre des Pêches et de l’Economie Maritime a présenté une communication relative aux grands axes de la politique du secteur des pêches et de l’économie maritime.
Cette communication fait le diagnostic des insuffisances de la stratégie du secteur des pêches et de l’économie maritime en vigueur depuis juillet 2020 et esquisse les grandes lignes d’une nouvelle politique tendant à améliorer les performances et l’impact de ce secteur vital, notamment à travers une prise en compte plus effective de ses différentes composantes maritime, continentale et économique.
Le Ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement a présenté une communication sur les principaux aspects du festival des Cités du Patrimoine.
Cette communication vise une refondation du festival des villes anciennes, en tirant les leçons des précédentes éditions et en corrigeant certains dysfonctionnements constatés à ce niveau dans le but de favoriser l’atteinte des résultats stratégiques escomptés en matière de développement culturel.
Pour faire face à l’augmentation récente des prix des denrées de première consommation et atténuer leurs effets sur les populations, le Gouvernement a décidé de mettre en œuvre une série de mesures comprenant l’administration des prix desdites denrées y compris la viande , l’augmentation de l’approvisionnement des boutiques Taazour, l’augmentation et la diversification des variétés de poisson distribuées et enfin la mise en place d’un dispositif rigoureux de suivi pour s’assurer du respect et de l’application effective et permanente de ces mesures.
Par ailleurs, suite à la tendance à la baisse des cas du COVID-19 et dans le souci d’alléger le poids des mesures de restrictions sanitaires sur les populations, le Conseil a décidé de reculer le couvre-feu à minuit, à compter de ce soir, tout en invitant les populations à maintenir les gestes barrières et à se faire vacciner.
Enfin, le Conseil a pris la mesure individuelle suivante:
Ministère de la Transition Numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration
Etablissements Publics
Société Mauritanienne des Postes (MAURIPOST)
Directeur Général: Alioune Ould Issa, précédemment Chargé de mission au Cabinet du Premier Ministre.
Dès le milieu des années 1980, il fait figure de pionnier en prenant part à l’aventure de Tabala FM, première radio africaine établie en France. C’est là qu’il déploie sa passion pour le journalisme essentiellement autour des questions de développement durable.
À partir de 1994, il produit Plein Sud, aujourd’hui encore la plus ancienne émission quotidienne diffusée pour plus de 45 millions d’auditeurs, sur les ondes de Radio France Internationale. En 1996, en parallèle à ses activités chez RFI, il coproduit Africa Musica, le premier hit-parade des musiques africaines. Cette émission est diffusée sur le réseau des chaînes de télévisions nationales d’une trentaine de pays d’Afrique grâce à CFI (Canal France Internationale).
En 1998, sur MCM Africa, il invente avec Myriam Seurat, le premier talk-show quotidien de la diversité. La même année alors PDG de la société MVG, c’est aux côtés de son ami le célèbre journaliste ivoirien Joseph Andjou, qu’il produit pour Canal+ le film documentaire « Abidjan on dit quoi » autour du thème de l’humour ivoirien.
En 2000, il crée le magazine de presse écrite Afrobiz tiré à 50 000 exemplaires, ainsi que le site associé Afrobiz.com3.
À partir de 2002, et pendant quatre saisons sur TV5Monde, pour l’émission Acoustic, il reçoit sur son plateau les plus grands noms de la musique internationale. Depuis 2010, il anime le journal de la culture musique de la chaine d’information internationale France 24. Depuis 2014, Amobé Mévégué anime, aux côtés de Lise-Laure Etia et de Christian Eboulé, le magazine mensuel Africanités dédié au continent africain et à tous les Africains qui rayonnent à travers le monde. Cette émission aborde les grands thèmes de société et la culture au sein de débats avec un invité fil rouge.
Dirigeant de média depuis la création du magazine Afrobiz, il a été à la tête de la chaîne de télévision panafricaine Ubiznews, disponible en Afrique sur le bouquet canal satellite, et en France sur le câble.
L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a comparu mardi devant le juge d’instruction du parquet de Nouakchott Ouest . Ould Abdel Aziz fait face à une liste d’accusations, notamment de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite, au cours de son règne lors de la dernière décennie. Il y a deux semaines, la chambre criminelle de la Cour suprême a rejeté la demande de la défense de l’accusé consistant à’annuler la décision de le placer sous contrôle judiciaire, de le libérer et de lui accorder l’autorisation de voyager à l’intérieur et à l’extérieur du pays. A cette occasion, la chambre a confirmé la décision du juge d’instruction rendue il y a deux mois de mettre Ould Abdel Aziz en prison à Nouakchott, pour violation des conditions du contrôle judiciaire. Parallèlement à sa comparution devant le parquet, des dizaines de partisans d’Ould Abdel Aziz ont manifesté devant le palais de justice de Nouakchott, mais la police les a dispersés et éloignés des lieux. Source : https://mourassiloun.com/node/20129 Traduit par adrar info
La concertation ou le dialogue, peu importe le mot, dérange. Des intérêts souvent contradictoires se coalisent pour dissuader les gens d’emprunter cette voie incontournable pour sauver le pays des affres de la division, de la corruption à grande échelle et de l’effondrement qui nous guette à terme. Le plus souvent, les partisans de la confrontation tous azimuts et sans principes avancent encagoulés, répandant rumeurs et mensonges, dressant les mauritaniens les uns contre les autres et se parant de vertus subites après avoir été les pires adversaires de la démocratie pluraliste, des droits humains et de la citoyenneté. Rien n’est épargné dans leurs propos et dans leurs actes pour déstabiliser le processus entamé au sein de la classe politique et de la société civile pour parvenir d’abord à une feuille de route consensuelle et pour entamer les débats pouvant déboucher sur un pacte républicain et des mécanismes efficients de mise en œuvre. Plus les discussions avancent dans cette voie, plus ils ruent dans les brancards, mêlant le vrai du faux et n’hésitant pas à entreprendre les pires manoeuvres politiciennes. Il fut un temps, leur campagne consistait à opposer les partisans du dialogue politique à un fumeux » dialogue social ». Ensuite, profitant des débats sur l’interprétation possiblement contradictoire des termes de » concertation » et de » dialogue » ils enfourchèrent la monture de la zizanie pour discréditer le processus de rapprochement en cours entre les différents acteurs politiques et sociaux . Nouvel échec après la clarification intervenue à ce sujet. Maintenant, leur dernière trouvaille consiste à répandre le bruit suivant lequel tel ou tel sujets ne seront pas débattus. Plus particulièrement celui du » Passif humanitaire ». Là aussi, ce sera peine perdue. Il n’y aucun tabou dans les débats à venir, et le passif humanitaire sera le 1er des dossiers à régler en matière de sauvegarde de l’unité nationale avec celui de l’éradication de l’esclavage…
Ce dimanche 5 septembre 2021 en Afrique de l’ouest, un pays connaît une journée politique et institutionnelle très mouvementée. D’après les premiers éléments d’informations remontés tôt ce matin donnant via différents réseaux sociaux que des tirs d’armes lourdes sont signalés dans la capitale Conakry, notamment autour du quartier où réside le président Alpha Condé. Ainsi cet après-midi des photos et des vidéos circulent montrant l’ex-opposant historique devenu « président clanique » qui a tordu les règles démocratiques pour se maintenir au pouvoir depuis 2010 et des éléments militaires puissamment armés qui le cernent . Selon cet article du figaro.fr https://www.lefigaro.fr/flash-actu/guinee-tirs-nourris-dans-le-centre-de-conakry-des-militaires-dans-les-rues-20210905 , le lieutenant-colonel MamadiDoumbouya à la tête des forces spéciales serait le principal instigateur de ce coup d’État. Une fin pitoyable de règne d’une figure politique guinéenne qui se voulait éternel sans sagesse ni lucidité en despote semi grabataire de 83 ans d’âge.
✓Les premiers mots diffusés par les meneurs du coup d’État :
Senalioune – L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz continue, en dépit des dénonciations régulières publiquement exprimées par les avocats de son collectif de défense, son séjour carcéral. C’est le mardi 7 septembre prochain qu’il devra de nouveau se présenter devant le parquet général, face auquel, il est demeuré bouche cousue le long de toutes les comparutions antérieures.
Le ministère public viserait à travers cette nouvelle audition de l’ex Chef de l’Etat, sa confrontation avec des nouveau éléments l’accablant et obtenus au terme d’investigations approfondies menées par les limiers anti-corruption sur ce gros dossier aux mille et une ramifications, au cours de 70 jours passés.
On ne sait pas encore si l’affaire relative aux 2,7 de dirhams volés récemment à son épouse au Maroc, l’ex Première dame Tekeiber font partie de l’ordre du jour de la comparution attendue.
Inculpé en mars dernier, l’ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avait été écroué, le mardi 22 juin passé dans la soirée, sur décision du juge chargé de l’enquête pour corruption présumée, rappelle-t-on.
Ainsi donc rouvre le débat sur la transcription des langues non arabes de Mauritanie. Un débat conclu et clos depuis bientôt soixante ans, mais qu’une classe d’idéologues, en Mauritanie, continue de soulever pour la simple raison que la conclusion, pourtant basée sur une expertise bien solide, ne satisfait pas son idéologie conquérante.
Il y a moins de deux ans, Pr Ely Moustapha soulevait la même question et prônait, avec beaucoup de méprises sur l’histoire récente de ces langues et leur lutte, et surtout du mépris, volontaire ou par mégarde, à l’égard des communautés concernées et les acteurs de cette lutte, la transcription des dites langues en caractères arabes plutôt que les caractères latins adoptés à la conférence de Bamako. Il y a quelques jours l’on a appris qu’une commission gouvernementale a été mise en place pour veiller à l’application de l’article 6 de la constitution. Le contenu de cet article définit les langues Arabe, Pulaar, Soninké et Wolof comme nationales et promeut l’Arabe à un statut officiel exclusif. À la tête de cette commission se trouve Monsieur Abou Sow, ancien ministre et fervent défenseur de la transcription des langues nationales en caractères arabes. Ce qui frappe dans cette commission c’est déjà l’absence des acteurs reconnus, pour leur compétence et leur dévouement, de la promotion des langues nationales, à commencer par ceux liés de près ou de loin au défunt institut des langues nationales. Comment pourrait cela s’expliquer si ce n’est par un souci de faire passer sans résistance aucune un projet d’empoisonnement de la lutte des langues non arabes du pays ? Il y a plusieurs choses à dire sur cette commission et sur l’article 6 lui-même et son injustice primordiale de laquelle découlent toutes les autres, mais nous y reviendrons une autre fois. La question de la transcription a ainsi inévitablement refait surface à la suite de l’annonce de cette commission et de son programme. Et cette fois, c’est Monsieur Moctar Sakho, dont je viens d’entendre le nom – et je ne le précise que par souci d’exactitude – qui dit nous appeler au « pragmatisme », à la « franchise » et au « réalisme », notamment par la formule « Let’s be real » martelée en point final de son texte. S’il n’y voit pas d’inconvénient, je me permets de la réutiliser. Car en effet, il faut bien être tout cela et regarder la question en face. Sur ce point, Monsieur Sakho, nous sommes vraiment d’accord. Et, il faut surtout analyser les données du problème de façon objective et méticuleuse et non se limiter aux impressions impulsives.
Le texte de Monsieur Sakho recycle principalement le fameux argument coranique, dans une saveur qui se veut nouvelle.
Tout d’abord, il prétend que l’apprentissage du coran est le point de départ de l’expérience scolaire des enfants mauritaniens, et donc cela peut servir de justification à la décision de changer de transcription en faveur des caractères arabes. En réalité, Monsieur Sakho, il n’en est rien ! les enfants mauritaniens ne commencent pas leur aventure scolaire par l’apprentissage du coran. Que faites-vous de la matrice culturelle et linguistique qui a accueilli ces enfants, à leur naissance, qui les a vu grandir, et qui a forgé les bases d’un certain nombre de leurs fonctions cognitives fondamentales ? Vous allez à l’encontre d’un nombre considérable de résultats scientifiques sur le développement cognitif de l’enfant et son apprentissage en tenant de tels propos. L’école, dans son sens qui sied à ce contexte, commence donc bien avant le coran ; c’est d’ailleurs ainsi que l’apprentissage même du coran utilise les acquis de cette école primordiale dans sa méthode mnémotechnique bien connue chez nous. Par conséquent, ce sont des enfants qui ont déjà expérimenté les vestiges d’une école traditionnelle et ayant subi l’encadrement de diverses institutions sociales, incluant des notions dans divers métiers, qui arrivent chez le maître coranique. En omettant cette réalité qui est loin d’être anodine, vous répliquez les erreurs du système qui a produit les échecs scolaires qui semblent vous préoccuper.
Ensuite, vous affirmez, toujours dans le but de défendre une transcription arabe, que ‘notre culture quotidienne est largement arabo-musulmane’. Il faut avouer qu’il y a une certaine ambigüité dans cette affirmation. Mais comme l’on parle des langues non arabes de la Mauritanie, il est logique de considérer qu’elle se rapporte aux communautés non arabes du pays. Elle devient alors tout à fait erronée. Ce qui fait le socle de leur culture quotidienne n’est en aucun cas d’essence arabo-musulmane, ni linguistiquement, ni sociologiquement. Et dire ceci n’est pas nier les influences bien réelles que la culture islamique a sur ces communautés, mais c’est uniquement le faire avec mesure. Affirmer avec aisance une telle contre-vérité scientifique dont le contraire est vérifiable, autant à l’observation de la société en question qu’à la consultation de la vaste littérature de recherche qui lui est consacrée, est tout juste indigne de quelqu’un qui prétend faire une proposition d’une certaine clairvoyance scientifique. Vous nous avez appelés à la raison, en utilisant la malencontreuse formule de Senghor. Ce que, personnellement, je trouve très irrespectueux et mal placé. Tout de même, j’apprécie beaucoup l’invitation en tant que telle. Nous sommes ici précisément sur un terrain strictement rationnel. Vous ne serez certainement pas contre que nous adoptions une attitude logique vis-à-vis de la question, vu que vous l’avez vous-même demandé. Donc je suppose que vous êtes à l’aise.
Vous dites avoir basé votre réflexion sur votre propre expérience. Expliquez nous alors comment votre expérience de praticien des langues vous a mené à la conclusion qu’en Mauritanie, toutes les langues devraient utiliser les caractères arabes. Avez-vous déjà été confronté à ces problématiques ? Mieux, avez-vous mené des études dont les résultats l’ont suggérée ? Si de l’expertise il y est, il ne suffirait tout de même pas de réclamer une profession pour la faire s’exprimer ; il faudrait, à la place, fournir des arguments solides qui relient vos observations à la théorie que vous en faites. Tout ceci en gardant à l’esprit que, sans une étude à grande échelle, ces observations personnelles n’auront que la valeur épistémique très limitée qu’un témoignage peut avoir. En tout cas, ce serait ainsi ; si jamais l’on décidait de faire les choses avec raison, comme vous le réclamez.
Maintenant que nous avons discuté de la faiblesse des arguments principaux du texte de Monsieur Sakho, il convient d’exposer ceux qui sous-tendent la position opposée. Contrairement à ce que laisse penser un passage du texte de Sakho, l’argument des partisans de la continuation des caractères latins n’est pas basé sur le seul fait que l’UNESCO les reconnaît. Il y a des raisons de nature scientifique qui font qu’ils sont préférables aux caractères arabes, en plus des raisons culturelles, géographiques et programmatiques bien solides. Il y a deux ans, dans le contexte du même débat, il a été exposé le fait vérifiable, basé sur une analyse comparative des sons fondamentaux du Pulaar et ceux du Français et de l’Arabe, que le Pulaar partageait avec le Français 70,97% de ses sons fondamentaux contre 51,61% de sons partagés avec l’Arabe. Un an plus tard, dans une étude statistique sur l’utilisation relative des lettres Pulaar dans sa production écrite, j’ai pu calculer les fréquences d’utilisation de chaque lettre. Je tiens à préciser que l’étude n’était en aucune manière motivée par ce débat. D’ailleurs, qui l’a déjà lu peut, tout au plus, témoigner des motivations cryptanalytiques. C’est bien plus tard que j’ai fait la remarque évidente que ces données peuvent, en fait, raffiner l’observation basique faite ci-haut sur le rapport des sons. On trouve en fait que les sons du Pulaar extra-latins ne sont utilisés qu’à hauteur de 4,34%, ce qui veut dire que les 70,97% des sons que le Pulaar partage avec le Français expriment déjà 95,66% de la production écrite du Pulaar. La même observation montre que 72,65% de cette production est exprimée par les sons arabes. La différence est donc de 23,01% en faveur du Français, et des caractères latins donc ! Vous vouliez de la raison ? Elle est là exprimée par les chiffres et par la méthode dépourvue des sentiments. Reste à savoir ce que vous voudrez rationnellement qu’on en fasse ! Rien qu’à ce niveau, on voit donc l’avantage phénoménal que les caractères latins ont sur ceux arabes dans le contexte de la transcription du Pulaar. La même conclusion devrait s’appliquer aux autres langues concernées vu leur parenté avec le Pulaar. Les autres arguments qu’il ne faudrait pas négliger non plus comprennent la standardisation : on ne peut pas sérieusement soutenir que des langues transfrontalières comme celles dont on parle adoptent une transcription différente selon la géographie. Cela constituerait un frein sérieux à leur développement qu’aucune solution nationale ne pourra résorber. Là aussi, let’s be real et pensons convenablement la question. La nature transfrontalière de ces langues et les peuples qui les parlent est un fait qui se passe de toute discussion et vouloir la tronquer pour satisfaire les caprices d’une idéologie est un manque de sérieux inouï qui, dans de conditions normales, ne mériterait qu’un petit sourire.
Je crois que les penseurs africains auront toujours tort de vouloir confiner les réalités de leurs peuples dans les aléas géographiques des frontières insoucieuses de toute réalité culturelle ou économique des populations. Surtout, pas au moment où une nécessité pressante fait que même des frontières construites de façon progressive et reflétant une certaine logique historique sont en train de se fléchir au profit du contact des peuples plutôt que de poursuivre les rigidités nationalistes. La véritable Afrique est celle des peuples et non celle des états dessinés à la va-vite. Notre salut passera par le fait que les états finissent par le comprendre, et qu’ils arrêtent de céder au jeu dangereux qui est celui d’assister sans réagir à la mort des peuples (de leurs langues et cultures) quand ils ne l’accélèrent pas par diverses manipulations et mises en opposition génocidaires de leurs communautés constitutives. Ils ont tout intérêt à mettre l’accent sur ces ponts qui les relient de façon si profonde, et de mener des politiques de développement adaptées.
La vocation de la Mauritanie, comme celle de tout état africain typique, n’est pas de se matérialiser en un terrain où une culture promue au sommet de l’état assimile -voire assassine – les autres. Il n’est pas question de requérir les mêmes traits culturels, linguistiques ou ‘transcriptifs’ pour garantir la paix dans un pays, surtout pas de le faire en sommant les défavorisés de l’état à rejoindre l’élu. Il est plutôt question d’admettre sa diversité et d’en faire une identité, une force ; d’accueillir l’éventail culturel, linguistique et historique ; d’incuber ces imaginaires dans le plus profond des programmes éducatifs et culturels pour espérer cueillir des créativités diverses. Cela nécessite une dimension dans nos réflexions qui va au-delà des frontières et qui permet de renouer avec notre trajectoire historique authentique.
• Pour suivre l’émission via la chaîne Youtube RMI-info :
On ne présente plus Chebih CHEIKH-MELAININE dans le paysage politique mauritanien. À la fois penseur, homme politique et écrivain, Chebih est une personne ressource. Dans cet entretien, il apparaît, comme à l’accoutoumé, en tant qu’ un homme de gauche toujours proche du peuple. Il fut ministre à trois reprises et mène toujours une grande influence sur la vie politique mauritanienne.
Chebih CHEIKH-MELAININE vient de publier “Confession d’un esclave”. À cette occasion, il accordé à cette occasion une interview exclusive à RMI-info.com.
Dans cette première de la saison de votre émission l’Entretien de RMI, Chebih CHEIKH-MELAININE revient, à la fois sur son livre, et son parcours professionnel. Enfin, à travers ses analyses toujours percutantes, il revient sur certains aspects de la vie et l’actualité politique mauritanienne .
Le360 Maroc – La brigade de gendarmerie royale de Bouznika a mis hors d’état de nuire une bande criminelle qui avait dérobé une somme de 2,7 millions de dirhams à l’épouse de l’ancien président mauritanien, Mohamed Ouled Abdelaziz. Les détails de ce vol à la roulette. Sept personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête ouverte par les éléments de la brigade de gendarmerie royale de Bouznika, suite au vol de tout le contenu de la voiture de l’épouse de l’ancien président mauritanien, Mohamed Ouled Abdelaziz. La victime a découvert sa voiture, garée dans sa résidence estivale de Bouznika, complètement fracturée et cambriolée.
D’après les sources du quotidien Assabah qui rapporte l’information dans son édition du jeudi 2 septembre, les cambrioleurs auraient mis la main sur une somme de pas moins de 2,7 millions de dirhams, qui était déposée dans le coffre du véhicule.
Alertés par la femme volée, les éléments de la brigade de gendarmerie royale de Bouznika ont rapidement débarqué sur les lieux pour effectuer les constats d’usage et ouvrir une enquête sous la supervision du parquet. Mercredi, sept personnes, interpellées en l’espace d’une semaine, ont été déférées devant le parquet compétent pour constitution de bande criminelle et vols qualifiés, indiquent les sources du quotidien.
Et de préciser que l’identité des auteurs de ce crime a été confirmée par les empreintes digitales laissées sur le lieu du crime. Mais, ajoutent les mêmes sources, les éléments de la brigade de gendarmerie royale de Bouznika n’ont pas attendu les résultats de la police scientifique et ont recouru aux caméras implantées chez les voisins et donnant sur le boulevard et les ruelles de la zone.
C’est ainsi que les investigations menées sur les lieux les ont conduits à interpeller un individu qui a des antécédents judiciaires. Par la suite, l’enquête a permis aux gendarmes d’identifier les complices. Après la période de garde à vue, les sept personnes ont été déférées devant le parquet compétent. Leur procès démarre dans les prochains jours.
Le lexique d’une langue est un répertoire plutôt une base de données où sont stockés tous les mots de cette langue.
Il s’agit d’un inventaire extensible suivant la compétence et la performance linguistiques du locuteur.
Au-delà d’être une liste infinie de mots dans laquelle puisent tous les locuteurs d’une langue, le lexique reste un marqueur de la vitalité et du dynamisme de la langue.
Par ailleurs, les mots ne sont jamais neutres et «innocents » : ils sont toujours l’expression d’une manière d’être, de penser, de voir, de se représenter, de présenter le monde et la cosmogonie.
Les mots disent plus que ce qu’on entend. Ils sont trop bavards. Il suffit d’avoir la compétence et le génie de les interroger. Ils véhiculent donc toute une philosophie sociale et populaire, culturelle, cultuelle, historique, empirique, d’une société etc.
Ainsi, le lexique reste le référentiel le plus pertinent et éloquent, comme la « boite noire » qui ne cesse de nous surprendre en révélant tous ses secrets suite à un crash d’avion.
Pour ceux qui ne savent pas, la linguistique est une branche des sciences du langage. Elle se veut descriptive et non prescriptive comme la grammaire : du coup, elle essaie de comprendre, d’expliquer et même de « disséquer » la langue, son objet d’étude, avec la rigueur et l’impartialité requises, lesquelles constituent l’idéal scientifique.
Ceci dit, je vous propose ce corpus tiré de la langue soninké dans une approche à la fois diachronique et synchronique.
Les mots utilisés ici ne représentent qu’un échantillon pour illustrer notre propos. Ils correspondent aux différentes manières de nommer les personnes d’extraction servile.
Singulier – pluriel – signification littérale en français
Kome – Komo : Esclave
Fonlenme – Fonlenmu : littéralement petites gens ou encore qui est diminué, inachevé, retardé, incomplet, déficitaire aux sens physique, morale, éducationnel et congénital.
Tunbare – Tunbaru : c’est spécifique aux femmes, l’équivalent d’esclave “Kome” qui s’emploie pour l’homme et la femme.
Kabu – kabunu : signifie le nombre neuf. Autrefois, pour compter les Soninké procèdent par des tas de dix pour après faire le total. Ainsi dix « Tanmu », est complet, correspond à la noblesse par opposition à neuf (en manque).
Liberte – Liberte : vient du français liberté, très usité en ce moment par ce qu’il veut dire un esclave récalcitrant, révolté ou/et insubordonné.
Comme on peut le constater, ces mots sont, aujourd’hui, encore en usage dans la langue et dans la quasi-totalité des contrées du Guidimakha, particulièrement dans le Guidimakha « d’en Haut » par opposition à celui du fleuve (d’en bas) où les populations sont moins réfractaires au changement en raison de l’influence du Sénégal.
Il faut signaler qu’avec le vent d’émancipation et de liberté, l’usage de ces mots tend à devenir marginal et circonstanciel.
Autrefois et encore aujourd’hui, ces vocables traduisent des contenus abjects ; stigmatisants, dégradants, avilissants, déshonorants et méprisables.
Cependant dans un contexte de citoyenneté, de liberté et démocratie : un homme, une voix, ils sortent peu à peu de la normalité.
Seuls quelques irréductibles et nostalgiques continuent encore de les utiliser publiquement.
Ils surgissent néanmoins lors de bagarres pour froisser, diminuer ou humilier une personne d’extraction servile.
Dans les villes, ces « aberrations » sont souvent employées dans les salons ou cercles restreints pour porter atteinte de manière envieuse à la dignité d’une personne d’ascendance esclave qui a réussi socialement et s’est forgée un nouveau statut social plus respectable.
Au regard de ce qui précède, on comprend aisément que les mots ont connu une « dynamique sémantique » imposée par le temps et le contexte qui échappent heureusement ou malheureusement à la féodalité.
Cette évolution du sens dans la façon de nommer les esclaves est en soi un curseur qui montre la nouvelle trajectoire d’un monde plus égalitaire et porteur de valeurs universalistes.
Après avoir démontré par les concepts la persistance de l’esclavage chez les Soninké et sa mutation sous d’autres formes plus subtiles ou sournoises, à l’image de la plupart des sociétés africaines, j’entends dire seulement aux négationnistes qu’ils ont tort de tout nier en bloc.
La pratique a existé. Elle a, certes, fait des mus pour s’adapter en intégrant un autre corps, en perdant de sa vigueur et vivacité. Mais le substrat et la philosophie de la tradition féodale sont restés et s’évertuent vaille que vaille à résister aux appels au changement.
Personne n’a jamais soutenu qu’aujourd’hui au Guidimakha, il existe des marchés aux esclaves, des hommes, des femmes et des enfants traités comme du bétail, taillable et corvéable à merci comme les serfs l’étaient au Moyen-Age par les Seigneurs. Non !
Il s’agit de montrer tout simplement que les descendants d’esclaves sont victimes d’une forme d’injustice et de stigmatisation dans les mots, dans les rapports avec les autres au sein de l’espace public communautaire et dans la gestion des affaires communautaires.
Cela peut également s’appeler discriminations. En effet, les personnes d’extraction servile sont de facto défavorisées par la naissance sur la base du système féodal qui n’est qu’une déclinaison de l’esclavage traditionnel.
Ainsi, l’esclavage tant décrié aujourd’hui chez les Soninkés et même dans la plupart des sociétés africaines ne peut être comparé à la traite transatlantique et orientale, basée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, sa déshumanisation et sa négation tout simplement.
Heureusement, le contexte ne le permet plus. Mais les ambitions et les velléités de la classe féodale restent tenaces et têtues. Elle feint de ne rien entendre et comprendre, ignorant et méprisant les aspirations légitimes de la « majorité silencieuse », comme un dictateur aux dernières heures de son pouvoir.
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